Mitraille est un remake d'un court-métrage réalisé en 2000. En Juin 2009, Philippe Donadille propose à l'acteur Gérard Barray le sujet de ce polar "à l'ancienne". Le comédien accepte avec enthousiasme, et la production est donc lancée. Le synopsis qui tenait en une page devient un scénario au cours de l'été 2009. Le script définitif du film étant prêt en janvier 2010. Le souhait du réalisateur est de rendre hommage aux polars d'autrefois mais également de reprendre un thème qui lui est cher: les faux-semblant (méfiez-vous de ce que vous croyez voir...). L'histoire repose sur le face à face de deux personnages l'un jeune (un personnage "melvillien" tout en retenue), l'autre plus âgé (un personnage "lautnerien" enjoué et gouailleur). Ce dernier, marseillais exilé depuis des décennies dans le nord, nourrit le rêve de finir ses jours au bord de la méditerranée. Car Mitraille c'est aussi l'histoire d'un rêveur, qui semble ne devoir (vouloir?) jamais atteindre son rêve. Durant l'automne 2009, l'équipe artistique et technique est peu à peu réunie. Les repérages se font autour de Nîmes, bien que l'action se situe dans le nord de la France et à Paris. Mais le cinéma permet tout, même quand la production n'a rien de professionnelle. Les projets de décors sont dessinés, les accessoires réunis, les costumes recherchés. La tonalité doit être vintage même si l'action se déroule à notre époque. A partir de début mars 2010, débute la réalisation du principal décor intérieur: la demeure de Vittorio, le personnage principal. Celui-ci ne sera achevé que quelques jours avant le tournage. L'équipe de production se heurte à moult difficultés (comme toujours...). L'une d'entre elle illustre le dur labeur de la gestion de projet pour des films sans structure de production pro. Il nous fallait trouver un véhicule ancien. Quand on n'a pas les billets pour convaincre, il faut trouver le collectionneur motivé, que le projet intéresse et qui acceptera de s'investir gracieusement. Et ce ne fut pas chose aisée. C'est finalement une DS de 1967 qui tiendra le troisième rôle du film. Il aura fallut 6 mois pour la trouver! (Août 2009 à Janvier 2010). Il faut dire qu'au départ la production cherchait une "américaine" (telles que l'on en voyait dans les films de Melville ou Verneuil), mais il fut impossible de faire affaire avec un collectionneur malgré de très nombreux clubs contactés. Mais la DS est aussi un choix magnifique, un vrai symbole de son époque ! Bref tout est bien qui finit bien ! Enfin, non, car les écueils sont encore nombreux, dont le pire qui puisse arriver à un tel projet: devoir renoncer à son acteur principal. Gérard Barray, acteur populaire des années 60, qui nous a accompagné dans toute cette période de pré-production, est contraint de renoncer à l'aventure à un mois du tournage, pour des raisons personnelles. Nous devions tourner avec d'Artagnan, avec Scaramouche, avec Surcouf, et même avec San Antonio, car Gérard fut tout cela au cinéma, mais finalement le destin en décide autrement... Fort heureusement l'équipe trouve très rapidement un nouveau comédien, en la personne de Thomas Sertillanges, qui accepte de reprendre le rôle, et une première répétition est organisée 4 jours seulement après le désistement de Gérard. L'aventure continue... Qui a dit qu'il était simple de produire 10 minutes d'images? Le tournage s'étale du 27 février au 27 juin, les principales scènes avec les acteurs étant réalisées dans la région nîmoise à la fin du mois de mai et à Paris le 27 juin. Le montage est en cours. La suite au prochain numéro... |
