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publié le 13 août 2011 05:36 par Jésuites de La Réunion
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mis à jour : 13 août 2011 05:42
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Il est de bon ton de mettre l’éducation en question. Et les exemples ne manquent pas pour stigmatiser ce que les autres ne font pas. Inconcevable, par exemple, que l’école de la République puisse « produire » des illettrés ! On ne compte pourtant plus le nombre de réformes mises en oeuvre, redonnant à chaque fois le sentiment que – enfin – l’Éducation nationale allait être outillée de la pédagogie la plus performante auprès des publics les plus en difficulté. Mais toutes les idéologies ne suffisent pas à réduire une fracture finalement difficile à diagnostiquer. Car les symptômes les plus repérables peuvent cacher des réalités beaucoup plus profondes. Mal-être, chômage, familles éclatées et recomposées, violences urbaines, dialogue inter-générationnel rompu, sont autant de signes d’un désordre plus intérieur. Les traiter séparément, comme si chacun relevait d’une spécialité, n’a aucun effet durable. Ils constituent de fait une totalité, celle de l’homme dans son intégralité de personne douée de la capacité d’être en relation avec les autres pour collaborer à l’organisation de la société dans laquelle tous souhaitent vivre.
En quelques mots, il s’agit ni plus ni moins de l’Éducation populaire, de ce vieux concept – ou considéré comme tel – qui a aidé de nombreuses générations à se sentir responsables de soi et des autres : actrices et responsables de l’évolution des relations sociales et de leur orientation vers un mieux-être, un « vivre ensemble » plus harmonieux, respectueux de tout un chacun et de la note particulière qu’il apporte à la symphonie collective. Rêve ? Non, réalité, à preuve les nombreux chantiers entrepris dans La Réunion des années soixante et soixante-dix où l’Éducation populaire accompagnait le changement des comportements sociaux, individuels et collectifs, et – particularité de notre île – dans une saine collaboration entre public et privé, militants attachés à la laïcité et fervents catholiques guidés par la Doctrine sociale de l’Église. | Alors pourquoi avons-nous oublié les bienfaits de l’Education populaire, la reléguant au musée des accessoires du passé ? Si le concept a mal vieilli, trop identifié aux images de la misère matérielle dont il fallait sortir la population réunionnaise, ne faut-il pas le dépoussiérer pour en conserver la force mobilisatrice ? A défaut de le faire, d’autres références tentent d’occuper la place laissée vide. Ne parle-t-on pas actuellement de « l’école de la seconde chance » ? Et d’autres initiatives se fixent des objectifs sectoriels, comme celui de la diminution du nombre d’illettrés à La Réunion. Mais aucune de ces tentatives n’assume la totalité de l’existence humaine comme l’Éducation populaire prétend le faire. Car celle-ci inclut un sens du civisme, c’est-à-dire de la responsabilité de soi au regard des autres. À l’inverse de l’individualisme croissant dans les sociétés dites modernes, l’Éducation populaire conduit donc à jouer groupé, à privilégier l’équipe sur l’individu. C’est pourquoi le mouvement associatif est l’une de ses meilleures armes.
Dans cette dynamique de l’Éducation populaire, la personne humaine – chacun d’entre nous – est invitée à reconsidérer sa véritable image, celle où s’emboîtent et se complètent les parts individuelles et collectives, intimes et publiques, toutes garantes – ensemble – du développement intégral de l’homme. C’est le fil rouge de la Doctrine sociale de l’Église qui, quelque soit le sujet abordé dans l’ordre politique, économique, social, culturel et religieux, le ramène à ce critère fondamental, celui du développement intégral de l’homme. Dans l’encyclique Caritas in veritate (2009), Benoît XVI le rappelle, en citant abondamment Paul VI. Ce dernier, dans l’encyclique Populorum progressio (1967), plaide en faveur de l’intégralité du développement qui doit promouvoir « tout homme et tout l’homme ». Redonner vigueur à l’Éducation populaire nous obligerait à retrouver une vision globale de l’homme et de l’humanité. N’est-ce pas avec un tel critère que nous pouvons aborder avec sérénité et détermination une rentrée sociale faite de défis personnels et collectifs à relever ?
Père Stéphane, sj |
publié le 10 juil. 2011 07:03 par Jésuites de La Réunion
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mis à jour : 10 juil. 2011 07:23
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Peuple
de Dieu engagé dans l’histoire,
Peuple
de Dieu, témoin de son Royaume,
Peuple
de Dieu portant l’espoir des hommes,
Peuple
de Dieu bâtissant l’avenir.
Jours
de Pentecôte, d’hier, d’aujourd’hui, quand dans la relecture
d’un événement nous reconnaissons l’action de l’Esprit au
cœur des hommes et du monde.
Nous
revenons, mon épouse et moi, d’un mois de voyage en métropole pour
assister au baptême de notre petit-fils durant la célébration
pascale. Nous en avons aussi profité pour aller en Allemagne, rendre
visite à une de nos filles à « Frankfurt ». Ville immense et
accueillante, où s’active une foule dense, dans un mouvement
incessant. Contraste saisissant par rapport à La Réunion.
Nous
logions chez notre fille, qui vit en colocation avec deux autres
personnes, une allemande et une italienne, toutes trois employées
sur des contrats de courte durée, mais elles ne semblaient pas être
angoissées par la précarité de leur emploi.
Dès
notre arrivée, nous avons été surpris agréablement de constater
leur entente conviviale, «mettant tout en commun », et s’exprimant
avec aisance aussi bien en allemand qu’en anglais comme la plupart
des personnes rencontrées lors de nos déplacements dans cette
ville. Il y avait là quelque chose de la Pentecôte, les actes des
apôtres d’aujourd’hui, actes prophétiques qui contredisaient ce
que certains responsables politiques annonçaient comme l’échec du
multiculturalisme. Oui, à n’en pas douter, « l’Esprit
poursuit son oeuvre dans le monde et achève toute sanctification »
(Prière eucharistique IV).
Alors
qu’au plan professionnel elles travaillaient à l’élaboration de
projets et devaient faire preuve d’esprit d’initiative et de
créativité, j’ai constaté au cours de nos conversations que
concernant leurs projets personnels, l’horizon ne s’étendait pas
plus que la durée de quelques mois et qu’il s’agissait souvent
des vacances à venir de plusieurs mois consacrées à la découverte
d’autres continents, avant de rechercher un nouvel emploi à
Berlin, Londres ou ailleurs. | Elles
avaient travaillé, économisé suffisamment pour
en consacrer le bénéfice d’abord au projet de voyage.
Ce
monde tel qu’il était avec ses offres de biens de consommations
dans tous les domaines, (voyages, sports, cultures),
semblait répondre à leurs attentes immédiates au risque de leur
faire oublier d’autres attentes plus profondes et essentielles. Nos
migrations ne sont-elles pas d’inspiration divine, conduites par
l’Esprit, à la recherche de la terre promise, donnée en héritage.
« Il partit vers un pays qui devait lui être donné comme héritage.
Et il partit sans savoir où il allait. Grâce à la foi, il vint
séjourner comme étranger dans la - Terre promise » (Hébreux
11, 8-9).
Elles
assumaient positivement cette précarité, mais suffisait-il de
savoir s’en accommoder pour se construire totalement et construire
le monde à venir ?
Pour
s’édifier et bâtir le monde de demain, n’est-il pas
indispensable de se projeter en toute confiance dans le long terme ?
Mais peut-on l’envisager quand mondialement tout devient précaire,
et qu’il faut survivre ?
Personnellement,
au bout de quelques jours, j’avais comme un sentiment d’errance
et de dispersion. Cette foule anonyme, enivrante et déstabilisante,
m’avait désorienté. En ce troisième dimanche de Pâques, je me
suis rendu à l’église du quartier où je résidais pour célébrer
l’Eucharistie.
Devant
le chœur se dressait le cierge pascal, Christ ressuscité, présent,
qui rassemble ses frères.
Ne
parlant pas du tout allemand, j’avais avec moi « Prions en
Eglise » et j’ai pu participer en communion avec l’assemblée à
la célébration eucharistique. Je n’ai eu aucun mal à suivre le
déroulement de la célébration, tous les rites étant exactement
les mêmes, en Allemagne comme à La Réunion.
Je
n’ai pas douté un instant que « Celui » qui cheminait avec les
disciples d’Emmaüs dans l’Évangile du jour, cheminait aussi
avec nous, dans nos différences, car tous nous l’avons reconnu à
la fraction du pain et notre cœur était tout brûlant dans
l’échange du geste de paix, où le sourire se faisait parole
d’accueil avec le mot « amen ».
Daniel
Annette |
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