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Depuis toujours, la Moselle et son particularisme linguistique passent pour l'héritage d'invasions germaniques: les Francs du Ve siècle, voire même l'Annexion prussienne de 1870, auraient laissé une empreinte indélébile sur la langue, les noms de lieux, les patronymes mosellans et l'auraient relégué au rang d'un sous-produit de conquêtes extérieures. Les acquis les plus récents de l'archéologie et de la linguistique ont permis de remiser ces poncifs éculés au placard de l'histoire. Ces théories d'un autre temps, nées au siècle de la machine à vapeur dans une Allemagne nationaliste toujours en quête des terres du voisin, n'ont plus cours aujourd'hui. Grâce à l'archéologie, on sait à présent que les incursions franques du Ve siècle, censées avoir repeuplé une Lorraine dévastée, ne sont qu'une vue d'esprit. Les grandes migrations du haut Moyen Age n'ont pas affecté en profondeur l'occupation du sol est le peuplement de l'antique Belgique Première. Alain Simmer a ainsi pu établir, que le dialecte - toujours vivace-, la toponymie germanique particulière et les milliers de noms de famille mosellans avaient des origines différentes, automatiquement plus anciennes. Ils sont l'émanation d'un peuplement autochtone de langue germanique, tout comme le reste de la Gaule avait été de langue gauloise. Et cette structure linguistique particulière a été respectée par les envahisseurs romains, qui l'ont habilement adaptée en un système toponymie bilingue, encore préhensible dans le paysage mosellan actuel: les noms de lieux germaniques indigènes y côtoient les formations gallo-romaines, séparés par une frontière linguistique ancestrale. Les dialectes et les patronymes mosellans en sont une concrétisation toujours vivace. Avec cette trilogie mosellane, La Moselle retrouve ainsi son individualité historique et sa spécificité culturelle. |