Signer en bas du texte. L’EDUCATION POPULAIRE PEUT TOUJOURS CHANGER LE MONDE ! MANIFESTE DU COLLECTIF « EDUCATION POPULAIRE EN DANGER » PROPOSITION AU 03.03.09 Des animateurs, des étudiants, des salariés, des bénévoles, militants et élus associatifs attachés aux valeurs de l’éducation populaire dans le domaine socio-culturel, ont constitué en janvier 2009 en Isère le collectif « éducation populaire en danger » pour réagir contre la mise en cause de ces valeurs, pour assurer la survie financière des structures qui les portent et pour lancer un débat collectif sur la société que l’on veut construire. Qu’est-ce au juste que l’éducation populaire ? (1) C'est l'éducation qui n'est pas cadrée dans les structures traditionnelles de la famille, de l'école ou de l'université. C'est l'éducation au sein du ” temps de loisir ”, oui, mais par la pratique volontaire de la vie de groupe, la confrontation, le partage. C'est aussi l'éducation de chacun par chacun: l'éducation qui ne vient pas d'en haut, des classes dominantes, mais qui cherche à refondre la culture populaire en accordant une égale dignité à toutes les classes de la société. Celle aussi qui ne se limite pas à la ” haute culture ”, ni même aux oeuvres d'art, mais qui cherche la culture au sens large: sciences, techniques, sports, connaissance des arts, expression artistique. C'est l'apprentissage de la citoyenneté, enfin: la citoyenneté qui n'est pas seulement la politisation (l'art de réfléchir sur la politique institutionnelle) mais une pratique active: art de parler en public, de savoir écouter, de gérer un groupe, de s'intégrer à la société… (1) De nos jours, le terme d’ »éducation populaire » apparaît désuet, oublié ou mal compris, et pourtant nombre de structures portent ces valeurs : dans le domaine de la jeunesse, des loisirs et de l’éducation (accueils de loisirs, accompagnement à la scolarité, foyers de jeunes travailleurs, MJC, Maison de l'Enfance, Centres Sociaux, Bibliothèques pour tous, services jeunesse, théâtres, centres d’information jeunesse, mouvements de scoutisme, chantiers internationaux de jeunes …), et dans d’autres domaines de la vie sociale (Sécurité Sociale, Planning Familial, association de soutien aux populations immigrées, acteurs de l'économie sociale et solidaire, syndicats, ONG de solidarité internationale, associations alter-mondialistes …).
Aujourd’hui, les valeurs et les structures de l’éducation populaire sont menacées par : 1 –un modèle de société unique basé sur une logique marchande La logique marchande réduit l'ensemble de l'activité économique à la production de marchandises, transformant les individus en consommateurs qui cherchent un sens à leur vie basé sur la possession de biens. La domination de l'économique relègue le politique à un rang subalterne, surtout depuis la mondialisation du capitalisme. L’Etat a réduit volontairement son rôle d’intervention sociale, refusant de réguler la logique du marché par l’instauration de règles de protection des salariés, et précipitant dans une logique marchande le secteur des services jusque-là épargnés (2) Cette idéologie s’impose aux acteurs de l’éducation populaire, vide de son sens leur action, les empêchant de mettre en œuvre et de transmettre les valeurs qui fondent leur intervention : valeurs éducatives, d’émancipation, de créativité, de citoyenneté, de respect des personnes, d’accessibilité de tous aux actions. Les structures associatives ou publiques qui mettent en oeuvre des actions d’éducation populaire adoptent une logique de fonctionnement qui ne correspond pas à leurs principes : gestion des personnels et des décisions comme dans une entreprise, réponse à des appels d’offre où le coût prime sur le projet… Cette menace se retrouve aujourd’hui dans tous les secteurs des services et de l’humain et se traduit par exemple dans « l’Appel des Appels » (3) à retrouver des valeurs humaines dans les métiers de la communication, de la culture, de la santé, de l’éducation, du social. Aujourd’hui, les associations et services publics qui étaient seuls à mettre en œuvre l’éducation populaire sont mis en concurrence avec des sociétés privées qui se soucient peu des valeurs de l’éducation populaire, et ont à coeur avant tout de « vendre » leurs propres produits, même s’ils sont peu éducatifs. Cette logique économique exclue aussi de fait toutes les familles n’ayant pas assez de moyens pour accéder aux loisirs et aux actions. 2 – une volonté politique d’empêcher une éducation de qualité, émancipatrice pour tous et une concentration des décisions politiques Aujourd’hui, l’Etat appauvrit l’enseignement transmis par l’Education Nationale et rend plus difficile l’accès de tous à l’éducation : suppression de l’école maternelle, des RASED (4), de la formation initiale des enseignants avec la suppression des IUFM, programmes mettant l’accent sur le « par cœur », ghettoïsation des établissements scolaires programmée par la suppression de la carte scolaire et des universités par la loi d’autonomie … Cela s’ajoute à la fragilisation, voire la suppression des structures d’éducation populaire accessibles à tous, au profit de structures marchandes élitistes et moins porteuses de sens. On est donc en droit de se demander si l’objectif des dirigeants est d’empêcher la formation citoyenne des jeunes, leur conscientisation, d'encadrer et limiter leurs actions sur le monde d'aujourd'hui et de demain. Par ailleurs, on assiste à une concentration et à une pratique autoritaire et sécuritaire du pouvoir, qui dépossède les élus et les groupes de citoyens de leur capacité à peser sur les décisions. 3 – la fragilisation des structures qui portent l’éducation populaire Depuis nombre d’années, on assiste à la diminution drastique des financements publics d’Etat aux associations : en 2009, le summum est atteint avec la suppression des mises à disposition et détachements de postes de l’Education Nationale et la suppression des postes FONJEP du Ministère de l’Agriculture : jusqu’à moins 70% de financements publics pour certaines associations ! Sans compter la chute libre des financements de l’Etat (Culture, Agriculture, Jeunesse et Sports, Acse (5) …), qui n’est pas compensée par les subvention des collectivités locales et encore moins de la CAF . L’Etat contribuait aussi à l’éducation populaire par l’existence de services publics de proximité, les Directions Départementales de la Jeunesse et des Sports, qui renforçaient le secteur associatif en permettant aux différents acteurs de se s’organiser, de se former, d’être conseillés, accompagnés, et tout cela gratuitement. Aujourd’hui, la RGPP (6) fragilise ces services, les rend moins proches du terrain, diminue le nombre de fonctionnaires, les regroupe dans des entités plus larges de la « cohésion sociale » qui oriente leur action éducative globale dans un sens de réparation sociale, et supprime aussi les établissements publics de réflexion qu’est l’INJEP et de formation que sont les CREPS(7). C’est pourquoi le collectif « Education Populaire en Danger » se mobilise pour : Inciter chacun à :
Dénoncer les choix politiques actuels et revendiquer :
Le collectif veut provoquer un débat avec la population sur la société qui est en marche et celle qui est à construire, et mettre en place des actions en direction des décideurs. (1) : Jacques Bertin - Pour le magazine Politis (2) : Organisation Mondiale du Commerce; Accord Général sur le Commerce des Services : http://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_g%C3%A9n%C3%A9ral_sur_le_commerce_des_services (3) : http://www.appeldesappels.org/ (4) : Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté (5) : ACSE = Agence pour la Cohésion Sociale et l’Egalité ( ? à vérifier) chargée du financement de la Politique de la Ville et des politique d’intégration des populations immigrées (6) : Révision Générale des Politiques Publiques (7) : Institut National de la Jeunesse et de l’Education Populaire et Centre Régional d'Education Populaire et de SportCe manifeste doit maintenant être signé : individuellement par les professionnels, les militants, les adhérents (mentionnez si vous le voulez votre métier, votre structure d’appartenance si elle est d’accord), et aussi par les CA de vos structures d’éducation populaire. C’est une bonne occasion de commencer à engager le débat ! Vous pouvez encore renvoyer des propositions de modification du texte. Signataires :
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APPEL A PARTICIPATION : Faut mettre en page le manifeste sur une page A4