Journal de bord

Journal de la Caravane de la danse


ACTE I : 1er au 15 août 2009

Sénégal


Samedi 1er août

Coup d'envoi de la première Caravane de la danse en ce 1er août 2009. Les attentes sont nombreuses, le désir fuse et nous plongeons dans cette aventure depuis le départ du minibus de Saint-Louis, où il est né entre les mains des magiciens de garagistes l'ayant transformé en véhicule 22 places.

Nous accueillons les uns après les autres les stagiaires de la Caravane à l'aéroport de Dakar puis prenons directement la route pour Toubab Dialaw, notre première halte. Un bon dîner nous attend au bord de la tente du staff et chacun part se coucher après cette première soirée déjà éprouvante ... tout commencera véritablement demain !



Dimanche 2 août

Premier petit-déjeuner tous en cercle pour commencer la journée dans une bonne énergie, au milieu de ce petit paradis de verdure et verger qu'est Ndougouma, en pleine brousse parmi les baobabs. Nous visitons ce matin l'Ecole des Sables guidés par Ciré, après avoir rencontré le propriétaire de notre lieu d'hébergement et de repas, Ndougouma à la brousse et Sobo Badé à la mer au milieu du village. Artiste complet, Gérard nous accueille avec spiritualité, autour de réflexions sur l'art, la transe, l'art-thérapie ... et partage avec nous un peu de son parcours depuis Haïti jusqu'à la construction actuelle d'un théâtre en plein air, en passant pour sa fréquentation de Léopold Sédar Senghor ...

Repos à Ndougouma l'après-midi à l'ombre et autour d'un bon attaya, le très cérémoniel thé sénégalais en 3 services : amer comme la mort, doux comme la vie et sucré comme l'amour ...

Puis c'est reparti pour l'Ecole des Sables et notre premier cours de danse tant convoité, les pieds dans le sable, guidés par Ciré. Début de cours en cercle pour faire passer l'énergie, joies de danser au son des percussionnistes endiablés et face à la lagune qui s'étend devant nous, nous sommes en communion avec les éléments de la nature, l'Ecole des Sables est un lieu magique pour les artistes. Un orage tourne autour de nous puis éclate au cours de la classe, mais nous sommes bien protégés sous notre bâche digne des meilleurs stages de foot occidentaux. Cette pluie est un cadeau de bienvenue qui vient bénir notre séjour, amenant fraicheur et une sublime lumière de saison des pluies dans le ciel. Fin du cours en cercle, chacun repars calmement le sourire aux lèvres, transcendé par ce cours fantastique. Cela commence bien, l'énergie circule à merveille dans l'ensemble du groupe et chacun, stagiaire, professeur, musicien ou encadrant y contribue. Merci pour ce partage, qui se prolonge autour du dîner puis du dernier attaya de la journée allongés sur des nattes avec un peu de fraicheur apportée par la nuit.


Lundi 3 août

Cours dès ce matin, avec Saki l'Ivoirien et ses mouvements gracieux de fleurs avec les mains. Nous continuons à nous régaler de cours d'excellente qualité. Khadim prend le relais en deuxième partie de matine pour la danse traditionnelle des Socés ... épuisant ! L'énergie cependant est toujours au rendez-vous, propulsés que nous sommes par nos professeurs et musiciens.

Temps de repos après le déjeuner à Sobo Badé, pour certains l'occasion de goûter à l'eau de l'océan délicieusement chaude, sur la plage animée de Toubab Dialaw, pour d'autres la sieste sur un hamac à l'ombre des arbres est trop tentante ... Retour à Ndougouma pour un cours de percussion en fin d'après-midi, avec vue sur la plaine de baobabs qui nous entoure – les mains se mettent à taper les djumbés sur les précises et énergiques indications de Libas, et ça chauffe !!

La journée a été bien remplie, nous finissons la soirée sur les nattes posées par terre après un bon dîner tous installés en cercle autour des plats. Une bonne nuit ne sera pas de refus !


Mardi 4 août

Il fait nuit, je suis sous la moustiquaire et j'ai chaud ... mais peu importe, ici, je dors bien. En France je suis une marmotte, ici je suis une poule !! Bref, la journée fut, une fois de plus, excellente !

Les premières images qui me viennent sont celles des pirogues arrivant sur la plage de Toubab Dialaw : des couleurs, du monde, des enfants, des chiens. On observe toute cette activité, on ose à peine les déranger, et là, un vieux Sénégalais s'approche et nous parle des espèces de poissons qu'ils pêchent ici, il nous emmène près d'une pirogue et nous les montrent ... simple et si généreux. Des moments de vie comme je souhaite en vivre tant d'autres ...

Et puis, il y a les cours de danse !! Aïe aïe aïe !! les cuisses !! le dos ! Mais quel plaisir de vivre ces instants au cœur de la nature, toute cette énergie qui s'en dégage et ces profs, quelle endurance et surtout quelle bonté !! Merci !!

Clarisse


Mercredi 5 août

Ça y est le cours de musique vient de se terminer. Je ne pensais pas que cela pouvait être aussi physique. Ce fut fatigant mais très bien. Je commence à comprendre le Djumbé et comme en danse : « il faut que je prenne le TEMPS... »

Nous avons eu un temps libre bien agréable aujourd'hui. Il n'a pas fait trop lourd, nous avons eu un beau soleil et une douce bière a rendu la température exquise :-) à Sobo Badé, ce petit coin de paradis où nous mangeons tous les midis après les cours de danse matinaux.

Ce fut encore une matinée riche en pas de danse avec Baldé et son RAS très aérien et dynamique.

A ce rythme on va rentrer tout sec en France ... lol :-)

Pour moi tout se passe très bien, nous sommes bien logés, le groupe est bien sympathique et nos encadrants semblent bien maîtriser leur sujet.

Je sens que cela va me plaire et que je vais revenir plus vite que prévu.

Abdou


Jeudi 6 août

Aujourd'hui je me suis levée comme d'habitude un peu avant mes compagnons de chambre, et pour moi c'est un moment magnifique pour me promener et profiter de la paix et de la tranquillité au milieu d'un paradis hydillique, avant de commencer une nouvelle journée bien éprouvante.

Nous avons petit-déjeuné tous ensemble, comme tous les jours, et cette fois-ci nous ne sommes pas rendu aux cours avec notre « Caravane » mais en taxi « 7 places » car le véhicule de la Caravane se trouve à Dakar pour obtenir son immatriculation sénégalaise, je crois. Nous ne nous sommes pas non plus rendus à « l'Ecole des Sables » mais nous avons été dans une nouvelle école de danse. Le chemin jusque là a été très beau, souvent face à la mer et nous sommes passés par un village plein de personnes dans la rue, remplissant le lieu de vie, nous sommes au Sénégal !

Avant de commencer à danser et en attendant les autres arrivent, j'en profite pour prendre des photos - pourquoi pas ? - et les musiciens et danseurs nous ont parlé de leur art.

Nous avons dansé le sabar avec Ciré. C'est surprenant l'énergie qu'il dégage toujours et en le voyant il semble que c'est facile de danse. Et malgré la chaleur et la transpiration, je ne perds pas le sourire et je suis les autres. Malgré la fatigue et la sueur nous revenons toujours sur la piste. Je ne suis en rien habituée à ce rythme mais grâce au son des tambours et l'envie et la force que dégagent les autres je me relève et retourne ... danser !

Pour finir la classe nous nous donnons tous les mains et tous ceux présents sont là : musiciens, danseurs ... Comme parfois, ou beaucoup de fois, je ne comprends pas tout ce qui se dit en français mais j'aime à m'imaginer de quoi i s'agit et prêter attention à ce mélange non seulement de couleurs mais aussi de cultures. Le maître des lieux, fondateur de cette école, en plus de nous avoir ouvert ses portes nous a remercié de notre présence ici, n'est-ce pas à nous d'être reconnaissant ? Une nouvelle fois, ma méconnaissance du français m'a fait perdre beaucoup de choses, ou plutôt beaucoup d'explications sur la culture de ce pays. Parfois cela me frustre, mais je profite de ce journal pour remercier l'effort de tous pour communiquer avec nous et nous expliquer les choses en espagnol.

Puis nous sommes rentrés à la maison, et malgré le peu de pression de l'eau, la douche a été fantastique. Nous avons mangé très tard puis comme je croyais que nous avions libre je suis sortie me promener. J'observais autour de moi et tout ce que je pouvais voir était de la verdure et mes chers baobabs. En rentrant à la maison, je crois que j'étais partie plus d'une heure, tous les autres étaient partis en promenade. J'ai alors profité de la fin d'après-midi calme pour lire dans un hamac. Et « voilà », nous fêtons notre dernière nuit à Toubab Dialaw avec de la musique et de la danse autour d'un feu. Ce sont des moments uniques. Merci pour cette journée ! Il est 2 heures du matin, je vais dormir !

Alba [traduit de l'espagnol]



Vendredi 7 août

Réveil avec la pluie, la fraicheur se fait sentir. Au Sénégal, le vendredi c'est jour de prière. Pour la caravane, c'est repos. Nous nous préparons à partir pour Mbour.

Derniers moments à Ndougouma, au milieu des manguiers de Gérard, entourés par les baobabs. Pape Mbaye prépare le attaya et les discussions commencent.

En fin de journée, chargement du camion. Puis direction Mbour. Nous quittons la brousse pour une villa en bord de mer, joli dêh!

Après un bon repas préparé par les sœurs de Ciré, nous passons le reste de la soirée sur le toit à échanger et contempler les étoiles.

Bosuba inch'Allah.

Carole



Samedi 8 août

Premier réveil à Mbour, la deuxième escale de la Caravane. Nous avons dormi dans le luxe, dans une jolie maison à côté de la mer dans une chambre avec salle de bain ... fantastique après la fatigue des premiers jours.

Pour moi la journée fut un peu difficile à cause d'une infection à l'oreille pour profiter de cette belle ville de pêcheurs.

Nous dédions une grande partie de notre journée à découvrir un peu des succulents plats sénégalais. Nous avons pour professeurs deux cuisinières fantastiques, les sœurs de Ciré et Maodo.

Mon groupe s'affaire à préparer le Maffe, un plat délicieux à base de sauce d'arachide. Je l'avais déjà goûté à Barcelone et cela me plaisait déjà, mais depuis que je l'ai remangé au Sénégal il est devenu l'un de mes plats préférés ... mmm ... j'en ai l'eau à la bouche.

Je dois reconnaître que je n'ai jamais été une fan de cuisine, bien que je le sois pour manger et savourer des plats délicieux, mais après avoir suivi la préparation, je me promets de cuisiner pour mes amis à mon retour.

Avant de commencer à cuisiner, nous avons besoin de toute une foule d'ingrédients, et où allons-nous les trouver ? Au marché.

Nous suivons les deux sœurs de Ciré et partons tous ensemble pour le marché.

J'ai toujours aimé en voyage les lieux qui me sont inconnus, visiter et promener à travers les marchés car il s'agit de l'un des lieux les plus populaires pour rencontrer et et observer les personnes du pays.

Même si parfois l'odeur est un peu forte pour moi, je me réjouis de pouvoir me promener presque toute la matinée entre les marchands avec leur étal ou ceux ambulants qui déambulent aux alentours du marché.

Après les légumes et la viande, nous devons chercher à acheter du poisson dans la zone du port où arrive la pêche que les femmes ont lavé et préparé, c'est parfait ! C'était un moment unique que ces images telles des scènes de peinture aux mille couleur et le mouvement qui se produit autour de cette activité de la pêche.

Une fois tous les ingrédients rassemblés, le cours de cuisine peut commencer. Nous sommes 3 élèves à cuisiner ! Je me suis réellement rendue compte du travail laborieux que c'est de préparer un plat comme celui-là et le cuisson précise de chacun des aliments. J'apprends aussi une nouvelle manière de cuisiner le riz,le cuisant un moment à la vapeur. Je ne l'avais jamais vu, mais j'essayerai de l'intégrer à ma cuisine car cela en vaut vraiment la peine.

Les plats que nous dégustons finalement son délicieux et nous les mangeons également dans la famille de Ciré, qui très aimablement nous a ouvert ses portes et son hospitalité, la fameuse teranga sénégalaise, ils nous ont accueilli avec toute familiarité ... Merci à tous !!!

Nous rencontrons un représentant de la communauté mandingue « socé » de Mbour qui nous parle de sa culture dans la cour de sa maison, de ses traditions et plus particulièrement la pratique du kankouran qui se déroule ce week-end dans les rues de la ville.

Nous voulions sortir le soir voir l'ambiance de fête dans les rues mais la pluie nous a empêché de suivre la fête ...

Monica [traduit de l'espagnol]



Dimanche 9 août

A peine réveillés, on monte dans le camion direction la maison de la famille de Ciré où nous allons prendre le petit déjeuner et assister à la sortie du Cancouran dans les rues. Nous sommes dimanche, jour où l’esprit mystique de la circoncision quitte sa cachette pour entrer dans les maisons.

En pénétrant dans le quartier, on entend chanter les sorubas. Certains d’entre nous ont la chance d’apercevoir parmi la foule le génie protecteur des circoncis. Il est recouvert de rafia orange et marron clair.

La foule se met à courir chassée à coups de fouet par les jeunes hommes de sa garde.

Petit déjeuner dans la cour de chez Ciré, puis départ a la salle de danse du CDEPS. Nettoyage et mise en place des tapis. C’est parti. Ciré nous fait répéter la chorégraphie mandingue créée à Popenguine. Puis vient un moment de création où nous tentons quelques solos au milieu de la choré collective.

Apprendre à écouter la musique, les appels, les accents. Regarder les autres et construire une harmonie, une concordance des rythmes et des corps. Je me lance dans une improvisation de sabar sur le rythme thieboudiene. Monica suit, enchaine pas de flamenco et acrobaties.

Dans l’autre groupe, Abdoumango et Clarisse, danseurs hip hop professionnels, nous font la démonstration que ce style de danse urbaine trouve bel et bien ses racines en Afrique.

Nous finissons le cours par un petit 1/4 d’heure de sabar avec le niari gorom. Dommage que ce soit si peu car il s’agit pourtant de la danse sénégalaise par excellence.

Douche, déjeuner et départ pour Joal, ville natale de Senghor, et l île aux coquillages de  Fadiouth. Visite au pas de course de ce petit paradis sans voiture auquel on accède par un pont de bois de près d’une centaine de mètres. Le sol est blanc et craque sous nos pieds. L’endroit est paisible, mais le ciel s’assombrit. La mer s’est complètement retirée. Les pirogues

colorées gisent à même le sable. Un autre pont mène au cimetière où cohabitent tombes catholiques et musulmanes. On aperçoit au loin sur un autre îlot d’anciens greniers à céréales.

6 000 habitants, 8 000 dans les périodes de fêtes et de vacances, se partagent cette petite terre où l’on trouve un baobab vieux de 700 ans, des cases à palabre, des débits de boisson – permis pour les catholiques majoritaires à cet endroit, qui paraît comme leur refuge -, des cochons…

Retour trop rapide au camion. Sur la route de Mbour, l’orage finit par éclater. "Il pleut dans la voiture". Jupiter, Dorte et Clarisse tentent de colmater les trous à l'aide de plastique et de scotch.

La journée se termine. Demain, nous quittons la petite côte poissonneuse et partons pour Saint-Louis.

Chrystel


Lundi 10 août

La Caravane fait son chemin à travers les routes de Mbour à Thiès, puis nous filons vers le Nord jusqu'à Saint-Louis. Déjeuner dans un tangana au bord de la route - les stagiaires se mêlent à la population sénégalaise pour déguster un maffé ou tieboudienne. Nous ne cessons de nous faire arrêter par des barrages policiers à chaque entrée et sortie de ville ... et parfois les situations sont délicates. Nous avons du retirer nos plaques françaises mais n'avons toujours pas reçu notre immatriculation sénégalaise. Nous sommes donc une cible idéale pour tous les hommes de tenues rapaces... Mais nous arrivons finalement à Saint-Louis la mgnifique, cette ville entourée d'eau et après avoir salué la famille de Ciré dans le quartier de Bayal, les stagiaires d'installent dans la "villa bleue" sur l'Ile Nord. Déchargement collectif à la chaine depuis le porte-bagage du camion jusqu'à l'intérieur de la villa. Nous posons notre camps ici pour quelques jours.


Mardi 11 août

Jeudi ... déjà 3 jours que la caravane s'est arrêtée à Saint-Louis.

Le rythme depuis notre départ de M'bour s'est accéléré ! Nous entrons dans le temps sénégalais ... Gestion des petits et gros imprévus, nouvelles préoccupations, nouvelles habitudes de vie. Personne n'a rien écrit depuis lundi ... Je décide de me souvenir de la journée de mardi, première journée dans notre maison bleue.

Réveil matin en sueur, chaleur sous la moustiquaire ... j'étouffe ! Il fait trop chaud ! Trop chaud !

Dehors les bruits du quartier m'appellent. Le menuisier, le muezzin, les cris des enfants et les moutons qui pleurent ! La journée a déjà trouvé son rythme. Mon T. Shirt est trempé ... J'étouffe il faut que je sorte !

Et puis comble d'infortune nous n'avons plus d'eau ... Inch'Allah peut-être ce soir. Pour l'instant c'est « douce bouteille ». Galère galère.

Mardi ... Oui c'est ça ! Jour de notre premier cours à Saint-Louis avec Ski. Bout en train, il sait nous donner et nous transmettre toute son énergie, toutes sa bonne humeur et sa joie.

Merci merci Saki pour ces moments de danse, où malgré la chaleur, la fatigue, chacun s'est transcendé pour donner tout son maximum au son du djumbé dans nouveau studio bleu ... lui aussi !

Mardi ... qu'avons-nous fait ... Nous avons mangé dans la maison bleue oui c'est ça ...

et puis juste après avec Aïcha notre cuisinière ici et Clarise nous sommes allées au marché ...

Le soleil frappe, tissus, odeur, épices, charrettes, la vie qui grouille, les enfants qui se chipotent, les femmes qui font les courses, les hommes qui travaillent, les femmes qui vendent aux sons des bruits incessants de la rue, bus, voitures, chevaux, klaxons ! Nous marchons des heures, chez le tailleur, chez les voisins, petite poterie, petite vannerie, tissus, 2 mètres pour ton pagne ... !


Nous reprenons le pont Faidherbe, quelques photos qui attirent les promeneurs... La rue de France ... retour à la maison ...

La soirée s'étire ... Coupure de courant, toujours pas d'eau ...

Mais si ! Mais si ! Il pleut ! ... la saison des pluies nous amène sa fraicheur, ménage à la raclette dans le patio, l'eau nous redonne de l'énergie, nous rions, nous chantons ... nous reprenons nos forces autour des flaques, sous la pluie ...

Sylvie


Mercredi 12 août

Suite des cours de danse à Saint-Louis avec Hélico, nouveau professeur de sabar – aérien comme son surnom le suggère ... Deuxième cours de danse ivoirienne avec Saki, le groupe prend un bon rythme et chacun ponctue la variation de ses improvisations. Départ en fin d 'après-midi pour la plage de l'Hydrobase : la Caravane à la mer ! Déménagement complet avec montage de tente, installation du coin cuisine assurée par Aïcha, mise en place des percussions, feu de bois et attaya en attendant le dîner, cours de djumbé sous la voûte étoilée ... Douceur de cette soirée pleine de chaleur humaine,de rythmes et de déhanchements.


Jeudi 13 août

Visite de Saint-Louis , Ile Nord, Ile Sud – avec rencontre d'enfants du quartier traversant le bras du fleuve entre la langue de Barbarie et l'île à la nage, Langue de Barbarie, plage de Salsal ... Puis quartier libre pour les achats respectifs de chacun en cette fin de séjour ... Soirée ponctuée par la rencontre avec Pape Samba Sow, intellectuel saint-louisien puit de connaissance sur la vie culturelle de cette ville, ses traditions et ses évolutions.


Vendredi 14 août

Dernier jour à Saint-Louis avant le grand retour ... Matinée révision de l'ensemble des chorégraphies travaillées pendant toute la Caravane et retour à la plage de l'Hydrobase pour goûter encore à l'eau délicieusement chaude de l'Océan, taper du djumbé à l'ombre des quelques arbres sur cette langue de terre entre le fleuve Sénégal et l'Océan Atlantique. Rencontre avec des danseurs hip hop saint-louisien, nos deux danseur hip hop lyonnais s'empressent d'échanger avec eux. Petite improvisation de lutte sénégalaise et retour à la « villa bleue » pour la dernière soirée partagée ensemble ... en l'honneur de nos 2 Lyonnais qui se marient prochainement ... bonheur et joies à eux et leurs proches !


Samedi 15 août

Senegal. Toubab Dialaw. Danse. Retour. Fort. Perdue. Mbour. Saint Louis. Wolof. Couleurs. Sensations. Dakar. Corps.

Camille

Dernier jour de la Caravane. Nous quittons Saint-Louis avant 5 heures du matin alors que la nuit est encore noire. Nous prenons la route de Dakar et faisons escale petit-déjeuner au bord de la route dans un tangana des plus typiques. J'appelle ma famille en France car je fête aujourd'hui mon anniversaire, sur les routes sénégalaises ... en partance pour le bijou d'île de Gorée et ai le droit au cœur de joyeux anniversaire sur la chaloupe qui nous emmène sur l'ancienne île aux esclaves alors que nous apercevons ses premiers bâtiments colorés s'élevant au bord de l'eau et au milieu de verdure et de fleurs.

Nous partageons notre dernier repas tous réunis mais déjà un air occidental souffle autour de cette table où nous sommes assis en deux rangées se faisant face ... fini les repas tous accroupis en rond autour du plat les cuillères ou la main plongeant directement dans le plat.

L'après-midi ballade découverte de l'île est écourtée par la violente pluie qui s'abat sur nous. C'est la panique sur la minuscule plage de Gorée où les Dakarois aiment venir se prélasser. Nous nous bousculons pour rentrer par la première chaloupe sur Dakar – pas évident, mais finalement tout le monde se retrouve sur le bateau ! Alhamdoulilah :-) Sous les gouttes d'eau qui coulent du premier étage du bateau, nous reprenons les différents chants de la Caravane que le Général Libass nous a appris. Le sourire est toujours là, malgré l'épuisement, malgré la pluie, malgré les bousculades ... tout finit toujours bien !

Nous traversons Dakar pour nous rendre dans la maison de Tipee notre caméraman. La pluie ayant cessé, nous nous installons sur la terrasse pour nos derniers instants de cette Caravane, autour d'un attaya et de fatayas achetés à la maman dans la rue – toujours un délice !

Départ pour l'aéroport, les ventres commencent à se serrer, c'est dur de se rendre à l'évidence que cette Caravane est déjà terminée et que ce soir chacun se couchera dans un endroit différent quelque part en Europe ou en Afrique. Mais ce n'est qu'un commencement ... longue vie à la Caravane !!

Florence


Un merci particulier à Alba, Monica, Chrystel, Clarisse, Magali, Sylvie, Camille, Dorte, Carole et Abdou pour leur participation bienveillante et enthousiaste à cette première édition de la Caravane et à toutes leurs contributions.

^ Retour haut de page ^