DOSSIER KASHOBWE ET ROUTE SOLWEZI: ENCRE, SALIVE ET SANG COULENT


DETERMINATION DES PRIORITES SUR FOND DES CALCULS POLITICIENS ET/OU INAVOUES : CELUI QUI N’EST PAS AVEC NOUS EST CONTRE NOUS !


Dans son programme inscrit dans le Plan Triennal de Développement du Katanga, « PTD » en sigle), le Gouvernement provincial du Katanga a visé très haut: Développer le Katanga profond sans discrimination. Mais pouvons-nous affirmer que la réalité sur terrain soit conforme aux souhaits et déclarations des politiques générales ? Les lignes qui suivent nous édifierons.


 1 Électrification de Pweto et les Constructions à Kashobwe/Kasenga, etc : Des priorités pour la province du Katanga.


Il faut saluer les efforts que déploient le Gouverneur de la Province et le Gouvernement provincial pour leurs innombrables visites dans certains territoires et villages du sud du Katanga à l’instar de Pweto, Kasenga (Kashobwe), etc. L’on y voit défiler tour à tour différentes notabilités et cela ne doit qu’encourager les populations de ces coins. On électrifie par-ci ; on construit et réhabilite des écoles, des hôpitaux, des routes, par là. Voilà les priorités diront certains !


Mais, l’homme avertit pourrait alors se demander pourquoi ce chantier ne concerne que quelques coins bien précis du Sud du Katanga ? Y a-t-il un critérium sur base duquel l’on peut objectivement juger que tel ou tel  travail de construction et/ou d’aménagement dans tel coin de la province est prioritaire ou non ?

C’est peut-être une question difficile, une question de préférence, une question de choix, une question tendancieuse. Mais pour notre part, loin de verser dans les supputations, reconnaissons que ces questions créent en définitive, un malaise voire des frustrations. Pourquoi ? N’est-ce pas que ces travaux de Pweto et de Kasenga « Kashobwe » - entre autres - ne sont financés qu’avec des fonds propres (privés) et n’émargent pas du budget provincial ? Alors, l’homme avertit rétorquerai : Quid alors du cas Kolwezi-Solwezi ? N’est-ce pas que là aussi le financement est privé et n’émarge pas au budget provincial ou national ? Une réflexion à froid  mérite bien d’être faite.


 2. La réhabilitation de la route KOLWEZI - SOLWEZI, pas une priorité ! Deux poids deux mesures ou réellement une question d’intérêt général ?


Avant de cogiter sur l’affaire Kolwezi-Solwezi, il est important d’épingler en quelques mots, l’attitude de la population du Katanga en rapport avec l’affaire de la plage artificielle que l’exécutif provincial était/est en train de faire aménager devant l’Hôtel Karavia à Lubumbashi. Il sied ici de relever combien cette population était touchée et choquée par l’information ou la rumeur  de l’interdiction de la poursuite desdits travaux par le Gouvernement central  au motif que cet ouvrage n’était pas prioritaire et qu’il entrait dans des dépenses de prestige. (Voir aussi le cas du projet Grand Luano). Tout observateur éclairé, neutre soit-il, pouvait bien lire la solidarité des habitants du Katanga, toute tendance confondue, et particulièrement ceux de Lubumbashi vis-à-vis de son Gouvernement provincial. Mais pouvons-nous aujourd’hui affirmer que le Gouvernement provincial oublie-t-il de renvoyer l’ascenseur à cette population qui l’a pourtant soutenue ? D’aucuns répondront par l’affirmatif, car presque les mêmes arguments sont usités dans l’affaire de la Route Kolwezi-Solwezi. Mais cette fois, par le Gouvernement provincial. Quelle contradiction?

En effet, les travaux sur cette route menant vers la Zambie sont suspendus et/ou interdits. Les travaux de réhabilitation de cette route en terre battue longue de 180 kilomètres devraient être financés et exécutés par l'entreprise minière First Quantum pour un coût évalué à plus de 25 millions de dollars américains. Depuis cette suspension/interdiction des travaux, même un hypocrite ne peut s’empêcher d’apercevoir la fumée d’un malaise social dans la province. Il suffit pour s’en convaincre, de suivre toutes les déclarations et prises de position pour ou contre ce projet. Tous les coups sont permis, les arguments de toute nature sont avancés et fusent de partout, les sapeurs-pompiers voire les pyromanes défilent venant de Kinshasa, Lubumbashi, Likasi, Kolwezi, etc.

La réalité elle, demeure têtue. Les violons ne s’accordent pas entre une grande partie de la population du Katanga directement concernée par cette affaire et les autorités de la Province du Katanga sur la réhabilitation de ladite route.  En effet, nous avions  suivis sur les chaînes des radios et télévisions du Katanga les déclarations de l'ancien Maire ad interim de la Ville de Kolwezi, Christian Bushindi, expliquant les motivations de la suspension des travaux en ces termes : « Le gouverneur m’a instruit qu’il n’est pas d’accord pour que cette route se fasse pour le moment, étant donné que sa philosophie est celle de favoriser la population dans toutes ses démarches. Vous savez bien que la route Kolwezi-Likasi est en mauvais état, en dégradation, si bien que les gens ont des difficultés de part et d’autre d’atteindre soit Kolwezi, soit Likasi. Il m’a instruit que ce travail de réhabilitation de la route Kolwezi-Solwezi ne se fasse pas. Pour lui, ce n’est pas une priorité. D’abord, c’est une route qui va déboucher dans un pays étranger. Ce qui importe pour le moment, c’est de construire, ou de réhabiliter, la route qui est utilisée par la majorité de la population, celle de Likasi-Kolwezi.» (sic).


Ainsi, comme l’on peut bien s’en rendre compte, si pour la population directement concernée, cette route a le mérite de désenclaver Kolwezi- une ville qui a nourri et continue de nourrir la Province et le pays tout entier, pour le Gouvernement provincial, la priorité c’est plutôt la route Kolwezi-Likasi à l’intérieur du pays. Il est certes vrai qu’il y a plusieurs priorités et qu’il faille les hiérarchiser. Mais là ou le bât blesse, c’est le fait de la détermination des priorités avec un financement qui ne perturbera en rien (mieux, qui n’empêchera aucunement) la réalisation de la priorité de réhabiliter  l‘axe Likasi-Kolwezi. Nous savons tous pertinemment  bien que la réhabilitation de la  route Likasi-Kolwezi  est inscrite dans le programme du gouvernement central et sera effectuée avec les fonds chinois. Évoquer encore cet axe comme prioritaire, alors que le gouvernement ne déboursera rien pour l’axe Kolwezi-Solwezi, ne peut que s’apparenter à une mauvaise foi. Est-ce cela « favoriser la population dans toutes ses démarches ?»


En somme, le Katanga dans sa forme actuelle, a tout à gagner  car elle aura les voies provinciales, nationales et internationales en son sein : Kasumbalesa – Lubumbashi ; Lubumbashi – Likasai ; Likasi - Kolwezi ; Kolwezi – (frontières Zambie) et Solwezi ; etc.  Dans cette lignée, que perdra le Katanga en créant une autre voie d’accès sans coût  et sans entraver ses autres priorités et projets ? Il appartiendra donc au Gouvernement provincial d’organiser et  mettre en place les services compétents pour parer aux éventuelles craintes de fraude et d’insécurité.  


Relevons que malgré le courage et la bravoure d’une frange – elle est vraiment minime- des députés provinciaux du Lualaba, la position de l’exécutif provincial a été soutenue pourtant par l’Assemblée provinciale à la plénière de la semaine du 21 au 26 avril 2008. À ce sujet, notons que le législatif provincial s’est prononcé sur la question sans en être invité ou saisi. Ce qui n’étonne personne et depuis, d’aucuns ne se lassent de dire qu’il est juste une caisse de résonance de l’exécutif provincial. Il appartient donc à l’Assemblée Provinciale d’affirmer ou d’infirmer cela par l’exercice cohérent et respectueux de sa triple mission qui consiste à :

-          Délibérer dans le domaine des  compétences réservées à la province ;

-          Contrôler le Gouvernement provincial ainsi que les services publics provinciaux et locaux ;

-          Légiférer par voie d’édit.


Il sied donc pour l’intérêt de la population, laquelle population qui demandera les comptes le moment venu à ses mandataires, que les travaux de réhabilitation de cette route qui a  l’avantage de désenclaver Kolwezi grâce à un accès direct à la Zambie, se poursuivent et ce d’autant plus que le financement de ces travaux n’influe pas sur le budget de la province. En outre, les bénéfices à tirer d’un tel projet est certain : création d’emplois, circulation des personnes et des biens, importation et exportation rapides et des produits de première nécessité, renflouements de la caisse de l’Etat dû aux taxes résultant  des transactions au poste frontalier, etc.

Ce qui concorde sans aucun doute avec la philosophie du Gouvernement provincial, celle de favoriser la population du Katanga.


Bien plus, qui peut bien déterminer l’intérêt et les priorités du peuple,  si ce n’est le peuple lui-même. La solution pour sortir de cette crise serait peut-être celle de se référer à la population concernée afin qu’elle détermine sa priorité. Sans préjuger sur le fond, la réponse serait déjà connue et c‘est cela qui fait peur et justifierait toute cette agitation.