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Dossier Chômage en Algérie

Chômage en 2008:

Les mensonges du gouvernement et les "chômeurs cachés"

Le gouvernement a encore grillé la politesse des chiffres du chômage à ses services (O.N.S), entre le chiffre officiel annoncé de 11,3% et le chiffre annoncé par des experts et organismes internationaux de 35%. Comment peut-on expliquer cette énorme différence entre les deux chiffres ? La controverse sur le taux réel de chômage en Algérie...
Le gouvernement via le l'office National des Statistique (ONS) a annoncé il y a deux jours, une baisse du taux de chômage qui s'est en Algérie à 11%. Ce chiffre anime la controverse en particulier après certaines fuites médiatiques qui annoncent que le taux de chômage réel est de 35%. Comment peut-on expliquer cette énorme différence entre les deux chiffres ? Est ce qu'il s'agit d'une réussite du gouvernement de faire face à ce fléau qui touche une importante frange de la jeunesse ou bien il s'agit d'une lacune qui reflète le dynamisme des forces actives non utilisées sur le marche du travail sachant que 75% de la population ont moins de 25 ans.

Selon les chiffres de l'ONS, le taux de chômage en Algérie a baissé de 13,8% en 2007 à 11,3% en 2008 mais frappe particulièrement les moins de 35 ans qui représentent 87,8% des sans emplois. La population au chômage ou à la recherche d'un emploi est ainsi estimée à 1.169.000 personnes sur une population active de 10.315.000 personnes en décembre 2008, selon des données statistiques d'une enquête réalisée par les services de l'ONS et citée par l'agence.

75% des chômeurs ont moins de 30 ans et 87,8% ont moins de 35 ans, selon ces données, qui précisent que les femmes représentent 25,8% de l'ensemble de la population active en chômage. Les salariés permanents représentent 35% du total des actifs contre 36% pour les salariés non permanents, les apprentis et les aides familiaux tandis les employeurs et indépendants représentent 29% du total de la population active. La structure de l'emploi, selon le secteur d'activité, fait ressortir la prépondérance du secteur du "commerce, administration publique et autres services" qui emploient plus de la moitié (56,6%) des actifs, suivis par le BTP (17,2%), l'agriculture (13,7%) et l'industrie (12,5%).

Ces chiffres très positifs pour le pouvoir semblent être contesté par plusieurs sources en Algérie qui estiment que c'est de " la simple falsification», d'annoncer que le taux de chômage s'est établi à 11% alors le quotidien social de tous les jours contredis cette réalité où beaucoup de jeunes vivent au chômage depuis très longtemps y compris les jeunes diplômés universitaires qui sont de plus en plus touchés par ce fléau.

Des organismes internationaux à leur tête 'the Oxford Business Group" et sur la base des études menées par des experts affirment que le taux de chômage en Algérie avoisine les 30% ce qui contredis les chiffres annoncés par l'ONS et le gouvernement algérien. Ces organismes internationaux insistent sur l'échec du gouvernement en ce qui concerne sa politique de l'emploi en particulier chez les jeunes.

De l'avis des observateurs en Algérie, l'annonce de Abdelaziz Bouteflika, le président-candidat pour un nouveau mandat présidentiel de la création de 3 millions d'emplois supplémentaires au cours de la période entre 2009 et 2014, va dans le sens de la contradiction des chiffres annoncés officiellement par les services concernés. Le Chiffre de 3 millions annoncé par Bouteflika représente le nombre des jeunes qui ont entre 20 et 25 ans ce qui prouve l'échec de la politique de l'emploi du gouvernement durant l'actuel mandant 2004-2009.

Selon les statistiques officielles, le nombre total des chômeurs en âge de travail avoisine les  3 millions de personnes, alors que le nombre de demandeurs d'emploi est de 230 mille chaque année. Selon les chiffres du Centre algérien des statistiques et de l'information, le taux de chômage chez les personnes de moins de 30 ans est de 75%, tandis que le nombre total de chômeurs possédant un diplôme est de 430 personnes, dont 71,8% d'hommes et 80% de femmes, en plus des 50.000 nouvelles demandes d'emploi chaque année.

Les enquêtes menées sur le terrain montrent que le taux de chômage dans les zones rurales est en nette hausse,  il est de 37,8% de  l'ensemble de la population rurale, dont la majorité  des jeunes âgés entre 16 à 29 ans, les hommes sont les plus touchés alors que les femmes qui demandent un emploi représente une proportion de  20,4%.

Cette hausse du chômage, touche plus particulièrement les nouveaux diplômes de universitaires, où le taux de chômage est de 19,3%, avec une durée de la recherche d'un emploi qui s'étale sur 31,6 mois pour les hommes et 26,4 mois pour les femmes.

Le nombre des chômeurs qui ont perdu leur emploi, est estimé à environ 522.000 personnes, dont 89,6% d'hommes et  522.000 de femmes, 63,2% d'entre eux vivent dans les villes, et 36,8% dans les zones rurales.

L'enquête indique que 57,5% des chômeurs sont âgés entre 16 et 29 ans, dont 78% des actifs travaillent dans le secteur privé, et 22% sont employés dans le secteur public. Les raisons qui sont derrières la perte de ces personnes de leurs postes sont : la fin du contrat avec une proportion de 17,9%, dont 14,7% pour les hommes et 45,7% pour les femmes et l'arrêt des entreprises (pour diverses raisons, faillite...) avec une proportion de 19,4%, dont 43,9% pour les femmes et 21,2% pour les hommes. En plus de ces cas, il y a
le départ volontaire et les démissions avec un taux de 13,4% pour les hommes et 15,6% pour les femmes. Les licenciements, avec un taux de 11,2%, dont 11,7% pour les hommes et 6,8% pour les femmes.

L'enquête a révélé que le nombre des femmes non actives,qui sont âgées entre 15 et 59 ans, est de 6 millions 587.000, dont 51,1% vivent en milieu urbain et 48,9% dans les zones rurales, ce qui représente 60,6% du total des femmes mariées, 36,3% des femmes célibataires et 3,1% divorcées et veuves. Parmi ces femmes 37,1% de ne sont pas instruites, 26% ont le niveau primaire et 14,3% au niveau secondaire ou plus.

Il est à noter également que les chômeurs en âge de travail ont un meilleur niveau de qualification par rapport aux personnes actifs sur le marché du travail. Selon l'économiste Abdelmajid Bouzidi, le taux des travailleurs actifs non qualifiés est estimé à 12,5% du total des travailleurs actifs, et parmi les chômeurs il y a 12% qui ont un haut niveau de qualification élevé en comparaison avec les 10,7% des travailleurs qui ont une qualification inférieure, ce qui indique que la qualité est beaucoup plus meilleure chez les chômeurs que chez les personnes actifs sur le marché du travail.

Le secteur privé en Algérie fournit 63,2% du total des emplois, alors que le secteur public offre 36,8%. Le plus remarquable dans ces chiffres de création des postes d'emploi sur le marché du travail, c'est qu'ils ne représentent pas des postes "qualitatifs". 36,7% de ces postes d'emploi exigent un niveau de qualification très bas, 24,2% (des études primaires  12,5% pour les analphabètes 31% pour le niveau moyen et seulement 10,7% pour les personnes possédant  un niveau élevé.


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