LA PRISONNIÈRE (glaise, rouge-orange, blanc brillant) Dominique Fenies
Je rêve la nuit d'une africaine à la peau noire comme l'ébène
Elle court toujours sous la pluie sans parapluie de la boue sur ses bas blancs
Sa bouche est nue dans le silence
Elle a des jambes très longues et des bras élégants elle a dompté trois éléphants…
…De partout, peu à peu des gouttes de pluie se détachent et tombent dans la cafetière …troublant le liquide en marbre-désir - et ma rêverie - de petits remous aquilins
…fontaine d'or où se délasse ma princesse… /miroirs éphémères pleurant mille reflets colorés
Déjà le jour se lève à la fenêtre démultiplié
Que le café se passe et qu'une fragrance royale enfin défasse mon corps de ces chimères /et délivre aussi le sien
juillet 1989 |