Politique Française et le monde arabe

Pulvar et Polony : les « jeunes de banlieue » feraient mieux d’ignorer la Palestine
Oumma.com - par Hicham Hamza | le 28 février 2012

Invité de l'émission "On n'est pas couché", Dominique de Villepin, candidat à l'élection présidentielle, a vécu un grand moment de télévision, caractérisé par la flagrante malhonnêteté intellectuelle de ses interlocutrices.
Audrey Pulvar n’a pas démérité sa rapide ascension médiatique. La salariée de France Inter, antenne toujours dirigée par Philippe Val, est l’actuelle favorite pour diriger un nouveau magazine de société sur France 2. Chroniqueuse dans l’émission de Laurent Ruquier pour un salaire mensuel payé par le contribuable et avoisinant les 7000 euros, la journaliste a témoigné samedi dernier d’une incroyable mauvaise foi.

Face à Dominique de Villepin, et reprenant la tactique de sa collègue Natacha Polony consistant à stigmatiser un prétendu tropisme arabe de l’ancien Premier ministre, Audrey Pulvar a fustigé ses « déclarations anti-israéliennes », allant jusqu’à lui reprocher de ne pas s’être attardé au dernier dîner du CRIF. Un discours caricatural qui rejoint exactement la ligne dure exprimée par les dirigeants de cet organisme communautaire, adeptes réguliers de la diabolisation de toute critique envers le régime de Tel Aviv. La formule-mantra généralement employée depuis la seconde Intifada par leurs partisans sur la scène publique? « Il ne faut pas importer en banlieue le conflit israélo-palestinien ». Ou comment décourager la prise de conscience politique de plus en plus de Français sur un sujet visiblement embarrassant.

Lors de sa première émission, en septembre, Audrey Pulvar s’était déjà fait remarquer par son singulier reproche (à 14’20) à l’écrivain Morgan Sportès, coupable de ne pas avoir suffisamment insisté dans son ouvrage sur le caractère antisémite de l’assassinat d’Ilan Halimi -un aspect crucial selon la journaliste (à 6’) en dépit de l’avis contraire d’observateurs plus informés sur le procès Fofana.

Vidéo YouTube


Il n’est guère surprenant de voir Natacha Polony, journaliste du Figaro et ex-chevènementiste largement battue aux élections législatives, critiquer, avec un sourire mielleux et condescendant, la prétendue "tentation communautariste" de Dominique de Villepin quand celui-ci dénonce, en banlieue comme ailleurs, les violations israéliennes des droits de l’homme. En revanche, la morgue affichée par Audrey Pulvar, journaliste cataloguée à gauche et fille d’un indépendantiste martiniquais, à l’égard des victimes de l’occupation israélienne est plus inattendue. Sans évoquer ici le mépris social conjointement exprimé à l’ouvrier Philippe Poutou comme l’a remarqué le chroniqueur Bruno-Roger Petit dans une tribune publiée dimanche sur le site du Nouvel Obs.

Egalement invité dans l’émission de samedi, le candidat du NPA a rappelé leur remarquable déférence à l’égard de Bernard-Henri Lévy avant de leur conseiller d’aller voir au cinéma "Les nouveaux chiens de garde", documentaire sarcastique sur la connivence entre les pouvoirs et les journalistes. Jeune et féminine, la relève du tandem Duhamel-Elkabbach semble déjà prête.



1/ Dévoilements "Du hijab à la burqa et des collégiennes aux nounous :
les dessous d’une obsession française", Pierre Tevanian



Livre paru aux éditions Libertalia. Rencontre publique le 2 février. Meeting "Mamans toutes égales" le 9 février.
publié le dimanche 22 janvier 2012.



Dévoilements, Du hijab à la burqa et des collégiennes aux nounous : les dessous d’une obsession française

par Pierre Tevanian, 21 janvier, http://lmsi.net/Devoilements

Mars 2004 : loi sur les signes ostensibles, interdisant le port du foulard à l’école publique. Septembre 2010 : loi anti-burqa. Avril 2011 : offensive de Luc Chatel contre les mères voilées accompagnatrices de sorties scolaires ; « débat sur la laïcité » et « 26 propositions » de l’UMP légalisant notamment la discrimination à l’embauche contre les femmes portant le foulard, y compris dans le secteur privé… Janvier 2012 : loi « anti-nounous » (interdisant le voile dans les crèches et les garderies), adoptée en première lecture par un sénat socialiste... Depuis près de dix ans, les cheveux des femmes musulmanes sont devenus ce qu’il est convenu d’appeler un enjeu politique majeur, et leur dévoilement fait désormais partie des priorités les plus impérieuses. C’est de ces chasses au voile, et de leur incroyable violence, qu’il est question dans Dévoilements, qui parait cette semaine aux Editions Libertalia, mais pas seulement.

L’introduction du livre, que voici, nous en dit plus... 




« Ces hommes, disait-il, parlant des Algériens, sont coupables de couvrir tant de beautés étranges. Quand un peuple recèle de telles réussites, de telles perfections de la nature, il se doit de les montrer, de les exposer. À l’extrême, ajoutait-il, on devrait pouvoir les obliger à le faire. » (Frantz Fanon) [1]

Le 13 mai 1958 à Alger, place du Gouvernement, des femmes musulmanes sont exhibées sur un podium pour y brûler leur voile en signe d’émancipation. Organisée par le Mouvement de solidarité féminine, une association caritative fondée par Mme Raoul Salan, l’épouse du commandant des forces armées françaises d’Algérie, cette mise en scène s’inscrit dans une cérémonie plus large de célébration de la tutelle française, alors vacillante. Dans un article publié par Résistance algérienne, Frantz Fanon décrit l’opération et raconte qu’en réaction, de nombreuses Algériennes, dévoilées depuis longtemps, reprennent alors le voile,

« affirmant ainsi qu’il n’est pas vrai que la femme se libère sur l’invitation de la France et du général de Gaulle » [2].

Dans de longues pages qu’on ne peut résumer ici mais qu’il faut relire et qui présentent d’étonnantes analogies avec le traitement contemporain du « beur » et de la « beurette », Fanon rappelle le remarquable investissement affectif, sexuel et stratégique dont font l’objet, depuis la conquête et l’installation du système colonial, la femme indigène, son corps et son voile :

« L’administration coloniale peut alors définir une doctrine politique précise : “Si nous voulons frapper la société algérienne dans sa contexture, dans ses facultés de résistance, il nous faut d’abord conquérir les femmes ; il faut que nous allions les chercher derrière le voile où elles se dissimulent et dans les maisons où l’homme les cache.” C’est la situation de la femme qui sera alors prise comme thème d’action. L’administration dominante veut défendre solennellement la femme humiliée, mise à l’écart, cloîtrée… On décrit les possibilités immenses de la femme, malheureusement transformée par l’homme algérien en objet inerte, démonétisé, voire déshumanisé. Le comportement de l’Algérien est dénoncé très fermement et assimilé à des survivances moyenâgeuses et barbares. Avec une science infinie, la mise en place d’un réquisitoire-type contre l’Algérien sadique et vampire dans son attitude avec les femmes, est entreprise et menée à bien. L’occupant amasse autour de la vie familiale de l’Algérien tout un ensemble de jugements, d’appréciations, de considérants, multiplie les anecdotes et les exemples édifiants, tentant ainsi d’enfermer l’Algérien dans un cercle de culpabilité (…). Après l’indignation, les conseils pratiques. Les femmes algériennes sont invitées à jouer “un rôle fondamental, capital” dans la transformation de leur sort. On les presse de dire non à une sujétion séculaire. On leur décrit le rôle immense qu’elles ont à jouer. L’administration coloniale investit des sommes importantes dans ce combat. Après avoir posé que la femme constitue le pivot de la société algérienne, tous les efforts sont faits pour en avoir le contrôle. » [3]

L’histoire semble bégayer : depuis maintenant près de deux décennies, pour des raisons obscures mais peut-être pas si éloignées de celles de Madame Salan, les cheveux des femmes musulmanes sont devenus ce qu’il est convenu d’appeler un enjeu politique majeur. Cette histoire débute en octobre 1989 : l’exclusion de deux collégiennes voilées à Creil déclenche une importante campagne médiatique, sous la bannière d’un manifeste intitulé « Profs, ne capitulons pas ! » et qualifiant l’acceptation des élèves voilées de « Munich de l’école républicaine » [4]. Le Conseil d’État est saisi par le ministre de l’Éducation Lionel Jospin et rend un avis autorisant le port du foulard tant qu’il n’est pas accompagné de « prosélytisme » ou de « troubles à l’ordre public ».

Les hostilités sont déclenchées une seconde fois en septembre 1994 par le ministre François Bayrou, qui publie une circulaire incitant les proviseurs à considérer que le port d’un « foulard islamique » est en lui-même un acte de prosélytisme. L’offensive provoque un nouvel emballement médiatique et aboutit à une importante vague d’exclusions, finalement invalidées par les tribunaux administratifs.



C’est en mars 2003 qu’est lancé l’assaut final, dans des conditions politiques et médiatiques que j’ai déjà racontées en détail dans un précédent livre [5]. Pétitions, tribunes de presse et débats télévisés se multiplient sans relâche jusqu’au printemps 2004, tandis que deux commissions de réflexion sont mises en place par le président Jacques Chirac : la commission Debré et la commission Stasi. Dès septembre 2003, avant même qu’ait été votée une quelconque loi d’interdiction, une immense campagne médiatique aboutit à l’exclusion d’Alma et Lila Lévy du lycée Henri-Wallon d’Aubervilliers au seul motif qu’elles portent un « foulard islamique ». Cette exclusion illégale sera légalisée a posteriori le 15 mars 2004 : suivant les recommandations de la commission Stasi, le Parlement français adopte à une très large majorité une loi interdisant « les signes manifestant ostensiblement une appartenance religieuse ».

Cette loi prévoit « une évaluation au bout d’un an » : Hanifa Chérifi rend en septembre 2005, en guise d’évaluation, un indigent fascicule de 50 pages qui se borne à constater la disparition des voiles dans les écoles et en conclut que le bilan de la loi est positif. Il fait toutefois état, sans s’en émouvoir outre mesure, de 48 exclusions par conseil de discipline et d’une soixantaine de démissions. Aucune évaluation n’est proposée en revanche en ce qui concerne l’« exclusion invisible » des élèves qui ont renoncé à faire leur rentrée scolaire : ce nombre est pourtant estimé à plusieurs centaines par le Collectif une école pour tou-te-s [6].

Quant au devenir de la centaine d’exclues reconnues par le rapport, la question n’est tout simplement pas posée, pas davantage que celle des souffrances des « dévoilées » [7]. Le bilan officiel rendu par Hanifa Chérifi exprime une tout autre inquiétude : la plupart des dévoilées remettent leur foulard en quittant l’enceinte scolaire. Le constat vaut donc comme un augure : la guerre n’est pas finie ! Et de fait, les applications sauvages de la loi en dehors de son cadre initial se multiplient dans toutes les sphères de la société : sorties scolaires, emploi, logement, guichets…




Sans monopoliser l’agenda étatique et médiatique comme en 2003 et 2004, le voile demeure ensuite omniprésent, notamment durant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, et une nouvelle « année du voile » est inaugurée le 22 juin 2009 par un discours présidentiel annonçant que « la burqa n’est pas la bienvenue sur le territoire de la République française », suivi par la mise en place d’une « commission de réflexion » codirigée par le communiste André Gérin et le sarkozyste Éric Raoult, et aiguillonnée par la surenchère médiatique d’un certain Jean-François Copé. Et en dépit d’une inconstitutionnalité maintes fois rappelée [8], une loi interdisant aux femmes en niqab toute présence dans « l’espace public » est finalement votée le 14 septembre 2010.

C’est de ce dévoilement forcé et de son incroyable violence qu’il est question dans mon livre, mais aussi d’un autre dévoilement. Car ce que ne soupçonnent pas nos chasseurs de voiles, c’est qu’au moment même où ils s’évertuent avec plus ou moins de bonheur à dévoiler les musulmanes, ils accomplissent de manière beaucoup plus intégrale et obscène leur propre dévoilement.

Cet autodévoilement fait l’objet des quatre premiers chapitres du livre. Les deux premiers portent respectivement sur le féminisme et la laïcité, qui sont depuis vingt ans les deux principaux registres argumentatifs de la croisade, mais aussi ses deux voiles.

Le chapitre suivant revient plus spécifiquement sur l’interdiction du foulard à l’école, et sur le remarquable consentement dont elle a bénéficié au sein de cet autre « pilier de la république » qu’est l’école publique – et plus précisément chez ceux qui en sont les « hussards » : les enseignants, dont je suis.

Un quatrième chapitre se concentre sur le monde intellectuel, académique, scientifique, et plus précisément sur ses avatars médiatiques, en analysant, à partir d’un cas aussi édifiant qu’emblématique, la figure émergente de la voilologie savante – ou pseudosavante.

Un dernier chapitre revient enfin sur les principales concernées : les adolescentes portant le foulard à l’école et les femmes portant un hijab ou un niqab – trop souvent oubliées dans les analyses et les bilans, y compris chez certains antiprohibitionnistes, qui ont tendance à s’intéresser davantage au dévoilement idéologique de la République qu’au dévoilement bien réel vécu par des femmes et des adolescentes livrées à la vindicte publique. Et encore faut-il ajouter que le mal ne se limite pas au dévoilement accompli : si le rendement de la chasse n’a pas atteint le niveau escompté, si beaucoup des concernées résistent à l’injonction au dévoilement, le prix qu’elles payent pour cela est incroyablement élevé – exclusions scolaires, discriminations, injures, stigmatisation quotidienne.

Il ne s’agira donc pas de porter un diagnostic sur le hijab ou le niqab, et pas davantage sur les femmes qui les portent : loin de prendre ces femmes pour objet, ce dernier chapitre les envisage comme sujets parlants, en partant d’une enquête à laquelle j’ai participé et qui fait entendre la voix de 44 femmes portant le hijab [9], et en s’efforçant d’en tirer des leçons sur nous-même et pour nous-même. Il ne s’agira enfin pas non plus, ni dans ce chapitre ni dans les autres, d’assimiler le hijab et le niqab : si les deux vêtements sont parfois associés au fil des pages, sous le vocable commun de « voiles », c’est uniquement pour désigner une logique commune dans la manière de les percevoir, de les ressentir, de les juger et d’y réagir – une logique hélas fréquente, et profondément malveillante et malfaisante.

P.-S.

Dévoilements. Du hijab à la burqa : les dessous d’une obsession française, de Pierre Tevanian, est paru aux Editions Libertalia. 160 pages, 8 euros.
Table des matières

Introduction : d’Alger 1958 à Paris 2011

1. Un féminisme paradoxal

2. Une révolution conservatrice dans la laïcité

3. L’école dévoilée

4. Quand la science s’em-mêle

5. L’histoire vue d’en bas

Conclusion : le bilan de la chasse

Annexe : Bréviaire de la haine

(Morceaux choisis de la voilophobie contemporaine)

Rencontre publique

Autour du livre Dévoilements, en présence de l’auteur : jeudi 2 février, 19H00, au Lieu Dit, 6 rue Sorbier, 75020 Paris.

Meeting Mamans Toutes Egales

Pour alerter et mobiliser contre la chasse aux voilées et sa récente radicalisation, le collectif MTE (Mamans Toutes Egales) organise, en partenariat avec le Groupe des Associations de Bagnolet, un meeting public le jeudi 9 février 2012 à partir de 19 heures, au Cin’Hoche, 6 rue Hoche 93170 Bagnolet (métro Gallieni), en présence notamment de Clémentine Autain, Jean Baubérot, Esther Benbassa, Lila Charef, Christine Delphy, Rokhaya Diallo, Joël Roman...

Notes

[1] Frantz FANON, « L’Algérie se dévoile », L’An V de la révolution algérienne, La Découverte, 2001.

[2] Frantz FANON, « L’Algérie se dévoile », L’An V de la révolution algérienne, La Découverte, 2001.

[3] Frantz FANON, « L’Algérie se dévoile », op. cit., 2001. Sur la transmission de cette politique sexuelle du voile, et sa reformulation dans les discours et politiques publiques sur « la beurette » et « le garçon arabe », voir Nacira GUENIF-SOUILAMAS, Les Féministes et le garçon arabe, L’Aube, 2004.

[4] Publié en une du Nouvel Observateur, l’appel est signé notamment par Régis Debray, Alain Finkielkraut et Élisabeth Badinter. Sur cet épisode comme sur les suivants, voir Thomas DELTOMBE, L’Islam imaginaire. La construction médiatique de l’islamophobie, 1975-2005, La Découverte, 2005.

[5] Voir Pierre TEVANIAN, Le Voile médiatique, Raisons d’agir, 2005.

[6] Collectif Une école pour tou-te-s, « Éléments d’un futur livre noir ».

[7] Voir Ismahane CHOUDER, Malika LATRECHE, Pierre TEVANIAN, Les Filles voilées parlent, La Fabrique, 2008.

[8] Par plusieurs juristes, devant la commission Gérin-Raoult ou en dehors, et par un avis du Conseil d’État rendu le 26 mars 2010.

[9] Ismahane CHOUDER, Malika LATRECHE, Pierre TEVANIAN, Les Filles voilées parlent.

Livre paru aux éditions Libertalia. Rencontre publique le 2 février. Meeting "Mamans toutes égales" le 9 février.

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11505
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suite
"Non à l’exclusion des femmes musulmanes de la société" (communiqué de l’UJFP), "Islam, une police de la pensée socialiste" (Alain Gresh),
publié le samedi 21 janvier 2012.

"Le projet de loi que vient d’adopter le Sénat, majoritairement à gauche, visant à interdire aux femmes musulmanes portant un foulard l’accès à la profession d’assistante maternelle, y compris à domicile, est indigne. Il rappelle les heures les plus sombres de notre histoire, quand il s’agissait de proscrire les Juifs de certaines professions ou de faire des colonisés des sujets asservis et privés de droits" (extrait du communiqué de l’UJFP)


Non à l’exclusion des femmes musulmanes de la société

vendredi 20 janvier 2012 par le Bureau National de l’UJFP

Le projet de loi que vient d’adopter le Sénat, majoritairement à gauche, visant à interdire aux femmes musulmanes portant un foulard l’accès à la profession d’assistante maternelle, y compris à domicile, est indigne. Il rappelle les heures les plus sombres de notre histoire, quand il s’agissait de proscrire les Juifs de certaines professions ou de faire des colonisés des sujets asservis et privés de droits.

Alors que la loi sur la laïcité de 1905 et la Déclaration universelle des droits de l’homme garantissent la libre expression, y compris dans l’espace public, des convictions religieuses, ce projet de loi s’inscrit dans une logique d’exclusion des Musulmans et, plus particulièrement des Musulmanes.

La liste commence en effet à être longue des mesures d’exception prises contre les femmes musulmanes : loi de 2004 qui lance la chasse aux jeunes filles portant un foulard (ou un bandana, un turban, une casquette) et/ou une robe jugée trop longue dans les collèges et les lycées ; loi d’interdiction du port du voile intégral dans les espaces publics ; résolution votée par l’UMP en 2011 réclamant l’extension du principe de neutralité, et donc notamment l’interdiction du port du foulard, à tout collaborateur du service public, à l’ensemble des structures privées des secteurs social, médico-social et de la petite enfance et estimant souhaitable la possibilité, pour toute entreprise, d’encadrer les pratiques et tenues « susceptibles de nuire à un vivre ensemble harmonieux » ; volonté d’exclusion des mamans portant un foulard de l’accompagnement des sorties scolaires, avec à la clé des enfants bouleversés, ne comprenant pas pourquoi leurs mères se voient interdire de telles sorties ; maires refusant de procéder à un mariage si la future mariée persiste à garder son foulard…

Sous couvert de laïcité et de défense des droits des femmes, ces mesures reviennent de fait à barrer aux femmes portant un foulard la possibilité de toute expression dans la société, à les reléguer dans la sphère privée, hors de la vie commune. A chaque fois, c’est bien l’Islam qui est visé. A aucun moment en effet, les gouvernements qui se sont succédés n’ont vraiment songé à révoquer le statut religieux particulier de l’Alsace-Moselle, à interdire l’accès aux prisons aux religieuses, à remettre en cause le financement des établissements catholiques ou à interdire le port d’une croix ou de la kippa sur les lieux de travail.

Pour l’UJFP, l’islamophobie, ça suffit. Nous nous élevons de toutes nos forces contre toutes les lois et mesures aux relents coloniaux et racistes qui, au mépris du vivre ensemble, stigmatisent et discriminent une partie de la population et visent à faire de certains de nos concitoyens des citoyens de seconde zone, soumis à des lois spécifiques, revenant ainsi au traitement séparé des populations cher aux nostalgiques des colonies.

Bureau national de l’UJFP le 20-01-2012

http://www.ujfp.org/spip.php?article2110



2/ Islam, une police de la pensée socialiste

mercredi 18 janvier 2012, par Alain Gresh

On le savait depuis longtemps, le Parti socialiste a rompu avec le marxisme sur le terrain économique et ne réclame plus, au mieux, qu’une gestion un peu moins brutale du capitalisme. En pleine crise économique, la plus grave que l’on ait connue depuis 1929, les recettes du candidat François Hollande sont bien timorées et, sur le fond, proches de celles de la droite (n’est-il pas partisan de la « règle d’or » qui interdirait tout déficit budgétaire ?).

En revanche, il y a un domaine dans lequel le PS se glorifie de son ancrage à gauche : celui de la laïcité. Et, le Sénat étant passé à gauche, il a décidé de s’en servir pour prouver ses convictions et pour s’attaquer une fois de plus au cléricalisme et à la calotte. Pas celle de l’Eglise catholique évidemment – jamais le PS n’a mis en cause, quand il était au gouvernement, le statut particulier de l’Alsace-Moselle et la place qu’y occupent les religions ; le PS ne parle plus non plus de s’attaquer à l’enseignement religieux financé par l’Etat –, mais celle de cette nouvelle Eglise, si puissante dans notre société, dont les membres ont infiltré tous les rouages de l’Etat, du Parlement, du Sénat (on ne compte plus le nombre de ses élus dans cette assemblée), des médias, etc. : celle de ces musulmans qui s’attaquent aux fondements mêmes de notre société.

Délaissant donc la crise, le chômage, le mal-logement et autres détails de la vie publique, la nouvelle majorité de gauche au Sénat, dans une de ses premières manifestations d’indépendance, a décidé d’examiner une « Proposition de loi visant à étendre l’obligation de neutralité aux structures privées en charge de la petite enfance et à assurer le respect du principe de laïcité ». Après avoir, en décembre, décrété la neutralité des crèches et des centres de loisirs et de vacances, elle s’attaquait, le 17 janvier, à celle des assistants maternels.

L’article adopté est ainsi rédigé : « Art. L. 423-23 A. — À défaut de stipulation contraire inscrite dans le contrat qui le lie au particulier employeur, l’assistant maternel est soumis à une obligation de neutralité en matière religieuse dans le cours de son activité d’accueil d’enfants. »

Il est ironique de noter que Mme Françoise Laborde, à l’initiative de ce texte, expliquait le 17 janvier qu’elle aurait « pu préciser qu’il s’agissait, dans cet article, de neutralité religieuse et politique ; cela m’aurait peut-être épargné les mauvais procès en islamophobie ». Mais pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ? Pourquoi la mention de la neutralité politique n’est-elle pas précisée ? Faut-il rappeler que la commission Stasi avait proposé l’interdiction du port par les élèves de signes religieux ET politiques ? Si l’Assemblée nationale a réduit l’interdiction aux signes religieux, c’est bien par... islamophobie, quoi qu’en dise Mme Laborde.

Intervenant dans le débat, Mme Esther Benbassa, sénatrice Verts, demandait ce qu’était la neutralité au domicile d’un assistant maternel : « Une représentation de La Mecque ? Une reproduction d’une annonciation de Fra Angelico ou d’un “Judith et Holopherne” ? Une manière de préparer le repas ? » On pourrait ajouter : faudra-t-il qu’un policier reste en permanence au domicile de l’assistant maternel pour vérifier qu’il ne prie pas cinq fois par jour ? qu’il ne cuisine pas hallal ? qu’il ne lit pas le Coran ?

Et si le texte s’était étendu à la neutralité politique, comme prétend le souhaiter Mme Laborde, aurait-il fallu un policier pour vérifier les lectures subversives ? ou l’absence de portraits de Guevara ou de de Gaulle (il est peu probable que quelqu’un affiche un portrait de Hollande) ?

Le groupe socialiste s’indigne sans aucun doute quand la police religieuse iranienne vérifie que les femmes sont correctement voilées à Téhéran, mais exige que l’on aille vérifier, au domicile personnel, les convictions de chacun.

Il n’y a pas que dans le domaine économique que le PS a oublié ses racines marxistes. En 1874, Friedrich Engels épinglait ceux qui avaient « la prétention de transformer les gens en athées par ordre du mufti ». Et, l’année suivante, Karl Marx écrivait : « Chacun doit pouvoir satisfaire ses besoins religieux et corporels sans que la police y fourre son nez. »

http://blog.mondediplo.net/2012-01-...



3/ Une réponse aux islamophobes ! Ce sociologue québecquois témoigne et finit en larmes...


Une reponse aux islamophobes ! Ce sociologue québecquois témoigne et finit en larmes...



Lors des audiences nationales, le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Jean Dorion, a fondu en larmes en racontant l'impact qu'a eu sur la vie de sa famille une éducatrice de garderie portant le hijab. Depuis, a-t-il raconté, il milite contre l'islamophobie qu'il croit grandissante au Québec. (commentaire suite à l’article d’Alain Gresh)

L'islamophobie est une pathologie bien française qui touche à la fois les partis politique de droite comme de gauche.

UMP & PS même combat ?

L'UMP a durant plusieurs mois usé du débat sur le port du niqab pour finalement l'interdire en bricolant un argumentaire sécuritaire. Puis il y a eu ce débat sur l'islam rebaptisé en débat sur la laïcité parce que fallait pas trop montrer que l'on tapait sur les musulmanes, sans oublier tout au long de l'année les guéanteries et autres petites phrases sur les prières de rue, l'invasion des musulmans et les banlieues.

La gauche, elle n'a pas fait mieux, puisque le PS a voté la loi d'interdiction du niqab main dans la main avec l'UMP. On se souvient par ailleurs de cette affaire à Lyon où une femme musulmane s'est vue forcée de retirer son hijab pour se marier, l'adjointe au maire qui célébrait le mariage était une élue Europe écologie les Verts.

Aujourd'hui en douce, profitant probablement de la crise de l'euro pour détourner le débat, le PS a validé à la commission des lois du Sénat une proposition de loi visant à restreindre le port du hijab au sein de l'espace public. Ainsi, si la loi est votée, une assistante maternelle musulmane qui serait voilée serait contrainte de retirer son hijab lorsqu'elle garde des enfants et ce même chez elle...même Marine Le Pen ne l'avait pas suggéré.

Un peu de tolérance dans ce monde de brutes

Comme vous pouvez souvent le voir à travers différents articles sur ajib.fr, les pays d'Amérique au sens large sont plus tolérants vis à vis de leur concitoyens musulmans, en même temps est ce que l'on peut faire pire ? Jour férié pour l'Aïd, hijab à l'école, séance d'apprentissage de l'islam pour les haineux islamophobes, coins de prières aménagés chez certains employeurs... ces pays ont compris que l'islamophobie était un poison pour la société et la cohésion nationale.

Ce qui nous amène à ce témoignage à la fois rempli de vérité, de tolérance et d'émotions. Il s'agit de Jean Dorion, sociologue Québecois qui raconte comment à travers la nourrice musulmane de sa fille, il est revenu sur ses préjugés sur l'islam et plus généralement comment cette rencontre a eu un impact dans sa vie. Il finira son témoignage en retenant ses larmes. Il y a des leçons à prendre pour tout le monde.

Lien de la source : http://www.ajib.fr/2011/12/nourice-musulmane-tolerance/