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« Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE »
N° 11 La dernière clé
Mirella Espírito se réveilla dans un lit en baldaquin entouré d’une moustiquaire. Elle ouvrit les yeux, et par reflexe, appela Nacré, son petit chat. Elle examina les lieux, et sourit en découvrant qu’elle avait enfin quitté le quartier insalubre de la favela de Santa Puerta. Pour la première fois depuis bien longtemps, elle avait dormit profondément, sans être stressée par les cafards qui volaient la nuit, autour d’elle.
Les murs de couleur orangé, rehaussés de multitudes arabesques, combinaient des lignes qui s'entrelaçaient, avec des lettres stylisées. L’ensemble du décor, s’harmonisait avec la propreté des lieux de la Casa d’Ipanema. Les rayons du soleil inondaient la pièce, et la matinée s’annonçait torride.
La veille, Mirella avait parfaitement réussit sa mission : faire rentrer dans la maison, Camélia et Esméralda, les deux enfants de sa patronne Carolina Cristiano.
La jeune fille se retourna dans son lit, et sa joue heurta une tige froide et raide. Elle se rappela alors, qu’hier soir en dinant en compagnie de la famille, elle appréciât les plats servis dans une vaisselle en porcelaine, avec des couverts en argent. Elle déroba une petite cuillère en argent, et la dissimula sous son oreiller.
En effet, la carioca avait gardé une vilaine habitude. La plupart du temps, elle volait pour troquer ces objets contre de la nourriture. Et maintenant, elle s’en voulait d’avoir trahi la confiance de Madame Cristiano. Elle promit de remettre à sa place l’objet dérobé, car elle avait maintenant un travail, et dans la Casa d’Ipanema, l’abondance alimentaire régnait.
Mirella pensait à sa famille, qui vivaient à quelques kilomètres de Manaus. Sa mère Gisèle Espírito, ses trois frères Moysé, Carlos, Manuel, et ses deux sœurs Edilaine, et Dannah, lui manquait. Elle n’irait pas à l’école aujourd’hui avec son amie Yorrena Barreto, hospitalisée dans la capitale Brasilia. Peut être, qu’en demandant de l’aide à Madame Cristiano, elle pourrait obtenir d’avantage de renseignements, et saurait dans quelle hôpital se trouvait son amie. Les deux bandits Patricio Ferreira, et Alphonse Da Costa, devaient être dénoncés. Comment allait-elle s’y prendre sans mettre sa vie en péril ?
Mirella prit une douche tiède, en pensant à cela, puis s’habilla rapidement.
Lorsqu’elle ouvrit la porte de sa chambre, elle remarqua quelque chose d’étrange. Un trousseau de clés pendait de l’autre côté de la serrure. Elle compta cinq clés nominatives. La sienne, une clé pour madame Carolina et Rafael Cristiano son mari, deux autres pour Esméralda et sa petite sœur Camélia. Puis, une dernière clé portant une étiquette noire. Le nom avait été effacé.
- Que veut dire tout ceci ? Demanda-t-elle à voix haute.
- Cela signifie jeune fille, que vous avez en main les doubles des clés du foyer de la famille Cristiano, répondit le Diego Ribeiro, le majordome. Et c’est une grande marque de confiance, et de responsabilité, que la patronne vous donne, continua l’homme.
- Et à qui est cette clé, Monsieur Ribeiro ? Demanda-t-elle en grattant sur l’étiquette.
- N’y prêté pas attention, mademoiselle. Cette dernière clé est en trop, et n’ouvre aucune porte.
Elle aurai voulu poser une question au majordome. Pourquoi avoir placé cette clé dans le trousseau, alors qu' elle ne servait à rien ?
Lorsque celui-ci lui dit
- Le travail vous attend à la cuisine. Madame Cristiano vous a marqué ses recommandations pour la journée, ajouta Diego en lui tendant un tablier.
- Mettez- le !
Mirella enfila aussitôt le vêtement, mit le trousseau dans sa poche.
Et pour ne pas rater sa première journée de travail, elle préféra descendre rapidement préparer les petits déjeunés des habitants de la Casa d’Ipanema.
Suite du N°11 prochainement !
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