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« Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE »
N° 9 L' étrange lueur Les klaxons des taxis de La Rua Visconde de Pirajá, résonnèrent dans l’avenue. Une chaude journée commençait. Le fourmillement des pieds, et le va et vient des cariocas commençait. Les commerçants ouvraient leurs boutiques.
Un petit garçon sortit d’une boulangerie en suivant sa mère. Soudain, il s’arrêta ouvrit son sachet et grignota un bonbon.
- Dépêche toi, Roberto. On va rater le bus de l’école.
Un passant qui courait, lui cogna l’épaule. Le sachet tomba sur le trottoir, et les bonbons se renversèrent et roulèrent dans un caniveau.
L’enfant se précipita pour reprendre le sachet, lorsqu’un taxi freina et klaxonna.
- Madame, surveillez votre enfant ! S’écria le chauffeur, excédé, à l’idée d’avoir failli écrasé un enfant.
- Je suis désolée, s’excusa la mère, qui attrapa son fils par la main en lui disant.
- La prochaine fois, tu feras attention !
L’enfant pleura et suivit sa mère en boudant.
A quelques mètres sous terre, dans un local sombre, un rat grignotait des miettes de pain, lorsqu’il suivit une boule de bonbon. L’animal s’enfonça dans un trou. Puis, ressurgit dans une pièce faiblement éclairée. Il ressortit dans un local sombre et s’enfonça dans une autre cavité. Il longea le tuyau et arriva au bord d’un trou où des vapeurs d’eaux chaudes remontaient.
L’animal grignota le bonbon lorsque soudain, la tête d’ Hélios Sebastião ressortit avec une grosse mare d’eau qui éclaboussa l’animal. Surpris par cette apparition, le rat dévala dans la pièce, cogna un cube magique, et repartit par une autre cavité.
Hélios ricana en voyant l’animal détallé. Puis, il sortit de ce qu’il appelait, sa baignoire. Il prit sa serviette, s’essuya.
Ensuite, il appuya sur une manette pour vider la cuvette. Son bain devenait un de ses seuls plaisirs de ses journées. Il était fier d’avoir pu détourner, incognito, l’eau du spa, d’à côté.
Il choisit quelques vêtements étendus sur un fil, traversant la pièce. Hélios se débrouillait seul depuis l’âge de huit ans ; et cette cachette n’est pas repérable.
Plusieurs fois, les égouttiers en patrouillant, ne l’avaient pas découvert. Sa cachette se situait dans un recoin inaccessible.
Grâce à son petit corps, il pouvait s’y faufiler pour y entrer. Bientôt, il devrait étudier un stratagème pour l’agrandir.
Le jeune carioca avait envie de boire un água de côco (1). Il ramassa son cube magique, et étonné constata qu’une case ouverte,
projetait une lueur intermittente bleue. ..
Hélios Sebastião ne comprit pas ce qui se passait à l’intérieur du cube magique, il sentait qu’il tenait entre ses mains un trésor.
Pourquoi cette lueur au fond de celui-ci ?
Il prit dans son sac, le monocle qu’il avait trouvé sur un terrain vague. Il regarda à travers, et aussitôt la lumière bleue disparue. Puis le loquet se referma brutalement.
- Qu’est-ce-que cela veut dire ? Et dire que les bandits ont voulu me tuer à cause de cet objet ! Que cache t’il ?
Il rangea le cube dans son sac. Il avait hâte de le montrer à son ami Gino Istian. Les deux garçons se rencontrèrent, cinq mois auparavant. Gino errait dans la favela de Santa Puerta, lorsqu’il croisa son chemin.
Hélios regardait la pluie tomber, lorsqu’il vit l’étrange comportement d’un jeune garçon frêle, portant des vêtements déchirés, qui se dirigeait au gré des mouvements de la foule. Le jeune garçon, bousculé par les passants, changea plusieurs fois de direction pour retourner d’où il était venu.
Hélios riait, mais lorsqu’une averse de pluie tomba, il se rendit compte de la gravité de la situation, car l’inconnu ne cherchait même pas à se protéger. Le carioca surgit de sa cachette, le prit par la main et l’entraîna dans son repère.
- Comment t’appelles-tu ?
Le garçon restait prostré, traumatisé par quelque chose. Ainsi, dans la favela, ils s'étaient liés d'amitié. Ils partagaient les joies et les peines. Cependant, la santé de Gino se dégradait. Ses troubles de la mémoire le préoccupait. Hélios l'avait conduit il y a une semaine de cela, dans un hospice proche d'Ipanema, qui soignait les enfants malades.
Hélios ne voulait pas rater son rendez-vous, il sortit de sa cachette par les égouts de l’avenue. Ensuite, il profita d’une ouverture, pour s’éclipser tranquillement, pendant que des ouvriers effectuaient des travaux. Mais, un homme l’aperçut, et l’interpella.
- Hé, petit ! D’où viens-tu ?
- Qui ? Moi ? Dit Hélios en faisant mine de se retourner.
- Oui toi, d’où viens-tu ?
- Heu, je viens de faire tomber mon sac dans le trou, et j’ai vu l’échelle. Je l’ai emprunté pour le ramasser. Mais monsieur, j’ai rien touché.
Subitement le taki walki de l’homme grésilla.
- He Arturo, la voie est dégagée ? A ton signal, on inonde les galeries.
- D’accord, tout est ok ! Tu peux le faire Gilbert.
- Tu es encore ici ? Cria l’homme agacé, en regardant Hélios. Tire-toi de là ! Rajouta-t-il en tout en continuant à converser et en donnant des ordres à son collègue.
Hélios s’en alla rapidement, en se demandant s’il allait retrouver son logis lorsqu’il reviendrait ce soir.
Les deux garçonnets devaient se retrouver à huit heures sur la plage d’Ipanema, d’où l’on distinguait au fond, les deux majestueuses montagnes de la région Dois Irmãos, les "Deux Frères".
Il trouva Gino, près d'un kiosque de la plage. Celui-ci observait attentivement les monts.
Lorsqu’il parvient à s’exprimer, il serra Hélios dans ses bras : "On est pareil, comme les Deux frères ! "
Hélios ému, souhaita qu'il retrouve rapidement la mémoire.
(1) Jus de noix de coco
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