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Passages « parallèles » : Marc 6 : 14 à 29, Luc 9 : 7 à 9 (et 3 : 19 et 20) Nous étudierons tout d'abord les différents contextes du texte avant d'en tirer une interprétation pour notre vie aujourd'hui !
Il s’agit de l’évangile écrit par Matthieu, qui était un publicain juif, percepteur d’impôts, et qui est devenu disciple de Jésus. Il écrit ce livre, premièrement à l’intention du peuple juif, dans le but de leur annoncer que Jésus est le Messie promis dans l’Ancien Testament.
Hérode le Tétrarque (Antipas) est gouverneur (chef de province) de Galilée et de Pérée (de 4 avant J.C. à 39, qui est l’année de son bannissement). Il est le fils d’Hérode le Grand. Hérode Antipas avait répudié sa femme, pour épouser Hérodiade, femme de Philippe (demi-frère d’Antipas).
Jésus vient de partir de Nazareth (en Galilée), ville où il a grandi et parcourt les villages des alentours pour enseigner. A la fin du récit, Jésus quitte la contrée en barque (on peut supposer qu’il traverse le lac de Génésareth) pour aller dans un endroit désert.
La loi juive interdisait d’épouser la femme de son frère (Lévitique 18 : 16 et 20 : 21).
Jésus vient de partir de Nazareth avec ses disciples ; il vient de faire face à l’incrédulité des gens de sa patrie.
Je me suis posée la question de savoir combien de temps s’était déroulé depuis l’exécution de Jean-Baptiste (versets 3 à 12 de ce passage) et le moment où, aux versets 1 et 2, Hérode, entendant parler de Jésus suppose que c’est Jean-Baptiste qui est ressuscité des morts, mais je n’y ai pas trouvé de réponse.
Rappelons au passage qui est Jean-Baptiste : il est le fils d’Elisabeth (parente de Marie, mère de Jésus) et de Zacharie (sacrificateur). Il est le prophète annoncé par Esaïe (40 : 3), il baptisait dans le Jourdain ceux qui se repentaient. Et il n’a pas hésité à dénoncer les péchés d’Hérode Antipas, ce qui lui a attiré la haine d’Hérodiade. Selon Matthieu 4 : 12, c’est au moment de l’arrestation de Jean-Baptiste que Jésus-Christ a commencé son ministère public. Dans le passage étudié on y voit Hérode parler avec ses courtisans (ou serviteurs selon les versions, autrement dit les personnes qui vivaient à la cour avec lui) et supposer que Jésus est en fait Jean-Baptiste, ressuscité, et que c’est la raison pour laquelle il a le pouvoir d’accomplir des miracles.
Ce passage relate le contexte dans lequel Jean-Baptiste a été décapité ; c’était à l’occasion de l’anniversaire d’Hérode. La fille d’Hérodiade (Salomé) danse devant lui, et subjugué par sa beauté, il lui promet de lui donner tout ce qu’elle désire. Celle-ci, sur les conseils de sa mère, lui demande la tête de Jean-Baptiste. Il nous est dit qu’Hérode fut « attristé » par cette demande mais la lui accorda à cause de son serment et des invités. A l’annonce de la nouvelle par les disciples de Jean-Baptiste, Jésus éprouve le besoin de se retirer dans un lieu désert. Mais les foules le suivent ; ému de compassion, il guérit les malades. C’est aussi à ce moment-là (selon Marc 6 : 30 et 31) que les disciples de Jésus rentrent de mission.
Fausse liberté et vrai prisonnier !
Dans ce passage on peut voir Jean-Baptiste emprisonné, puis décapité, d’un côté et de l’autre, Hérode, qui, de mauvais choix en mauvaises décisions, nous montre à quel point la vraie liberté n’a rien à voir avec le fait d’être « libre de ses mouvements » et combien nous pouvons nous retrouver « emprisonnés » à cause de nos choix, de nos paroles et/ou de nos craintes.
On y voit également Jésus rejeté dans sa patrie parce qu’ils le « connaissent » (il a grandi parmi eux), devenir un être « mystérieux » pour tous les autres, personne ne sait qui il est vraiment…
Pour revenir à Hérode, on peut au travers de son attitude relever plusieurs erreurs à éviter pour nos propres vies, des erreurs qui feront de nous des prisonniers, ou qui, au contraire, si nous les évitons, ferons de nous des êtres libres : 1/ le refus de repentance ; 2/ la sympathie pour l’Evangile, sans engagement ; 3/ la peur du regard des autres ; 4/ les dangers de la séduction ou quel comportement face à nos faiblesses ?
***** 1/ Le refus de repentance
Plusieurs passages relatent le fait que Jean n’a pas hésité à dire à Hérode qu’il était un pécheur et pourquoi ; en Matthieu 14 : 4 et Marc 6 : 18, il nous est dit que Jean l’avait repris au sujet d’Hérodiade (ou Hérodias) parce qu’il ne lui était pas permis de l’avoir pour femme (Lévitique 18 : 16 et 20 : 21). Luc 3 : 19 nous précise que Jean a également repris Hérode au sujet de toutes les mauvaises actions qu’il avait commises. Toutefois, on ne voit nulle part Hérode manifester le moindre signe de repentance, or c’est le seul moyen de parvenir au salut. Pourtant au verset 9 de Matthieu 14, on voit que le roi est attristé par la demande de Salomé, mais en réalité, cette tristesse n’est pas une tristesse « selon Dieu », telle qu’elle est décrite dans 2 Corinthiens 7 : 9 et 10, d’ailleurs la conséquence en sera la mort physique de Jean et la mort spirituelle d’Hérode. 2 Pierre 3 : 9 nous rappelle également que Dieu use de patience car il désire que tous arrivent à la repentance, cette patience est particulièrement manifeste vis-à-vis d’Hérode, qui a eu diverses occasions d’entendre Jean le reprendre et donc de se repentir, pourtant il n’en a jamais saisi aucune ; il a également eu le « privilège » de rencontrer Jésus en personne. Toutefois Dieu nous laisse libre de nos choix, bien que le fait de ne pas faire le bon choix fasse de nous des prisonniers du diable… Etrange que ce soit justement l’exercice de notre liberté accordée par Dieu qui nous emprisonne si nous faisons le mauvais choix ! Ce qui nous montre qu’en réalité, le seul moyen de pouvoir rester libre, c’est d’obéir à Dieu et que la vraie liberté ne consiste pas à faire ce que nous voulons quand nous le voulons, mais plutôt à toujours faire le bon choix ! On peut d’ailleurs « illustrer » cette vérité par le « cas » de Jean-Baptiste qui a fait le choix d’obéir à Dieu, et qui a exercé son ministère sans compromis puisqu’il n’a pas hésité à reprendre même un gouverneur et même si cela lui a coûté le prix de la liberté physique puis celui de la vie, il a néanmoins fait le bon choix car il est resté fidèle à Dieu jusqu’à la mort et a hérité de la vie éternelle ; ce qui nous rappelle, en outre, que ce qui doit nous importer c’est notre vie éternelle et non notre vie physique. D’ailleurs 2 Timothée 4 : 2 et Tite 2 : 15 nous encourage à accomplir la volonté de Dieu en toutes circonstances et quelle que soit l’opposition que l’on puisse rencontrer. Je dois donc rester sensible à l’Esprit de Dieu, faire preuve d’humilité pour savoir me laisser reprendre par Dieu (quelque soit le moyen qu’Il utilise), accepter son pardon et aller de l’avant, en accomplissant TOUTE Sa volonté.
2/ la sympathie pour l’Evangile sans engagement
Marc 6 : 20 précise également qu’Hérode avait plaisir à écouter Jean, il n’a donc pas l’air de lui en vouloir d’avoir dénoncé ses péchés, pourtant il ne manifeste aucune repentance. Par ailleurs Luc 9 : 9 nous dit qu’Hérode cherchait à voir Jésus, ce qui va enfin se produire en Luc 23 : 8, toutefois, on se rend compte ici, qu’en réalité Hérode cherchait simplement à savoir qui était réellement Jésus et il aurait voulu le voir accomplir un ou plusieurs miracle(s) sous ses yeux. Parfois certaines personnes viennent à l’église uniquement pour le « spectacle » ou par curiosité, mais rien ne se passe dans leur cœur, ils finissent par être « déçus » et du coup en viennent à mépriser les chrétiens (Luc 23 : 11). D’autres écoutent la Parole de Dieu avec plaisir, car ils sentent qu’il y a là quelque chose de « bon », pourtant ils n’arrivent jamais à prendre le chemin de l’engagement ; pour ma part, je veux apprendre à mettre toute la Parole en pratique et non seulement les passages qui me conviennent ! Bien souvent on a du mal à s’engager par crainte du regard des autres (jugement, critiques, moqueries…). Ce qui nous amène au point suivant :
3/ la peur du regard des autres
Il est étrange de voir, au verset 5 de Matthieu 14, Hérode vouloir faire mourir Jean, mais ne pas le faire par crainte de la foule, puis au verset 9 du même chapitre, le même homme, être attristé par le fait de se retrouver dans « l’obligation » de tuer l’homme qu’il désirait faire mourir, par crainte, une nouvelle fois, du regard des autres (ici celui des convives). Toutefois Marc 6 : 19 et 20 nous précise qu’en réalité, c’était Hérodiade qui souhaitait la mort de Jean et non Hérode ; mais nous traiterons de cela au point suivant. En réalité on pourrait penser qu’Hérode était lié par son serment vis-à-vis de la jeune fille, toutefois il est bien précisé autant au verset 9 de Matthieu 14, qu’au verset 26 de Marc 6 qu’Hérode ne put refuser à cause de ses serments ET des convives, ce qui peut nous laisser supposer que s’il avait fait ce serment en privé ou en tête à tête avec Salomé, il aurait pu revenir sur sa promesse face à la demande de la jeune fille ! Toutefois, lorsqu’il a fait ce serment, étaient présents tous « ses grands, les chefs militaires et les principaux de Galilée » (Marc 6 : 21), il s’agissait donc de personnes devant qui il ne pouvait se permettre de « perdre la face » et se retrouvait donc lié par ses propres paroles. Ce qui me rappelle de ne pas faire de « vœu » à la légère (Deutéronome 23 : 21), et de ne pas parler trop vite (Jacques 1 : 19 et Proverbes 10 : 19 et 12 : 18), autrement dit, je dois apprendre à maîtriser ma langue afin de ne pas me retrouver liée par mes paroles et de ne pas faire de mal à qui que ce soit à cause de mes paroles. D’autres rois ont aussi parlé à la légère et se sont engagés de manière hâtive et irréfléchie, ce qui a eu également de fâcheuses conséquences pour eux mais aussi pour d’autres : Juges 11 : 30 à 40 et Daniel 6 : 13 à 17.
Hérode s’est donc retrouvé lié par ses paroles à cause de ses convives, mais aussi à cause de sa faiblesse vis-à-vis notamment d’Hérodiade, mais aussi de Salomé. Ce qui nous amène au point suivant :
4/ les dangers de la séduction ou quel comportement face à nos faiblesses ?
Hérode a fait preuve de faiblesse dans ce passage, d’une part vis-à-vis de Salomé, parce qu’il s’est laissé séduire, mais aussi vis-à-vis d’Hérodiade, parce qu’il n’a pas su lui dire « non » ! Au verset 6 de Matthieu 14, il nous est dit que la fille d’Hérodias dansa au milieu des convives et plut à Hérode, mais le verset 22 de Marc 6 précise qu’elle plut à Hérode ET à ses convives. On peut donc supposer qu’Hérode avait été séduit non seulement par la beauté et/ou la danse de la jeune fille mais aussi par le fait qu’elle avait su séduire l’ensemble de ses convives et qu’il a désiré la « récompenser » en quelque sorte pour cela. Toutefois, au lieu de prendre le temps de la réflexion, il s’est laissé piéger par ses sentiments du moment et a parlé trop vite et surtout sans réfléchir aux conséquences de ses paroles et au fait que Salomé irait certainement demander conseil à sa mère. Par opposition à son comportement, on peut remarquer la sagesse de Salomé, qui, avant de donner une réponse à Hérode, est partie chercher conseil auprès de sa mère. On pourrait aussi supposer qu’Hérodiade était l’instigatrice de tout cela, mais nous n’en avons aucune preuve, à ma connaissance.
Par ailleurs, on peut remarquer la faiblesse d’Hérode face à Hérodiade, car si Matthieu 14 : 5 peut nous laisser penser qu’Hérode souhaitait personnellement faire mourir Jean, en revanche, il est bien précisé au verset 3, qu’il l’avait arrêté à cause d’Hérodias, en outre Marc 6 : 17 à 20 précise bien qu’en réalité c’était Hérodiade qui souhaitait faire mourir Jean, notamment le verset 20 précise qu’Hérode protégeait Jean !
Toutefois, là encore on peut supposer qu’Hérode avait fait arrêté Jean pour le protéger d’Hérodiade et éviter qu’elle ne fomente un complot visant à organiser le meurtre de Jean. Le fait de l’avoir « dans ses murs » lui permettait de le protéger. Bien entendu, ici non plus nous n’avons pas de preuve permettant d’affirmer une telle chose. Pourtant cela expliquerait pourquoi Hérode a été « attristé » par la demande de la jeune fille, car à ce moment-là, il a réalisé qu’il s’était laissé piéger.
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Pour conclure, on peut retenir de ce passage que nous devons toujours prendre le temps de la réflexion avant de parler et surtout de s’engager par serment, nous devons également prendre garde de ne pas nous laisser séduire par quoi ou qui que ce soit (Deutéronome 11 : 16 et Proverbes 1 : 10), et ne pas avoir peur de prendre position (Daniel 3 : 16 à 28), quelles que puissent être les conséquences, ce qui compte avant tout, c’est que nous puissions conserver notre liberté en Christ, liberté de Lui obéir et de Le servir.
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