Cette année cette revue ne sera que peu illustrée. Vous êtes invités à feuilleter les albums "Côte d'Ivoire", "Mon jardin d'Abidjan" ou "Voyages et excursions" de notre page de photos http://picasaweb.google.com/jdjavet.
Jean-Didier est donc revenu au Chili en décembre de l'année dernière afin d'accompagner Mari-Caroline à la remise de son excellent baccalauréat et d'emballer nos affaires.Nous avons quitté ce pays à la fin de 2007, Janne-Nicolas restant encore un mois, sac au dos, dans la région. Bref passage par la Suisse durant le dernier été austral et nous nous rendons rapidement à Abidjan.
Jean-Didier doit tout de suite se replonger dans le bain; non seulement un audit diplomatique aura lieu trois semaines plus tard, mais le problème dont le règlement avait été entamé en octobre s'est détérioré. Et, durant l'inspection diplomatique, il a fallu, dans une ambiance de roman policier, se séparer d'un collaborateur, collaborateur qui aura manqué à l'équipe consulaire durant toute l'année et le travail n'aura pu être accompli qu'à coup d'heures supplémentaires, en nombre plus qu'impressionnant.

Merja trouve rapidement une occupation auprès d'une oeuvre d'aide aux femmes atteintes du SIDA et leur enseigne la couture deux jours par semaine; elle se rend en outre une fois par semaine dans un quartier défavorisé de la capitale, dans un dispensaire tenu par des religieuses colombiennes. Outre les soins médicaux, cette institution tente d'alphabétiser les enfants des patients d'alentour et a monté une bibliothèque publique où Merja, avec d'autres épouses, enseigne les rudiments de l'informatique à des adolescents scolarisés, sur quelques vieux ordinateurs que l'oeuvre a reçus.
Occasionnellement aussi, elle amène de la nourriture au Centre Espoir de Lotti Latrous, centre qui se dédie, encore une fois, à la misère et aux problèmes engendrés par le SIDA.
Mari-Caroline nous avait accompagnés et s'était également engagée dans le programme d'enseignement de l'informatique à la bibliothèque des soeurs colombiennes. En mai, elle s'est rendue à Munich pour y suivre deux mois de cours d'allemand intensif. Grâce à son excellent bac, elle avait son admission à la Sorbonne assurée et, lors de notre séjour de l'été, nous l'avons accompagnée à Paris pour tenter d'y trouver logement. Pas facile, le mois de juin n'est pas vraiment la bonne période. Elle retournera, seule, visiter d'autres logis mais, en l'absence de toute confirmation de la Sorbonne et en désespoir de cause décidera, au milieu du mois d'août, de s'inscrire à la faculté de lettres de l'université de Genève. Et elle aura bien fait, les papiers de son inscription définitive à Paris ne sont arrivés à Abidjan que dans le courant du mois d'octobre, bien après le début des cours.
Les enfants sont donc en Suisse et nous, pauvres parents abandonnés, en Côte d'Ivoire. Bien heureusement la technologie nous permet d'avoir un contact réguliers avec eux. Mais la technologie ne remplace pas la présence physique qui serait parfois nécessaire. Nous nous revoyons donc irrégulièrement, au gré des congés que peut prendre Jean-Didier et des vacances académiques.
Abidjan, comme je le disais dans la revue de l'année dernière, est en zone équatoriale et il y fait chaud tout au long de l'année. Bien sûr, nous ne jouissons pas des longues soirées de l'été, mais nous ne devons pas non plus subir l'obscurité de l'hiver. Nulle surprise donc que les enfants viennent nous rejoindre durant leurs vacances d'hiver.
Le pays est en crise politique. La guerre civile a séparé le pays en deux durant quelques années et l'administration a de la peine à se réinstaller dans la zone des ex-rebelles. Accords de Marcoussis, accords de Ouagadougou ont rabiboché les forces en présence, la partition du pays a, en théorie disparu, mais la démobilisation et le désarmement des ex-forces rebelles traînent et le racket règne en roi. Une petite clique de dirigeants, de miliciens en uniformes armés de fusils mitrailleurs et de policiers et autres gendarmes pille et terrrorise le pays en toute impunité.
Ce qui n'incite pas au tourisme, à la découverte. D'Abidjan, on peut se déplacer sans difficultés majeures, si ce n'est l'état déplorable des routes, le long de la côte, côte qui offre de belles plages et, encore, de beaux paysages tropicaux. L'infrastructure touristique, autrefois florissante, n'est hélas plus que très mal entretenue.
Nous n'aurons dès lors que peu visité ce pays durant notre première année de séjour, nos "sorties" se limitant en général à passer le samedi à Grand Bassam, en bord de mer, à regarder, fascinés, la barre s'écraser sur la plage. Lors du passage de Aira et Ole, devenu traditionnel, nous nous sommes quand même risqués jusqu'à Yamoussoukro. Yamoussoukro où s'étale l'esprit mégalomane d'Houphouët Boigny, avec sa basilique, son palais des congrès, son palais présidentiel et son Parlement où celui-ci ne siège que le moins possible. L'accès à Yamoussoukro n'est d'ailleurs pas des plus aisés et l'infrastructure de la ville même pas brillante.
En début d'année, Jean-Didier aura l'occasion de se rendre à Conakry pour y parler des modalités d'octroi des visas officiels avec les autorités concernées et prendre langue avec ses collègues sur place. La Guinée, pratiquement sous dictature militaire est dans un état de délabrement social désespérant et l'infrastructure ne va pas mieux. Par contre, les caciques du régime se déplacent en 4x4 rutilants. Et on verra plus tard que le coup d'état qui a suivi le décès de Lansana Conté, chef de l'Etat, en décembre, ne va pas améliorer la situation, bien au contraire.
Un court voyage à Niamey en décembre lui permettra également de se faire une petite idée de la capitale du Niger, située entre fleuve et désert. Le pays doit changer de subordination et sera, quelques mois plus tard, admnistré par l'Ambassade de Suisse à Abuja. Il n'empêche qu'il faut y mettre en place la nouvelle intégration de la Suisse à l'espace Schengen.
Aaaaaah... Schengen. Que d'ennuis n'avons-nous connu avec cette nouvelle forme de visas. L'introduction, préparée au niveau théorique ainsi que les programmes informatiques défaillants nous ont donné à tous du fil à retordre. Certaines Ambassades de Suisse, dont la nôtre, ont simplement dû fermer leur section des visas durant plusieurs jours. Et le premier visa a pu être imprimé après une semaine. Nous étions tous très fiers.