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La seconde escadrille de chasse dont je retracerai l'historique est la SPA 158 :
L'escadrille 158 a été créée le 1er Janvier 1918 sur le terrain de Bonneuil (Oise) et fût d'abord équipée de Nieuport 24 et 27.
Commandée par le Lt Chaudron, la 158 est composée de pilotes français ainsi que de 5 pilotes américains, dont un seul, Rufus Rand, restera à l'escadrille jusqu'à la fin du conflit.
Très rapidement l'escadrille se choisie un insigne, un serpentaire, ailes déployées, combattant un serpent.
Le 20 Janvier, l'escadrille rejoignait le terrain de Maisonneuve (Aisne), où elle fût rattachée à la IIIème armée, puis mise à la disposition quelques jours plus tard de la VIème armée dans le secteur de Soissons.
Le 4 Février, le S/Lt Gaillard revendiqua avoir abattu un avion allemand au dessus de Vaucelles (Aisne), tout comme le 15 et le 16 Février. Ces victoires ne furent comptées que comme probables.
En Mars, la 158 fût transformée sur Morane Saulnier type AI, et le 21 elle fût définitivement rattachée à la IIIème armée qui avait rejoint le front de la Somme en vue de s'opposer à l'offensive de printemps allemande. Au cours du mois de Mars, l'escadrille changea 4 fois de terrain.
Morane Saulnier type AI
Le 20 Avril 1918, l'escadrille gagna le terrain d'Auvillers (Oise) ou elle fût rejointe par d'autres escadrilles, le 22 par la SPA 79, le 23 par la SPA 151 puis par la SPA 78.
Photo du terrain d'Auvillers prise à 1500 m.
C'est sur cet aérodrome que la 158 commença à être équipée de SPAD VII, transformation qui prit fin le19 Mai. L'escadrille prit alors l'appellation SPA 158.
Vers la fin Mai, les allemands perçaient le front allié sur le chemin des Dames et prenaient la direction de la Marne et de Paris. L'escadrille prit part à de nombreux combats, notamment autour de Compiegne, lors de la bataille du Matz.
Le 6 et le 8 Juin, le sergent R. Rand revendiqua 3 victoires aériennes, mais qui ne furent comptées que comme probables.
Au cours du mois de Juin, plusieurs nouveaux pilotes arrivèrent à l'escadrille. Parmi eux arriva le 12 le Caporal Soalhat Robert (je remercie infiniment son fils Jacques pour les documents qu'ils m'a transmis et autorisé à publier) en provenance du G.D.E.
Robert Soalhat s'était engagé le 23 Novembre 1913 au 92ème régiment d'infanterie. Il combatit à la bataille de Verdun en tant que cycliste du 3ème bataillon du 92ème régiment. Il obtint 3 citations à l'ordre de l'armée pour bravoure, et reçu la croix de guerre en 1915 ainsi que la croix de Verdun.
En Août 1917, il demande son transfert dans l'aviation, et il y est admis le 15 Septembre. Dès le 22 il commence son apprentissage au vol au centre d'aviation militaire d'Etampes puis d'Avord. Il est breveté pilote le 9 Novembre 1917.
Carte de pilote militaire de R. Soalhat (document J. Soalhat)
Le 20 Janvier 1918, il passe à l'école d'aviation de combat de Pau pour finir son apprentissage, et arrive au Groupe des Divisions d'Entrainement début Février. La, il y vole sur Nieuport, Morane, et enfin SPAD. Il est affecté à l'escadrille SPA 158 le 10 Juin, escadrille dans laquelle il arrive le 12.
Le 14 Juin voit la première victoire officiellement homologuée pour l'escadrille. Le Sgt Ropert abattait ce jour la un avion de reconnaisance au Nord-Ouest de Ressons-sur-Matz (Oise).
Photo de l'escadrille SPA 158 prise le 20 Juin sur le terrain d'Auvillers (document J. Soalhat)
Les pilotes présents sur la photo:
Assis de gauche à droite : Lt P. Peyronnet, Cpte J. Chaudron, Lt Glaize, sLt R. Gaillard, Lt G. Leroy, ?
Debout de gauche à droite : Mdl H. Proal, Cap. R. Soalhat, Cap. J. Lemaistre, Cap. J. Lassoudry, Mdl H. Fingonnet, Mdl P. Grimault, Sgt R. Rand, Adj. Louvet.
Au mois d'Août, la SPA 158 fut mise en oeuvre dans le cadre de la bataille de Picardie, d'abord autour de Montdidier puis de Noyon.
R. Soalhat devant son SPAD portant l'insigne de l'escadrille (les photos d'avions de la 158 sont rarissimes)
La seconde victoire de l'escadrille fut obtenue le 21 Août lorsque le Sgt Rand, le Mdl Proal et le Cpl Lassoudry abattirent en flammes un biplace au nord de Noyon.
Le 25 Août, la 158 fut unie aux escadrilles 82, 160 et 161 pour former le Groupe de Combat 23 placé sous les ordres du capitaine Gastin. Le G.C. 23 participa à la poussée vers la ligne Hinderbourg et à la prise de Noyon.
Le 12 Septembre, R. Soalhat est nommé sergent.
Le 13 arrive à l'escadrille 158 le caporal Vilem Stanovsky, pilote Tchécoslovaque, en provenance du C.I.A.C.B. Il était en France quand la guerre éclata, et décida de se battre avec les alliés. Il francisa son nom et se fit appeler René Renaud-Stanovisky. Il combattit avec la 158 jusqu'à la fin du conflit, puis retourna le 9 Février 1919 dans son pays où il devint plus tard colonel de l'armée de l'air.
Vilem Stanovsky devant son SPAD
Le 20 Septembre, le G.C 23 part pour le Nord ou il stationne sur le terrain de Capelle près de Dunkerque.
L'escadrille SPA 158 fut employée au dessus de la Belgique et prit part aux batailles de la Lys et de l'Escaut.
R. Soalhat devant son SPAD portant le numéro 15 (document J. Soalhat)
Le 23 Octobre, R. Soalhat est évacué sur l'hôpital militaire de Dunkerque et ne reviendra pas à l'escadrille. Il est rayé des contrôles le 9 Novembre.
Le 27 Octobre 1918, l'escadrille s'installe sur le terrain de Rumbeke (Belgique), terrain qu'elle occupera jusqu'à l'armistice du 11 Novembre.
Durant son existence, la SPA 158 perdit 3 pilotes : 2 par accident d'avion (Cpl Boucheron le15/05 et Slt Gaillard le 27/06) et le brigadier Gloux disparu le 9 Juin au cours d'une patrouille.
R. Soalhat devant son SPAD. Comme de nombreux pilotes à cette époque il avait baptisé son avion. L'inscription Kikie est visible au dessus du pot d'échappement. Notez un élément exceptionnel : le dessin de l'escadrille (on aperçoit la tête du serpent ainsi que la tête et un bout d'aile du rapace) est blanc, alors que les rares photos de la 158 le montrent toujours noir !
L'escadrille SPA 158 fut dissoute le 19 Mars 1919 sur le terrain de Sommesous (Marne).
La SPA 158 revit le jour le 1er Juin 1953 lorsque fût créé sur la base de Lahr (Allemagne) l'escadron de chasse 3/11 Jura qui regoupait les escadrilles SPA 158 et SPA 161 (sphinx noir de profil avec la tête auréolée d'un disque jaune).
L'escadron fût d'abord équipé de Republic F 84G Thunderjet.
Dès sa renaissance, l'escadrillle fit fabriquer un insigne métallique émaillé dont le graphisme différe de celui de la 1ère guerre (on ne connait pas de représentation métallique de l'insigne de la 158 pour la période 1918-1919). En effet, la 1ère escadrille de l'EC 3/11 choisit un serpentaire terrassant un crotale. L'insigne est homologué sous le N° 551 le 24 Juillet 1953.
Insigne métallique de la SPA 158
A partir du mois d'Août 1955, l'E.C. 3/11 commence à être équipé de F 84F Thunderstreak, avion plus performant que le 84G.
Le 1er Novembre 1957, le Jura est une première fois dissous.
Il renait le 1er Janvier 1973 sous l'appellation 4/11 Jura sur la base aérienne 188 de Djibouti. L'escadron est équipé de 7 North american F 100D, ce qui ne permet de ne recréer qu'une seule escadrille, la 158.
Ce n'est que le 1er Novembre 1975 qu'est recréée la seconde escadrille SPA 161.
Le 22 Novembre 1978 le Jura est à nouveau dissous et laisse sa place à djibouti à l'E.C. 3/10 Vexin.
F100 du 4/11 Jura accompagné d'un Mirage IIIC du 3/10 Vexin au dessus de Djibouti
Cependant, dès le 12 Décembre de la même année est recréé le 4/11 Jura pour être affecté à la base aérienne de Bordeaux-Mérignac. Le nouveau Jura est alors équipé de Sepecat Jaguar A.
C'est sur cet avion que l'escadron participe à la guerre du Golfe. Dès Octobre 1990, l'escadron est déployé sur la base d'Al Ahsa en Arabie Saoudite dans le cadre de l'opération Daguet.
Jaguar de l'EC Jura sur la base d'Al Ahsa
Dès le 17 Janvier 1991, le Jura participe à de nombreuses missions de bombardement. Les hostilités sont stoppées le 28 Février. L'escadron rentre en France au mois de Mars.
Patch de l'opération Daguet
L'escadrille SPA 158 et le Jura ne survivront pas longtemps à l'issue de cette guerre. En effet, le 3 Juin 1992, l'escadron est pour la troisième fois dissous.
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