Texte central : Matthieu 6 : 5 à 15
synoptique : Luc 11 : 1 à 4
Introduction :
Jésus le Maître priait. Dans ce passage (Luc 11 : 1 à 4), le fait de voir Jésus prier va donner envie aux disciples de faire de même, ils ont le désir de prier comme Jésus, c’est pourquoi ils vont lui demander de leur enseigner comment prier. C’est dans le passage de Matthieu que l’on retrouve cet enseignement.
La prière existait déjà dans l’ancienne alliance ; dans Luc 11 l’un des disciples de Jésus fait référence au fait que Jean-Baptiste a enseigné à prier à ses disciples.
La prière s’enseigne donc, tout comme elle se pratique !
1 Timothée 4 : 8 : le terme « exerce-toi » ici utilisé a donné le mot « gymnastique ».
Comment définir la prière :
* selon le dictionnaire de langue française : s’adresser à (Dieu), une divinité, un être surnaturel par des pensées exprimées ou non, pour l’adorer, lui demander une grâce.
* selon le dictionnaire biblique : expression spontanée et directe de l’homme à Dieu, ou bien encore : communier avec Dieu, Créateur du monde, et régnant sur lui, Il n’est pas un être impersonnel, mais un Dieu disposé à écouter les hommes.
Etymologie du mot prière :
* en hébreu : vient d’un mot qui signifie abondance
* en grec : vient d’un mot qui signifie lier, attacher
Dans une première partie nous étudierons ce que n’est pas la prière ou ce qu’elle ne devrait pas être pour voir dans une seconde partie ce qu’est la prière ou ce qu’elle doit être.
1/ Ce que n’est pas la prière ou ce qu’elle ne doit pas être
En Matthieu 6 :5, Jésus nous exhorte à ne pas imiter les hypocrites : ils prient pour les hommes dans le but d’être vus et entendus des hommes, ils ne s’adressent, en réalité, pas à Dieu, c’est une prière dévoyée.
La prière ne doit pas être une démonstration de nous-même, de nos capacités ou de nos connaissances, ce n’est pas un « faire-valoir ». Matthieu 23 : 14 nous dit encore qu’il s’agit de prières faites « pour l’apparence ».
Ce sont donc nos mobiles et nos motivations qui sont importantes et non pas le « volume » de notre voix ou notre « position physique ».
Au verset 7 de ce même passage, Jésus nous exhorte encore à ne pas imiter les païens, qui multiplient les paroles, pensant qu’à force de paroles ils seront exaucés ; dans ce cas on pourrait comparer ces prières à une sorte de formule magique, notre foi n’est donc pas placée en Dieu mais dans les mots cités.
Toujours dans ce même passage, mais aux versets 14 et 15, Jésus nous parle du pardon et nous dit que lorsque nous nous adressons à Dieu nous ne devons pas venir vers Lui avec un cœur rancunier ou amer, qui refuse de pardonner. En effet, Matthieu 18 : 23 à 35, nous rappelle que nous devons pardonner à nos frères et sœurs en Christ (mais je pense aussi aux gens que nous côtoyons en général) leurs erreurs car Dieu nous a accordé un pardon bien plus important.
Pour résumer cette première partie, nous pourrions dire que la prière ne doit pas être une récitation, ni une démonstration, pas plus qu’elle ne peut monter vers Dieu en venant d’un cœur qui refuse de pardonner.
2/ Ce qu’est la prière ou ce qu’elle devrait être
Nous avons vu que selon les définitions du mot prière, c’est « l’homme » qui adresse ses prières à Dieu. D’ailleurs notre passage de Matthieu 6 nous montre bien que tout homme (ou femme) peut adresser ses prières à Dieu car Jésus nous parle des hypocrites (v.5), des païens (v.7) et dans ce passage il s’adresse particulièrement à ses disciples et par extension à nous tous qui l’avons accepté comme notre Sauveur.
Toutefois, on peut remarquer en lisant la Parole que toutes les prières non seulement ne sont pas exaucées, mais en outre, certaines déplaisent à Dieu.
Si l’on prend 2 Chroniques 30 : 27 on y lit que leur prière (celle des sacrificateurs et des Lévites) « parvint jusqu’aux cieux, jusqu’à la sainte demeure de l’Eternel », on peut donc en déduire que si cette prière a atteint les cieux, ce n’est pas forcément le cas pour toutes. Alors quelles sont les prières qui sont agréées par Dieu, qui lui plaisent ?
Pour revenir à notre passage de Matthieu 6, Jésus nous invite au verset 6 à entrer dans un « lieu secret », je ne crois pas qu’il s’agisse ici d’un lieu « physique » ou « géographique » spécifique, mais bien plutôt de l’intimité avec le Père, en réalité, Jésus nous invite à trouver un lieu, un moment qui nous permettent d’entrer en communion avec Dieu, de passer des moments dans l’intimité avec notre Père, loin des bruits, de la foule, du « monde ». En effet, Jésus lui-même entretenait cette intimité avec le Père en se retirant à l’écart, dans des lieux déserts (pas toujours le même d’ailleurs) : Matthieu 14 : 23, Marc 1 : 35.
Par ailleurs, on peut remarquer aussi que Jésus a prié avec ses disciples : Jean 17 : 1 et Luc 24 : 30, mais aussi au milieu de la foule : Matthieu 14 : 19. De même, Paul dans la 1ère épître à Timothée 2 : 8 exhorte à prier « en tout lieu ».
Au verset 9, Jésus débute sa prière par « Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié », cela nous rappelle premièrement que c’est une relation intime à laquelle nous sommes invités car nous nous adressons à notre « Père ».
Par ailleurs, nous devons prier pour que le nom de Dieu soit sanctifié, autrement dit c’est avec respect et soumission que nous devons nous approcher de Dieu, dans le but qu’Il soit glorifié autant dans notre vie qu’au travers d’elle, par notre soumission à Sa volonté (voir également le verset 10). C’est d’ailleurs également dans l’adoration que se termine cette même prière au verset 13.
Le verset 10 confirme d’ailleurs cette pensée, car Jésus nous dit de prier pour que son règne vienne et pour l’accomplissement de Sa volonté. Notre désir doit donc être d’accomplir avant tout la volonté de Dieu, d’abord pour notre propre vie, afin que son règne y soit manifeste.
Le verset 11 nous indique que même si Dieu connaît nos besoins (verset 8), Il désire que nous les exprimions, cela se retrouve d’ailleurs dans l’attitude de Jésus, par exemple lorsqu’Il demanda aux deux aveugles, à la sortie de Jéricho, ce qu’ils désiraient qu’Il leur fasse (Matthieu 20 : 32). Par ailleurs plusieurs passages nous invitent à demander : Matthieu 7 : 7 ; 18 : 19 ; 21 : 22 ; Marc 11 : 24 ; Jean 14 : 13 ; Philippiens 4 : 6.
En outre les termes « aujourd’hui » et « quotidien » nous invite à nous approcher de Dieu chaque jour, pas seulement une fois de temps en temps, mais chaque jour, c’est aussi la pensée de Matthieu 6 : 34, qui nous dit « à chaque jour suffit sa peine » et qui nous invite à ne pas nous inquiéter du lendemain. Par ailleurs Ephésiens 6 : 18 nous invite à prier « en tout temps », nous ne devons donc pas attendre un jour ou une circonstance particulière, mais nous présenter à Dieu chaque jour et je dirai même à chaque instant !
Mais que pouvons-nous ou devons-nous demander à Dieu dans nos prières ? Plusieurs passages de la Parole de Dieu répondent à cette question ; nous venons de voir que Dieu désire que nous lui présentions nos besoins, nous pouvons également prier pour nos familles et particulièrement pour nos enfants (1 Chroniques 29 : 19), Il désire également que nous nous tournions vers les autres et que nous priions pour nos frères et sœurs en Christ (Jacques 5 : 16 et Romains 1 : 9), pour la croissance de ceux qui ont accepté le Seigneur par notre intermédiaire (1 Thessaloniciens 3 : 9 à 12) et par extension pour les nouveaux baptisés de notre assemblée par exemple, mais aussi pour ceux qui annoncent la Parole de Dieu (Ephésiens 6 : 19-20 ; Colossiens 4 : 3 ; 2 Thessaloniciens 3 : 1-2 et Matthieu 9 : 38).
Nous sommes également appelés à prier pour les autorités de notre pays (1 Timothée 2 : 2-3) et plus particulièrement pour la ville où nous habitons (Jérémie 29 :7).
Nous devons également prier et bénir ceux qui nous outragent et nous persécutent (Luc 6 : 28 et Matthieu 5 : 44).
Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive, je n’ai relevé ici que quelques-unes des « pistes » indiquées par la Parole, non seulement il en existe d’autres, mais nous devons aussi savoir nous laisser inspirer par le Saint-Esprit dans nos prières (Romains 8 : 26).
Comme nous l’avons vu dans la première partie, le verset 12 nous invite à la repentance d’une part et à accorder notre propre pardon à ceux qui nous ont offensés d’autre part (Luc 15 : 7 ; Marc 11 : 25-26).
A ma connaissance, Jésus n’a jamais enseigné que nous devions adopter une position précise pour prier (à genoux, assis, couché, debout…), par contre la Parole nous précise à maintes reprises que c’est avant tout l’attitude de notre cœur qui importe.
Proverbes 15 : 8 nous dit que c’est la prière des hommes « droits » qui est agréable à Dieu.
Jacques 5 : 16 : « la prière agissante du juste a une grande efficacité ». Nous pouvons noter deux choses dans ce verset : la première est qu’il nous est parlé d’une prière agissante (ou fervente), donc faite avec foi, de tout notre cœur et la deuxième : il s’agit de la prière du juste, autrement dit de celui qui a été justifié par grâce (Psaume 145 : 19 et 1 Jean 3 : 22) ; le juste est aussi celui qui confesse et délaisse son péché (Jacques 5 : 6 et Proverbes 28 : 13).
Ephésiens 6 : 18 nous invite à la persévérance dans la prière.
1 Pierre 4 : 7 nous incite à être sages et sobres pour vaquer à la prière.
Enfin c’est avec foi que nous devons nous approcher de notre Père : Jacques 5 : 15 ; Hébreux 11 : 6 et Jacques 1 : 5 à 7.
En conclusion, je dirai que nous pouvons prier en tout lieu, à toute heure, ce qui importe c’est avant tout la disposition de notre cœur (1 Timothée 2 : 8 ; Jacques 4 : 2-3). Nous devons le faire avec un cœur pur, dans le but de porter du fruit pour la gloire de notre Père, le fruit de l’Esprit, avec foi et persévérance. A l’image de Jésus, nous sommes appelés à entretenir une relation intime avec le Père, nous ne devons pas craindre de lui présenter nos besoins et même nos désirs, bien au contraire, mais nous devons toujours rechercher en premier lieu l’accomplissement de la volonté de Dieu ; et plus nous nous exercerons à la prière, plus nous apprendrons à connaître et à discerner la voix de notre Père. Car si la prière est une expression de l’homme à Dieu, c’est aussi un temps de communion, cela implique donc qu’il y ait une relation et donc un temps d’écoute de notre part !
Notre Dieu prend plaisir à nous écouter, soyons donc de ceux qui savent réjouir son cœur avec des prières qui lui sont agréables et, en réponse, apprenons aussi à prendre plaisir à L’écouter…