Le chat des militants !!!
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publié le 29 mars 2009 06:44 par Fanny Peyrin
par Christian MAUREL
jeudi 26 mars 2009
Nous sommes à la fin de Germinal. La lutte des mineurs s’est
terminée dans le drame et le sang. Après la mort de son homme et de
deux de ses enfants , la Maheude redescend au fond de la mine. Lantier
quitte la fosse dans l’air transparent de ce matin d’avril. " Il
songeait à lui, il se sentait fort, muri par sa dure expérience au fond
de la mine. Son éducation était finie, il s’en allait armé, en soldat
raisonneur de la révolution, ayant déclaré la guerre à la société,
telle qu’il la voyait et telle qu’il la condamnait" écrit Zola.
Mais Lantier n’est pas le seul à être pénétré d’espoir : " Oui la
Maheude le disait bien avec son bon sens,ce serait le grand coup :
s’enrégimenter tranquillement, se connaitre, se réunir en syndicats
lorsque les lois le permettraient ; puis le matin où l’on se sentirait
les coudes, où l’on se trouverait des millions de travailleurs face à
quelques milliers de fainéants, prendre le pouvoir, être les maîtres.
Ah ! quel réveil de vérité et de justice ! "
A l’évidence, cette lutte sociale longue, violente et sans
concession a été aussi un grand moment d’éducation populaire. Ce qu’il
en reste, comme en témoignent les personnages, c’est cette dimension
culturelle sous la forme d’une conscience et d’un sentiment d’une
nouvelle puissance collective d’agir porteuse d’un autre avenir.
Avec l’Histoire, sous la pression des rapports de domination et avec
la complicité plus ou moins active des organisations ouvrières (
syndicats, partis...), l’éducation populaire s’est détachée du
mouvement social. Elle en est d’abord devenue une branche sous la forme
d’associations spécifiques, puis elle s’est institutionnalisée dans un
lien organique avec l’appareil d’Etat, croyant accéder ainsi à un
nouvelle légitimité, avant d’en devenir un instrument à tel point
qu’aujourd’hui les politiques publiques de tous bords ne lui trouvent
d’intérêt que comme agent de paix sociale et d’encadrement de la
jeunesse.
Mais les choses ne sont fort heureusement jamais aussi simples.
L’histoire de certains mouvements et institutions d’éducation populaire
nous indique qu’ils sont traversés par des contradictions, qu’ils sont
aussi des champs de lutte et que leur capacité de résistance sans être
toujours spectaculaire, n’en est pas moins réelle. Un exemple parmi
d’autres : l’histoire particulièrement conflictuelle et mouvementée des
Maisons des Jeunes et de la Culture.
Ou en sommes-nous aujourd’hui dans cette société qui connait
une des plus graves crises économique et sociale de son histoire et au
moment où la question d’une nouvelle conception du monde et du vivre
ensemble se pose avec acuité et urgence ? Nous sommes dans une
situation paradoxale. Les institutions et mouvements qui se disent
d’éducation populaire peinent à faire le lien - si, toutefois, il en
ont la volonté - avec la mouvement social ( sauf en Guadeloupe qui
constitue un exemple d’alliance impliquant les associations loin d’être
facilement transposable ), car cantonnées par les politiques publiques
dans le traitement social du chômage, de l’exclusion et de tous les
autres effets des crises successives du capitalisme mondial.
Etonnamment, la question sociale qui se caractérise par le
développement du "précariat"( Robert Castel ) et qui aurait dû inviter
ces mouvements et institutions à intervenir au coeur de ce problème
majeur de société ( l’évolution des rapports de travail ), les en a au
contraire exclus, ou tout au moins, les a projetés sur des marges où le
conflit( au sens de rendre problématique, discutable et politique )
n’est pas de mise, tant il s’agit de traiter des symptômes en non de
s’engager dans une transformation et un dépassement de ce qui n’est
plus acceptable.
Par ailleurs - autre facette du paradoxe - l’éducation
populaire se développe - ou peut se développer - dans des organisations
qui ne s’en réclament pas, sinon marginalement et sans en construire le
concept ni les procédures ( certains syndicats, partis et nouveaux
mouvements sociaux ), là où une subtile dialectique du comprendre pour
agir et de l’agir pour comprendre mobilise des individus, oeuvre à
l’action collective, met en évidence et en conscience contradictions et
injustices sociales. Nous affirmons que, tout particulièrement
aujourd’hui, ces organisations ont une capacité et une responsabilité
d’éducation populaire de premier ordre notamment quand elles entendent
oeuvrer à la transformation d’une société qui ne peut rester plus
longtemps en l’état.
La puissance d’agir qui se développe dans ces organisations de
revendication et de lutte, les processus d’émancipation qui y sont à
l’oeuvre sont inséparables de la construction d’une culture commune
construite dans l’action et dans les rapports conflictuels. C’est dans
ces rapports de force et de sens que les groupes sociaux dominés
accèdent à ce que Pelloutier, initiateur des Bourses du Travail,
appelait la "science de leur malheur" et, tout à la fois, à la
conscience de leur force, tant il est vrai, comme le dit Pierre Roche,
chercheur au CEREQ, que "ce par quoi un individu est assujetti,est
précisément ce par quoi il peut trouver son devenir-sujet".
Une question se pose alors : à quelles conditions les luttes
sociales et politiques peuvent-elles faire oeuvre d’éducation populaire
qui, dans un juste retour des choses, donne sens et corps aux luttes
sociales et politiques ? La première condition est celle d’un principe
à défendre et à faire largement partager : la transformation sociale et
politique sera éducative ( dans son sens populaire ) et culturelle ( au
sens de nouvelles représentations de l’homme et de la société ) ou ne
sera pas. Ensuite, il y faut quelques postures et modes d’action : la
place faite à la parole, aux savoirs co-construits et partagés des
situations, aux initiatives émergeant de la base, à l’expression des
conflits d’intérêts et des divergences de vues, à l’organisation des
temps et des espaces de délibération sur les objectifs et les
stratégies d’action. Autrement dit, il s’agit de repenser le travail de
la démocratie, entendue comme mode de penser, de décider et d’agir, à
savoir, comme un processus et non comme simple application de règles
validées par le plus grand nombre. Ainsi, un mot d’ordre n’a
véritablement de sens, de légitimité et d’efficacité que s’il est le
résultat d’une organisation et d’une délibération démocratique.
L’enjeu est de taille : reconstruire du politique, ce qui
impose, pour beaucoup d’organisations, de faire de la politique
autrement, d’entretenir d’autres relations avec les militants, les
adhérents, les citoyens. Transformer la société, c’est transformer
également les relations des corps organisés ( syndicats, partis
politiques, associations..) avec les individus et groupes sociaux. Il
s’agit donc de faire de la transformation dans la transformation, y
compris et surtout pour les mouvements et institutions qui se
revendiquent d’éducation populaire. Et ça commence aujourd’hui.
Je propose que l’on ouvre plus manifestement ce chantier qui me
parait essentiel aujourd’hui, autour de quelques axes de réflexion et
d’analyse des pratiques :
éducation populaire et partis politiques,
éducation populaire et syndicats,
éducation populaire et mouvements sociaux,
éducation populaire et vie associative.
Deux entrées, me semble-t-il, sont à privilégier :
les enjeux au regard de la transformation sociale et politique,
les modes d’action et les stratégies opérationnelles.
A partir de là, on pourra reparler d’une nouvelle alliance
organique entre deux champs de pratiques ( l’éducation populaire et les
luttes sociales ) que les vicissitudes de l’Histoire ont conduit à
séparer.
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publié le 13 mars 2009 02:29 par Fanny Peyrin
le tissu associatif représente peut être environs 10% des emplois actifs sur l'agglomération grenobloise (chiffre sans source, à confirmer et certainement affiner!!! :)
De ce fait Grenoble fait sentir son dynamisme associatif, comme une espèce de vague flottante, des affiches, des soirées, des actions différentes un peu partout un peu tout le temps... Les citoyens grenoblois le sentent, le feeling associatif!! Mais le connaissent-t-ils suffisament ? Pour devenir acteur (et non consommateur) il ne s'agit pas uniquement de sentir l'univers associatif, il faut le connaitre...
Pour quel connaissance citoyenne du monde associatif?
10% des actifs dynamises et diffuse ce feeling, cet espèce d'espace qui propose des choix d'actions et d'activités socioculturels.... Avec les réformes qu'elles seront les chiffres de l'année prochaine?
Le feeling de ce bouillonnement socioculturel s'effacera-t-il de nos quotidiens au profit des grands messes de consommation culturelle?
La Bretagne réputté pour sa population ouverte et festive. La Bretagne une région qui étrangement présente une organisation associative avec environs 20 ans d'avance...
Y aurait-il un lien? Ouverture d'esprit, ouverture aux autres / tissu associatif soutenu et encouragé ! Conscience du monde, conscience des autres? comment vivre en société, pour sa pomme et son canapé?
Plutôt que diffuser un feeling associatif, comment diffuser de la connaissance envers le monde associatif?
Des questions, des questions, discutons des réponses!!! De l'informel au collectif : Gardons le Lien!!
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publié le 2 mars 2009 03:03 par Fanny Peyrin
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mis à jour le·2 mars 2009 03:41
]
Remettre en question le désengagement de l'Etat par un argumentaire me semble important à faire figurer dans le manifeste.
Au delà de la situation de crise économique, se sont également les valeurs de la démocratie et du droit à l'expression qui sont en question (c'est ça que dont tu parlais Marie Thérése il me semble?). Le gouvernement use de la situation de crise économique pour justifier sont impopularité auprès d'une population qui a peur de son devenir. Ainsi sa position ne bouge pas si l'on reste sur l'argumentaire du on ne paiera pas votre crise. Le débat devrait peut être se situe également sur notre volonté de rester acteur de nos engagements quelqu'en soit les conséquences sur le potentiel de croissance économique de notre pays.
Aujourd'hui où nous situons nous? pour un productivisme individuel : travailler plus pour gagner autant et être seul ? ou croire en des actions qui viennent d'en bas (bottom up) et répondent à des besoins direct de la population, même si parfois les méthodes d'actions ne présentent pas des statistiques digne des rentabilités de la machinerie de production, mais qui présente peut être plus une société à visage humain ?
Il me semble que la stratégie du gouvernement vise à centraliser tous les pouvoirs dans les mains des dirigeants (top down) ce qui passe forcement par la diminution de nos responsabilité citoyenne et donc la diminution de nos droits, pour plus de devoirs. La suppression des juges, la réforme sur la rétention de sureté sont aussi des éléments a considérer pour essayer de comprendre la réelle volonté du gouvernement actuel.... (vers une démocratie totalitaire?? un questionnement que l'on pourrait commencer à soupçonner...)
Je trouve la première partie vraiment bien mais pour donner du poids au manifeste pourquoi ne pas développer concrètement nos craintes face à l'autorégulation des marchés et au positionne d'un gouvernement qui gonfle son pouvoir au détriment de nos droits.
Même si la logique marchande domine notre société, d'autres manières d'être(être plutôt que paraître et avoir), de produire (travailler autrement en
dehors de l'influence du profit , de la compétition et du pouvoir sur
autrui), et de faire du politique (explorer des nouvelles formes
d'engagement, créer des espaces de parole politique plus près du citoyen,
expérimenter des nouveaux liens sociaux...) existent et deviennent des
forces de transformation de la société?"
Pourquoi est ce une question????? Passons à l'action!!
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publié le 2 mars 2009 02:05 par Fanny Peyrin
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mis à jour le·2 mars 2009 03:01
]
dans un système libérale tel que celui-ci la position de l'État me semble primordiale. Actuellement les choix gouvernementaux s'orientent surtout vers une logique capitaliste alors qu'une politique d'interventionnisme social devrait faire feu! Comme me le disait M. Roesch (chercheur a l'IFP de Pondichery en Inde) la libéralisation c'est de laisser les forces du marché réguler les relations entre les acteurs... (...) avec des privatisations à tout va, les concurrences en croissance constante... les inégalités sociales et le creusement des écarts ne peut que s'exprimer toujours plus. Ainsi, si la position des gouvernements dans un tel modèle s'exprimait par une politique d'interventionnisme sociale, donnant plus de moyens aux populations pour intégrer le régime de mondialisation et diminuer l'exclusion de tout une partie de la population, socialement "défavorisée", cela pourrait contre balancer les effets de la libre réglementation des marchés internationaux sur les territoires nationaux.
qu'en pensez vous? est ce que ça pourrait être une revendication....???
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publié le 2 mars 2009 02:05 par Fanny Peyrin
Bonjour
suite à la rencontre du Samedi matin voici un texte pour le manifeste.
" Un modèle de société basé sur:
- une logique marchande qui réduit l'ensemble de la l'activité
économique à la production des marchandises, cherchant sans cesse des
nouveaux marchés, transformant les individus en consommateur. Cette
logique économiste organise le travail, augmente la productivité,
instrumentalise les salaries et structure l'ensemble de la société
autour du profit
- un système politique appelé démocratie représentative
permettant à la société une gestion relativement plurielle du vivre
ensemble. Mais la domination de l'économique relègue le politique à un
rang subalterne, surtout depuis la mondialisation du capitalisme.
- un individualisme consumeriste qui réduit l'individu autour
d'une posture de cosnommateur. L'individu cherche un sens à sa vie basé
sur la possession des biens et la construction d'un bonheur
matérialiste.
Même si la logique marchande domine notre société, d'autres
manières d'être( être plutôt que paraître et avoir), de produire
(travailler autrement en dehors de l'influence du profit , de la
compétition et du pouvoir sur autrui), et de faire du politique
(explorer des nouvelles formes d'engagement, créer des espaces de
parole politique plus près du citoyen, expérimenter des nouveaux liens
sociaux...) existent et deviennent des forces de transformation de la
société?" |
publié le 28 févr. 2009 04:54 par cap berriat
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