La formation et la pédagogie sont des terrains d’innovation permanente et l’irruption des TIC depuis une quinzaine d’années s’est révélée prolifique de nouvelles situations pédagogiques. Pour décrire celles-ci, trois termes sont fréquemment convoqués et utilisés de manière interchangeable : l’ouverture, la mixité, l’hybridation.[1] Au-delà de leurs caractéristiques communes, il peut être intéressant de les distinguer davantage. La courte proposition ci-dessous ne s’appuie pas sur des retours d’expériences, encore moins sur une recherche scientifique. Elle se veut, plus modestement, révélatrice de mes représentations actuelles que je compte bien actualiser par la confrontation et le débat. L’ouverture, c’est la capacité à accueillir au sein d’un système défini des éléments extérieurs à celui-ci afin de l’enrichir. En formation, l’ouverture est une posture qui nécessite une volonté délibérée des concepteurs du dispositif. Ils restent maîtres du niveau et de la profondeur de l’ouverture. En ce sens, l’ouverture correspond davantage à une tolérance au périmètre identifié plutôt qu’à une acceptation de l’ensemble des caractéristiques des éléments conviés. La mixité correspond à la mise ne œuvre du principe de pluralité, de la confrontation des genres et des différences d’où doivent émerger des compromis, plus rarement des consensus, après identification des dissensus. La mixité n’est pas neutre pédagogiquement et amène à adopter des approches socio-constructivistes basées précisément sur la pluralité des discours destinée à favoriser la construction de ses connaissances par l’apprenant au gré des accommodations et négociations qu’il opère d’une part avec les contenus proposés et d’autre part avec ses pairs et l’équipe pédagogique. L’hybridation vise la production d’un nouvel élément à partir d'éléments distincts mais compatibles. En formation, l’hybridation peut être envisagée de différentes manières. Ainsi de l’association de situations présentielles et distancielles ayant chacune leurs logiques internes qui associées donnent un hybride. De même, les démarches pédagogiques traditionnelles et celles ayant recours aux technologies peuvent être associées. Il est à noter que le produit de l’hybridation n’est pas connu par avance dans la mesure où il dépend largement d’une part des apports des caractéristiques des éléments de départ qui sont associés et d’autre part de la viabilité et de la vitalité de l’hybride créé qui continuera à évoluer indépendamment de ses « parents ». [1] En formation continue en entreprise, la notion de blended learning est également très en vogue et tend à remplacer celle de e-learning dont la prétention à remplacer toutes les autres formes de formation s’est révélée une impasse au début de la première décennie de notre siècle. |




