JUDAÏSME. Religion des Juifs. Voir Abraham au chapitre 2, la Torah au chapitre 3. -170 : Révolte juive en Palestine. Refus de l’hellénisation qui est imposée par les héritiers d’Alexandre le Grand depuis la conquête de la Judée en -334. Le temple de Jérusalem reçoit une nouvelle consécration. Le petit reste d’huile que les prêtres retrouvent dans le sanctuaire pourra bruler miraculeusement durant 8 jours - le temps pour les prêtres de la renouveler. C’est l’origine de la fête des Lumières, l’Hanouka, que les Juifs célèbrent en décembre. À cette occasion une bougie est allumée chaque soir durant une semaine sur la menora, le candélabre à 7 branches. Le livre de l'Exode (25 : 31-37) décrit le chandelier d'or à sept branches que Moïse fit placer dans le tabernacle. Une stricte obéissance à la Loi se met en place ; elle prendra le pas sur le culte proprement dit. La conception juridique du judaïsme se maintiendra ; elle s'opposera aux expériences mystiques de l’ère chrétienne. Les Esséniens. Ils sont quelques milliers à mener une vie ascétique et égalitaire à Qumran sur la rive nord-ouest de la mer Morte. Ils attendent la venue imminente d’un Messie, un chef politique et ont la réputation de guérir les malades et d'effectuer des miracles. Les Esséniens participent à la vie du Temple par des offrandes mais ils condamnent la pratique de sacrifices d’animaux. Deux fois par jour des victimes y étaient brûlées en entier. Lors d'autres abattages on réservait la poitrine et l'épaule droite pour les prêtres. Les restes, étant bénis, pouvaient être consommés par les fidèles. -63 : La Palestine tombe sous la domination de Rome. -44 : Jules César est assassiné. Octave, son héritier, sera nommé César Auguste. -37 : Hérode est nommé roi de Judée par Rome. _____________ CHRISTIANISME - Ère chrétienne 30 : Jésus (Yeshouah ben Josef) entreprend sa prédication (commencée après la mort de Jean le Baptiste). Il prêche l’avènement du Royaume annoncé par les prophètes. Son comportement religieux peu orthodoxe inquiète le Temple dont le circuit financier compte 1500 officiants. Sa pratique du sabbat est critiqué, de même que ses rencontres avec des sujets peu recommandables dont une pécheresse notoire. Il empêche de plus la lapidation d’une femme adultère. (Jean 8 : 3 à 12). Mais c’est en chassant les vendeurs du Temple que Jésus signe son arrêt de mort. Les fidèles pouvaient y acheter un agneau ou une colombe pour les offrir en sacrifice ; ils pouvaient aussi y obtenir des changeurs la monnaie du pays qui seule était acceptée comme offrande. 33 : Jésus est crucifié. Le Sanhédrin (Conseil suprême juif) a accusé Jésus de blasphème pour s'être dit fils de Dieu et il a obtenu sa condamnation par Ponce Pilate, le procurateur romain de Judée. En dérision Jésus reçoit une couronne d'épine et est présenté à la foule comme son roi. Un soldat romain voulant activer la mort de Jésus sur la croix le perce de sa lance. Selon l’évangile de Jean (19 : 34) il en sort du sang et de l’eau. L’eau aurait libéré le poumon et aurait retardé l’asphyxie dont meurt ordinairement les crucifiés. Résurrection de Jésus (Évangiles de Mat. 28, Mc. 16, Lc. 24, Jn. 20). Ascension de Jésus : Il s’éloigne d’eux et disparaît à leurs yeux. (Actes des apôtres 1 : 9-11). Dix jours plus tard, l’Esprit-Saint descend sur les apôtres sous forme de langues de feu (Holy Ghost en anglais). Les apôtres reçoivent alors le don des langues : ils sont compris par chacun selon sa propre langue. (Actes des apôtres 2 : 1-4). 35 : Lapidation d’Étienne (Actes des apôtres 7 : 54). Paul de Tarse qui était venu étudier à Jérusalem s’interroge à savoir si la résurrection de Jésus que prêche les apôtres ne serait pas le premier acte de la résurrection générale annonçant la fin des temps et le jugement dernier. Épître de Paul aux Galates (Turquie). Nouvelle révélation. Dieu m’a révélé son fils écrit-il pour que je l’annonce parmi les païens, (chemin de Damas, Galates 1 : 15). La Loi mosaïque (sabbat et circoncision) n’a été d'après l'épitre qu’une pédagogie pour le peuple juif. (Galates 3 : 24). Pour Paul l’avènement de Jésus est l’aboutissement du judaïsme. Une Nouvelle Alliance, celle avec le Fils, actualise celle d’avec le Père faite avec Abraham. Paul ajoute au concept juif de la résurrection physique des corps celle de l'immortalité de la substance selon Platon. Épitre de Paul aux Corinthiens. Sur le caractère expiatoire du Calvaire. Paul insiste sur la dernière Cène. ( 1 Cor. 11 : 23-26) et sur les apparitions qui ont suivi la résurrection (1 Cor. 15 ss). Si le Christ n’est pas ressuscité écrit-il, vaine est notre prédication, vaine aussi votre foi. (1 Corinthiens 15 : 14). La glossolalie (discourir dans une langue inconnue) est pratiquée chez les Corinthiens. (1 Cor. 12 : 10). Ils y voient l'œuvre du Saint-Esprit. Voir la secte des Pentecôtistes aux États-Unis. Épitre de Paul aux Philippiens. Sur la préexistence éternelle de Dieu. Paul dit sa hâte d’être avec le Christ (Philippiens 1 :23). Ce texte de Paul laisse entendre que les croyants décédés sont reçus aussitôt auprès du Christ : il a ouvert les portes du ciel et même les plus déshérités y ont droit. Le judaïsme considère plutôt que les âmes des défunts entreraient dans une sorte de repos dont elles ne sortiraient qu'à la fin des temps lors de la résurrection générale. Épitre de Paul aux Éphésiens. Sur le mystère de l'Incarnation. Paul affirme que Dieu a prédestiné ses enfants, les juifs, à recevoir la foi. (Éphésiens 1 : 4-5). Saint Augustin en conclura à la prédestination des chrétiens. Épitre de Paul aux Romains. Exposé doctrinaire sur la Rédemption. Le salut est obtenu par la foi plutôt que par la loi comme le voulait la théologie juive. (Romains 3 : 21 à 31). La grâce est donnée gratuitement, elle est inaccessible par les œuvres. Paul doit comparaître devant les autorités juives de Jérusalem. Il fait valoir que la foi en la résurrection des morts pour laquelle il est mis en jugement est "notre espérance même en tant que juifs pharisien". (Actes 23 : 6-8). Comme ses accusateurs ne sont pas eux-mêmes d’accord sur le sujet, ils expédient Paul à Rome. (Les riches Saducéens ne croient pas à la résurrection des morts, ils soutiennent que Dieu récompense dès cette vie ceux qui le servent. (Évangile de Matt 22 : 23). En tant que citoyen romain Paul sera décapité durant les persécutions des années 60 alors que plusieurs apôtres seront crucifiés ou serviront de flambeaux à Néron, le successeur de Caligula. Gamaliel recommande de ne pas persécuter les chrétiens. Ce sage pharisien dont Paul avait été l’élève donne comme exemple les 400 hommes qui s’étaient opposés au recensement et qui s'étaient dispersés après la mort de leur chef Theudas. (Actes des apôtres 5 : 34). 70 : Rome conquiert Jérusalem (guerre depuis 67). L'immense temple (œuvre d'Hérode) prend feu : il en reste ce que les chrétiens qualifieront de « Mur des Lamentations ». Les habitants de Jérusalem sont tués ou amenés comme esclaves. 73 : Chute du repaire de Massada. Des zélotes continuaient à y tenir tête à l'occupant romain ; ils se seraient tués plutôt que de se rendre. 79 : Construction du Colisée de Rome. Près de 100 000 spectateurs pourront y assister à des combats de gladiateurs - des chrétiens, fidèles au principe de non-violence prêché par Jésus, y seront aussi à l’occasion livrés à des lions. (Non-résistance - souffrir le "mal" donne la béatitude immédiate). Évangile de Matthieu. Du nom grec signifiant Bonne nouvelle, les évangiles chrétiennes annoncent le salut. S'adressant particulièrement aux Juifs, Matthieu cite les prophètes : il force le sens des textes pour prouver l’arrivée annoncée des temps messianiques. Une grande place est accordée aux paroles mêmes de Jésus notamment celles du Sermon sur la Montagne : bienheureux les pauvres, les affligés… (Matthieu 5 : 3-11) et la prière du Notre Père. (Matthieu 6 : 9-14). Évangile de Marc. Rédiger à Rome après le mort de Pierre et de Paul sous Néron. Marc (ancien disciple de Pierre) met par écrit les faits merveilleux accomplis par Jésus. Et aussi que Joseph d’Arimathie a réclamé à Pilate le corps de Jésus dans le but de l’ensevelir. La mort n’étant pas ordinairement aussi rapide, Pilate aurait demandé à un centurion si d’après lui Jésus était réellement mort. (Marc 15 : 43-46). Évangile de Luc. Composé à Rome à titre de propagande : les évangiles visent plus à l'édification des gens qu'à la fidélité historique, elles sont à comprendre en fonction du but poursuivi. Luc n’est pas juif, il a été le compagnon de Paul et n’a pas connu Jésus. Luc écrit que 72 disciples ont reçu mission de prêcher la Bonne Nouvelle qui est l’avènement du Royaume de Dieu. Cette génération verra tout cela aurait affirmé Jésus. (Luc 21 : 25-33). Luc est aussi l’auteur des Actes des apôtres qu'il écrit en 80-90. Évangile de Jean. Écrit vers l’an 100. La doctrine chrétienne s'intellectualise. Le Christ y est décrit comme le Verbe éternel de Dieu, le Logos. (Jean 1 : 14 et 29). Le philosophe juif hellénisé Philon identifiait le Logos comme la Parole divine créatrice du monde. Apocalypse de Jean ou Livre de la Révélation. Étymologiquement "dévoiler". Elle est destinée à ranimer l'espérance des chrétiens qui attendaient dans la persécution le retour triomphant du Christ. Dans les chapitres 6 à 8 Jean prédit que sept années de tribulations, guerres et famines précèderont le retour. Le chiffre 666 attribué à la Bête est la valeur numérique du césar romain. (Apocalypse 13 ; 18). L'illustration montre les Quatre cavaliers de l'Apocalypse. Armaguedon (vallée de Megiddo au nord de la Palestine). L’apocalypse annonce que les rois du monde entier s’y rassembleront et y périront. Fin de l'ancien monde (21 : 4) et création de l'univers nouveau ( 21 : 5). 135 : Le pays de Judée est rayé de la carte par Rome. Répression de la révolte menée par Simon Bar Kocheba depuis trois ans. Jérusalem est réduite en cendres, le sol est labouré et la population est déportée. Une interdiction est même faite aux juifs de s’approcher de la ville sous peine de mort. Rome fait coloniser le pays par des non-juifs. À partir de ce moment les juifs cesseront d'exister comme nation, ils ne reviendront à Jérusalem qu'après la prise de la ville par les musulmans en 638, soit 500 ans plus tard. 312 : Victoire politique du christianisme. La foi au Christ ressuscité est adoptée par Constantin. Un signe vu dans le ciel lui aurait fait comprendre que sous l’emblème de la croix son armée lui gagnerait le trône de Rome. Les chrétiens comptent moins de 10% de la population de l’Empire romain mais ils ont une organisation sur laquelle Constantin peut s’appuyer pour unifier son gouvernement : les 96 provinces de l’empire sont déjà regroupées en 12 diocèses et leurs évêques en sont les administrateurs tout indiqués. Constantin fonde Constantinople comme capitale de l'Orient. Il laisse à la papauté de Rome les droits souverains sur l’Italie et l’Occident. 392 : Le christianisme devient religion d’État sous l'empereur Théodose. Il adopte les décisions de Concile de Nicée de 325, La bibliothèque d’Alexandrie est brûlée à l'instigation du patriarche chrétien Théophile. L'Empereur fait fermer les temples païens et les synagogues. Saint Jean Chrysostome, l’éloquent évêque de Constantinople prononce contre les Juifs des homélies d’une virulence extrême. La population juive compte environ 8 millions d’individus, aussi les chrétiens n'obtiennent pas facilement le contrôle religieux. 394 : L’évêque Ambroise excommunie l'Empereur Théodose. Pour obtenir sa réintégration dans l'Église l'Empereur acceptera de s’humilier publiquement devant Ambroise la tête couverte de cendres. Voir le tableau de Rubens St-Ambroise refusant à Théodose l'entrée de son église. 415 : L'évèque Cyrille chasse les juifs d’Alexandrie. Un commando de moines lapide et brûle Hypatie une mathématicienne dont les cours sont réputés. Cyrille s'autorise de l'épitre de saint Paul aux Corinthiens (14 : 34) : "Il n'est pas permis aux femmes de prendre la parole dans les Assemblées, qu'elles se tiennent dans la soumission". De nombreux philosophes s’exileront en Perse et en Inde. 400 : Saint Jérôme traduit la Torah en latin (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome). Sa traduction est connue sous le nom de Vulgate. De leur côté les juifs compulsent les mitsvots du Talmud et les mazdéistes d’Iran reconstituent l’Avesta dont l'original a été brûlé par Alexandre à Persépolis - voir chapitre 3. 420 : Saint Augustin compose De la Cité de Dieu. Domaine des âmes qui dès l’origine ont été choisies pour être sauvées. L’influence de saint Augustin sera déterminante sur deux points de la doctrine chrétienne : le péché originel et la grâce. (En tant qu'héritier d'Adam l'homme ne peut sans la grâce éviter le péché). Voir le Concile de Trente au chapitre 9. 429 : Genseric prend Carthage. Il ne réalisera cependant pas ses "plans universels" : il voulait substituer un empire germanique à l'empire romain. Déjà en 409 Rome était tombée aux mains des 100 000 teutons d'Alaric. 452 : Attila renonce à assiéger Rome. Le pape lui a donné 5 000 livres d'or, 30 000 livres d'argent et 4 000 vestes en soie. L'Église possède de grandes propriétés foncières, les plus grandes de l'Italie. 476 : Odoacre, chef militaire germain, dépose le dernier empereur romain. (La centralisation extrême de l'empire romain était à bout de souffle). 525 : Calendrier chrétien. La date de la naissance du Christ est retenue pour situer les évènements, soit avant Jésus-Christ, soit après lui. 532-7 : Construction de la basilique Sainte-Sophie. Chef d'œuvre byzantin : sa coupole centrale mesure 31 m de diamètre et elle s'élève à 55 m du sol. Les Turcs y ajouteront des minarets et la transformeront en mosquée. Elle est aujourd'hui un musée. Pape Grégoire le Grand (590-604). Son autorité prend le pas sur celui des agents de l'empereur byzantin. Le pape détruit la grande Bibliothèque palatine sous prétexte qu'elle contenait beaucoup de manuscrits traitant de sujets portant à controverse. Le chant grégorien porte son nom. Dogmes de la foi catholique. Rédemption par la divinité de Jésus en 325 par le Concile de Nicée (aujourd’hui Izmir en Turquie). Divinité du Saint-Esprit en 381 par le Concile de Constantinople. (Voir les démêlés avec Byzance au sujet de la Trinité au chapitre 6). La maternité divine de Marie deviendra un dogme par le concile d'Éphèse en 431 ; son Assomption corporelle au ciel deviendra un dogme en 1950 (au XXe siècle). __________ ISLAMISME. Religion fondée par Mahomet (Mohamed Ibn Abdallah 570-632). Après avoir cherché plusieurs années une force unificatrice pour son pays, Mahomet voit la nécessité d'une croyance commune. (Sourate 53 : 21-22). Il commence sa prédication à l'âge de 40 ans et il la poursuivra durant 22 ans. Mahomet se présente comme le prophète de Dieu venant compléter les Révélations reçues de ses prédécesseurs Moïse et Jésus. À l'exemple des chrétiens il base sa prédiction sur une révélation, ce qui est le fondement des religions. Le mot Islam signifie Soumission à la volonté d'Allah (al-ilâh l'Être suprême). Toute personne qui fait cette soumission est dite musulmane, elle met son espérance dans l'union finale avec Allah. La Mecque est le lieu saint traditionnel des Arabes. Ils y vénèrent une pierre noire qui est enchâssée dans un pilier d’angle de la Kaaba. (Illustration). Mahomet attribue à Abraham la fondation de ce sanctuaire. Il serait venu y reconduire sa servante Agar et Ismaël, le fils qu’il avait eu d’elle : Sarah l’épouse d’Abraham les avait fait expulser pour sauvegarder l’héritage de son propre fils Isaac. (Genèse 16 à 25). 622 : L’Hégire. Mahomet et son beau-père Abou Bakr quittent La Mecque pour Médine (Yathrib). Les gros armateurs de caravanes qui désirent avant tout mettre fin aux escarmouches qui nuisent au commerce se joindront peu à peu à Mahomet. En 630 Mahomet à la tête de 10 000 hommes entrera pacifiquement à La Mecque et détruira les idoles de la Kaaba. Mahomet établit les Cinq Piliers de l’Islam : 1. Profession de foi : il n’y a de dieu qu’Allah et Mahomet est son prophète (la illaha illah Allah ; Muhammad rasul Allah). 2. Récitation quotidienne de cinq prières précédées d'ablutions rituelles. 3. Jeûne jusqu’au coucher du soleil durant le mois de Ramadan. 4. Impôt de partage. 5. Pèlerinage à La Mecque. Fête de l'Achoura (Aïd-el-Kébir). Elle est célébrée durant le mois du pèlerinage - en association avec celle des pèlerins assemblés à La Mecque. Cette grande fête de la collectivité musulmane commémore en le répétant le sacrifice d’un bélier par Abraham. 632 : Mort de Mahomet. Abou Bakr, un de ses beaux-pères, lui succède. En 634 Omar, un autre de ses beaux-pères deviendra le 2e calife. Conversion massive à l'islam. La simplicité du message fait beaucoup pour le succès de la nouvelle religion. Alors que l'Église chrétienne est gravement divisée sur des points de théologie abstraits, aucune instance supérieure musulmane unique ne légifère avec autorité. 635 : Damas est prise aux Byzantins. Capitale de l’Islam de 660 à 750. 638 : Jérusalem se rend. Accueil des juifs expulsés par Rome 500 ans auparavant. 640 : Alexandrie est prise. Une fausse légende veut que la bibliothèque soit brûlée. 642 : Suse est prise aux Mazdéistes. Allahu Akbar ! (Dieu est grand). 644 : Othman devient 3e calife. Il sera assassiné en 656 par le fils d'Abou Bakr. Othman a établi le texte définitif du Coran (parole éternelle de Dieu). Le contenu doit être appris par cœur dans la langue originale et déclamé sur un mode psalmodique, un rythme qui en facilite la mémorisation. La Charia devient la législation musulmane. L'usage des boissons fermentées est interdite. À l’exemple des juifs, les musulmans ont un code détaillé en matière de pureté rituelle et d’alimentation (nourriture halal) mais le Coran n'encourage pas l'ascétisme chrétien ni n'adopte la culpabilité juive. (Allah est miséricordieux). Les musulmans croient en la résurrection future, au ciel et en l'enfer. Contrairement aux juifs qui se rendent à leur synagogue pour le sabbat du samedi, les musulmans se réunissent à leur mosquée pour la prière du vendredi midi. 656 : Ali devient 4e calife. (Il est veuf de Fatima la fille de Mahomet). Ali sera assassiné en 661 et enterré à Najaf. Husayn, le fils d’Ali, sera tué en 680 à Kerbela alors qu'il tentait de rejoindre ses partisans à Kufa. Son martyr est encore commémoré chaque année par des flagellations publiques : c’est la plus importante cérémonie religieuse chiite et la date retenue comme la séparation entre les chiites et les sunnites. Ces derniers suivent la tradition des hadiths, du mot sunna, d'où le nom de sunnites. Les chiites. Le vocable chiite désigne le chiat Ali, le parti d’Ali en arabe. Les descendants d’Ali formeront l’ismaélisme en 765 à la mort d’Ismaël, leur 6e Imân : l’imam suivant (un iman caché) viendrait en son temps faire justice et sauver le monde. Pour les duodécimains le 12e iman sera occulté en 874. (80 % des chiites sont duodécimains). Des dynasties chiites régneront en Égypte et en Syrie de 908 à 1171. Le Vieux de la montagne. Iranien de vaste culture, Hassan Ibn Sabbah créera une secte chiite en 1090. Il s’associera aux croisés chrétiens pour combattre, de façon spectaculaire, les seldjoukides sunnites qui s’emparaient de l'Asie musulmane, voir chapitre 7. Les membres de cette secte seront qualifiés d'Assassins par Marco Polo, déformation de Hashashin "les enivrés de hashish". Une bibliothèque d'une valeur inestimable sera anéantie lorsque le nid d'aigle de la secte au Caucase sera détruite par les Mongols en 1257. Chassés de Perse les riches chiites ismaéliens se réfugieront en Inde sous la protection britannique. Voir l'Aga Khan au chapitre 9. 660-750 : Dynastie des Ommeyades de Damas (du nom d’Ommeyah un grand-oncle de Mahomet). Le gouverneur de Damas établit le pouvoir dynastique d'un chef temporel, le califat, alors que le parti d’Ali refusait de séparer le pouvoir spirituel du pouvoir temporel. Voir le califat de Bagdad au chapitre 6. 685-691 : Construction du Dôme du Rocher. Il s’élève autour d’une masse rocheuse située sur l’esplanade de l'ancien temple juif de Jérusalem. Deux religions considèrent ce site comme un lieu saint : il commémore pour les musulmans le voyage mystique de Mahomet et pour les juifs le sacrifice d'Abraham. Les deux communautés considèrent que l'endroit verra le jugement dernier. 698 : Afrique. Carthage est prise. Le Maroc sera conquis en 700. 712 : Espagne. Razzia de Tolède par le Berbère Tarik ibn Ziyad, gouverneur de Tanger. Voir Cordoue au chapitre 6. Grenade ne tombera qu'en 1492. 732 : France. Charles Martel arrête les troupes arabes (entre Poitiers et Tours). En 778 l'armée de Charlemagne sera bousculée par les Basques au retour d'une campagne contre les Arabes d'Espagne. Ces derniers ravageront Arles en 735, Nice en 813 et Marseille en 838. En 889 ils s’établiront à Saint-Tropez. (Les berbères musulmans d'Afrique seront nommés Sarrasins ou encore Maures d'un mot grec désignant les Noirs). L'attaque sur Constantinople a échouée grâce au feu grégeois des Grecs de Byzance (des cruches contenant du pétrole et souffre sont lancées allumées sur les assaillants venant par mer). Constantinople tombera en1453, l'Empire ottoman en 1914. Voir chapitre 9. 712 : Inde. L'empire musulman atteint la plaine de l'Indus. Les fidèles ont planté l’étendard de la foi à Boukhara en 709 et à Salamandre en 712. En 1001 les Turcs seront en mesure de choisir leurs califes, dont celui de Kaboul. Nouveaux guerriers d'Allah, ils seront au Pendjab en 1021 et dans le Nord de l'Inde au XIIe siècle. L’égalitarisme de l’islam fait de nombreux convertis dans les basses classes de l’Inde où l’inégalité était le fondement religieux de la société. Les Arabes apprennent des Indiens l'utilisation du zéro dans la numération de position. Les chiffres indiens remplaceront les chiffres romains : ils seront dits arabes. (Auparavant les nombres étaient désignés par des signes alphabétiques). Voir le Taj Mahal au XVIIe siècle au chapitre 9. Et la formation du Pakistan en 1947 au chapitre 17. Chine : Des navires arabes touchent les rives chinoises dès le VIIIe siècle. Ils y apprennent la technique de la fabrication du papier ; les livres des sciences indienne et chinoise sont rassemblés et traduits ; les mosquées seront rapidement dotées de bibliothèques. Le Coran approuve. Un siècle après la mort de Mahomet 150 millions d’hommes vivent sous le signe du Croissant. Work in progress. Toute aide est bienvenue : hermine.cordeau@gmail.com Les images peuvent être soumises à des droits d'auteur. |
Paul doit comparaître devant les autorités juives de Jérusalem.
Apocalypse de Jean ou Livre de la Révélation. Étymologiquement "dévoiler". Elle est destinée à ranimer l'espérance des chrétiens qui attendaient dans la persécution le retour triomphant du Christ. Dans les chapitres 6 à 8 Jean prédit que sept années de tribulations, guerres et famines précèderont le retour.
La Mecque est le lieu saint traditionnel des Arabes. Ils y vénèrent une pierre noire qui est enchâssée dans un pilier d’angle de la Kaaba. (Illustration).
685-691 : Construction du Dôme du Rocher.