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Les consultations sur la pauvreté et l’exclusion s’arrêtent à Montréal Les groupes communautaires craignent un plan de lutte bidon
(see Press Release page for English)
Montréal, le 23 novembre 2009 – Quelques centaines de personnes manifestent ce midi à l’occasion du passage à Montréal du ministre responsable de la Solidarité sociale, Sam Hamad, dans le cadre des consultations régionales pour l’adoption d’un deuxième Plan d’action en matière de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Les groupes revendiquent un véritable plan de lutte qui s’attaquera aux causes structurelles de la pauvreté.
« La vision imposée par le ministre Hamad dans les cahiers de consultation évacue complètement le rôle central de l’État en matière de lutte à la pauvreté et renvoie aux communautés locales des responsabilités sans les ressources. » déplore David Faguy, un des porte-parole de la manifestation.
Rappelons que, malgré le premier plan d’action adopté en 2004, la pauvreté n’a cessé d’augmenter à Montréal. Parmi les personnes de 15 ans plus habitant à Montréal, 31,2% vivent sous le seuil de faible revenu (avant impôts) alors que pour l’ensemble du Québec, c'est le cas de 17,2%. Plus de 185 000 ménages locataires consacrent plus que la norme de 30% de leur revenu pour leur loyer. Les bénéficiaires de l’aide sociale ne disposent que de 588, 92 $ pas mois pour survivre.
Selon Lyse Cloutier, également porte-parole de la manifestation : « La pauvreté et l’exclusion sociale qui sévissent à Montréal sont une atteinte directe au droit à la dignité et aux droits économiques et sociaux que le Québec s’est engagé à respecter. Le gouvernement doit non seulement veiller à leur respect, mais y consacrer les ressources nécessaires».
« Le gouvernement semble parler des deux côtés de la bouche. Alors qu’il ne cesse de se dire préoccupé par la santé économique des gens en cette période difficile, aucune mesure tangible n’est proposée pour venir en aide à ceux et celles qui sont en situation d’extrême précarité. En plus, le gouvernement prépare des hausses de la tarification des services publics alors qu’il est supposé réfléchir à un plan de lutte à la pauvreté, il y a une incohérence totale ! » mentionne David Faguy.
« Espérons que ce plan de lutte ne soit pas bidon ! » lance Lyse Cloutier. Selon les groupes sociaux, pour être recevable, le plan que déposera M. Hamad au terme des consultations devra inclure prioritairement des mesures universelles comme un rehaussement significatif de toutes les prestations d’aide sociale et du salaire minimum, le financement d’un plan récurrent de développement du logement social qui soit réellement à la hauteur des besoins et la fin du détournement des pensions alimentaires.
Les groupes sociaux rappellent que la pauvreté et les inégalités sociales relèvent d’abord d’une mauvaise répartition de la richesse collective et que l’État québécois dispose de tous les outils, entre autres, la fiscalité, pour renverser la tendance des écarts de revenus croissant entre riches et pauvres.
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La manifestation est organisée par le Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal (RIOCM), la TROVEP de Montréal, la Table régionale des centres de femmes de Montréal/Laval, le Regroupement des organismes communautaires familles de Montréal(ROCFM), le Collectif montréalais de lutte à la pauvreté, le FRAPRU et le Projet Genèse, avec l’appui du Comité intersyndical du Montréal métropolitain(CIMM), regroupant les principaux syndicats de la région.
Revendications : http://sites.google.com/site/coalitionantipauvretemontreal/plateforme-de-revendications English version :http://sites.google.com/site/coalitionantipauvretemontreal/communiques/press-release
Pour plus d’informations : Lyse Cloutier, cell. 514-267-4597
Lettre ouverte
Consultations régionales sur le Plan de lutte à la pauvreté à Montréal Le gouvernement doit mieux répartir la richesse.
Dans le contexte de crise économique, la lutte à la pauvreté devrait être la principale priorité du gouvernement du Québec. Cependant, le discours tenu par les libéraux de Jean Charest sur la crise des finances publiques et la hausse des tarifs fait craindre aux groupes sociaux que le prochain plan de lutte à la pauvreté proposé par Sam Hamad soit complètement bidon.
Un véritable plan de lutte à la pauvreté doit comprendre des mesures qui permettront aux personnes d’en sortir, prioritairement une augmentation des prestations d’aide sociale permettant de couvrir les besoins essentiels, un rehaussement du salaire minimum ainsi que davantage de logements sociaux. Loin de s’engager dans de telles mesures, le gouvernement propose plutôt de renvoyer aux communautés locales la responsabilité de la lutte à la pauvreté par des projets concertés avec les fondations (dont la Fondation Lucie et André Chagnon), l’entreprise privée, les élus locaux et les organismes communautaires. Sans nier l’importance des actions locales, qui peuvent s’avérer un complément intéressant pour soutenir les personnes en situation de pauvreté, seules des politiques sociales et fiscales universelles pourront avoir un impact concret sur le revenu disponible des personnes pauvres.
À Montréal, la pauvreté n’a cessé d’augmenter depuis des années, touchant particulièrement les personnes immigrantes et les femmes. Ici, le travail ne sort plus de la pauvreté, surtout au salaire minimum. Les banques alimentaires viennent d’ailleurs cette semaine de lancer un cri d’alarme sur cette question. La pauvreté qui sévit à Montréal est une atteinte directe au droit à la dignité et au droit à un revenu décent. Et pourtant, nos États sont signataires d’ententes internationales qui les obligent à mettre en place des mesures pour garantir le respect des droits humains à tous et toutes. Qu’attendent-ils?
Le gouvernement s’est privé de 5 milliards $ par année depuis 2000 par des baisses d’impôts, sanas compter les nombreux abris fiscaux consentis aux contribuables les plus fortunés. Comment peut-il crier ensuite au manque de revenus? Sans doutes pour préparer le terrain en vue de nouvelles tarifications dans les services publics. Le gouvernement doit revoir la fiscalité dans l’optique d’une répartition plus équitable de la richesse.
Nous attendons d’un prochain plan de lutte qu’il propose des mesures permettant de s’attaquer aux causes structurelles de la pauvreté, ce que seul l’État peut faire. Nous croyons que le gouvernement doit prendre dès maintenant ses responsabilités pour les citoyens et les citoyennes les plus pauvres du Québec.
Sébastien Rivard - RIOCM, Jean-Yves Joannette - TROVEP, Lyse Cloutier -Table des centres de femmes Montréal/Laval, Nancy Harvey- ROCFM, Catheryn Roy-Goyette- Collectif montréalais pour un Québec sans pauvreté, David Faguy- Projet Genèse, Véronique Laflamme- FRAPRU, Jean-Paul Faniel, Table de Concertation sur la Faim, Anne Pasquier, Table des groupes de femmes de Montréal, Diane Bourdon – Centre de femmes de Verdun et Mémés déchaînées.
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