Collectif
« Au revoir et merci »
Pour soutenir
Madame la Maire Valérie Fourneyron à ne pas reconduire la subvention
et le soutien de la mairie en 2011 au Yachting Club qui organise les
24 heures motonautiques depuis 47 ans.
« La maison
brûle et nous regardons ailleurs »
L’échec
du sommet pour le climat de Copenhague démontre que l’espoir que
nous avions placé dans les leaders du monde entier était vain. L’espoir
principal demeure au niveau de nos quotidiens, dans l’action locale.
Il est temps pour chacun d’entre nous de devenir les acteurs du
changement.
Le combat est bel et bien politique. Chaque ville doit désormais se
fabriquer de nouveaux symboles, pour éclairer l’avenir, non se replier
dans la désormais fatidique peur du changement, dans la frilosité
et la douloureuse absence de prises d’initiatives.
Un
symbole :
Rouen qui ose !
A l’heure
où l’urgence climatique est une réalité, à l’heure où le GIEC
(Groupe Intergouvernemental d'Experts sur l'Evolution du Climat) informe
que la température moyenne du globe pourrait augmenter de 3°C d’ici
2050, nous nous apprêtons à vivre la 47 édition d’une course d’engins
motorisés qui consomme 50 000 litres de pétrole en deux jours ! Une
course que la mairie de Rouen subventionne à hauteur de 100 000 euros
chaque année (30 000 euros du conseil général, 20 000 du conseil
régional).
Quel symbole
pour notre ville ! Et quel symbole pour les plus jeunes qui entendent
de grands discours sur le développement durable, mais qui ne voient
pas leurs aînés opérer le moindre changement concret dans leur mode
de vie ?
C’est parce
que c’est un symbole que la course doit s’arrêter. Que souhaitons-nous ?
Toujours plus de vitesse ? Consommer les dernières réserves de pétrole ?
Résister au progrès, à la transformation de nos modes de vie basés
sur une croissance exponentielle, et mathématiquement impossible ?
Mais bonne
nouvelle ! La convention qui lie la ville de Rouen au Yachting Club de
Rouen expire en 2010. Signée par l’ancien maire Pierre Albertini,
elle oblige Madame le Maire Valérie Fourneyron à soutenir la
manifestation
des 24 heures motonautiques jusqu’en 2010. Ensuite, Madame le Maire
a toute liberté pour ne plus attribuer de subventions en 2011, pour
ne plus mettre ses agents municipaux à disposition du Rouen Yachting
Club, et pour refuser publiquement le déroulement de la manifestation
au beau milieu des habitations.
Alors oui,
on a bien rigolé, on a tourné en rond, on a applaudit, et on continuera,
autrement, dans un monde en évolution, conscient des enjeux de demain.
Etre un symbole aujourd’hui c’est savoir inventer des alternatives,
c’est réfléchir à plus de sobriété… Alors soyons exemplaires,
ensemble ! Et remercions notre municipalité d’oser !
Une
manifestation
populaire ?
Il suffit de
demander au Rouennais pour s’apercevoir que cette manifestation est
loin de faire l’unanimité. Pollution sonore de proximité qui oblige
les habitants proches à s’expatrier chez des amis, pollution sonore
locale sur toute l’agglo qui vit avec un bourdonnement en toile de
fond durant tout le férié du 1er mai… Cette course motorisée
au milieu de la ville, beaucoup de Rouennais n’en veulent plus !
Le plaisir
de quelques-uns au mépris du collectif ?
Bien sûr il
va y avoir des frustrations… La frustration du public qui vient jusqu’à
Rouen pour s’asseoir une heure sur les quais, regarder tourner les
bateaux, puis repartir… Un public qui s’empresserait de signer une
pétition si leur maire annonçait la mise en place d’une course
automobile
devant leur fenêtre. Les 24 heures motonautiques, c’est beau, surtout
quand on n'a pas à en subir les désagréments !
Bien sûr,
les pilotes vont être frustrés, parce qu’ils estiment que cette
manifestation est le rendez-vous des passionnés de sports mécaniques,
et qu’on ne peut pas l’arrêter.
Sauf que dans des temps récents, il était possible de fumer
dans les restaurants et dans les bars. Les passionnés de cigarette
« partageaient » leur passion avec tous les présents. Et puis un
ministère
de la santé, au regard des désastres sur la santé, a interdit cet
usage. Le changement était donc possible. Cette décision était
politique et
l’arrêt des 24 heures motonautiques sera politique, là encore !
Amis pilotes,
nous peinons à limiter les transports, à réduire la place
de la voiture, à diminuer la circulation des poids lourds dans
l’agglomération. Il y a là des questions économiques, sociales,
écologiques. Et si nous commencions par un peu de sobriété dans nos
loisirs ?
Fêtons
l’événement !
Il n’y a
pas de coupables dans cette histoire, mais juste des gens responsables.
Autrefois les choix énergétiques et environnementaux étaient différents,
et les 24 heures motonautiques avaient le soutien de la majorité. Mais
les temps ont changé. Les 140 pilotes sont des passionnés avec qui
il est possible de débattre, de discuter, et nous savons ce qu’il
en coûte de voir disparaître quelque chose de cher à ses yeux. Mais
nous sommes persuadés qu’ils réussiront à dépasser le traumatisme
d’un arrêt de la manifestation et qu’ils sauront inventer autre
chose ! S’il faut dire « au revoir » aux 24 heures motonautiques,
il faut aussi leur
dire « merci ». Voilà pourquoi les militants du
collectif « Au revoir, et merci » ne viendront pas troubler le bon
déroulement
de l’édition de
2010. Si elle ne fait pas l’adhésion collective,
elle est au moins légitime dans son processus démocratique, puisqu’une
convention avait été signée avec la ville de Rouen.
Valérie
Fourneyron, artisan du changement
Madame la Maire
Valérie Fourneyron a donc toute liberté pour ne plus attribuer
de subventions en 2011, pour ne plus mettre ses agents municipaux à
disposition du Rouen Yachting Club, et pour refuser publiquement le
déroulement de la manifestation au beau milieu des habitations. Nous
la soutenons dans ce choix, l’encourageons à tenir parole. Ce n’est
pas simple aujourd’hui, dans un contexte de frilosité politique et
de clientélisme, d’oser.
Alors fêtons,
débattons, manifestons !
Envoyons nos
courriers de soutien à Madame le Maire, faisons-nous entendre
dans la vie politique locale, exprimons-nous dans la presse, signons
la pétition !
« Les hommes
n’acceptent le changement que dans la nécessité, et ils ne voient
la nécessité que dans la crise » Jean Monnet
N’attendons
pas la crise.
« Au revoir,
et merci »