BLCU 7 (Beijing Language and Culture University)

Shanghai, Samedi 10 Septembre 2005

Dans le desordre et en pointille...
Je vous ecris une derniere fois d'un cafe shang wang (litteralement monter dans le filet soit: etre connecte) a la mode ici a Beijing (voir photo), demain retour chaotique par Aeroflot.


1- gigantisme sous hormone de croissance

Cela fait une semaine que je suis maintenant a Shanghai, j'ai beaucoup marche, pris le taxi, le metro voire le bateau sur huang Pu river. Je commence a bien connaitre le centre de Shanghai. Je ne cesse d'etre etonne par la taille des centres commerciaux qui me rappelle la demesure d'un Las Vegas et la vie trepidante "24/7". Notamment un mall gigantesque a Pudong (appele superbrand, il fut a l'epoque le plus grand centre commercial de Chine). Ce centre ferait passer notre centre commercial velizy pour un nain (en plus habille cheap)! Les prix ne sont pas si avantageux, pour sur c'est moins cher qu'en France mais pour des locaux cela n'est pas donne.



il faut le voir pour y croire, je me demande si ce business est rentable, il y a tellement de geants comme celui ci dans cette ville hors norme, cependant avec plus de 16 millions d'habitants je suppose que la consommation est aussi en proportion. Toutefois Jun (un ami chinois de Shanghai) me glisse que les investisseurs ne rentrent peut etre pas dans leur frais et qu'ils se rattrapent avec la location hors de prix de quelques coporate buildings.

2- Louis un prenom francais a la mode chinoise

Je suis alle au musee de Shanghai lundi dernier, il y avait une exposition sur ...Louis XIV au rez de chausse (ca c'est le yin). Dans le cadre de l'annee de la France en Chine et grace au devouement du conservateur du musee de versailles, un brillant bout de culture francaise se trouve au coeur de galleries de calligraphies, porcelaines et autres sculptures millenaires. Par un interessant (et volontaire) clin d'oeil, Les artifacts de Louis XIV se retrouvent a proximite de ceux de l'empereur Kangxi (deuxième souverain mandchou (1662-1722) de la dynastie des Qing). Ces deux monarques ont etabli des relations culturelles avec je soupconne un brin de geostrategie en arriere pensee (destins paralleles, ils ont eclabousse de leur classe leur epoque). 


J'oublie de remercier les mecenes Total / LVMH / Vinci sans qui cet etrange begaiement de l'histoire n'aurait pu arriver. Encore une fois, je ne peux m'empecher de remarquer a quel point la sphere culturelle se fait grignoter petit a petit par les corporations. Comme dirait une certaine pub "Une visite chez le roi soleil et l'empereur Kangxi ca ne s'achete pas, pour le reste il y a ...." eh bien malheureusement, il faudrait reactualise le slogan je crois.

l'apres midi je suis alle au marche de Xiang Gang, et la les chinois nous vantaient les merites d'un certain Louis.................................................................Vuitton.

 (Xian Gang, c'est un marche immense dedie a la contrefacon! c'est le yang, bon ok j'arrete avec le yin ca devient lourd). Il y a quand meme un paradoxe, le marche jouxte un centre commercial ou toutes les marques contrefaites y sont officiellement vendues. Expliquez moi comment ca peut fonctionner!

3- l'inattendu largement previsible

Dernier jour a Shanghai, je doit passer voir une expat du cote de Jingan, a mon retour dans le metro, je sors mon portefeuille de mon sac a dos, j'achete un billet a la machine automatique, je range mon portefeuille dans mon sac et j'attrape de justesse le metro qui arrive. Mais, vous l'avez peut etre plus anticipe que moi, je jette un coup d'oeil a mon sac pour voir que le zip et grand ouvert et point de portefeuille sous mes yeux horrifies.
Passembleu, nom de zeus (traduction un brin edulcoree je vous l'avoue!) Le spectacle d'un francais jurant, pestant et s'agitant tout seul dans son coin a du en faire rigoler plus d'un!
Que faire, diantre? Eh bien demi tour et contacter la "sino-marechaussee". Je vous passe les details, car c'etait plutot un concours de mime marceau qu'une discussion entre intellectuels eclaires, pas un seul policier ne parlaient anglais, qu'a cela ne tienne, en un coup de cuillere a pot, requisition d'un passant anglophone. 
Ah ca va mieux, mais comme dans n'importe quel pays, faut pas se faire d'illusion: un pick pocket s'est fait un peu d'argent (25 Euros), et un touriste se tapera beaucoup de papiers administratifs a son retour en France. J'ai hesite a promettre du cash a ces braves policiers si il retrouvaient mes papiers, mais dans le doute vaut mieux pas aggraver les choses (se faire pigeonner c'est une chose, corrompre ou mettre de l'huile dans les rouages c'en est une autre!). 

Heureusement que j'ai mis mon passeport et du cash a l'hotel. J'ai quand meme beneficie de l'aide inestimable de Min Yu qui m'a depanne pour payer l'hotel. Moral de l'histoire ne jamais relacher sa vigilance, et mieux ne prendre que le necessaire sur soi! Et encore mieux ecouter sa femme quand elle donne des precieux conseils (j'ai encore les oreilles qui sifflent)!!!

4- pas deux fois le meme coup!

Aujourd'hui samedi 1o septembre , retour preve sur Beijing par avion depuis l'aeroport de Hongqiao (Shanghai), je note que cette fois ci le compteur indique un plus honnete 40 Yuan (dans ma chronique precedente, le taxi a l'aller m'avait compte 95 yuan!). 

Une fois arrive a Beijing, je fais la queue pour prendre le taxi et un fuwuyuan m'indique un taxi de couleur noir, je m'engouffre dans le vehicule spacieux sans me poser de question et je lui montre l'adresse en caracteres chinois de l'hotel sur l'ecran digital de mon appareil photo.

La route se passe normalement (coup de klaxon, utilisation de la bande d'arret d'urgence...ca ne me gene pas plus que ca, je m'acclimate) le chauffeur me propose un chocolat, oups... inconsciemment une alarme se met a reagir... pas normal cela... je voudrai jeter un oeil au fameux compteur et je ne le vois pas. Allons bon ca recommence, le chinois veut encore se faire un laowai. Il va falloir negocier a l'arrivee.

Arrive a l'hotel, il me sort d'un air sur: 230 yuan, bon vous connaissez maintenant la tirade "Tai gui le", vous pouvez aussi rouler des yeux en disant "shenme?" bref on s'accorde sur 150 yuans au lieu des 100 habituels. Il a une vraie excuse le bougre sa voiture est estampillee 2.00 au lieu des 1.60 des taxi classiques. Je suppose que cela a rapport au coefficient kilometrique.

Il n'a pas l'air mecontent du deal car il me lance un "fair enough" avec un sourire en coin. De mon cote, je m'habitue a devoir passer pour un pigeon, j'en veux quand meme un peu au fuwuyuan qui m'a oriente a l'aeroport vers ce taxi haut de gamme. Je pense qu'il doit y avoir quelques accords "implicites" entre les fuwuyuans et les taxis.
Je le saurai pour la prochaine fois, cependant ce traitement "special" s'applique certainement a tous les niveaux, c'est un apprentissage long et couteux. Comment leur en vouloir? En tant qu'etranger, etre vu comme un coffre fort ambulant n'est pas loin de la realite. Je ne peux m'empecher de faire l'analogie avec une entreprise occidentale s'installant en Chine par ses propres moyens, il y a des reseaux paralleles qui restent bien hors de portee des etrangers.

Conclusion, il faut etre bien entoure (si possible par des locaux).

 

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