759jours après
les 24h motonautiques de Rouen

Au revoir et merci...pourquoi?

Collectif « Au revoir et merci »

Pour soutenir Madame la Maire Valérie Fourneyron à ne pas reconduire la subvention et le soutien de la mairie en 2011 au Yachting Club qui organise les 24 heures motonautiques depuis 47 ans.



« La maison brûle et nous regardons ailleurs »

L’échec du sommet pour le climat de Copenhague démontre que l’espoir que nous avions placé dans les leaders du monde entier était vain. L’espoir principal demeure au niveau de nos quotidiens, dans l’action locale. Il est temps pour chacun d’entre nous de devenir les acteurs du changement. Le combat est bel et bien politique. Chaque ville doit désormais se fabriquer de nouveaux symboles, pour éclairer l’avenir, non se replier dans la désormais fatidique peur du changement, dans la frilosité et la douloureuse absence de prises d’initiatives.


Un symbole : Rouen qui ose !

A l’heure où l’urgence climatique est une réalité, à l’heure où le GIEC (Groupe Intergouvernemental d'Experts sur l'Evolution du Climat) informe que la température moyenne du globe pourrait augmenter de 3°C d’ici 2050, nous nous apprêtons à vivre la 47 édition d’une course d’engins motorisés qui consomme 50 000 litres de pétrole en deux jours ! Une course que la mairie de Rouen subventionne à hauteur de 100 000 euros chaque année (30 000 euros du conseil général, 20 000 du conseil régional).

Quel symbole pour notre ville ! Et quel symbole pour les plus jeunes qui entendent de grands discours sur le développement durable, mais qui ne voient pas leurs aînés opérer le moindre changement concret dans leur mode de vie ?

C’est parce que c’est un symbole que la course doit s’arrêter. Que souhaitons-nous ? Toujours plus de vitesse ? Consommer les dernières réserves de pétrole ? Résister au progrès, à la transformation de nos modes de vie basés sur une croissance exponentielle, et mathématiquement impossible ?  

Mais bonne nouvelle ! La convention qui lie la ville de Rouen au Yachting Club de Rouen expire en 2010. Signée par l’ancien maire Pierre Albertini, elle oblige Madame le Maire Valérie Fourneyron à soutenir la manifestation des 24 heures motonautiques jusqu’en 2010. Ensuite, Madame le Maire a toute liberté pour ne plus attribuer de subventions en 2011, pour ne plus mettre ses agents municipaux à disposition du Rouen Yachting Club, et pour refuser publiquement le déroulement de la manifestation au beau milieu des habitations. 

Alors oui, on a bien rigolé, on a tourné en rond, on a applaudit, et on continuera, autrement, dans un monde en évolution, conscient des enjeux de demain. Etre un symbole aujourd’hui c’est savoir inventer des alternatives, c’est réfléchir à plus de sobriété… Alors soyons exemplaires, ensemble ! Et remercions notre municipalité d’oser !


Une manifestation populaire ? 

Il suffit de demander au Rouennais pour s’apercevoir que cette manifestation est loin de faire l’unanimité. Pollution sonore de proximité qui oblige les habitants proches à s’expatrier chez des amis, pollution sonore locale sur toute l’agglo qui vit avec un bourdonnement en toile de fond durant tout le férié du 1er mai… Cette course motorisée au milieu de la ville, beaucoup de Rouennais n’en veulent plus !


Le plaisir de quelques-uns au mépris du collectif ?

Bien sûr il va y avoir des frustrations… La frustration du public qui vient jusqu’à Rouen pour s’asseoir une heure sur les quais, regarder tourner les bateaux, puis repartir… Un public qui s’empresserait de signer une pétition si leur maire annonçait la mise en place d’une course automobile devant leur fenêtre. Les 24 heures motonautiques, c’est beau, surtout quand on n'a pas à en subir les désagréments !

Bien sûr, les pilotes vont être frustrés, parce qu’ils estiment que cette manifestation est le rendez-vous des passionnés de sports mécaniques, et qu’on ne peut pas l’arrêter. Sauf que dans des temps récents, il était possible de fumer dans les restaurants et dans les bars. Les passionnés de cigarette « partageaient » leur passion avec tous les présents. Et puis un ministère de la santé, au regard des désastres sur la santé, a interdit cet usage. Le changement était donc possible. Cette décision était politique et l’arrêt des 24 heures motonautiques sera politique, là encore !

Amis pilotes, nous peinons à limiter les transports, à réduire la place de la voiture, à diminuer la circulation des poids lourds dans l’agglomération. Il y a là des questions économiques, sociales, écologiques. Et si nous commencions par un peu de sobriété dans nos loisirs ?

Fêtons l’événement !

Il n’y a pas de coupables dans cette histoire, mais juste des gens responsables.

Autrefois les choix énergétiques et environnementaux étaient différents, et les 24 heures motonautiques avaient le soutien de la majorité. Mais les temps ont changé. Les 140 pilotes sont des passionnés avec qui il est possible de débattre, de discuter, et nous savons ce qu’il en coûte de voir disparaître quelque chose de cher à ses yeux. Mais nous sommes persuadés qu’ils réussiront à dépasser le traumatisme d’un arrêt de la manifestation et qu’ils sauront inventer autre chose ! S’il faut dire « au revoir » aux 24 heures motonautiques, il faut aussi leur

dire « merci ». Voilà pourquoi les militants du collectif « Au revoir, et merci » ne viendront pas troubler le bon déroulement de l’édition de

2010. Si elle ne fait pas l’adhésion collective, elle est au moins légitime dans son processus démocratique, puisqu’une convention avait été signée avec la ville de Rouen.

Valérie Fourneyron, artisan du changement

Madame la Maire Valérie Fourneyron a donc toute liberté pour ne plus attribuer de subventions en 2011, pour ne plus mettre ses agents municipaux à  disposition du Rouen Yachting Club, et pour refuser publiquement le déroulement de la manifestation au beau milieu des habitations. Nous la soutenons dans ce choix, l’encourageons à tenir parole. Ce n’est pas simple aujourd’hui, dans un contexte de frilosité politique et de clientélisme, d’oser.  

Alors fêtons, débattons, manifestons ! 

Envoyons nos courriers de soutien à Madame le Maire, faisons-nous entendre dans la vie politique locale, exprimons-nous dans la presse, signons la pétition ! 

« Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité, et ils ne voient la nécessité que dans la crise » Jean Monnet 

N’attendons pas la crise.


« Au revoir, et merci »