Près de Naplouse : la vallée du Joudain


Petite visite "touristique" dans la vallée du Jourdain

Beaucoup de misère qui saute aux yeux dès que l'on franchi le check point. Il est difficile pour un européen de venir de Naplouse pour pénétrer dans cette zone. Il a fallu un long contrôle avant que je puisse passer avec le taxi. N.  (palestinienne) a dû passer à pied pour être contrôlée. Moi j'ai attendu durant 30 mn, sous un soleil de plomb avec le taxi, que le responsable vérifie je ne sais quoi avec mon passeport. Apparemment c'est parce que je venais de Naplouse. J. et le reste du groupe de français ont eu moins de problème en passant un autre checkpoint.

Google Map



Une fois passé ce barrage militaire, nous sommes allés dans un camp Bédouin perdu dans une région totalement désertique où les habitants construisent une maison pour accueillir les étrangers. Ils fabriquent des briques en terre et en paille avec des matériaux livré par un ONG car les constructions en pierre sont interdites. De plus comme les israéliens risque de les détruire, c'est moins difficile à reconstruire.


Ensuite nous sommes allé dans une ferme appartenant à une colonie. Les ouvriers palestiniens ou d'autres nationalités (Asie, je crois) sont hébergés dans les locaux en tôle qui sous le soleil, sont de vrai fours. Chaque local doit faire 3 mètres sur 3. Les toilettes sont creusées à même la terre, juste un trou !!!!.

D'après les témoignages que nous avons recueilli les ouvriers sont payés environ 100 shekels par jour (100 FF ou 20 euros) pour les journées qui peuvent être très longues (de 8 à 12h). Des enfants de 10 ans travaillent à cueillir des dattes ou d'autres fruits, on les "pose" au sommet de l'arbre pour plusieurs heures. Certains tombent et il n'y a aucune couverture sociale, lorsqu'ils ont un accident, ils se débrouillent !. Le salaire peut être variable en fonction de l'âge et du rendement.

Certains palestiniens ont leur propre ferme, ils vendent leurs produits aux palestiniens exclusivement. Il ne peuvent exporter leur produit. Un système a été mis en place par les colons pour "exporter" des produits sous étiquette "made in  Palestine" (autorisé par la C.E.) mais c'est à dire 1% de produits palestiniens et 99% de produit originaires des fermes des colonies.




Les palestiniens qui ont choisi de partir en Cisjordanie pour trouver du travail et de meilleures conditions de vie, se voient "réquisitionner" leurs terres. Si ils les réclament à leur retour, on leur donne en échange des terres appartenant à d'autres palestiniens.

Il faut préciser que l'eau et l'électricité sont réservés aux colons ce qui entraîne des conditions de vie déplorable pour la population palestinienne. L'eau leur est vendue à un prix prohibitif et entreposée dans les citernes en plastique noir en plein soleil. Aucune possibilité d'arrosage pour eux alors que des milliers de litres d'eau sont déversées dans les fermes des colonies.

La situation d'occupation est a son paroxysme dans cette région du fait de l'irrigation par le Jourdain. Une grande bande verte longe ses rives et permet aux israéliens de financer en grande partie leur occupation grâce à l'exportation vers nos pays européens. L'exploitation des palestiniens, de tous âges, permet de faire d'énormes bénéfices au profit des sociétés comme Agrexco, Carmel et autre exportateurs locaux. Le boycott de ces produits "made in Israël" est un des moyens à utiliser contre ces abus inacceptables.

Officiellement, la vallée du Jourdain fait partie des territoires alloués aux palestiniens dans le partage de 1948 entériné par une résolution de l'ONU.