Assez différents des récits habituels de rêve, ces textes tentent de décrire ce qui se passe psychiquement lors de certaines siestes courtes, de celles qui ne dépassent pas deux minutes... ou même de celles qui durent une seconde ! C'est donc une forme d'expérience d'écriture conjuguant onirisme et poésie. Non, le but n'est pas d'ensommeiller le lecteur, d'ailleurs ces textes sont très courts !
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publié le 2 juil. 2009 13:29 par Dominique Fenies
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mis à jour le·26 juil. 2009 08:41
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2009/04/19
Sans le vouloir, je me suis endormi sur le canapé ; j’ai rêvé que je faisais
partie de l’équipage d’un bateau. Grande taille, mais quand même pas un paquebot... Le pari était qu'il fallait,
pour pouvoir descendre à terre après avoir bourlingué, le « réduire ». Il y avait pour cela des sortes de tubes
verticaux élaborés, des broches en forme de pattes de crevettes qui
montaient du pont, à hauteur d’homme. Je n’arrivais pas à croire que notre
bateau passerait par là, mais le « capitaine » me l'assurait absolument « et même par une seule broche » ajoutait-il « c’est possible
» !
Oui, tout le bateau allait passer par là, et de
l’autre coté, c’était la réalité, le monde habituel, le hors rêve.
D’un côté, je me disais (et je me
voyais) commencer à réduire le bateau, planche par planche, pour le faire
passer par le trou - travail bien long, colossal même (que j’étais par ailleurs persuadé d’avoir déjà
effectué il y a longtemps, c’était présent dans mes souvenirs…) En même temps, je
me disais : hum, cela peut se faire aussi en un clin d’œil, comme le dit le
capitaine…
Un clin d’œil... et je me réveille.
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publié le 21 mai 2009 14:43 par Dominique Fenies
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mis à jour le·26 juil. 2009 08:43
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2009/01/09
Je viens de lire un passage d’un livre sur le
cerveau « bicéphale » de nous les hominidés ! En quoi cela sépare dramatiquement
notre vie intellectuelle de notre vie émotionnelle…
Au fur et à mesure que je me détends dans le lit, à
la limite du sommeil, survient en moi la réflexion-constatation que je voyage
souvent dans l’abstraction, dans des nébuleuses à la fois intellectuelles et
artistiques. Le fait d’imaginer et réfléchir à une composition musicale dont
j’ai déjà les bribes, par exemple, me donne du plaisir, mais un plaisir créatif
et prospectif, au delà de toute émotion, un plaisir pour ainsi dire neutre
émotionnellement parlant…
Mais le fait que je prenne soudainement conscience,
dans mon endormissement, de ce qu’une émotion a priori neutre me donne en
général comme plaisir, me procure tout à coup et bizarrement une grande émotion !
Et comme à l’instant où je la ressens, je la vis, je ne suis plus dans la cause
de ce qui me donne habituellement un plaisir
plus ou moins étale par la pensée… Non, lorsque je vis cette émotion, elle me
submerge, je ne sais pas où et comment elle agit en moi, je ne peux que la
vivre, sans rien en comprendre, et je ne peux ni la garder, ni la maîtriser :
le corps est entré en jeu, sans doute piqué au vif par la conscience… Il me
vient alors un ressenti très fort mais en réalité fugace, une joie immense dont
je ne peux rien faire sauf en être bouleversé.
Le fait d’être livré à cette conscience là me réveille.
Je crois bien que j’ai volé de la joie au réservoir de l’être...
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publié le 21 mai 2009 14:07 par Dominique Fenies
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mis à jour le·9 juin 2009 13:20
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2008/10/07
Percevoir ce que sont les bruits, les sons, les
mouvements, et les défaire – ils glissent – ce sont des marshmallows, des bouts
de guimauve mauve, ils s’arrondissent, ils s’effacent, se désintègrent comme
des bulles, en des « pops » silencieux.
Puis, percevoir ce que sont les silences, ou mieux,
ce qu’est le silence : de petits trains de moments sans bruits,
transparents, fragiles.
Les défaire aussi, pour découvrir ce qu’il
pourrait y avoir au-delà du silence, avant que je ne m'endorme tout à fait.
Si je m’endors vraiment trop, je découvrirai ce qu'il y a au delà du silence, mais
ne m'en souviendrai pas !
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publié le 21 mai 2009 14:04 par Dominique Fenies
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mis à jour le·2 juin 2009 14:12
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2008/06/25
Je m’endors dans une position malcommode, sur le
côté, avec l’un de mes bras sous mon corps, l’autre sous la tête ; je suis
tellement fatigué que j’ai la flegme de bouger…
Alors je me dis tout en m’endormant : tant
pis, je vais essayer de me décontracter dans cette position ; pour cela, je
mémorise le bout de phrase suivant « avoir conscience de moi-même, de
ma disposition, essayer de m’en rappeler ».
Puis je m’envole littéralement dans le sommeil,
avec cette phrase en moi qui essaie de produire ses effets, tentant de me détendre à différents niveaux, à différentes couches de profondeur (le
corps, l’énergie, la pensée…) ; mais
à un moment donné, à un certain niveau, apparaît une contradiction.
Me souvenir de cette phrase me demande un effort,
et cet effort est en contradiction avec le contenu de mon « mantra »,
qui est de me décontracter. Je ne peux pas être concentré sur ma phrase et me
décontracter le cerveau en même temps !
Cette contradiction m’éjecte du sommeil – je
m’étais endormi un court instant -, tandis que je me surprends à répéter
encore cette phrase qui me dit d’être conscient de mon être et de ma position
spatiale.
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publié le 18 mai 2009 14:11 par Dominique Fenies
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mis à jour le·21 mai 2009 13:54
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2007/12/12
Chaque idée qui survient quand je m’endors est un
immeuble qui pousse, et chaque pensée une courbe ascendante extraite d’un
histogramme de statistiques, dont la base serait une sorte de lentille, de
pastille oblongue.
Une courbe/pensée raconte que «tous les immeubles
auront poussé quand je serai endormi ».
Les immeubles font « poups » ou bien
« chtipch » quand ils s’élèvent pour remplir la surface de la
pastille du sommeil. Mais le bruit qui les fait survenir est aussi celui que je
crée, ne voulant pas m’endormir, pour les faire diminuer et disparaître, me
permettant alors de retrouver en un instant le chemin du réveil.
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publié le 17 mai 2009 06:16 par Dominique Fenies
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mis à jour le·18 mai 2009 14:12
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2007/01/15
Je m’endors un peu, et je rêve d'un aspirateur
pour les pensées inutiles du cerveau.
Mais cet aspirateur produit rapidement un
bourdonnement caractéristique comparable au ronflement d'un dormeur – est-ce
moi ? - car, à tout le moins, cet
aspirateur est alimenté par le cerveau, dont les pensées inutiles, lorsque l'on
entre dans leur petit monde quantique/profusionnel, bourdonnent comme des
abeilles sur la crête d’une colline…
…d'un pays extraordinaire, où l'on s'endormirait sans
jamais se poser de questions.
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publié le 17 mai 2009 05:56 par Dominique Fenies
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mis à jour le·21 mai 2009 13:47
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2006/11/12
Je partais dans des pensées de liberté et
d’apaisement, de compensation et de soulagement, que procurent généralement les
prémices du sommeil, quand je me rendis compte que justement, ces sensations-là
au sujet de mes pensées étaient déjà le sommeil lui-même, le parfum de son
essence, et que donc, sans nul doute, je dormais déjà... ...ce qui me réveilla en
une bouffée de joie qui étincela un instant depuis sa profondeur sur un bout de
surface de mon conscient, avant de disparaître.
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publié le 17 mai 2009 05:44 par Dominique Fenies
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mis à jour le·21 mai 2009 14:09
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2005/12/23
Je suis en voiture, à l’arrière, je songe, je me
détends, je sens que je vais m’endormir… J’ai un peu de mal à saisir quel est
« l’objet de la problématique de ma pensée » (je vois comme une pince
qui voudrait attraper de la fumée), problématique qui s’approcherait de «comment je pourrais être plus efficace dans ma
pensée… »
Or je réalise que l’objet de la problématique de
ma pensée, et même de ma vie toute entière, c’est justement maintenant qu’il se
joue, à l’instant même où j’y pense, à savoir : c’est mon incapacité à
saisir cet objet, autrement dit, à me concentrer sur ce qui m’empêche de me
concentrer...
Et je me réveille…
Je voulais me concentrer sur la concentration et
je n’y arrivais pas !
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publié le 17 mai 2009 03:59 par Dominique Fenies
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mis à jour le·17 mai 2009 04:00
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2004/02/05
Je ne voulais pas m’endormir, juste me reposer
quelques instants… Or je m’endors avec la pensée que je dois d’abord calmer mes
pensées pour pouvoir vraiment me reposer, ne serait-ce qu’un court instant… En
même temps que j’ai cette pensée, je me dis à moi-même : il faut que tu
calmes tes pensées d’abord Dom Dom ! Et je réalise, tout en me réveillant
déjà, que j’ai finalement eu le raisonnement suivant :
Si je pouvais certes ralentir la façon dont je me
disais à moi-même « calme tes pensées » je ne pouvais pas
réussir - c’était impossible ! – à
ralentir la pensée originale qui m’avait fait penser cela… car le processus
même de la pensée avait été instantané. Bigre, on ne peut pas calmer une pensée
en diminuant sa vitesse !
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publié le 17 mai 2009 02:39 par Dominique Fenies
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mis à jour le·21 mai 2009 13:49
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2000/07/08
Je pars en moi-même, et j’essaye de ne
pas m’oublier... J’ai cependant la vaste impression que c’est quand je m’oublie
que je peux partir ! En réalité, je pars quelques secondes, puis je me
rappelle vaguement que je ne devais pas partir, et donc je reviens avec une
bribe du grand tout, qui se traduit dans ma pensée, puis en mots
instantanément, comme naissant au bout de mes lèvres, par :
« La mémoire ne sert à se rappeler que ce
qu’on a pas vraiment appris en profondeur… »
Ah bon…
Comme je n’ai pas beaucoup de mémoire, je me
répète cette phrase dans la bouche, pour m’en souvenir, avant de risquer
m’endormir de nouveau, et rater la station de métro où je dois descendre.
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