Chapitre 7 : United Kingdom Sex Quand Rodney entra nonchalamment dans les quartiers de Beckett, comme à son habitude, une surprise de taille (qui ne lui était pas destiné) l’attendait. Son meilleur ami gémissait furieusement, appuyé sur la table basse, visiblement au bord de l’orgasme alors que le Docteur Rhys Miller, un scientifique gallois membre de son staff, se tenait au dessus de lui et semblait avoir pris le rythme d’un danseur de salsa. Le visage de McKay passa rapidement du blanc au rouge et il se cacha les yeux des mains, tentant vainement de trouver le bouton d’ouverture de la porte afin de sortir de cette situation infiniment gênante. C’est alors que Miller sembla se rendre compte de sa présence et délaissa immédiatement le corps du médecin au profit de son caleçon. -Je suis vraiment désolée, j’aurais du sonner mais je… -Rodney ?!? cria la voix essoufflée de Carson, qui semblait enfin réaliser que son meilleur ami venait de le surprendre dans une position légèrement inhabituelle. Alors ça, plus mal à l’aise ce n’était pas possible… Rodney sentait son visage bouillir tendis que Beckett, qui s’était affalé sur le sol, était partagé entre le rire et la gêne et que Miller murmurait dans sa barbe que sa réputation était fichue. -Je euh…je vais ouvris les yeux juste quelques secondes pour pouvoir sortir…bégaya le scientifique avant d’enlever sa main et d’ouvrir la porte, sortant à la hâte de la chambre du médecin. Une fois McKay sortit, Carson, n’arrivant plus à se retenir, éclata de rire en se tenant le ventre… -Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle, objecta Rhys, je crois que je n’ai jamais eu aussi honte de toute ma vie. - Je rigole parce que ça nous est déjà arrivé en vacance ce truc… - « Nous » ? demanda le gallois, curieux. -Rodney et moi. Au camping. Sauf que la dernière fois, c’est ma mère qui nous as surpris en train de… -Attends une seconde là ! Si t’étais déjà pris tu aurais pu me le dire ! S’indigna Miller. L’écossais redevint sérieux, puis s’approcha de son amant afin de l’embrasser. -T’es vraiment idiot quand tu t’y mets, je suis plus avec Rodney depuis au moins vingt ans, murmura Carson tout en s’installant sur les cuisses du Docteur Miller, reprenant leurs ébats là où ils avaient étés interrompus. -Je comprend plus rien, répondit le scientifique en caressant les reins du médecin. - Arrête de réfléchir et fais ce que tu as à faire Rhys, ma pose café n’est pas à rallonge… Ses dires furent confirmés par un cliquetis de son oreillette, demandant comme à son habitude ses compétences là, tout de suite, maintenant, à l’infirmerie, et pour une babiole en plus. -Je vais les tuer, pleurnicha Beckett en se détachant à regret du corps de Rhys, non sans l’avoir embrassé une dernière fois. -Si tu pouvais aussi tuer McKay, ça m’éviterait de le regarder encore une fois dans les yeux après ça... -Si tu savais le nombre de fois où j’ai voulu l’étriper, commenta l’écossais tout en se rhabillant, je n’ai jamais réussis ! Quelques minutes plus tard, Rhys Miller sortait en trombe des quartiers de Carson, n’osant pas croiser le regard de son supérieur qui attendait dehors, rapidement suivi par le médecin, qui lui s’arrêta un instant devant la silhouette contrariée de son meilleur ami. -Carson, je suis vraiment, vraiment, vraiment… -Oui, bon, j’ai compris, tu es désolé. C’est pas bien grave tu sais, on en a vu d’autres ! Le coupa l’écossais, visiblement amusé. Qu’est ce qui t’amenais ici ? - Tu n’étais ni à l’infirmerie, ni au mess, alors comme j’avais envie de te parler… - Là j’ai pas vraiment le temps Rodney, répondit Beckett, je suis demandé, mais si tu veux demain je suis en congé… Il s’arrêtât devant la mine déconfite de son ami, visiblement déçu. Il renvoya au diable ses obligations professionnelles en le prenant gentiment par le bras pour le faire entrer dans ses quartiers. - Assied toi où c’est à peu prés propre, je vais ouvrir la fenêtre pour l’odeur…rassura Beckett tout en s’activant à droite et à gauche. - Là où c’est propre ? Tu dis ça comme si t’avais éjaculé partout dans la pièce… - Eh bien, disons qu’on était deux à avoir cette faculté, ajouta le médecin nullement gêné. Le canadien rougit légèrement une fois de plus et choisis une petite chaise près de la porte, qui semblait avoir échappé aux assauts combinés des deux britanniques. - Arrête d’être aussi coincé Rodney, ce n’est pas comme si tu ne m’avais jamais vu faire ce genre de chose…soupira l’écossais en constatant l’état des joues de son ami. - C’est de voir Miller à poil qui m’a retourné, je vois vraiment pas ce que tu lui trouves, taquina McKay. Tu fais ton marché dans mon équipe de scientifiques maintenant ? Carson le fusilla du regard, sans que l’astrophysicien ne sache si c’était à cause de l’insulte quant au physique de son ami ou de l’emploi du mot « marché ». Beckett n’aimait pas être considéré comme un séducteur, loin de là. Ce type était plus fleur bleue qu’un scénariste des Feux de l’Amour. -Dis moi plutôt ce qui ne vas pas. -Je suis amoureux, répondit le canadien, qui n’avais pas l’air de prendre la chose du meilleur coté. Soudainement intéressé, Beckett laissa tomber son torchon pour venir s’accroupir devant la chaise de Rodney. -Homme ou femme ? demanda t’il, les yeux brillants de curiosité. - Homme. -Oh. Ca ne t’était pas arrivé depuis Nicolaï si je me souviens bien, murmura le médecin en se frottant le menton. Ca fait un bail ! - Six ans. L’écossais pris un air à la fois songeur et consterné. - Je ne sais pas comment tu as fait pour tenir autant de temps sans faire l’amour. - Hey ! Riposta le scientifique, scandalisé, il y a eu des femmes entre deux quand même ! - Mais ça c’est pas faire l’amour Rodney, c’est se reproduire, le taquina Carson. -C’est gentil pour Cadman. - Ma relation avec elle était totalement platonique. Une charmante jeune femme, mais ça restait une jeune femme, commenta le médecin. Rodney secoua la tête avec amusement. Pauvre Laura, croire sortir deux mois avec un type alors que ce même type se revendique 200 pourcent gay. Le quiproquo aurait pu être très drôle si seulement il n’avait pas duré si longtemps. Une vraie perte de temps pour le lieutenant ! - Alors, qui est-ce ? demanda Beckett avec gourmandise. -Je ne peux pas te le dire. -Pourquoi, j’ai des vues sur lui ? demanda t-il, légèrement inquiet. -Carson, tu as des vues sur tout le monde ! Offusqué, et dans une pure imitation McKaysienne, Carson leva le menton en signe de fierté, ce qui le fit rapidement pouffer de rire. -Ridicule, commenta McKay. Beckett esquissa un sourire emprunt de tendresse et appuya ses coudes sur les genoux de Rodney afin d’apposer le menton dans ses mains. -C’est réciproque ? - Oui, souffla l’astrophysicien en rougissant une fois de plus. - Laisses moi deviner, c’est un Marine ? Un type de l’USAF? Le canadien acquiesça, l’air morose. -Et voilà Rodney, tu t’es encore embarqué dans un truc pas possible, dis Carson en feignant la colère, c’est pour ça que je ne couche qu’avec des militaires espagnols… Rodney baissa la tête, un air triste peint sur le visage. C’était vrai, il avait le don pour s’amouracher soit des mauvaises personnes, soit des bonnes personnes inaccessibles ! Sa vie amoureuse était un vrai calvaire. -Allez, viens faire un câlin à ton vieux médecin vodou préféré ! Ordonna tendrement Beckett tout en ébouriffant le peu de cheveux trônant sur la tête du canadien. McKay se leva et se laissa enlacer par son meilleur ami, qui décidément avait du apprendre par cœur le contenu du manuel « Comment consoler ceux qui ont un gros chagrin d’amour en dix leçons ». -Tu sens le sexe Beckett, bonjour l’hygiène, se moqua Rodney. -Je te signale que j’allais prendre ma douche à l’infirmerie, répondit calmement l’écossais. -Mouais, c’est ça. Ils se séparèrent d’un commun accord et Carson octroya un franc sourire au scientifique. - Ca va mieux ? demanda t’il en posant la main sur son épaule. -Non. Mais merci d’avoir essayé…
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