Joie de vivre, simplicité, générosité


Sans politique, ni religion, quelques notes sur une découverte de l’Iran

2 avril 2007  Joie de vivre, simplicité, générosité.

4 avril 2007   Bricolage et perfection

7 avril 2007   Ispahan 

8 avril 2007   Vers les montagnes

12 avril 2007   Les meilleures choses...


2 avril 2007

(( P H O T O S ))

Salam. Khochvakhtam (*1). Et zou, un premier article écrit à souris levée dans le salon de notre maison, en compagnie des 16 membres de ma famille d’accueil, alors que tout le monde boit du thé et discute énergiquement. Nous sommes dans cet espace convivial qui existe dans tous les foyers iraniens et qui, pendant les fêtes, s’emplit au rythme des visites de toutes les familles désireuses de partager ensemble un jour de vacances. Les conversations et les rires vont bon train autour de friandises (« shirinis » petits gâteaux, « agil » fruits secs, « miveh » fruits et « chaï » thé) et ce moment si convivial est, qui plus est, partagé par toutes les générations.

 

Il y a tellement à dire déjà sur l’accueil merveilleux et sur toutes les attentions que ces personnes m’ont prodigués que l’hospitalité et la chaleur humaine se profilent comme les plus belles qualités des iraniens et iraniennes dans mon esprit. Que de belles expériences depuis 48h ! Et elles se résument en quelques mots : Tout est possible en Iran !

 

Faire du rase-mottes au-dessus des quartiers sud de la ville avec un A340 en faisant coucou aux habitants avant de se poser ? C’est possible !! L’aéroport international de Mehrabad est très ancien et il est désormais enclavé dans la ville qui a grandit énormément ces dernières années. L’approche finale d’un avion s’effectue donc au-dessus des habitations. Heureusement, un nouvel aéroport est là pour prendre le relais. Mais il est à 25 kms du centre-ville et la route n’est pas sécurisée, alors on continue à utiliser celui qui est enserré dans les quartiers sud… temporairement.

 

Se rencontrer pour la première fois et être accueilli comme un roi au point de ne plus savoir comment signifier sa gratitude ? C’est possible !! Moi qui croyais connaître quelques règles de savoir-vivre et de bienséance, j’ai découvert que ces règles ne sont rien à côté de la vraie chaleur humaine et de la prévenance extrême des personnes qui m’ont accueilli ici. Alors que nous partagions, sans le savoir, le stress de nous découvrir tous pour la première fois, mes hôtes sont venus vers moi dès l’aéroport avec leurs visages souriants, m’ont offert une promenade en voiture d’une heure autour de la tour « Azadi » (*2) puis dans les beaux quartiers du nord de la ville et enfin au pied de la montagne, ils m’ont proposé le plus beau des dîners, m’ont offert un cadeau et bien d’autres attentions qui ont littéralement transformé ce stress réciproque en une expérience humaine unique.

 

Escalader une montagne pendant 1h, manger un bol de potage dans un restaurant de type traditionnel turkmène puis redescendre sous la neige vers la voiture avant de retrouver une maison pleine de monde et passer une soirée à discuter jusqu’à 2h du matin ? C’est encore possible, au nord de Téhéran, dans le parc Djamshidié. Parcouru de ruisseaux, habité de familles venues passer la journée, ce parc s’élève au-dessus de la capitale et permet, la nuit, d’en apprécier le scintillement mètre après mètre. Pas question d’entreprendre l’ascension lorsque l’on a trop mangé : les restaurants sont très hauts, et aucune voiture, ni ascenseur ne sont disponibles pour alléger la peine. Un bol d’ « ache réshté», ça se mérite, mais cela s’apprécie aussi, car il y a tout plein de bonnes choses dedans.

 

Enfin, vivre « Sizdah bé dar » (le jour de la nature) avec les iraniens, c’est possible et c’est formidable. Il s’agit de la journée traditionnelle de clôture des festivités de « norouz » (nouvel an). A 13 jours de ce dernier, Sizdah bé dar est supposé porter malheur aux habitants qui restent dans leur maison ce qui propulse de facto tout le monde au parc pour la journée. Mais attention, une famille iranienne ne se déplace jamais sans ses gadgets à elle : tapis, tente pour faire la sieste, coussins, réchaud à gaz et multitude de plats et de boissons accompagnent la journée. Le résultat est un banquet en plein air, au milieu des fleurs et des bruits d’eau. Ensuite, les jeunes vont jouer au ballon, les couples s’en vont faire une promenade romantique, les papas font la sieste et les mamans prennent un repos bien mérité en papotant car elles ont vraiment bien travaillé depuis tôt le matin pour préparer tout cela.

A l’issue d’une telle journée, journée où j’ai parlé avec des dizaines de gens incroyablement sympathiques, ri, fumé du tabac à la menthe, pris à la fois photos et films, dégusté de si bonnes choses et fait l’objet de tant d’attentions, je souhaite conclure en insistant sur la caractère le plus important de ce moment : la joie de vivre simple et généreuse partagée par toutes ces familles.

 

Joie de vivre, simplicité, chaleur humaine ? Il me semble qu’en France nous avons un peu perdu ces valeurs et c’est bien ici qu’il faut venir les réapprendre.

 

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(*1) Bonjour. Enchanté de faire votre connaissance !

(*2) Signifie "Liberté", symbole de Téhéran 


 

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