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Coutras








Épouvante à Coutras en 1789:


Sur les registres en ligne des AD33 vous trouverez dans les registres paroissiaux, page 443 du registre 1760-1792, inclus cet acte


A la postérité

Le trente juillet mil sept cent quatre vingt neuf, les états généraux tenant et scéants à Versailles - il y a une épouvante dans tout le païs occasionnée par des bruits vagues qui ont déterminé cependant Mr Galleau juge de la Roche à écrire a nos officiers municipaux pour nous demander du secours, dans la
crainte où on étoit à la Roche et dans le païs voisin d'être attaqués par une troupe de brigands que les uns portaient de six ou dix mille, d'autres de vingt à trente mille qui metoit tout a feu après avoir pillé et égorgé ce qui leur résistoit. Sur cette lettre qu'on a reçu vers les quatre heures après midi par un exprès venu à toute hâte, un des officiers de police en mon absence et présumant avec raison de mon consentement s'est déterminé vers cinq heures à faire sonner les cloches et battre le tocsin pour assembler plutôt le peuple, ce son a été suivi et imité dans toutes les paroisses et très loin dans le païs durant toute la nuit. Tous étoit dans la crainte, dans l'allarme et la consternation. Tout ce qui est
capable de combattre et de se défendre s'est rendu sur la place les uns avec des armes à feu, d'autres des faux manchées droit; d'autres des fourches de fer. Tous à comprendre le fronsadois, St Emilion, Castillon, Lepuynormand partie du Périgord qui raproche cette même contrée se rendoient de toute part pour secourir Coutras qu'on croyait exposé au carnage au meutre et au feu. Dans le trouble les habitans des campagnes ont déserté leur champ, laissé leurs bleds, leurs gerbes, et même leurs grains dans l'aire, leurs bestiaux sans en paraître occupés, exhortés leurs femmes à se sauver avec leurs enfants, les unes se sont cachées dans les bois, les bleds, --. D'autres ont fuy fort au loin et ne sont revenus que deux jours après le calme. Quelques femmes enceintes saisies de crainte se sont accouchées avant leur terme dans les champs (entre autre les deux dont les enfants paroissans baptisés ci-dessus) d'autres accouchées deux ou trois jours auparavant se sont levées et ont fui du village de la campagne pour se rendre ici espérant y être plus en sécurité, ou ....

Transcription par Philippe DEVILLE

Source: GenHiLib