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LE 55 ème PMI AURA LIEU
DU 24 AU 26 MAI 2013






" La valeur est dans les simples soldats un métier périlleux qu'ils ont pris pour gagner leur vie."
de La Rochefoucauld


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  (Jn 15, 12-13)

À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.»

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A PROPOS DE MARIE

Quelle est la place de Marie dans l'Eglise ?

publié le 15 mai 2010 00:11 par Jean Michel

Le Nouveau Testament parle peu de Marie. Néanmoins, nous avons assez d'indications pour la connaître, découvrir son attitude profonde de disciple de Jésus, son fils, Fils de Dieu. C'est là le meilleur d'elle-même qui transparaît et éclaire notre foi de Chrétiens (...)

Elle reconnaît en son fils le Messie, l'envoyé de Dieu. En mère et en disciple, Marie se tient au pied de la croix. Malgré la condamnation de Jésus par les hommes, sa confiance demeure. 


Marie, mère de l'Eglise

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Jean, l'évangéliste relate une des dernières paroles de Jésus : « Femme, voici ton fils ». Jésus confie l'apôtre Jean à sa mère. Puis Jésus confie Marie à sondisciple : « Voici ta mère » (Jean 19, 25-27) Par la suite, Marie sera désignée comme mère des Chrétiens, de tous ceux qui reconnaissent le Messiede Dieu sous les traits du crucifié et proclament saRésurrection. Au jour de Pentecôte, on retrouve Marie présente au milieu des disciples. Depuis son « oui » de départ, Marie a toujours fait preuve de persévérance dans la foi. Au cours des siècles, les Catholiques ont toujours vu en Marie le disciple par excellence. En elle, se manifeste tout ce que Dieu peut réaliser en un être humain accueillant la sainteté de Dieu.

Mère de Dieu, Vierge, Immaculée

Selon la tradition de l'Église, Marie, témoin de l'amour de Dieu peut recevoir plusieurs titres :

- « Mère de Dieu » (Concile d'Ephèse en 431). En Jésus, l'Église reconnaît le Dieu fait homme, c'est une affirmation essentielle de la foi chrétienne. Parce qu'elle est mère de Jésus, marie peut être appelée mère de Dieu.
- « Vierge ». En fait, il s'agit moins de dire quelque chose sur Marie, que sur Jésus. Il est le Messie, né non d'une volonté d'homme, mais donné par Dieu à l'humanité, gratuitement, de manière totalement inédite. Jésus vient d'ailleurs, il est dit : « conçu par l'Esprit Saint ».
- « Immaculée ». Dès sa naissance, Marie est orientée selon l'amour de Dieu, elle est prête à l'avènement du Christ venu pour le salut de tous les hommes.

L'Assomption de Marie signifie qu'en vivant pleinement de l'Esprit Saint, elle accède totalement, par la grâce particulière de son fils, au monde nouveau et définitif de la Résurrection. Marie nous précède sur le chemin des sauvés en Jésus Christ. (...)
Marie loue le Seigneur Dieu pour ce qui se produit par elle : la venue du Messie. Elle exprime la reconnaissance de tous les hommes à l'égard de Dieu car son amour transforme le monde selon sa promesse.Invoquer Marie, c'est faire appel à sa proximité avec Jésus, à son intercession auprès de Dieu. Depuis des générations, les catholiques confient à Marie leurs soucis, leurs préoccupations pour le monde, leur désir d'avancer dans la foi. Certains font mémoire des événements de la vie du Christ en égrenant le chapelet et en récitant le "Je vous salue Marie". Tout ce qui se passe dans les lieux de pèlerinage est de cet ordre-là. Marie nous précède sur le chemin. Avant nous, elle a vécu son « pèlerinage de foi ». 

Source : Matins d'Evangile, parcours catéchuménal pour adultes, Service national de la catéchèseet du catéchuménat


Marie dans l'Evangile et dans nos vies

publié le 14 mai 2010 23:51 par Jean Michel

Au sujet de la Vierge Marie, la foi catholique a défini deux positions dites dogmatiques, c’est-à-dire faisant partie de son corps de doctrine reçue par les catholiques. Une catéchèse de Mgr Ulrich

+ Mgr Laurent Ulrich
07/05/2003

En 1854, le pape Pie IX, après une consultation générale de l’épiscopat, clôt un très ancien débat par l’affirmation suivante : “ la Vierge Marie a été préservée de toute souillure du péché originel ”. Nous l’appelons l’Immaculée Conception, fêtée le 8 décembre.
En 1950, le pape Pie XII, ayant également consulté l’épiscopat catholique mondial, proclama : “ l’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, après avoi achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste ”. C’est l’Assomption qui se fête le 15 août.

Les traditions protestantes nous ont reproché ces excès d’affirmation au sujet de Marie qui donnent le sentiment qu’elle n’aurait pas vécu un destin ordinaire de femme. Or, elle reste une créature de Dieu, elle a dû vivre comme nous sa relation à Dieu dans la foi. On nous a aussi reproché un excès dans la façon de prier Marie comme si elle exauçait elle-même nos prières, à l’instar de Dieu Sauveur : nous aurions, nous catholiques, des manifestations de piété exagérées comme on n’en doit qu’à Dieu seul.

La tradition orthodoxe pense aussi que nous en disons trop et que ces deux dogmes, ces deux énoncés de la foi catholique, ne sont pas directement tirés de l’Ecriture biblique, de l’Evangile.

Retenons

Le plus important dans la foi chrétienne c’est toujours de dire que c’est Dieu qui nous sauve, Dieu qui nous cherche, Dieu qui par Jésus-Christ et dans l’Esprit Saint, réalise l’œuvre magnifique, et impossible à l’homme, de le conduire vers la vérité tout entière, vers l’amour parfait, vers la Vie. C’est ce que nous appelons le Salut, révélation de l’amour absolu, inconditionnel du Père ; ce salut est obtenu dans la venue du Fils dans le monde, jusqu’à sa mort et sa résurrection. C’est l’Esprit Saint qui nous le fait comprendre et qui nous permet d’en vivre.

On dit ensuite que Dieu a appelé les hommes à entrer dans son projet : la Vierge Marie a réalisé le modèle le plus parfait de cette acceptation. Dieu l’avait préparée à cela dès le début : c’est ce que nous appelons son “ immaculée conception ”, Marie conçue sans péché.

Nous entendons par là qu’elle a été préparée à recevoir Celui qui la sauverait ; elle est la première de la foule immense des sauvés, des appelés. Mais elle a vécu dans la foi, et il lui est arrivé de ne pas comprendre ce qui arrivait, et elle a fait confiance à Dieu : “ mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi !… Mais ils ne comprirent pas ce que Jésus leur disait…Marie gardait dans son cœur tous ces événements. ” (Luc 2,48-51)

A l’autre bout de sa vie, à la fin, elle entre dans la gloire de Dieu sans attendre : c’est l’assomption On ne dit surtout pas qu’elle n’est pas morte (voir note en annexe). Quand on dit qu’elle est élevée à la gloire du ciel, en corps et âme, exaltée par le Seigneur, on dit qu’elle est la première à entrer dans cette gloire promise à tous.

Peut-on prier Marie (et les saints) ?

A la vérité, dans le Je vous salue Marie on dit : “ priez pour nous ”. Comme dans la prière de la litanie des saints… cela veut dire que nous demandons à Marie, et aux saints, de présenter notre prière à Dieu. Notre prière s’adresse toujours à Dieu le Père.

Dans sa dernière lettre aux jeunes pour la JMJ 2003, le Pape invite à prendre Marie chez soi, comme l’évangéliste S.Jean, pour apprendre d’elle l’écoute, et l’attitude d’humilité et de générosité… “ pour que le Christ soit pleinement formé en (nous). ” (n°3)

Mais Dieu a constitué son peuple pour qu’il avance et se prépare au salut éternel. Nous croyons que les saints constituent la partie disparue à nos yeux de ce peuple dont nous faisons partie. La communion des saints continue au-delà de la mort. Ils prient pour nous, ils nous invitent à prier avec eux.

Le chapelet, ou le rosaire.

Le rosaire évoque par son nom la rose de la prière ; le chapelet désigne au départ un petit chapeau bordé de roses, une couronne. Il reste cet objet : une tresse sur laquelle sont disposés des grains qui représentent chacun une unité de cette prière qu’est le Je vous salue Marie.

D’autres symbolismes existent : la croix est au centre du chapelet, tout le chapelet converge vers le Christ ; c’est une chaîne qui nous relie à Dieu ; c’est un chemin incessant et par étapes vers Dieu. (le rosaire de la Vierge Marie n°36)

C’est une prière tirée de l’évangile, reprenant la salutation de l’ange, au moment de l’Annonciation (Luc 1,28), augmentée d’un commentaire : “ et Jésus le fruit de vos entrailles est béni ”, et d’une demande : “ …priez pour nous… maintenant et à l’heure de la mort ”.

Le Rosaire s’est répandu comme une prière du peuple chrétien au cours du deuxième millénaire, comportant des dizaines de Je vous salue Marie, et incluant surtout une méditation sur le mystère de la venue du Sauveur et de la vie de Jésus. On avait pris l’habitude de méditer sur des moments essentiels de la révélation évangélique en les regroupant en :

- mystères joyeux : annonciation, visitation, nativité, présentation au Temple, Jésus perdu et retrouvé (voir Luc 1 et 2) ;

- mystères douloureux :agonie, flagellation, couronnement d’épines, portement de croix, mort du Christ en croix :

- mystères glorieux : résurrection, ascension pentecôte, assomption, couronnement de Marie.

- Jean-Paul II, en invitant de façon renouvelée les chrétiens à prier avec le chapelet (ou rosaire) vient d’y ajouter les mystères lumineux : le baptême de Jésus ; la révélation de Jésus lors des noces de Cana ; et aussi dans sa prédication (l’annonce du Royaume de Dieu avec l’invitation à la conversion ) ; la transfiguration ; l’institution de l’Eucharistie.


Les apparitions

Il y a très souvent, et en beaucoup de lieux, des personnes qui disent avoir reçu des apparitions de la Vierge Marie principalement. Que doit-on en penser ?
L’Eglise catholique est attentive à ces phénomènes, et garde toujours une très grande prudence à leur égard avant d’en reconnaître un très petit nombre. La Salette (pour nous savoyards) est le plus proche des lieux reconnus, et Lourdes probablement le plus célèbre de ceux que nous connaissons et fréquentons.

Les principes adoptés pour reconnaître ces manifestations extraordinaires sont les suivants :
- Cela reste des révélations privées, c’est-à-dire qu’elles n’obligent jamais la foi de tous ; cela ne fait pas partie de la révélation commune qui s’impose à tous les catholiques. En effet, le salut est tout entier révélé dans l’Ecriture biblique. Il n’est pas nécessaire de recevoir des révélations complémentaires et particulières.
- Ces révélations peuvent trouver place pour conforter et accentuer l’appel évangélique à la conversion : pénitence, réconciliation, retour à la source qui est le Christ. On insiste moins sur le merveilleux, l’extraordinaire qui intrigue, que sur la parole qui appelle, encourage, invite. Le message reste dépouillé de tout bavardage excessif, il est sobre, et porte à la méditation, à l’intercession pour le monde en feu…
- L’attirance vers ces lieux doit produire des fruits de retour vers Dieu, de communion et de paix entre les hommes.





ANNEXES 
Tous ces textes sont cités dans : Marie dans le dessein de Dieu et la communion des saints. Groupe des Dombes, Bayard Editions/ Centurion, Tome 2, 1998

Textes des dogmes

- Immaculée conception : “ Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, dans le premier instant de sa conception, par une grâce singulière de Dieu et par privilège, en vue des mérites de Jésus-Christ sauveur du genre humain, préservée de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu’ainsi elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles. ” (p.81)

- Assomption : “ Par l’autorité de notre Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres pierre et paul, et par notre propre autorité, nous affirmons, déclarons et définissons comme un dogme divinement révélé que l’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et âme, à la gloire céleste. ” (p.82)

Autres citations

- Jean-Paul II au sujet de l’assomption :
“ certains théologiens ont soutenu que la Vierge fut exemptée de la mort et ont affirmé son passage direct de la vie terrestre à la gloire céleste. Cette opinion est pourtant inconnue jusqu’au 17è siècle tandis qu’en réalité il existe une tradition commune qui voit dans la mort de Marie son introduction dans la gloire céleste. ” (p.42, note 1)

- Saint Jean de la Croix au sujet de la révélation :
“ Dès lors qu’il nous a donné son Fils qui est sa Parole, il n’a pas d’autre parole à nous donner. ” Montée au Carmel II,20

- Pape Benoît XIV, au 18è siècle, sur les révélations privées :
“ l’approbation donnée par l’Eglise à une révélation privée n’est pas auyre chose que la permission accordée, après un examen attentif, de faire connaître cette révélation pour l’instruction et le bien des fidèles. A Travers de telles révélations, même approuvées par l’Eglise, on peut ne pas accorder son assentiment, pourvu qu’on le fasse pour de bonnes raisons et sans intention de mépris ”.

Cette catéchèse suit et complète celle que l’on trouve sur inXL6, en archives, au mois de mai 2002, sous le titre “ la Vierge Marie ”
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Mgr Laurent Ulrich est Archevêque de Chambéry, évêque de Maurienne et Tarentaise


Marie mère de Dieu

publié le 14 mai 2010 23:48 par Jean Michel

I. Histoire et foi

Ascension de la Vierge
Marie de Nazareth, tout autant que Jésus, appartient à l'histoire des hommes. Elle appartient à la suite des générations, ni plus ni moins que n'importe quelle autre femme. A ce titre, les historiens peuvent chercher à la connaître, selon les méthodes et avec les instruments qu'ils peuvent utiliser pour connaître tout être humain appartenant au passé. Les documents dont ils disposent sont minces, mais à la réflexion plus abondants que pour la presque totalité de l'humanité qui nous a précédés. Les hommes et les femmes dont les historiens peuvent atteindre quelque chose de la particularité sont une part microscopique de tous les hommes. 
L'Eglise, elle, affirme plusieurs faits à propos de Marie, qui la font apparaître comme une personne singulière au milieu de la vaste humanité. Ce qu'elle déclare ainsi, avec audace, l'Eglise sait qu'elle ne le connaît que par la Révélation que Dieu en fait, par la Parole adressée par Dieu et que l'Eglise accueille, qu'elle prend au sérieux, qu'elle médite et scrute, dont elle tire sa vie. C'est donc dans la foi que l'Eglise parle de Marie elle-même, c'est la foi seule qui lui permet de savoir ce qu'elle prétend savoir. 
Il sait dire que si certaines parties des textes évangéliques sont des textes poétiques ou théologiques et non pas historiques, ces textes n'en cherchent pas moins à dire le Vrai
les évangiles ne fonctionnent pas comme des articles de correspondants de presse, rapportant ce qu'ils voient ou ce qu'on leur a raconté et dont l'honnêteté consiste à décrire les faits tels qu'ils peuvent être vus au plus près de l'événement et par quelqu'un qui n'a pas d'intérêt direct dans ce qui se passe. Les traiter comme tel amène à chercher en eux des réponses à des questions qu'ils ne se posent pas, et à ne pas chercher à comprendre d'abord ce qu'ils veulent transmettre aux croyants
C'est un travail bénéfique que de mettre en lumière ce que le goût du merveilleux ou le mépris de la chair parfois prêté à certaines générations ont ajouté aux données des évangiles, mais il reste essentiel de voir comment dans le même temps la méditation des croyants, se nourrissant des évangiles, les a conduit vers "la vérité tout entière". Ce serait un bien grand risque que de rester prisonnier de l'illusion que le plus vrai est au commencement, alors que tout homme peut faire l'expérience, concernant les réalités les plus intérieures, que c'est seulement le travail de la mémoire qui permet que vienne au jour ce qui s'est joué. 
De ce point de vue, le XXe siècle a connu l'entrecroisement de deux courants. L'un tendait à maximiser ce qui pouvait être dit de Marie, non pas, précisons-le, en se livrant aux fantaisies de l'imagination et de l'affectivité en ses archaïsmes, mais en cherchant le sens plein de ce qui pouvait être dit d'elle à l'intérieur de la structure précise du mystère de la foi. L'autre voulait plutôt mettre en lumière l'appartenance de Marie à l'humanité commune du Peuple de Dieu, son inscription réelle dans le peuple élu par Dieu pour être son peuple saint. 
La rencontre de ces deux mouvements a abouti à la décision historique du deuxième concile du Vatican de faire du texte prévu à propos de la Vierge Marie le dernier chapitre de la constitution dogmatique consacrée à l'Eglise. Cette décision invite, c'est manifeste, plutôt à la sobriété dans les énoncés concernant Marie ; elle n'appelle cependant en rien à la relativisation de ces énoncés : bien au contraire, elle pousse à ce que le sens entier de ces affirmations soit recherché dans l'ensemble de l'histoire du salut et dans l'unité de l'Ecriture sainte. 
Ainsi sont mis en lumière les deux lieux principaux où l'Eglise puise ce qu'elle peut connaître, de Marie comme de toutes les personnes qui constituent l'objet de la foi. 
 

II. Les lieux théologiques : Ecriture et Tradition

1. La suffisance de l'Ecriture

Certains chrétiens, même catholiques, sont déroutés d'entendre l'Eglise affirmer de Marie bien des qualités que l'Ecriture sainte ne mentionne pas directement. Les mentions de la Mère de Jésus sont peu nombreuses, trop peu, paraît-il, pour soutenir l'imposant édifice des dogmes mariaux. En réalité, l'importance des quelques passages décrivant l'action ou signalant la présence de Marie ou de la mère de Jésus, ne tient pas à la somme des informations qu'ils fournissent, mais à leur place stratégique et à l'arrière-fond qu'ils mobilisent d'une lecture de la Bible méditée au long des siècles d'Israël. 
L'exégèse contemporaine a apporté de ce point de vue des éclaircissements précieux : elle apprend à reconnaître dans telle notation très fine d'un des évangiles la figure constituée par lesprophètes et par la prière de la synagogue de la Fille de Sion ou de l'Epouse ; elle rend attentif aux détails retenus par les auteurs du Nouveau Testament qui invitent à considérer Marie dans la série des femmes qui ont joué un rôle dans l'histoire du salut ; elle oblige à considérer la mère de Jésus non pas seulement selon ce qui est commun à toutes les femmes mais à l'intérieur de la figure de la femme que dessinent l'unité de l'Ecriture sainte d'Israël et la pratique cultuelle et rituelle du peuple de l'Alliance. 
Ainsi, les traits épars fournis par le Nouveau Testament à propos de Marie, si éparpillés qu'ils paraissent au regard de l'historien qui voudrait reconstituer la biographie de la mère de Jésus, représentent un tracé très précis et très dense aux yeux rendus attentifs au fonctionnement de l'Ecriture où est donnée la Révélation de Dieu. 

2. L'Eglise et Marie

L'attention à l'Ecriture conduit d'elle-même à l'autre lieu concret où l'Eglise apprend à connaître qui elle doit connaître dans la foi. Ce que l'unité du Nouveau et de l'Ancien Testament invite à reconnaître de la place de Marie, mère de Jésus, dans l'œuvre du salut, renvoie à la vie du peuple de Dieu en son intégralité. La présentation de Marie que donnent les écrits néotestamentaires se nourrit de la lecture de l'Ancien Testament ; elle se réfère tout autant à ce que la grâce du Christ donne aux croyants de tous temps et de tous lieux de recevoir et de déployer. Puisque Marie est la croyante en qui éclot pleinement la foi d'Abraham et des pères, l'Eglise se doit de reconnaître en elle la plénitude de l'expérience et de la foi et de la grâce qu'elle fait à travers les siècles. 
Les dogmes de l'Eglise à propos de Marie ne naissent évidemment pas d'une enquête historique visant à reconstituer ce que Marie disait ou pensait d'elle-même et pas davantage sur l'opinion desApôtres ou de quelque autre contemporain ; ils naissent de la reconnaissance par l'Eglise de l'œuvre de Dieu en elle et à travers elle, de l'expérience de la grâce qui brille dans les saints de tous genres, aussi bien les martyres que les vierges, les pasteurs et les docteurs que les héros de la charité, les consacrés que les laïcs. La sainteté ainsi vécue au long de l'histoire porte bien sûr des traits que l'historien peut repérer et analyser ; elle n'en est pas moins aussi et plus fondamentalement le fruit de l'œuvre de Dieu en chacun, et ces voies mystérieuses de l'Esprit ne sont vraiment connaissables que selon une logique spirituelle qui suppose la foi. 
Cette simple remarque jointe à la précédente permet de comprendre que l'Eglise a, en raison de sa foi, autre chose à dire sur Marie que ce que l'historien le plus honnête et consciencieux peut avancer. Elle permet au croyant de faire un pas supplémentaire en reconnaissant en Marie une œuvre singulière de la grâce, liée au choix de Dieu et à la mission particulière qui lui est confiée. Sur ce point, catholiques et protestants ne sont pas d'accord, il faut en être conscient, un travail d'explicitation et de recherche est encore nécessaire, mais la différence ne tient pas seulement à ce qui peut ou ne peut pas être affirmé de Marie, elle vient beaucoup plus largement de la compréhension de la vie de grâce et de l'action de l'Esprit-Saint. 
 

III. Unité des dogmes mariaux

La racine des dogmes concernant Marie est l'affirmation de sa maternité divine. Ce point, s'il a pu ne pas être clair, a été aujourd'hui suffisamment réaffirmé pour ne pouvoir être mis en doute. L'affirmation première concerne donc le Christ. Ceux qui s'inquiéteraient de transporter dans la vérité de la foi un énoncé qui rappelle plusieurs traits des mythologies, doivent se souvenir de deux choses. 
Tout d'abord, que bien des générations chrétiennes se sont émerveillées de trouver dans le cœur de la foi des motifs transportés déjà dans les religions et les cultures natives ; elles ont vu dans ce fait un signe de l'unité de la nature humaine toute entière appelée par Dieu au salut et travaillée par Lui à cette fin. Ensuite, que les Pères de l'Eglise et les conciles qui ont été reconnu comme œcuméniques ont fourni un travail conceptuel formidable pour dégager l'affirmation de l'incarnationdu Verbe de Dieu et de la maternité divine de la mère de Jésus de toute faiblesse de pensée aboutissant à traiter le monde divin comme un double du monde humain. De ce travail a résulté la mise au jour de la dignité de la nature humaine et de la grandeur inaliénable et insubstituable de chaque personne humaine. L'effort nécessaire pour dire la vérité de l'incarnation du Verbe de Dieu a obligé à réviser en les approfondissant considérablement les catégories mises au point par la philosophie grecque pour penser l'étrange fait de l'homme. 
Les dogmes de la virginité perpétuelle de Marie, de sa conception immaculée et de son assomptiontroublent certains encore, qui y devinent l'affleurement de réactions archaïques devant l'énigme de la sexualité, de la mort et du mal. Là encore : que de telles nostalgies existent ne prive pas les affirmations de foi de leur vérité. Au contraire : il convient, et à ce travail les théologiens s'attellent et doivent s'atteler toujours, de relier ces affirmations à l'ensemble du dogme chrétien, notamment à l'affirmation de la bonté et de la sacramentalité du mariage, à la résurrection du Christ Jésus et à la nôtre, âme et corps, à celle du péché en son origine et en ses effets et du salut procuré par la mort par amour du Fils fait homme. 
 

IV. Le rôle du Magistère

1. Le caractère définitif de la grâce 

Le principal obstacle pour beaucoup à accepter les dogmes mariaux vient de leur proclamation par le Magistère de l'Eglise. Même en considérant leur enracinement dans l'unité de l'Ecriture sainte et dans la vie de foi et de grâce du Peuple de Dieu, on peut s'interroger sur l'étrange capacité qu'auraient quelques-uns de décider, à un moment de l'histoire, de la vérité pour tous. On voit que le dogme naît de la recherche et de la réflexion des exégètes et des théologiens conjointes avec la vie globale des croyants dans l'Eglise, avec ce qu'elle comporte de dévotions, de révélations particulières, mais avant tout de vie sacramentelle et liturgique et de méditation de la Parole de Dieu. Mais comment et pourquoi, à un moment donné, fixer dans des formules qui veulent s'imposer à tous, ce qui aurait pu rester à la libre disposition de chacun, dans l'unité d'une foi concentrée sur son essentiel ? 
La question du Magistère de l'Eglise, de son institution, de son autorité et de son fonctionnement, ne peut être abordée dans un note si restreinte, mais l'interrogation que suscitent les dogmesmariaux permet de souligner le fait suivant : le Magistère de l'Eglise relève du caractère eschatologique de l'Eglise, de son appartenance à ce que le Christ mort et ressuscité a opéré de manière définitive. Par lui, assurance est donnée aux croyants qu'ils peuvent dire des choses vraies de Dieu et de son œuvre, que dans la faiblesse des mots humains et la relativité des concepts, ils atteignent par la grâce du Sauveur ce dont ils vivront dans la gloire éternelle. 

2. Dogmes mariaux et Magistère 

Les dogmes mariaux peuvent sembler toucher des objets seconds, voire secondaires, du fait du salut ; en réalité, ils manifestent la capacité promise aux hommes grâciés de contempler vraiment l'œuvre de Dieu et de pouvoir, au bout du compte, au terme de l'histoire, en admirer l'architecture globale et les détails qui contribuent à la beauté de l'ensemble. Ce que l'Eglise enseigne de Marie de Nazareth annonce ce que Dieu veut donner à ceux qu'Il appelle à sa joie. 
Trop facilement, le Magistère est perçu comme exerçant la fonction d'un garde-fou - ce serait la vue optimiste -, ou celle du tuteur veillant sur des adolescents, - c'est la vue pessimiste. On manque ainsi ce qui est essentiel aussi dans cette tâche héritée des Apôtres : la louange de Dieu suscitée par la connaissance de l'œuvre de son amour. 
Mais qui comprend cela doit se garder alors de recevoir le dogme comme un savoir enfermé dans une formule. Pris ainsi, les dogmes mariaux risqueraient de surcharger le donné de la foi, d'augmenter encore le poids des choses à croire. En réalité, comme les autres dogmes, ils doivent orienter le regard vers les autres affirmations de la foi, obliger les croyants à chercher plus haut en Dieu et plus profondément dans la conversion de leur vie l'unité de tous les dogmes, inviter à recevoir de Dieu et de la destinée finale où Il nous conduit plus de lumière pour vivre les réalités les plus simples de notre existence terrestre : le fait d'être engendré et d'engendrer, le fait d'avoir un corps et de mourir, le fait d'être chacun un être singulier et d'être uni à tous les autres et si dépendants d'eux. 
Chacun de nous sait ce qu'est être un homme ; à mesure qu'il grandit en âge et en grâce, il découvre qu'être homme est un mystère. Le croyant qui consent que Dieu le mène où il ne peut aller seul se réjouit de trouver dans le dogme, et notamment dans le dogme marial, de quoi contempler la gloire où Dieu nous conduit.


Source : Note doctrinale sur le dogme catholique et Marie de Nazareth - Commission doctrinale de la Conférence des Evêques de France
 

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