< Journée précédente / Journée suivante > ItinéraireJournal de bord d'IsabelleDebout 6h30. Rapidement, Issaka et ses frères arrivent pour discuter avec nous alors que nous sommes en train de petit déjeuner.
Nous leur proposons de goûter notre café : ils trouvent cela amer mais bon.
Du coup, Issaka part chercher des galettes de mil pour nous les faire goûter. Le goût est assez surprenant : il y a un arrière goût assez acide mais finalement c'est assez bon.
Nous discutons ensuite un moment avec Issaka et il nous explique pas mal de chose sur le pays Dogon : il nous montrera même une carte faite maison de leur "pays". Puis je récupère de l'eau pour faire une lessive. Une fois terminée, nous partons avec Issaka qui va nous servir de guide toute la journée.
Il nous amène d'abord dans le village de Telli. Ce village est très joli et est typiquement Dogon.
Nous déambulons dans les ruelles de ce village en compagnie d'Issaka qui nous raconte comment vivent les Dogons.
On apprend entre autre que les Dogons peuvent avoir autant de femmes que ce qu'ils veulent. L'âge minimum de mariage pour les garçons est 25 ans et 16 ans pour les filles. Ce sont en principe les familles qui choisissent de marier leurs enfants sauf quand les enfants vont à l'école. A ce moment là, les enfants peuvent choisir eux-même la personne avec qui ils veulent se marrier : mais il leur faudra quand même l'accord des parents.
En ce qui concerne Issaka qui a 22 ans et qui va à l'école, il a déjà choisi sa future femme : elle a ajourd'hui 12 ans ... Mais, comme il souhaite faire des études pour devenir enseignant, il ne pourra pas se marier tout de suite ... sa future femme sera ainsi en âge de se marier quand lui aura terminé ses études : tout est donc calculé ...
Nous apprenons également qu'il y a 2 sortes de greniers : un petit pour les femmes et un grand pour les hommes. Le grenier des femmes est compartimenté en 4 et elles y stockent les haricots, le mil pilé ... Celui des hommes sert uniquement à recevoir la récolte du mil, base de leur nourriture.
Puis nous apprenons la répartition des rôles dans un couple : l'homme est chargé de ramener la nourriture à la maison. Pour cela, il a un grand champ de mil qu'il cultive. Les femmes quant à elles ont un plus petit champ dans lequel elles vont cultiver des fruits et légumes qu'elles iront vendre : ce sont elles qui ramènent l'argent à la maison. Nous quittons ensuite ce village pour nous diriger vers le village de Begnematoo qui est lui aussi typique mais accessible uniquement à pied après une marche d'environ 1,5 km (150 mètres de dénivelé).
Nous montons pour visiter ce très beau village : il est divisé en 3 parties : une partie chrétienne, une partie musulmane et une partie animiste.
C'est dans cette dernière partie de village que se trouve un sorcier que tous les Dogons vont voir quand ils n'arrivent pas à avoir d'enfant. Il faut alors faire des sacrifices (1 poule pour "soigner" une femme, 1 chèvre pour un homme et 1 boeuf pour 1 homme qui a 2 femmes) : dans le mois qui suit le sacrifice, le Dogon aura un enfant.
C'est le fils du chef du village qui nous servira de guide : cela nous en coûtera 3000 Frs/pers alors qu'Issaka avait dit que nous étions des amis ... JMP tente de négocier le prix mais on devra quand même laisser 2000 Frs/pers ...
Ce qu'il y a de désagrable dans l'histoire c'est que l'on vous fait visiter, et une fois que la visite est terminée, on vous dit combien ça coûte ... nous n'avons pas trop l'habitude de ça ...
Sur le chemin du retour, Issaka nous montre une noix de Karité.
Puis, il nous fait goûter ce qu'il appelle des "raisins" qui poussent sur une arbre. Cela ressemble un peu à nos raisins mais en plus petit et en beaucoup plus amer.
Une fois la descente terminée, nous nous arrêtons au village de Doundiourou où nous avons laissé le 110.
Là Issaka nous fait signe de nous installer sous une "tonnelle" dans des transats en bambou : nous sommes chez Abel et il est 14h30.
Abel nous prépare le thé : 3 thés comme il se doit (le premier est amer comme la mort, le deuxième est doux comme la vie, le troisième est sucré comme l'amour).
Pendant que le thé se prépare, une femme s'approche et nous montre son bébé malade : il a la langue jaune et beaucoup de diarrhée : on lui explique que l'on ne sait pas trop ce qu'a son bébé, il faut qu'elle l'amène rapidement au dispensaire qui se trouve à Ende. C'est une fois de plus surprenant comme "le blanc", lui, il doit savoir ...
Puis, pendant que nous prenons le "thé africain", Igrié, un copain d'école d'Issaka nous rejoint et nous continuons à discuter tous ensemble. Abel décide ensuite de faire une nouvelle tournée de thé : ça tombe mal car nous voulions partir voir Bandiagara mais Issaka nous explique discrètement que l'on vexerait notre hôte si on refusait son thé ... Nous décidons donc de rester. Du coup, on en profite pour leur faire goûter le magret de canard séché que nous avions amené : ils ont trouvé ça très bon. Puis, sans qu'on le sache, Issaka nous a fait préparer du riz (avec des tomates, des oignons et la sauce traditionnelle à base de fruit de baobab) : nous voila invités à manger avec eux. Le goût de ce riz est très particulier et n'est pas facile du tout à manger pour nous. JMP fait ce qu'il peut pour terminer l'énorme assiette de riz qu'on lui a servi. Quant à moi, je mange 3 ou 4 cuillères mais je n'arrive pas à manger plus : j'ai du attraper chaud lors de la visite de Begnematoo et j'ai très mal à la tête et envie de vomir : je n'arrive donc pas à en manger davantage.
Puis, nous remercions Abel pour son hospitalité et retournons au campement à Endé.
Là nous prendrons une douche salvatrice (bien que les douches soient un peu sommaire : on devra se servir d'un seau d'eau ...), puis nous attaquerons tranquillement notre soirée.
Après manger, Issaka nous rejoint pour nous raconter l'histoire des Dogons. Puis son frère (celui qui tient le campement) nous rejoint et se met à nous raconter des histoires en langue dogon, traduite par Issaka. Un orage menaçant d'arriver, nous décidons d'interrompre notre soirée : tout le monde part au dodo.
|
