LE SÉMINAIRE EHESS




Le séminaire d'histoire culturelle de la danse se déroule à 
l'Ecole des hautes études en sciences sociales, chaque 2e et 4e lundis du mois du 19h à 21h

Ce séminaire, hébergé par le Centre de recherche sur les arts et le langage de L'Ecole des hautes études en sciences sociales, propose d’explorer l’histoire des danses sociales et spectaculaires en Europe dans une perspective culturaliste, pour la période comprise entre les XVIe et XXe siècles. Il s’agit de saisir l’histoire des sociétés modernes et contemporaines en confrontant les pratiques et les représentations en vigueur dans les danses dites « théâtrales » et de « société ». A ces fins, nous engageons une relecture des sources, iconographiques, textuelles et audiovisuelles. Dans cette perspective, les méthodologies de l’histoire culturelle constituent une « boîte à outil » très précieuse pour l’analyse des pratiques et des représentations des danses.

Le séminaire, conçu comme un espace de dialogue et d'échange d'idées sur la danse, mais aussi sur l'histoire culturelle, est composé de 12 séances annuelles. Inauguré en 2009, le séminaire s'est initialement construit autour de quatre axes thématiques (voir le programme détaillé) :

Le premier axe propose de relire les moments clés, les grandes figures, les clichés, les lieux de mémoire qui ont marqué l’historiographie et l’imaginaire de la danse en Europe (l’Académie royale de danse, les Lettres sur la danse de Noverre, la ballerine romantique, etc.). Il s’agira à la fois de poser des jalons sur l’histoire de la danse en Europe entre le XVIe et le XXe siècle, et d’interroger la manière dont ces moments clés ont été construits historiquement.

Le deuxième axe porte sur la légitimité de la danse, dont la capacité à transgresser certains interdits liés au corps (question de la pudeur, du rapport homme/femme, etc.) a souvent été la cause de sa stigmatisation morale en Europe. Il s’agira d’explorer les enjeux de son expression dans l’espace public et la difficulté avec laquelle elle s’impose comme genre dramatique, mais aussi comme profession et comme pratique sociale se déployant dans un cadre codifié et ritualisé.

Qu’elle soit « artistique » ou « sociale », la danse est une pratique qui se caractérise par la circulation : entre villes et campagnes, entre capitales culturelles, d’un continent à un autre, entre groupes sociaux, d’un sexe à l’autre, d’un genre dramatique à l’autre, d’un corps à l’autre, etc. Dans le troisième axe, il s’agira donc de s’intéresser aux circulations de danses, de personnes, de savoirs sur la danse et aux rencontres entre la danse et d’autres pratiques (musicales, théâtrales, de loisirs, etc.).

Parce que la danse est fondamentalement une histoire des corps, elle mobilise les affects, les sensations et des conceptions différentes de la corporéité ou de l’incorporation. Le quatrième axe portera donc sur les sensibilités, les conceptions du mouvement et la proprioception (c'est-à-dire la perception que chaque individu a de son corps et de ses mouvements) ; il permettra de proposer des pistes pour une histoire du corps vécu en danse.

En 2011-2012, le séminaire sera consacré aux recherches sur un thème précis : Danse et Morale (voir le programme).