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KNS, l'usine du Nord...

Du nickel, encore et encore...

KNS pour Koniambo Nickel SAS. Cette usine se situera dans le Nord du territoire, dont le développement a toujours été problématique. Sans préjuger de sa nécessité pour " rééquilibrer le pays " cette histoire commence mal : afin de permettre l'accès des minéraliers aux portes de l'usine, ils n'ont rien trouvé de mieux que de faire sauter un platier corallien sur des km... Alors que tous les français ont vu notre ministre de l'environnement plonger en caleçon à Bali pour replanter un minuscule bout de corail, il ferait mieux de venir ici pour empêcher le massacre. Des solutions alternatives existent mais bien sur elles coûtent un peu plus cher...

Un article de Catherine Coumans...

Xstrata est de plus en plus critiquée pour son projet Koniambo en Nouvelle-Calédonie

Catherine Coumans, Ph.D. , MiningWatch Canada

Lundi 21 janvier 2008 - 13 h 57

Xstrata dirige un nouveau projet : une mine de nickel rachetée à Falconbridge et située dans le Nord de la Nouvelle-Calédonie. De plus en plus cependant, la société fait l'objet d'une surveillance étroite et de nombreuses critiques. Quand ce projet sera achevé la mine sera une des plus grandes mines de nickel au monde. Le territoire, appelé Nouvelle-Calédonie par les Français, est appelé Kanaky par les autochtones, les Kanak. Le pays est connu dans le monde entier pour son très grand nombre d'espèces endémiques (que l'on ne trouve nulle part ailleurs sur Terre) et sa gigantesque barrière de corail, la plus grande au monde, où vivent justement beaucoup de ces espèces uniques.
Depuis longtemps, le projet Koniambo a reçu l'appui de la population Kanak, car Falconbridge offrait au gouvernement provincial du Nord, dirigé par des Kanaks, un intérêt de 51 % dans la mine. Toutefois, les Kanaks ont fait savoir qu'ils ne veulent pas de la mine à n'importe quel prix, et qu'à leurs yeux, le respect de l'environnement et la transparence des opérations constituent une priorité incontournable.
Actuellement toutefois, Xstrata transgresse ces deux principes.
La mine ne peut progresser sans infrastructures portuaires importantes. Pour construire un port, la société devra éventrer la barrière de corail, et anihiler des coraux qui ont mis des décennies à se former ; des espèces rares seront peut-être en danger. L'énorme opération de dragage déplacera 9 millions de m3 de sédiments dans le lagon. Les normes internationales optimales exigent qu'un projet de cette envergure exerçant un pareil impact sur l'environnement, recoure à une analyse préalable des données de base sur l'environnement qui sera touché, afin de permettre la surveillance des répercussions et d'atténuer les risques écologiques.
La première erreur qu'a commise Koniambo Nickel SAS (KNS), filiale de Xstrata, a été de permettre à KBR, entreprise internationale d'ingénierie et de construction, qui creusera le canal, de se charger en même temps de la surveillance écologique du récif corallien : il s'agit évidemment d'un conflit d'intérêt, dont les effets peuvent s'avérer dévastateurs pour la barrière de corail.Selon les spécialistes indépendants qui ont étudié les stations de mesure établies par KBR sur le fond océanique, une seule des quatorze stations de mesure a été installée d'une façon respectant le cahier des charges du projet Koniambo. En outre, les spécialistes notent que la façon dont KBR a monté les stations provoquait elle-même des dégâts inutiles et inadmissibles à l'environnement océanique. Toutes les stations, sauf une, exercent des effets néfastes sur les coraux et les organismes marins. En fait, de nombreux dispositifs de surveillance sont concrètement ancrés dans des colonies de corail vivant, alors qu'ils auraient dû être ancrés sur un substrat non vivant. En plus des dégâts déjà occasionnés au placement anarchique des stations de mesure, l'emplacement non-conforme des stations signifie qu'il n'existe apparemment aucune information de référence concernant cette importante opération de dragage. Un rapport signé par dix-sept organismes écologiques basés en Nouvelle-Calédonie, appuie cette conclusion.

Deuxième erreur de KNS : son manque de transparence au sujet du projet de dragage. À l'aide de la « Charte environnementale KNS – Province Nord », KNS s'est engagée à mettre tous les rapports environnementaux, y compris les données non analysées, à la disposition du grand public, par l'intermédiaire d'associations écologiques. Ceci aurait garanti la transparence de ses opérations. Depuis septembre 2007, les organisations écologiques locales exigent l'accès aux rapports des spécialistes internationaux et nationaux au sujet du plan de surveillance du récif corallien. Toutefois ces rapports qui documentent la non conformité de la construction des stations, laquelle rend inutiles les données modèles, restent secrets. Pendant ce temps, KNS va peut-être, dans les prochaines semaines, faire démarrer son opération de dragage afin de respecter son calendrier.

La troisième erreur de Xstrata a été que son Rapport de développement durable de 2006 qui doit signaler les incidents environnementaux « considérables », est resté muet sur les dégâts que les stations de mesure KBR avaient occasionnés à l'environnement océanique (classe 3 ou plus).

Enfin, la quatrième erreur de Xstrata a été de congédier le directeur de l'environnement de Koniambo lorsqu'il avait soulevé des objections au sujet de ce problème. En essayant d'occulter ce problème plutôt que d'y faire face, de prendre des mesures pour remédier aux dégâts occasionnés, et de veiller à enregistrer des données océaniques de référence exactes pour le projet de construction du port, Xstrata fait courir des risques inutiles à un écosystème capital. Ainsi, la société risque de voir s'évaporer la confiance et l'appui du peuple Kanak.

Sources: Environnement edition number 10, first quarter, 2007; Ensemble Pour la Planete (EPLP) “Livre Bleu Vert” : http://www.eplp.asso.nc

Mireille Harmelin-Vivien and Laurent Wantiez. September 2006. “Assessment of the Setting Up of the Koniambo Project’s Coral Habitat Monitoring Stations”; Melanopus. Sept. 2006. “Etat Des Stations Inscrites au Cahier des Charges Suivi environmental marin de Koniambo Nickel SAS”;Les Infos. November 9, 2007. “Koniambo: Un Environnement déjà Bafoué?”

In English :

Xstrata Faces Growing Criticism Over Koniambo Nickel Project in Kanaky-New Caledonia

Catherine Coumans, Ph.D., MiningWatch Canada

Monday January 21, 2008 01:57 PM

Xtrata's Koniambo project in the South Pacific French territory of Kanaky-New Caledonia, formerly owned by Falconbridge, is coming under increasing scrutiny and criticism. The proposed nickel mine, in the northern province of Kanaky-New Caledonia, will be one of the largest mines in the world when it is built. The territory, called New Caledonia (Nouvelle-Caledonie) by the French, is called Kanaky by its native Kanak inhabitants. It is world renowned for its very high level of endemic species (species found nowhere else on earth) and a huge barrier coral reef – the largest in the world containing many of these unique species.

The Koniambo project has long enjoyed support from the Kanak population as Falconbridge offered the Kanak-led provincial government of the Northern Province a 51% stake in the project. However, the Kanaks have also maintained that they do not want the mine at any cost and that environmental protection and transparency are of central concern to them. Both of these principles are now being seriously breached by Xstrata.

The mine cannot go ahead without a massive port facility. To build this port the company has to punch through the barrier reef, destroying corals that have taken decades to grow and potentially endangering unique species. The huge dredging operation will displace 9 million cubic metres of sediment in the lagoon. By any international best-practice standards, a project of this size and environmental impact must establish careful baselines of the environment to be affected in order to be able to monitor impacts and minimize risk to the environment.

The first mistake made by Xstrata’s subsidiary Koniambo Nickel SAS (KNS) was to allow KBR, the international engineering and construction company that will dig the channel, to also be responsible for the environmental monitoring of the reef – a clear conflict of interest that will have potentially devastating consequences for the coral reef.

According to independent experts who have examined the monitoring stations set up by KBR on the seabed, only one of the 14 monitoring stations was set up in such a way that it is compliant with Koniambo Nickel’s scope of work. Additionally, experts noted that the way KBR set up the stations was itself causing unnecessary and unacceptable damage to the marine environment. All but one station was having a negative impact on corals and seabed organisms. In fact, many monitoring devices are actually anchored into living coral colonies when they should have been placed in non-living substrate. In addition to the damage already done by the unprofessional placement of the monitoring stations, the non-compliant locations of the stations mean that there appears to be no accurate baseline data for this major dredging operation. A report published by 17 environmental organizations based in New Caledonia supports this conclusion.

The second mistake being made by KNS is the company’s lack of transparency around the dredging project. KNS has made a commitment that all environmental reports, including raw data, will be made available to the public via environmental associations, guaranteeing transparency via the North Province-KNS Environmental Charter. In spite of the fact that local environmental organizations have been requesting access to international and national expert reports on the reef monitoring program since September 2007, the reports – documenting non-compliant station construction that renders model data useless – remain unreleased. Meanwhile KNS may be starting its dredging operation within weeks to remain on schedule.

The third mistake made by Xstrata was not reporting the damage done to the marine environment by KBR’s monitoring stations in its 2006 Sustainability Report that reports on “significant” (category 3 or higher) environmental incidents.

Finally, the fourth mistake made by Xstrata has been to fire Koniambo’s Director of Environment who raised concern about this issue. By trying to bury the problem, rather than address the need to take corrective action to remedy the damage done and to assure that proper marine baseline data is secured for the port project, Xstrata is putting a critical ecosystem at unnecessary risk. The company is also risking losing the trust and support of the Kanak people.

Sources: Environnement édition number 10, first quarter, 2007; Ensemble Pour la Planète (EPLP) “Livre Bleu Vert” : http://www.eplp.asso.nc

Mireille Harmelin-Vivien and Laurent Wantiez. September 2006. “Assessment of the Setting Up of the Koniambo Project’s Coral Habitat Monitoring Stations”; Melanopus. Sept. 2006. “Etat Des Stations Inscrites au Cahier des Charges Suivi environmental marin de Koniambo Nickel SAS”;Les Infos. November 9, 2007. “Koniambo: Un Environnement déjà Bafoué ?”