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4 avril 2007 (( P H O T O S ))
Téhéran se construit partout. Pas une rue sans échafaudage ni dépôt de matériaux pour édifier de nouveaux immeubles. Cela va du pur bricolage où un ouvrier seul travaille la nuit pour assembler quelques briques qui semblent ne tenir droites que par politesse, jusqu’au palais qui sera protégé par de multiples grilles en fer forgé, abritant des parties communes en marbre couvertes des tapis persans que l’on n’a pas trouvé assez beaux pour être dignes de figurer dans le mobilier d’intérieur. Mis à part trois ou quatre quartiers très riches, homogènes et aboutis, le reste de la ville est en pleine mutation et constitue une mosaïque incroyable de tous les âges de la construction. Il en va de même pour des centaines de « vénérables » voitures qui roulent encore toute la journée, transportant, pour quelques euros, des voyageurs d’un bout à l’autre de Téhéran. Il s’agit des « taxis khatti » qui parcourent des itinéraires prédéfinis et qui embarquent jusqu’à 4 voyageurs de proche en proche. L’intérieur certains de ces véhicules est comme une peau d’oignon et permet de lire les réfections successives dont il a fait l’objet. A noter tout de même que l’Iran possède désormais sa propre marque de véhicules (Samande) qui est pour le moment composée d’éléments d’origine diverses (moteur Peugeot en particulier), mais qui va bientôt bénéficier d’une motorisation entièrement nationale. L’électricité et le téléphone ne sont pas en reste avec des boîtiers de branchement ouverts sur la rue, les fils pendant en attendant que quelqu’un y mette un doigt et se mette à chanter. Le plus amusant, c’est que tout ceci fonctionne à peu près et qu’avec un peu d’optimisme, on le vit très bien. A côté de ce sympathique bricolage, la perfection est bel et bien aussi omniprésente. Il s’agit d’une perfection héritée du fil des âges qui inspire aux iraniens le talent et la minutie pour fignoler le détail de certains éléments. Vu, au Musée du tapis de Téhéran, une pièce venue de Tabriz, datée du milieu du 20ème siècle et dont l’image a une résolution de 3900 x 3070 points. Mais que les goinfres de pixels qui lisent ces lignes pensent qu’ici chaque pixel est un nœud fait à la main par le créateur dudit tapis. La perfection se trouve également dans un aménagement d’appartement où chaque matériau, chaque élément du décor, chaque meuble et chaque plat figurant sur la table a fait l’objet d’une sélection et d’une préparation qui rend l’ensemble unique et fascinant. Avez-vous déjà vu une fresque de riz verte, blanche et jaune ? Et surtout l’avez-vous mangée ? Moi oui ! Toute cette minutie et ce souci de la perfection s’inspirent de ceux des palais comme celui du Golestan, où Shah (le roi) vivait et recevait son peuple au milieu d’un jardin ombragé et frais, entouré de mosaïques de miroirs et d’art provenant des meilleurs artistes mondiaux. Oui, l’Iran au cours de son histoire a eu le réflexe d’aller chercher ailleurs d’autres éléments pour agrandir encore la beauté du monde qui l’entoure. Demain, Isphahan. Khodafez |

