Jésuites à La Réunion

Famille Ignacienne

Film et spiritualité

Le monde d'Apu

publié le ‎‎18 nov. 2009 05:09‎‎ par Jésuites de La Réunion

Dimanche 10 janvier 2010
de 17 h 30 à 19 h 30
Salle Jean de Puybaudet

Film de Satyajit Ray (Apur Sansar), Inde (Bengale), 1959, avec Soumitra Chatterjee, Sharmila Tagore, Swapan Mukherjee.

Calcutta, 1930. Apu rêve de succès littéraire, mais faute d'argent il doit interrompre ses études et affronter le monde du travail. Un jour son ami Pulu l'emmène au mariage de sa cousine. A la suite d'un accès de folie du jeune marié, Apu, venu en tant que simple invité, se voit contraint d'épouser la jeune femme pour lui éviter le déshonneur. Malgré les difficultés économiques du ménage, ce mariage précipité se transforme en un profond amour. Mais ce bonheur lui sera brutalement retiré...

Le dernier volet de la « Trilogie d'Apu » est un chef-d'oeuvre de modernisme, illustration parfaite et intemporelle de la vie d'un jeune couple et de l'accomplissement d'un homme.



Citizen Kane

publié le ‎‎18 nov. 2009 04:59‎‎ par Jésuites de La Réunion

Dimanche 13 décembre 2009
de 17 h 30 à 20 heures
Salle Jean de Puybaudet

Film d’Orson Welles, USA, 1941, avec Orson Welles,
Joseph Cotten, Everett Sloane, Dorothy Comingore.

Le milliardaire Charles Foster Kane (Orson Welles), magnat de la presse vient de mourir dans sa fabuleuse propriétéde Xanadu en prononçant un seul mot : « Rosebud» (bouton de rose). A partir de cette maigre piste, le reporter Thompson va tenter de reconstituer la vie de cet étrange personnage. Pour parvenir à ses fins, il rencontre toutes les personnes qui ont pu approcher Kane de près ou de loin. Au fil de l'enquête, il découvre la vraie personnalité de cet homme hors du commun... L'histoire évoque beaucoup la vie du milliardaire américain William Hearst.

Dans ce film, en plaçant si clairement l'Argent à la place du Père, Welles nous offre une merveilleuse parabole sur l'énigme de la paternité. Ce sera notre conte de Noël.



Onze Fioretti de François d'Assise

publié le ‎‎11 août 2009 01:02‎‎ par Jésuites de La Réunion

Dimanche 4 octobre,  17 h 30 - 19 h 30
Salle Jean de Puybaudet


Film de Roberto Rossellini, (Francesco, giullare di Dio), Italie, 1950, avec Frère Nazario Gerardi, Aldo Fabrizi.

En 1210, le pape Innocent III valide et reconnaît, sous le nom de Frères Mineurs, l’Ordre Franciscain qui prône une pauvreté matérielle absolue. Revenant de Rome, François et ses disciples se retirent dans une petite chapelle bâtie de leurs mains : la Portioncule de Sainte Marie des Anges, près de la ville d’Assise. Vivant de l’aumône, ils y façonnent les principes de leur prédication, avec une joie et une humilité constantes…

Ce film retrace le quotidien des premiers frères franciscains en onze tableaux qui sont inspirés des « Fioretti », ces courts récits tirés de la vie de François d’Assise rédigés au XIVe siècle dans le style de La Légende dorée de Jacques de Voragine et où le souci n'est pas dans l'exactitude mais dans le désir d'édifier par la métaphore, la fable, parfois la farce. Le propos sapientiel y affirme que la sagesse de la Croix est folie pour le monde.

Nourri de la sève des Béatitudes, Rossellini réalise une oeuvre simple dont la beauté s’impose avec évidence. A la fois drôle et poétique, ce film, unique en son genre, est traversé d’une lumineuse humanité bienvenue, au jour de la Saint François d’Assise, pour fêter le 8ème centenaire de l’Ordre Franciscain.


Will Hunting

publié le ‎‎11 août 2009 00:45‎‎ par Jésuites de La Réunion   [ mis à jour le·‎‎11 août 2009 01:08‎‎ ]

Dimanche 13 septembre, 17h30-19h30
Salle Jean de Puybaudet

Film de Gus Van Sant (Good Will Hunting), USA, 1997, avec Matt Damon, Robin Williams, Ben Affleck, Stellan Skarsgärd. Deux Oscars (meilleur scénario, meilleur second rôle).

Dans la banlieue pauvre de Boston, Will Hunting erre de job en job. Il passe sa vie dans les bars avec ses copains Chuckie, Morgan et Billy, à chahuter, boire, draguer ou chercher la bagarre. Un soir où il a été engagé pour faire le ménage dans les locaux de l’Université, il rédige avec aisance un difficile problème de mathématiques posé au tableau par le professeur Lambeau à ses étudiants. Il attire dès lors l’attention de l’enseignant fasciné par son talent prodigieux…

Le scénario est l'oeuvre de Matt Damon, qui interprète Will avec brio, et de Ben Affleck, son copain dans le film. Mais le réalisateur -grand observateur de la jeunesse américaine- joue en finesse le jeu de cette histoire romanesque et chaleureuse aux franges du réalisme et de la fable. Au fil de séquences qui sont autant d'aperçus inventifs sur les failles de l'attachant Will, se dessine une tentative réussie d'échapper aux schémas préformatés du cinéma hollywoodien.

Ce récit de l’itinéraire mouvementé d’un rebelle surdoué compose un portrait fouillé des chances, des risques et des enjeux de la période de la jeunesse. Un beau film pour accompagner le temps de la rentrée scolaire et universitaire.



Léon Morin prêtre

publié le ‎‎10 août 2009 05:29‎‎ par Aimé Rouquette   [ mis à jour le·‎‎10 août 2009 05:47‎‎ ]

dimanche 23 août 17 h 30  -  20 h

Film de Jean-Pierre Melville, France, 1961, avec Jean Paul Belmondo, Emmanuelle Riva.

Barny, bien que marxiste, est intriguée par le mystère de la religion. En confession, elle provoque le prêtre. Léon Morin, jeune et intelligeant, ne se refuse pas au dialogue. Barny, sur le point de se convertir, découvre qu'elle aime le prêtre. Mais Léon Morin la repousse...

Après cette adaptation du roman de Béatrix Beck (Prix Goncourt), on est loin, apparemment, de l'univers de Melville avec ses flics et ses truands. Pas tant que ça, en fait : Léon Morin (idée géniale d'avoir engagé Belmondo au jeu très "moderne " dans les années 60) obéit lui aussi à des rites que Melville observe avec respect. Et à une foi qui, pour le coup le dépasse, comme elle dépasse l'héroïne d'ailleurs. "Madame Bovary, c'est moi", disait Flaubert. Barny, interprétée par Emmanuelle Riva, c'est évidemment Melville. Elle doute, hésite, s'obstine, confond l'amour et le désir, se trompe sans cesse, mais sa quête chaotique est, pour Melville, la seule voie digne d'être offerte à l'être humain. L'occupation allemande isole encore davantage cette femme en elle-même, et rend cet homme à la fois séduisant et terrible dans sa certitude inébranlable.

Ce film, par son fameux portrait de prêtre au cinéma, est une manière de saluer l'année sacerdotale ouverte récemment par le pape Benoît XVI ainsi que l'ordination de trois nouveaux prêtres pour le diocèse de La Réunion.

Le faux coupable

publié le ‎‎25 mai 2009 04:45‎‎ par Jésuites de La Réunion

dimanche 14 juin, 17h30 - 20h00,   salle Jean de Puybaudet

Film d’Alfred Hitchcock, (The Wrong Man), Etats-Unis, 1956, avec Henry Fonda, Vera Miles, Anthony Quayle.

Un honnête musicien de jazz, marié et père de famille, est accusé de vols et arrêté. Ses tentatives de justification échouent. Il vit un véritable calvaire et sa femme en devient malade…

Hitchcock (1899-1980), reconnu maître du suspens et de la technique cinématographique, aime séduire le public et se montre souvent mystificateur. Mais ses films ne sont pas que des jeux de logique accompagnés de frissons ! L'ancien élève des jésuites est habité d'une quête spirituelle qu'il traduit à travers l'enquête policière où intrigue et esthétique soulignent que les apparences sont trompeuses. Il y a une vérité à chercher au-delà du visible. Dès lors, Hitchcock plonge dans les profondeurs de l'être où luttent vérité et mensonge, vie et mort, amour et haine. Il dépasse le fait divers pour atteindre les grandes questions et rejoindre la perspective chrétienne de la grâce au coeur du péché. La vérité devient libération.

Ici, dans Le Faux coupable, on pense à la figure de Job, car l'accusé, admirablement interprété par Henry Fonda, ne cesse d'espérer et de se confier à Dieu. La lente surimpression effaçant son visage pour faire apparaître les traits du vrai bandit est remarquable. C'est devant l'image du Sacré-Coeur que l'ultime prière ouvre sur le salut. La prière arrache au double maléfique, le sosie, qui habite aussi l'innocent comme tout homme, et le happy end suggère que le mal ne peut être guéri que par le don divin toujours gratuit. Surprise inattendue qui rend la justice et donne la liberté. Au-delà d'une belle intrigue, ce film empreint de profonde beauté rappelle qu'on ne se sauve pas, on est libéré.

S’inspirant d'un fait divers, il a tout reconstitué avec minutie, faisant même jouer à certains détenus et à certains psys leur propre rôle. En héros injustement accusé d'un hold-up, Henry Fonda est remarquable. Tout comme la lente surimpression effaçant son visage pour faire apparaître les traits du vrai bandit. Mais on est loin des grandes réussites des années 50 : Fenêtre sur cour, Sueurs froides ou La Mort aux trousses.


Ordet

publié le ‎‎6 avr. 2009 01:31‎‎ par Jésuites de La Réunion   [ mis à jour le·‎‎6 avr. 2009 19:08‎‎ ]

dimanche 3 mai, 17 h - 19 h 30  - Salle Jean de Puybaudet

Film de Carl Theodor Dreyer, Danemark, 1955, avec Henrik Malberg, Emil Hass Christensen, Preben Lerdoff Rye, Brigitte Federspiel.
Lion d’or au Festival de Venise 1955.


Dans une ferme du Jutland, Morten Borgen vit avec ses trois fils. Mikkel, l’aîné, est marié à Inger, qui attend leur troisième enfant. Johannes le cadet, est un illuminé qui se prend pour Jésus-Christ. Anders, le benjamin, est amoureux d’Anne, la fille du tailleur, et désire l’épouser. Mais le tailleur s’oppose à leur union pour des raisons religieuses…
Le film commence par une séquence où l’on voit toute la famille à la recherche de ce fils fou, parti seul dans les dunes, en criant son appel désespéré à la Parole. Ordet, en danois , signifie « la Parole ». A travers la description minutieuse de l’évolution d’une famille confrontée à la folie de l’un des siens, en même temps qu’au mystère de la naissance d’un enfant à la suite de laquelle meurt sa mère, Dreyer nous fait entrer dans une véritable méditation sur la naissance et la mort, dont l’obscur rapport va s’éclairer par une Parole dont le fils perdu va se révéler le Témoin.
Qu’est-ce que la foi ? Dieu nous parle-t-il dans un langage que nous comprenons ? Dreyer pose des question essentielles sur la vie spirituelle. Un film
grave et noble, une œuvre mystique pour accompagner le Temps pascal.

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