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Jeunes Médias

Les chaînes françaises braquent leur caméra sur la Tunisie

La Tunisie sera présente en force au cours de l’automne/hiver 2009/10 dans les médias français, notamment dans les émissions "Thalassa", "Des racines et des ailes", "Echappées belles"…


La campagne d’images de la destination Tunisie, lancée à la faveur d’un budget additionnel de 10 millions de dinars, outre le budget classique destiné à la publicité et à la promotion, ira en se renforçant les prochains mois, notamment dans les médias français.


La représentation de l’ONTT à Paris, a concocté, lors du tout dernier salon "Top Resa" 2009, tenu du 25 au 28 septembre 2009 à Paris, un fascicule sur le marché français. Celui-ci a montré de nombreux signes de ralentissement, du fait d’une conjoncture de crise ayant touché l’ensemble des destinations, à des degrés divers. Les touristes ont porté leur choix sur les destinations les plus avantageuses, s’agissant notamment du rapport qualité/prix. Les pays méditerranéens dont la Tunisie, ont été les mieux lotis. Des atouts que la Tunisie compte faire fructifier, à travers des actions promotionnelles à fort impact, ayant requis un budget conséquent.


De nombreuses émissions, à fort taux d’audimat, évoqueront prochainement la Tunisie. Dont "Thalassa" sur France 3 (octobre 2009), "Echappées belles" sur France 5 (novembre 2009), et "Des racines et des ailes" sur France 3 (mars 2010).


Par ailleurs, une action publi-promotionnelle est prévue pour ce mois d’octobre avec AFAT Voyages, après une opération similaire organisée en mai 2009 avec le réseau de distribution SECECTOUR.


Les campagnes publicitaires et d’affichage, qui se sont étalées sur plusieurs mois, vont se poursuivre notamment dans le métro, la presse magazine, la presse féminine, la presse thématique, ainsi que dans les supports grand public.


La Tunisie a accueilli 1.345.247 touristes français en 2008, contre 1.395.255 en 2007, soit une baisse de 3,6 %. Pour 2009, les analyses tendancielles tablent sur le même chiffre de 2008. En effet, la crise économique a profondément touché le marché français du tourisme et des voyages. "Malgré des prix cassés, le mois de juillet a été médiocre et les voyages à forfait ont baissé de près de 7 % par rapport à l’année dernière.


Toutes les destinations ont souffert. Le Mexique, Cuba et l’Egypte ont été durement touchés, tandis que la Tunisie, la Turquie, l’Ile Maurice et la République Dominicaine se sont mieux comportés".


Ainsi, après "un médiocre mois de juillet, les voyagistes semblent avoir repris des couleurs en août, mais l’amélioration est en trompe-l’œil, et ce mois pourrait s’afficher stable par rapport à l’année dernière, voire en léger mieux".


Les promotions tarifaires ont été moins nombreuses qu’au mois précédent puisque les départs en vacances sont traditionnellement plus nombreux au mois d’août, tandis que la clientèle détient un budget plus conséquent.


Le bassin méditerranéen a encore été plébiscité : Tunisie, Maroc, Turquie, Crète et Corse, alors que les Etats-Unis et aussi Bali ont été les destinations remarquées en long courrier.


Durant cet été 2009, les voyagistes français ont eu recours à de nombreuses productions et ont rogné sur leurs marges. Toutefois, ils n’ont pas supporté seuls l’effort, puisqu’il y a eu forcément des renégociations de tarifs sur la chaîne entière aussi bien auprès des hôteliers que des transporteurs aériens, souligne-t-on.

En effet, 10 voyagistes ont bénéficié du soutien de l’ONTT.


Parmi les premières destinations de vacances des français cet été, la destination Tunisie s’est assez bien comportée dans une conjoncture touristique défavorable.


"Ce bon comportement s’explique, notamment, par le bon rapport qualité/prix, meilleur du bassin méditerranéen, ainsi que par le fait qu’elle soit bien desservie par les compagnies aériennes françaises et tunisiennes".


Toujours est-il que les perspectives de l’arrière-saison 2008/2009 à partir du marché français ne sont pas encore définies. En effet, les brochures des voyagistes ne sont pas encore toutes parues. Ceux-ci n’ont pas encore arrêté leurs programmations aériennes tandis que les réservations ne sont pas encore significatives, précise l'ONTT Paris.


La démocratie a-t-elle vraiment besoin du journalisme?

Les journalistes ont eu une trop haute opinion de l'importance de leur travail.

Dans son livre désespérant sur l'avenir du journalisme, Losing the News: The Future of the News That Feeds Democracy (Perdre les news: l'avenir des infos qui nourrissent la démocratie), Alex S.Jones s'inquiète de la lente décadence des supports traditionnels d'information - journaux télé ou radio, hebdomadaires et quotidiens (principalement les quotidiens) - et du fait qu'elle puisse aboutir à un affaiblissement radical de la démocratie.

Selon Jones, ces démodés capteurs et distributeurs d' «informations vérifiées» constituent le «noyau dur de l'information» et maintiennent notre démocratie en vie en alimentant tous les autres médias qui en dérivent. Sans ce noyau, aucun éditorialiste, chroniqueur, champion des tribunes libres, blogueur, présentateur de talk-show, ou même aucun agrégateur ne saurait quoi dire. Sans ce noyau, redoute Jones, le public ne saurait pas grand chose des intentions des gouvernements, des entreprises, des politiques ou des nantis.

Les nouvelles formes de journalisme peuvent éviter que le noyau ne se désagrége, écrit Jones, mais il ne croit pas vraiment aux «journalistes-citoyens» ou à la réinvention des médias traditionnels pour stopper l'arrivée prochaine de l'apocalypse médiatique. En général, il faut de l'argent pour faire du bon journalisme, et Jones d'exposer le modèle économique qui a fait naître ce noyau - un modèle aujourd'hui en miettes - et qui a généré pendant des décennies d'immenses profits assurant le maintien de correspondances régionales, étrangères ou à Washington, de bureaux d'investigation et tout ce que nous associons avec le journalisme de qualité.

Ce n'est pas parce que Jones dirige le Shorenstein Center on the Press, Politics, and Public Policy, à l'Université d'Harvard qu'il est pour autant une grosse tête qui se languirait d'un quelconque Eden journalistique perdu. Il vient d'un clan de propriétaires de presse de Greeneville, Tennessee, a été, dans le même État, gérant du Daily Post-Athenian d'Athens, et a couvert des sujets sur la presse - entre autres sujets - pour le New York Times. Autres points clé de son CV: il a décroché un Prix Pulitzer, a présenté des émissions sur la presse sur NPR et PBS, a été professeur de journalisme à l'Université de Duke et, avec Susan E. Tifft, a publié deux éminentes histoires de journaux: The Patriarch: The Rise and Fall of the Bingham Dynasty (1991) et The Trust: The Private and Powerful Family Behind the New York Times (1999). L'encre n'est pas seulement le sang qui coule dans les veines de Jones, c'est aussi l'air qui entre dans ses poumons.

Le journalisme de qualité, semble dire Jones dans Losing the News, permet de soutenir la démocratie en donnant aux lecteurs les informations vitales dont ils ont besoin pour voter intelligemment et s'engager en tant que citoyens. J'écris à dessein «semble», parce qu'après avoir lu le livre deux fois et pris toute une caisse de notes, je ne peux pas dire avec certitude si Jones croit vraiment que la presse telle que nous la connaissons est vraiment essentielle pour la démocratie. Si cette presse «nourrit» réellement la démocratie, comme le sous-entend son titre, les arguments qui soutiennent sa thèse ne sont qu'indirects.

Bien sûr, Jones remarque que la majorité des journalistes pense que la démocratie serait affaiblie si ce que nous appelons le journalisme de qualité disparaissait. Ce n'est pas étonnant. Les journalistes, vôtre dévoué serviteur y compris, ont une très haute estime de leur travail. Il montre, assez efficacement, comment des moments illustres de l'histoire de la presse (comme lors du Watergate, du mouvement des droits civiques, du Vietnam, des écoutes téléphoniques de la NSA) ont été bénéfiques pour la société. Mais pour des raisons que je ne peux que deviner, il évite de dire clairement comment ce journalisme de qualité nourrit la démocratie en faisant que les gouvernements restent honnêtes, en aidant les électeurs à prendre des décisions éclairées dans l'isoloir, ou en encourageant l'engagement politique.

La «nature exacte» de ce que perdrait la société si le journalisme de qualité venait à manquer, écrit Jones, demeure «floue» - une bien jolie esquive. Si Jones n'astique pas plus son argumentation et s'en tient à la classique tirade presse-de-qualité-égale-démocratie-vivace, c'est peut-être qu'il est impossible d'en dire plus. Aux États-Unis, la démocratie a prospéré au XIXème siècle, bien avant que ce que nous appelons «journalisme de qualité» soit inventé. Entre 1856 et 1888, alors que la plupart des journaux étaient des daubes contrôlées par, ou à la botte de partis politiques, la participation électorale lors de scrutins présidentiels avoisinait les 80%. Comparez avec les 55,3% et 56,8% des élections présidentielles de 2004 et de 2008.

Je ne vais pas accuser le journalisme de qualité de pourrir l'impulsion démocratique mais tant que Jones esquivera la question, je le ferai aussi. Est-il possible que ces articles de fond qui dévoilent les fautes et les gâchis gouvernementaux - le type d'informations que Jones et moi préférons aux pages people, sports, jeux et B.D. - n'encouragent ni l'activisme ni la participation? Est-il possible que de tels exposés* finissent par altérer l'image que le public se fait de la démocratie et des autres institutions?

Sans faire le fourbe, on peut néanmoins se demander si le journalisme de qualité est l'outil le plus pertinent pour stimuler la démocratie. Les défenseurs de la démocratie participative et de la responsabilité gouvernementale devraient utiliser plus intelligemment leur temps à réformer les instances officielles. Par exemple, est-ce que le vote de lois permettant une liberté d'accès aux documents administratifs et la publication sur le Web d'informations et de procédures gouvernementales non-classées ne seraient pas plus utiles à cette fameuse responsabilité que le sauvetage du Minneapolis Star Tribune ou du Detroit News?

Comme Jones le concède, seule quelques pages des journaux de qualité - environ 15% - comportent le type d'informations essentielles qu'il considère si précieuses pour la démocratie. Le reste est fait de publicité et d' «informations mollasses qui plaisent à la masse: les chroniques, la B.D., les gadgets, les éditos, les pages loisirs, people, etc.» Tel est ce goût «limité» de la masse, selon les termes de Jones, pour l'information essentielle semblant diminuer - sans les détruire - les avertissements de Jones concernant la rupture de la presse et de la démocratie, et ses résultats tragiques.

Les journaux impriment des informations de qualité de la même manière que les restaurants servent des légumes: l'information de qualité est bonne pour vous, et il est du devoir des journaux de vous proposer ce qui est bon pour vous. Mais aucun restaurant ou journal ne punit les clients qui se moquent de ces plats sains. A la façon dont il se tourmente, je suspecte Jones d'être réellement embêté, non pas la mort des journaux, ou même par la diminution de la démocratie, mais par la disparition éventuelle de ce petit pourcentage de contenu que lui et d'autres élitistes (comme moi!) surestiment par-dessus tout.

On ne perd pas complètement de vue, dans Losing the News, l'idée selon laquelle quelque chose de terrible, de merveilleux et, oui, d'extrêmement démocratique, germe actuellement dans le terreau des médias mourants. Il garde toujours cette peur conservatrice d'Internet, et se fait du souci sur son nouveau public, à l'attention fragmentée, exigeant plus de vitesse, d'impertinence, de subjectivité et de grossièreté. Mais, pour Jones, il n'est pas impossible de voir les normes journalistiques qu'il respecte y prendre racine.

Même si Jones reconnaît que les amateurs qui ont conçu la vidéo de 60 Minutes II sur les états de service militaire de George Bush ont humilié les professionnels de la toute puissante CBS News, il pourrait accorder plus de crédit à Internet. Josh Marshall de Taking Points Memo n'a-t-il pas décroché un Polk Award pour son reportage sur les révocations de procureurs fédéraux? Et cette semaine, le New York Times a cité en exemple VAwatchdog.org pour son article sur les primes excessives distribuées par le Département des Anciens combattants.

Grâce au Web, les légumes servis par le New York Times, le Washington Post, et d'autres vénérables ou plus jeunes institutions sont consommés par des millions de consommateurs d'informations supplémentaires, comme jamais auparavant. Qui sait? Peut-être que le public du journalisme-salade est bien plus important que ce que Jones ose imaginer, et que la démocratie est saine et sauve.

Avertissement: Le Shorenstein Center dirigé par Jones m'a invité par deux fois à Cambridge, Massachusetts, et m'a offert une nuit d'hôtel en échange de ma participation à des colloques sur le journalisme. J'ai aussi participé à deux déjeuners du centre à Washington. Je n'ai pas été acheté par le centre, juste loué.

* en français dans le texte

Jack Schafer


Des journalistes poursuivis pour des affaires de “diffamation”

Bouteflika l'avait promis. C'en serait le mandat de la liberté de la presse, le pourvoir allait donner plus de liberté pour lutter contre la corruption. Belle réussite: Reporters sans frontières s’inquiète de la multiplication des poursuites judiciaires à  l’encontre des journalistes pour des affaires de “diffamation”...

Le 11 mai 2009, Nedjar El Hadj Daoud, directeur du journal “Al Waha” de Ghardaïa, a été condamné à six mois de prison. Les journaux “El Watan” et “El Khabar” sont également visés par les plaintes.

“Nedjar El Hadj Daoud est victime d’un harcèlement judiciaire constant depuis des années. Nous appelons à l’annulation des poursuites engagées contre ce journaliste et nous réitérons notre appel aux autorités algériennes pour qu’elles dépénalisent les délits de presse”, a déclaré l’organisation.

La cour de Ghardaïa (467 km au sud d’Alger) a condamné, le 11 mai, Nedjar El Hadj Daoud, directeur du journal régional “Al Waha”, à six mois de prison ferme, confirmant ainsi les précédents jugements de 2007 et 2008. Cette condamnation fait suite à la publication d’un article, le 21 mai 2006, mettant en cause l’ancien directeur de cabinet de la présidence, Larbi Belkheir, et le directeur de la Santé de la wilaya. Le journaliste va se pourvoir en cassation. Poursuivi dans plus de vingt affaires devant le tribunal de Ghardaïa,
Nedjar El Hadj Daoud est l’objet d’un harcèlement judiciaire incessant. Le 2 mars 2009, il avait été arrêté après avoir été condamné à six mois de prison ferme pour “diffamation”, dans le cadre d’une affaire qui remonte à 2005. Il avait été libéré le 4 mars pour raisons médicales. Créé en 1990, le journal “Al Waha”, unique journal d’information paraissant au sud du pays, a cessé de paraître en 2006 suite à de nombreuses pressions (http://www.rsf.org/article.php3?id=articlé30459). Dans une autre affaire, le correspondant d’”El Khabar” à Bouira (Haute Kabylie), Ahcène Guettaf, doit faire face à une procédure judiciaire, également pour une affaire de diffamation. Le 11 mai 2009, le représentant
du ministère public du tribunal de Lakhdaria (wilaya de Bouira) a requis trois mois de prison ferme.

Le 10 mai, Omar Belhouchet, directeur de publication d’”El Watan”, a été à nouveau inquiété par la justice dans une affaire de “diffamation”, suite à des plaintes d’Air Algérie. Le procureur général du tribunal de Sidi M’hamed près la cour d’Alger a requis le versement d’une amende de 50 000 dinars algériens (environ 510 euros) à son encontre, suite à deux plaintes déposées, en 2005, par l’ancien PDG d’Air Algérie, feu Tayeb Benouis. Dans un article intitulé “Augmentation des prix des billets d’avion: comme une ambiance de fin de règne. . .” paru le 28 février 2005 dans le supplément “Économie” du journal, le journaliste n’avait fait que reprendre les propos du secrétaire général du syndicat de la compagnie aérienne sur la situation économique d’Air Algérie. Au lieu de poursuivre le responsable syndical, la compagnie avait préféré poursuivre le journal. Le second article incriminé a été publié dans la rubrique “L’Époque” sous le titre “Benouis annule sa réception”. Le jugement n’a pas encore été rendu.

Selon le Groupe de travail sur la liberté d’expression en Afrique du Nord “WGFENA”, Nouri Benzenine, ancien correspondant d’”Echourouk El Youmi” dans l’ouest du pays, a été condamné à deux mois de prison ferme et 50 000 dinars d’amende (environ 510 euros) pour “diffamation” par le tribunal de Maghnia (près de la frontière marocaine), suite à un reportage sur le trafic de carburants dans cette zone, publié en mars 2007. Le sénateur de la province avait porté plainte en 2007, alors même qu’il n’était pas
nommément cité dans l’article. Nouri Benzenine déclare ne pas avoir été informé de la tenue du procès.

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