Jésuites à La Réunion

Communauté

Famille Ignacienne

Chronique

Fête de la Saint-François Xavier

publié le 18 nov. 2009 03:59 par Jésuites de La Réunion

Jeudi 3 décembre 2009
Messes solennelles de la Saint-François Xavier
à 11 heures et 18 heures,
à la chapelle de la Résidence

Vendredi 4 décembre 2009
Heure sainte
"Dieu seul ! Voilà mon pilote, mon ancre de miséricorde"
de 17 heures à 17 heures 45
à la chapelle de la Résidence
Soirée contes
En suivant François Xavier de l'Europe à la Chine, en passant par l'Afrique et l'Inde.
de 18 heures 45 à 20 heures, salle Jean de Puybaudet

Samedi 5 décembre
Messe dominicale
à 17 h 15, à la Paroisse de Saint-François
Marche/prière
à 18 heures, de la paroisse Saint-François à la Résidence
Bénédiction des pèlerins et soirée festive
à 20 h 30, à la Résidence

Adieu Père Hansen

publié le 27 oct. 2009 23:29 par Jésuites de La Réunion   [ mis à jour le·28 oct. 2009 00:28 ]


Le père Hansen est décédé
le jeudi 27 août 2009
Ses obsèques ont été célébrées

samedi 29 août à 08h30
 à la Chapelle de la Résidence


Voir ci-dessous
l'homélie prononcée le jour de ses obsèques




Homélie pour les obsèques du Père Hansen

publié le 27 oct. 2009 23:27 par Jésuites de La Réunion   [ mis à jour le·28 oct. 2009 00:19 ]

Samedi 29 août 2009

Théophile, un beau nom théophore, puisque cela veut dire "qui aime Dieu" ou "qui est aimé de Dieu" ; Théophile, un beau nom de baptême qui va devenir très vite une vocation. Très vite parce que la vocation du père Hansen germa dans l’enfance, alors qu’il gardait les troupeaux de son père, les vocations bibliques commencent souvent avec des bergers et des pâtres ... A quel âge ? À 12 ans, oui, à 12 ans, c’est décidé : le Père Hansen sera missionnaire. A 12 ans, mais où donc est passé Jésus ? Après les fêtes de Pâques, alors que tout le monde rentre à Nazareth, lui est à resté à Jérusalem et discute avec les docteurs et les scribes. Quand Marie et Joseph le retrouvent, il se défend d’avoir voulu les inquiéter et s’explique : "Ne saviez vous pas que je dois être aux affaires de mon Père ?" A 12 ans, c’est bien jeune, à nos yeux, c’est bien précoce pour engager sa vie au service du Seigneur, mais il n’y a pas d’heure pour être aimé de Dieu, c’est à cet âge que le Père Hansen quitte lui aussi son père et sa mère, son pays natal, sa terre et ses racines, et Dieu sait si un paysan y tient à sa terre et à ses racines, mais qu’importe, il part pour être comme le Christ aux affaires du Père, puisque de toute façon, nos racines de vie les plus profonde sont au ciel. Voilà ce qu’il écrit de son départ :

 

"En septembre 29, je rejoins, à la gare de Luxembourg, le train venant avec des apostoliques alsaciens et lorrains, accompagnés d’un Père pour aller en Belgique à l’Ecole apostolique de Florennes... je ne savais pas encore parler le français, puisqu’au Luxembourg nous parlions le luxembourgeois et à l’école l’instituteur devait enseigner en allemand, de même à l’Eglise ; le français était enseigné comme langue étrangère. Mais après trois mois j’arrive à comprendre et à parler le français et je rattrape les autres élèves en classe."

 

Ces 8 années à Florennes vont l’aider à approfondir son appel à la vie consacrée. Franciscains, Capucins, Jésuites, le défilé des missionnaires à la barbe fournie nourrit le désir du Père Hansen et de ses camarades, tous rêvent de partir en mission et c’est à Madagascar que lui se sent appelé. C’est pourquoi il entre dans la Compagnie de Jésus qui a en charge l’évangélisation des hauts plateaux de la grande île, c’est là qu’il sera aux affaires de son Père. Et puis les choses vont s’enclencher un peu plus vite que prévu... en effet, jeune compagnon de Jésus, après son noviciat, le père Hansen aurait dû passer quelques longues années de formation, perfectionner son latin, son grec, passer son bac, faire un peu de philosophie... mais une occasion se présente, un missionnaire tombe malade, une place est disponible sur un bateau, on la propose au Père Hansen qui l’accepte sur le champ. Un fameux itinéraire de compagnon de Jésus se répète ici, celui de saint François Xavier, qui naguère avait pris la place d’un autre, tombé malade, et embarqua pour une grande aventure missionnaire en terre d’Asie.

 

Le Père Hansen n’est pas rentré au Luxembourg depuis 8 ans, on lui donne 15 jours pour dire adieu à ses parents, et c’est parti pour 23 jours de mer et surtout pour 9 premières années à Madagascar sans retour au pays. Nous sommes en 1937, le Père Hansen a 20 ans. Rassurez-vous, je ne vais pas égrener année après année la longue vie missionnaire de Théophile. Je note qu’en ces débuts, il rejoint la maison saint Joseph, près de Tananarive, pour poursuivre sa formation. Avec les scolastiques malgaches, ils ont baptisé leur maison : Bourbon. Pourquoi ? Parce que Bourbon, l’ancien nom de la Réunion, était la première implantation des Jésuites dans l’Océan Indien, qui s’installèrent à la Ressource, dans les hauts de Sainte Marie, là même où nous irons inhumer le Père Hansen. Ce lieu de mémoire est important car c’est là qu’a commencé la mission de Madagascar, ici, à la Réunion, avec des Jésuites en compagnie de jeunes malgaches. Ici, a été imprimé le premier dictionnaire malgache/français, mais aussi des grammaires, des catéchismes, des livres de prière en langue malgache, ici encore le Seigneur a appelé le jeune Basilide Raïdi, né à Nosy Be, qui entra dans la Compagnie de Jésus et fût le premier prêtre malgache.

 

Le Père Hansen avait dû apprendre le français, il doit maintenant apprendre le malgache. Ceux qui ont vécu avec lui, savent combien il était critique sur les cours de théologie en latin et en grec qu’on dispensait aux jeunes séminaristes. Critique le Père Hansen ? Pas seulement sur les cours, car sous ses airs de grand sage impassible, il pouvait se montrer, nous dirons, un peu grognon... Alors écrit-il, "nous apprenions à balbutier quelques mots avec les enfants en accompagnant le dimanche à la messe un jeune Père..." Le 5 aout 1945 il est ordonné prêtre le matin, l’après-midi il va porter la bénédiction à tous les malades de l’hôpital. Après un court épisode au Luxembourg et en France, le père Hansen revient à Madagascar, où il sera jusqu’en 1975, curé, enseignant, ministre, économe, professeur. "La vie de missionnaire est rude écrit-il, la chaleur, le froid des hauts plateaux, les puces, les chiques, les souris, les rats"- vous ne craindrez pas les serpents dit Jésus - "et puis la langue, la solitude dans la brousse, la peur des empoisonnements, et les longues heures de confession." Il nous en parlait souvent de ces confessions interminables, des heures et des heures à absoudre des villages entiers avant de pouvoir célébrer la messe. Mais cela ne le rebute pas et lui qui ne s’étalait pas trop en émotions personnelles, laisse échapper quelques sentiments : "le pays est beau et reposant, surtout les postes les plus lointains... la messe en ce bout de terre et ces chrétiens qui représentent l’Eglise du Christ, dans la même foi, en union avec le Pape de Rome." Il contemple la moisson chrétienne qui lève, elle est abondante et il s’en réjouit... heureux d’être un peu précurseur lui aussi, car à l’état civil, Théophile a en fait pour prénom Jean Baptiste.

 

En juillet 1974, on l’opère d’une péritonite aigüe, et voilà qu’une hernie se développe dans la plaie cicatrisée. On le nomme malgré tout curé de Behenjy avec 22 postes à desservir : "Je serrais très fort ma hernie pour grimper jusqu’à 2000 m, dans un froid glacial la nuit. En Aout 1975, je demande à rentrer en France pour me faire opérer, en me faisant vacciner contre la variole, j’attrape la maladie." C’est pendant ce séjour en France que le Provincial lui propose de venir à la Réunion : pour aider pendant 6 mois. Il va y rester en fait 33 ans, quelle correspondance étonnante avec l’histoire de son Seigneur.

 

Il débarque à l’aéroport de Gillot un certain 20 décembre 1976.

Confesseur à la Résidence, aumônier des Moniales dominicaines, confesseur des novices et professeur chez les Filles de Marie, le Père Hansen a exercé avec une fidélité et un dévouement incroyable son ministère de consolation. Il a célébré l’eucharistie, tous les jours, apportant son aide à plusieurs paroisses, la dernière en date sainte Monique, celle que nous fêtions jeudi au moment où il est allé ailleurs s’occuper des affaires de son Père.

A 84 ans, impossible de trouver des rubans pour recharger sa vieille machine à écrire, alors, le père Samy l’équipa d’un ordinateur. Ce fût un peu laborieux, il utilisait le traitement de texte comme un enfant piloterait un avion mais quels gros avantages par rapport à la machine à écrire. Alors, le Père remanie ses papiers, ajoute une idée qu’il avait glané dans une lecture, il remet en forme l’histoire de la maison, qu’il était chargé de rédiger, et puis il publie ses petits livres, des guides qu’il concevait pour aider à la prière et à la vie spirituelle et aussi des éléments autobiographiques. Chaque année, pendant les mois d’octobre et novembre il donna les Exercices de saint Ignace, les 30 jours dans la vie courante devaient être finis pour la saint François Xavier. En fait, c’est sa propre source spirituelle qu’il partageait, convaincu, comme tout compagnon de Jésus, que l’homme est créé pour louer et servir Dieu notre Seigneur, convaincu qu’être mis avec le Christ, œuvrant avec lui, peinant avec lui, est la meilleure place, le vrai chemin, qui conduira tôt ou tard à partager sa Gloire, et puis comment garder pour soi la grande contemplation pour obtenir l’amour, quand on s’appelle Théophile...  

 

Le Père Hansen était réglé comme une horloge. Toujours premier à table, si nous étions en retard, il levait les bras et s’exclamait : "mais où donc est la communauté ?" Si vous le croisiez sur le Barachois, c’était facile de deviner qu’on était dimanche, en effet, la casquette vissée sur la tête il allait dans le bas de la ville, vers 11 heures, achetait une barquette et une dodo, flânait un peu et rentrait à la résidence.

Ces derniers temps il avait beaucoup perdu de sa vitalité. Il nous avait transmis l’apostolat de la prière, puis toutes ses notes relatives aux Exercices Spirituels. Ses yeux usés, quoique pétillants encore, ne lui permettaient plus de lire. Alors il égrenait son chapelet, s’en remettait à d’autres pour lui lire l’Evangile du lendemain, et retenait tout dans son cœur, en attendant l’heure que nul ne connaît. Dans l’oratoire de la Résidence, nous avons un crucifix où sur la croix de bois est fixé un christ ressuscité et glorieux. Mardi midi, contrairement à ses habitudes, le Père Hansen arrive en retard au repas, pendant le déjeuner, nous entendons un bruit curieux, en fait, le crucifix de notre oratoire tomba brusquement, et le Christ ressuscité et glorieux se détacha de la croix. Tout était accompli, Ad Majorem Dei Gloriam.

P. Christophe Kerhardy s.j.

La collaboration au coeur de la mission

publié le 25 mai 2009 03:59 par Jésuites de La Réunion   [ mis à jour le·25 mai 2009 04:20 ]

Mardi 12 mai 2009, une trentaine de personnes plus particulièrement impliquées dans l'accueil, l'entretien de la chapelle, la bibliothèque et la programmation des activités du Centre Saint-Ignace ont rencontré le père François- Xavier Dumortier, provincial des jésuites de France. L'occasion d'échanger sur la question de la collaboration jésuites/laïcs, un thème auquel a réfléchi la 35e Congrégation générale des jésuites, réunie à Rome en février 2008. Un décret écrit à cette occasion porte en effet comme titre « La collaboration au coeur de la mission ». En voici quelques extraits... Vous trouverez le texte intégral sur le site : www.jesuites.com

« L'admiration et la reconnaissance nous habitent lorsque nous voyons tant de personnes – inspirées comme nous par la vocation d’Ignace et la tradition de la Compagnie – qui ont choisi non seulement de travailler avec nous, mais aussi de partager notre sens de la mission et notre désir passionné d’atteindre les hommes et les femmes de notre monde brisé mais digne d’être aimé. (...) Comme le Saint Père confirme notre mission et notre vocation en nous disant « l’Eglise a besoin de vous », nous devons porter à notre tour le regard vers nos collaborateurs dans la mission et leur dire, avec gratitude et affection, que l’appel que nous avons reçu est un appel que nous partageons avec eux. (...)

La Compagnie souhaite nouer dans la mission de fortes relations avec des collaborateurs aussi nombreux que possible dans la vigne du Seigneur. Ceux qui demandent à être plus étroitement liés à la mission de la Compagnie ressentent habituellement ce désir en vivant l’expérience des Exercices Spirituels. (...)

Pour répondre aujourd'hui aux besoins pressants de notre monde complexe et fragile, beaucoup de bras s'avèrent incontestablement nécessaires. La collaboration dans la mission est notre réponse à cette situation : elle est l’expression de notre véritable identité comme membres de l'Eglise, de la complémentarité de nos différentes vocations à la sainteté, de notre responsabilité mutuelle à l'égard de la mission du Christ et de notre désir de nous joindre à toutes les personnes de bonne volonté au service de la famille humaine et du Royaume de Dieu qui vient. C'est une grâce qui nous est donnée en ce moment; une grâce en cohérence avec notre manière jésuite de procéder. »

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