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Enigmes à résoudre

- Les forts vitrifiés:
 
 
 
- La frabication d'objets en platine par les précolombiens:
 
 
 
 

MÉLANGES ET NOUVELLES AMÉÏUCAN1STES 293

Ъа métallurgie de Гог et du platine à Esmeraldas, Equateur. — Dans une

remarquable étude technique, M. Paul Bergsoe * expose le résultat de ses labo rieuses recherches au sujet des procédés métallurgiques utilisés parles Indiens de la côte de Esmeraldas pour la fabrication de leurs outils et bijoux en or et en platine. Ses conclusions sont -d'une extrême importance et elles nous révèlent une des plus surprenantes inventions des orfèvres précolombiens de cette région : la découverte du platine et son utilisation en alliage avec Гог par ua procédé simple et inconnu jusqu'à ce jour.

La collection étudiée par M. Bergs0e comprend, pour les objets utilitaires, des hameçons, des alênes, des aiguilles, des brucelles, des portes d'agrafes, des épingles, des clous, des pointes, des cuillers à manche en forme de serpents, et pour les bijoux, des anneaux de nez massifs, plats ou creux, des boutons d'oreilles, des ornements de lèvres et de joues, des bagues, des pendeloques, des boules et des masques minuscules. Ces objets proviennent surtout de La Tolita et de Atacames. Ils sont, pour la plupart, petits et incroyablement minces, ce qui explique leur état souvent fragmentaire ou déformé ; certaines pièces sont faites ^avec des feuilles de métal n'ayant pas plus de 0,04 mm. d'épaisseur. Ils ont été trouvés en lavant les sables aurifères des petites rivières où ils formaient des amas mélangés à l'or natif. Le pourcentage des fragments et des objets informes ou en cours de fabrication est si considérable qu'il s'agit là vraisemblablement de « bric-à-brac » où les débris étaient rassemblés pour être fondus et travaillés à nouveau. D'autre part, cette disposition spéciale fait penser que chaque individu était eon propre orfèvre et que cette industrie n'élait pas réservée à quelques hommes de métier. La petitesse des objets et la faible quantité absolue d'or ou de platine utilisée pour chacun d'eux indiquent que ces métaux n'étaient pas très abondants.

C'est grâce à l'état fragmentaire de beaucoup d'objets et surtout à l'existence de pièces à tous les stades de leur fabrication que M. Bergsoe a pu mener à bien ses expériences. M. Bergs0e a utilisé largement la méthode analytique. Vingt-deux analyses chimiques lui ont révélé la composition exacte des divers alliages obtenus avec l'or et le cuivre, le platine et l'or. Des analyses spectro- scopiques ont montré l'absence d'autres métaux, tels que l'étain ou le plomb, pour la soudure (solding) et, par contre, l'utilisation de la soudure autogène (welding). Le simple examen macroscopique de certains objets en cours de fabrication est venu très souvent appuyer les résultais obtenus par les ana* lyses. M. Bergs0e s'est livré également à des expériences synthétiques qui ont établi que la très grande dureté des alliages était due au martelage à froid. Des objets-témoins de même composition ont été élaborés et traités par martelage à froid et par recuite.

Les principales conclusions de M. Bergs0e sont les suivantes :

1. Bergs0e (Paul). The metallurgy and technology of gold and platinum among the pre-colambian Indians. English translation by F. C. Reynolds. Ingenier-videns- kabelige Skrifter, Nr. A 44. Copenhague, i kommission bos G. Б. С Gad, 1937, 44 -f [4], p., in-8e.