Enseignements‎ > ‎

Batterie / Percussions


Professeur : Julien Vuillaume 06 63 18 18 36

PROJET PEDAGOGIQUE

 

 

I - La Transmission.

Tout enseignement musical dispensé doit s’effectuer en adéquation avec le projet d’établissement auquel on appartient. Le fonctionnement  et le rayonnement d’une classe dépendra aussi de l’implication du professeur.  J’ai à cœur de former au mieux mes élèves et de les voir devenir des musiciens autonomes et épanouis, capables d’une grande curiosité musicale.

Il est cependant difficile de répondre aux aspirations de tous, c’est pourquoi j’encourage chacun à compléter le suivi de ses cours par des stages, ateliers, master-class et bien sûr l’écoute de disques ou de concerts.

I.I. Alternance entre Transmission Orale et Pratique Instrumentale.

L’oralité prédomine dans le jazz, musique de transmission orale par excellence. La question de l’enseignement de cette musique n’apparaît qu’au début des années 40, et la première classe de jazz dans un conservatoire national de région voit le jour en 1964. Cette notion est un appui dans l'enseignement du jazz mais aussi concernant celui  de la batterie.

            Lors de l’enseignement, la phase de transmission orale est primordiale et favorise la mémorisation, la reproduction instinctive. Cela passe par le chant des rythmes et des phrases, des mélodies et des successions d’accords (fondamentales d’une grille). L’utilisation d’onomatopées permet par exemple de traduire la partition, d’entendre le résultat final tout en stabilisant la pulsation.

Ainsi l’élève apprend généralement mieux à corriger ses erreurs seul, l’accession à l’autonomie devient alors plus aisée.

I.2. Pédagogie Instrumentale.

            La pédagogie instrumentale est elle aussi liée au projet pédagogique de l’établissement. Elle évolue en fonction du niveau de l’élève, du cycle auquel il appartient. Le travail demandé sera donc fonction du niveau et des capacités de l’élève.

L’enseignement en premier cycle délivre généralement « ce qu’il faut faire ». Les indications données et les notions abordées doivent être claires.

En deuxième cycle, il s’agit plutôt de « ce qu’il faudrait faire ». On donne là les éléments permettant à l’élève de savoir vers quoi doit tendre sa pratique instrumentale sans lui « mâcher » le travail. L’objectif est en outre qu’il s’approprie l’œuvre et s’interroge sur le son afin de trouver sa propre interprétation. On peut pour cela conseiller à l’élève de traduire le texte musical en une imagerie propre, personnelle et faire appel à des sentiments, des images pour offrir sa version personnelle de l’œuvre tout en veillant à respecter les indications du compositeur.

            Toujours, je veille à rester au service de l’élève et de la musique.

I.3. Organisation du Travail

            L’organisation du travail est en partie de la responsabilité du professeur. En effet, il doit guider l’élève dans son étude et viser l’aboutissement à un travail quotidien, souvent synonyme de progression, dont l’élève tire du plaisir et nourri sa motivation.

L’écoute de musique, au travers de concerts ou de disques, est aussi un vecteur de plaisir, d’envie et élargit la culture, le vocabulaire musical, la curiosité.

Aussi la pratique collective qui permet d’aiguiser l’écoute dans l’orchestre et de partager avec d’autres musiciens, objectif quasi unanime de toute pratique instrumentale.

 

 

2 - Organisation des cours.

            Le rôle de professeur doit être placé sous le signe d’un bon contact avec l’élève. Il faut veiller à utiliser un langage adapté à l’âge et au niveau des élèves,  et tâcher d’installer une relation musicale et humaine épanouissante.

            Durant un cours, une bonne gestion du temps est essentielle : il convient d’écouter jouer l’élève pour analyser le travail qu’il aura fourni et de prendre garde à alterner temps de parole et temps de jeu.

            Le cours est souvent dominé par la détection des erreurs éventuelles. Il s’agit de faire prendre conscience à l’élève de celles-ci et de le guider pour l’aider à les résoudre. Lui donner des exemples, lui jouer des parties sur l’instrument ou l’accompagner va faciliter le dépassement de ses obstacles.

            Le cours permet ensuite au professeur d’apporter des nouveaux éléments techniques et musicaux pour aider son élève à progresser.

            Dans le long terme, il est important de veiller à diversifier les approches musicales. Je parsème également mes séances de travail sur l’improvisation, le déchiffrage et parfois de notions d’écriture.

En cours, je m’efforce d’être clair pour être bien compris et, ainsi, optimiser l’efficacité.

            Les cours sont habituellement organisés en cycles aux objectifs croissants dont la durée varie généralement entre 3 et 5 ans.

Le premier cycle  débute par l’initiation. Les techniques de base sont dispensées : préhension de l’instrument (position, tenue des baguettes), émission du son (la frappe), sonorités de l’instrument. Avec les jeunes élèves, on peut débuter l’accompagnement de comptines simples. Il s’agit également de comprendre et respecter la partition, de jouer avec souplesse, détente, musicalité et bien sûr une technique correcte. Ce cycle peut être une fin en lui-même (pour une première approche de la musique, de ses exigences écrites et de l’interprétation) ou peut déboucher sur un apprentissage plus poussé en second cycle.

            Le deuxième cycle sert d’approfondissement au précédent. On aborde d’autres techniques (balais, mailloches…) et le placement corporel, les déplacements sont approfondis. La complexité rythmique s’accroît. Le déchiffrage devient plus exigeant, la technique est plus acérée. Le répertoire s’élargit et l’élève doit être en mesure de proposer des pistes de travail, début d’aboutissement d’un projet personnel, plus prédominant dans le cycle suivant.

            La pratique du piano, même sommaire, s’avère être un atout non négligeable pour l’étude de la

musique.

Enseigner la batterie.

 

 

La batterie est un instrument qui découle  d’une tradition ancestrale de transmission, réunion des tambours et des cymbales, de l’âme et du corps, du chant et de la danse. Elle est née par et pour la musique de jazz au début du XXe siècle, rencontre de plusieurs continents, influencée par de multiples cultures.

 

J’organise l’enseignement de la batterie autour de trois axes principaux:

 

* TECHNIQUE DE CAISSE,

* TECHNIQUE DE BATTERIE,

* INTERPRETATION.

 

La technique de caisse représente le travail des rudiments issus de la tradition du tambour. C’est aussi le moyen de travailler le son, le rythme, le tempo, et d’acquérir une solide maîtrise de la frappe, essentielle à la réussite et à l’aisance dans le jeu de batterie.

La technique de batterie, elle, est destinée à acquérir des éléments d’indépendance et de coordination. Cela permet d’apprendre différents rythmes et de pouvoir progresser dans l’étude de styles, la réalisation de figures rythmiques complexes, d’appréhender les différentes métriques, les situations de phrasé ou solo, etc. J’accompagne les élèves dans le relevé de parties de batterie adaptées à leur niveau mais selon leur choix, leur goût musical.

L’interprétation, c’est le travail de la musicalité. Jouer « dans l’esprit » de la musique que le batteur, généralement placé dans un rôle d’accompagnateur, doit jouer en situation, avec des séquences par exemple, des morceaux sur CD ou un accompagnement instrumental. C’est la mise condition de jeu avec orchestre. Étant moi-même bassiste, j’accompagne régulièrement mes élèves, les plaçant ainsi en situation de jeu en « rythmique », ossature de l’orchestre de jazz et aussi des musiques « actuelles ».

 

Enseigner le jazz

 

 

Le jazz est une musique récente puisque juste centenaire. Mais déjà, on dénombre de nombreux « styles » de jazz, tous reconnaissables entre eux. Leur point commun est essentiellement la pratique de l’improvisation.

Je donne donc tout naturellement une place prépondérante à l’improvisation. Mais celle-ci doit faire l’objet d’un apprentissage structuré, où les éléments clés de cette musique doivent être considérés avec attention : étude du rythme et interprétation ternaire, phrasé et accentuation, étude des progressions harmoniques (II,V,I – rythm change etc.), de différentes grilles et de leurs enrichissements (blues, Anatole…), des  différents modes et des contextes d’emploi de ceux-ci. L’acquisition du langage du jazz est complétée par la connaissance du répertoire, le professeur guidera donc ses élèves dans leur écoute du patrimoine musical et de la tradition du jazz, en relation avec les cours, ce qui complètera les éléments d’histoire du jazz.

            La cohésion orchestrale fait l’objet d’un travail précis, le plus souvent en atelier de pratique collective mais aussi en cours instrumental. Ce travail rejoint celui effectué sur le développement de l’écoute.

Pratiques Collectives.

 

 

Aboutissement de l’étude d’un instrument, la pratique collective est bénéfique à bien des égards : source de motivation, consolidation des acquis, développement de la personnalité musicale et du projet personnel de chacun. Aussi, elle assure la transversalité dans un établissement, créant du lien entre les classes par l’écoute et l’échange, apportant  un réel enrichissement à tous.

Les pratiques collectives sont également un facteur de rayonnement des classes instrumentales et des établissements au travers d’auditions, de concerts dans la Ville et s’adressant à tous les publics. Elles mettent souvent en relation les pratiques amateurs avec les diffuseurs, les lieux de création, l’Education Nationale.

Evaluation.

            L’évaluation est un élément central de l’enseignement musical. Loin d’être une sanction, l’évaluation contribue à la motivation de l’élève en témoignant de sa progression et le valorise. Pour le professeur, cela est également très important. En effet, c’est un indicateur du niveau de sa classe, des résultats de son enseignement. Elle peut prendre différentes formes :

                                   °  évaluation continue, par le professeur tout au long de l’année et durant les cours,

                                   ° concours de fin de cycle, permettant le passage ou non dans le cycle supérieur, orientation en filière amateur ou professionnelle,

                                   °  mise en situation publique (auditions, concerts),

                                   ° concours départementaux, régionaux ou nationaux organisés pour son niveau,

                                   °  participation à une master-class, où le travail d’une œuvre peut permettre de recevoir les conseils précieux de l’invité.

Pour tous les élèves, on préconisera également :

-          Histoire et étude des musiques caribéennes (Bossa-Nova, Cha-Cha, Songo, Samba, etc.).

-          Histoire de son instrument, connaissance des caractéristiques mécaniques et acoustiques, réglages, entretien.

-          Travail approfondi du déchiffrage.

-          Travail en ensembles, importance des pratiques collectives.

 

 

 

 

Conclusion.

 

 

La transmission du savoir est la vocation de l'enseignant, mais il est difficile d'imaginer une  mission exclusivement pédagogique en occultant les missions culturelles et territoriales de l'enseignant. La demande culturelle et sociale du public vis-à-vis des pratiques artistiques, la représentation que l'on se fait d'une école de musique, la nécessité de contribuer et de faire participer à l'animation et l'action sociale et culturelle : toutes ces notions ont évolué et font évoluer la mission et le rôle de l'enseignant au sein de son établissement. La notion de service public est au cœur de l'apprentissage musical.

 

Par-delà l'initiation à la pratique instrumentale et la transmission des savoirs fondamentaux, c'est bien de la formation culturelle des publics dont il est question, de notre capacité à former les musiciens qui alimenteront demain le creuset des pratiques culturelles, qu'elles soient professionnelles ou en amateur. L'enseignant, afin de répondre le mieux possible à cette mission, doit prendre en compte le contexte local, adapter sa pédagogie à l'élève qu'il a devant lui, tout en s'appuyant sur les directives nationales, les orientations pédagogiques de son établissement ainsi que le projet de classe qui en découle. C'est parce que l'enseignant considère tous ces paramètres, qu'il est dans une médiation constante avec les différents acteurs pédagogiques, culturels et politiques de son territoire, et qu'il a une conscience aiguë de sa mission de service public que l'élève, au cœur du dispositif de transmission des savoirs, pourra s'épanouir et trouver sa place dans sa classe et sa pratique artistique.