Politique Israélienne

    
Abir Kopty : Tel Aviv, tente 1948
Abir Kopty
publié le lundi 8 août 2011.

Si vous êtes Palestinien, vous aurez du mal pour trouver quelque chose à quoi vous identifier dans le village de tentes sur le boulevard Rothschild de Tel-Aviv, jusqu’à ce que vous parveniez à Tente 1948. Ma première virée là-bas a été il y a quelques jours, lorsque j’ai décidé me joindre à la Tente 1948. Le message central de la Tente 1948 est que la justice sociale devrait être pour tous. Elle rassemble les citoyens juifs et palestiniens qui croient en une souveraineté partagée dans un Etat pour tous ses citoyens.

Pour moi, comme Palestinienne, je ne me sens pas faire partie du mouvement du 14 juillet, et je ne suis pas là comme participante. Presque tous les coins de ce camp me rappellent que ce lieu ne veut pas de moi. Ma première virée dedans a été assez déprimante, j’ai trouvé pleins de drapeaux israéliens, un homme faisant un discours à des jeunes avec une vision sioniste sur ses souvenirs de la « guerre de 48 », un autre groupe avec des panneaux appelant à la libération de Gilad Shalit, un autre poussant des chants sionistes. Ce n’est sûrement pas un lieu où les 20 % de la population se sentiraient chez eux. Le lendemain, j’ai trouvé Ronen Shuval, d’Im Tirtzu, l’association d’extrême droite, faisant un exposé provocateur et haineux contre les associations de gauche et des droits humains. Les colons avaient déjà monté une tente et dansaient avec joie.

L’existence de Tente 1948 dans le camp est un défi vers les gens qui participent au mouvement du 14 juillet. Les premiers jours, la tente a été attaquée par un groupe de droite, qui a battu les militants de la tente et détruit son drapeau palestinien. Certains leaders du mouvement du 14 juillet ont dit clairement qu’avancer les questions centrales concernant la communauté palestinienne en Israël ou l’occupation ferait « perdre sa force » à la lutte. Ils ont souvent dit que la lutte est sociale, pas politique, comme s’il y avait une différence. Ils avaient peur de perdre des supporters s’ils appuyaient sur les questions palestiniennes.

La vérité, c’est que c’est vrai.

En vérité, c’est exactement ce qui pourrait aider Netanyahou ; s’il appuyait sur le bouton de la peur, recréait l’« ennemi » et reproduisait la « menace sécuritaire », il serait capable de faire taire le mouvement. Le problème n’est pas avec Netanyahou, ce n’est pas le premier leader israélien à faire appel à ça. Le problème principal, c’est que les Israéliens ne sont pas encore prêts à voir au-delà des murs qui les entourent.

Pourtant, il faut l’admettre, il se passe quelque chose, les Israéliens se réveillent. Il y a un développement ; les gens se rencontrent, discutent des questions. L’assemblée générale du camp a décidé vendredi qu’elle n’accepterait aucun message raciste parmi ses participants. Même à Tente 1948, beaucoup d’Israéliens sont venus, ont lu les tracts, écouté ce que représente Tente 1948 et discuté calmement. Peut-être, si j’étais une israélienne juive, je serais fière du mouvement du 14 juillet. Mais je ne suis pas juive, je ne suis pas sioniste, je suis palestinienne.

Je ne veux pas béatifier la réalité, ni cacher quoi que ce soit pour servir une « tactique » et je n’accepterai pas des miettes. Je veux parler de la justice historique, je veux parler de l’occupation, je veux parler de la discrimination et du racisme, je veux tout mettre sur la table, et je veux parler de cela au cœur de Tel-Aviv.

La justice sociale ne peut pas être divisée ou classifiée. Si ce n’est pas une justice pour tous y compris tous les Palestiniens, alors c’est une fausse justice, une justice d’élite ou une « justice pour juifs seulement » exactement à la manière dont fonctionne la démocratie israélienne « pour juifs seulement ». Le mouvement du 14 juillet est une grande occasion pour les Israéliens pour refuser à leur Etat de continuer à sombrer en un régime d’apartheid.

* Abir Kopti est une militante politique palestinienne et une analyste des media. Elle a été membre du Conseil municipal de Nazareth et porte-parole de Mossawa, the Advocacy Center for Palestinian-Arab Citizens in Israel. Ses travaux sont sur son site et sur Twitter à @abirkopty. Traduction : JPB-CCIPPP

source :

http://mondoweiss.net/2011/08/tent-...

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article10945


Une universitaire israélienne dénonce la partialité des manuels scolaires en Israël
Harriet Sherwood - The Guardian
publié le lundi 8 août 2011.

Nurit Peled-Elhanan, de l’université hébraïque, affirme que les manuels décrivent les Palestiniens comme « des terroristes, des réfugiés et des paysans primitifs ».

Message d’Omar Barghouti :

Le 7 août 2011

Objet : Les manuels scolaires sont la « principale explication » de la transformation des étudiants israéliens en « monstres » racistes contre les Palestiniens - de Nurit Peled-Elhanan

Ci-dessous, une recherche perspicace d’une universitaire israélienne respectée, qui confirme ce que les chercheurs palestiniens ont toujours su : la culture en vigueur en Israël, de racisme et de fondamentalisme fanatiques, de soutien aux crimes de guerres et à l’apartheid contre les Palestiniens, est essentiellement le produit d’un système d’éducation qui endoctrine les élèves juifs israéliens selon des valeurs colonialistes militantes et un racisme extrême, un système qui en fait des « monstres » une fois sous l’uniforme.

Ceux qui considèrent qu’il s’agit là d’un « égarement » du sionisme semblent ne pas avoir suffisamment compris ce qu’est réellement le sionisme et le rôle central qu’il a joué et joue, en tant qu’idéologie manifestement raciste, dans la justification du nettoyage ethnique et de la domination raciste des Palestiniens.

Il ne faut pas s’étonner dès lors pourquoi, en plein massacre israélien à Gaza en 2008/2009, un sondage réalisé à l’université de Tel Aviv (et publié dans le Jerusalem Post début janvier 2009) montre que 94 % des juifs israéliens interrogés soutenaient l’assaut, en parfaite connaissance des énormes souffrances qui en découlaient et étaient infligées à un million cinq cent mille Palestiniens, incarcérés dans « le camp-prison » de Gaza, et de la destruction massive de leur infrastructure civile.

Nurit Peled-Elhanan écrit notamment :

« Une question qui en dérange beaucoup, c’est comment expliquer le comportement de cruauté de ces soldats israéliens envers les Palestiniens, comment expliquer leur indifférence devant la souffrance humaine, la perpétration de ces souffrances. Ils se demandent comment ces gentilles filles et ces gentils garçons juifs peuvent devenir des monstres une fois qu’ils ont revêtu l’uniforme. Je pense que la raison première à cela, c’est leur éducation. Aussi, j’ai voulu voir comment leurs livres d’école représentaient les Palestiniens. »

Comme dans tout système colonial, seule, une pression soutenue et efficace venant de l’intérieur comme de l’extérieur peut mettre un terme à cette spirale régressive de criminalité, d’impunité et de racisme tacite. Il faut encore plus de BDS (boycotts, désinvestissements et sanctions) pour mettre fin à l’occupation, au colonialisme et à l’apartheid. En plus de profiter évidemment aux Palestiniens autochtones, qui souffrent depuis plus de six décennies de ce système d’oppression israélienne à trois niveaux, mettre fin à ce système d’oppression peut très bien aussi permettre de transformer la plupart des Israéliens, de « monstres » colonialistes en êtres humains normaux.

Omar

Omar Barghouti est un militant des droits humains, membre fondateur du mouvement de boycott mondial contre Israël à direction palestinienne, et auteur de Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) contre l’apartheid et l’occupation de la Palestine - (Édition La Fabrique).


Une universitaire israélienne dénonce la partialité des manuels scolaires en Israël Harriet Sherwood The Guardian - Observer 7 août 2011

Nurit Peled-Elhanan, universitaire israélienne, mère et politique radicale, évoque l’image de rangées d’écoliers juifs, penchés sur leurs livres, apprenant qui sont leurs voisins, les Palestiniens. Mais, dit-elle, ceux-ci n’y sont jamais désignés sous le nom de Palestiniens, sauf dans le contexte du terrorisme.

On les appelle les Arabes. « L’Arabe avec un chameau, dans une tenue d’Ali Baba. Ils les décrivent comme des gens vils, et anormaux, et criminels, qui ne paient pas d’impôts, des gens qui vivent en dehors de l’État, des gens qui ne veulent pas s’améliorer », dit-elle. « On ne les présente que comme des réfugiés, des paysans primitifs et des terroristes. Vous ne voyez jamais un enfant palestinien, ni un médecin, ni un enseignant, ni un ingénieur, ni un paysan moderne. »

Peled-Elhanan, professeur de langue et en pédagogie à l’université hébraïque de Jérusalem, a étudié le contenu des livres scolaires israéliens de ces cinq dernières années, et son mémoire, La Palestine dans les livres d’école israéliens : idéologie et propagande en Éducation, a été publié ce mois-ci au Royaume-Uni. Elle y décrit ce qu’elle estime être du racisme, même plus que cela, un racisme qui prépare les jeunes Israéliens à leur service militaire obligatoire.

« Les gens ne savent pas vraiment ce que leurs enfants lisent dans les manuels » dit-elle. « Une question qui en dérange beaucoup, c’est comment expliquer le comportement de cruauté de ces soldats israéliens envers les Palestiniens, comment expliquer leur indifférence devant la souffrance humaine, la perpétration de ces souffrances. Ils se demandent comment ces gentilles filles et ces gentils garçons juifs peuvent devenir des monstres une fois qu’ils ont revêtu l’uniforme. Je pense que la raison première à cela, c’est leur éducation. Aussi, j’ai voulu voir comment leurs livres d’école représentaient les Palestiniens. »

Dans « des centaines et des centaines » de livres, elle soutient ne pas avoir trouvé une seule photographie montrant un Arabe comme « une personne normale ». Sa découverte la plus importante dans les livres qu’elle a étudiés - tous autorisés par le ministère de l’Éducation - concerne le récit historique des évènements de 1948, l’année où Israël fit la guerre pour s’implanter en tant qu’État indépendant, et où des centaines de milliers de Palestiniens durent fuir le conflit qui s’en est suivi.

L’assassinat de Palestiniens y est dépeint comme quelque chose de nécessaire pour la survie de l’État juif naissant, prétend-elle. « Les massacres ne sont pas niés, ils sont simplement représentés dans les livres d’école israéliens comme, dans le long terme, quelque chose de bénéfique pour l’État juif. Par exemple, Deir Yassin (village palestinien d’avant 1948, proche de Jérusalem) a été un massacre épouvantable perpétré par les soldats israéliens. Dans les livres d’école, ils vous disent que ce massacre a déclenché la fuite massive des Arabes d’Israël et a donc permis la création d’un État juif, avec une majorité juive. Par conséquent, c’était la meilleure solution. C’était peut-être dommage, mais à long terme, les conséquences pour nous étaient positives. »

Les enfants, dit-elle, sont élevés pour servir dans l’armée et intérioriser le message que les Palestiniens sont « des gens dont la vie peut leur être retirée en toute impunité. Et pas seulement cela, mais que ce sont des gens dont le nombre doit être réduit. »

Peled-Elhanan aborde son sujet à partir d’un contexte politique radical. Elle est la fille d’un célèbre général, Matti Peled, qui était convaincu que l’avenir d’Israël résidait dans une paix digne avec les Palestiniens. Après avoir quitté l’armée, il était devenu membre actif d’un mouvement pour la paix.

La famille avait conçu une affiche, appelant à un règlement pacifique du conflit et représentant Smadar, la fille unique de Peled-Elhanan, avec son message : tous les enfants méritent un avenir meilleur.

Puis, en 1997, Smadar a été tuée par un kamikaze palestinien alors qu’elle faisait des courses à Jérusalem. Elle avait 13 ans. Peled-Elhanan se refuse à parler de la mort de sa fille, une ou deux fois seulement elle a fait allusion à « la tragédie ».

A l’époque, elle a dit que cela renforcerait sa conviction que, sans un règlement au conflit et une coexistence pacifique avec les Palestiniens, d’autres enfants allaient mourir. « Les attaques terroristes comme celle-ci sont la conséquence directe de l’oppression, de l’esclavage, de l’humiliation et de l’état de siège qu’on impose aux Palestiniens » a-t-elle déclaré à des journalistes de télévision après la mort de Smadar.

Ses opinions radicales ont eu inéluctablement un coût professionnel. « Les professeurs d’université ont cessé de m’inviter à des conférences. Et quand je prenais la parole, la réaction la plus fréquente était "Vous êtes une antisioniste". » Et tous ceux qui contestent le discours qui prévaut aujourd’hui en Israël, dit-elle, sont accusés de la même façon.

Elle espère que son livre sera publié en hébreu, mais elle s’est résignée à ce qu’il soit rejeté par beaucoup dans le courant politique dominant.

Quand on lui demande si les livres d’école palestiniens reflètent aussi un certain dogme, Peled-Elhanan soutient que ces livres font la distinction entre sionistes et juifs. « Ils font cette distinction tout le temps. Ils sont contre les sionistes, pas contre les juifs ».

Mais elle concède que l’enseignement sur le génocide des juifs dans les écoles palestiniennes est « un problème, une question ». « Certains enseignants (palestiniens) refusent d’enseigner l’Holocauste tant que les Israéliens n’enseigneront pas la Nakba (la « Catastrophe » palestinienne de 1948). »

Sans surprise peut-être de la part de quelqu’un qui a des points de vue aussi radicaux, Peled-Elhanan est profondément pessimiste pour l’avenir de son pays. Le changement, dit-elle, ne viendra que « lorsque les Américains cesseront de nous donner un million de dollars par jour pour maintenir ce régime d’occupation, de racisme et de suprématie ».

Quant à Israël : « Je ne lui vois que le chemin qui mène au fascisme. Vous avez cinq millions et demi de Palestiniens contrôlés par Israël qui vivent sous un apartheid horrible, sans droits civils ou humains. Et vous avez l’autre moitié, qui sont juifs, et qui de minute en minute perdent leurs droits », dit-elle en référence à toute une série de tentatives visant à restreindre le droit des Israéliens à protester et à critiquer leur gouvernement.

Elle écarte la gauche israélienne comme étant toujours modérée et timide, surtout à l’heure actuelle. « Il n’y a jamais eu de véritable gauche dans ce pays. » Elle pense que le système éducatif contribue à perpétuer un État injuste, antidémocratique et non viable. « Tout ce qu’ils font, de la maternelle à la terminale, c’est de nourrir, de toutes sortes de façons et à travers la littérature, des chansons, des fêtes et des loisirs, ces idées de chauvinisme patriotique. »

Cet article a été modifié le 7 août 2011. La version originale attribuait à Matti Peled, père de Nulit, la conception de l’affiche représentant Smadar, la fille de Nurit Peled-Alhanan. En fait, c’est le père de Smadar, Rami Alhanon, qui l’a conçue.

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article10946




UNRWA : Territoires occupés : un lien clair entre colonies et démolitions

Maan News - publié le vendredi 5 août 2011.

Des soldats israéliens et des bulldozers encerclent la maison de Samir Younis à Azzun Atma près de Qalqilya en Cisjordanie le 11 janvier 2011 [MaanImages/Khaleel Reash].

Jérusalem (Ma’an). La relation entre l’expansion de la colonisation israélienne en Cisjordanie et l’expulsion des Palestiniens de leurs foyers est maintenant « abondamment claire », a dit mardi Chris Gunness, le porte-parole de l’UNRWA.

« Beaucoup d’expulsions [« displacements »] ont lieu là où les colonies s’étendent et avec cela, nous constatons une montée des attaques vicieuses par des colons juifs. Les Palestiniens sont expulsés de leurs terres ancestrales pour laisser la place aux colons », a dit Gunness à Ma’an.

Les données publiées mardi par l’Agence de l’ONU pour les Réfugiés Palestiniens montrent une forte augmentation des démolitions de maisons et bâtiments palestiniens par les autorités israéliennes en Cisjordanie.

L’Agence des Nations Unies pour l’Aide et le Travail a dit que 356 structures ont été démolies au cours des six premiers mois de cette année, comparées à 431 pour toute l’année 2010.

Et l’Agence a dit que les démolitions avaient déplacé 700 personnes dans les six premiers mois de 2011, comparées à 594 pour tout 2010. En juin et juillet, quelque 605 Palestiniens ont été déplacés ou affectés par les démolitions, dont beaucoup d’enfants.

Les restrictions israéliennes de mouvement, les confiscations de terres et de ressources, les révocations de droit de résidence, les harcèlements par l’armée israélienne, les attaques des colons et le manque de protection contre les attaques de colons ont aussi été des causes de déplacements en Cisjordanie, dit l’agence de l’ONU.

Les démolitions israéliennes et sa politique dans la zone C. – 60 % de la Cisjordanie sous contrôle israélien complet – poussent des familles déjà pauvres dans une plus grande pauvreté, a dit Gunness.

« Il y a de plus en plus de preuves que ceci détruit le tissu même de ces communautés et contribue finalement à un changement démographique qui modifie la constitution ethnique de la Cisjordanie », a-t-il ajouté.

Israël n’autorise les Palestiniens à construire que sur 1 % de la zone C, suivant un système que le haut-commissaire de l’ONU pour les droits humains Navi Pilay a condamné comme discriminatoire. La plupart des démolitions ont lieu en zone C.

Israël dit que ses démolitions de maisons ne dépendent que de savoir si les structures en question ont les permis appropriés.

Mais Gunness a dit que les démolitions ont augmenté dans les zones prévues pour l’expansion des colonies, ajoutant que ceci constituait « une grande cause d’inquiétude ».

Avec ceci, le responsable de l’ONU dit qu’il est « virtuellement impossible » pour les Palestiniens d’obtenir des permis de construire sur leurs terres « alors que les colonies israéliennes reçoivent un traitement préférentiel dans l’allocation de l’eau et de la terre, et dans l’approbation des plans de développement ».

L’UNRWA a pressé le gouvernement israélien de mettre fin aux déplacements et à la dépossession des Palestiniens dans les territoires occupés, « y compris la fin immédiate des démolitions de bâtiments possédés par les Palestiniens ».

« Nous appelons à la transparence, à la responsabilité et à la fin de la politique et des pratiques qui violent les obligations d’Israël selon le droit international ».

D’après le droit international, la construction par Israël de colonies pour juifs seulement sur le territoire palestinien est illégale.

Le dernier cycle de pourparlers de paix s’est effondré avec le refus israélien d’étendre un gel partiel sur la construction des colonies. Les Palestiniens disent qu’ils ne négocieront pas tant qu’Israël construit sur une terre qui constituerait un État palestinien dans le cadre d’un accord.

Traduction : JPB-CCIPPP

http://www.maannews.net/eng/ViewDet...

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article10938


Israël :
Attaque contre la liberté d’expression
Ahmad Tibi - The New York Times
publié le mercredi 3 août 2011.

L’approbation d’une législation à ce point irresponsable et réactionnaire met en évidence les longues décennies d’injustices israéliennes contre les Palestiniens et nous donne quelque part une victoire politique.

La liberté d’expression en Israël a pris un coup sévère ce mois-ci quand le parlement du pays a voté la législation anti-boycott qui cible les personnes ou les organisations appelant publiquement à un boycott contre Israël ou contre toute région sous son contrôle.

Parce que je crois à la fin de l’occupation israélienne du territoire palestinien, à des droits égaux entre Palestiniens et juifs, et au droit au retour des réfugiés palestiniens contraints de fuir leurs foyers et leurs terres en 1948, je soutiens le boycott, et j’appelle les autres à boycotter les sociétés israéliennes qui contribuent à perpétuer ces injustices.

Mais cette nouvelle restriction juridique à la liberté d’expression peut réduire cela à néant.

Les dirigeants israéliens ne me jetteront pas en prison pour avoir soutenu publiquement de tels boycotts, mais les organisations de colons peuvent prétendre à des indemnités financières sans avoir à démontrer la réalité d’un quelconque préjudice. En outre, les organisations qui soutiennent les boycotts peuvent se voir refuser toute déduction fiscale de leurs cotisations et toute subvention de l’État. Cette semaine, j’ai déposé un recours contre cette loi devant la Haute Cour.

Et déjà, un député de la Knesset, notre Parlement, Alex Miller, a menacé de m’intenter un procès pour mes propos, en particulier pour mon appel - que je maintiens aujourd’hui - au boycott de la colonie illégale juive d’Ariel. Un tel appel serait anodin dans une véritable démocratie ayant une pleine liberté d’expression. Le droit de critiquer une population qui a dépossédé les Palestiniens et qui nous discrimine depuis des décennies doit être protégé.

Peut-être que mon immunité parlementaire va me protéger, mais elle peut aussi facilement m’être retirée. En outre, l’immunité parlementaire ne protégera pas les Israéliens qui exhortent leurs concitoyens à ne pas acheter les produits de beauté Ahava, créés depuis les ressources naturelles de la mer Morte et fabriqués dans une usine d’une colonie illégale de Cisjordanie, qui les exhortent à éviter de consommer les vins du plateau du Golan et à faire travailler des entreprises de la construction autres que celles qui construisent des logements discriminatoires réservés aux colons dans Jérusalem-Est occupée.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fièrement endossé la paternité du projet de loi pour son parti, le Likoud, déclarant : « Ne soyez pas troublés : j’ai autorisé ce projet. Si je ne l’avais pas fait, il ne serait pas arrivé jusqu’ici. » Étant donné l’accueil chaleureux qui fut réservé à Netanyahu par le Congrès américain quand il s’est rendu aux États-Unis il y a quelques semaines, je crains que la plupart des membres du Congrès n’émettent même aucune protestation, alors qu’Israël, allié clé des Américains qui se présente lui-même comme la « seule démocratie au Moyen-Orient », s’égare à voter une législation antidémocratique et manifestement sectaire.

La législation anti-boycott du Parlement israélien constitue un effort sans précédent visant à saper la résistance non violente à l’oppression israélienne. Beaucoup de personnes pensent que rendre la non-violence plus difficile va conduire inévitablement à la violence. Ce ne sera pas le cas. L’approbation d’une législation à ce point irresponsable et réactionnaire met en évidence les longues décennies d’injustices israéliennes contre les Palestiniens et nous donne quelque part une victoire politique. Par cette législation, Israël attire encore plus l’attention sur son occupation violente du territoire palestinien et ses violations coutumières du droit international.

Les colons et leurs représentants élus dans les colonies règnent maintenant sur le paysage politique d’Israël, et bien peu vont oser leur résister. Cette réticence face aux violations répétées des colons nuit à la société israélienne et au gouvernement U.S.

L’un des principaux quotidiens d’Israël, Ha’aretz, a écrit dans un éditorial que la législation anti-boycott était « une loi politiquement opportuniste et antidémocratique, la dernière d’une série outrageusement discriminatoires et poussant à l’exclusion adoptées au cours de la dernière année, et qu’elle accélérait le processus de transformation du code juridique d’Israël en un document dictatorial inquiétant. Elle jette l’ombre menaçante du délit sur chaque boycott, pétition et même opinion exprimée dans la presse. Très vite, tout débat politique va être réduit au silence ».

Ha’aretz pourrait bien avoir raison. Je préfère penser cependant que les débordements d’extrême droite en Israël finiront par réveiller les gens de bonne volonté aux États-Unis et en Europe, et qu’il va s’exercer plus de pressions sur le gouvernement israélien pour le faire changer de cap. En dépit des espoirs des politiques américains, Israël ne changera pas de lui-même. Seule, une pression internationale réelle y obligera le gouvernement israélien. Jusque-là, nous pouvons nous attendre à de nouvelles législations discriminatoires et antidémocratiques de cette Knesset.

Sur cette loi israélienne anti-boycott :

- La charge du New York Times contre Israël - Uri Avnery
- Il y a de la méthode dans la folie de Nétanyahou : Israël exclut la non-violence - Jonathan Cook
- Israël est incapable de gérer le militantisme palestinien non violent - Abir Kopti
- La loi ’herem’ dans le contexte du passé et du présent juifs - Gilad Atzmon
- La loi sur le boycott intensifie la répression en Israël - Neve Gordon
- La Knesset vote la loi contre le boycott, pendant que le Festival de la Littérature de Londres l’approuve - Eleanor Kilroy
- Après avoir interdit la Cisjordanie aux internationaux, Israël veut faire de même avec les Israéliens - Joseph Dana
- Loi Boycott 2011 Israël : tout dépend de ce que vous boycottez - Adam Keller

(JPG) Ahmad Tibi, Palestinien d’Israël, est vice-président au Parlement israélien.

Du même auteur :

- La « Tahririsation » et l’État de la démocratie israélienne
- La cible : les Arabes

Voir aussi :

- Député Ahmed Tibi, croyez-vous que Netanyahu a changé et qu’il s’oriente vers la paix ? - Jonathan Lis - Ha’aretz

28 juillet 2011 - The New York Times - traduction : JPP

http://www.nytimes.com/2011/07/29/o..


Ahmad Tibi - The New York Times

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article10934




LE FREEDOM THEATRE DE JENINE VIVRA !

LIBERATION IMMEDIATE D’ADNAN NAGHNAGHIVE ET BILAL SAADI

Les Amis du Théâtre de la Liberté de Jénine
Le 28 juillet 2011

Les « Amis du Théâtre de la Liberté » dénoncent vigoureusement  l’attaque du Freedom Theatre par l’armée israélienne.

Le matin du 27 juillet à 3h30 une force spéciale de l’armée israélienne a attaqué le Freedom Theatre à Jenine.  Le régisseur général des lieux, Adnan Naghnaghiye, a été arrêté et emmené vers une destination inconnue, ainsi que Bilal Saadi, un des membres du Conseil d’administration. Aujourd’hui, le 28 juillet, nous ignorons où ils sont détenus, nous n’avons plus de nouvelles d’eux.

Le directeur par intérim, Jacob Gough, et le co-fondateur, Jonatan Stanczak, ont été menacés à leur arrivée sur les lieux alors que ce dernier expliquait aux cinquante soldats cagoulés, qu’ils ont attaqué un lieu culturel et arrêté les animateurs du Théâtre.

Il y a dix jours encore, une troupe de jeunes acteurs du Freedom Theatre achevait une tournée en France.  Ils ont joué  «  Sho Kman – Et quoi encore ? », une pièce qui met en scène de façon tragique et artistique les dangers et la violence auxquels sont confrontés les jeunes. Le public, ému et impressionné, a pu apprécier le travail de qualité de la troupe qui a retrouvé l’espoir d’un avenir pour le Freedom Theatre.

Après le festival des 23e rencontres internationales du jeune théâtre européen, Nabeel Al Raee, le metteur en scène, témoignait : "Les rencontres de Grenoble ont été très importantes notamment grâce aux échanges avec les autres compagnies. Celles-ci ont exprimé leur volonté de participer à des échanges culturels avec le Freedom Theatre en animant  des ateliers à Jénine. Le CREARC (Centre de Création de Recherche et des Cultures) de Grenoble nous a invités à nouveau pour les prochaines rencontres internationales. Notre spectacle a été très applaudi, nous avons même vu des larmes chez certains de nos spectateurs."

Rappelons les principaux objectifs du Freedom Theatre qui dérangent le gouvernement israélien et qu’il tente de détruire par cette intervention armée.

Il offre :

·         aux enfants et aux jeunes du Camp de réfugiés de Jénine et des environs, l'aptitude à se connaître soi-même et à avoir confiance en soi, ce qui les dote du pouvoir de défier la réalité actuelle en prenant en mains leur propre avenir.

·         un espace où des enfants, adolescents, jeunes adultes et adultes de la région de Jénine peuvent jouer comme acteur et créer du théâtre, s'exprimer librement et imaginer de nouvelles réalités en défiant les barrières sociales et culturelles qui leur entourent.

·         la possibilité de sortir de l'isolement culturel qui sépare Jénine d’autres régions de la Palestine et du monde.

·         un moyen de résistance non violente à l’occupation, permettant aux jeunes d’exister en tant qu’individus, en tant que peuple et en tant qu’entité culturelle.

Cette attaque contre le théâtre est une honte et  un  crime de l’état israélien qui brise tout espoir de liberté des jeunes palestiniens de Jénine.

Le Freedom Theatre doit continuer à être un lieu de résistance culturelle contre l’occupation israélienne.

L’armée israélienne doit cesser de semer la terreur au Freedom Théâtre de Jénine et dans toute la Cisjordanie.

Les Amis du Théâtre de la Liberté de Jénine
Le 28 juillet 2011
theatrejenine@yahoo.fr


« Il n’y a pas de liberté sans savoir.

Il n’y a pas de Paix sans liberté.

La paix et la liberté sont inséparables »

 Arna Mer Khamis


Alerte !
Attaque par l'armée israélienne du Théâtre de la Liberté à Jénine !
mercredi, 27 juillet 2011

Un appel au secours vient d'être lancé ce mercredi matin par les animateurs du Théâtre de la Liberté à Jénine qui sont attaqués par l'armée israélienne venue les arrêter et détruire ce symbole de la résistance palestinienne. Après s'être débarrassé de son directeur Juliano Meir Khami, lâchement assassiné, il y a quelques mois, le gouvernement israélien veut faire table rase de ces militants qui soutiennent le moral des jeunes de Jénine par leurs activités théâtrales. Quand Israël entend le mot culture, il sort son révolver.

Appel au secours du Théâtre de la Liberté : 04.46 (gmt+2), July 27, 2011

"Les forces spéciales de l'armée israéliennes ont attaqué le Théâtre de la Liberté, situé dans le camp de réfugiés de Jénine, ce mercredi matin à 3 H 30.

Ahmed Nasser Matahen, étudiant technicien qui garde le théâtre la nuit, a été réveillé par d'énormes blocs de pierre lancés contre la porte du théâtre. En ouvrant cette porte, il s'est trouvé face à une soldatesque lourdement armée et masquée, entourant le théâtre.

"Ils m'ont dit de lever les bras et m'ont obligé à baisser mon pantalon. J'ai pensé que mon heure était venue et qu'ils allaient me tuer. Mon frère se trouvait à côté de moi, menotté."

Pendant ce temps, le directeur en charge de la location des lieux, Adnan Naghnaghiye, était arrêté et emmené vers une destination inconnue, ainsi que Bilal Saadi, un des membres du Conseil d'administration du Théâtre.

"Quand le directeur général du théâtre, le Britannique, Jacob Gough, et son co-fondateur, le Suédois Jonatan Stanczak, sont arrivés sur les lieux, ils ont été obligés de rester sans bouger aux côtés d'une famille palestinienne avec ses 4 enfants, entourés d'une cinquantaine de soldats israéliens armées de pied en cape.

Jonatan indique : "Quand nous avons essayé de leur dire qu'ils étaient en train d'attaquer un lieu culturel et d'arrêter les animateurs du Théâtre, ils nous ont menacés de nous rouer de coups. J'ai essayé de joindre l'administration civile de l'armée mais on m’a raccroché au nez".

Pour plus d'infos, contacter :

Jacob Gough at +972 (0)59 534 83 91

Jonatan Stanczak at +972 (0)54 391 57 08

Email : Jonatan Stanczack : jonatan.stanczak@gmail.com

Jacob Gough : jacobllyr@hotmail.co.uk

http://poeticinjustice.net/news/fre...

Merci appeler l'ambassadeur d'israël aux USA pour lui demander de faire cesser cette attaque et de libérer immédiatement le personnel du théâtre : Michael Oren 202.364.5500."

 Cette attaque signe l'assassinat de Juliano Meir Khamis. Présenté par Israël comme l'oeuvre d'extrémistes palestiniens, ses véritables commanditaires viennent de se démasquer.

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

L’armée israélienne arrête deux personnes au Jenin Freedom Theater

PNN le 27/07/2011


Jenin - PNN – Tôt ce matin aux alentours de 3h30, des soldats israéliens ont attaqué le Jenin Freedom Theater dans la ville de Jenin au nord de la Cisjordanie et ont arrêté deux employés.
Selon un communiqué de l’Alternative Information Center, le gardien de nuit a été réveillé au son de pierres lancées sur la façade du théâtre.
 
Lorsque le gardien a ouvert la porte, des soldats israéliens lourdement armés attendaient à l’extérieur.

Les soldats sont alors entrés dans le théâtre et ont arrêté Adnan Nagnaghiye, le régisseur général du théâtre ainsi que Bilal Saadi, membre du conseil du théâtre.

A l’arrivée de Jacob Gough et Jonatan Stanczak, respectivement gérant et co-fondateur du théâtre, les soldats les ont forcés à « s’accroupir près d’une famille avec quatre jeunes enfants encerclée par approximativement 50 soldats lourdement armés ».

« Chaque fois que nous tentions de leur expliquer qu’ils attaquaient un lieu dédié à la culture et arrêtaient des membres du théâtre, ils nous ordonnaient de nous taire et menaçaient de nous frapper », a rapporté Stanczak. « J’ai essayé de contacter l’administration civile de l’armée pour éclaircir le problème mais la personne en charge au téléphone a raccroché ».

Plus tôt cette année, en avril,  Juliano Mer-Khamis, issu de familles juive-Israélienne et chrétienne-Palestinienne, co-fondateur du Freedom Theater, a été assassiné par un homme armé à la sortie du théâtre.

d'après : http://french.pnn.ps/index.php?option=com_content&task=view&id=5253


Un puits palestinien menacé de démolition : l’appel d’agriculteurs palestiniens
Maisa Almanasreh - Kibush
publié le mardi 26 juillet 2011.

L’appel lancé par des agriculteurs palestiniens spécialisés dans la culture des dattes, près de Jericho, alors qu’Israël inonde le marché de ses dattes coloniales.

photo d'archive © laama le août 17, 2007

Je vous écris de la part de ma compagnie – MADICO —, une affaire familiale palestinienne spécialisée dans la production de dattes Medjool située à Jéricho dans les territoires palestiniens occupés. J’écris pour demander votre soutien – ou celui de quiconque pourrait nous aider sur la question suivante. Les autorités israéliennes nous ont envoyé hier matin un avertissement pour démolir le puits grâce auquel nous arrosons tous nos palmiers. Cette décision signifie la destruction de 4000 palmiers, de 35 emplois et de 35 familles palestiniennes.

Ceci alors que le puits est dans la zone A [1]. Et puis, nous avons entrepris toutes les procédures requises à temps il y a plusieurs semaines, pour renouveler l’autorisation existante de la part des autorités tant israéliennes que palestiniennes.

Les autorités israéliennes nous ont donné trois jours, commençant hier, pour soumettre tous les documents nécessaires pour stopper la destruction du puits, mais comme il se trouve que les trois jours sont jeudi, vendredi (un congé palestinien) et un samedi (congés palestiniens et israéliens), il nous est très difficile de joindre quiconque ou de faire quoi que ce soit. Ceci veut dire que le mur pourra être détruit dimanche matin.

Nous avons faxé ce matin la lettre d’objection avec les autres documents requis aux autorisés responsables, comme demandé dans leur avertissement. L’histoire complète est la suivante :

Nous avons un vieux puits de 1961 autorisé légalement par l’autorité jordanienne.

En 2007, nous avons tenté de renouveler l’autorisation pour réactiver le puits parce que nous voulions cultiver notre terre et la planter en palmiers de date Medjool, mais l’armée israélienne nous a stoppé, disant qu’il est en zone C et qu’il nous faut une permission. Après quelques recherches et quêtes d’informations, nous avons réalisé que, d’après les cartes officielles, la zone est à A et non C (nous avons les documents qui le prouvent).

Nous avons stoppé et demandé la permission tant des autorités israéliennes que palestiniennes.

Nous avons eu l’accord palestinien, alors que, selon mon avocat de l’époque, les Israéliens ont dit que ce n’était pas de leur ressort.

Nous avons planté les dattes en 2007 et 2008 et les avons irrigués avec le puits, personne ne s’est inquiété ni n’a rien dit.

Le 29 août 2008, les Israéliens nous ont donné un autre avertissement. Nous leur avons envoyé une autre lettre via un nouvel avocat qui nous a informés que tout allait bien.

Et puis vient le 5 mai 2011. Personne n’est intervenu ni n’a rien dit, jusqu’à ce jour où nous avons reçu un nouvel avertissement des autorités israéliennes disant que nous avons besoin d’une permission pour le puits, pour l’abri du programmateur d’irrigation et pour le logement des employés de la ferme. Il faut aussi que nous cessions d’utiliser le puits, sinon ils élimineront tout à nos frais.

Maintenant, nous avons 4000 palmiers dattiers et nous devrons acheter l’eau pour ne pas perdre nos arbres, alors que le puits est ici. Ceci nous revient sept fois plus cher que d’utiliser le puits existant et ce n’est pas une source d’eau fiable.

Nous avons présenté nos dossiers à l’administration civile israélienne (autorité militaire, n.d.t.) et à l’Autorité palestinienne des eaux, mais nous attendons toujours leur réponse finale.

Nous avons tous les avertissements et documents ainsi que la décision du « tribunal militaire » ou de ce qu’ils appellent l’Autorité d’organisation civile et nous pouvons vous les envoyer sur demande.

Votre aide est très appréciée.

Merci pour vos efforts.

Meilleures salutations

Maisa Almanasreh http://www.madico.ps/# maisa.almanasreh@gmail.com 22 juillet 2011

Source : http://kibush.co.il/show_file.asp?n... Traduction : JPB-CCIPPP

d'après :  http://www.protection-palestine.org/spip.php?article10916




Israël névrosé, Israël psychotique

Khalid Amayreh , CPI (sur le site Al-Manar)
publié le jeudi 14 juillet 2011.

En quelques décennies, notre monde a de fortes chances de connaître des changements profonds, historiques, qui seront très mauvais pour Israël et le sionisme. Quelques signes avant-coureurs de ces changements se préparent d’ores et déjà, pendant que d’autres doivent encore émerger.

Le récent comportement israélien à propos d’une foule de questions et d’évènements montre un État dans les affres d’une anxiété existentielle. Par exemple, la réaction carrément hystérique du gouvernement israélien face à la mobilisation de quelques bateaux transportant de l’aide humanitaire pour les Gazaouis sous blocus a tourné en ridicule un État réagissant avec une peur irraisonnée de dangers et de menaces qui n’existaient pas réellement.

Après tout, les volontaires qui étaient à bord des bateaux, des gens notamment de culture et religion différentes, avaient fait abondamment comprendre et de façon tout à fait claire que leur mission consistait à acheminer du matériel humanitaire dont avait cruellement besoin la population de la bande de Gaza, hermétiquement assiégée par Israël pour la cinquième année consécutive sans raisons convaincantes.

Un autre message de ces femmes et hommes courageux, qui représentent vraiment la conscience réelle de l’humanité, a été de mettre en lumière l’illégitimité, l’illégalité et l’immoralité absolues de ce siège criminel qui vise à affamer et étrangler un million huit cent mille êtres humains dont le seul « crime » est leur détermination inébranlable à obtenir leur liberté des petits-enfants et arrière-petits-enfants de l’holocauste.

Il ne fait aucun doute que les dirigeants et officiels israéliens ne connaissent que trop bien cette réalité. Toutefois, cela n’a pas empêché apparemment le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, intrinsèquement malhonnête, de prétendre que la flottille de la liberté pour Gaza transportait des armes pour le Hamas, une affirmation qui ne contenait manifestement pas une once de vérité.

Des menteurs, moins professionnels, dans la clique gouvernementale israélienne ont prétendu que la flottille n’était rien d’autre qu’une armada armée qui se destinait à envahir Israël, attaquer la marine israélienne et frapper les soldats israéliens. Mais il faudrait ne plus avoir toute sa raison pour croire que quelques centaines de militants pacifistes, dont beaucoup étaient des femmes et des hommes âgés, au-dessus même de 70 ans, aient pu mettre sur pied une campagne éclair contre la puissante armée israélienne.

Quoi qu’il en soit, Israël n’est pas un cas classique de névrose et de psychose. Israël est parfaitement conscient du fait qu’il ment au monde, et qu’il ment à l’intention du monde. Il y a plusieurs mois, Israël prétendait imposer ce siège digne des nazis sur Gaza parce que les Gazaouis « arrosaient » les villes israéliennes de leurs roquettes. (Il était question en réalité de projectiles quasiment inoffensifs qui ne faisaient que très peu de dégâts). Maintenant, le mensonge est remplacé par un autre mensonge, à savoir que Gaza met en danger la sécurité d’Israël, et même son existence.

Mais, là encore, il faudrait être extrêmement crédule pour gober de tels mensonges obscènes. En effet, on ne peut s’empêcher de se demander comment une population minutieusement harcelée, consciencieusement affamée et soigneusement bombardée, dont la plus grande partie arrive à grand-peine à poser de la nourriture sur la table pour leurs gamins, comment cette population peut représenter une menace réelle pour un pays qui possède l’une des armées les plus puissantes au monde, une puissance nucléaire qui possède 200 à 300 bombes et ogives nucléaires dans son arsenal, et qui a de plus le président, les médias et le Congrès des États-Unis à son entière disposition ?

Ces derniers jours, les autorités israéliennes ont déclaré l’état d’urgence à l’aéroport Ben Gourion pour arrêter les militants pacifistes internationaux dont l’intention était d’exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien. Les officiels israéliens se sont retenus pour ne pas appeler ces militants des terroristes, nombre d’entre eux venant de pays qui entretiennent des relations étroites avec Israël. Mais le ton utilisé par la masse de médias israéliens pour parler de ces militants pacifiques a été franchement convulsif et hystérique, comme si l’arrivée de quelques dizaines de militants pour la paix en Palestine occupée constituait une menace mortelle pour l’État d’apartheid.

Nul besoin d’être un génial psychologue analytique pour comprendre que ce type de comportement est symptomatique d’un pays qui doute de sa crédibilité morale. Cette absence totale de crédibilité morale a été de façon éhontée étalée au grand jour il y a quelques semaines, quand l’armée israélienne a reçu l’ordre de tirer pour tuer sur des réfugiés palestiniens qui manifestaient le long de la frontière nord de la Palestine occupée. Et le résultat en fut la mort de plusieurs innocents qui n’avaient jamais représenté un réel danger ou menace pour Israël.

Une réaction carrément hystérique du gouvernement israélien face à la mobilisation de quelques bateaux transportant de l’aide humanitaire. Mais Israël a une peur mortelle de perdre sa soi-disant légitimité. Et il tente en permanence de conserver cette « légitimité » au moyen du meurtre et du mensonge.

En tant qu’observateur du conflit en Palestine depuis des lustres, je ne vois vraiment pas qu’Israël (je parle d’Israël, pas des juifs) ait la moindre légitimité authentique en dehors de la légitimité du ‘fait accompli’ (en français dans le texte).

En fin de compte, Israël s’est créé par le nettoyage ethnique, le vol de territoire et le terrorisme organisé. En tant que tel, Israël ne peut avoir le moindre atome de légitimité morale, ni aujourd’hui, ni dans des centaines d’années. Le fait que les grandes puissances aient reconnu cette entité pleine de haine et raciste ne signifie pas grand-chose en termes de moralité.

Inutile de dire que quand un pays manque de qualification morale, comme c’est le cas manifestement pour Israël, il se met lui-même sur le chemin assuré de son autodestruction, tôt ou tard. La force militaire et économique peut prolonger la durée de vie de l’oppression et de l’ « illégitimité », mais au bout du compte, le sort inéluctable des États illégitimes est la disparition.

De nombreux Israéliens savent profondément, dans leur cœur, qu’ils vivent sur une terre qui appartient à un autre peuple, qu’ils résident dans des maisons dont les vrais propriétaires ont été chassés par l’armée terroriste d’Israël jusqu’aux quatre coins du globe.

Et pourtant, ils préfèrent se maintenir dans cette hibernation morale perpétuelle et détestent toute pensée ou personne qui peut leur rappeler l’oppression énorme qu’ils ont fait et font subir à leurs victimes, le peuple palestinien.

Dans les quelques décennies à venir, notre monde a de fortes chances de connaître des changements profonds, historiques, qui seront très mauvais pour Israël et le sionisme. Quelques signes avant-coureurs de ces changements s’approchent d’ores et déjà, pendant que d’autres doivent encore émerger. Alors le sionisme devra très certainement faire face à ce moment déchirant de la mort et de l’extinction. Quant aux Palestiniens, victimes de dépossessions, d’un nettoyage ethnique et d’une persécution systématique, il leur faut faire preuve d’une énergie inépuisable qui aille, de jour en jour, au-delà de l’évaluation des évènements. Et leur but final ne doit être rien de moins que d’avoir une "ardoise totalement et soigneusement propre".

Khaled Amayreh

Centre palestinien d’informations : http://www.palestine-info.cc/fr/

Source : Sites web et Info-Palestine : http://www.info-palestine.net/artic...

http://www.almanar.com.lb/french/ad...

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article10876



Importante victoire : un juge israélien donne raison aux internationaux souhaitant se rendre en Palestine

Posted by redaction in Mercredi, juillet 13th 2011

Les efforts et les sacrifices consentis par les centaines de participants à la mission BienvenuePalestine, et en particulier ceux des 120 (Français, Belges, Allemands, Britanniques, etc.)  emprisonnés par Israël ont obtenu mercredi un succès judiciaire sans précédent.

Un tribunal israélien a en effet  jugé que la décision du Ministère israélien de l’Intérieur d’interdire l’entrée du territoire à des militants déclarant se rendre dans les territoires palestiniens occupés était illégale.

Il a en outre précisé, dans son jugement, qu’il était anormal que des personnes souhaitant  se rendre dans les territoires palestiniens occupés soient le plus souvent contraintes, pour avoir une chance de passer, de mentir lorsqu’elles arrivent à l’aéroport Ben Gurion de Tel Aviv.

En somme, le jugement donne entièrement raison aux organisateurs de la mission « BienvenuePalestine Welcome to Palestine » dont l’un des fondements majeurs est d’affirmer le droit des citoyens à voyager, et à rendre visite à leurs amis de Palestine occupée.

Et il administre une claque sévère, non seulement à son propre gouvernement, mais aussi à la chaîne de ses complices : notamment à la Consule générale de France Colette Le Baron, qui n’a pas eu d’autres paroles pour nos camarades emprisonnés que des « vous n’aviez qu’à pas venir »,  son chef le ministre Alain Juppé, ou encore les compagnies aériennes, dont Air France, qui ont docilement exécuté les ordres de la police secrète israélienne.

Le tribunal avait à connaître du cas de deux militantes, une Australienne et une Néo-Zélandaise, Sylvia Hale et Vivienne Porzsolt, arrivées mardi à l’aéroport de Tel-Aviv.

Reprenant le flambeau des mains de nos 120 prisonniers,  les  Mehdi, Mick, Julienne, Fatiha, Djibrill, Fatima, Mohamed, Salim et tant d’autres, ces deux femmes âgées de 69 ans ont-elles aussi déclaré en toute franchise « Oui, nous allons en Palestine », et se sont vu opposer un refus d’entrée, qu’elles ont aussitôt contesté avec l’appui de l’avocat israélien Omer Shatz.

« C’est la première fois qu’un procès contestant une mesure d’expulsion se solde par une victoire. C’est une décision extrêmement importante, qui fera jurisprudence pour tous les cas à venir », a-t-il commenté.

Nous ne faisons pas une confiance excessive à l’indépendance du système judiciaire israélien. Comme en France, le jugement rendu mercredi est susceptible de faire l’objet de pressions gouvernementales et policières,  et être frappé d’appel par un échelon supérieur du système.

Dans l’immédiat, il servira de référence, à chaud, à un autre cas, qui doit être jugé jeudi. Celui de l’Allemande Angelica Seyfrid, voyageuse du 8 juillet de la mission BienvenuePalestine, et qui conteste en justice, depuis sa cellule de prison en Israël, le refus d’entrer.   Omer Shatz se déclare confiant.

Quant à nous, « terroristes » par centaines sur la liste du Mossad et interdits d’embarquer, ou bien prisonniers d’Israël au cours des derniers jours,  ce jugement ne fait que renforcer notre détermination à défendre le droit, et à défendre nos droits : Oui, nous nous représenterons à nouveau, et plus nombreux encore, aux portes de la Palestine.

Fait à Paris le 13 juillet, 17 heures

CAPJPO-EuroPalestine – BienvenuePalestine

d'après : http://bienvenuepalestine.com/?p=788



US sur le droit de boycott d'Israël: La liberté de manifester est un droit démocratique fondamental
Haaretz - Publié 19:20 12/07/11


Le Département d'État déclare que la loi votée est une affaire interne israélienne, mais la critique des conseils; ADL exprime sa préoccupation devant la nouvelle loi, affirme qu'elle empiète sur les  "droits démocratiques fondamentaux"
des Israéliens.
Par Natasha Mozgovaya et Shlomo Shamir Tags: Israël, Etats-Unis la Knesset d'Israël de boycott



Oposants Israéliens qui manifestent à Jérusalem (
Photo by: Emil Salman)

Le Département d'Etat américain a réagi mardi à la nouvelle loi anti-boycott loi votée en Israël, en disant que la liberté d'organiser et de protestation est une valeur démocratique d'Israël et les Etats-Unis ont longtemps partagé.

La Knesset a adopté une nuit la loi qui pénalise lundi personnes ou des organisations appelant au boycott d'Israël ou dans les colonies. La nouvelle loi a suscité tollé en Israël, avec les organisations israéliennes de gauche lance une série de manifestations contre la loi et un seul mouvement a présenté une pétition à la Cour suprême affirmant la loi est inconstitutionnelle et anti-démocratique.
Lorsqu'on lui a demandé de commenter la loi anti-boycott, le Département d'Etat américain a déclaré que le droit était une «question israélienne interne" mais a également laissé entendre ses critiques en soulignant le droit de manifester pacifiquement dans les pays démocratiques.
"La liberté d'expression, y compris la liberté d'organiser pacifiquement et de protestation, est un droit fondamental en démocratie», un responsable du département d'Etat. "C'est un droit que le peuple américain sont chères et il est parmi les valeurs démocratiques que le peuple israélien et américain ont longtemps partagé."

L'Anti-Defamation League a aussi exprimé ses critiques concernant la nouvelle loi sur le mardi, affirmant que malgré son opposition de boycott d'Israël, il est préoccupé par la nouvelle loi empiète sur les "droits démocratiques fondamentaux des Israéliens à la liberté d'expression et la liberté d'expression. "

"Pour être autorisé à étouffer les appels à l'action - mais odieuse et nuisible qu'ils pourraient être - c'est un mauvais service à la société israélienne," national de l'ADL Abraham Foxman directeur a déclaré dans un communiqué.

"Nous espérons que la Cour suprême israélienne va rapidement prendre jusqu'à une révision de cette loi et à résoudre les préoccupations qu'elle soulève."

Americans for Peace Now a également exprimé sa préoccupation concernant la nouvelle loi votée par la Knesset, en l'appelant une «attaque flagrante à la liberté d'expression."

J Street a condamné le passage de la Knesset du projet de loi ainsi que d'une "violation claire et éhontée du précepte démocratique fondamental de la liberté d'expression."

Conformément à la loi nouvellement adoptée, une personne ou une organisation appelant au boycott d'Israël, y compris les colonies, peuvent être poursuivis par les objectifs du boycott sans avoir à prouver qu'ils ont subi des dommages. Le tribunal décidera alors combien d'indemnité doit être versée.

d'après : http://www.haaretz.com/meta/Tag/Israel%20US traduit par Google translate : http://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&tl=fr&u=http%3A%2F%2Fwww.haaretz.com%2Fmeta%2FTag%2FIsrael%2520US




Nouveau coup de froid dans les relations entre Israël et l'ONU.
infolive.tv - 06 juillt 2011

Nouveau coup de froid dans les relations entre Israël et l'ONU.


Un rapport signé par Ban Ki Moon s'en prend durement à l'attitude de l'Etat hébreu lors des manifestations de la Nakba, le 15 mai dernier. S'appuyant sur les incidents survenus à la frontière avec le Liban, le secrétaire général des Nations Unies accuse les soldats israéliens d'avoir fait un usage disproportionné de la force contre les manifestants. A l'époque, 7 d'entre eux avaient trouvé la mort après avoir tenté de s'infiltrer de force à l'intérieur du territoire israélien. Ce nouveau rapport de Ban Ki Moon provoque un vif mécontentement des responsables l'Etat hébreu. En réaction, les contacts ont été suspendus avec le coordinateur de l'ONU au Liban, Michael Williams.
d'après : http://www.infolive.tv/fr/infolive.tv-36654-israelnews-nouveau-coup-de-froid-dans-les-relations-entre-israel-et-lonu


Début des audiences pour Anat Kamm
Jérusalem Post Par RON FRIEDMAN
16.06.11


Les plaidoiries dans le cadre de l'affaire Anat Kamm ont commencé aujourd'hui à huis clos au tribunal de district de Tel-Aviv.

Photo: Ron Friedman , JPost

En raison de la nature de certaines preuves, qui concernent des documents secrets en lien avec la sécurité de l'Etat, les médias, le public, et la propre famille de Kamm ont été invités à quitter la salle d'audience, les seules personnes restantes étant les parties elles-mêmes et la cour.

Les juges ont aussi dû installer un circuit informatique fermé pour avoir accès au matériel en cause sans risquer de piratage.

Kamm a été inculpée en février pour possession et livraison d'informations secrètes après avoir plaidé coupable dans le cadre d'un accord avec l'Etat. Celui-ci a été d'accord pour diminuer les charges retenues contre elle par rapport à l'inculpation originelle d'espionnage avec intention de nuire à la sécurité de l'Etat.

Dans le cadre de cet accord, Kamm a confessé qu'elle avait eu en sa possession des milliers de documents secrets, qu'elle avait volés de sa base alors qu'elle servait en tant qu'assistante au bureau du commandement central, puis transmis au journaliste de Haaretz Uri Blau.

La peine maximum encourue est de 15 ans de prison, mais l'équipe de défense de Kamm, dirigée par Avigdor Feldman, devrait demander une peine bien moins importante, affirmant qu'aucun dommage n'a résulté de ces actions.

Dans de nombreuses interviews, Kamm a indiqué qu'elle avait dévoilé ces informations parce qu'elles pensait que cela mettrait en lumière les injustices commises par Tsahal.

d'après : http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1302257351333&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull



PO/Etat: menaces de Lieberman
Le Figaro.fr - 17/06/2011 10h31


Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a menacé aujourd'hui d'annuler tous les accords avec les Palestiniens s'ils demandaient l'adhésion d'un Etat de Palestine à l'ONU, lors d'un entretien avec Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l'UE.

"Une déclaration unilatérale d'un Etat palestinien signifierait la fin des accords conclus durant les 18 dernières années et Israël ne serait plus lié à ces accords", a affirmé M. Lieberman, cité par la radio publique.


Les dirigeants palestiniens comptent demander l'adhésion d'un Etat palestinien sur les lignes de 1967 à l'ONU lors de la session annuelle de l'Assemblée générale en septembre, faute de perspective de négociation avec Israël.


"Une telle initiative constituerait une violation des accords d'Oslo conclus en 1993 qui seraient ainsi annulés", a ajouté M Lieberman en allusion aux accords entre Israël et l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Selon lui, "les chances d'une reprise des négociations directes sont nulles".


M. Lieberman s'est également livré à des attaques personnelles contre le président palestinien Mahmoud Abbas en l'accusant de "ne pas vouloir la paix, mais la confrontation".

d'après : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/06/17/97001-20110617FILWWW00376-poetat-menaces-de-lieberman.php

La répression des manifestations remet le dossier du Golan sur le devant de la scène

Sarah LEDUCFrance 24 - 06/06/2011

Pour la seconde fois en moins d'un mois, l'armée israélienne a employé la force pour empêcher des Palestiniens en provenance de Syrie de franchir la ligne de cessez-le-feu. Au risque de raviver l'épineux dossier du Golan, annexé par Israël en 1967. 
Craignant de voir les événements du week-end se répéter sur le plateau du Golan, l'armée israélienne reste sur ses gardes le long de la ligne de cessez-le-feu avec la Syrie. Dimanche, Tsahal a ouvert le feu sur des jeunes manifestants palestiniens et syriens qui tentaient de franchir la ligne de cessez-le-feu syro-israélienne, tuant 23 personnes selon Damas. 
Alors qu’ils commémoraient la Naksa - défaite des armées arabes lors de la guerre des Six jours qui a opposé Israël à l’Egypte, la Jordanie et la Syrie en 1967 – des centaines de jeunes Palestiniens, venus des camps de réfugiés en Syrie, ont dévalé les collines du Golan, zone d’occupation israélienne depuis 1967, pour traverser les lignes israéliennes.
 
"Les Palestiniens ont annoncé leur action sur des groupes Facebook. Ils étaient des centaines à arriver par bus dès 9 heures du matin. Vers midi, ils se sont rués dans les collines pour tenter de traverser la frontière", raconte à France 24.com Shefaa Abu-Jabal, une habitante de 25 ans du village de Majdal Chams, une bourgade druze sous contrôle israélien, située au nord du plateau du Golan.
 
L'armée israélienne avait renforcé ses positions
 
Shefaa, qui a twitté les événements tout au long de la journée de dimanche, était déjà aux premières loges le 15 mai dernier, lorsque des Palestiniens ont tenté de franchir, en masse, la frontière le jour de la Nakba (ou "catastrophe", selon l'appellation couramment employée dans le monde arabe pour désigner la création de l'Etat d'Israël en 1948 et l'exode des Palestiniens qui s'en est suivi). L'armée israélienne avait alors répondu en ouvrant le feu sur ces manifestants palestiniens venus de Syrie qui avaient réussi à pénétrer dans cette zone occupée depuis 1967.
 
Le 5 juin, l’armée israélienne était donc bien décidée à ne pas se laisser déborder. Depuis une quinzaine de jours, Tsahal avait renforcé ses lignes de défense.  
 
"On s’attendait à leur arrivée et l’armée israélienne aussi. Les soldats se sont massés en nombre à la frontière après avoir creusé des tranchées, monté des barrières et disposé des mines dans les tranchées. Ce fut un dimanche sanglant", raconte Shefaa Abu-Jabal, qui s’attend à voir des Palestiniens réitérer leur tentative dans les jours à venir.
 
Selon le bilan communiqué par Damas, mais contesté par les autorités israéliennes, 23 personnes ont été tuées parmi les Palestiniens et plus de 350 blessés sous les balles de Tsahal, l’armée israélienne.
 
Printemps palestinien ou manœuvre syrienne ?
 
L’afflux de Palestiniens aux frontières n'a pas été sans surprendre les habitants de Majdal Chams : c’est la première fois en plus de 20 ans que le plateau du Golan est confronté à de tels incidents.
 
L’armée israélienne a dénoncé l’infiltration, dans la région du Golan, de manifestants venus de Syrie. Damas lance, selon Tel-Aviv, une "provocation" pour détourner l'attention de la communuaté internationale de la répression orchestrée par le régime contre les manifestants réclamant le départ de Bachar al-Assad. Tsahal a fait état de projectiles lancés par les manifestants, sans évoquer des armes de guerre .
 
Le Premier ministre Benjamin Netanyahou, qui avait déjà averti le 15 mai qu’Israël était prêt à défendre "ses frontières et sa souveraineté",  a accusé des "éléments extrémistes" "s'évertu[a]nt à forcer [ses] frontières, menaçant [ses] communautés et [ses] citoyens".
 
Cependant, les spécialistes de la région nuancent la thèse israélienne. Sophie Pommier, spécialiste du Proche-Orient à Sciences-Po Paris, rappelle l’effet non négligeable des mouvements du printemps arabe sur les Palestiniens, estimant qu’on ne peut réduire cet évènement à une manœuvre du régime syrien. 

"Certes, le [plateau du] Golan est le poil à gratter du régime syrien. Mais avec le printemps arabe et le projet de création d’un État palestinien, il y a une tension politique sous-jacente dans la région. Damas n’a pas besoin de souffler sur des braises pour que ça parte", explique à FRANCE 24 Sophie Pommier. "Les révoltes arabes ont crée des espérances et les Palestiniens ont l’impression qu’ils ont une carte à jouer."
 
Le Golan au cœur d'enjeux militaires et stratégiques
 
Israël a conquis le Golan en juin 1967 pendant la guerre des Six jours, en même temps que le Sinaï égyptien (restitué en 1982), la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza. Surplombant Israël, la Syrie, et le Liban, le plateau concentre des intérêts militaires et stratégiques importants, en raison notamment de ses ressources en eau. Annexé de facto par Israël, le plateau reste depuis la pomme de discorde syro-israélienne.
 
Au lendemain des tirs israéliens le long de cette ligne de cessez-le-feu, la Syrie a dénoncé une "agression israélienne flagrante". Cette réponse de Tsahal "a fait un grand nombre de tués et de blessés (...) et dévoilé la réalité du terrorisme d'État pratiqué par Israël", a déclaré le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué, attirant l'attention de la communauté internationale et des organisations des droits de l'Homme sur "les violations, par Israël, des droits arabes légitimes".
 
Damas, qui veut s’imposer comme interlocuteur dans les négociations de paix dans la région, a toujours exigé le retour de l’armée israélienne à ses positions du 4 juin 1967.
 
Tout en admettant que les Palestiniens ne peuvent être que galvanisés par le printemps arabe "porteur d'espérance", Mohammed Ajlani, professeur de relations internationales au Centre d'Études Diplomatiques et Stratégiques (CEDS) de Paris souligne que la Syrie n'est pas étrangère aux événements de dimanche : "La Syrie envoie un message aux Israéliens : malgré leurs difficultés internes et les révoltes populaires, Damas prouve qu’elle garde une capacité de nuisance et que la paix ne se fera pas sans le retrait d’Israël. Le régime montre que s’il est déstabilisé, il continue de détenir les cartes palestiniennes". 
 



Ehud Barak
8 mai 2011
http://jewssansfrontieres.blogspot.com/2011/05/barak-fear-of-bds-
planet.html


Ce qui suit est une traduction partielle, avec quelques commentaires ajoutés par Jews sans frontières [entre crochets].
Original en hébreu : http://www.haaretz.co.il/hasite/spages/1227196.html

«…[Le ministre de la défense israélien Ehoud Barak] croit qu’une déclaration de souveraineté palestinienne par l’ONU sans initiative politique israélienne préalable poussera Israël dans une impasse occupée auparavant par l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid. Son avertissement est mordant et cinglant : ‘il y a des éléments dans
le monde, assez puissants, dans différents pays, incluant des pays amis, dans les syndicats, [parmi les] universitaires, les consommateurs, les partis politiques verts’, avertit-il, ‘et cette impulsion a culminé en un vaste mouvement appelé BDS (boycott, désinvestissements et sanctions) qui est ce qui s’est produit en Afrique du Sud. Cela ne se fera pas en une nuit. Au lendemain de septembre, les gens diront : ‘bon maintenant, octobre est arrivé, le ciel ne nous est pas tombé dessus, rien n’a eu lieu’. C’est faux ».

Ceci aura-t-il lieu en décembre ou en janvier ?

« Ça va commencer à avancer sur nous comme un glacier, de toutes les directions. Il y a des gens au Conseil européen qui traitent d’exportation et d’importation et ils sont capables, sans aucune décision gouvernementale, d’infliger des dommages significatifs à l’économie israélienne. Nous allons voir ceci se produire dans les
universités, nous allons voir ceci se produire dans les syndicats de dockers, dans les groupes de consommateurs, et ça s’insinuera dans les gouvernements. C’est imprudent [référence apparente à la politique israélienne qui conduira à cela]. Pour moi, ce processus incontrôlable a l’air plus dangereux que ce que le public [israélien] perçoit pour le moment. Nous avons exercé notre pouvoir sur une autre nation pendant 43 ans, c’est sans précédent. Peut-être la Chine peut se permettre de contrôler quelques petites nations dans quelques coins de son empire, et peut-être la Russie le peut-elle [incapacité à discerner que les Tibétains et les Tchétchènes sont des citoyens]. Nous ne pouvons pas, il n’y a aucune chance que le monde accepte ceci.
L’extrême droite expose Israël à un isolement dangereux et injustifié ».

Traductions : de l’hébreu : Ofer Neiman, de l’anglais : JPB
d'parès :
http://jewssansfrontieres.blogspot.com/2011/05/barak-fear-of-bds-


Divulgation de procédures confidentielles qui ont entraîné
l'expulsion de 140 000 Palestiniens en 27 ans

Palestine Info 11 mai 2011

Le journal hébreu "Ha"aretz" a révélé dans son édition de mercredi un document confidentiel qui indique que l'entité sioniste a utilisé des procédures secrètes pour le retrait du statut de résidence des Palestiniens qui ont quitté la Cisjordanie occupée pour l'étranger de 1967 à 1994, et qui n'ont pas renouvelé leur « carte de sortie ». Grâce à ces procédures, l'entité sioniste a pu expulser 140.000 Palestiniens en 27 ans, une moyenne de plus de 5.000 par an, et environ 14 Palestiniens par jour.

Selon le journal (1), ces informations figurent dans un document détaillé élaboré par le soi-disant "Bureau du conseiller juridique dans la direction de Judée-Samarie" (Cisjordanie).
 
Perte du droit de séjour


Le Centre pour la Défense de l'Individu pour les droits de l'homme avait demandé d'obtenir le document, en vertu de la loi sur la liberté de l’information.


Le document montre que même avec les Accords d'Oslo, les habitants de la
Cisjordanie  qui ont voyagé à l'étranger via la Jordanie devaient laisser leurs cartes d'identité à la frontière, et recevaient en échange une carte de sortie valable 3 ans, et renouvelable 3 fois, chaque fois pour six mois seulement.

Selon cette procédure, le Palestinien qui ne retourne pas en
Cisjordanie après l’expiration des 6 mois de la carte, est considéré comme une personne étrangère qui n’est « plus résident », et le responsable du recensement de la population en est informé.

Le journal a rapporté au Centre pour la Défense de l'Individu que l'existence de telles mesures était connue, mais les détails et le nombre des Palestiniens qui sont interdits de retourner en
Cisjordanie occupée est resté secret.
 
Un quart de million de Palestiniens


Le journal a rapporté de Danny Rothschild, qui était le prétendu coordinateur des opérations du gouvernement dans les territoires de 1991 à 1995, qu'il ignorait l'existence de ces procédures, et selon lui, « 
s’il n'était pas informé de ces mesures, il est possible de conclure que les résidents de la Cisjordanie n’aient pas été informés non plus. »

D'après le prétendu "Département central des statistiques" de l'occupation sioniste, la population de la
Cisjordanie  s'élevait à 1,05 million en 1994, ce qui signifie que la population aurait été supérieure de plus de 14% sans ces procédures.

Il est à noter que depuis la création de l'Autorité palestinienne, les Palestiniens qui ont quitté la
Cisjordanie  ont gardé le droit d'y séjourner et que le nombre des Palestiniens qui ont quitté la Cisjordanie  occupée depuis le début de l'Intifada d'al-Aqsa jusqu'à 2007 a atteint 250.000.

Notons également que telles mesures sont toujours en place dans la ville occupée d'al-Qods où tout Maqdissin qui quitte la ville plus de 7 ans perdra son droit au retour.

 
Violation du droit international


Il est clair que parmi les Palestiniens qui ont été interdits de retourner en
Cisjordanie sous prétexte d'avoir perdu le droit de résidence, il y a des étudiants qui ont terminé leurs études à l'étranger, des hommes d'affaires et des travailleurs, ce qui signifie que leur nombre, avec leurs familles et enfants, atteint des centaines de milliers actuellement.

Selon le Centre pour la Défense de l'Individu, le retrait du droit de résidence pour ces nombreux Palestiniens signifie l'expulsion de leur patrie, ce qui représente une violation du droit international.


Cette même procédure est en vigueur dans la Bande de
Gaza, mais le nombre de Palestiniens concernés reste inconnu.


(1) "
Israël admits it covertly canceled residency status of 140,000 Palestinians", Ha'aretz, 11 mai 2011.


Source : Palestine Info

d'après : http://www.ism-france.org/communiques/Divulgation-de-procedures-confidentielles-qui-ont-entraine-l-expulsion-de-140-000-Palestiniens-en-27-ans-article-15557


Le Plan « 2020 » est un nouveau crime israélien contre l’humanité
Département de la Culture et de l’Information Organisation de Libération de la Palestine
publié le jeudi 28 avril 2011.

Mme Ashrawi demande une intervention internationale et arabe urgente pour stopper les procédures d’occupation dans la ville de Jérusalem.

Docteur Hanane Ashrawi, membre du Comité exécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine, et Chef du Département de l’Éducation et de l’Information au sein de l’OLP, met en garde contre la politique du fait accompli et des mesures unilatérales, mises en application par les autorités de l’occupation à Jérusalem, et en particulier en ce qui concerne le dit « Plan 2020 ».

« Ce nouveau crime qu’Israël à l’intention de commettre, au vu du Monde entier, a pour objectif de stabiliser le pourcentage de la croissance démographique Arabe dans la ville. Dans un même temps, il existe entre 15 000 et 20 000 colonies ou unités d’habitation illégales. Selon le Plan, 47 000 unités d’habitation seront construites, pendant que la construction planifiée pour les Arabes restera chancelante. Ce qui signifie que le contrôle de la ville prend une tournure plus claire, visant à modifier la situation démographique de la ville, et ses caractéristiques culturelles et historiques. »

Mme Ashrawi a ajouté : « Les autorités d’occupation Israélienne, en transgression totale avec les règles du droit international et la légitimité internationale, emploient minutieusement une politique de nettoyage ethnique contre notre peuple, par le biais des lois et des schémas racistes qu’elles appliquent , sans s’inquiéter de rendre des comptes ou de subir de sanctions imposées par la communauté internationale. Ce Plan, avec ses dimensions politiques, cherche à anéantir la présence palestinienne dans la ville de Jérusalem et l’expulsion de ses habitants légitimes, pendant cette période décisive que traverse la cause Palestinienne. »

Mme Ashrawi a demandé à la communauté internationale, à l’Organisation des Nations-Unies et à la nation arabe d’être vigilants quant à la main mise d’Israël sur Jérusalem et le reste des terres palestiniennes, en exploitant le fait que le monde et les pays arabes sont occupés par leurs affaires internes. Mme Ashrawi a également demandé de prendre des mesures d’urgence pour freiner Israël et arrêter ses violations et ses procédures d’occupation, et l’arrêt total de toute les activités de colonisation dans l’ensemble des territoires occupés.

Ramallah, le 24/[04]/2011.

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article10500


Prisonnières palestiniennes enchaînées lors de l’accouchement

Info-palestine jeudi 14 avril 2011

Vienne (IPS) : Les prisonnières palestiniennes enfermées en Israël sont souvent privées de représentation juridique et de soins médicaux. De plus, elles sont emprisonnées dans des conditions inhumaines obligées de partager leurs cellules avec des rats.

Cette ex-prisonnière ne peut évoquer sans émotion les humiliations subies de la part des soldats israéliens lors de son enlèvement en Cisjordanie - Photo : AFP

Selon Fabrizia Falcione, responsable des droits des femmes pour le Fonds de Développement des Nations Unies pour la Femme (UNIFEM), faisant dès lors partie de l’ONU Femmes, il est crucial de dévoiler le visage humain derrière la violation du droit international et du droit international humanitaire ceci dans le but d’améliorer le sort des prisonniers politiques palestiniens, y compris celui des femmes et des enfants.

Depuis 1967, plus de 700 000 Palestiniens, dont environ 10 000 femmes, ont été arrêtés ou détenus dans des prisons et des centres de détention israéliens. Aujourd’hui, 37 détenues palestiniennes, sur un total de 7500 prisonniers, sont toujours enfermées dans des prisons israéliennes. La raison est essentiellement politique - la plupart des prisonnières sont des membres du Conseil législatif palestinien.

Le travail de Madame Falcione consiste notamment à fournir une aide et une représentation juridique aux femmes détenues, un soutien psychosocial aux membres des familles de prisonniers et à la préparation à la libération et la réinsertion des prisonnières. Cette semaine, Madame Falcione a participé à la première réunion internationale conduite par l’Organisation des Nations Unies sur la question des prisonniers politiques palestiniens dans les geôles israéliennes. Au cours des deux jours de réunion, elle a pris le temps de parler à IPS sur l’urgence absolue d’adresser spécifiquement les droits des prisonnières.

Inter Press Service : Aujourd’hui, quelles sont les préoccupations les plus urgentes concernant les prisonnières palestiniennes dans les prisons israéliennes ?

Fabrizia Falcione : La situation des femmes et des mineurs dans les centres de détention israéliens est grave. En terme de chiffres, les prisonnières et détenues politiques palestiniennes dans les prisons israéliennes ont presque disparu comparées aux centaines de milliers de prisonniers politiques palestiniens. Mais le sort des femmes en prison est pire que celui des hommes.

La situation, les conditions et les violations subies par les femmes dans les prisons en Israël doivent être adressées d’un point de vue féminin. A l’heure actuelle, le nombre de femmes détenues est considérablement plus faible que par le passé, mais les femmes et les filles continuent d’être arrêtées, leurs spécifiques besoins continuent d’être négligés et leurs droits bafoués.

IPS : Vous mentionnez des problèmes physiques et psychologiques des femmes incarcérées. Que voulez-vous dire ?

FF : Il y a un manque de services médicaux spécifiques pour la prévention et le traitement de maladies dites féminines.

En ce moment, les femmes détenues sont principalement emprisonnées dans deux établissements israéliens, à Hasharon et à Damon - les deux étant situés en dehors de la Cisjordanie Occupée et la Bande de Gaza, ceci en violation de l’Article 76 de la Quatrième Convention de Genève.

Des anciennes prisonnières dans ces deux prisons, ainsi que les membres des familles de prisonnières encore en prison, ont déclaré que les cellules sont infestées de cafards et de rats. Une ancienne prisonnière, libérée il y a quelques mois, a déclaré “Peu importe la façon dont je vous décris la cellule, je ne peux pas. C’est une tombe souterraine”. Il y avait tellement d’insectes, les matelas et les couvertures étaient humides et sentaient horriblement mauvais. Les égouts débordaient. Je pouvais à peine faire mes ablutions”.

A part les soins de santé généraux, il n’y a pas de soutien gynécologique. Les femmes ont besoin de soins médicaux réguliers, qui est leur droit pendant leur emprisonnement comme le prévoit le CEDAW (Le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes). La majorité des prisonnières politiques dans les prisons israéliennes souffrent de différents problèmes de santé.

IPS : Est-il exact que les femmes enceintes sont enchaînées lors de l’accouchement ?

FF : Oui, c’est exact. Il y a un manque total de soins médicaux, particulièrement lors de l’accouchement. Les femmes se plaignent que leurs enfants leur soient retirés après deux ans. Dans les prisons israéliennes les droits des prisonnières palestiniennes sont reconnus mais ne sont pas appliqués.

IPS : Et en ce qui concerne les problèmes psychologiques ?

FF : Les femmes portent le poids de l’atteinte portée à leurs droits culturels et religieux. Une ancienne prisonnière a déclaré : “Ils ont pris mon jilbab (longue robe) et m’ont donné un uniforme brun à manches courtes. J’ai demandé une chemise à manches longues pour porter sous l’uniforme, mais ils ont refusé. Je me suis déplacée en uniforme à manches courtes entre les cellules parmis des gardiens... Mais ce qui m’a le plus blessée ont été leurs insultes.

La vie privée de la femme est violée. Les gardiens effectuent des fouilles de chambres sans aucune considération pour les normes religieuses. Quatre fois par jour, les prisonnières sont comptées, y compris très tôt le matin. La punition est immédiate si les prisonnières sont endormies ou ne répondent pas à l’appel.

L’aspect le plus troublant est le déni des droits de visite des familles. En théorie, deux visites par mois sont autorisées, mais sont fortement limitées du fait que les prisons sont en dehors des Territoires Palestiniens Occupés.

Une visite aller-retour à la prison prend dix heures de voyage - non seulement en raison de la distance géographique mais aussi parce que les déplacements des Palestiniens en Israël sont contrôlés. Si les familles parviennent à faire le voyage, elles sont autorisées à une visite de 30 minutes - parlant à travers un épais diviseur en verre qui empêche tout contact physique, même entre une mère et son enfant. Cela affecte le bien-être non seulement de la mère mais aussi celui des enfants. La rupture des relations familiales et sociales a un effet sévère sur l’état psychologique des femmes.

IPS : De quoi ces femmes sont-elles exactement accusées ?

FF : Elles sont nombreuses à être emprisonnées sans procès pour appartenance à des organisations interdites par Israël, sous le prétexte de protéger la sécurité nationale de l’Etat. Les prisonnières politiques palestiniennes sont enfermées dans la section des femmes avec les condamnés de droit commun dans la prison de Neve Terza, en violation flagrante de la règle 85 des Nations Unies pour le traitement des prisonniers qui stipule que : “Les prévenus doivent être séparés des détenus condamnés”.

Les prisonnières palestiniennes sont constamment menacées verbalement et physiquement par les prisonnières israéliennes. En outre, les prisonnières palestiniennes ne peuvent pas utiliser les stylos et les livres dont disposent les établissements pénitenciers, elles n’ont également aucun temps pour des loisirs.

d'après : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10461



Les Israéliens craignent le chaos
La Croix.com le 13 avril 2011

Pour la première fois en quinze ans, l’armée israélienne a pris pour thème de ses grandes manœuvres l’hypothèse d’un conflit généralisé simultanément sur plusieurs fronts

A Jérusalem, dirigeants et médias ont salué « le printemps arabe » et l’espoir d’une démocratisation des pays voisins d’Israël, mais le premier ministre Benyamin Netanyahou a mis en garde contre « une longue période d’instabilité », et le budget de la défense est nettement à la hausse (7 % du PIB).

Le chef d’état-major, le général Benny Gantz, table sur une inéluctable confrontation armée avec le Hezbollah chiite libanais, la Syrie et le Hamas islamiste palestinien, au pouvoir à Gaza, tous liés à l’Iran. Israël veut donc préserver son « avance qualitative ». Une vingtaine d’avions américains F-35 ont été commandés, ainsi que de nouvelles batteries anti-roquettes « Dôme de fer », testées avec succès face au Hamas.

« Il faudra des années avant qu’un nouveau leadership, relevant probablement de la majorité sunnite, impose un régime stable à Damas », écrit Yediot Aharonot, principal quotidien israélien. Et d’ajouter qu’il était « illusoire » de fonder des espoirs de paix sur « la dictature tyrannique de la minorité alaouite de Bachar Al Assad, appuyée par les chiites », car les vrais problèmes ont surgi en Syrie : la pauvreté, l’injustice et la corruption.


Signes inquiétantsLa nouvelle direction égyptienne a de son côté promis d’appliquer le traité de paix avec Israël (1979), et Netanyahou a estimé qu’« il s’agit d’une pierre angulaire pour la paix et la stabilité de tout le Proche-Orient ». Mais, « la paix froide » de ces trois décennies risque de devenir glaciale. Le Caire est plus souple avec le Hamas, proche des Frères musulmans, désormais appelés à jouer un important rôle politique.

La construction d’une barrière à la frontière avec la bande de Gaza est ainsi stoppée. Cet ouvrage devait empêcher le trafic d’armes du Hamas via des tunnels clandestins. Des attentats ont d’autre part visé le gazoduc reliant l’Égypte et Israël. L’ancien président égyptien Hosni Moubarak est d’ailleurs formellement inculpé d’avoir vendu à tarif réduit ce gaz naturel, qui représente 40 % des besoins israéliens.

Autres signes inquiétants : dans le cadre du rapprochement déclaré de l’Égypte avec Téhéran, ennemi juré d’Israël, deux navires de guerre iraniens ont été autorisés à emprunter le canal de Suez. Et, lors des récents affrontements avec le Hamas, plusieurs milliers de personnes ont manifesté devant l’ambassade israélienne au Caire en scandant : « Mort à Israël ! Nous voulons la guerre ! »

Joël DAVID à Jérusalem


d'après : http://www.la-croix.com/Les-Israeliens-craignent-le-chaos/article/2462426/55351





Semaine de l’apartheid israélien : un manuel du débutant
Ben White - Mondoweiss - publié le jeudi 31 mars 2011.

Alors que des militants dans le monde entier ont participé à la Semaine de l’apartheid israélien (IAW)(du 8 au 15 mars au Canada) des groupes sionistes de lobbying se sont jetés dans l’action, ramenant toute une mixture de diversions mielleuses, de mensonges, et d’hasbaristes (propagandistes sionistes) entraînés. Voici cinq objections fréquemment avancées contre l’IAW, en désordre.

1 - « Les Arabes en Israël font leurs courses sur les mêmes marchés, se soignent dans les mêmes hôpitaux, s’assoient dans les mêmes parcs, etc. » (que les Israéliens juifs).

Cette allégation est parfois complétée par des photos montrant des Arabes vaquant joyeusement - et sans doute avec reconnaissance - à leurs tâches quotidiennes ou profitant de leurs temps de loisirs dans la Seule Démocratie du Moyen-Orient (enseigne commerciale).

Cependant, Israël en tant qu’espace démocratique, multiculturel, mixte est miné par tout un tas de situations, notamment - et non exclusivement :

- des « comités de sélections » décident qui peut se faire admettre dans les petites communautés, en se fondant sur des critères comme l’ « aptitude sociale » ; c’est une organisation qui opère dans des centaines de villes (l’usage de ces comités en tant qu’outil d’exclusion des Palestiniens pourrait bien être renforcé par une prochaine loi) ; un certain nombre de ces communautés ont été créées en premier lieu dans le cadre d’un projet basé sur la « discrimination ethnique » et la « phobie démographique » ;

- les Palestiniens « résidents permanents » de Jérusalem-Est, bien que vivant dans la prétendue « capitale unifiée » d’Israël, ne peuvent acquérir de biens immobiliers dans la plus grande partie de Jérusalem-Ouest et dans un tiers de Jérusalem-Est annexée illégalement ; ceci parce que pour « avoir le droit d’acheter de l’immobilier sur une terre d’État, l’acheteur doit être citoyen d’Israël » ou « avoir droit, de par la loi israélienne, à la citoyenneté dans le cadre de la loi du Retour (c’est-à-dire être juif) » ;

- les Palestiniens sous l’occupation militaire israélienne sont soumis à un régime strict qui contrôle leur liberté de déplacements, un régime basé sur un système d’ « autorisations » et mis en œuvre grâce aux check-points et à des obstacles physiques sur les routes. Les citoyens israéliens juifs, quant à eux, peuvent vivre dans les colonies à l’intérieur de la Cisjordanie et sont libres d’aller et venir à leur guise ; mais pas leurs voisins palestiniens.

2 - « Les Arabes en Israël jouissent d’un niveau de vie et de libertés civiles dont les Arabes dans le reste du Moyen-Orient ne peuvent que rêver. »

Ce genre d’argument était régulièrement mis en avant par le régime d’apartheid d’Afrique du Sud et ses partisans.

Par exemple, le chroniqueur d’agence états-unien, James Kilpatrick, récemment décédé, écrivait en 1971 que les conditions des Sud-Africains noirs pouvaient sembler « exécrables », mais qu’en réalité, « l’Afrique du Sud avait obtenu pour son peuple non blanc le meilleur des enseignements et le plus élevé des niveaux de vie de tous les Noirs d’Afrique ». (Kilpatrick poursuivait en ajoutant que c’est par « l’encouragement et la bonne compréhension » qu’on permettra « aux Noirs et aux Blancs » de « prospérer », et non par « la force, la fanfaronnade, et le boycott » - ça nous rappelle quelque chose !).

Bien sûr, la juste comparaison se fait entre les Israéliens juifs d’une part, et les citoyens palestiniens d’Israël et ceux sous l’occupation militaire d’autre part. En 2006, le PNB par habitant des Israéliens juifs était deux fois plus élevé que celui des Palestiniens d’Israël, et 15 fois celui des Palestiniens dans les Territoires occupés. Les Israéliens juifs vivent près de quatre ans de plus que leurs concitoyens palestiniens.

Et la liste est longue...

3 - « Et que dites-vous de l’Iran, de la Chine, de la Birmanie, du Soudan, de la Russie, etc. »

Bien que manifestement sans grande valeur, cette tactique est toujours ressassée, de façon lassante.

Bizarrement, dans le contexte du débat sur le désinvestissement à Berkeley, l’université de Californie, en 2010, certains partisans d’Israël avaient mis en garde contre cet argument, car il « signifie qu’Israël a commis des crimes de guerre ». En outre, demandez donc aux partisans d’Israël s’ils accusent les militants tibétains de « cibler » la Chine, ou s’ils demandent à des militants birmans pour la démocratie de s’engager à s’attaquer aux diamants du sang.

Nul ne songerait à poser ce genre de questions, alors pourquoi les Palestiniens et ceux qui leur sont solidaires devraient-ils être traités différemment, simplement parce que c’est Israël ?

4 - « Israël a des députés arabes, des Arabes dans le système judiciaire, des pop stars arabes, etc. »

Une position habilement contrée :

A l’époque où les Noirs américains subissaient les lois Jim Crow et d’autres formes de ségrégation raciale, un certain nombre de Noirs occupaient des postes importants aux États-Unis. Des artistes comme Louis Armstrong et Duke Ellington ont été envoyés en tournées internationales de bienveillance par le Département d’État des États-Unis. Ralph Bunch a servi comme ambassadeur des États-Unis aux Nations-Unies.

Oui, il y a un Bédouin au service des Affaires étrangères d’Israël. Non, cela ne cache en rien la réalité des villages non reconnus, des pertes de terre, des démolitions et des inégalités dans le Néguev.

5 - « Pourquoi ne parlez-vous pas des vrais apartheids ? »

C’est là où ils se lamentent et ragent contre les injustices en Arabie saoudite, au Liban, en Syrie, etc. « Il y a un apartheid sexiste ! un apartheid religieux ! », et ainsi de suite.

En réponse, on peut rappeler comment l’Arabie saoudite, tout comme Israël, est un allié clé des États-Unis, un régime salué comme « modéré » et « responsable » par l’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert. On peut aussi convenir qu’effectivement les réfugiés palestiniens ont été traités de façon abominable par beaucoup, y compris par des gouvernements arabes, mais que d’abord, il faut se demander pourquoi ce sont des réfugiés.

Enfin, il peut être utile de souligner qu’« apartheid » ne signifie pas simplement oppression ou « mauvaise action » - et vous ne pouvez pas simplement le répéter autant que de fois vous le pouvez dans l’espoir que tout le monde va finir par oublier ce que vous essayez de cacher.

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article10371



Tunis condamne l’appel aux juifs tunisiens à émigrer vers Israël
AP/Yahoo - publié le mardi 29 mars 2011.

La Tunisie a exprimé lundi sa "vive condamnation et son refus catégorique" de l’appel des autorités israéliennes encourageant les juifs tunisiens à émigrer vers Israël pour échapper aux "difficultés économiques" dans leur pays.

Selon l’agence de presse officielle TAP, la réaction des autorités tunisiennes fait suite aux déclarations de la ministre israélienne de l’Immigration et de l’intégration Sofa Landver qui encouragent "les juifs tunisiens à émigrer vers Israël, tout en leur promettant une aide financière et divers avantages, sous prétexte qu’ils endurent en Tunisie une situation économique difficile".

La "Tunisie a accueilli avec énormément de regret" ces déclarations qui "constituent une ingérence manifeste" dans ses affaires intérieures, déplore le ministère tunisien des Affaires étrangères dans un communiqué diffusé par la TAP. Il dénonce "un appel malintentionné aux citoyens tunisiens à émigrer vers Israël" et "une tentative par Israël de ternir l’image post-révolutionnaire de la Tunisie et de susciter les suspicions autour de sa sécurité, de son économie et de sa stabilité". Le ministère estime que les juifs tunisiens "ont constitué tout au long de l’histoire de la Tunisie, une partie intégrante de la société tunisienne, vivant en parfaite harmonie avec ses différentes composantes et dans le cadre du respect de leurs droits et de leurs libertés, en tant que communauté religieuse indépendante".

La communauté juive de Tunisie compte environ 1500 personnes, dont près d’un millier résidant de longue date dans l’île de Djerba, dans le Sud tunisien.

Peu après la chute du régime de Ben Ali le 14 janvier dernier, un groupe de manifestants islamistes de passage devant la grande synagogue de Tunis avait proféré des propos antisémites qui ont été unanimement condamnés par les autorités et la société civile, y compris le mouvement islamiste Ennahdha.

Interrogé dimanche par la presse, le ministre tunisien du Tourisme Mehdi Haouas a assuré que le pèlerinage juif à la synagogue de la Ghriba, à Djerba, aurait lieu en mai prochain "conformément à la tradition". Les rites annuels à la Ghriba, la synagogue la plus ancienne d’Afrique puisqu’elle a été construite il y a plus de 2500 ans selon la légende, attirent des fidèles de Tunisie mais aussi d’Europe, d’Amérique et d’Israël.

http://fr.news.yahoo.com/3/20110328...

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article10358


Tunisie: les juifs refusent de quitter le pays, selon un responsable juif

TUNIS, 29 mars 2011 (AFP) -

Les juifs de Tunisie refusent de quitter leur pays et se disent mécontents des "encouragements" du gouvernement hébreu pour qu'ils émigrent vers Israël, a déclaré mardi à l'AFP Perez Trabelsi président de la communauté juive de Djerba.

Le gouvernement israélien a débloqué dimanche un budget majorant l'aide aux juifs tunisiens qui souhaiteraient émigrer en Israël.

"Nous sommes avant tout des Tunisiens et nous n'avons aucun problème, nous vivons comme tout le monde et aucun juif ne va quitter le pays", a-t-il ajouté soulignant le "mécontentement de la communauté juive contre les déclarations des responsables israéliens sur leur situation en Tunisie"

"Les responsables israéliens ont eu des informations fausses sur notre situation", a déclaré M. Trabelsi, également président de la Ghriba, la plus ancienne synagogue d'Afrique sur l'île de Djerba à 500 km au sud de Tunis.

"Nous savons qu'il y a une véritable détresse parmi les juifs de Tunisie, dont beaucoup voudraient émigrer en Israël. Nous allons augmenter l'allocation d'intégration pour leur permettre de le faire", avait déclaré le Premier israélien ministre Benjamin Netanyahu, cité dans un communiqué officiel.

Les autorités tunisiennes avaient "vivement" dénoncé une "ingérence" et "une tentative de nuire à l'image de la Tunisie après la révolution et de susciter la suspicion sur sa sécurité, son économie et sa stabilité".

Le ministère israélien des Affaires étrangères s'est dit mardi "étonné" de l'émotion de Tunis.

"Nous sommes étonnés par le fait que des émigrants tunisiens se pressent par milliers aux portes de l'Europe et ne suscitent aucun commentaire du ministère tunisien des Affaires étrangères. En revanche, ce ministère bondit quand une vingtaine de juifs tunisiens immigrent en Israël", a affirmé à l'AFP Ygal Palmor, porte-parole du ministère.

La communauté juive tunisienne compte environ 1.500 membres, dont 1.200 à Djerba (sud) et le reste autour de la capitale, selon M. Trabelsi.

d'après : http://www.la-croix.com/afp.static/pages/110329131425.vt7ueitp.htm


Israël: une image toujours aussi négative
Le Monde.fr
08 mars 2011

Depuis 2005, la BBC mesure l’image d’un certain nombre de pays de par le monde. Les résultats pour 2011 viennent de tomber (voir ici les résultats de 2010). Au tableau final, l’Etat juif reste englué dans le peloton de queue des “bad boys”, juste devant la Corée du Nord, l’Iran et le Pakistan. Un rang peu rationnel quand on compare les degrés de liberté et de démocratie en Israël à celui des trois autres pays.

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En regardant dans le détail, l’image d’Israël s’est amélioré de deux points (la balance entre le total des avis favorables et défavorables) par rapport à 2010. En revanche, et c’est sans doute inquiétant pour les autorités israéliennes, la dégradation est nette (avis défavorables en hausse de 6 à 16%) dans des pays importants comme les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et l’Espagne et le Portugal.

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Le gouvernement autorise la construction de nouveaux logements en Cisjordanie

France 24 - 13/03/2011


Le gouvernement israélien a autorisé la réalisation d'un projet immobilier portant sur plusieurs centaines de logements dans des colonies de Cisjordanie, au lendemain de l'assassinat d'un couple de colons et de leurs trois enfants.

REUTERS - Les autorités israéliennes ont approuvé dimanche la mise en chantier de plusieurs centaines de logements dans les implantations juives de Cisjordanie, au lendemain de l'assassinat d'un couple de colons et de leurs trois enfants.

Les forces israéliennes sont toujours à la recherche du ou des auteurs de l'agression, commise à Itamar, une implantation proche de Naplouse.

Après avoir promis que cet acte n'altèrerait pas le développement des colonies, Benjamin Netanyahu, chef du gouvernement, a convoqué samedi soir un conseil des ministres extraordinaire sur le sujet.

Ses services indiquent dans un communiqué diffusé dimanche que "les ministres ont décidé d'autoriser la construction" de quelques centaines d'unités d'habitations dans ces implantations. Selon le quotidien Haaretz, il s'agirait de 500 logements.

La décision va, à n'en pas douter, susciter une vague de réprobation internationale et nourrir l'hostilité de l'autorité des Palestiniens à une relance du processus de paix.

Le dialogue, renoué le 2 septembre à Washington, a été gelé quelques semaines plus tard à l'expiration du moratoire sur les mises en chantier dans les colonies que Benjamnin Netanuahu a refusé de prolonger, malgré l'insistance des Etats-Unis.

d'après : http://www.france24.com/fr/20110313-israel-feu-vert-nouveau-logements-centaines-gouvernement-approuve-construction-colonies


Une lettre de prison
Raoul Marc Jennar le 10 mars 2011


Depuis les  cellules de la prison, on peut entendre des voix parfois indignées qui parlent des droits de l’homme….Ces hommes politiques, ces gouvernements qui prétendent défendre les droits de l’homme et appliquer la justice savent-ils ce qui se passe dans les prisons de  l’occupation israélienne ? Savent-ils que plus de 8000 prisonniers sont victimes de mort lente ?

Parfois des voix s’élèvent lors de réunions au sommet, il arrive que quelqu’un parle des prisonniers politiques palestiniens mais on parle de nous comme des terroristes, des numéros sans visage alors que comme tous les êtres humains, nous sommes parfois faibles, parfois forts, nous aimons et nous détestons, nous rions, nous avons même des moments de joie ou nous pleurons aussi quand nous pensons à nos familles.

Pour exprimer notre souffrance, il me faudrait écrire 10 livres mais même une encyclopédie ne ferait pas bouger vos consciences s’il vous en reste une après la course au pétrodollar de l’Oncle Sam qui occupe l’Irak en guise de démocratie.

Vous soutenez la justice et les droits de l’homme dans certains endroits du monde mais ici, vous soutenez et légitimez l’occupation et nous en payons le prix dans nos cellules.

Avez-vous déjà imaginé une femme palestinienne accouchant en prison, les pieds et mains liés ?
Avez-vous déjà vu un enfant de 12 ans menotté a un check point et laissé des heures au soleil ou sous la pluie par la volonté d’un simple soldat ?

Savez-vous qu’un grand nombre de mes camarades a déjà passé plus de 20 ans  derrière les barreaux ? Beaucoup ont perdu leurs parents sans pouvoir leur dire « adieu.

Les gouvernements occidentaux se doivent de réviser leurs positions concernant le Proche- orient avant qu’il ne soit trop tard.

Depuis quelque  temps, les révolutions de peuples arabes sont en train de mettre fin á des dictatures qui ont le plus souvent servi vos intérêts au lieu de défendre leurs peuples.

Vive les révolutions arabes ! Vive le pouvoir des peuples ! Vive la liberté
Salah Hamouri

Section 1
Prison de Guilboa, le 20 février 2011


d'après : http://www.jennar.fr/?p=1901

Le ministre de la Défense appelle à des actions rapides pour faire avancer les négociations avec les Palestiniens
Casafree.com - le 7/03/2011 16h27

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devrait prendre immédiatement des mesures politiques pour relancer les négociations avec les Palestiniens, a déclaré lundi le ministre israélien de la Défense Ehud Barak, soulignant qu'un Etat palestinien indépendant n'est pas à l'encontre de l'intérêt d'Israël.
"Il y a un tremblement de terre historique dans le monde arabe et il est bien évident que nous risquions de faire face à un tsumani de l'isolement international", a dit Barak sur la radio israélienne, ajoutant qu'Israël ne peut se permettre de continuer à marcher sur cette pente glissante.

M. Barak a tenu ces propos suite à des informations selon lesquelles le Premier ministre envisageait de présenter une nouvelle initiative diplomatique devant le Congrès américain en fin mai, qui appelle à la création d'un Etat palestinien au sein des frontières temporaires dans le cadre d'un accord de paix provisoire.

"Un discours du Premier ministre en mai est trop tard, nous devons prendre des actions dans les semaines à venir et prendre une décision audacieuse.

Cette décision audacieuse, selon M. Barak, doit inclure tous les aspects d'un accord (permanent), dont la sécurité, les frontières, les réfugiés, le statut de Jérusalem et la fin du conflit.




Israël, l’Amérique, et le nouveau Moyen-Orient

Info Palestine mardi 15 février 2011 - 06h:51

Pratiquement du jour au lendemain, le Moyen-Orient arabe s’est transformé au point de devenir méconnaissable. Les implications de cette transformation pour les intérêts vitaux de l’Amérique dans cette région et pour la paix israélo-palestinienne seront de grande envergure. Elles seront également largement interconnectées.
Un Président américain trouvera désormais politiquement plus facile de proposer un plan de paix américain et d’obtenir sa mise en œuvre en raison de l’impact des révolutions populaires sur les propres calculs coûts-avantages d’Israël.

La plupart des observateurs semblent s’accorder pour dire que les craintes israéliennes d’une influence politique naissante des Frères Musulmans et donc d’une résurgence du Hamas en Cisjordanie réduisent à néant le peu de chances qu’il pouvait encore exister pour un accord israélo-palestinien après la dernière impasse des pourparlers de paix sous négociation US. Mais cette conclusion pourrait bien être erronée, comme d’autres l’ont été dans le passé.

Les appréciations passées sur les perspectives d’un accord israélo-palestinien étaient totalement illusoires. Les tentatives de paix de l’Amérique au cours des années - qui ont toutes échoué - se fondaient sur le principe que « nous ne pouvions vouloir la paix plus que les parties elles-mêmes », un mantra récemment repris par la secrétaire d’État, Hillary Clinton, pour expliquer pourquoi le conflit ne pouvait être résolu que par un accord entre les parties, et non par une coercition extérieure.

La pression par les États-Unis fait défaut

En réalité, il n’y a jamais eu la moindre possibilité pour les parties elles-mêmes de pouvoir arriver à un accord, étant donné le déséquilibre écrasant de pouvoir entre elles, et étant donné l’appétit insatiable d’Israël pour la terre palestinienne. Les administrations américaines successives ont fait le choix de ne pas voir la réalité qu’Israël avait décidé de maintenir son contrôle effectif sur la Palestine « du fleuve à la mer », dès le lendemain de la guerre des Six Jours. (Voir La grande arnaque du processus de paix au Moyen-OrientLondon Review of Books, vol. 29, n° 16, 16 août 2007). C’est une détermination qui aurait pu être surmontée si seulement les calculs coûts/bénéfices par Israël avaient été modifiés par une force puissante, à savoir une pression effective des États-Unis. - Henry Siegman,

Ces pressions n’ont jamais eu lieu parce qu’il fallait que le Président américain du jour dise au Congrès et au public américain que l’engagement proclamé par Israël en faveur d’un retrait des territoires occupés et de création d’un État palestinien viable et souverain était une tromperie servant à couvrir l’expansion continue de ses colonies. L’AIPAC et les autres organisations fondamentalistes juives et évangéliques protestantes qui servent de lobbies en faveur d’Israël ont veillé à ce que la franchise soit beaucoup trop coûteuse politiquement pour toute administration.

Le Premier ministre d’Israël, Benjamin Netanyahu, et son gouvernement ont été convaincus d’avoir eu le dessus sur le Président Obama lors de leur confrontation sur la poursuite des constructions dans les colonies, et qu’ils pouvaient désormais continuer d’engloutir la Cisjordanie en toute impunité, au mépris non seulement des intérêts américains mais aussi du droit international et de tous les accords antérieurs où Israël s’engageait à arrêter de construire des colonies et à démanteler tous les avant-postes illégaux (*). (En dépit des promesses répétées, non seulement les avant-postes illégaux n’ont pas été démantelés, mais beaucoup d’entre eux ont été convertis en véritables colonies). L’objectif prévu à long terme de l’entreprise coloniale d’Israël - instaurer un contrôle irréversible, par le biais de ses colonies, sur toute la Palestine - était manifestement en vue, si ce n’est déjà devenu un fait accompli.

La crédibilité de l’Amérique sur le déclin

Les dirigeants israéliens ont fondé leur indifférence vis-à-vis de l’indignation populaire arabe généralisée quant à leurs quarante-quatre années d’occupation du peuple palestinien sur leur conviction que les régimes autoritaires arabes, dont la survie dépendait dans une large mesure du parapluie de sécurité des États-Unis, mettraient en échec la rage de leurs sujets. La déférence de ces régimes vis-à-vis des États-Unis a été responsable de la stabilité des accords de paix de l’Égypte et de la Jordanie avec Israël et de l’historique Initiative de paix arabe qui a commis tous les pays arabes à la normalisation complète des relations avec Israël une fois qu’il aura atteint un accord de paix avec les Palestiniens.

Mais la crédibilité et l’influence de l’Amérique ont commencé à s’éroder, avant même les récentes éruptions populaires dans la région, en partie à cause de la capitulation du Président Barack Obama devant Bibi Netanyahou. La chute de Moubarak affaiblira la volonté que d’autres régimes arabes auraient pu avoir à collaborer avec les États-Unis et Israël dans une coalition anti-iranienne et renforcera l’influence de l’Iran dans la région. Parce que l’hostilité de la plupart des régimes arabes envers l’Iran n’était pas partagée par la rue arabe, principalement du fait que l’Iran était vu par eux comme assumant un leadership dans la lutte contre l’occupation israélienne de la Palestine que leurs propres régimes arabes avaient abandonnée.

Les changements révolutionnaires en cours dans la région créent des dommages pour Israël qui pourraient bien être existentiels, selon la façon dont il y réagit. Car, avec la suppression de Moubarak, Israël peut récolter ce qu’il a semé si témérairement, et revenir à son statut antérieur de nation paria dans cette partie du monde. Le gouvernement Netanyahu a déjà prouvé que même si le sionisme n’est pas du racisme, les sionistes peuvent être racistes. C’est un gouvernement qui, par son refus aux Palestiniens d’avoir leur propre État et par l’instauration d’un régime d’apartheid israélien, peut encore parvenir à persuader le monde que le sionisme qu’il pratique est effectivement du racisme.

La colère des peuples arabes plus les humiliations des Palestiniens

En tout état de cause, le traité de paix d’Israël avec l’Égypte est ce qui a permis d’éviter à Israël d’être défiée militairement par tous les autres pays de la région. L’Égypte a de loin la force militaire la plus efficace dans le Moyen-Orient arabe, et aucun défi militaire arabe n’aurait été osé contre Israël sans la participation de l’Égypte. Un changement de gouvernement en Égypte qui met fin à la politique de Moubarak consistant à épouser la docilité de l’Amérique envers Israël compromettra de façon significative la situation stratégique d’Israël.

Peu importe les éventuels changements supplémentaires pouvant se produire dans la région, l’évolution à ce jour en Tunisie et Égypte a déjà considérablement réduit la capacité des régimes arabes restant d’opter pour le rapprochement avec Israël. Il est difficile d’imaginer que l’Initiative de paix arabe, si dédaigneusement ignorée par Israël depuis près de dix ans, ne soit pas retirée à l’avenir. Aucun régime arabe restant n’osera contester la colère populaire qui existe dans tous les pays arabes envers Israël pour les humiliations qu’Israël inflige aux Palestiniens sous son occupation sans fin. Bien que le conflit israélo-palestinien ne soit pas la première cause des bouleversements en cours, l’échec des régimes arabes à mettre fin à la dépossession des Palestiniens fait partie des griefs populaires essentiels contre leurs dirigeants.

Pour la même raison, le traité de paix de la Jordanie avec Israël n’a pas de chances de survivre si le traité de paix de l’Égypte est abrogé. Il est difficile d’imaginer que la Jordanie risquerait d’être le seul pays arabe à entretenir des relations normales avec Israël.

Une action américaine sur la Palestine est cruciale

La manipulation de l’administration Obama des réalités qui bougeaient dans le monde arabe ne gagnera pas de prix, même si sa réticence à laisser tomber Moubarak, le pilier régional de sa politique au Moyen-Orient, est compréhensible. Elle doit maintenant rattraper son retard si elle veut retrouver un peu de sa crédibilité perdue dans la nouvelle réalité qui émerge au Moyen-Orient, en particulier à la lumière de son incompétence à traiter avec le gouvernement nationaliste et xénophobe d’extrême droite de Netanyahu.

Ironiquement, c’est précisément cette question - sauver un État palestinien viable et souverain de la gueule d’une occupation israélienne inflexible sur le point d’avaler toute la Palestine - qui offre aux États-Unis une chance de rétablir une partie de sa crédibilité perdue. Si les États-Unis devaient réussir dans un tel effort permettant à un État palestinien viable de voir le jour, non seulement l’influence américaine dans la région s’améliorerait et l’Iran s’affaiblirait, mais la principale cause de l’hostilité arabe et internationale contre Israël - et du soutien populaire arabe de l’Iran - diminuerait fortement. Cela faciliterait également la capacité américaine à prendre la défense d’Israël - diplomatique ou militaire - si les circonstances l’obligeaient à le faire.

Étant donné le nombre d’initiatives de paix des États-Unis ayant échoué au cours des années, une telle opération de sauvetage américaine est-t-elle seulement concevable ? Est-ce qu’un Président américain serait finalement capable d’abandonner le frauduleux processus de paix, de présenter aux parties un cadre détaillé pour une solution sur le statut permanent et d’en obtenir l’acceptation par Israël et les Palestiniens ? La réponse est oui, pour deux raisons importantes.

Coûts élevés pour les intérêts US

Tout d’abord, les bouleversements dans la région ont spectaculairement augmenté le coût des politiques américaines actuelles dans cette partie du monde pour les intérêts américains, un coût qui comprend de nouveaux dangers pour la sécurité de son personnel militaire dans la région. C’est un coût qui dépasse de loin le coût pour toute administration de supprimer la vérité sur la culpabilité d’Israël quant à l’impasse des pourparlers de paix. C’est un coût pour les intérêts américains que même les membres du Congrès sous l’emprise du lobby d’Israël peuvent maintenant trouver excessif.

Même s’il est vrai que nous ne pouvons pas imposer nos idées à un autre gouvernement, cela a toujours été une excuse boiteuse pour notre inaction. Parce que personne n’a suggéré aux États-Unis de punir Israël pour parvenir à ses fins. Ce qui est proposé, c’est que nous cessions de le récompenser - par des dons militaires, diplomatiques et économiques sans précédent - pour son indifférence aux dommages que son sabotage délibéré d’une solution à deux États causent, non seulement aux Palestiniens mais aux intérêts nationaux de l’Amérique, sans parler des dommages à ses propres intérêts.

La deuxième raison pour laquelle un Président américain trouvera désormais politiquement plus facile de proposer un plan de paix américain et d’obtenir sa mise en œuvre est l’impact des révolutions populaires sur les propres calculs coûts-avantages d’Israël.

Pour les raisons indiquées ci-dessus, Israël est sur le point de revenir à son isolement antérieur. Les accords de paix avec l’Égypte et la Jordanie sont menacés, les assauts internationaux sur la légitimité d’Israël, aussi mal fondés puissent-ils être, sont en cours, et - en conséquence de son rejet des propositions du Président Obama de mettre fin à ses confiscations des territoires palestiniens qui a transformé les pourparlers de paix en une farce - l’influence et la crédibilité de son protecteur américain ont été fortement diminuées. Dans ces circonstances, un gouvernement israélien qui rejette les demandes urgentes du seul ami véritable qui lui reste ne peut pas survivre longtemps.

Sauver un État palestinien souverain offre aux États-Unis une chance de rétablir la crédibilité et l’influence qu’ils ont perdues dans la région et d’affaiblir l’Iran. Compte tenu des changements tectoniques dans cette région et de la menace qu’ils représentent à la fois pour les intérêts américains et israéliens, une intervention américaine pour mettre fin au conflit israélo-palestinien est non seulement politiquement concevable, mais, peut-être pour la première fois, réalisable.

(*) - Avant-postes illégaux au regard de la loi israélienne, sachant que toutes les colonies sont illégales au regard du droit international (ndt JPP).


Des armes israéliennes sophistiquées pour assassiner les meneurs des manifestations

Oumma.com - publié le dimanche 30 janvier 2011

La Chaine Al-Jazeera vient de donner la parole successivement à deux personnalités égyptiennes M. Omar AFIFI, ancien colonel de la police et M. Loï DIB, militant des Droits de l’Homme qui ont demandé à s’exprimer sur une information gravissime :

Ces deux personnes ont en effet déclaré qu’ils détenaient des informations de première main, aux termes desquelles, 3 avions israéliens en provenance de Chypre, ont atterri tôt ce matin du dimanche 30 Janvier, entre 4h et 5h matin à l’aéroport militaire du Caire. Ces avions ont livré du matériel militaire sophistiqué dont en particulier :

  •  des pistolets télescopiques sophistiqués, de fabrication israélienne munis d’un système optique spécialement conçus pour des « snippers » ;
  •  des pistolets pour balles explosives à guidage laser ;
  •  des caisses de munitions ;
  •  des conteneurs de bouteilles de gaz lacrymogène étouffant, internationalement interdits d’usage ;

    Ces personnes ont l’une et l’autre, lancé un appel de détresse en direction de l’opinion publique internationale en avertissant qu’un bain de sang – planifié entre Israël et le régime traitre de Moubarak – était en préparation contre le peuple égyptien pour le punir de s’être soulevé. Ces mêmes personnes ont tenu à rappeler que le chef des « Moukhabarate » le général Omar Suleiman, promu « Vice-Président » par Moubarak, passait plus de temps à Tel-Aviv qu’au Caire…

    Le Quotidien d’Algérie

  • d'après : http://oumma.com/Des-armes-israeliennes

  • Israel: Enfant de 5 ans défendant son père face aux soldats israelien
    4 Août 2010 par IsmaelMonCoeur

    Israel: Enfant de 5 ans défendant son père face aux soldats israelien





    Ameer Makhoul vient d’être condamné à 9 ans de prison

    Communiqué de l’UJFP publié le lundi 31 janvier 2011.

    http://www.ujfp.org/modules/news/article.php?storyid=868

     

    Sentence inique parce que fondée sur le "plea bargain" israélien négocié après qu’Ameer a subi des traitements inhumains : on plaide coupable, mais sans accès aux preuves que le Procureur prétend avoir, comme pour l’étudiant franco palestinien Salah Hamouri.

    Que signifie cette condamnation à 9 ans ? Un signe adressé aux activistes Palestiniens vivant en Israël : aucune critique de la politique d’apartheid ne sera plus tolérée. Les libertés publiques et privées seront réduites pour toute personne critiquant l’État d’Israël. La liberté de circulation sera supprimée à tout citoyen d’Israël qui ne prouvera pas, par ses dires, son allégeance à un Etat qui discrimine, nie, bafoue, rejette, vole, dépossède les citoyens Palestiniens - qu’ils soient des territoires occupés ou qu’ils vivent en Israël- mais aussi qui nie tout droit aux nombreux migrants qui viennent chercher du travail en Israël.

    Il est demandé aussi bien aux Palestiniens des territoires illégalement occupés qu’aux Palestiniens d’Israël de renoncer à leurs droits fondamentaux, de renoncer à leur droit inaliénable à l’autodétermination, et cela avec le silence complice de la communauté internationale. L’impunité de l’État d’Israël -qui ne cesse de commettre des crimes de guerre- est devenue la nouvelle règle édictée par cette même communauté. Ameer Makhoul, les quelque 7 000 prisonniers politiques palestiniens sont les victimes de cette politique délétère qui met l’ensemble du monde en péril.

    L’UJFP dénonce ce verdict et cette idéologie mortifère qui permet de telles violations et assure Ameer Makhoul de sa solidarité et de son soutien ; il ne saurait y avoir de paix juste et durable sans un règlement de la question de l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens.

    L’UJFP engage toutes les personnes œuvrant pour le respect des droits humains à tout faire pour que cet État soit sanctionné pour les crimes qu’il commet et que la responsabilité des États qui sont complices soit interrogée.

    Pour la libération, sans condition, de l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens, pour la libération d’Ameer Makhoul.

    Le BN de l’UJFP, le 31 janvier 2011


    Israël condamne un défenseur palestinien des droits de l’homme à 9 ans de prison

    (www.pourlapalestine.be)

    Dimanche, 30 Janvier 2011

    L’écrivain arabe-israélien Ameer Makhoul (52 ans), directeur de l’association ITTIJA (Union of Arab Community-Based Associations) et président du Comité public pour la défense des citoyens arabes israéliens, qui se définiit comme “activiste pacifiste et anti-apartheid“, vient d’être condamné à passer neuf ans derrière les barreaux par un tribunal israélien.

    Ameer Makhoul, est détenu dans la prison de Gilboa au sud d’Israël depuis le 6 mai 2010, date à laquelle il a été arrêté chez lui après que le ministère de l’intérieur israélien lui a interdit de voyager à l’étranger.

    Il a été mis au secret pendant deux semaines et soumis à un interrogatoire plus que musclé, à la suite duquel il a été accusé le 27 mai "d’espionnage, de contact avec des agents étrangers et de conspiration avec l’ennemi en temps de guerre", l’ennemi en question étant le Hezbollah.

    Ameer Makhoul a eu beau indiquer qu’on lui avait extorqué des aveux sous la torture (notamment la privation de sommeil) et qu’on l’avait menacé de prison à vie s’il n’avouait pas.

    Des "aveux spontanés", permettent selon la procédure en vigueur en Israël de négocier la peine à la baisse grâce à l’abandon de certaines charges. Beaucoup de Palestiniens soumis à ce chantage se résignent à "avouer" afin d’écarter le risque de la peine maximale, sachant qu’en tout état de cause en aucun cas l’innocence ne peut le moins du monde leur garantir un acquittement face à des juges israéliens, en particulier quand ils sont accusés d’atteinte conte "la sécurité d’Israël" (qui comme chacun sait est en permanence au bord d’un "nouvel holocauste"...).

    Les juges lui ont donc infligé ce à quoi les Palestiniens qui vivent en Israël - citoyens de seconde zone de "l’État des Juifs" - ont droit, lorsqu’ils osent s’exprimer sur les violations du droit commises par Israël. Certains sites web sionistes reprochaient même au tribunal, aussitôt après le jugement, de s’être montré anormalement clément, estimant qu’une peine de 20 ans eut été plus adéquate...

    Amnesty International s’était indigné du harcèlement et de l’arrestation de ce défenseur des droits de l’homme. Philip Luther, Directeur adjoint d’Amnesty International au Moyen-Orient a récemment déclaré : "Son arrestation après un constant harcèlement a pour but de l’empêcher de défendre les droits de l’homme. Nous le considérons comme un prisonnier de conscience et exigeons sa libération immédiate et inconditionnelle".

    L’association de défense des prisonniers palestiniens, Addameer réclame également sa libération immédiate, et appelle à la mobilisation en sa faveur.

    - Addameer Prisoner Support and Human Rights Association Tel : +972 (0)2 296 0446 / 297 0136 Fax : +972 (0)2 296 0447. Email : info@addameer.ps

    - Ameer Makhoul a aussi un blog personnel : http://freeameermakhoul.blogspot.com

    http://www.pourlapalestine.be/index.php?option=com_content&view=article&id=945:israel-condamne-un-defenseur-palestinien-des-droits-de-lhomme-a-9-ans-de-prison&catid=1:latest-news


    Communiqué de l’UJFP




    Enquête sur l’université de Haïfa et son traitement des étudiants Palestiniens : Une chronique de discrimination et de racisme

    Baladna Association for Arab Youth. En collaboration avec les partis et organisations politiques étudiantes : Abnaa’ Al Balad, Al-Jabna, Al-Tajamo, Ikraa (Recherche et rédaction : Amal Ziyade)
    publié le dimanche 9 janvier 2011.


    Introduction

    (NDLR : la capacité de cette page ne nous a pas permis de copier les notes. Vous pouvez les consulter, en français ou en anglais, dans les rapports téléchargeables : voir en fin d’article)

    Le « campus », en tant qu’espace physique des institutions académiques, est le centre premier de la vie étudiante. La vie du campus, non limitée à l’enseignement, est une chance unique d’acquérir le capital humain, si central pour tenter d’influencer la sphère publique et les luttes sociales. Grâce aux valeurs des libertés universitaires, l’université offre à ses étudiants une large base de libres activités. Un rappel historique indique aisément que d’innombrables mouvements sociaux étudiants ont grandement influencé des questions tant locales que générales. C’est cette liberté socio-académique offerte par une université qui permet aux étudiants de devenir des leaders influençant la sphère publique, même après la fin de leurs études.

    En Israël, les circonstances actuelles ne passent guère inaperçues et l’activisme étudiant a largement eu lieu, menant à des mouvements sociaux et politiques importants en de multiples occasions. Pour tous ces mouvements, l’administration des campus offrit à ces activités une grande sphère de liberté. Cependant, lorsqu’il s’agit des étudiants Palestiniens, l’accès à une telle liberté sociopolitique se présente différemment. Depuis les débuts de l’établissement d’Israël, les différents gouvernements ont considéré l’éducation de sa minorité palestinienne comme un outil pouvant potentiellement accroître la menace sécuritaire par sa seule existence. David Ben Gourion, le premier Premier ministre d’Israël, connu pour ses efforts pour maintenir un large fossé entre les citoyens Palestiniens et juifs (afin de neutraliser la menace arabe) disait dans son discours que si le nombre des étudiants Arabes inscrits aux universités et aux grandes écoles augmente, certains éléments changeront dans la population, les rendant plus forts que ses citoyens juifs. (1)

    On peut trouver une attitude similaire vis-à-vis des citoyens Palestiniens d’Israël parmi d’autres décideurs, tel Uri Lubrani, un conseiller de l’ancien Premier ministre. D’après Haaretz, Lubrani a dit que : « Ce serait peut-être mieux s’il n’y avait pas d’étudiants Arabes. Si les Arabes restaient des bûcherons, il serait beaucoup plus facile pour nous de les contrôler, mais certaines choses ne dépendent pas de nos volontés ».(2) Il n’est pas surprenant que de telles attitudes et opinions ségrégationnistes aient infiltré de facto les couloirs des campus.

    L’attitude d’Israël envers ses citoyens Palestiniens dans la deuxième décennie suivant sa création est analysée en détail dans la thèse de Yaier Boimel. Dans un chapitre de son travail, Boimel décrit une longue chronologie de manifestations ayant eu lieu contre le racisme envers les étudiants Palestiniens. Parmi d’autres sujets, Boimel met l’accent sur la difficulté de s’inscrire aux universités, obtenir un logement, des bourses et du travail.

    Le professeur explique que les conséquences d’une telle discrimination sont bien visibles quand on regarde le nombre des diplômés de l’université. Entre 1961 et 1971, par exemple, seules 328 étudiants Arabes ont reçu un diplôme, soit 0,09 % de la population, comparé à 13 % pour les diplômés universitaires juifs pendant la même décennie.(3) Notamment, dans plusieurs cas ce ratio a été imposé en accord avec le Shabak, comme la recherche de Boimel le mentionne ci-dessous :

    « Quand l’université de Haïfa refusa d’accepter Mohammed Miyari dans son personnel enseignant en 1970 suite aux recommandations du Shabak, cela devint une affaire publique. Le recteur adjoint de l’université de Haïfa, Binyamin Aktsin, justifia la consultation du Shabak en disant que les Arabes d’Israël vivent une crise d’identité face au choix de la loyauté envers l’État d’Israël ou les Etats arabes ennemis voisins. Ceci conduit à des précautions supplémentaires quand on embauche des Arabes, même s’ils n’ont pas de convictions préalables et que leur casier est vierge ».(4)

    Boimel cite d’autres chercheurs pour illustrer des limitations additionnelles de la liberté d’expression pour les étudiants Palestiniens dans les universités israéliennes. Ils établirent qu’à cause de la peur des étudiants Palestiniens politiquement organisés, l’administration attribue à chacun d’eux un agent de sécurité travaillant étroitement avec le Shabak (en liaison avec l’université) dans les relations avec ces étudiants.(5)

    Si de tels rapports sont bien soutenus par des preuves substantielles, il devient alors clair que la façon dont les universités israéliennes traitent les étudiants Palestiniens est ouvertement discriminatoire sur la base de la croyance que cette minorité constitue une menace sécuritaire potentielle. La liberté académique et l’espace de liberté qui caractérisent les campus universitaires dans le but de faire éclore une vie étudiante saine sont par conséquent limités pour les étudiants Palestiniens uniquement à cause de leur appartenance ethnique.

    Sur la base de ces faits, on peut raisonnablement se demander si un tel comportement discriminatoire continue d’être un problème dans les campus universitaires et c’est cette question qui sera traitée en profondeur dans ce document. Via l’analyse de récentes études de cas concernant des actions discriminatoires envers les étudiants Palestiniens, cette étude portera particulièrement sur la réalité de l’université de Haïfa, qui compte le plus grand nombre d’étudiants Palestiniens depuis le début des années 1970. Ce rapport a été rédigé par Baladna Association for Arab Youth, une ONG traitant principalement de l’émancipation des jeunes dirigeants Palestiniens, qui considère l’action étudiante comme vitale à la promotion de cette direction. Le rapport est basé sur le nombre croissant de plaintes pour discrimination affectant tous les aspects de la vie. Il est nécessaire d’examiner s’il s’agit de cas isolés de discrimination ou s’ils font partie d’une politique d’Etat.

    Le but de ce document est de renforcer l’action et d’encourager un débat public sur les questions de la liberté d’expression et de l’existence d’une tribune pour la liberté académique pour des étudiants Palestiniens. Un tel débat devrait avoir lieu entre les autorités universitaires, le corps enseignant, et le public israélien en général.

    Comme mentionné plus haut, l’accent portera surtout sur l’université de Haïfa. Une recherche ultérieure sur le même sujet dans des publications futures devrait inclure d’autres établissements d’éducation supérieure. Le document couvrira les aspects suivants :

    Le campus en tant que plateforme pour la liberté d’expression et l’action publique : ce chapitre examinera d’abord les procédures existantes dans l’université concernant toute action politique ou publique dans laquelle s’engagent les étudiants. Ensuite, l’accent sera mis sur la réponse de l’université aux actions et activités dans lesquelles ont pris part des étudiants Arabes. Ce chapitre utilisera les protocoles de la Commission éducation de la Knesset se rapportant à ce sujet.

    Condition d’inscription dans différents départements universitaires : la question a été soulevée plusieurs fois de cas où les étudiants Arabes ont noté que les conditions d’acceptation sont discriminatoires sur la base de leur ethnicité. Ce chapitre examinera ces cas et étudiera s’il s’agit effectivement d’actes de discrimination injustifiée contre les étudiants Arabes.

    Discrimination pour l’acceptation dans les dortoirs d’étudiants  : ici aussi, il a été suggéré que les conditions d’acceptation aux dortoirs d’étudiants sont discriminatoires vis-à-vis des étudiants arabes. Malgré un précédent judiciaire de la cour fédérale décidant que la priorité donnée aux ex-appelés sur les étudiants Arabes pour l’acceptation aux foyers étudiants est discriminatoire, elle est encore fréquente.

    Discrimination dans l’attribution de subventions et de bourses : les bourses sont attribuées en partie par des programmes spéciaux dans la section du bureau des étudiants du doyen à l’université de Haïfa. Mais à cause de nombreuses plaintes venant d’étudiants Palestiniens reçues par Baladna, nous avons décidé d’examiner cette procédure ainsi que les limitations à l’obtention de telles subventions et bourses qui nous ont été présentées.

    Le décryptage du traitement des étudiants Arabes par l’université de Haïfa est une première étape dans un processus général visant à clarifier l’approche de toutes les institutions d’éducation supérieure vis-à-vis de ce groupe minoritaire. Le cas de l’université de Haïfa aidera à réaliser les premiers pas afin de changer la réalité existante et développer le scepticisme vis-à-vis des règlements appliqués par les autres institutions universitaires.


    La société arabe/palestinienne en Israël & l’enseignement supérieur : faits et contexte général

    D’après le Bureau central des statistiques, en l’année 2006-2007, seuls 9,3% des étudiants étaient Palestiniens. Parmi les étudiants en maîtrise, seuls 11,2 % étaient Palestiniens. À l’université de Haïfa, on comptait 16.705 étudiants inscrits la même année, dont 22,1% de Palestiniens. Sur la base de cette donnée, Haïfa a la plus haute concentration d’étudiants Palestiniens inscrits dans des universités israéliennes. Les universités Ben Gourion, Bar Ilan, de Tel-Aviv et l’université hébraïque comptaient respectivement 4,3%, 8,3%, 5,2% et 8,6% d’étudiants Palestiniens. L’éducation est un des paramètres les plus utiles à l’évaluation du progrès et du développement d’une société. Les classes éduquées ont toujours été considérés comme les acteurs d’un changement affectant le progrès au sein de la société. L’éducation supérieure est un moyen d’augmenter le capital humain d’une population et elle représente par conséquent une composante cruciale des processus de croissance et de progrès. Le faible pourcentage d’étudiants mentionnés ci-dessus indique une situation poignante de la communauté palestinienne en Israël. Un examen général du statut social, économique, éducatif et culturel de cette société [palestinienne d’Israël] révèle de nombreux problèmes et défauts qui entrent directement en résonance avec la politique gouvernementale.

    Changer la réalité actuelle pourrait ainsi mener à une augmentation significative de la population hautement éduquée parmi la population palestinienne en Israël, ainsi qu’une augmentation du nombre d’étudiants et d’enseignants Palestiniens dans toutes les disciplines. Ce besoin élémentaire n’a pas été négligé par le sous-comité nommé par la Commission pour la conception et le financement de l’éducation supérieure, qui mentionnait dans son rapport de 2002 : « En raison des changements économiques, sociaux et politiques qui se sont produits dans la société arabe depuis la création de l’État d’Israël, l’éducation est devenue la ressource la plus importante pour son existence nationale et sociale et son positionnement dans la société israélienne. Ces changements ont conduit à un rehaussement du statut des universitaires, considérés comme placés au centre du processus de réhabilitation politique et sociale et d’unification des objectifs de la population arabe... » (6)

    Si on observe la réalité il est clair que très peu a été fait depuis l’écriture de ce rapport.


    Le campus, tribune pour la liberté d’expression et le militantisme communautaire

    Historique :

    Dans la présentation de l’université de Haïfa sur son site officiel, on trouve la déclaration suivante :

    « L’université de Haïfa est l’institution d’éducation supérieure la plus pluraliste d’Israël : des garçons et filles des cités pionnières ainsi que des villes de développement, des kibboutzim et des moshavim, de nouveaux immigrants, des juifs, Arabes et Druzes, des officiers de l’IDF [armée israélienne] et des membres du personnel sécuritaire — assis tous ensemble sur le banc du savoir dans une atmosphère de coexistence, de tolérance et de respect mutuel. L’université considère le lien entre l’excellence académique et la responsabilité sociale comme sa mission phare et le service à la communauté comme un de ses buts les plus importants ». (7)

    La question posée est : cette déclaration reflète-t-elle la réalité et l’ « atmosphère de coexistence, de tolérance et de respect mutuel » domine-il réellement les relations de l’université avec ses étudiants Palestiniens ?

    L’université donne t-elle réellement aux étudiants Palestiniens la possibilité de maximiser leurs accès à l’excellence académique tout en leur permettant la liberté de critiquer la politique israélienne ?

    L’exemple suivant nous montre l’atmosphère générale qui domine les couloirs de l’université de Haïfa :

    Au début de 2009, à la veille des élections de la 18e Knesset, Israël a opéré une attaque offensive sur Gaza. Le résultat de ces attaques fut environ 1300 civils tués, dont un tiers d’enfants. La voix dominante au sein de la population juive s’est traduite par un soutien quasi unanime pour cette violente attaque, et l’atmosphère générale dans le pays interdisait aux voix critiques de prendre part au discours, y compris sur les campus universitaires.

    Le 6 janvier 2009, la police est entrée sur le campus de l’université de Haïfa pour mettre fin à des manifestations étudiantes tenues contre l’attaque sur Gaza. Les forces de police sont entrées avec l’autorisation de la direction de l’université. Une manifestation juive de soutien aux événements de Gaza, qui a pris place en même temps, n’a pas été empêchée. Les forces de la police spéciale exercèrent une violence extrême et brutale à l’encontre des étudiants Palestiniens et en arrêtèrent 11. Suite aux événements, un étudiant fut emmené à l’hôpital pour les soins médicaux.

    Cette suite d’événements appelle à une étude critique de la réalité actuelle dominant l’université de Haïfa puisque le cas des manifestations sur Gaza est loin d’être exceptionnel. En de nombreuses autres occasions, les forces de police spéciale sont entrées sur le campus pour interdire par la force des manifestations tenues par des étudiants Palestiniens. Les militants Palestiniens tendent à être engagés dans une forte critique de la politique du gouvernement d’Israël, particulièrement sur ce qui concerne les citoyens Palestiniens d’Israël et des territoires occupés. Cependant, la situation poignante ne s’arrête pas là ; beaucoup d’étudiants ont rapporté des attitudes4

    Discriminatoires et racistes à leur égard de la part de leurs compagnons étudiants juifs, ainsi que des membres de la faculté et du personnel.

    Le jour des manifestations pour Gaza, l’avocat Mazen Copti, membre du conseil d’administration de l’université de Haïfa, a présenté sa démission en protestation contre le traitement des étudiants Palestiniens par l’université. Copti mentionna dans sa lettre de démission que « ceci [sa démission] est le moins que je puisse faire pour exprimer mon objection au traitement discriminatoire de l’université envers ses étudiants Arabes ».

    Comme nous l’avons mentionné plus haut, cet événement n’est en rien exceptionnel. Dans le rapport suivant nous traiterons des plaintes des étudiants Palestiniens victimes de discrimination de la part de la direction de l’université et de l’administration.


    Liberté d’expression et d’action : les limitations des règlements universitaires

    Le 4 juillet 2009, huit membres actifs des mouvements politiques de gauche Hadash- Balad et Meretz ont manifesté sur le campus de Haïfa en couvrant leur bouche d’adhésif et en tenant des panneaux en arabe et en hébreu où était écrit « A l’attention de l’Association des Etudiants : il vaut mieux se taire que d’être raciste ». Ils ont aussi distribué des tracts avec écrit « Stop ! le racisme est devant vous ! » Cette action symbolique a eu lieu en réponse aux propos racistes tenus à des Arabes par un porte- parole de l’Association des étudiants.

    L’administration, le Doyen des étudiants et les forces de sécurité considérèrent cette action étudiante comme une violation des règlements du militantisme social sur le campus. Les étudiants affrontèrent un comité de discipline où ils furent accusés de plusieurs délits. Voici un résumé des violations sur lesquelles ils furent condamnés :

    « Comportement étudiant inapproprié ; interruption de cours et de recherches ou du travail universitaire ; désobéissance aux autorités universitaires ; violation des règlements universitaires concernant les activités sociales sur le campus ». (8)

    A la fin de l’audition, le juge Dr. Khaled Ghnayem Zika acquitta les étudiants et mentionna qu’il s’agissait d’ « une expression de la liberté d’expression...L’université doit clarifier ses règlements et procédures sur l’activisme public ». Ainsi, l’université doit réglementer ses activités publiques tout en restant fidèle aux valeurs de la liberté d’expression ancrées dans les droits élémentaires du pays.

    Pour une meilleure compréhension, nous allons maintenant traiter brièvement de l’aspect légal de ce sujet.

    Le 29 mai 2007, la Knesset a passé une nouvelle loi affectant les principes des droits des étudiants en Israël. Dans l’article 2 de la loi, il est mentionné que :

    L’objet de cette loi est de déterminer les droits élémentaires des citoyens Israéliens ainsi que des résidents d’Israël et leur accessibilité à l’éducation supérieure ainsi que les valeurs de droits des étudiants. L’obligation incombant à la société israélienne est de protéger ces droits ainsi que l’égalité des chances d’accès à l’éducation supérieure.

    Le principe de la liberté d’expression est souligné dans les articles 5 et 6 de cette loi :

    5. Sans diminuer chaque droit accordé par la loi, tout étudiant a la liberté d’exprimer ses opinions et ses vues sur le contenu des sujets et des valeurs étudiées et exprimées ; cet article n’est pas destiné à limiter l’autorité d’une institution lorsqu’elle règlemente les moyens d’exprimer des opinions et des points de vue pour rétablir un environnement d’études approprié (souligné par moi)

    6. Tout étudiant à la liberté de protester sur tout sujet ou affaire, et surtout en ce qui concerne les droits des étudiants en accord avec les règles écrites dans les règlements de l’université (souligné par moi)

    Ces articles de la loi sont supposés asseoir les droits d’expression et d’assemblée. Ceci n’est cependant vrai qu’en accord avec les règlements et les normes de chaque institution. Par conséquent, chaque institution peut limiter la liberté d’expression grâce à ses propres règlements dans l’intérêt de maintenir un « processus d’étude approprié ». Ceci donne à toute institution universitaire la marge nécessaire pour ignorer complètement la loi fondamentale du respect de la liberté de la démocratie qu’est Israël.

    Il apparaît que cette loi a accordé à l’université de Haïfa le droit de limiter la liberté d’action sur son campus. Il n’a pas fallu longtemps avant que l’université assume un droit aussi puissant. Par exemple, le 24 décembre 2009, plusieurs étudiants Palestiniens de différents groupes politiques à l’université de Haïfa se sont vu refuser une manifestation par le doyen des étudiants Yoav Lavi. Lavi déclara que « pendant toute la journée nous avons reçu des informations selon lesquelles des groupes d’étudiants opposés à cette manifestation s’organisaient pour ‘stopper la manifestation à tout prix’ ». Lavi mentionna aussi que vues les circonstances tendues, il y avait une grande probabilité que cette manifestation causerait une sérieuse violation de l’ordre public sur le campus et ainsi la manifestation avait d’abord été acceptée devait être refusée par la suite. « Tout ceci en accord avec l’autorité qui nous [université de Haïfa] est donnée par les règlements universitaires sur les activités publiques ». (9)

    Ce cas s’est produit près de deux ans après une délibération autour de la question de la liberté d’expression et d’action publiée par le Comité d’éducation, de culture et des sports le 9 janvier 2008. Ce débat se focalisait sur la violation de la liberté de parole et d’action politique dans les universités. Il mentionnait aussi que l’université de Haïfa limite la liberté de parole et de réunion des étudiants. Dans le résumé du rapport, le président du comité et membre de la Knesset à l’époque Michael Malkior disait : « Tout s’oppose fondamentalement aux valeurs de démocratie et de liberté de parole, cette violation est encore pire lorsqu’elle s’oppose à la liberté de parole des étudiants, ce qui ne devrait absolument pas avoir lieu dans les universités en Israël ».

    Pour récapituler ce chapitre, j’aimerais appeler à une protestation claire contre la conduite de l’université de Haïfa sur ce sujet et sur les cas analysés jusqu’ici. Tout se passe comme si l’université de Haïfa n’avait pas réalisé qu’elle viole sévèrement des droits constitutionnels fondamentaux. Tant qu’elle maintient ses positions, la liberté de parole et d’action est sévèrement menacée.


    Attitudes à l’égard des rassemblements politiques d’étudiants Palestiniens à l’université de Haïfa

    Le militantisme étudiant palestinien a commencé en 1958 — 1959 quand des étudiants en droit politiquement actifs ont créé le premier conseil étudiant arabe à l’université hébraïque de Jérusalem. Cette association fut créée en réponse au manque d’institutions traitant des besoins, collectifs et individuels, des étudiants Palestiniens. Leur programme traitait à l’époque des obstacles auxquels font face les étudiants Palestiniens, tels que les difficultés culturelles et linguistiques créant un sentiment d’aliénation, l’allocation de fonds et de bourses que les universités ne fournissent pas ainsi que de l’angoisse politique. Cependant ils furent connus avant tout pour leurs activités à caractère politique, qui offraient une tribune au militantisme concernant les questions de discrimination de la population palestinienne à l’intérieur d’Israël en général. (10)

    Depuis, des associations étudiantes palestiniennes ont commencé à se développer dans d’autres universités. Avec les comités étudiants palestiniens, elles ont opéré en parallèle avec l’association des étudiants dont tout étudiant peut devenir membre. Cependant, contrairement à celle-ci qui acquiert reconnaissance et budget de l’institution universitaire, ces comités ne sont pas reconnus officiellement. Par conséquent, leurs activités ne sont pas financées malgré le dialogue existant entre les deux organisations étudiantes.

    Au fil du temps, les mouvements étudiants palestiniens des universités israéliennes ont acquis une réputation liée à leur engagement en faveur de l’identité nationale palestinienne. Ceci a eu lieu même sous des pressions extrêmes lorsque les universités, employant des forces de sécurité au-delà de celles de l’université, firent appel à l’assistance du Shabak. Beaucoup d’étudiants Palestiniens connus pour leurs activités politiques ont été cités à l’occasion par le Shabak pour des enquêtes. Leurs activités ont servi en outre d’excuse pour les mettre en conseil de discipline et pour les soumettre à de graves punitions telles que la suspension, l’expulsion de l’université, etc. Le 15 janvier 2009, Ali Kadari, président du mouvement Jabha-Hadash de l’université de Haïfa, a été appelé à comparaître pour un procès avec le Shabak du service de police d’Acre. Il y a été dit que Kadari avait organisé des activités contre les attaques d’Israël sur Gaza. En mars 2008, Mhammad Jamal, un étudiant maîtrise de sciences politiques de l’université de Haïfa, membre de Hadash-Jabha, a été appelé à comparaître dans un procès disciplinaire à l’université suite à des activités de protestation auxquelles il prit part lorsque le membre de la Knesset Avigdor Liberman visita le campus. Dans un autre cas, 10 étudiants, dont sept membres du conseil étudiant arabe, ont été mis en procès disciplinaire pour des protestations faites en 2008 contre le conseiller légal du gouvernement qui avait recommandé de ne pas poursuivre les officiers de police pour la mort des 13 citoyens Palestiniens d’Israël lors des événements d’octobre 2000. À la suite d’un cas mentionné précédemment, cinq des étudiants qui prirent part aux manifestations sur Gaza organisées par le conseil étudiant arabe au début de 2009 sont toujours poursuivis dans des procès en cours concernant ces événements.

    Un des étudiants, Ali Haj, actif dans le mouvement islamique Ikraa, fut expulsé l’université pour deux semaines. Quand il revint à l’université, il fut informé qu’il n’était plus recruté pour sa position de professeur de mathématiques. Haj, un étudiant de maîtrise en mathématiques, a été traîné dans un procès disciplinaire qui n’est pas conclu à ce jour. Les quatre autres étudiants subissent des procès similaires.

    Autoriser les forces de police à entrer dans le campus

    Le 6 janvier 2009, des étudiants Palestiniens ont manifesté sur le campus de l’université de Haïfa pour s’opposer à l’attaque militaire israélienne qui avait tué 1300 civils à Gaza. L’université de Haïfa informa les forces de police, leur permettant d’entrer sur le campus avec des unités spéciales et d’utiliser une force excessive. Onze étudiants, dont deux femmes, furent arrêtés tandis qu’un étudiant dut être conduit à l’hôpital. La manifestation étudiante juive soutenant l’armée israélienne à Gaza eut lieu en même temps mais resta inaffectée par les forces de police et sans opposition de l’université d’administration universitaire.

    Ce cas laisse sceptique sur la liberté de parole réelle promise par le campus de Haïfa à ceux qui pourraient avoir des opinions impopulaires. On part du principe qu’ils ont aussi besoin d’une plate-forme progressiste basée sur la liberté de parole (un flambeau de l’institution universitaire). Dans les sociétés démocratiques ou celles qui se veulent éclairées, le campus universitaire devrait être un lieu idéal pour exprimer une opinion car il est fondé sur le principe de la liberté.

    Mais l’appel de l’université à une force de police, autorisant celle-ci à entrer dans le campus pour « s’occuper » des étudiants Palestiniens, s’oppose premièrement aux valeurs universelles de liberté d’égalité de justice, et alimente ensuite des problèmes aux niveaux suivants :

    Délégitimer la liberté d’expression et les actions protestataires : le fait que l’université ait choisi l’intolérance envers des étudiants s’opposant à la politique gouvernementale (laquelle reçoit un indéniable soutien du public) sert clairement de message que les opinions politiques et les protestations sont interdites et que ceux qui décident de s’y plonger pourraient se trouver face a une force de police.

    Délégitimer les étudiants Palestiniens  : les protestations au sujet de Gaza ne sont pas la première fois que l’université de Haïfa a fait preuve d’une tolérance zéro face aux protestations des étudiants Palestiniens. Par son intolérance et son mauvais traitement, l’université de l’Haïfa a importé l’ambiance extérieure au sein du campus. Ceci a été pleinement documenté dans le « rapport Or » qui a enquêté sur les événements d’octobre 2000, une époque de clashs nombreux entre les citoyens Palestiniens et les forces de police.

    Les conséquences susmentionnées indiquent clairement que le mur entre le campus - un espace universitaire prétendument indépendant fondé sur les valeurs universelles d’égalité et de liberté - et le monde extérieur, n’existe pas. Le campus est devenu un agent de plus parmi tant d’autres servant la politique gouvernementale d’identification de la minorité palestinienne du pays à une menace sécuritaire.

    Le fait que les étudiants ayant protesté contre les actions à Gaza furent convoqués à des « discussions de clarification » par le Shabak souligne l’apathie de l’université concernant l’importation de la réalité extérieure dans le campus.

    Même si la manifestation tenue sur le campus était illégale, ceci ne donnerait pas pour autant de légitimité à l’université pour autoriser une force de police à entrer sur le campus. De plus il est important de mentionner que d’après de nombreux témoignages, le comportement des étudiants Palestiniens en question ne menaçait nullement l’ordre universitaire, même s’ils n’étaient pas en accord avec les procédures de l’université. Il devient apparent que le refus de l’université d’approuver l’action à créé une atmosphère de délégitimation et d’intolérance.

    Dans une atmosphère aussi tendue, il aurait été plus approprié que l’université de Haïfa agisse avec modération en appliquant une stratégie différente. Dans ce cas-ci, la violation des droits des étudiants Palestiniens a été disproportionnée et à créé des fractures sérieuses qui demanderont plus de temps pour guérir.


    Discrimination au cours de la procédure d’inscription pour les diverses disciplines offertes par l’université de Haïfa

    Les exigences pour l’inscription sont un des principaux éléments qui affectent l’accès à l’éducation supérieure. Un rapport traitant des droits à l’éducation supérieure en Israël, publié par le centre ADVA (janvier 2007) mentionne qu’officiellement il n’y a pas de discrimination dans les conditions d’acceptation mises en œuvre par les institutions universitaires. (12)

    Cependant en pratique, plusieurs facteurs restreignent sévèrement les communautés périphériques — dont la communauté palestinienne — à remplir ces conditions, conduisant à une sous-représentation relative dans les institutions d’éducation supérieure. Les deux causes principales de ces limitations sont la qualité du certificat Bagrout des établissements secondaires et l’examen psychométrique. De plus, des données présentes dans le même rapport soulignaient que parmi les diplômés de l’enseignement secondaire entre 1997 et 2005, seuls 14,9 % des Palestiniens étudiaient dans les universités ou les collèges académiques (2,7 % en collèges) comparé à 32,4 % des juifs (11,4 % en collèges). De plus, en 2004 les étudiants Palestiniens constituaient 9,8 % du corps des étudiants en maîtrise, comparé à 9 % en 2000. En 2004, seuls 5,5 % des étudiants Palestiniens en maîtrise fréquentaient des collèges académiques publics tandis que 4,7 % d’entre eux fréquentaient des collèges privés.

    Un examen du taux d’admission dans les différentes disciplines offertes à l’université de Haïfa indique l’existence d’un critère d’âge pour accéder à un certain nombre de départements universitaires. Une requête soumise au tribunal par l’association des droits de l’homme KARAMA au nom du Comité de suivi des questions relatives à l’éducation arabe soulève la nature problématique de ce critère d’âge, pratiqué par toutes les institutions d’éducation supérieure en Israël, en tant que discrimination inappropriée des étudiants Palestiniens. (13)

    En particulier pour l’université de Haïfa on trouve ce critère d’âge discriminatoire dans les départements suivants : sciences, biologie, travail social et santé, orthophonie, soins infirmiers, physiothérapie, thérapies occupationnelles ainsi que les formations d’enseignement. Dans tous ces départements, les candidats doivent avoir 20 ans ou plus, excepté en thérapies occupationnelles où les candidats doivent avoir plus de 19 ans.

    Dans ces cas-là, le critère d’âge pour l’inscription discrimine en général contre les étudiants qui n’ont pas atteint l’âge requis. Ceci discrimine spécifiquement les étudiants Palestiniens car la majorité d’entre eux débutent leur éducation universitaire à 18 ans après le lycée, puisqu’ils ne sont pas appelés au service militaire.

    De l’autre côté, la plupart des candidats juifs commencent leur éducation universitaire après le service militaire, sauf les étudiants soldats qui ne sont soumis à aucune exigence d’âge. Dans la requête de l’association KARAMA, il est déclaré que « la réglementation » par laquelle les universités conditionnent l’admission à une exigence d’âge, connue comme la « ruse de l’âge », viole de façon inappropriée et disproportionnée les valeurs d’égalité, de droit à l’éducation et de liberté du travail. Cette politique est lourde d’une discrimination basée sur l’ethnicité puisqu’elle affecte principalement les candidats Arabes dans un lieu où l’éducation supérieure devrait être également accessible à tous les membres de la société, sans discrimination. Dans sa requête, l’association ARAMA mentionne les exigences d’acceptation se focalisant sur des limitations d’âge dans les différentes institutions d’éducation supérieure pour l’année universitaire de 1007 2008.

    De ce tableau nous voyons que l’Université de Haïfa impose une limitation d’âge dans la plupart de ses départements. Dans les deux cas où il n’y a pas de limitation d’âge, le sujet n’est pas enseigné à l’université de Haïfa.




    Alors que le critère de l’âge est une limitation directe à l’accès aux disciplines universitaires, on peut aussi trouver des limitations indirectes discriminant de manière inappropriée les candidats Palestiniens demandant à étudier dans les institutions universitaires. À ce sujet la requête de l’association KARAMA mentionne que chaque année la date limite de dépôt de candidature pour une matière d’éducation supérieure est le 1er juin. Cette date tombe avant que les étudiants du secondaire passent leurs examens Bagrout en juillet et août, ce qui les empêche de s’inscrire à l’université sitôt le cycle secondaire terminé. Ceci affecte surtout les étudiants Arabes, la plupart des étudiants juifs devant servir dans l’armée, et l’inscription directe à l’université après le secondaire ne les concerne donc pas. En conséquence, un étudiant Arabe est forcé d’attendre au moins un an la réouverture des inscriptions pour candidater à l’université de Haïfa.

    Le centre KARAMA mentionne dans sa requête qu’il y a une exception à la limitation d’âge, qui ne bénéficie qu’à ceux qui servent dans l’armée. Ce sont les étudiants soldats qui, dans le cadre de leurs service militaire, étudient dans les universités, dans tous ces cas les limitations d’âge ne s’appliquent pas à eux.
    Discrimination dans la procédure de sélection pour les chambres d’étudiants

    Le 17 août 2008, le tribunal de district de Haïfa a créé un précédent (14) en indiquant que l’inclusion du service militaire comme critère pour la distribution des chambres à l’université de Haïfa discrimine les étudiants Palestiniens sur une base ethnique. Le juge mentionnait dans son jugement qu’utiliser le service militaire comme critère pour la distribution des chambres pousse à l’exclusion des étudiants Palestiniens et viole leurs chances de compétition dans le processus de candidature aux logements étudiants. Il déclarait que les étudiants ayant servi à l’armée, surtout des étudiants juifs, gagnent approximativement 35 % des points permettant l’accès aux chambres tandis que les étudiants qui n’ont pas servi dans l’armée, principalement des Arabes, n’ont pas ces points. Le tribunal de district déclarait aussi que la conséquence de l’utilisation du service militaire comme critère est une violation des droits élémentaires et qu’il faut par conséquent s’appuyer sur les lois principales qui s’accordent à un examen proportionné.

    Il est important d’indiquer que la plupart des fils et filles de la minorité palestinienne sont exemptés de service militaire. À cause d’une insuffisance de chambres, un système de points a été mis en place pour donner une priorité aux étudiants méritants ou dans le besoin. Si bien que le point de départ pour un étudiant Arabe est en général zéro tandis que celui d’un étudiant juif est au moins 20 car la plupart d’entre eux ont servi dans l’armée.

    Lors de sa soumission au tribunal de district, ADALAH a déclaré que le reste des critères généraux servant d’aide aux étudiants dans le besoin reçoivent moins d’importance que les critères du service militaire. Par exemple, un candidat avec un faible revenu reçoit 25 points pour ce seul critère. ADALAH mentionna que si une prise en compte correcte du statut économique (qui devrait être le critère de base pour l’accès aux chambres) était faite, la réalité changerait. Comme la situation économique des étudiants Arabes et bien plus sévère que celle de leurs compagnons étudiants juifs, le pourcentage des étudiants Palestiniens avec des chambres devrait être bien plus élevé que celui accepté en pratique (35 %). Cette assertion fut adoptée par le tribunal de district dans son jugement.

    Il est aussi important de mentionner qu’avant le jugement, l’université de Haïfa a affirmé au tribunal de district qu’elle utilisait le critère de l’armée pour des raisons économiques seulement et non pour des considérations éthiques. Après le jugement, l’université de l’Haïfa fit appel à la Cour suprême en déclarant entre autres choses que le critère de l’armée venait de considérations éthiques envers ceux ayant servi leur pays. ADALAH déclara que la position prise par l’université peut donner lieu à de nombreux autres cas dans lesquels le critère de l’armée peut être utilisé. Ceci peut mener à ce que l’université de Haïfa transforme ce critère en moyen d’augmenter le fossé socio-économique entre les deux groupes ethniques.

    L’université de Haïfa fit appel à la Cour suprême qui permit un retard dans l’exécution du jugement du tribunal de district jusqu’à un nouveau jugement sur ce sujet. (15)

    Dans son référé à la cour suprême, ADALAH a mentionné que l’approche juridique de l’université de Haïfa, cherchant à valider le service militaire comme un critère censé, indique l’indifférence de l’université quand à la large gamme d’effets sociaux et économiques de ce critère. Il s’agit clairement d’une violation sur une base ethnique de la valeur d’égalité. Il a été aussi déclaré que la Loi sur l’absorption des soldats démobilisés (1994) qui offre des avantages sociaux aux soldats démobilisés leur accorde une aide de cinq ans pour les frais d’inscription et le logement. ADALAH déclara que « l’écart par rapport à cet arrangement légal conduit à une situation qui discrimine sur la base de l’ethnicité, s’opposant aux principes constitutionnels ». (16)

    Le 7 juillet 2008, l’université de Haïfa et ADALAH sont parvenus à un accord par lequel l’appel à la cour suprême serait abandonné en raison de la législation de la Loi des soldats démobilisés (correction 7) de 2008. La loi fut édictée autour de cette date et permettait ainsi à chaque institution universitaire de donner des droits généraux, tels que la préférence dans la sélection pour les chambres, aux étudiants ayant servi dans l’armée. La décision indique qu’ADALAH se réserve le droit d’attaquer ce critère devant les tribunaux si le poids relatif du critère militaire est aggravé. (17)
    Discrimination dans l’offre de bourse

    L’article 14 de la loi sur les Droits des étudiants de 2007 se réfère au droit des étudiants à recevoir des subventions et des bourses :

    « Les bourses attribuées par les institutions seront distribuées selon des critères connus par l’ensemble des étudiants de l’institution et par les candidats. Dans l’attribution des bourses il y aura une priorité aux bourses présentées sur des bases socio-économiques ainsi que sur le bilan universitaire et l’excellence ; dans ce jugement aucun article n’interdit des bourses selon d’autres critères » (je souligne).

    Ici comme ailleurs, la loi permet l’existence d’autres critères inappropriés pour la distribution de certaines bourses.

    Un examen préliminaire des bourses attribuées par l’université de Haïfa (que l’on peut étudier en détail sur le site officiel du Doyen des étudiants en charge du bien-être et des besoins des étudiants) révèle que le critère prédominant pour l’attribution des bourses est basé sur la prise en considération de l’armée ou du service national. Ce fait soulève des questions sur la disponibilité des bourses pour les étudiants Palestiniens. Sous le titre annonçant les différents types de bourses, un sous-paragraphe mentionne les bourses attribuées sur des bases économiques :

    L’éligibilité pour une bourse sera déterminée par le nombre de points gagnés par un étudiant selon sa situation sur la base de paramètres :

    (1) situation économique, 0 à 50 points et (2) besoins spéciaux, 0 à 25 points... (18)

    Un examen du paramètre « besoins spéciaux » indique qu’il concerne surtout les étudiants juifs :

    Besoins spéciaux. Données à considérer pour l’éligibilité aux bourses : Service militaire/civil régulier (selon la durée du service), service de réserve supérieur à 10 jours consécutifs ou à 35 jours cumulatifs (pour les étudiants adultes), jobs étudiants, nombre de personnes soutenues dans le foyer de l’étudiant, étudiants émancipés, parent proche gravement malade (dont la condition affecte le statut économique de la famille), compagnon/compagne étudiant/e en licence ou soldat en service régulier. (19)

    Comme dans le cas des dortoirs, l’université inclut des considérations hors de propos — armée ou service civil — dans une question d’aide économique. Le seul critère qui devrait compter est la situation économique de l’étudiant et rien d’autre. Ici aussi, l’attribution de subventions et de bourse est soumise à l’accumulation de points pour lesquels le point de départ d’un étudiant servant dans l’armée, surtout juif, est supérieur à celui d’un étudiant Arabe, qui n’est pas obligé au service militaire ou civil.

    Une évaluation plus détaillée de la répartition des points pour l’attribution de subventions ou de bourses sur la base de la situation financière a indiqué que le paramètre principal est le revenu par personne. Cependant, à nouveau l’université a inclus le critère de l’armée pour considérer l’accumulation des points. De plus, le calcul du revenu inclut la catégorie des « personnes dépendantes », tels que frères, sœurs et enfants en service armé ou civil régulier (je souligne).

    Un autre exemple pertinent est le cas de la fondation ISEF, une des principales fondations du pays, qui travaille en collaboration avec le Doyen des étudiants et agit comme un facteur social dans la promotion d’étudiants. Cette fondation élabore son activité sur le site du Doyen comme suit :

    1. Un membre de la fondation reçoit une subvention partielle pour ses frais de scolarité.

    2. La fondation agit comme un réseau social unifié en attribuant des aides universitaires et économiques via une collaboration étroite avec les instances académiques au sein de l’université.

    3. Il est demandé aux étudiants d’effectuer quatre heures hebdomadaires d’activité dans une des activités sociales que la fondation réalise dans Haïfa ainsi que de participer à plusieurs réunions de formation en cours d’année.

    4. Une participation à l’activité théorique — les membres étudiants de la fondation doivent participer à des réunions mensuelles de groupe de trois heures.

    L’examen des conditions pour candidater à cette subvention, telles qu’elles apparaissent sur le formulaire d’inscription, indique que le service civil ou armé est un critère pour recevoir cette subvention. (20)

    Quand on examine toutes les subventions que le doyen des étudiants propose soit directement soit par des fondations extérieures, le critère de l’armée s’applique presque toujours. Ceci se voit aussi dans la section sur l’ « activisme social » sur le site du Doyen. L’essence du programme inclut le critère de l’armée. Par exemple, un des projets principaux — le projet ETGAR — qui fournit aux participants 5000 shekels pour 115 heures d’activités sur la durée totale, est réservé aux soldats démobilisés. Un seul projet est actuellement ouvert aux étudiants Palestiniens.
    La signification de l’implication de considérations sécuritaires dans l’espace universitaire


    Au cours de l’écriture de ce document a eu lieu l’élection de la 18eme Knesset israélienne. Dans ces élections, les partis de droite ont reçu un soutien écrasant. Parmi ces partis, « Israel Beytenu », un parti extrémiste de droite, a reçu suffisamment de voix pour en faire le troisième parti politique d’Israël. À cause de la nature politique de la construction d’une coalition en Israël, ce parti a été extrêmement courtisé par les deux autres grands partis afin de créer une majorité. Par conséquent, les deux autres partis modérés de centre-droit ont publié des déclarations dans lesquelles ils accédaient à toutes les demandes de Beytenu. Une des ces demandes était d’accorder une préférence évidente aux soldats démobilisés ayant servi dans l’armée d’Israël ou ayant pris part à d’autres services associés à la sécurité du pays. Le service militaire leur attribuerait une préférence dans l’inscription aux institutions académiques, l’aide au logement, la sécurité de l’emploi ainsi que d’autres avantages.

    Vue la réalité à l’université de Haïfa, et très probablement dans les autres universités, il va sans dire que la politique de Beytenu sera reçue à bras ouverts par les institutions académiques israéliennes. Aujourd’hui déjà, les universités agissent comme des terrains fertiles pour des préférences abusives pour ceux ayant servi dans l’armée. Ceci signifie que les étudiants Palestiniens ne reçoivent pas les mêmes préférences, non seulement parce qu’ils n’ont pas servi dans l’armée qu’ils ne peuvent moralement, éthiquement et stratégiquement pas servir, mais simplement parce qu’ils sont Palestiniens.

    L’importance croissante du statut accordé à l’armée par le public juif en Israël a infiltré tous les aspects de la vie. Récemment on a assisté à une tendance à parler publiquement contre les artistes n’ayant pas servi dans l’armée. La militarisation de longue durée de la population juive a atteint des dimensions qui pourraient conduire à sa propre destruction. Cela ne se réduit pas à la question de servir ou non dans l’armée. Les conséquences de l’atmosphère militariste qui prévaut dans la société israélienne sont reflétées dans les résultats de l’élection de la 18è Knesset, dans laquelle tous les partis ayant fait usage de slogans arabophobes ont obtenu de meilleurs résultats.

    Cette atmosphère a trouvé le moyen de s’infiltrer dans les couloirs des campus universitaires en Israël. Faire accepter les considérations sécuritaires dans l’arène universitaire est un enjeu de la politique israélienne, particulièrement de la plus récente politique extrémiste. La continuation de telles politiques à l’intérieur et en dehors des campus ne favorisera pas seulement de tensions constantes, mais pourrait aussi conduire à des affrontements graves entre Arabes et juifs.
    Remarques racistes contre les Arabes par des professeurs

    Durant l’année académique 2004/2005, l’étudiant à l’université de Haïfa Fadi Abu- Younnes, militant du mouvement Hadash-Yaha sur le campus, a soumis une plainte aux autorités universitaires contre le professeur de science politique David Bukay. La plainte vint après qu’Abu Younnes ait assisté à un cours de ce professeur dans lequel celui-ci a dit que « les Arabes doivent être tués d’une balle dans la tête », « les Arabes sont stupides » et « les Arabes ne sont que sexe et alcool ». Suite à ces déclarations, le conseiller juridique de l’université demanda une enquête contre Bukay sur la charge d’incitation au racisme. Bukay nia les déclarations mentionnées ci-dessus, parlant de « calomnie de crime rituel ».

    Parallèlement à cela la Ligue Anti-Diffamation (Anti-Defamation League, ADL), une prestigieuse organisation juive suivant depuis plus de 90 ans les actes d’antisémitisme et de racisme, s’opposa publiquement au discours diffamatoire du professeur. Il apparut que le professeur avait écrit dans nombre de ses articles, entre autres affirmations, que « Lorsqu’un Arabe dit « Wallahi » -je jure sur Dieu- il compte probablement mentir » et « parmi les Arabes et les musulmans il n’y a pas de condamnation, pas de sens du regret, pas de cas de conscience, nulle part, dans aucune couche sociale ou niveau social ».

    Le directeur-adjoint national de la Ligue Anti-Diffamation, Ken Jacobson, déclara dans les médias dominants qu’il s’agissait des « pires stéréotypes. Nous les juifs devrions savoir mieux que quiconque que nous ne devrions pas nous livrer à de tels propos ». Il mentionna aussi que ces positions représentaient « des généralisations blessantes exprimant des stéréotypes destructeurs ». (21)

    Le professeur Yosi Ben Artzi, recteur de l’université de Haïfa, examina le cas et annonça que « certaines des phrases ont été assemblées dans un souci de manipulation et le propos sur le meurtre d’arabes à la tête n’a jamais été proféré. ». Bukay répondit à travers les médias qu’« il est vrai que les choses auraient pu être dites d’une manière moins généralisante... mais il est vrai que mes assertions représentent généralement la réalité ». L’université de Haïfa déclara : « Nous ne vérifions et ne validons pas les articles des professeurs de l’université et nous n’en sommes pas responsables ». (22)

    Suite à cet évènement l’université entama une procédure disciplinaire contre les étudiants ayant porté plainte. Le procureur de l’université demanda de punir Fadi Abu- Younnes pour avoir interrompu le cours et pour avoir qualifié le professeur David Bukay de « raciste ». Pendant la séance, l’avocat d’Abu Younnes, Youssef Jabarin, déclara que Bukay avait distribué en classe un article controversé qu’il avait écrit. Cet article, comportait entre autres des propos tels que : « Les anthropologues soutiennent que lorsqu’un arabe ou un musulman commence une phrase par « wallahi » il compte probablement mentir ». Dans un article diffèrent Bukay écrivit que « la ligne la plus importante pour la compréhension de la personnalité arabe est la combinaison entre d’un côté l’assujettissement et la servilité à ceux qu’ils reconnaissent comme puissants et de l’autre une sauvagerie cruelle et violente. » Il écrivit aussi que les Arabes « dansent autour de leurs invités de peur que ceux-ci flirtent avec leurs femmes et leurs filles ».


    RÉSUMÉ

    La réalité de l’université de Haïfa est significativement éloignée de celle d’un campus fondé sur les valeurs de la liberté académique et de la liberté d’agir. Le fait que dans bien des cas l’université agisse comme l’appendice de la politique israélienne quant-au peuple palestinien en général indique que la liberté d’action est limitée consciemment, surtout lorsqu’il s’agit des étudiants Palestiniens au sein du campus. Cette politique s’exprime non seulement en ce qui concerne la liberté d’action et d’expression mais aussi dans les démarches d’inscription aux universités, les procédures d’attribution des bourses de scolarité et durant les cours eux-mêmes. Dans tous ces cas, il devient clair que la politique générale de discrimination du gouvernement israélien peut être comparée aux procédures mises en œuvre par les autorités universitaires.

    Les autorités universitaires, spécialement celles de l’université de Haïfa, couvrant le plus grand nombre d’étudiants Palestiniens, devraient tenir immédiatement une délibération menant à une nouvelle vision de la liberté d’expression en Israël, tout comme des obligations d’un campus dans une société plurinationale. L’indifférence de l’administration de l’université de Haïfa à propos de la tension au sein du campus, entièrement créée sous sa responsabilité, a conduit à détruire la valeur liberté d’expression. Il y a raison d’être sérieusement concerné par le fait que nous serons bientôt face à une réalité dans laquelle il sera trop tard pour trouver une solution appropriée.

    Cette réalité a prédominé les associations pour le changement social et les droits humains en Israël, et particulièrement les organisations palestiniennes. Ces organisations ont été inertes face aux violations des droits des étudiants palestiniens, particulièrement lorsque des partis politiques comme Beytenu ont éprouvé le désir de mettre en œuvre leurs politiques extrémistes. La mise en œuvre de la politique de Lieberman est en fait une attaque contre les valeurs universelles, les bases des sociétés civilisées. Ce fait devrait perturber la population juive, tout comme la continuelle intégration de valeurs extrémistes dans les communautés juives en Israël, qui s’est soldée par des échecs à l’étranger.

    Baladna’s Association for Arab Youth (L’association Baladna pour la Jeunesse Arabe) a formulé un plan pour la création d’un nouveau discours autour de tous les sujets ici couverts, tels que la liberté d’expression et d’action sur les campus en Israël, ainsi que l’interdiction de toutes les formes de discrimination existant dans la sphère académique. Ce discours sera créé en conjonction avec les groupes politiques palestiniens travaillant de près au sein des campus à la promotion des droits des étudiants Palestiniens et la protection des droits du peuple palestinien.
    PDF - 219.1 ko
    Enquête sur l’université de Haïfa et son traitement des étudiants Palestiniens : Une chronique de discrimination et de racisme

    Rapport en anglais

    Baladna Association for Arab Youth. En collaboration avec les partis et organisations politiques étudiantes : Abnaa’ Al Balad, Al-Jabna, Al-Tajamo, Ikraa (Recherche et rédaction : Amal Ziyade)



    Israël exporte son savoir-faire meurtrier vers les pays africains
    Jeudi 30 décembre 2010 - 07h:07 - D’après Afrique Redaction


    4 septembre 2009 - Le fasciste Liberman, entouré d’une clique de trafiquants et marchands de canons, fait un voyage d’affaires au Kenya

    Assis nerveusement au coin d’une table, Samuel Sternfeld avise une dernière fois son équipe. Dans quelques heures, cet habile homme d’affaires israélien reconverti en marchand d’armes doit accueillir une délégation officielle de Centrafrique. Bien que l’État hébreu n’entretienne aucun lien diplomatique avec Bangui, tout est organisé comme une visite d’État  : accueil des ministres à l’aéroport Ben-Gourion, transport avec chauffeur, rencontre avec des officiers de l’état-major de Tsahal et inspection des principaux sites d’armements israéliens.

    Chaque étape du voyage est minutieusement planifiée. Soudain, le téléphone de Sternfeld retentit. Des rebelles viennent d’attaquer un détachement des forces centrafricaines dans la région de Ndélé, frontalière du Soudan. Il y a des morts, la visite est annulée. Coup dur pour cet homme d’affaires mandaté par le ministère israélien de la Défense et qui avait financé de sa poche le déplacement de la délégation envoyée par le président François Bozizé. Pour parfaire son « opération séduction », Samuel Sternfeld avait même sollicité le général Amos Gilad, alors négociateur israélien dans les pourparlers avec le Hamas. Gilad était chargé de transmettre l’assentiment officiel de son gouvernement et de mettre en confiance la délégation centrafricaine.

    Fini l’eldorado subsaharien ?

    Complexe à réaliser sans l’aval de la France, qui a toujours soutenu militairement les troupes de François Bozizé, l’accord avec Israël ne verra finalement jamais le jour. L’enjeu était pourtant de taille pour le président centrafricain. Confronté à diverses rébellions aux frontières nord et est, le général s’était laissé convaincre par Samuel Sternfeld de la nécessité de bâtir une armée plus imposante que sa garde présidentielle composée d’un petit millier d’hommes. Bozizé y voyait aussi l’occasion de se détacher de la pesante tutelle fran çaise. Pour ce faire, l’industrie militaire israélienne était prête à tourner à plein régime  : drones, blindés, armes légères et vedettes de la marine ont été proposés au régime de Bangui, de même que du matériel d’écoute et de renseignement. Sans grandes ressources financières, le gouvernement centrafricain envisageait en contrepartie de régler l’État hébreu en bois et en diamants.

    Inconnu jusqu’ici, cet épisode illustre la nature actuelle des relations entre Israël et les pays d’Afrique subsaharienne, du moins sur le plan sécuritaire. Officieuses, aléatoires, elles obéissent en priorité à une logique d’intérêts politiques et économiques. Comme dans beaucoup d’autres zones géographiques instables, les Israéliens ont su faire valoir leur expérience militaire. « Aujourd’hui, des dizaines de sociétés de sécurité travaillent sur ce continent, toutes dirigées par d’anciens officiers de Tsahal, explique le journaliste d’investigation Ronen Bergman (éditorialiste au Yediot Aharonot). La présence israélienne y est exclusivement privée, c’est un phénomène qui remonte aux années 1970. »

    Au lendemain de la guerre de Kippour (1973), lorsque la plupart des pays africains rompent leurs liens avec l’État hébreu, le Mossad décide de se substituer aux diplomates en servant d’interlocuteur auprès des dirigeants africains et des mouvements d’opposition. Isolé sur la scène internationale, Israël cherche avant tout à bénéficier d’appuis au sein de l’ONU. « C’est à ce moment-là que les hommes d’affaires et les marchands d’armes israéliens ont fait irruption en Afrique », raconte l’ancienne députée Naomi Hazan. Au Liberia, au Zaïre, au Togo ou encore au Cameroun, des centaines d’instructeurs israéliens commencent à assurer la formation de gardes présidentielles et d’unités d’élite.

    À la fin des années 1970, plus d’un tiers des ventes d’armes israéliennes se réalise sur le continent noir. Mais dans certains pays, l’ingérence est parfois lourde d’implications. En Afrique du Sud, l’État hébreu est accusé ouvertement de fermer les yeux sur l’apartheid et d’aider Pretoria à se doter d’armes nucléaires. Tandis que, face à la rébellion érythréenne en Éthiopie, il conditionne son soutien militaire à Addis-Abeba à l’émigration vers Israël des Falashas, les juifs éthiopiens. « L’effondrement de l’URSS a changé la donne, estime Naomi Hazan. D’autres marchés se sont ouverts aux États-Unis, en Inde et en Chine. Ils rapportent chaque année des milliards de dollars à l’industrie militaire israélienne. L’Afrique n’est plus une priorité. »

    Nigeria, Kenya, Éthiopie...

    Et pourtant, en septembre 2009, Avig dor Lieberman est venu démentir cette allégation en effectuant une tournée africaine. Officiellement, la visite du chef de la diplomatie israélienne visait à renforcer la coopération sur le plan agricole et proposer des solutions liées à la purification des eaux. « Il ne fait aucun doute que le plus important pour l’Afrique, c’est la lutte contre la pauvreté et la sécheresse, pas les armes », déclarait Haim Dibon, l’un des proches de Lieberman. Ce déplacement officiel cachait néanmoins d’autres ambitions moins avouables. Au sein de la délégation israélienne figurent une équipe du Mossad, des représentants du Sibat, l’organisme en charge des exportations d’armes israéliennes, de même que plusieurs responsables d’industries de défense, comme les sociétés Elbit, Soltam, Silver Shadow et l’Israel Aerospace Industries (IAI).

    Les pays visités par Avigdor Lieberman représentent quant à eux un intérêt sécuritaire majeur. Au Nigeria, principal producteur de pétrole en Afrique, en proie à une rébellion dans le Delta et des conflits communautaires dans l’État de Plateau, les ventes d’armes ont rapporté 500 millions de dollars à Israël ces dernières années. Au Kenya, cible par le passé de plusieurs attentats, la coopération antiterroriste a été longuement évoquée. Enfin, l’Éthiopie, partenaire stratégique de l’État hébreu, est positionnée sur la Corne africaine, au carrefour de la mer Rouge, à proximité du Soudan et de l’Égypte, un axe où l’Iran fait régulièrement transiter ses cargaisons d’armes à destination du Hamas et du Hezbollah.

    Activités illégales en Guinée

    Éditorialiste au quotidien Haaretz, Yossi Melman refuse néanmoins de penser qu’Israël a signé son retour sur le continent noir. Il prône une doctrine plus pragmatique  : « En Afrique, là où il y a de l’argent, il y a des armes israéliennes », clame-t-il. Ce spécialiste des questions de défense a récemment révélé les activités de la société de sécurité privée Global CST en Guinée.

    En décembre 2008, lorsque le capitaine Moussa Dadis Camara s’autoproclame successeur du défunt président Lansana Conté, il connaît la méfiance qu’éprouve à son égard une partie de la population. N’accordant guère plus de confiance à l’armée guinéenne, dont il est pourtant issu, le chef de la junte décide de s’attacher les services d’un expert en sécurité qui assurera l’encadrement de sa garde prétorienne, les Bérets rouges. Via le diamantaire israélien Beny Steinmetz, qui possède une mine d’exploitation en Guinée, Dadis Camara reçoit Israel Ziv, patron de la société privée Global CST. Ancien commandant des forces spéciales, Ziv possède un profil impressionnant. Connu pour avoir encadré l’armée colombienne lors de la libération d’Ingrid Betancourt, il a également servi de conseiller militaire en Géorgie en 2008, juste avant que n’éclate la guerre en Ossétie du Sud.

    Dadis et Israel Ziv concluent un accord qui s’élève à 10 millions de dollars. Mais la transaction est illégale  : « Ziv a vraisemblablement agi sans le feu vert du ministère israélien de la Défense et a enfreint les règles d’exportation d’armes », explique Yossi Melman. Si le gouvernement israélien a décidé d’ouvrir une enquête, l’affaire est d’autant plus embarrassante que Global CST n’a pas remis en question sa coopération avec Dadis Camara après la répression sanglante de l’opposition, le 28 septembre 2009. « La société Global emploie toujours en Guinée des experts militaires, agricoles, des conseillers politiques et toutes sortes d’ingénieurs civils », affirme Yossi Melman.

    Stratégie d’Infiltration

    À défaut d’y avoir déterminé une politique claire, les Israéliens ont, semble-t-il, opté pour une stratégie d’infiltration en Afrique. Ainsi, l’aide militaire proposée par des entrepreneurs privés ou publics ne constitue souvent qu’un premier pas. En septembre 2002, cette logique est à l’œuvre lorsque le président ivoirien, Laurent Gbagbo, fait face à une offensive rebelle. Déçu des Français et à la recherche d’un appui militaire, le chef d’État ivoirien se tourne vers son fidèle avocat parisien Sylvain Maier, qui le met en contact avec plusieurs spécialistes israéliens. En quelques semaines, Laurent Gbagbo obtient la livraison d’hélicoptères, de drones tactiques et de matériel d’écoute. Une cinquantaine d’experts israéliens du renseignement opèrent alors à Abidjan pour espionner les communications des rebelles.

    Les Israéliens ont prêté la main à l’assassinat de soldats français

    Le 6 novembre 2004, cette implication éclate au grand jour lorsque l’aviation progouvernementale bombarde une position française à Bouaké, tuant neuf soldats de l’opération « Licorne ». Paris découvre que des avions sans pilote israéliens ont survolé le secteur peu de temps avant l’attaque. La France demande alors des comptes à l’État hébreu et exige qu’il cesse son assistance militaire à Laurent Gbagbo. Entre-temps, l’homme d’affaires Moshe Rothschild, principal acteur des ventes d’armes à la Côte d’Ivoire, a déjà monté sur place plusieurs entreprises et décroche des projets liés au développement d’infrastructures civiles. À la fin du mois de juillet dernier, c’est Ehoud Olmert en personne qui s’est rendu à Yamoussoukro, pour une visite restée plus que discrète. Organisé par l’ancien ambassadeur israélien en Côte d’Ivoire, Daniel Kedem, le déplacement de l’ex-Premier ministre était lié à des affaires sécuritaires, telles que la mise en place d’un Shin Bet ivoirien pour renforcer la sécurité autour de Gbagbo et surveiller certains éléments hostiles de l’armée ivoirienne. Les Israéliens, en effet, via la société privée Omega, appuient et forment les services ivoiriens, ainsi que la garde présidentielle.

    « Les Israéliens sont derrière tous les conflits en Afrique », s’écriait en août 2009 le colonel Kaddafi, en marge d’un sommet de l’Union africaine, à Tripoli. La réalité est autrement plus subtile. Très réactives, habituées aux situations de crise, les entreprises israéliennes sont souvent les premières à proposer leurs services à des pays en guerre  : conseil militaire, soutien logistique et armement. Avec seulement neuf ambassades en Afrique, l’État hébreu est contraint de recourir au secteur privé pour exister sur ce continent.

    d'après : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9891

     


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