Un printemps qui a changé la France !
Mai mai mai Paris Claude Nougaro Comment interpréter mai 1968 ?
«Mai 68, pour les gens de ma génération, c’est d’abord un souvenir de bonheur. Nous ne voulions plus de ce vieux monde, de ce vieux pays, de ce vieil homme… De Gaulle, la France, le capitalisme, tout cela nous semblait d'un autre âge... " André Comte-Sponville, Mai 68, un souvenir de bonheur, psychologies Magazine, mai 1998.
Au printemps de quoi rêvais-tu ? Vieux monde clos comme une orange Faites que quelque chose change Et l'on croisait des inconnus Riant aux anges, au printemps de quoi rêvais-tu ? Jean Ferrat Regards critiques de deux soixante-huitards
1968 : un mélange d'archaïsme et de modernité "Il faut accepter l'ambivalence de mai, son archaïsme et sa modernité. C'était un mixage entre la dernière révolution du XIXème siècle et un mouvement neuf, inédit, qui posait les problèmes de la fin du XXème siècle. Nous avons été sur le coup prisonniers de la mythologie. La théorie révolutionnaire était caduque, mais nous ne nous en rendions pas compte. Il a fallu, pour cela des années. L'acquis de mai c'est l'expérience historique de l'action collective qui fonde l'imaginaire social. " l'individualisme" de mai était sain, enraciné dans le groupe. Aujourd'hui nous vivons sur la nostalgie de la convivialité, de la générosité..." Daniel Cohn Bendit Génération , 1986 La séduction du marxisme "Ce qui séduisait les étudiants dans le marxisme, c'était sa dimension millénariste. La société radicalement mauvaise, non réformable, devait être détruite de fond en comble afin de permettre l'accession à la bonne société. Pour passer de l'un à l'autre, la révolution était nécessaire. La classe ouvrière, messie collectif, serait tout. De l'excès de mal naîtrait l'excès de bien. C'est cette force mystique, prophétique, religieuse qui a donné au mouvement révolutionnaire, dans les pays développés, un souffle, une dimension, une énergie considérable. Il n'est pas de grande transformation sans mythe mobilisateur. Or nous ressentions un immense besoin de croire". Henri Weber Génération, 1986. | Le contexte :
Que reste-il des années 68 ?
Du spasme violent qui, au printemps 1968, secoua la société française, la légende a surtout retenu les pavés volant au-dessus des barricades en feu de la rue gay-Lussac, les voitures brûlées, les arbres abattus. Pourtant, Mai 68 ne se limite ni dans le temps ni dans l’espace au printemps de ce millésime exceptionnel. Mai 68 est l’épicentre d’une secousse amorcée au début des années 60 qui se prolongera jusqu’au milieu des années 70. Les fêlures culturelles et sociales, détectées par la caméra de Godard et la guitare de Lennon, ont cheminé dans les esprits, comme autant de molécules invisibles bien avant l’explosion dont l’effet de souffle s’est fait sentir longtemps après. Les années 68 offrent donc une promenade dans le temps, du début de l’escalade américaine au Viêt-Nam jusqu’à la chute de Saïgon, de la guerre des six jours à celle du Kippour, les premiers refrains des Beatles à leur dispersion, de la pilule à l’interruption volontaire de grossesse… Dès le milieu des années 60, des soulèvements de la jeunesse touchèrent l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud et le Japon, gagnèrent l’Europe occidentale, l’Allemagne et l’Italie, et culminèrent au mois de mai 1968 en France. La révolte toucha également le bloc communiste en Pologne et en Tchécoslovaquie lors du printemps de Prague. Des rébellions armées et des guérillas sous la houlette de Cuba hérissèrent l’Amérique latine. Enfin et surtout la guerre du Viêt-Nam attisa la tension Est-Ouest, montra la déchirure Nord-Sud et alimenta la fièvre tiers-mondiste dans la jeunesse des pays développés… Les années 68 racontent Dylan et les Rolling Stones, les yéyés et les hippies, Sartre et Marcuse, les grands ensembles et le Club Med, les situationnistes et les Blacks Panthers, l’éruption de la jeunesse et le mouvement des femmes, Lui et Actuel, Woodstock et la naissance de l’écologie… Au creux des seventies, l’effondrement des religions terrestre, communisme et gauchisme, le collapsus du marxisme dans sa version prophétique enterrent les années de rêve, les utopies se fracassent sur la dure réalité d’une crise économique qui met fin aux années de croissance… Les années 68, au début du XXIème siècle, le fantôme de 68 continue d’alimenter débats et polémiques comme si ce fragment d’histoire n’était pas passé depuis longtemps. Texte d’après Patrick et Charlotte Rotman, les années 68, édition du Seuil, mars 2008. Ce livre contient une mine d'informations sur le contexte des années 60, il a fait notre bonheur dans nos recherches ... "Depuis la dernière guerre mondiale, il n'y a pas eu de lame de fond plus importante dans notre pays" (François Mitterrand). "La France ne fait jamais de réformes que dans la foulée d'une révolution" (Charles de Gaulle) Pourtant ce n'était pas une révolution, il n'y avait pas de pouvoir à prendre mais une révolte d'une jeunesse portée par un idéal et un désir de changement... Mais quel changement ? quelle lecture faire de mai 68 ? ![]() Les Choses de Georges Perec
Sylvie et Jérôme habitent un petit studio à Paris. Ils sont psychosociologues. Le week-end, ils chinent dans les brocantes, à la recherche du meuble de leur rêve, de l'objet qui les rendra, pensent-ils, heureux. Mais l'immensité de leur désir les paralyse. Peu à peu, ils s'enferment dans un monde qu'ils imaginent plus qu'ils ne le vivent. Trouveront-ils le bonheur dans "les choses" ?
| La France avant et après mai 68 : Avant 68 .... Une société fortement hiérarchisée et autoritaire marquée par la morale traditionnelle Une société qui ne favorisait pas l'égalité des chances Une droite autoritaire, une gauche archaïque L'école fonctionne selon le modèle du XIXème siècle : Autoritarisme, sélection sociale. L'atelier d'histoire au lycée de l'Alba Bergerac (Mars 2010) Après 68 .... Une société plus libérale, plus démocratique, plus hédoniste, plus solidaire, plus égalitaire ? A voir ! Des conquêtes sociales qui ont modifié la condition ouvrière :
Des conquêtes juridiques et politiques dans les années 70
Aujourd'hui quel regard sur mai 68 ? Daniel Cohn-Bendit : « Mai 68, c’est terminé, fini, passé » "Tournons la page, n'en parlons plus ! " Dit l'un des principaux leaders du mouvement de mai 68 soulignant qu'il y a aujourd'hui d'autres enjeux. Daniel-Cohn-Bendit Nicolas Sarkozy "Il faut rompre avec mai 1968" (campagne présidentielle 2007). Pourquoi tant de reproches sur 1968 après 40 ans ? mai 68 serait responsable d'une société sans ordre, ayant détruit la notion d'autorité, qu'il convient de rétablir pour certains. L'atelier d'histoire au lycée de l'Alba Bergerac (Mars 2010)
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