20, 21 et 22 Septembre 2011
La 29ème et la 30ème Promos en Normandie
Pour leur quatrième sortie annuelle, les rescapés de
la 29ème avaient appelé en renfort quelques volontaires de la 30ème,
formant ainsi un groupe amical d’une trentaine de touristes.
L’organisation du séjour était assurée pour la
deuxième fois par le Sarthois Pierre Morin, assisté du Normand d’adoption
Jean-Marie Filoche.
Alain Bouré, autre régional de l’étape, dont nous
avions perdu la trace depuis notre sortie de la Jol en 1952, fit défaut au dernier
moment, ayant appris à ses dépends qu’étêter un arbre n’était plus de nos âges,
sauf à le faire en hélicoptère.
Le rassemblement, fixé au mardi midi 20 septembre,
posa quelques interrogations aux conducteurs non équipés de GPS, l’hôtel étant
isolé dans une ZAC près du périphérique de Caen. Deux d’entre eux, inspirés par
l’Histoire locale, firent appel aux Américains, en l’occurrence une aimable serveuse
du Magdo, étonnée d’être consultée à un quart d’heure d’intervalle par un
Tourangeau et un Breton désorientés.
Quant au GPS de notre « Tonton »
Bretonnière, fidèle à l’enseignement de « grand-père »
Chatelier, il ignora régulièrement le périphérique, considérant que la
ligne droite restait le plus court chemin d’un point à un autre.
L’après-midi du mardi fut consacré à la visite du
Mémorial de Caen, vaste temple de la Paix enseignée à partir des horreurs de la
guerre, à travers une collection pharaonique de photos, films, documents, uniformes,
armes en tous genres, sans oublier les intentions de paix universelle. Deux
heures passées dans un labyrinthe étrange, suspendus aux commentaires de notre guide.
Le mercredi matin, départ pour Bayeux et sa célèbre
Tapisserie de la reine Mathilde, l’épouse de Guillaume le Conquérant, celui qui
flanqua la pile aux Anglo-Saxons en 1066. L’ouvrage relate sur 70 mètres de broderie les
préparatifs et l’exécution de ce Débarquement, précurseur à son échelle et dans
l’autre sens du DDay-Overlord.
Sympathique déjeuner à Port-en-Bessin, dont
l’activité de pêche semble si ralentie, qu’à part la soupe de poissons, le plat
de résistance est devenu une escalope de veau, à la Normande bien
sûr !
Après-midi de recueillement sur les pas du
Débarquement allié du 6 juin 1944 : les maquettes du port artificiel
d’Arromanches, le cimetière américain de Colleville, la plage d’Omaha Beach, la
pointe du Hoc.
Jeudi matin : pour éviter les problèmes de
circulation, nous levons nos gambettes à la fraîche quand Caen somnole encore.
Objectif : l’Abbaye aux Hommes devenue sous Napoléon 1er le
Lycée Malherbe, puis vers 1960 le superbe Hôtel de Ville. Trajet facile, un
quart de périphérique puis une longue ligne droite vers le centre ville.
Odile au volant, inquiète de cette ligne droite qui
n’en finit pas, s’adresse à un bistrot : « La Mairie
svp ? » Un consommateur lui
répond obligeamment : « Dans la rue derrière vous ». Manœuvre
jusqu’à la Mairie toute proche, là, pas plus d’abbaye que de beurre dans la cuisine normande, nous sommes devant
la Mairie de Bretteville !
Reprenant la ligne droite, nous aboutissons à ce
superbe ensemble architectural issu de l’abbaye que Guillaume fit construire en
pénitence papale suite à son mariage avec sa cousine Mathilde, elle-même astreinte
à ériger, à distance respectable, une abbaye aux Dames devenue le siège du
Conseil Régional.
Paradoxalement la visite de l’Abbaye aux Hommes nous
est commentée par une femme, au demeurant fort érudite et pleine d’esprit. Grâce
à elle, nous saurons désormais la différence entre une montre, une horloge et une
pendule. Mais son distinguo entre un clocher femme et un clocher homme nous
laisse perplexes, plus subtil qu’entre les deux pièces d’un assemblage en queue
d’aronde …
Nous avons admiré l’élégance des ferronneries des
escaliers, la finesse de la pierre de Caen, plus ocrée et moins friable que
notre tufeau ligérien, enfin l’église abbatiale à trois niveaux abritant la
tombe de Guillaume, dans laquelle les exactions successives des protestants et des
révolutionnaires n’ont laissé qu’un os authentifié.
Retour à l’hôtel pour un ultime repas et l’allocution
de Tonton qui annonce, pour le soixantième anniversaire de notre sortie de la
Jol, un meeting au Pays Nantais, prévu pour la première semaine d’octobre 2012.
Un grand merci à Pierre et Jean-Marie pour cette
édition 2011, au cours de laquelle ils ont su accommoder nos tripes à la mode
de Caen !
Claude Robin
29ème Promo