Opinions, soutiens, prises de positions

Venues du monde entier ces opinions, soutiens et prises de positions vous permettront de mieux comprendre ce qui se passe dans cette région du Moyen Orient

Qui aide à la Judaisation de la Palestine?
Par Nicola Nasser - 01-08-2010 




Nicola Nasser est un journaliste arabe chevronné basé à Bir Zeit, en Cisjordanie, Territoire Palestinien Occupé par les Israéliens. Il a contribué cet article pour PalestineChronicle.com. (Cet article a été traduit de l'arabe, puis publié par Al-Ahram Weekly le 22 Juillet 2010.) 
L'USAID a prévu 550,4 millions de dollars pour l'Autorité Palestinienne dans son budget de l'année prochaine.
La poursuite de cette aide est subordonnée à la poursuite de la scission entre les Palestiniens du Fatah et du Hamas et du blocus. Rien n'est alloué à Jérusalem-Est et la majeure partie des fonds doivent être consacrés à "la lutte contre la drogue, la répression et aux programmes de sécurité". 

Les Etats-Unis versent à Israel plus d'argent qu'ils n'en avaient versé dans le Plan Marshall
Depuis 1860, lorsque le magnat juif américain, Judah Touro, a fait un don de 60.000 dollars - une fortune pour l'époque - pour la construction de la première colonie juive à l’extérieure des vieux murs de Jérusalem, des fonds publics et privés américains ont aidé la création et l'expansion territoriale d’Israël. Israël est aujourd'hui la première destination de l'aide américaine. 
Selon un document de l'USAID formulant des propositions destinées à orienter la politique gouvernementale, 
entre 1946 et 2008, Israël a reçu plus d'aide que la Russie, l'Inde, l'Egypte et l'Irak. En fait, les États-Unis ont versé plus d'argent à Israël qu'ils n’en avaient versé dans le Plan Marshall pour la reconstruction de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale. 
Toutefois, un récent article du New York Times ajoute une nouvelle dimension à l'histoire. Le 5 Juillet, le Times a déclaré qu’au cours de la dernière décennie, 
plus de 40 groupes américains avaient recueilli plus de 200 millions de dollars en dons déductibles d'impôt pour les colonies juives en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est, ce qui indique qu’en fait, le Trésor américain aide et encourage l'expansion des colonies illégales et la judaïsation de Jérusalem.
Alors que le New York Times mettait l’accent sur l'ironie du comment un organe du gouvernement américain facilite la canalisation de fonds privés vers des activités et des objectifs qui vont à l'encontre de la politique officielle américaine, et aussi significatif que ce soit, l'article omettait de mentionner que le montant des « dons » privés exonérés d'impôt n’était rien en comparaison des fonds publics que Washington n'a cessé de verser au projet sioniste. 
Par exemple, le budget fédéral américain pour 2011 a prévu de donner 3 milliards de dollars en aide à Israël, soit 42% du montant total de l'aide attribuée au soi-disant Proche-Orient pour cette année. Il est également intéressant d'observer que la politique de l'USAID, un organe du Département d'État utilisé pour poursuivre les objectifs des Etats-Unis à l'étranger, est également en contradiction avec les positions officielles de Washington.
Les programmes de l'USAID pour les Palestiniens excluent Jérusalem-Est. Ses documents formulant les propositions destinées à orienter la politique gouvernementale et d'autres rapports et déclarations officiels mentionnent fréquemment "la Cisjordanie et Gaza" comme intitulés de ses activités, mais ils font rarement référence à Jérusalem-Est. 
C'est comme si, pour l'USAID, Jérusalem-Est n'était pas indivisible des territoires occupés, malgré la reconnaissance officielle de Washington qu’elle l’était et en dépit de l'inclusion de Jérusalem-Est parmi les questions de statut final du processus de négociations entre l'Autorité Palestinienne (PA) et Israël, la puissance occupante, dans lequel les États-Unis sont les médiateurs. 
On ne peut s'empêcher de soupçonner l'USAID - et par extension le Département d'État - de commettre une tromperie calculée par ses omissions délibérées et systématiques de Jérusalem-Est dans ses programmes et documents.
Des responsables de l’Autorité Palestinienne à Ramallah ont exprimé leur indignation face aux allégements fiscaux accordés aux dons privés américains qui financent l'expansion des colonies juives dans les territoires occupés. On suppose que cette réaction s’adressait principalement aux Palestiniens locaux, car ils ont été prompts à souligner que les Palestiniens n’étaient pas ingrats envers les États-Unis et qu’ils exhortaient l'USAID à poursuivre ses efforts. 
"Les Etats-Unis est le principal fournisseur d'aide bilatérale au développement économique des Palestiniens, en fournissant plus de 2,9 milliards de dollars depuis 1994," écrivait l'Agence Palestinienne de Promotion de l'Investissement (PIPA) sur son site Internet en mai. 
"Les Etats-Unis contribue à faciliter la circulation des personnes et des biens palestiniens, tout en améliorant la sécurité d'Israël", ajoutait-elle, comme si elle et d'autres organes de l’Autorité Palestinienne étaient, en quelque sorte, détachés des « efforts » de l'USAID et de la politique qu'elle contribue à mettre en œuvre. 
L'USAID a prévu 550,4 millions de dollars pour l'Autorité Palestinienne dans son budget de l'année prochaine. 
La poursuite de cette aide est subordonnée à la poursuite de la scission entre les Palestiniens du Fatah et du Hamas et du blocus. Rien n'est alloué à Jérusalem-Est et la majeure partie des fonds doivent être consacrés à "la lutte contre la drogue, la répression et aux programmes de sécurité".
Toutefois, la référence à "faciliter la circulation" est encore plus suspecte, et nécessite des éclaircissements supplémentaires 
en raison du rôle que joue cette aide dans la consolidation de l'occupation, l'enracinement des colonies juives dans les territoires occupés et la promotion de la judaïsation de Jérusalem-EstLes administrations américaines successives et les innombrables visites de leurs envoyés et émissaires n’ont pas réussi à lever les barrières militaires imposées par Israël en Cisjordanie et autour de Jérusalem, à ouvrir un "couloir de sécurité» entre la Cisjordanie et Gaza, ou à ouvrir les passages de Gaza, même pour le passage de l'aide humanitaire.
Mais elles ont magnifiquement réussi dans la construction de routes "alternatives". 
Ce sont les routes de contournement prévues par les autorités de l'occupation pour relier les colonies juives qui contrôlent désormais 42% de la superficie de la Cisjordanie, ce qui ne comprend pas la partie du territoire occupé qu’Israël a annexé à la municipalité de Jérusalem, selon le Centre des droits de l’homme, B'Tselem. 
Les routes de contournement servent également à découper le reste de la Cisjordanie en cantons densément peuplées de Palestiniens.
L'Institut de Recherche Appliquée de Jérusalem (
ARIJ) indique que l'USAID a financé 23% du réseau de routes de contournement construit par les autorités d'occupation en 2004. La plupart de ces travaux de réseau routier se trouve dans les zones B et C, qui représentent plus de 80% de la superficie de la Cisjordanie et qui tombent sous le contrôle de l'occupant israélien, qui supervise tous les travaux routiers.
Les pays donateurs qui supervisent et financent le «processus de paix » ont approuvé la construction de 500 kilomètres de ces routes, d’une valeur de 200 millions de dollars, dont 114 millions ont été payés par l'USAID. 
120 autres kilomètres devraient être achevés d'ici la fin de l’année. 
La majorité de cette portion contournera les colonies juives du Grand Jérusalem, créant un mur de routes goudronnées pour renforcer le Mur-Barrière séparant la Cisjordanie de Jérusalem et pour renforcer le basculement de l'échelle démographique dans le Grand Jérusalem en faveur des colons juifs et contre ses autochtones Palestiniens.
Le reste du réseau routier, qui serpente à travers les vallées, les collines et les ravins de la Cisjordanie, est salué comme une «réussite» par le gouvernement de Salam Fayyad à Ramallah. 
En effet, Fayyad va plus loin jusqu’à vanter ces routes comme étant des projets palestiniens qui ont "pénétré" les zones B et C et, par conséquent, «défient» les partitions de sécurité de la Cisjordanie telles que définies par les Accords d'Oslo. 
En fait, l’USAID ne peut prétendre que ces routes sont l'une de ses «réussites» pour faciliter la circulation des Palestiniens sous occupation, et l'Autorité Palestinienne ne peut les revendiquer comme étant une victoire subtile. 
Comme l’explique 
Suhail Khaliliey, le chef du département de suivi de l'Urbanisme de l'ARIJ : «Ce qui se passe, c’est que l'USAID présente cet ensemble de projets d'infrastructure à l'Autorité Palestinienne et dit pour l’essentiel : « C’est à prendre ou à laisser ». Donc, l’Autorité Palestinienne est tout simplement forcée d'accepter des routes réservées aux Israéliens dont elle ne veut pas."
Ingrid Jaradat Gassner, la directrice du Centre de Documentation de BADIL pour les Droits de résidence et des Réfugiés Palestiniens, le dit de façon encore plus poignante : «C'est triste que l’Autorité Palestinienne aide à construire ses propres cantons alors que les colons contrôlent les principales routes."
Le mois dernier, M. Fayyad a publié une déclaration niant que l’Autorité Palestinienne avait contribué à la construction d'un réseau de routes proposé par la puissance occupante. 
Ghasan Al-Khatib, un porte-parole du gouvernement Fayyad, a ajouté que l'Autorité Palestinienne faisait tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher la montée d'un «système d'apartheid" en Cisjordanie. Malheureusement, les réalités sur le terrain démentent ces dénégations et ces affirmations.
A lire également le très important article sur le sujet :
Palestine: les routes de la dépossession



NATIONALISME, SIONISME ET BINATIONALISME : APPORTS ET LIMITES DE HANNAH ARENDT

Un mémoire présenté par Rafik Chekkat (Université de Paris VII – Denis Diderot)
publié le mercredi 7 juillet 2010.
AVANT-PROPOS

Le présent mémoire a été rédigé en partie dans les jours qui ont suivi l’assaut des forces armées israéliennes dans les eaux internationales, dans la nuit du 31 mai, contre les six navires de la « flotille internationale » venus briser l’embargo inhumain imposé par les autorités israéliennes aux gazaouis depuis juin 2007. L’attaque a fait 9 morts, tous des ressortissants turcs. Ce nouveau drame, dans la suite ininterrompue de violences qui frappe le Proche-Orient depuis trop longtemps, traduit s’il en était, la tragique actualité de la présente étude sur les concepts de sionisme, nationalisme et biantionalisme dans la pensée de Hannah Arendt.

Au-delà de cette actualité immédiate, tout travail théorique est inéluctablement influencée par le fait que nos idées sont nécessairement le produit d’un processus historique complexe. En tant que franco-algérien, né en Algérie et qu’accompagne constamment une subjectivité de « colonisé », qui induit une forte identification avec les Palestiniens dans le conflit colonial en cours en Israël/Palestine, il convient d’avoir à l’esprit cette formule de Gramsci, qu’aimait souvent citer E. Said : « Le commencement de l’élaboration critique est la conscience de ce qu’on est réellement, un « connais-toi toi-même » conçu comme produit du processus historique qui s’est jusqu’ici déroulé et qui a laissé en chacun de nous une infinité de traces reçues sans bénéfice d’inventaire ».

C’est à un tel type d’inventaire que se propose modestement de procéder la présente étude.
Pour lire ce mémoire, cliquez ci-dessous

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article9178


Peut-on critiquer Israël ? En quoi les sionistes sont-ils légitimés pour instrumentaliser l’antisémitisme ? (Pierre Stambul, UJFP)
publié le mercredi 30 juin 2010.

L’expulsion des Palestiniens de leur propre pays s’est faite, il y a 62 ans. Ce nettoyage ethnique (800 000 personnes expulsées de leur propre pays) s’est réalisé avec la complicité de la communauté internationale. Après des siècles d’un antisémitisme européen jalonné de nombreux pogroms, et immédiatement après le génocide nazi qui a entraîné la mort de 6 millions de Juifs (la moitié des Juifs européens), l’Occident s’est « débarrassé » de sa responsabilité … sur le dos du peuple palestinien qui n’avait joué aucun rôle dans cette persécution. [...]Le sionisme est devenu une idéologie totalitaire qui prétend parler au nom de tous les Juifs. Depuis des années, une technique s’est bien rodée. Quiconque critique Israël et sa politique, quiconque défend les droits du peuple palestinien, est forcément un antisémite s’il n’est pas juif et un traître ayant la haine de soi s’il est juif.

Peut-on critiquer Israël ? En quoi les sionistes sont-ils légitimés pour instrumentaliser l’antisémitisme ?

Pierre Stambul ,

Luxembourg, le 28/06/2010

L’expulsion des Palestiniens de leur propre pays s’est faite, il y a 62 ans. Ce nettoyage ethnique (800 000 personnes expulsées de leur propre pays) s’est réalisé avec la complicité de la communauté internationale. Après des siècles d’un antisémitisme européen jalonné de nombreux pogroms, et immédiatement après le génocide nazi qui a entraîné la mort de 6 millions de Juifs (la moitié des Juifs européens), l’Occident s’est « débarrassé » de sa responsabilité … sur le dos du peuple palestinien qui n’avait joué aucun rôle dans cette persécution.

Alors que la décolonisation (certes très imparfaite) a été la règle partout, la question palestinienne évolue à contre-courant. Plusieurs facteurs bloquent toute solution. Il y a la manipulation de l’histoire, des mémoires et des identités.

L’Etat d’Israël et celles ou ceux qui soutiennent sa politique nient le crime fondateur, les droits du peuple autochtone, voire même l’existence de ce peuple. Pour eux la « légitimité » d’un Etat qui s’est proclamé « Etat Juif » et refuse toute citoyenneté aux autres habitants de la région est indiscutable et les Palestiniens sont des intrus. Ils en sont toujours aux mensonges initiaux : « une terre sans peuple pour un peuple sans terre », « du désert, nous avons fait un jardin », « les Arabes sont partis d’eux-mêmes » et ils défendent contre toute vraisemblance historique l’idée qu’après 2000 ans d’exil, les Juifs sont retournés dans leur pays.

Le sionisme est devenu une idéologie totalitaire qui prétend parler au nom de tous les Juifs. Depuis des années, une technique s’est bien rodée. Quiconque critique Israël et sa politique, quiconque défend les droits du peuple palestinien, est forcément un antisémite s’il n’est pas juif et un traître ayant la haine de soi s’il est juif. Quiconque dit ce qui est à l’œuvre : nettoyage ethnique, colonialisme, apartheid, crimes de guerre … est forcément un négationniste nostalgique d’Hitler.

Traître ou complice ?

Refusant d’avoir le choix entre être complice ou être un traître, je me sens donc sommé de dire « d’où je parle ». Je suis né en 1950 dans le souvenir omniprésent du génocide nazi. Mère née Dvoira Vainberg, communiste résistante dans la MOI, seule rescapée d’une famille nombreuse disparue (sans qu’on sache même où et comment) en Bessarabie. Père Yakov Stambul, membre du groupe Manouchian (l’Affiche Rouge), en « triangle » avec Jozsef Boczor et Emeric Glasz fusillés au mont Valérien. Il a été déporté à Buchenwald. Sa mère avait été 40 ans plus tôt une survivante du pogrom de Kichinev. J’utilise volontairement mes origines pour contester tout droit des sionistes à parler au nom de tous les Juifs ou au nom de l’antisémitisme et du génocide.

En 1948, Menachem Begin (le responsable du massacre de Deir Yassin) projetait de visiter les Etats-Unis. Les plus grands intellectuels juifs américains de l’époque (Hannah Arendt, Albert Einstein …) avaient signé une pétition demandant au président Truman d’arrêter ou d’expulser ce terroriste. Encore à cette époque, le mot « juif » évoquait Einstein, Arendt, Freud, Rosa Luxembourg… et pas Liberman, Barak , Livni ou Nétanyahou.

Aujourd’hui, on assiste à un véritable acharnement consistant à effacer ce passé, à manipuler l’histoire, la mémoire et les identités juives. La caricature de ce hold-up, c’est un avocat sioniste français osant intenter un procès à Edgar Morin pour antisémitisme. Edgar Morin a été un grand résistant et il a écrit dans « Vidal et les siens », à partir de son histoire familiale, une étude de la trajectoire des Juifs venus de Salonique. Edgar Morin, comme de nombreuses personnalités françaises d’origine juive, trouve que la politique israélienne actuelle n’est pas seulement criminelle pour les Palestiniens et suicidaire pour les Israéliens, c’est aussi une caricature d’une histoire riche qui n’a rien à voir avec le militarisme colonial actuel.

Sionisme et antisémitisme

L’idéologie sioniste est une réponse, fausse à mes yeux, à l’antisémitisme. En 1880, environ 60% des Juifs du monde entier vivent dans un seul pays : l’empire russe et ils forment environ 10% de la population de la « zone de résidence » entre Baltique et Mer Noire. La société juive est en butte à un terrible antisémitisme d’état qui essaie de détourner la colère populaire contre les Juifs. Une partie de la population juive abandonne la religion. Les idées révolutionnaires influencent massivement les Juifs qui se sont prolétarisés et adhèrent en nombre à différents partis révolutionnaires dont le Bund. À contre-courant de ces idées, le sionisme considère que l’antisémitisme est inéluctable, que la lutte pour la citoyenneté ou l’égalité des droits n’a aucun sens et que la seule solution est la fuite et la colonisation de la Palestine. Dès le départ, le sionisme est une théorie de la séparation : juifs et non juifs ne peuvent pas vivre ensemble. Dès le départ, les sionistes n’ont qu’un seul but : construire le futur Etat juif et ils ne participeront que de façon très marginale aux luttes sociales, au combat pour l’émancipation ou à la résistance antifasciste. Dès le départ, le sionisme se sert de l’antisémitisme pour faire avancer son projet. Peu avant sa mort, Herzl rencontre un des pires ministres antisémites du Tsar (Plehve) pour lui expliquer que l’un et l’autre ont les mêmes intérêts : qu’un maximum de Juifs quittent la Russie. La persécution antisémite sera toujours décrite, notamment plus tard par Ben Gourion, comme une aide décisive pour convaincre les Juifs de partir en Palestine. Dès le départ, les sionistes qui prétendent réagir au pire des racismes se montrent totalement négationnistes vis-à-vis du peuple palestinien autochtone. Ils organisent sa dépossession bien avant le génocide nazi et envisagent très tôt l’expulsion qui sera réalisée en 1948.

Instrumentalisation du génocide

À la sortie du musée Yad Vashem de Jérusalem consacré au génocide, un monument symbolise l’issue « rédemptrice » selon les sionistes : la création de l’Etat d’Israël. Certes, le projet de création d’un Etat juif n’aurait pas abouti et même serait resté très minoritaire parmi les Juifs sans le génocide. Les Juifs qui avaient été considérés comme des parias en Europe, sont soudainement devenus dès 1945 de bons européens établissant une tête de pont au Proche-Orient et il y a eu un consensus international pour soutenir la création de l’Etat d’Israël et le nettoyage ethnique qui l’a accompagnée.

Et pourtant, le sionisme a-t-il joué un rôle notable face au nazisme et au fascisme ? En fait, aucun mouvement politique et aucun Etat n’a voulu ou su faire face à cette « résistible ascension » du fascisme. Les Occidentaux ont refusé l’intervention en Espagne, ont signé les accords de Munich et plus tard pendant la guerre, n’ont rien fait pour empêcher l’extermination des Juifs. Les Soviétiques ont signé le pacte germano-soviétique. Ne parlons pas du Parlement français qui a voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Mais les sionistes n’ont pas fait mieux et les faits qui suivent sont facilement vérifiables.

L’idéologue du courant révisionniste du sionisme, Vladimir Jabotinsky était un admirateur du fascisme italien et les méthodes qu’il a préconisées dès 1930 (le « transfert » des Palestiniens au-delà du Jourdain) s’inspirent du fascisme. Quand en 1933, les Juifs américains organisent un boycott contre l’Allemagne Nazi, Ben Gourion le brise aussitôt. L’organisation sioniste mondiale aura un bureau en Allemagne nazi jusqu’en 1941 et les Nazis favoriseront l’émigration des Juifs allemands ou autrichiens expulsés vers la Palestine (avec transfert de fonds) alors que la grande majorité d’entre eux préféraient partir en Occident. Pire, celui qui sera Premier ministre sous le nom d’Itzhak Shamir a dirigé avec Stern un groupe terroriste qui assassinera de nombreux soldats britanniques entre 1940 et 1943, ce qui en dit long sur l’intérêt que ce groupe portait au génocide en cours.

Il y a eu une résistance spécifiquement juive pendant la guerre, essentiellement communiste et bundiste (dans la MOI avec d’autres, en Pologne avec l’insurrection du ghetto de Varsovie). Les sionistes n’y ont joué qu’un rôle marginal.

Israël s’est souvent présenté comme le havre de paix pour les Juifs après la guerre. Il n’y a qu’à écouter le discours de Sharon lors du 60e anniversaire de la libération d’Auschwitz, expliquant que l’extermination n’aurait pas eu lieu si Israël avait existé et accessoirement qu’Auschwitz justifiait ce qu’Israël inflige aux Palestiniens.

Il y a pourtant à dire sur l’arrivée des rescapés du génocide. À la fin de la guerre, des centaines de milliers d’entre eux sont dans des camps de réfugiés, essentiellement en Allemagne. Le Yiddishland a disparu. Ils attendent des visas pour l’Occident que la plupart n’obtiendront pas. En 1951, le dernier camp se révolte en Bavière et les derniers réfugiés sont expulsés … en Israël.

Ces rescapés seront très mal accueillis en Israël. On opposera la prétendue résignation des victimes face à l’extermination, à l’Israélien nouveau fier de lui qui se bat et défriche son pays. Il reste aujourd’hui un peu plus de 200000 rescapés en Israël. La moitié d’entre eux touchent des pensions misérables et vivent sous le seuil de pauvreté, en particulier ceux qui sont venus des pays de l’Est. Régulièrement, des rabbins et non des moindres, insultent la mémoire des victimes en affirmant qu’ils ont pêché et que Dieu les a punis. Entre deux injures racistes contre les Palestiniens, le grand rabbin Ovadia Yossef, idéologue du parti Shass (Salah Hamouri est accusé sans preuve d’avoir voulu attenter à sa vie) s’est plusieurs fois livré à des diatribes contre les victimes du génocide.

La question du racisme en Israël

Pourquoi les institutions communautaires juives, si promptes à voir partout l’antisémitisme sont-elles aussi silencieuses face au racisme et aux discriminations en Israël ?

Il existe un racisme institutionnel contre les Palestiniens. Ceux qui ont la nationalité israélienne dans un Etat qui se dit « juif et démocratique » vivent les discriminations au travail (un grand nombre de métiers leur étant interdits), au logement, à la possession de la terre dans un pays où « légalement », 98% des terres sont réservées aux Juifs. Plus de 60 ans après la création de l’Etat d’Israël, plus de 100000 Bédouins du Néguev vivent dans des bidonvilles en plein désert. Leurs villages non reconnus sont détruits. Ils n’ont pas le droit de construire en dur, ils n’ont ni route, ni eau, ni électricité, ni école. On détruit leurs maisons dès qu’ils construisent en dur.

De très nombreux dirigeants israéliens profèrent régulièrement des injures racistes qui sont parfois des appels au meurtre contre les « Arabes » en toute impunité. Dans le cadre du « choc des civilisations » et de la « guerre du bien contre le mal », les médias israéliens considèrent le Hezbollah ou le Hamas comme des êtres démoniaques. D’où l’indifférence de l’opinion israélienne face aux crimes de guerre commis au Liban (2006) ou à Gaza (décembre-janvier 2008-9).

Que dire des Juifs séfarades ou Mizrahis venus des pays musulmans ? Avant l’avènement du sionisme, ils n’avaient jamais connu quelque chose d’équivalent à l’antisémitisme européen. Au contraire, quand les Juifs ont été expulsés d’Espagne, ils ont été accueillis au Maghreb et dans l’Empire Ottoman. C’est à la fois la construction d’un Etat juif expulsant les Palestiniens et le colonialisme européen qui vont déstabiliser ces communautés. Bien sûr, les régimes arabes ou le colonialisme français ont une responsabilité évidente dans le départ de communautés vieilles parfois de 2000 ans. Mais la propagande sioniste a joué un rôle essentiel. Il s’agissait de donner au nouvel Etat israélien le prolétariat qui lui faisait défaut après l’expulsion des Palestiniens. Quand les Juifs hésitaient à partir, tout a été fait pour les convaincre et par exemple les attentats de Bagdad de 1950-51 qui ont décidé la plus vieille communauté juive (celle d’Irak) à émigrer, ont été réalisés par des sionistes. On a raconté une histoire assez fantastique aux Juifs venus des pays musulmans : « vous viviez dans des pays de sauvages au milieu des Arabes et les Ashkénazes (les juifs européens) vous ont sauvés en vous offrant un pays ». Ils se retrouvent aujourd’hui coupés de leur histoire, de leur culture, de leurs langues, de leurs racines. Les Juifs algériens qui étaient des autochtones ont dû quitter leur pays avec les colons à cause du décret Crémieux qui les a coupés de la population musulmane en les faisant passer du côté des colons.

Les Juifs du monde arabe ont souffert dès leur arrivée en Israël d’un racisme violent. On les a envoyés dans les régions périphériques ou désertiques. Ils ont occupé les emplois les plus dévalorisants, et leur niveau de vie en Israël est très nettement inférieur à celui des Juifs européens. Dans les années 50, des rayons X ont été expérimentés sur des enfants de Juifs marocains, on estime que le nombre de victimes tourne autour de 6000 morts. Il y a eu des révoltes dont celles des Panthères Noires. Les Juifs du monde arabe ont été éduqués à adopter une histoire, celle de l’antisémitisme européen, qui n’est pas la leur. Leur traumatisme, être coupé des Arabes avec lesquels ils avaient toujours vécu et être définitivement éloignés de leurs terres ancestrales, a été totalement nié et refoulé. Sans passé, ni présent, ni avenir, ils ont été une proie facile pour les partis de droite.

Enfin il est difficile d’évoquer le racisme en Israël sans parler des Falachas. La fameuse opération visant à les sauver tourne à la farce sinistre. Il y a aujourd’hui près de 100000 Ethiopiens en Israël dont beaucoup n’ont rien à voir avec le judaïsme. Ils subissent un racisme violent, et pas seulement de la part des autorités religieuses.

La société israélienne est à l’unisson de l’occident sur les questions du tiers-monde et des migrations. Plusieurs milliers de Sans Papiers venus d’Afrique de l’Est sont enfermés dans des centres de rétention. Leurs enfants ne sont pas scolarisés et le gouvernement construit une barrière entre Gaza et la Mer Rouge pour les empêcher d’entrer. Il y a en Israël des centaines de milliers de travailleurs immigrés notamment venus de l’Est de l’Asie et ils subissent les mêmes discriminations que les immigrés vivant en Europe.

Devoir de mémoire ou devoir de soutien inconditionnel ?

Il aura fallu du temps pour que le nouvel Etat israélien réalise tout le profit qu’il y avait à créer une religion du souvenir. La mémoire ne peut pas être un devoir. La mémoire n’est pas un rite. Elle a un sens évident, comprendre ce qui a produit les horreurs et faire en sorte qu’il n’y ait « plus jamais cela ». Ce sens a été perverti.

Avec la création du musée Yad Vashem et le procès Eichmann, l’Etat israélien s’est autoproclamé seul dépositaire de la mémoire du génocide. C’est lui qui nomme les « Justes », celles et ceux qui ont sauvé des Juifs. Tous les ans, chaque Israélien doit s’arrêter au garde-à-vous pour célébrer la Shoah et le voyage à Auschwitz pendant les années d’études est obligatoire.

Et pourtant ! Dès les années 50, pour pouvoir retrouver sa place dans le concert des nations, l’Allemagne fédérale a décidé d’indemniser les victimes juives du nazisme (pas les autres, pourquoi ?). L’Etat d’Israël a reçu des milliards de marks qui ont joué un rôle décisif dans son développement économique. Or le chancelier Adenauer a un passé douteux sur la question juive et plusieurs de ses conseillers qui ont mis en place l’aide à Israël sont des anciens nazis. Les Israéliens ont fermé les yeux.

Aujourd’hui c’est pire. Un président polonais se fait élire avec le soutien décisif d’une radio antisémite (Radio Marya) et il est décrit par tout le monde comme un ami d’Israël. Dans les pays baltes ou en Croatie, des partis héritiers des collaborateurs qui ont joué un rôle majeur dans l’extermination des Juifs, se retrouvent au pouvoir. Peu importe, ce sont des amis d’Israël ! En France, des anciens du groupe fasciste Occident se retrouvent dans les Amitiés France-Israël.

Aux Etats-Unis, les « Chrétiens sionistes » sont très puissants. Ces intégristes affirment que les « Arabes, c’est Armageddon, c’est le mal », que les Juifs doivent les expulser de la terre sainte, mais que bien sûr après, ils devront se convertir au christianisme ou disparaître. Ce sont des antisémites, héritiers de l’antijudaïsme chrétien traditionnel. Les Chrétiens sionistes ont donné une aide financière décisive pour coloniser la Cisjordanie et en particulier pour construire Maale Adoumim qui coupe la Cisjordanie en deux et qui rend non-viable dans ces conditions tout hypothétique Etat Palestinien. Bref, il faut le dire, la colonisation est financée par d’authentiques antisémites.

Mais en Israël et chez ceux qui défendent inconditionnellement les gouvernements israéliens, le curseur s’est déplacé. Tous les dirigeants politiques ont proclamé « qu’Arafat est un nouvel Hitler », que les Palestiniens sont les héritiers du nazisme (alors que, comme le montre Gilbert Achkar dans son livre « les Arabes et la Shoah », les sympathies arabes pour le nazisme ont été rares, à l’exception du mufti Amin al-Husseini). Le complexe de Massada fonctionne à fond qui persuade les Israéliens que les victimes, ce sont eux, et pas le peuple occupé. On ne traque plus les antisémites, on traque ceux qui critiquent Israël et qui sont « forcément » quelque part des antisémites. On a passé sous silence en Israël le fait qu’en 2002, les plus grands intellectuels palestiniens (Elias Sanbar mais aussi Edward Saïd et Mahmoud Darwish aujourd’hui décédés) ont empêché la tenue d’un colloque négationniste de Garaudy à Beyrouth.

L’antisémitisme aujourd’hui

Il n’y a pas eu dans l’histoire un seul antisémitisme. Il y a d’abord eu pendant des siècles en Europe l’antijudaïsme chrétien. Les deux religions ont été en concurrence au début de l’ère chrétienne et le christianisme est issu du judaïsme. Quand le christianisme devient religion d’Etat, les persécutions antijuives commencent. Ce sont les interdits, notamment la possession de la terre, l’enfermement dans les juderias ou les ghettos, les stéréotypes racistes, l’accusation de déicide, les expulsions et les massacres de masse. Quand l’émancipation des Juifs européens commence au XVIIIe siècle, cet antijudaïsme chrétien va se transformer en antisémitisme racial. Tous les nationalismes européens ont en commun l’équation simpliste « 1 peuple = 1 Etat » (idée reprise par les sionistes) et il y a un consensus antisémite considérant que les Juifs sont « apatrides et cosmopolites » et constituent un obstacle à la construction d’Etats ethniquement purs. Cet antisémitisme racial a produit les horreurs du nazisme.

Après 1945, c’est principalement l’extrême droite qui propage l’antisémitisme avec le renfort d’un petit courant venu de l’ultra-gauche (Rassinier) qui nie l’existence de l’extermination. Les principaux courants politiques n’affichent plus l’antisémitisme d’avant-guerre, mais il ne faut pas se méprendre. Il ne s’agit pas d’un sentiment de culpabilité, mais d’une joie que les Juifs aient un Etat et donc éventuellement qu’ils puissent partir. Déjà en 1917, Balfour, le créateur du « Foyer National Juif » était un antisémite. Son projet politique visait à la fois à créer une tête de pont européenne au Proche-Orient et à se débarrasser des Juifs européens.

Il y a aujourd’hui un risque que se développe une troisième phase de l’antisémitisme. Edgar Morin a utilisé le terme d’antiisraélisme. À partir du moment où les partisans de l’Etat d’Israël mélangent sciemment juif, sioniste et israélien, il est logique que les mêmes confusions aient lieu dans les rangs de celles ou ceux qui défendent les droits des Palestiniens. Il est tout à fait illusoire, face à ce phénomène, d’hurler à l’antisémitisme aux côtés de ceux qui nient les crimes commis par l’armée israélienne. La meilleure parade à cette possible montée d’un nouvel antisémitisme, c’est de faire ce que font les anticolonialistes israéliens ou ce que fait l’Union Juive Française pour la Paix : montrer en tant que juifs que nous sommes solidaires des Palestiniens, parce que cette guerre n’est ni une guerre raciale, ni un conflit communautaire, ni une guerre religieuse. Elle porte sur des questions universelles : l’égalité des droits et le refus du colonialisme. Et nous sommes solidaires aussi au nom de notre identité et de notre histoire.

En même temps, il existe et il a toujours existé en petit nombre d’authentiques antisémites qui se dissimulent derrière le combat pour la Palestine. Je citerai les groupies d’Israël Shamir, un curieux Israélien d’origine soviétique, le parti dit « antisioniste » dont le fondateur (Dieudonné) est devenu un familier de Le Pen ou le « parti des musulmans de France ». Ces groupes sont totalement infréquentables et faire un bout de chemin avec eux discrédite un combat mené au nom des droits fondamentaux.

L’antisémitisme est-il un racisme « à part », « hors norme » ? Il l’a été car en général les communautés discriminées ne sont pas victimes d’un génocide systématique. Mais l’antisémitisme actuel n’est en rien comparable à ce qu’a été l’antisémitisme des années 30 ou 40 et par exemple en France, le racisme frappe beaucoup plus massivement les Noirs, les Roms et les Arabes.

La confusion organisée

Quand l’ONU a publié le rapport Goldstone confirmant que les troupes israéliennes avaient commis des crimes de guerre à Gaza, des défenseurs d’Israël ont affirmé qu’il s’agissait d’un rapport antisémite. Richard Goldstone est pourtant un Juif sud-africain réputé proche du sionisme. Quand « l’association pour le bien-être du soldat israélien » (ABSI) n’a pas trouvé de salle pour faire sa réunion à Lyon, celle-ci s’est faite dans une synagogue. Mais si bien sûr, une synagogue est caillassée, il s’agira d’un acte antisémite.

Quand des militants se lancent activement dans la campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions contre Israël) initiée par la société civile palestinienne, ils sont accusés d’antisémitisme et menacés directement par la ministre de la Justice.

Quand un conseiller régional interpelle M. Frèche, président de la région Languedoc-Roussillon, sur le soutien qu’il apporte à la construction du terminal Agrexco, compagnie qui exporte les produits des colonies de Cisjordanie, il est traité d’antisémite.

Quand la plupart des élus français vont au dîner du CRIF et acceptent benoîtement des propos considérant que toute critique d’Israël est antisémite, on marche sur la tête.

Ça suffit ! J’apporte publiquement mon appui et celui de l’Ujfp à Madame Biermann, citoyenne luxembourgeoise engagée, victime d’une accusation infamante d’antisémitisme lancée contre elle par le consistoire israélite. Oui, il existe un lobby qui use et abuse de l’antisémitisme pour interdire toute critique d’une politique criminelle. Oui, face à Etat qui se dit Juif, qui a installé des colonies « juives », qui prétend parler au nom de tous les Juifs et face à des institutions communautaires ou religieuses qui sont devenues les auxiliaires de cette politique, il est logique et normal d’interpeller les Juifs. Le crime se fait en leur nom, et c’est une des raisons de l’existence de l’Ujfp. Qu’ils cessent de soutenir une politique criminelle et suicidaire et qu’ils se souviennent de ce qu’a produit le soutien d’un grand nombre de pieds-noirs à l’OAS pendant la guerre d’Algérie.

À tous et à toutes ! Ne vous laissez pas intimider ! Ne confondez jamais juif, sioniste et israélien ! Et rappelez-vous que ceux qui défendent jour après jour et quoi qu’il arrive la politique israélienne n’ont aucun droit à vous traiter d’antisémite. Défendre les droits du peuple palestinien comme ceux de tout peuple est un devoir universel, quelles que soient nos origines.



COMMUNIQUÉ DU NPA ET DU FPLP. POUR UN ÉTAT PALESTINIEN LAÏC ET DÉMOCRATIQUE.

mercredi 30 juin 2010

A l’issue de la visite en France, à l’invitation du NPA, du camarade Rabah Mahna, membre du bureau politique du Front Populaire de Libération de la Palestine, les deux organisations ont fait le constat d’une grande convergence d’analyse. La crise globale du système capitaliste engendre partout dans le monde une accélération des attaques contre les acquis du mouvement ouvrier, et une paupérisation croissante des masses populaires. Tandis que les plans de rigueur se multiplient, les guerres impérialistes écrasent des populations entières comme en Iraq et en Afghanistan. En Palestine, la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem continue de plus belle tandis que le Peuple palestinien de Gaza est soumis à un blocus criminel. Le FPLP et le NPA considèrent que la lutte de libération nationale pour la libération de la Palestine s’inscrit dans une lutte globale contre le capitalisme et l’impérialisme et le sionisme. Au-delà des revendications immédiates que sont le démantèlement des colonies, le respect des résolutions de l’ONU, le retour des réfugiés, et la libération de tous les prisonniers et de toutes les prisonnières, l’enjeu central est l’autodétermination du Peuple Palestinien et la création d’un état Palestinien laïque et démocratique.

Notre camarade Rabah a eu l’occasion de participer durant son séjour en France, à plusieurs réunions, tant à Marseille qu’à Paris, avec des membres de la commission Moyen Orient Palestine, de la commission Internationale. Ces rencontres passionnantes ont permis aux membres du NPA de mieux connaitre la situation politique aujourd’hui en Palestine, d’échanger avec notre camarade sur des sujets qui dépassent la question de la lutte de libération nationale, notamment la priorité à se mobiliser pour la libération des femmes, en Palestine comme ailleurs, de développer l’organisation de la jeunesse. Les militants du NPA se serviront des éléments apportés par nos camarades du FPLP dans leur travail au sein du mouvement de solidarité avec le peuple Palestinien et sa résistance. Les échanges et les contacts entre nos deux organisations vont s’intensifier.


  
À un désami israélien

Chronique d'abonnés par Berjac / 29.06.10

 J'ai terminé il y a quelques jours le livre déconseillé par notre « observateur » israélien : « À un ami israélien » de Régis Debray avec une réponse d'Élie Barnavi. Un petit livre d'une remarquable modération qui aborde sans complexe les sujets qui fâchent. De nos jours où l'on galvaude volontiers l'émotion, ça n'est pas du luxe.

Notre chroniqueur n'a pas supporté l'évocation du « péché originel » israélien. Chacun aura compris qu'il s'agit là du nettoyage ethnique (des milliers de morts et 800.000 expulsés à la pointe de la baïonnette) méthodiquement exécuté entre 1947 et 1949 par les miliciens sionistes et qu'on commence à connaître en détail grâce aux travaux des historiens israéliens s'appuyant sur de nombreux témoignages et des archives récemment déclassifiées.

Or, que dit Régis Debray à ce sujet ?
« Un peuple en a chassé un autre. Ce n'est pas bien. Et puis après ? »
« Une construction nationale exige une politique de l'amnésie, à laquelle nos fêtes nationales et nos lieux de mémoire sont ce que sont les îles à la mer ».

En d'autres termes, la fondation de l'Etat d'Israël est un fait accompli, légalisée en 1948 par la communauté internationale et que nul ne conteste réellement en dépit des rodomontades du Hamas. Ce que Régis Debray lui reproche c'est que le nettoyage ethnique se poursuit sous nos yeux puisqu'il ne cesse de violer les frontières fixées lors de sa création, sous prétexte que les juifs seraient en danger hors de son territoire :

« qu'[il] n'a cessé, depuis, d'enfoncer le fer dans la plaie en y jetant chaque jour du sel [...] En adoptant une loi du retour permettant à un coreligionnaire étranger tombé de la planète Mars, New York ou Odessa de traiter l'autochtone en étranger, lequel doit lui mendier ensuite une autorisation pour accéder à son champ et voir sécher ses oliviers »

Notons que ce chantage à l'insécurité est un thème récurrent des credo nationalistes. Durant le conflit dans l'ex-Yougoslavie, les propagandistes serbes le cultivaient activement. À les en croire, l'histoire des serbes n'était qu'une continuelle entreprise d'extermination par leurs voisins, depuis la conquête turque jusqu'au génocide perpétré par les croates durant la Deuxième guerre mondiale. Aucune population serbe ne devait être en situation de minorité dépendant d'une majorité non-serbe et de plus, la Serbie devait s'étendre partout où il y avait des mausolées serbes (par exemple le Kossovo, « cœur historique » de la Serbie).

Le seul point sur lequel Régis Debray et Élie Barnavi divergent, c'est que ce dernier pense qu'Israël ne pourra pas faire la paix sans une tutelle contraignante impliquant les Etats-Unis, tandis que son interlocuteur est d'avis que ceux-ci y sont culturellement inaptes. Là est le nœud du problème. La principale cause de l'enlisement du conflit, c'est l'aide considérable et inconditionnelle que les Etats-Unis ont apportée à Israël depuis quarante ans. Si les dirigeants israéliens n'avaient disposé que de moyens à l'échelle de leur pays, ils auraient dû faire des concessions car la population n'aurait pas supporté si longtemps la charge réelle de la guerre. Or, disposant face à un adversaire faiblement armé, de moyens militaires et financiers illimités et d'un énorme appareil de propagande et de lobbying, les israéliens vivent totalement hors des réalités. C'est pourquoi en l'absence de contrôle international, les accords d'Oslo se sont accompagnés d'une accélération de la colonisation des territoires occupés qui a dynamité le processus de paix. Et c'est également pourquoi désespérant de la paix, de nombreux israéliens ne voient plus d'issue que dans l'extrémisme. Cette équation s'est compliquée depuis une dizaine d'années avec les mutations de la donne régionale. En particulier la destruction de l'adversaire irakien par les Etats-Unis avec l'aide britannique et la bénédiction israélienne a propulsé l'Iran sur le devant de la scène.

Dans son dernier livre « Le nettoyage ethnique de la Palestine », l'historien israélien Ilan Pappé évoque la façon dont les autorités israéliennes ont maquillé l'expulsion des palestiniens. On connaissait déjà « les villageois quittant provisoirement la Palestine pour laisser le champ libre aux armées arabes ». Ce qu'on sait moins, c'est le travail considérable accompli par le Fonds national juif pour présenter les vestiges palestiniens comme des « témoignages juifs antiques » parsemant les parcs de loisirs. Parmi d'autres, la forêt de Birya, créée près de Safed sur les restes de six villages détruits en 1948.

Ces morts qui gisent dans vos fosses communes, ces dizaines de villages que vos bulldozers ont soigneusement rasés pour que vous puissiez affirmer qu'avant l'arrivée des juifs, la Palestine était un désert sont là, quelques centimètres sous vos pieds. Il faudra bien qu'un jour prochain, vous leur rendiez justice. De la même façon qu'un jour, les turcs dresseront des stèles pour déplorer le meurtre des arméniens sur lequel la Turquie moderne a été bâtie.

La prochaine fois que vous passerez dans l'un de ces parcs, vous qui cultivez volontiers un style émotionnel, posez-y un regard un peu plus aigu que d'habitude. Et si d'aventure, vous vous laissez aller jusqu'à y poser un petit caillou comme c'est l'usage, ajoutez-en un de ma part.

Ariel Gurevitz

3 juin 2010 - A un ami israélien » de Régis Debray à Barnavi
20 juin 2010 - Régis Debray ou un combat douteux

Une bibliographie pour aller plus loin

À un ami israélien, Régis Debray, avec une réponse d'Elie Barnavi, Flammarion, mai 2010
Aujourd'hui ou peut-être jamais, Elie Barnavi, André Versaille éditeur, août 2009
Le nettoyage ethnique de la Palestine, Ilan Pappé, Fayard, juin 2005
Les mots et la terre. Les intellectuels en Israël, Schlomo Sand, Champs Flammarion, 2006

et sans rapport direct avec ce sujet, je ne résiste pas à l'envie de vous conseiller un livre passionnant lu il y a quelques mois :
Place Dizengoff de Tamar Berger, paru en 1998 en Israël et en octobre 2009 chez Actes sud
une dramaturgie urbaine comme l'indique le sous-titre. Minutieuse chronique d'un quartier de Tel-Aviv depuis l'époque ottomane jusqu'à nos jours à travers ses destructions et ses constructions, ses propriétaires et ses habitants, ses bâtisses anarchiques et ses plans de développement.


d'après : http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2010/06/30/a-un-desami-israelien_1380714_3232.html


Que les Palestiniens mangent des chips

Ahmad Amr (palestinechronicle)
publié le dimanche 13 juin 2010.


http://www.palestinechronicle.com/view_article_details.php?id=16045

Traduction M.C.

06/10/2010

Au début, j’ai cru lire une parodie faite pour tourner en ridicule la liste absurde des produits qui sont interdits d’importation à Gaza. L’Associated Press vient de publier un article intitulé "Israël allège le blocus de Gaza sur certains aliments interdits". Le titre semblait prometteur. Or il s’avère que les Israéliens autoriseront les Gazaouis à importer du soda, du jus de fruit, de la confiture, des épices, de la crème à raser, des chips, des cookies et des bonbons. Et c’est tout. Pas d’acier, pas de ciment, rien de ce qui est nécessaire pour reconstruire les milliers de maisons, les hôpitaux, les écoles, les usines d’épuration et les mosquées réduits en ruines par le tapis de bombes déversé sur Gaza l’an dernier. Ce dont l’Associated Press ne parle pas, c’est le long catalogue des produits alimentaires qui sont toujours sur la liste noire. Il y a un autre élément qui n’a pas passé la censure de l’Associated Press : le fait que les Israéliens continuent d’appliquer le blocus sur les textiles, le matériel de bureau, la papeterie, le matériel scolaire et même le matériel médical.

Pendant ce temps-là, à Reuters, autre colonie journalistique d’Israël, les rédacteurs mettaient à la une un autre titre prometteur : "Netanyahu se dit prêt à témoigner dans l’enquête sur la flottille". Était-ce le signe qu’Israël répondait aux exigences internationales d’enquête indépendante ? Une fois de plus, l’article de Reuters n’était guère plus que de la propagande éhontée. Il s’avère que Netanyahu est disposé à témoigner sur "Qui était derrière le groupe extrémiste qui occupait le pont du navire ? Qui en a commandité les membres ?". Le message subliminal est "Ils méritaient de mourir".

L’enquête ’impartiale’ d’Israël ne sera pas une enquête internationale et ne fera pas appel au témoignage des soldats impliqués dans la tuerie. Cela signifie que nous ne connaîtrons jamais la nature exacte des ordres qu’Ehud Barak a donnés aux escadrons de la mort de la marine israélienne. Et qu’aucune des victimes de la flottille ne sera admise à témoigner parce qu’elles ont déjà été expulsées, bien entendu après confiscation de leurs photos et vidéos par les Israéliens.

Tandis que l’Associated Press chantait les louanges de la magnanimité d’Israël et que Reuters était occupé à enterrer les appels à enquête internationale, The Guardian informait que "des militants de la Flottille ont été tués par tir à bout portant dans la tête". Que se passe-t-il sous nos yeux ?

Ce à quoi nous assistons chez Reuters et l’AP n’est pas simplement une nouvelle manifestation de l’influence des sionistes dans les mass media : c’est une attaque frontale de la machine de propagande d’Israël en coordination avec les hommes qu’elle a en place à Reuters, à l’AP et dans d’autres mass media. Et si vous croyez que j"exagère l’importance de la collaboration, ouvrez vite les yeux sur le fonctionnement de la Hasbara d’Israël : rien qu’aujourd’hui, Tsahal a sorti une parodie musicale de l’agression avec langage désobligeant à la clé. Tsahal nous administre maintenant en ligne cette vidéo quasi-professionnelle en plus de ces vidéos trafiquées qui, allez savoir pourquoi, ne montrent pas les cruciales premières minutes de l’attaque nocturne sur le convoi humanitaire. Combien de temps a-t-il fallu pour produire la vidéo qu’a sortie Tsahal ? Demandez çà aux gars du Jerusalem Post : elle est leur ouvrage.

Reporters Sans Frontières a confirmé qu’au moins 60 des 700 passagers de la flottille Free Gaza étaient des journalistes et a condamné la façon dont les media ont été traités. Les journalistes et les photographes ont été attaqués ; leur matériel vidéo, audio et autre matériel de communication ont été confisqués. Comme par hasard, les Israéliens sont arrivés bardés de leurs propres caméras. Ce ne sont pas des allégations : ce sont des faits bien établis qui n’ont tout simplement jamais passé le cap de la censure de Reuters ou de l’AP.

Au-delà de cette couverture médiatique biaisée, une question se pose. Pourquoi les Israéliens avaient-ils dès avant l’agression une campagne médiatique ’prête-à-lancer’ si bien huilée ? Une réponse plausible est que la marine israélienne avait reçu des leaders politiques instruction de tuer. Cela contribue aussi à expliquer pourquoi l’attaque furtive s’est déroulée à la faveur de l’obscurité, et pourquoi les Israéliens ont coupé les communications satellite et confisqué les preuves qu’avaient en mains les journalistes à bord. Il est quand même étrange qu’aucun reporter de l’AP ou de Reuters ne se soit trouvé à bord de la flottille.

Tout prouve que certains reporters et rédacteurs de Reuters et de l’AP ne se sont pas fait prier être quand on les a recrutés en vue de la campagne que mène Israël pour rejeter la faute sur les victimes. Soit c’est çà, soit ils n’ont tout simplement pas remarqué que les Israéliens ont confisqué et falsifié des preuves, tenu 60 de leurs collègues au secret pendant deux jours après l’attaque de la flottille sans même permettre aux journalistes incarcérés de contacter leur consulat. Pendant que des journalistes professionnels témoins directs des évènements étaient bouclés, Reuters et l’AP répandaient les folles accusations de Netanyahu, selon qui la flottille a des liens avec Al Qaeda. Vu l’absurdité de cette accusation, le gouvernement israélien a ensuite nuancé sa campagne de diffamation, retiré le bobard Al Qaeda, et accusé les Turcs assassinés d’être liés au terrorisme.

Dans Ha’aretz, il y a eu un entrefilet qui a échappé au gros des troupes de l’AP et de Reuters. "Le ministre de la défense Ehud Barak a dit à une réunion des ministres travaillistes qu’il ne fallait pas se précipiter pour composer une commission d’enquête sur l’affaire. Selon une personne présente à une réunion à huis clos avec le ministre de la défense, Barak a déclaré penser que "dans deux ou trois semaines, tout le monde aura oublié et la pression que pèse sur nous sera retombée." (Barak Ravid, Ha’aretz, 7 juin 2010). Je vous le garantis, les premiers à oublier seront ceux qui détiennent et font fonctionner la machine à pervertir l’esprit bien huilée de Reuters et de l’AP.

Au cas où nous l’aurions oublié, Barak est un criminel de guerre en série. L’AP et Reuters ont omis de mentionner que le ministre de la défense israélien qui a ordonné cette agression criminelle sur la flottille a déjà fait, pour crimes de guerre, l’objet d’une enquête internationale qui a donné la preuve irréfutable qu’il est coupable des faits dont il était accusé.

Il me semble que nous nous n’assistons pas simplement à de la désinformation intentionnelle et des distorsions délibérées dont les auteurs seraient un journaliste d’ l’AP par ci ou un correspondant de Reuters par là. Voir ce genre de propagande flagrante vomie par la bouche écumante d’individus comme Charles Krauthammer, Daniel Pipes et autres détenteurs dérangés de la carte professionnelle de la Première Association de Presse d’Israël, c’est une chose. Mais nous parlons ici d’agences de presse internationales dont le travail est de rassembler et de publier des informations vérifiées et vérifiables plutôt que de les livrer à la cabale des maîtres-manipulateurs pro-israéliens de CNN et du Washington Post.

Jusqu’ici, limiter les dégâts occasionne probablement un peu plus de travail que ne l’avaient parié les Israéliens et leurs serviteurs des mass media. De toute évidence, ils ne s’attendaient pas à soulever un tel tollé. Malgré cela, la campagne de dissimulation de ce massacre gratuit et délibéré bat son plein. Qui a besoin de ciment, d’acier, de matériel médical et papeterie. Que les Palestiniens mangent des gâteaux et des chips. Maintenant qu’ils ont de la malbouffe en rayon dans les magasins, que pourraient-ils donc demander de plus ? Traitez-moi d’agitateur, mais je pense que les Palestiniens échangeraient très volontiers les chips contre une couverture médiatique équitable.


Ahmad Amr (palestinechronicle)

"Après la sauvagerie de Barak, voici les mensonges de Netanyahu", et "Israël, gangster international, et son attaque de la Flottille de la Liberté"

2 articles de M.Warschawski
publié le dimanche 6 juin 2010.

Après la sauvagerie de Barak, voici les mensonges de Netanyahu

Michel Warschawski

2 juin 2010 – Altenatif Information Center

Des incidents atroces que nous ne voyons pas tous les jours, pas même en Israël, et nous avons besoin d’Ehud Barak à la barre du navire pour battre un nouveau record dans la longue liste de ratages et de dérisions. Non seulement nous mettons à mal nos relations, de façon peut-être irréparable, avec un partenaire stratégique comme la Turquie, mais le monde entier, dont des pays qui sont nos meilleurs amis, se voient contraints de critiquer sévèrement les actions d’Israël contre la Flottille de la Liberté en route pour la bande de Gaza. Même les Etats-Unis se sont joints à la demande d’une enquête internationale et indépendante sur l’action meurtrière israélienne. Si 9 personnes ne l’avaient payer de leur vie, nous serions aujourd’hui à fêter le succès de la flottille et ses implications à long terme pour la position internationale d’Israël.

LE responsable de cette attaque misérable et barbare est le ministre de la Défense, Barak. Cet homme croit que ce qui ne peut être résolu par la force peut l’être par plus de force. C’est lui le responsable du massacre, entre autres, de Palestiniens en octobre 2000. Dans n’importe quel pays normal, Barak aurait été obligé de démissionner. Dans n’importe quel pays normal, hier, il aurait dû présenter sa lettre de démission. Et pourtant, même dans le contexte de la responsabilité de ses dirigeants, Israël n’est pas un pays normal, et il ne mérite manifestement pas un dirigeant raté et lamentable comme Ehud Barak.

Maintenant, c’est le tour de la machine en relations publiques et des tentatives pathétiques pour expliquer et justifier l’injustifiable. Cette machine est conduite par le Premier ministre lui-même, et il a avec lui le soutien total de presque tous les médias locaux.

« Actes de guerre », « Ils ont voulu nous tuer », « Israël continuera à protéger ses citoyens », et ce mot souvent répété de « lyncher », voilà comment le gouvernement israélien, dirigé par Benjamin Netanyahu, tente de justifier la tuerie de civils qui faisaient route vers la bande de gaza pour apporter de l’aide humanitaire à ses habitants. Même les services soi-disant de renseignements ont été enrôlés pour donner une information : « C’était des mercenaires d’Al Qaïda… »

Ce système de mensonges atteint d’autres sommets quand il est fait référence aux « armes » trouvées sur le navire : des barres de fer (qui a déjà vu un grand navire sans barres de fer ?), des couteaux de cuisine et des canifs de poche, des scies électriques (pour couper les chaînes), des masques à gaz, du matériel pour vision nocturne et même un caleçon long sur lequel était marqué « Hezbollah ». Assez pour détruire l’Etat d’Israël, ou du moins, lui infliger une cuisante défaite militaire.

Parmi ceux qui ont pris la responsabilité des relations publiques, il y a le journaliste (?) Dan Margalit (http://www.alternativenews.org/inde...], qui s’est carrément surpassé cette fois : « Certaines démocraties dans le monde n’ont pas compris que les commandos marines étaient montés à bord en tant que messagers de la liberté ; certaines font semblant de ne pas comprendre ; et de nombreux dirigeants voudraient que l’armée israélienne continue le combat contre les terroristes… un de ces jours, ils remercieront Israël… c’est une guerre qui ne laisse aucun choix à Israël. » Rien de moins !

Sauvagerie mortelle et mensonges flagrants, tels sont les symboles de l’Israël 2010, et la raison de son isolement international sans précédent. Le monde ne supporte plus les intimidations d’Israël et son mépris du droit international, et les dirigeants du monde ne sont plus disposés à avaler les paquets de mensonges qui enrobent cette violence. Il serait étonnant que le gouvernement Netanyahu-Barak-Lieberman entende le message.

Israël, gangster international, et son attaque de la Flottille de la Liberté

Michel Warschawski 1er juin 2010 – AIC

Acte de piraterie, crime de guerre, violation flagrante du droit international, assassinat de civils sans armes, chacune, quelle qu’elle soit, de ces définitions retenues par la presse internationale ces trente dernières heures est vraie, et toutes ensemble, elles sont à côté de la question. L’opération assassine israélienne est, en réalité, l’expression de la nouvelle façon de procéder d’Israël. Et à ce titre, c’est terrifiant.

Partout dans le monde, des hommes et des femmes s’interrogent. Pourquoi ? Pourquoi un tel crime qui paraît complètement dysfonctionnel et même contre-productif ? Pourquoi provoquer une crise majeure avec un pays allié comme la Turquie ? Pourquoi mécontenter l’Union européenne qui essaie de rehausser le statut d’Israël dans le marché européen ? Pourquoi choquer et provoquer l’ensemble de la communauté internationale ?

Afin de comprendre un tel comportement apparemment irrationnel de la part d’Israël, il nous faut remonter un an et demi en arrière, au massacre par Israël des Palestiniens dans la bande de Gaza, en décembre 2008/janvier 2009. Cette agression contre Gaza, les bombes et les obus sur des villes où un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants vivent, a provoqué un choc unanime dans le monde, et a fait de l’Etat d’Israël, aux yeux de centaines de millions de personnes, un Etat voyou qui n’a aucun respect pour la vie humaine et le droit international.

La décision stratégique d’Israël était de divorcer de la communauté internationale et d’ignorer l’opinion publique internationale. Revenons au vieux slogan de Golda Meir : « Peu importe ce que disent les gentils, ce qui compte c’est ce que les juifs font ». Deux ou trois ans plus tard, Israël était pris de surprise et vaincu par les armées arabes, et c’est grâce à l’aide massive, et en urgence, de « gentils » - en l’occurrence les Etats-Unis – qu’Israël a échappé à ce que Golda Meir a appelé elle-même « la destruction du Troisième Temple ».

Une telle stratégie isolationniste ne peut fonctionner que si les Etats-Unis sont derrière Israël, et à l’évidence, ils le sont. Mais ils sont aussi très en colère contre les dirigeants israéliens qui ne sont pas prêts le moins du monde à faire coïncider leur politique avec les intérêts des Etats-Unis dans le monde, on le voit en particulier par le refus de Benjamin Netanyahu de geler la colonisation en Cisjordanie. Et maintenant, les décideurs israéliens sont en train de provoquer une crise avec le deuxième atout de Washington, par ordre d’importance, dans l’Est méditerranée, avec la république turque.

La coopération entre la Turquie et Israël est au cœur du déploiement militaire de l’OTAN dans notre région, et perturber cette alliance stratégique pourrait avoir des implications dramatiques pour la politique sécuritaire américaine. Un acte d’agression contre la Turquie est, en fait, une attaque contre les intérêts US en Asie occidentale. Contrairement à l’establishment militaire israélien, qui est bien conscient de cette réalité, les politiciens israéliens restent empêtrés dans leur conception néoconservatrice du clash des civilisations.

Bien que la Turquie soit un Etat laïque non arabe, le fait qu’elle ait une population musulmane la place, pour la direction israélienne ignorante et raciste, comme partie intégrante de la menace arabo-musulmane, de ce camp barbare qui menace la civilisation « judéo-chrétienne ».

Armé d’une telle « analyse », Ehud Barak – encore lui ! – a décidé de donner une leçon à la Turquie et au monde entier. Comme d’habitude, Barak a perdu son pari, et Israël va devoir en payer le prix fort, à cause de lui et de son arrogance autiste. Une partie de ce prix sera une plus grande dépendance à l’égard des Etats-Unis et une plus grande réceptivité des demandes de la Maison-Blanche.

En un sens, les Palestiniens peuvent être les gagnants dans ce fiasco israélien, si leur direction sait comment s’y prendre. Le saura-t-elle ?

http://www.alternativenews.org/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=143&Itemid=398


Comme un avion sans pilote

Par Amira Hass (Haaretz) publié le jeudi 6 mai 2010.

http://www.haaretz.com/print-edition/opinion/like-a-plane-without-a-pilot-1.288246

Même si on ne construit pas une seule maison juive de plus dans les territoires occupés (y compris Jérusalem-Est), l’énorme appareil de domination continue d’y fonctionner selon une logique interne établie de longue date.

04/05/2010

Le premier ministre Benjamin Netanyahu ne mérite pas de se faire critiquer pour des modes de fonctionnement qui se perpétuent sans son intervention. Les intellectuels juifs, qui ont soudain vu les ténèbres et ont été terrifiés, devraient le savoir : même si on ne construit pas une seule maison juive de plus dans les territoires occupés (y compris Jérusalem-Est), l’énorme appareil de domination continue d’y fonctionner selon une logique interne établie de longue date. Il continue à fonctionner tout seul, comme un énorme avion sans pilote.

Les premiers ministres vont et viennent, les négociations s’arrêtent et démarrent, les coalitions se font et se défont, et cet appareil a une vie à part. Il préserve et amplifie les privilèges des Juifs dans le Grand Israël. Il définit les limites des réserves indiennes. Quand il le veut, il établit le contact ; quand il ne le veut pas, il le coupe. Sa volonté est faite : 52% ou 19% de chômage, densité de la population des villes et villages, diamètre des conduites d’eau, nombre de jours à attendre avant de recevoir des soins médicaux vitaux. Si les autochtones le veulent, ils peuvent continuer à vivre dans les réserves ; s’ils ne le veulent pas, qu’ils partent.

Prenons par exemple l’ordre de démolition qui a été affiché le 26 avril sur un édifice de la commune d’Umm al-Kheir dans les collines sud d’Hébron. Le formulaire standard a été signé par le sous-comité d’inspection du haut conseil de planification de l’Administration Civile. On peut lire sur l’affiche qu’elle a été posée par un certain "Carlo" en présence du "responsable de l’exploitation du D.C.O.* d’Hébron". On imagine sans peine qu’ils étaient accompagnés de soldats. On sait que des inspecteurs à l’œil aiguisé avaient repéré l’édifice incriminé. [*= District Coordination Office]

Le chef de l’Administration Civile, le général de brigade Yoav Mordechai, ne sait probablement pas que la chaîne de montage dont il est le contremaître a produit cet ordre de démolition d’un "WC en béton d’environ 3 m2" Netanyahu n’en a certainement pas la moindre idée. Mais l’ordre participe d’un vieux concept israélien qui interdit aux Palestiniens de construire des toilettes, de creuser des citernes de récupération d’eau de pluie, ou de se relier au réseau électrique sur plus de la moitié du territoire occupé.

Les soldats ont intégré ce concept et l’ont ramené chez eux, en Israël. Pendant ce temps-là, en Cisjordanie, l’interdiction de se raccorder à l’électricité sabote la capacité d’apprendre des enfants palestiniens. Ni l’arrêt de la construction dans les colonies ni les pourparlers de proximité, qui commencent aujourd’hui, n’empêcheront cet acte de sabotage contre l’éducation des enfants auquel procède comme allant de soi l’appareil israélien.

En fait, ce n’est pas un appareil mais une gigantesque usine. Ce n’est pas une mais de multiples chaînes de montage.

Derrière cette chaîne de montage se trouvent les planificateurs. Ce sont des génies de l’architecture, diplômés des meilleures écoles d’Israël, qui ont conçu ces labyrinthes que sont les réseaux routiers doubles et séparés pour Palestiniens et Israéliens (juifs en particulier), ou la barrière/mur de séparation qui excelle à couper des zones densément peuplées de leurs terres, de leur histoire et de leur avenir.

La barrière est laide et épouvantable, plus encore que le projet Holyland. Ses labyrinthes de séparation génèrent la résistance qui s’y oppose. Et l’appareil met donc en marche une autre chaîne de montage : le système des tribunaux militaires.

Les diplômés des facultés de droit israéliennes, militaires de réserve ou de carrière, sont mobilisés pour faire comprendre aux autochtones que résister est douloureux : ils les envoient en prison et leur imposent de lourdes amendes. Puis, ils exportent le concept d’oppression vers les tribunaux civils et les salles de cours des universités de Tel-Aviv.

Derrière cette chaîne de montage se trouvent les représentants du peuple de Sion tout entier, des centaines de milliers de civils et de soldats. Chacun d’eux a un intérêt personnel à ce que l’appareil continue de fonctionner, même si cet intérêt est enveloppé de cellophane nationale ou sécuritaire. Netanyahu n’est pas le seul responsable. Il ne peut à lui seul arrêter l’énorme avion sans pilote. Il y a en Israël une multitude de gens qu’il faudrait obliger à effacer les programmes de l’appareil de domination et de destruction avant qu’il ne se retourne contre ses créateurs, ses exécutants et ses bénéficiaires. Chacun de nous.


Peut-on tout dire pour défendre Israël ? 

par Julien Salingue, Nicolas Dot-Pouillard et Catherine Samary

LEMONDE.FR | 27.04.10 | 18h53  •  Mis à jour le 28.04.10 | 11h23

Éric Marty s'interroge, dans une tribune publiée le 21 avril sur Le Monde.fr : "Le boycott d'Israël est-il de gauche ?"Ce qui semble être une critique de la campagne BDS (Boycott-Désinvestissements-Sanctions) contre Israël excède en réalité largement son objet, et redéfinit les termes du conflit opposant Israël aux Palestiniens. L'argumentaire de M. Marty est aussi spécieux qu'original, et mérite un petit exercice de "sociologie littérale".

L'hostilité à Israël serait le produit d'une"propagande antisémite systématique" dans les pays musulmans et d'un "flot paranoïaque d'imputations criminelles". L'antisémitisme existe et nous le combattons, ainsi que l'instrumentalisation de la cause palestinienne par des adeptes de la théorie du "complot juif". Mais nous combattons avec la même vigueur l'amalgame entre antisémitisme et critique d'Israël. Comment M. Marty interprète-t-il la récente enquête de la BBC, conduite dans 28 pays, dans laquelle seuls 19% des sondés apprécient positivement l'influence d'Israël ? Une opinion mondiale otage de la propagande antisémite ou une critique partagée de la politique d'Israël ?

M. Marty affaiblit la lutte contre l'antisémitisme en développant lui aussi une logique du "complot" et en défendant trois des aspects les plus contestés de la politique israélienne : la construction du mur, l'attitude de l'armée à Gaza lors de l'opération "Plomb durci", la situation des Palestiniens d'Israël.

"Il n'est pas vrai que la barrière, ou le mur, de séparation relève d'une politique de discrimination". M. Marty balaie allègrement les avis d'Amnesty International, de la Croix-Rouge ou de l'ONG israélienne B'tselem. Il fait en outre peu de cas de l'avis de la Cour internationale de justice (juillet 2004), qui qualifiait le mur de "violation du droit international" et demandait à Israël de le "démanteler immédiatement". Selon le dernier rapport de l'ONU, le mur serpentera sur 709 km, alors que la ligne verte n'en mesure que 320. Par endroit, il pénètre de 22 km en Cisjordanie (large de 50 km). 10% du territoire palestinien est annexé de facto à Israël, dont 17 000 ha de terres auxquelles les paysans ne peuvent quasiment plus accéder. Pour la seule partie nord de la Cisjordanie, 220 000 villageois sont affectés.

M. Marty envisage qu'il y ait eu des crimes de guerre à Gaza, mais c'est, ajoute-t-il, parce que "la guerre est criminelle". Le droit international est plus exigeant, affirmant un principe que M. Marty écarte avec légèreté : tout n'est pas permis lorsque l'on fait la guerre.

Or, les témoignages et rapports d'ONG le confirment : Israël a enfreint le droit de la guerre en déversant des bombes au phosphore blanc (considérées, y compris par les Etats-Unis, comme des armes chimiques) sur des zones densément peuplées, en empêchant le personnel médical de secourir de nombreux blessés ou en utilisant des boucliers humains. Les témoignages de soldats recueillis par l'ONG israélienne Breaking the Silence sont, à ce titre, éloquents. De surcroît, Israël, avec la complicité de l'Egypte, a bouclé la minuscule bande de Gaza (360 km2), empêchant les civils de fuir un déluge de fer et de feu. En violation totale du droit de la guerre, le blocus se poursuit, empêchant la reconstruction et aggravant les conditions sanitaires.

Il est dès lors indécent de vanter l'humanité de l'armée israélienne pour mieux décrier le Hamas qui aurait "sciemment exposé les populations civiles en s'abritant derrière elles". Souvenons-nous que la même accusation fut portée contre le FLN algérien et le FNL vietnamien. Argument commode qui rend le Hamas responsable des morts israéliens et palestiniens, et occulte les chiffres gênants de l'opération "Plomb durci" : plus de 1 400 morts côté palestinien et 13 morts côté israélien (dont quatre tués par des "tirs amis").

Enfin, M. Marty affirme que les Palestiniens d'Israël (1/5e de la population) ne sont pas victimes de discriminations institutionnelles, mais sujets à des "inégalités conjoncturelles", contredisant un rapport du Département d'Etat états-unien, daté de 2009, qui affirme que "les citoyens arabes d'Israël continuent de souffrir de formes variées de discriminations". Ainsi, les dispositions sur le regroupement familial interdisent aux Israéliens d'être rejoints par leur conjoint si ce dernier est palestinien : dans un Etat au sein duquel un mariage entre un juif et non-juif ne peut être célébré, une telle loi n'est-elle pas par nature discriminatoire ? Et que penser du fait que 13 % des "Terres d'Etat", gérées par le Fonds National Juif, ne puissent être cédées qu'à des juifs ?

Israël a choisi un drapeau orné d'une étoile de David, un chandelier pour emblème et un hymne national qui débute par "Aussi longtemps qu'en nos cœurs/Vibrera l'âme juive" : les Palestiniens d'Israël, qui sont nés sur cette terre (avant même la création d'Israël pour les plus âgés) ont-ils le droit de penser que le choix de ces "symboles nationaux" indique qu'ils ne sont pas considérés comme des Israéliens à part entière, et de revendiquer qu'Israël soit une démocratie réelle, "un Etat de tous ses citoyens" ? Avigdor Lieberman, ministre des affaires étrangères israélien, a son avis sur la question : "S'il y a conflit entre les valeurs universelles et les valeurs juives, ce sont ces dernières qui priment."

Alors non, on ne peut pas dire n'importe quoi pour défendre Israël. C'est au contraire un mauvais service à rendre aux Israéliens que de flatter une paranoïa entretenue par leurs dirigeants pour justifier leur fuite en avant.

La menace de "l'anéantissement physique", premier et ultime argument de M. Marty, est l'expression la plus aboutie de cette paranoïa. Rappelons qu'Israël est la 1re puissance militaire du Moyen-Orient, la seule à détenir l'arme nucléaire et donc à avoir la capacité réelle d'anéantir un autre Etat. Dans le cas palestinien, l'argument frôle le ridicule : les Palestiniens ne possèdent ni armée, ni avions, ni tanks. La probabilité que le Hamas "anéantisse physiquement" l'Etat d'Israël est aussi élevée que celle de voir l'armée luxembourgeoise prendre le contrôle de Paris.

L'instrumentalisation de la mauvaise conscience occidentale envers un anéantissement réel passé (la Shoah) sert en fait à blanchir Israël. Ce qui inquiète réellement M. Marty est sans doute l'épuisement de cette argumentation, qui se concrétise dans la montée des critiques d'Israël. Et, ne lui en déplaise, ce qui est dénoncé n'est pas le  "manque de vision" de B. Netanyahu, mais une politique conduite dans la durée par des gouvernements tant de "gauche" que de "droite", du"centre" ou d'"union nationale". Une politique qui nourrit l'antisémitisme, quand l'Etat qui la mène affirme le faire au nom des juifs.

"Je me suis rendu dans les territoires palestiniens occupés et j'ai vu une ségrégation raciale [au niveau] des routes et du logement, qui m'a rappelé avec force les conditions que nous avons connues en Afrique du Sud à l'époque du système raciste de l'Apartheid". Ces mots ont été écrits il y a trois semaines par l'archevêque sud-africain Desmond TutuPrix Nobel de la paix en 1984. Chacun devrait les entendre. A moins de vouloir ajouter la surdité à l'aveuglement.

Julien Salingue est enseignant et doctorant en science politique à l'université Paris VIII, Nicolas Dot-Pouillard est chercheur en sociologie politique au European University Institute de Florence, et Catherine Samary est maître de conférences en économie à l'université Paris-Dauphine et à l'Institut d'études européennes de Paris VIII.



Lettre à un ami le Jour de l’indépendance d’Israël
Michel Warschawski - AIC
dimanche 25 avril 2010 - 

Tu crois probablement que les juifs méritent un Etat, que les survivants de l’Holocauste et leurs enfants ont droit à un foyer sûr qui leur appartienne, et que la Terre d’Israël est l’endroit naturel et légitime pour réaliser cette vision d’un Etat pour les juifs. Comme tu le sais, je suis en désaccord avec toi sur ces deux points : d’abord, je ne soutiens pas les Etats ethniques. Ils créent nécessairement une névrose aiguë et la peur permanente que « l’autre ne vienne contaminer leur pureté » ; ils contiennent en eux quasiment le besoin permanent d’un nettoyage ethnique et de faire naître des guerres pour y parvenir. Ce fut le cas en 1948, l’année que tu célèbres aujourd’hui. En outre, les Etats ethniques, fermés par nature, sont condamnés à la stagnation culturelle, alors que l’évolution culturelle requiert des fenêtres grandes ouvertes et non des châteaux dans lesquels on se barricade.

Ensuite, et malgré le slogan éculé « une terre sans peuple pour un peuple sans terre, » quand le processus de la colonisation en Palestine/Terre d’Israël a commencé, celle-ci était déjà la patrie d’un autre peuple. Les survivants de l’Holocauste méritaient-ils un Etat qui leur appartienne ? Si oui, alors pourquoi aux dépens d’un peuple qui ne porte absolument aucune responsabilité dans le massacre des juifs d’Europe de l’Est ? Un Etat pour les juifs en Bavière ou en Saxe aurait pu être une réponse pour les survivants de l’Holocauste, sans nuire aux droits de Palestiniens innocents et sans les déposséder de leur pays et de leur patrie.

Dit autrement, tu es sioniste, et moi, antisioniste, et même si nous avons pu faire un long chemin ensemble dans la lutte pour une cessation partielle de l’occupation et de l’entreprise coloniale, la différence entre sioniste et antisioniste ne perd rien de sa justesse aujourd’hui, et elle continue d’influer sur les possibilités d’une réelle réconciliation entre les peuples de cette terre. Si tu veux, on peut la formuler ainsi : pendant que tu croies que les problèmes ont commencé en juin 1967, aux lendemains de « la guerre la plus juste de l’histoire de l’humanité », pour moi, le « problème » a commencé au début du siècle précédent, avec le processus de la colonisation juive en Palestine.

J’ai une requête pour toi et tes amis : faites passer quelque chose avant votre bonheur d’aujourd’hui. N’oubliez pas que le motif de vos réjouissances est aussi un motif de deuil pour le peuple de cette terre : les Arabes de Palestine, où qu’ils soient, dans les camps de réfugiés, en exil, en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, et aussi dans votre Etat, qui ne peut et ne veut être aussi leur Etat.

Vous aimez fonder vos arguments sur la bible. Moi aussi. Dans le livre des Proverbes, il est écrit : « Ne te réjouis pas quand tombe l’ennemi ». Et dans le Midrash, il est noté que lorsque le peuple d’Israël a traversé la mer Rouge, échappant aux armées du Pharaon, les anges se sont mis tout à coup à chanter. Dieu leur dit : « Ils se noient dans la mer et vous chantez ? ». Je vous en prie. Quand vous célébrez l’indépendance d’Israël, rappelez-vous que tout près de vous, il y a des millions de Palestiniens à ce jour dont le monde a été détruit. Et ils refusent de pardonner, et d’oublier.

19 avril 2010 - AIC - traduction : JPP



Pas de paix sans justice en Palestine, revenir aux droits fondamentaux

mardi 20 avril 2010 - 16h:37

                                                                   Pierre Stambul

Il y a plus de 60 ans, 800000 Palestiniens ont été expulsés de leur propre pays au terme d’un « nettoyage ethnique » délibéré et organisé par les dirigeants et l’armée du nouvel État israélien.

Des vérités simples

Il n’y aura pas de paix au Proche-Orient sans la reconnaissance de ce « crime fondateur » (sur le mode de la reconnaissance du caractère criminel de l’Apartheid pour sortir de la guerre en Afrique du Sud) et sans un examen sérieux des moyens de « réparer », ce qui passe entre autres par le droit au retour de tous les réfugiéEs et de leurs descendantEs. Il n’y aura pas de paix hors des droits fondamentaux : droit des peuples, égalité des droits politiques et économiques, refus de toutes les formes de discrimination, de domination, d’occupation, de colonialisme. Il n’y aura pas de paix dans le mensonge ou l’amnésie. Les responsables des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis contre les Palestiniens devront rendre compte de leurs actes et donc être jugés et punis.

Il n’y aura pas de paix dans la manipulation de l’histoire. Dans cette guerre, il y a un occupant et un occupé. Les victimes, ce sont les Palestiniens. Certes, le monde chrétien est responsable d’un crime majeur, l’antisémitisme, et un régime politique européen a commis « l’indicible » : le génocide nazi, l’extermination méthodique de la moitié des Juifs européens. Faire payer ce crime par le peuple palestinien est totalement insensé et scandaleux.

Dans la guerre du Proche-Orient, il n’y a aucune « symétrie » possible entre un camp et l’autre avec la mise en cause « des extrémistes des deux camps ». Le revenu moyen en Israël est 20 fois plus élevé qu’en Palestine. Depuis 60 ans, la Palestine est niée, occupée, humiliée, spoliée, massacrée, détruite en toute impunité. Aucune paix n’est possible sans la reconnaissance et la fin de cette situation.

Arrêter de faire fausse route

Toutes les tentatives pour faire la paix depuis des années n’ont pas échoué par hasard. Involontairement, la direction palestinienne en est un peu responsable. En 1988, elle a accepté de reconnaître l’Etat d’Israël sur 78% de la Palestine historique, ce qui était compréhensible à cette époque. Elle a voulu croire à Oslo que la « paix des braves » basée sur l’idée « la paix contre les territoires » était possible. C’était méconnaître totalement ce qu’est le sionisme.

Les instances internationales portent une lourde responsabilité. En 1947, l’ONU a voté un partage de la Palestine qui rendait les Palestiniens étrangers sur plus de la moitié de leur pays. L’ONU a voté la reconnaissance de l’Etat d’Israël le 15 mai 1948 alors que 375000 Palestiniens avaient déjà été expulsés. Elle a accepté Israël alors que cet Etat naissant violait dès le départ une clause majeure des accords d’armistice : dès 1949, les biens et les terres des Palestiniens expulsés étaient confisqués, les villages étaient rasés et le refus du retour des expulsés et de leurs descendants devenait définitif.

Chaque fois que l’ONU ou une autre instance internationale a condamné Israël, aucune mesure n’a été entreprise pour imposer cette décision. Au contraire, la caution internationale apportée à des mesures comme le blocus de Gaza pour punir les Palestiniens d’avoir « mal » voté, a eu des conséquences tragiques. La caricature de l’attitude de l’ONU, c’est la FINUL au Liban.

À deux reprises, elle a laissé passer l’envahisseur israélien sans tirer un seul coup de feu. Elle ne s’en est pris ... qu’aux Libanais.

L’ONU a fait crédit à Israël de la Nakba (la catastrophe) de 1948. Par contre, elle n’a pas reconnu la conquête de 1967. Toute une partie du mouvement de solidarité s’est engouffrée dans cette distinction et joue la « légalité » en exigeant le retour d’Israël à ses frontières d’avant 1967 et la création d’un Etat Palestinien « aux côtés de l’Etat d’Israël avec Jérusalem Est comme capitale ». Bien sûr, si demain la paix était signée sur cette base, ce serait formidable. Mais c’est totalement irréaliste. Il serait temps d’examiner pourquoi cette stratégie qui était celle d’Oslo a définitivement échoué.

Parce que ceux qui la prônent sont incapables de comprendre ce qu’est le sionisme. Cette idéologie n’est pas seulement une forme particulière de nationalisme et de colonialisme. C’est aussi un messianisme perverti qui a créé une histoire et une identité mythique, qui a fabriqué un « homme nouveau » avec la théorie fumeuse du « peuple en exil qui a fait son retour ». Le sionisme ne s’est pas achevé en 1948 au contraire. Il est plus que jamais à l’œuvre et il ne laissera jamais la moindre place à l’identité palestinienne. Son modèle, ce sont l’Australie ou les Etats-Unis où les peuples indigènes ont été tellement marginalisés qu’ils ne sont plus en capacité de réclamer leurs droits.

Une partie du mouvement de solidarité fait aussi fausse route sur la question légalité/légitimité. La Naqba était totalement illégitime. La création d’un Etat Juif où celles et ceux qui peuvent se réclamer de cette identité jouissent de tous les droits face aux non juifs qui en sont privés est illégitime. Elle est à la base d’une véritable situation d’Apartheid vécue par les 20% de citoyens israéliens qui ne sont pas juifs et qui vivent de graves discriminations (possession de la terre, logements, emploi, éducation ...). Israël est une démocratie pour les Juifs mais une dictature impitoyable pour les Palestiniens. Les institutions créées au début du XXe siècle (le KKL, l’Agence Juive, la Histadrouth...) pour aboutir à une société « ethniquement pure » sont illégitimes. Dire cela ne signifie évidemment pas « les Juifs à la mer » (d’autant que pour l’instant, ceux qui ont été jetés à la mer, ce sont les Palestiniens, en 1948). On joue sur les mots en agitant la peur sur le thème « vous voulez rayer Israël de la carte ? ». Qu’on trouve une solution à cette guerre sur la base d’un ou deux Etats, tous les citoyens devront avoir les mêmes droits. Donc l’idée de préserver à tout prix le « caractère juif » de l’Etat d’Israël est totalement contreproductive.

Au contraire, il n’y aura pas de paix si la société israélienne ne devient pas une société « normale » et laïque, donc ayant dépassé le sionisme ou s’en étant débarrassé. Bref, « l’Etat Juif » est illégitime. La présence du peuple israélien au Proche-Orient n’est pas en cause. Mais elle ne sera possible à terme que sur la base d’une totale égalité des droits dans la région.

Sauver Palestiniens et Juifs du sionisme

Dans cette guerre comme dans d’autres, les manipulations de l’histoire, de la mémoire ou de l’identité jouent un rôle clé.

Pour faire court. La Palestine a toujours été peuplée dans l’Antiquité par des peuples divers avec des religions diverses : Hébreux bien sûr (qui sont un peuple autochtone) mais aussi Cananéens, Iduméens, Moabites, Philistins. Le récit biblique sur lequel les sionistes (dont les fondateurs étaient non-croyants) se sont basés pour justifier un projet colonial est largement mythique. Le « royaume unifié » de David et Salomon que les sionistes sont supposés avoir recréé n’a probablement jamais existé.

Comme l’explique Shlomo Sand, la théorie sioniste de l’exil et du retour est largement une fiction. C’est la religion juive qui s’est dispersée, pas le peuple. Les Juifs d’aujourd’hui sont majoritairement descendants de convertis et les descendants des Hébreux de l’Antiquité sont essentiellement ... les Palestiniens.

Il n’y a pas de trace en pays musulman avant 1900 de persécutions antijuives comparables à ce que les Juifs ont subi dans le monde chrétien. Le christianisme a produit contre les Juifs les interdits divers (la possession de la terre, les interdits professionnels ...), les stéréotypes racistes, l’accusation de déicide, l’enfermement (juderias, ghettos ...), les pogroms. La sortie progressive des Juifs européens du ghetto à partir du XVIIIe siècle a transformé l’antijudaïsme chrétien en antisémitisme racial, les Juifs personnifiant l’obstacle au rêve nationaliste fou de construction d’Etats « ethniquement purs ».

Au départ, le sionisme est une réponse (minoritaire) à l’antisémitisme que subissent les Juifs européens, principalement dans l’empire russe où vivent la majorité des Juifs. Pour les sionistes, l’antisémitisme est inéluctable et les luttes pour la citoyenneté ou l’égalité des droits n’ont aucun sens. Selon eux, les Juifs ont été, sont, et seront toujours persécutés.

Les sionistes inventent une théorie de la séparation. Ils inventent aussi une théorie fantastique, celle de l’exil et du retour qui existait depuis longtemps dans le monde protestant. Chez ces « chrétiens sionistes » (par ailleurs antisémites) très puissants en particulier aux Etats-Unis, les Juifs doivent revenir en Terre Sainte pour éliminer le mal (= les Arabes) avant de se convertir sous peine de disparition. Les sionistes instrumentalisent le récit biblique pour conquérir la Palestine. À cette époque, le colonialisme est accepté par tous les courants idéologiques qui y voient un progrès de la civilisation. Dès le départ, le sionisme est totalement négationniste vis-à-vis du peuple autochtone, de son histoire, de son identité, de ses droits.

Un siècle plus tard, rien n’a changé. Les Palestiniens sont décrits comme des intrus et des envahisseurs. D’ailleurs, on ne parle pas des Palestiniens, mais des « arabes ». Pour les sionistes, les seuls propriétaires légitimes du pays sont les Juifs. La religion est instrumentalisée pour imposer ce discours.

Le colonialisme sioniste recevra une aide significative de la plupart des dirigeants européens. Ceux-ci y voient plusieurs profits. D’abord celui de se débarrasser des Juifs européens qui sont considérés à l’époque comme inassimilables. Curieusement, dès qu’ils arrivent en Palestine, ces Juifs redeviennent « des Européens » qui vont installer un morceau d’Europe au Proche-Orient. Balfour était représentatif de cette conception, à la fois colonialiste et antisémite.

Le sionisme est un nationalisme curieux qui a inventé la notion de « peuple juif », voire de race juive, là où il y avait une communauté de destin liée à la religion parmi des populations d’origines et de cultures très diverses. C’est un colonialisme très particulier puisqu’il ne vise pas à asservir ou à exploiter le peuple indigène, mais à l’expulser (la fameuse théorie du « transfert ») et à le remplacer.

Ainsi le syndicat Histadrouth ne défend pas les travailleurs mais le « travail juif », c’est dans ses statuts. Cela explique qu’il ait brisé la grève générale palestinienne de 1936 ou qu’il ait escroqué les centaines de milliers de travailleurs palestiniens employés en Israël avant l’Intifada et jamais indemnisés de leurs cotisations sociales.

Le sionisme est un messianisme perverti. Il a fabriqué le projet fou de regrouper tous les Juifs en Israël, ce qui ne laisse aucune place pour les Palestiniens. Il a contribué de façon décisive à déraciner les Juifs du monde arabe de leurs pays où ils n’avaient pas subi de persécutions. Il n’y a pas de « sionisme de gauche », même si la plupart des premiers sionistes se disaient socialistes. Depuis 80 ans, la droite sioniste affiche ouvertement ses « valeurs » : « transférer » les Palestiniens, coloniser tout le pays entre Méditerranée et Jourdain. La « gauche » sioniste ne fait rien d’autre : elle a conçu et réalisé l’expulsion de 1948, la guerre impérialiste de 1956 ou la colonisation à partir de 1967.

La parenthèse de Rabin n’en était pas vraiment une, puisque, entre la signature des accords d’Oslo et son assassinat, Rabin a installé 60000 nouveaux colons. Des travaillistes comme Ben Eliezer, Peretz ou Barak portent une responsabilité décisive dans la construction du mur, la guerre contre le Liban et le massacre de Gaza. Résultat, les valeurs morales se sont écroulées en Israël et une nette majorité de la population approuve la colonisation et réclame même que les PalestinienNEs d’Israël soient privéEs du droit de vote.

Le sionisme est une réponse fausse à l’antisémitisme. Comme les antisémites, les sionistes pensent que le mélange et le « vivre ensemble » sont impossibles. Il n’y a pas de « culpabilité » de l’Occident sur la question du génocide nazi. Il y a eu consensus en 1945 pour dire que la « question juive était finie puisque les Juifs avaient leur pays ». L’Occident s’est débarrassé de son crime sur le dos du peuple palestinien en envoyant les rescapés, y compris ceux qui préféraient aller ailleurs, en Israël. Du coup cet Etat s’est transformé en tête de pont de l’impérialisme dans la région où il multiplie les crimes de guerre.

60% des Juifs du monde entier ne vivent pas en Israël. Ils sont sommés d’être des complices d’un Etat criminel. Faute de quoi ils sont dénoncés comme « Juifs traîtres ayant la haine de soi ». Le sionisme n’est pas seulement criminel pour la Palestine. Il est une impasse suicidaire pour les Israéliens et pour les Juifs. Personne ne peut penser que cette politique de massacres périodiques et de négationnisme vis-à-vis de la Palestine pourra se prolonger indéfiniment et impunément.

Sionisme et antisémitisme sont complémentaires et se nourrissent l’un l’autre. Ils partagent des valeurs communes, en particulier le racisme et le refus du « vivre ensemble ». Le « complexe de Massada », l’idée que toute alternative à la politique actuelle signifie « Les Juifs à la mer » est le moteur qui fait fonctionner la société israélienne.

Pendant longtemps, les figures dominantes du judaïsme sous toutes ses formes évoquaient l’émancipation et l’universalisme. C’étaient Rosa Luxembourg, Albert Einstein, Hannah Arendt, Sigmund Freud, Marek Edelman ou des anticolonialistes comme Abraham Serfaty et Henri Curiel.

Le sionisme a fonctionné comme un effaceur de cette histoire. Les dirigeants d’Israël sont aujourd’hui des brutes épaisses comme Lieberman ou Nétanyahou. Sans oublier qu’un ancien premier ministre, Shamir, a été un collabo qui fit assassiner des soldats britanniques jusqu’en 1943.

Ce renversement de l’histoire récente du judaïsme aboutit à une monstruosité : des antisémites américains financent aujourd’hui la colonisation et Israël est à l’avant-garde de la « guerre du bien contre le mal ». Le sionisme s’est emparé de façon éhontée de la mémoire du génocide. Il est temps que le travail de recherche sur l’histoire, la mémoire et les identités juives ou sur l’histoire palestinienne soit diffusé et rendu accessible à touTEs pour sortir les Israéliens de leur névrose collective et de leur fuite en avant coloniale.

Illusions et responsabilités

En 1982, des centaines de milliers d’Israéliens avaient manifesté pour protester contre la tuerie de Sabra et Chatila. Cette période est terminée. Il n’y a plus l’espoir qu’ait lieu une « rupture du front intérieur » en Israël sans une très forte pression de l’extérieur. Cette société ne souffre pas de la crise et est trop minée par le racisme, la violence et le complexe de Massada.

Les intellectuels qui parlent pour cet ancien courant pacifiste (« La Paix Maintenant ») ont approuvé sans état d’âme les guerres contre le Liban et Gaza. Il est illusoire de placer ses espoirs dans un compromis avec une « gauche sioniste » à visage humain. Il est vain d’espérer un remake du processus d’Oslo qui préserverait les institutions d’un Etat d’Israël, celui-ci acceptant de se retirer sur les frontières d’avant 1967. Les forces qui obligeraient les 500000 Israéliens établis en Cisjordanie ou à Jérusalem Est de partir ou d’accepter la citoyenneté palestinienne n’existent pas.

Faut-il placer ses espoirs dans Obama ? Pour des raisons géostratégiques évidentes, il n’y aura pas de rupture de l’alliance avec les Etats-Unis. Bien sûr Nétanyahou et Obama se détestent et chacun souhaite que l’autre soit remplacé au plus vite. Nétanyahou adopte la position qui a toujours été celle du mouvement sioniste : préserver et consolider le fait accompli et attendre tranquillement. Obama a les moyens d’interdire une guerre contre l’Iran mais pas ceux qui pousseraient les Israéliens à un retrait.

Pour imposer ce retrait, il faudrait sanctionner politiquement, économiquement et militairement Israël. Il n’existe aucune force aux Etats-Unis décidée sur cette stratégie. En tant que citoyens européens soutenant les droits du peuple palestinien, nous n’avons pas à choisir qui sont les bons ou les mauvais Palestiniens, mais nous pouvons dire à nos amis palestiniens qu’il n’y a aucun espoir dans une « Pax Americana » qui ne leur offrira au mieux que quelques bantoustans appelés Etat Palestinien.

Fondamentalement, l’Occident n’a pas besoin d’un Israël en paix avec la Palestine et avec ses voisins. Le pays tel qu’il est, forteresse avancée de l’Occident dépensant 75% de son PIB dans tout ce qui concerne l’armée, la « sécurité », l’espionnage ... et garantissant la mainmise sur les richesses de la région, convient tout à fait aux dirigeants occidentaux.

Une partie du mouvement de solidarité avec la Palestine se trompe, je n’ai pas peur des mots. Elle atténue terriblement la critique sur la nature de l’Etat d’Israël en oubliant qu’au départ la Nakba est totalement illégitime. Elle a tendance à reprendre la diabolisation du Hamas ou du Hezbollah. Elle a peur d’utiliser les mots « colonialisme », « apartheid » pour caractériser l’occupation et les discriminations. Comme si ce que l’Etat d’Israël inflige à la Palestine n’était pas aussi grave que ce que l’ancienne Afrique du Sud a fait. Elle s’abrite derrière la légalité internationale pour ne plus exiger l’égalité des droits.

Elle reprend certaines terminologies de l’occupant sur les droits, la légitimité ou la sécurité d’Israël. Elle voudrait nier la nécessité du boycott ou le limiter aux produits des territoires occupés (ce qui est techniquement impossible), comme si l’Etat israélien était innocent de l’occupation.

Elle reste fondamentalement nostalgique du processus d’Oslo et voudrait le ressusciter. Le slogan « deux peuples deux États » est devenu un slogan creux qui enferme un prétendu « processus de paix » dans les interminables discussions sur la sécurité de l’occupant et qui nie la réalité : il n’y a plus de frontière, l’annexion de la Palestine n’est plus rampante, c’est un rouleau compresseur accumulant jour après jour les faits accomplis.

Et puis une Palestine réduite à 22% de la Palestine historique quand il y a 50% de Palestiniens entre Méditerranée et Jourdain, c’est peut-être une issue possible, mais ça n’a rien à voir avec l’égalité des droits ou avec une paix juste.

Le BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) est aujourd’hui la principale arme qui nous reste pour mettre fin à la destruction de la Palestine. Les Palestiniens ont tout essayé : la lutte armée, la négociation, la résistance non violente.

Ce sont les ONG, les associations, les syndicats et de façon générale la société civile qui permettent aujourd’hui au peuple palestinien de survivre malgré la division voulue et obtenue par l’occupant. L’appel au BDS initié par la société civile palestinienne est aujourd’hui repris partout dans le monde et il a obtenu des succès non négligeables.

Des syndicats l’ont repris, des multinationales comme Véolia ou Dexia ont dû se retirer des territoires occupés et même deux pays (Venezuela et Bolivie) ont rompu les relations diplomatiques avec Israël pendant le massacre de Gaza.

Face à la lâcheté ou à la complicité de la « communauté internationale » et de nombreux dirigeants arabes (comme Moubarak), le BDS est notre arme.

Personnellement, je suis pour toutes les formes de BDS, boycott politique, économique, commercial, sportif, scientifique, culturel. Bien sûr, le BDS ne ruinera pas l’économie israélienne qui est florissante (+105% pour la Bourse de Tel-Aviv qui flambe depuis le massacre de Gaza).

Notre BDS ne touchera pas les ventes de drones, la collaboration informatique ou la fabrication de « villes sécurisées ». Mais il faut comprendre qu’Israël a une économie mondialisée, que 15% de sa population vit à l’étranger et que nous avons les moyens de provoquer de très sérieuses fêlures dans « l’image » d’Israël, prélude à son isolement.

Nous pouvons faire en sorte que les Israéliens qui voyagent ou ici, les politiciens qui soutiennent Israël, soient interpellés en permanence.

Nous devons soutenir toutes les initiatives juridiques. Le tribunal Russell bien sûr même s’il n’est que symbolique. Il contribue à révéler à l’opinion le vrai visage d’un Etat qui se dit démocratique et dont les dirigeants ont commis, comme le juge Goldstone l’a établi, de nombreux crimes.

Même si on peut avoir les pires doutes sur les instances internationales, il faudra bien que la Cour Pénale Internationale inculpe et poursuive les dirigeants politiques et militaires israéliens. Au nom de quoi cette justice internationale qui poursuit les crimes de guerre en Bosnie, au Rwanda ou au Congo se désintéresserait-elle des massacres commis à Gaza ?

Face à la lâcheté ou à la complicité des Etats, ce sont les sociétés civiles, là-bas comme ici, qui peuvent débloquer la situation et remettre au premier plan les vraies questions : une paix fondée sur l’égalité des droits, le refus du colonialisme.

Poser la question du sionisme n’est pas une coquetterie ou un luxe. Il n’y a pas d’espoir de paix juste ou de rupture du front intérieur en Israël tant que cette idéologie sera à l’oeuvre.

Cet article n’engage que son auteur.

d'après : http://www.ujfp.org/modules/news/article.php?storyid=729


Communiqué de presse du 15 avril 2010

Bil’in, mobilisation non violente contre le mur de l’apartheid et contre la colonisation

Les Verts soutiennent la population de Bil’in dans sa résistance non-violente contre le Mur de l’apartheid, la ségrégation et l’occupation. Jérôme Gleizes, responsable de la commission transnationale les représentera lors de la 5e conférence internationale qui se tient à Bil’in, Palestine, les 21, 22 et 23 avril 2010.

Ce combat non violent n’a pas cessé depuis février 2005 quand les bulldozers israéliens ont commencé à arracher des oliviers sur le futur tracé du Mur, qui prend 60% des terres de ce village de Cisjordanie au profit de l'extension d'une immense colonie,  qui s’accapare une grande partie des ressources en eau. Depuis, les habitants de Bil'in manifestent pacifiquement, tous les vendredis, avec le renfort de militants anticolonialistes israéliens et internationaux. Depuis 2006, ils ont organisé 4 conférences internationales qui leur permettent de réunir leurs soutiens locaux et internationaux ainsi que les représentants des autres villages de Cisjordanie qui les rejoignent dans leur résistance.

Bil'in a remporté son procès devant la Haute Cour de Justice israélienne qui a ordonné à l'armée de déplacer le tracé du Mur. Non seulement les militaires israéliens ignorent cette décision, mais intensifient la répression contre les habitants de Bil'in et des villages de Cisjordanie qui suivent son exemple.

Bil’in est devenu le symbole de la résistance non-violente d’une population qui ne plie pas devant l’injustice et la terreur. 

La décision du Tribunal de déplacer le mur représente un pas en avant, mais c’est la destruction complète du mur, la fin de l’occupation et des colonies que réclament les habitants de Bil’in.

Face à l’Etat d’Israel qui intensifie sa politique de ségrégation, de colonisation, de blocage à Gaza et en Cisjordanie, cette résistance non violente soutenue par le mouvement du Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions (BDS) persiste courageusement.

Ce mouvement de résistance non-violente populaire est rejoint par le mouvement international de solidarité avec la Palestine et les forces de paix en Israël. Avec eux, les Verts appellent à une participation massive à cette 5e conférence de Bil’in et à une participation large aux actions pour une paix juste et durable en Palestine.
Djamila Sonzogni, Porte-parole
Brigitte Brozio, Membre du Collège exécutif déléguée à l’international

Attachée de presse des Verts:
Marjorie Delmond 
01 53 19 53 15

Contact: 
Djamila Sonzogni: 06 72 16 84 35


En finir avec Oslo

Communiqué de presse du mouvement du Jihad islamique
(Gaza, 14 avril 2010)

***

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Nous nous réunissons aujourd’hui, pour cette conférence de presse, au moment où les crimes de l’occupation se poursuivent contre notre peuple et couvrent les voix de toutes les dénonciations et réprobations.

A peine une agression se déroule que commence déjà une autre, pour témoigner de l’ampleur de la haine et du racisme de l’occupation et de ses crimes contre notre peuple, nos lieux saints et notre terre…La répression contre nos héroïques prisonniers et prisonnières, à l’intérieur des prisons de l’occupation s’intensifie, les politiques de judaïsation, de colonisation et de destruction des maisons dans al-Quds, al-Khalil, al-Lid et d’autres villes de notre pays, se poursuivent… Les actes voyous des colons contre notre population, nos paysans dans leurs villages et leurs champs sont incessants.. Aujourd’hui, une nouvelle résolution militaire est prise, menaçant d’expulsion des dizaines de milliers de notre peuple dans al-Quds et en Cisjordanie, une résolution militaire aussi illégale que la présence de cette occupation sur cette terre bénie de Palestine.

Les communiqués de dénonciation de cette résolution raciste qui est un nouveau plan de transfert, une nouvelle Nakba pour notre peuple, se sont multipliés. Les communiqués ont tous utilisé les mêmes termes, sans exception.

Cependant, il y a une chose que certains politiciens ont oublié ou font semblant d’oublier, c’est que ce qui se déroule n’est que la conséquence ou le fruit des accords néfastes d’Oslo, qui a représenté une véritable nakba pour notre peuple et sa cause. Dès le premier jour de ce néfaste accord, nous, peuple palestinien, subissons une vaste campagne visant à nous mystifier, visant à remplacer nos priorités et nos programmes par des agendas politiques très éloignés du fondement et de la réalité du conflit.

Le dernier chapitre de cette campagne de mystification est ce qui a été connu par le document de l’Etat ou le plan d’établissement de l’Etat.

Quel Etat, quel plan ou quel document peuvent mettre fin à l’occupation ou limiter la gravité des programmes et des politiques de l’occupation dans al-Quds, dans Wadi ‘Ara, à Umm al-Fahim, à al-Lid, à Nablus, à al-Khalil, ou lever le blocus oppressant sur Gaza ?

Quel plan peut ramener les réfugiés à leur terre, lorsque l’occupation prend les devants par une résolution visant à chasser les citoyens de leur terre ?...

Il est devenu clair que le projet de règlement et ceux qui comptent dessus sont des outils d’un projet (non pas le projet de l’établissement d’un Etat ou la récupération des droits), mais celui de liquider la cause palestinienne, qui a culminé avec l’agression contre al-Quds et la mosquée al-Aqsa, ainsi que l’humiliation des prisonniers et prisonnières, et l’expulsion de notre peuple d’al-Quds et de la Cisjordanie. Ce qui est le plus dangereux dans cette vaste agression sioniste aujourd’hui, menée par tous ses outils, est qu’elle se déroule dans le cadre du projet de règlement, ou dans le cadre du projet de l’autorité d’Oslo qui dispense l’occupant de toute responsabilité que lui impose le droit international, comme à toute autorité d’occupation.

Certains disent que la résolution de l’expulsion de notre peuple en Cisjordanie est une résolution politique, visant à faire pression sur l’Autorité et l’obliger à revenir aux négociations directes.

Si cela était vrai, cela signifie une seule chose. L’occupation exerce un chantage politique sur l’Autorité en la mettant sous pression et en exerçant une grande menace, à tous les niveaux, pour qu’elle revienne aux négociations. Ceci signifie aussi que les négociations réalisent un grand bénéfice à l’occupation.

Dès lors, quelle est la valeur et la finalité de ces négociations ?

Quelle est l’alternative si l’ennemi, par sa récente résolution, rejette les accords signés par lui et le négociateur palestinien ?

L’alternative est de proclamer la fin du projet d’Oslo et d’abandonner tous les engagements politiques et sécuritaires, et de laisser se déclencher l’intifada et la résistance pour affronter le monstre de la colonisation et de l’agression sioniste contre notre terre, notre peuple et nos lieux saints.

C’est la solution et l’unique issue de ce cercle vicieux que nous vivons et que notre peuple vit dans le cadre des accords d’Oslo et de l’instauration de l’Autorité qui s’est transformée, au fil des ans, en un poids lourd à supporter.

A notre peuple en Palestine et dans l’exil… Aux fils de notre nation arabo-islamique

La seule alternative par laquelle nous pouvons revenir à notre unité et affronter cette agression, est de finir avec cette illusion et de cesser de pratiquer cette large mystification qui vise à remplacer nos droits par des rêves et qui transforme notre patrie et notre terre en projets d’investissements utilisés par les multinationales, où nous devenons des salariés et des esclaves, tout cela masqué par le slogan de la réalisation du bien-être pour un peuple qui a cependant besoin, pour sortir de sa maison, d’une autorisation de l’occupation.

Aux masses de notre peuple et de notre nation…

Nous, mouvement du Jihad islamique en Palestine, à l’approche de la commémoration de la journée du prisonnier palestinien, qui correspond à l’aggravation de la menace sioniste contre notre peuple, notre terre, nos lieux saints et nos prisonniers héros, et face à la résolution raciste et sioniste d’expulsion, nous affirmons ce qui suit :

1) Cette résolution sioniste et l’assaut contre les prisonniers et les lieux saints dévoilent la fragilité du projet d’Oslo, et montrent qu’il a été formulé et préparé de manière à ne pas servir les intérêts de notre peuple ni à répondre à ses aspirations. C’est un projet qui sert l’occupation, qui rend notre peuple dépendant de ses politiques et ses résolutions sécuritaires et militaires, et qui lui permet de réaliser sa complète souveraineté sur notre terre et notre peuple.

C’est pourquoi nous renouvelons notre revendication de mettre fin au projet stérile d’Oslo et d’abandonner toutes les illusions de règlement, et de cesser de parler d’un Etat dont on ne connaît ni la forme ni les frontières. Nous n’y trouvons que des concessions, des mystifications et la liquidation de notre cause.

2) Nous adressons nos hommages à tous nos prisonniers et prisonnières dans les prisons de l’occupation, qui mène une nouvelle bataille contre les mesures répressives et injustes des autorités carcérables, qui les privent de leurs droits élémentaires, de poursuivre leurs études, de recevoir les visites familiales, et qui subissent toutes formes de tortures et de souffrances. A partir de notre devoir obligatoire envers eux, nous réaffirmons le soutien à leur lutte et affirmons que ce soutien n’est pas saisonnier mais il s’agit d’une promesse qui nous engage, sachant que nous ressentons toujours une défaillance envers eux, à moins que nos frères, les combattants des Saraya al-Quds et toutes les branches de la résistance, parviennent à capturer d’autres soldats sionistes.

3) Nous appelons les masses de notre peuple et de notre nation à proclamer leur colère générale et refuser les résolutions de l’ennemi criminel contre notre peuple et sa politique de destruction des maisons dans les quartiers d’al-Quds et dans la ville d’al-Lid, et de proclamer leur soutien et solidarité avec nos prisonniers, pour que les vendredi et samedi prochains, les 16 et 17 avril soient des journées de l’accentuation de la colère et du soulèvement contre l’occupation criminelle.

4) Nous appelons à l’unité des actions populaires et civiles, sous l’égide de la mémoire des dirigeants, Khalil al-Wazir Abu Jihad et dr. Abdel Aziz Rantissi, ainsi que le dirigeant de la bataille de Jénine, le martyr Mahmoud Tawalbe. Et nous affirmons la nécessité de l’unité des rangs et l’unité des actions nationales. Nous réclamons de l’Autorité et de ses appareils sécuritaires de cesser de poursuivre nos fils et de réprimer nos manifestations, et de laisser les fils de notre peuple dire leur mot dans les provinces de Cisjordanie, pour exprimer leur colère face à l’occupation honnie.

5) Nous appelons les ulémas de la nation et les intellectuels, toutes les forces politiques et populaires vives, de soutenir notre peuple dans sa lutte contre les résolutions de l’expulsion, de la démolition des maisons et des politiques de l’épuration ethnique, de soutenir nos prisonniers dans leur lutte. Nous appelons tous les fils de notre nation à proclamer leur soutien sous toutes ses formes avec la cause palestinienne et à soutenir le droit de notre peuple à résister et à mener le combat.

Hommage à nos masses et notre peuple dans al-Quds et Silwan, où l’ennemi poursuit aujourd’hui ses actes de destruction de leurs maisons.

Hommage à notre peuple debout dans al-Lid face aux décisions de détruire treize maisons dans ses quartiers.

Hommage aux masses de notre peuple dans al-Khalil, Nablus et toutes les villes, villages et camps dans la vaillante Cisjordanie.

Hommage à notre peuple debout à Gaza, à sa résistance courageuse et à ses combattants héroïques qui ont pris en charge de s’opposer à toute tentative d’infiltration dans notre terre….

Hommage à tous les combattants qui se faufilent, jour et nuit, malgré les tirs des snippers et les obus des chars, pour semer par la mort la route empruntée par les soldats de l’occupation, et les empêcher d’entrer dans Gaza.

Hommage à toutes les masses de notre peuple dans l’exil et les camps de l’exil.

Paix sur vous, que la bénédiction et la miséricorde de Dieu soient sur vous.

Traduit par CIREPAL (Centre d’Information sur la Résistance en Palestine)

d'après : http://www.aloufok.net/spip.php?article1722


Une déclaration politique conjointe publiée par le Parti communiste d'Israël et le Parti du peuple palestinien 

  


L'avenir de Jérusalem-Est n'est pas comme Tel Aviv, mais comme à Ramallah et à Naplouse! 

  


La ville de Ramallah a accueilli cette semaine une réunion entre les dirigeants du Parti communiste d'Israël et le Parti du peuple palestinien. La réunion a été consacrée à discuter des derniers développements politiques et les moyens de renforcer les relations bilatérales entre les deux parties. 


La délégation du Parti communiste d'Israël était dirigé par le secrétaire général du Parti Mohammed Naffa et les membres de la délégation était composée de membres du Politburo Issam Makhoul, Tamar Gozansky, Abdullah Abu Marouf et Aida Touma. La délégation du Parti du peuple palestinien a été dirigée par le secrétaire général Bassam Al-Salhi, avec les membres du Politburo Hanna Amireh, Afaf Ghatasheh, Rida Nateel, et Fadwa Khader. 


Les deux parties ont condamné fermement l'escalade israélienne dirigée par l'extrémiste du gouvernement de droite dirigé par Benjamin Netanyahu contre le peuple palestinien et les mesures actuelles, en termes de campagnes de colonisation dans la ville de Jérusalem et en Cisjordanie, et les attaques contre les lieux saints , en particulier Al-Aqsa à Jérusalem. Ils ont également condamné la loi sur l'armée de l'occupation du meurtre de sang-froid quatre jeunes hommes palestiniens dans le district de Naplouse, et d'autres mesures. 


Les deux parties ont dénoncé le blocus israélien pénale qui est toujours imposé à la bande de Gaza, et qui est encore la cause des conséquences tragiques sur le bien-être des gens là-bas. Ils ont estimé le siège une forme criminelle de punition collective infligée à tout un peuple et une violation flagrante des lois fondamentales de la communauté internationale et les Conventions de Genève. Les deux parties ont demandé la fin immédiate du siège et a promis de continuer à lutter pour atteindre cet objectif. 


Les deux parties ont convenu sur les dangers de la division palestinienne interne qui est exploitée pour passer le métier le plus dangereux complot avec l'appui des États-Unis. Le complot vise à annuler les droits nationaux du peuple palestinien, notamment le droit à l'autodétermination et l'indépendance. Les deux parties ont affirmé que la question de la scission n'est pas une affaire privée entre deux parties palestinienne, mais un danger qui menace l'avenir du peuple palestinien et leur stratégie pour la libération. Ils ont demandé la restauration de l'unité politique et géographique entre les deux parties de la patrie et estime que la signature du document de réconciliation nationale, qui a été formulée par l'Egypte, est la bonne mesure de réaliser l'unité en vue de contrer les projets des ennemis du peuple palestinien et ceux qui comptent sur la scission de réaliser leurs projets d'expansion et d'éliminer le projet national palestinien. 


Le Parti communiste d'Israël a insisté sur la relation organique entre l'occupation et l'oppression d'un autre peuple et les attaques contre les libertés à l'intérieur d'Israël, soulignant que la politique d'expansion et d'occupation augmente la tension et les signes de racisme contre les citoyens arabes en Israël. Le Parti communiste d'Israël a ajouté que ces actes d'intensifier leurs attentats et les violations contre les forces juif et démocratique que la lutte pour mettre fin à l'occupation, les colonies halte, et à la fin toutes les mesures d'agression contre les droits du peuple palestinien. Le Parti du peuple palestinien a félicité le Parti communiste israélien et ses alliés dans le Front démocratique pour la paix et de l'égalité et les forces israéliennes arabes et juifs qui s'opposent à l'occupation car ils sont engagés dans une lutte continue et déterminée aux côtés de la résistance inflexible populaire contre le Mur de l'Apartheid à Bil'in et Ni'lin, qui est devenu un modèle unique et symbole de la lutte. 


Les deux parties ont affirmé leur position historique qui stipule que la solution juste et permanente de la cause palestinienne à travers la reconnaissance du droit à l'autodétermination pour le peuple palestinien et son droit à établir leur Etat national avec la souveraineté sur tous les territoires palestiniens occupés en 1967 avec Al-Qods comme capitale et à résoudre les réfugiés palestiniens en cause conformément à la résolution 194. C'est la seule voie pour parvenir à la solution de deux États, où les deux Etats puissent vivre dans la paix et la stabilité. Les deux parties ont souligné que toute tentative de contourner la solution à deux Etats comme mentionné ci-dessus, ne fera que conduire à la consolidation de l'état d'occupation et de déni des droits du peuple palestinien à l'autodétermination, peu importe la façon dont ces solutions radicales semblent. 


Dans ce contexte, les deux parties de rejeter la demande de l'establishment israélien de reconnaître la judaïté de l'Etat d'Israël; ils considèrent cette demande comme un outil d'exclure la minorité nationale arabe en Israël et à nier leurs droits civiques et les droits nationaux d'une part; et dans le but de faire de cette demande un champ de mines politique raciste dans le chemin de réaliser des progrès politiques et de trouver une solution juste pour les réfugiés palestiniens cause de l'autre. Les deux parties ont déclaré cette demande ne peut être accepté et a insisté sur la nécessité de lutter et d'exposer ses dimensions et de la faire avorter. 


Positions des deux parties ont convenu de l'inutilité de toute négociation directe ou indirecte, avec (tant que) les extrémistes actuel gouvernement de droite (qui) se poursuit avec des campagnes de règlement de provocation dans les territoires palestiniens occupés, en particulier dans Jérusalem-Est occupée. Les deux parties ont affirmé que Jérusalem-Est occupée n'est pas comme Tel Aviv, revendiqué par Netanyahou, mais c'est comme Ramallah, Naplouse et le reste des villes et villages palestiniens sous occupation et ce qui vaut pour le reste de la Cisjordanie et la bande de Gaza s'applique à Jérusalem-Est occupé. Les deux parties ont dit qu'il n'y a pas de sens en demandant aux Palestiniens de revenir à la table des négociations sans conditions préalables, ils ont tous deux souligné qu'il est inutile de reprendre les négociations sans conditions préalables qui mèneraient à la fin de l'occupation et la libération du peuple palestinien et leur indépendance et leur mise en œuvre des résolutions de légitimité internationale. 

Les deux parties ont également convenu de la position selon laquelle il est nécessaire d'exiger premiers termes de référence obligatoire pour les négociations fondées sur le retrait définitif des frontières de 1967 et l'arrêt total et complet des colonies comme condition d'adhérer à toute négociation. Les deux parties ont également convenu de la nécessité de commencer globale mouvements politiques au niveau international pour pousser Israël à l'égard des résolutions en respectant la légitimité internationale. Ils ont souligné que le comptage des États-Unis et en fonction de la médiation unique ne fera pas de bonne raison de le partenariat stratégique entre Israël et les Etats-Unis, ce qui rend la partie de la politique américaine du problème plutôt qu'une partie de la solution. Les deux parties ont souligné que, selon la discrétion des négociations a épuisé ses fins et qu'il est désormais nécessaire d'activer et de développer d'autres facteurs importants dans la position palestinienne, en particulier l'escalade de la lutte populaire et de la résistance, et de placer la communauté internationale et le Conseil de sécurité et les différentes organisations internationales en face de leurs responsabilités afin de faire pression sur Israël pour mettre fin à son occupation et de respecter le droit international et des résolutions de légitimité internationale. Ils ont insisté sur le soutien du Parti communiste de i Israël et ses alliés dans leur lutte pour activer les mouvements de la paix dans la rue israélienne qui s'oppose à l'occupation, les colonies et les provocations dans Jérusalem-Est occupée, tout comme ce qui s'est passé à Sheikh Jarrah récemment. 

À la fin de la rencontre, les deux parties ont convenu de la poursuite des réunions régulières et sur la coordination et la coopération dans l'Union diverses politiques, commerciales, les étudiants, les femmes, et d'autres domaines populaires et a décidé de former des comités pour le suivi de ces questions. 


25 mars 2010

L’Amérique a fait sortir le génie de la lampe

Daoud Kuttab
publié le mardi 13 avril 2010.

09/04/2010

Le tabou est enfin brisé et le génie est hors de la lampe, malgré des tentatives pour l’y remettre. Les chefs militaires américains ont eu assez et ont décidé de s’exprimer sur le fardeau que représente pour les intérêts nationaux de l’Amérique un Israël intransigeant.

Lors de son allocution du 16 mars devant le Sénat, le populaire général américain David Petraeus a enfin prononcé les mots que beaucoup disent à huis clos depuis des décennies. Les déclarations de ce général quatre étoiles—à savoir que le conflit israélo-palestinien entrave la capacité des USA à faire avancer leurs intérêts au Moyen Orient— mettent le soutien aveugle qu’apportent les USA à Israël en opposition directe avec l’institution la plus sacrée du pays, l’armée.

À vrai dire, des allusions dans le sens des déclarations de Petraeus fuitent de Washington depuis déjà un certain temps. Le président George Bush W et sa secrétaire d’état Condoleezza Rice ont tiré la première salve en disant publiquement que la création d’un état palestinien indépendant était de l’intérêt des États-Unis.

Le président américain Barack Obama a fait les mêmes déclarations plusieurs fois, y compris lors de son discours historique à l’université du Caire. C’est de ces déclarations qu’a démarré la politique d’Obama. Mais pour une raison ou une autre, les déclarations américaines sur l’intérêt que représente pour les USA la création d’un état palestinien n’ont pas trouvé d’écho aux États-Unis ou en Israël. Des forces palestiniennes et pro-palestiniennes aux États-Unis ont tenté d’en tirer parti, mais leurs efforts n’ont pas été marquants dans le paysage américain.

Mais lorsqu’un grand général de l’armée américaine qui est responsable de la vie de centaines de milliers d’Américains l’explique clairement devant le sénat, les gens prennent la peine d’écouter.

En partie parce qu’une grande partie des forces de droite pro-Israël ou des chrétiens fondamentalistes font constamment les louanges de l’armée et ont essayé de pousser Petraeus à être candidat à la présidence, il leur est difficile de critiquer ses récentes déclarations.

Maintenant que la position des États-Unis est assurément en faveur de la création d’un état palestinien, il y a des camps qui essaient de renfoncer le génie dans la lampe. On a pu le lire dans le quotidien israélien Haaretz, c’est ce qu’a tenté de faire le Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA). L’organisation a réussi à faire signer une lettre de soutien à Israël par 50 anciens généraux et amiraux américains. Cependant, comme l’a écrit Amir Oren, cette lettre qui fait l’éloge des valeurs que partagent les USA et Israël ne mentionne les mots "Palestiniens, Jérusalem, constructions et territoires", ce qui indique que les valeurs de ces généraux et l’objectif déclaré de Petraeus ne sont en fait pas si identiques que çà.

Avec des discordances aussi flagrantes, les tentatives du genre de cette lettre n’ont guère de chance de persuader les officiers supérieurs comme Petraeus de revenir sur leurs positions. Mais ils font bien mouche au Pentagone, et sans soutien venant du camp qui poursuit lui aussi l’objectif de la création d’un état palestinien, sans une avalanche de soutien à cette prise de position, les militaires seront à l’avenir peut-être plus prudents avec les mots.

Bien qu’il existe clairement des soutiens pour un état [palestinien] du côté arabe, les pressions sont essentiellement politiques et au niveau du gouvernement. En réponse à l’amélioration de la position américaine qu’ils ont sentie, les chefs d’état et les ministres des affaires étrangères arabes se montrent beaucoup plus prolixes et unanimes pour demander davantage de neutralité dans l’intervention américaine dans le conflit du Moyen-Orient.

La récente interview que le roi Abdallah [de Jordanie] a accordée au très conservateur Wall Street Journal comporte des déclarations parmi les plus âpres qu’ait jamais faites un chef d’état arabe sur Israël et ses politique et actions en Palestine, en particulier à Jérusalem. Le monarque a déclaré que Jérusalem est une bombe à retardement qu’il faut désamorcer et que les relations israélo-jordaniennes n’ont jamais été plus bas depuis des décennies.

Si le soutien arabe est important, il doit être appuyé par d’autres efforts. Obama et son administration, ainsi que les chefs militaires, doivent être publiquement salués par autant de groupes que possible pour l’exigence constante qui est la leur d’une solution juste à la cause de la Palestine.

Une part de soutien doit également venir des Palestiniens, sous forme d’actions sur le terrain visant à résister en permanence à l’occupation israélienne.

Les actions en Palestine doivent continuer à se limiter à des manifestations populaires et non-violentes. Rien ne peut davantage aider Israël que l’excuse de devoir répliquer à un acte de violence commis par les Palestiniens ou les Arabes, que ce soit à Gaza, à Jérusalem ou au Sud Liban.

Petraeus a fait une déclaration courageuse qui pourrait jouer un rôle-clé dans l’affaiblissement du lobby pro-Israël et permettre une approche américaine du conflit au Moyen-Orient beaucoup plus équilibrée. Alors que les Palestiniens et les Arabes ont toujours estimé que ce genre de déclarations allait de soi, il leur faut soutenir publiquement ces positions et, en même temps, éviter toute déclaration ou action qui embarrasserait ces courageux militaires et politiques américains.

Ancien professeur de journalisme à l’université de Princeton, gagnant de plusieurs prix de journalisme et militant chevronné de la liberté d’expression, Daoud Kuttab est actuellement à la tête de l’ONG de media Community Media Network en Jordanie.

Traduction M.C.

http://www.maannews.net/eng/ViewDetails.aspx ?ID=274944


Daoud Kuttab


Lettre ouverte à Bertrand  Delanoé 

 

Tout le monde peut comprendre le souhait du Conseil municipal de Paris de rendre hommage à David Ben Gourion en donnant son nom à une esplanade de la capitale. Il fut le père fondateur de l’Etat d’Israël ainsi que son Premier ministre durant plusieurs années. Enfin, il a été l’artisan d’une collaboration étroite entre Israël et la France, en particulier lors de la Crise de Suez et la tentative de renversement du Président Egyptien Gamal Abdul Nasser en 1956, ou encore en contribuant à l’amélioration des liens militaires et stratégiques entre les deux pays après 1967.

 

Chacun peut ainsi comprendre que les soutiens à Israël au sein de la Communauté juive mais aussi au-delà, accueillent favorablement cette initiative d’une esplanade Ben Gourion.

 

Je vous écris néanmoins aujourd’hui pour vous rappeler l’autre visage du personnage dont je viens de faire la biographie. 

 

Pour moi, lorsque je pense à lui, voilà les souvenirs qui l’emportent dans mon esprit. David Ben Gourion fut l’architecte ainsi que le cerveau du nettoyage ethnique de la Palestine en 1948. C’est à partir de cette opération d’expulsion que naquit le problème des Palestiniens tel que nous le connaissons toujours aujourd’hui et qui divisa Juifs et Arabes par un conflit sanglant et sans fin qui s’étendit dans tout le Moyen-Orient.    

Certes, il ne fut pas le seul mais il reste la figure emblématique de l’expulsion systématique de près d’un million de Palestiniens de leurs maisons, leurs terres, leur patrie. Il a également ordonné la démolition de centaines de leurs villages et de dizaines de leurs villes et a personnellement ordonné leur transformation en colonies juives. Il a également imposé une loi martiale cruelle et sans pitié dirigée contre la minorité palestinienne restée en Israël, qui incluait l’expropriation de leurs terres, l’exil de beaucoup d’entre eux ainsi que le massacre de Kafar Qassim qui eut lieu en novembre 1956 où des dizaines de Palestiniens innocents furent tués par la police israélienne des frontières.                                                          

Si l’on tient compte de la situation actuelle d’Israël et de l’aspect criminel de sa politique, semblable à l’apartheid qui était imposé par la communauté blanche en Afrique du sud, il nous apparaît difficile de donner un sens à cette commémoration ainsi qu’à celui qui est honoré. Les crimes commis et la nakbah palestinienne sont toujours de nos jours niés par les autorités israéliennes. Aussi, en donnant le nom de Ben Gourion à une avenue parisienne, ce sera une manière d’accepter et de légaliser ce déni. Cela sera sans aucun doute perçu par la plupart des Parisiens comme une offense. 

Je m’adresse à vous en tant que militant et historien de la Nakbah, né

en Israël et enseignant aujourd’hui au Royaume-Uni, pour vous demander de revenir sur votre décision et de l’abandonner tant que les deux peuples israéliens et palestiniens ne seront pas arrivés à panser les blessures du passé et à se réconcilier. Tout autre décision ne ferait que contribuer à favoriser la poursuite du conflit tout en semant le doute sur les intentions sincères et pacifiques de la politique française en faveur de la paix. 

 

  Bien sincèrement

 

Professor Ilan Pappe

Directeur du centre européen des études palestiniennes

Institut des études arabes et islamiques

Université d’Exeter 

Royaume-Unis



Ma belle Palestine

publié le dimanche 11 avril 2010.

A tous les parents palestiniens en exil et à ce long sillage d’oliviers qu’ils ont plantés à travers le globe.

Il y a quelques jours, mon père m’a envoyé par courriel une photo de ma maman et de lui qui se tient debout, tout fier, auprès de mon dernier petit frère, un jeune olivier qu’ils ont planté dans leur jardin, dans le Qeensland, en Australie. J’ai été émue à un point incroyable en regardant cette photo et en pensant à ma belle Palestine.

Pour de nombreux Palestiniens de ma génération, qui ont grandi dans la diaspora, la Palestine représente plus que ce paysage de vieilles pierres et de lieux saints sur lesquels on a tant écrit et que la plupart d’entre nous, les exilés, n’ont jamais vus. De toutes nos forces, nous essayons d’imaginer la splendeur des orangeraies de nos ancêtres, ou le ravissement du parfum de jasmin qui persiste dans la nuit, nous nous savons coupés de ce monde. Nous savons que ne pouvons qu’écouter avec empathie nos parents évoquer ce sentiment qu’ils ressentent face à la mer dans Gaza, ou en déambulant dans les vieilles rues de Jérusalem alors que nous, nous ne serons jamais prêts d’appréhender vraiment la profondeur de ce qu’ils vivent. Et pendant que nous lisons avidement les œuvres de nos poètes illustres et des maîtres de la parole qui confessent leur amour éternel pour cette terre, beaucoup d’entre nous, à l’extérieur, nés et grandis dans les banlieues au Canada, en Australie, aux USA, et en tant d’autres lieux, nous sentons combien il est difficile de déclarer notre amour pour un morceau physique d’une terre sur laquelle nous n’avons jamais posé le pied. Pourtant, un lien indéniable nous unit et il y a cette beauté que nous voyons dans une Palestine qui s’est construite dans nos esprits, dans nos cœurs et dans nos maisons.

Quand mes parents ont été arrachés de Gaza, ils nous ont emmenés, mes petits frères et sœurs et moi, pour un voyage qui nous prit dans les camps de réfugiés, nous fit traverser le Golfe arabe puis faire tout le chemin jusqu’en Australie. Nous avons grandi dans des dizaines de maisons, toujours passant d’une contradiction à une autre, d’une culture à une autre, d’une vie à une autre et d’une langue à une autre. Tout au long de ce parcours de notre vie, nous savions, sans le moindre doute, qui nous étions et d’où nous venions. Nous savions que nous étions différents. Notre histoire était difficile à raconter et les projets scolaires étaient particulièrement une rude épreuve. Comme beaucoup d’autres dans la diaspora, il nous a fallu expliquer aux professeurs et autour de nous d’où nous venions et pourquoi le nom de notre pays n’était pas marqué sur leurs cartes. Nous sommes devenus des experts dans l’art de concilier les mondes et les identités qui vivaient en nous, de sentir le poids de l’oppression dans des pays et des endroits qui nous proposaient citoyenneté et liberté, de voyager avec aise avec nos passeports occidentaux en pensant toujours à nos parents et à tous ceux que nous aimions et qui étaient sous un siège, sous couvre-feux, derrière des check-points et sous occupation. Nous avons apprécié nos libertés civiles comme seuls peuvent le faire celles et ceux qui ont été dépouillés de leurs droits humains. Nous, la génération qui est née et a grandi en exil, nous avons commencé à voir le monde autrement et, par conséquent, nous comprenons maintenant notre identité humaine d’une façon qui est vraiment unique.

Mon père nous disait toujours, « Etre Palestinien signifie que vous devez être sincères pour le pouvoir et que vous ne devez jamais abandonner. » Il s’occupait toujours de nous apprendre par sa poésie et ses récits comment être de bons citoyens du monde, comment s’identifier à l’opprimé et agir pour les droits de ceux qui en sont privés. Il amenait à la maison des dizaines de films, par exemple "Gandhi", et "Cry Freedom", et il nous faisait regarder les séries "Racines", toujours nous débattions ensuite des films et des histoires.

Qu’il s’agisse de l’abolition de l’esclavage, de l’apartheid en Afrique du Sud ou de la désobéissance civile non violente en Inde, le message était toujours le même : la Palestine n’est pas une bataille, elle est une histoire humaine épique qui raconte encore et encore comment l’opprimé se lève contre l’oppresseur. « Pour comprendre notre histoire, nous devons comprendre la bataille séculaire de l’homme pour la liberté ». Mon père avait la ferme conviction que pour être utile à la Palestine, il nous fallait être une partie du monde, pris dans son ensemble. « La Palestine, ce n’est pas un point minuscule sur la carte, » disait-il toujours, « c’est l’éveil de la conscience humaine ».

Quant à ma mère, jamais elle n’a failli à nous donner son amour paisible et infini, débordant de toutes les couleurs d’une culture qui ne peut être ni étouffée, ni déniée, ni oubliée. Si vous aviez passé un moment avec ma mère, vous auriez vu qu’Israël avait perdu la bataille d’avance, de ses propres mains. Toujours elle mettait sur la table de la nourriture palestinienne, elle racontait des histoires traditionnelles palestiniennes, nous chantait des berceuses palestiniennes, et lorsque nous étions prêts de partir pour commencer nos propres vies, elle orchestrait pour nous des mariages palestiniens auxquels aucun détail d’autrefois ne manquait. La Palestine vit sans interruption à travers cette armée de millions de mères palestiniennes exilées qui, comme ma mère, sont devenues un pont solide vers la patrie de leurs familles.

Ma famille vit en exil depuis maintenant plus de 40 ans, et même si j’ai pu me rendre souvent en Palestine, je n’y ai jamais vraiment vécu. Pourtant, et tout Palestinien de la diaspora vous dirait de même, la Palestine vit en moi. Je suis maintenant tressée dans une tapisserie du militantisme palestinien qui m’insère dans la communauté plus vaste des défenseurs des droits humains et de la justice. Mon village mondial est rempli de gens inspirés et de leurs histoires de triomphes et de tourments face à l’oppresseur. Aujourd’hui, je sais avec certitude que ma belle Palestine n’est pas juste un morceau de géographie auquel aspirent mes parents, et que les gens de mon peuple n’ont pas tous comme moi les mêmes yeux, la même peau ou les mêmes cheveux sémitiques. Ma Palestine est partout où il y a l’injustice dans ce monde et mon peuple est chercheur de la vérité et milite pour la paix. Ce sont mes sœurs et mes frères.

Je regarde la photo que mes parents m’ont envoyée, comme leur parcours est extraordinaire et quels exemples ils sont pour nous. Oui, ma belle Palestine transcende l’espace et le temps. Elle est beaucoup plus vaste que n’importe quel pays sur une carte. Elle est un sillage d’oliviers plantés à travers ce globe. Ma belle Palestine est l’esprit humain, invaincu et infrangible, qui dépasse les frontières, les murs et l’oppression.


Samah Sabawi est écrivain, dramaturge et poète. Elle est née à Gaza, et réside en ce moment à Melbourne, Australie.


http://weekly.ahram.org.eg/2010/993/re3.htm


Edition hebdo n° 993 du 8 au 14 avril 2010

traduction : JPP pour la CCIPPP






Pourquoi les États-Unis rayeront Israël de la carte du monde (1)

par Mourad Merzagui

«La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu'il n'existe pas» Le Joueur généreux, Le Spleen de Paris; Charles Baudelaire. 

En marge du sommet du G20 à Pittsburgh (États-Unis), en compagnie du chef de l'hyper puissance, le président Barack Obama, et du premier ministre britannique, Gordon Brown, «l'hyperprésident» des médias français Nicolas Sarkozy assénait son avis aux citoyens de notre planète dans tous ses états : «Ne laissons pas les dirigeants iraniens gagner du temps pendant que les centrifugeuses tournent… Si d'ici au mois de décembre [2009], il n'y a pas un changement profond des politiques de la part des dirigeants iraniens, des sanctions devront être prises, il en va de la paix et de la stabilité !» À l'évidence, Paris ne digère pas le ratage de l'invasion de l'Irak ! 

 En face, le «trublion» stigmatise de plus belle l'existence de l'intrus en Palestine et de son soutien inconditionnel: «Mort à Israël». «Mort à l'Amérique» ! 

 De la partie, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) brode : «Téhéran a conquis suffisamment de connaissances pour pouvoir élaborer et fabriquer une bombe atomique fonctionnelle et qu'il s'est effectivement doté d'un programme militaire complexe visant au développement d'une charge nucléaire transportable via le système de missiles Shahab 3, capables d'atteindre le Proche-Orient et certaines parties de l'Europe».(2) 

 Comment Mahmoud Ahmanidejad se soucie-t-il si peu d'être entraîné sur la voie qui a débouché au lynchage du maître de Baghdâd ? Comment les mollahs ne craignent-t-ils pas le remake de la mise à feu et à sang de l'Irak avec cette fois-ci leur pays pour cible ? Sachant que la République Islamique a beau posséder la capacité nucléaire et ses ingénieurs sauter le pas et produire l'arme de destruction massive, tout au plus finira-t-elle logée à la même enseigne que son voisin le Pakistan disposant d'un parc de vecteurs d'armes atomiques, d'une armée entraînée et organisée à l'occidentale et qui, dans les faits, n'est pas plus qu'un fétu pour les puissants? (3) 

 Les allégations avancées par le locataire de l'Élysée, assumées par le groupe des Six (les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité et l'Allemagne) sont fallacieuses ? Quels sont les dessous du conflit larvé ? 

 Les États-Unis, dit-on, cherchent à dominer les routes du pétrole du Golfe persique à l'Asie centrale nécessaires au raffermissement de leur hégémonie et, pour ce faire, ils somment le pays de Khomeiny d'entrer dans le cercle de ses satellites - à l'instar des autres pays de la région. À cette perspective les Européens se crispent. Les plus zélés, les Français, appuyés des Britanniques mis à mal dans leur fief, celui de la British Petroleum, l'ex Anglo-Iranian Oil Company, jouent les agitateurs. Russes et Chinois ne se leurrent pas sur la finalité de la trame; sans perdre de vue que la «mésentente» entre Américains et Européens demeure après tout une guéguerre entre membres d'une même famille, sans moyens réels d'interférer sur le cours des évènements, ils supportent de suivre la valse des volte-face. A l'autre bout de la chaîne, en phase avec le pays de Marianne et du Royaume-Uni, l'État hébreu s'oppose véhémentement aux rapports projetés: perdre son statut de partenaire incontournable de la première puissance et ne plus représenter l'unique force du Moyen-Orient le met dans tous ses états. À croire les analystes, même si les intérêts de Paris, Londres et Tel-Aviv ne sont pas similaires, des raids israéliens contre les installations nucléaires iraniens à partir de Dubaï (la France, en partenariat avec Israël, y installe une base militaire), pourraient finalement couronner le remake des Protocoles de Sèvres.(4) Depuis 2004, Israël prépare cette agression. Aujourd'hui ses stockes d'armements classiques et nucléaires made in USA financés par l'aide militaire américaine ahurissent: ils se chiffrent à plusieurs milliers d'armes intelligentes. Des centaines de bombes anti-bunker dont la bombe B61-11 nucléaire, des missiles Harpoon US armés d'ogives nucléaires équipant les sous-marins Dolphin… tous sont dirigés vers cet ennemi. Les Américains rappellent à l'ordre tout le monde. Même en se montrant apaisants lorsqu'ils assurent agir pour le bien commun, par la voix de leur chef, le récipiendaire du Nobel de la paix 2009, leur motivation ne prête aucunement à équivoque : les intérêts de leur pays sont leur priorité; leur «guerre est juste»! Ils font montre de fermeté face à Israël - leur protégé de toujours - à qui ils demandent de geler ses colonies et dissuadent d'attaquer les installations nucléaires iraniennes («tout avion de Tsahal qui survolerait l'Irak pour atteindre l'Iran sera abattu»); ils égratignent son égo en prêtant l'écoute au rapport du juge Richard Goldstone, très critique à l'égard de l'opération «plomb durci» (massacres de Gaza, décembre2008-janvier 2009)…   

Mais l'attitude de tous les protagonis- tes de «l'affaire» reste après tout ambiguë. Il en est ainsi de l'offre de l'ancien directeur de l'AIEA à l'Iran d'envoyer 70% de ses stocks (1,5 tonne) d'uranium faiblement enrichi (3,5%) en Russie puis en France pour les récupérer une fois sous forme de barres de combustible et l'approbation des États-Unis, de la Russie et de la France à ce projet. Seulement sachant que Français, Russes, Américains et même Allemands ont déjà floué les Perses(5) il s'agit bien là d'une fumisterie. Tout à l'avenant, lorsqu'ils se disent prêts à échanger chez eux leur uranium contre des barres de combustible, les Iraniens n'ignorent pas se trouver dans la situation du dialogue des sourds. 

 Personne ne s'intéresse à dénouer le nœud gordien ! Le faux-semblant d'Israël lui-même agrée à ses sociétaires de poker. Si le nucléaire iranien semble son challenge, le bluff qui l'entoure révèle la grossièreté des manœuvres : la demande qu'on lui fait de geler ses colonies, fate, exhale un relent de vulgarité logomachique, tout comme la menace d'abattre ses bombardiers; l'état hébreu colonise à outrance, la situation est à son avantage. Mais pas seulement. L'Occident coalise les pétromonarchies sunnites contre… leurs coreligionnaires chiites. Paris circonvient Brasilia - que Téhéran courtise de son côté - en lui proposant ses rafales 40% moins chers. Le manque à gagner de Dassault Aviation est selon toute vraisemblance couvert par les Wahhabites dont le rôle d'argentiers des «causes occidentales» est connu comme l'a si bien illustré le conflit soviéto-afghan; plus indicatif, les émirs sont pour cette fois-ci partants pour acheter le couteux système d'armement, les S-400c... dans le seul but de dissuader les Russes d'honorer leur autre contrat qu'ils ont passé avec les Iraniens. Ils se proposent aussi d'accueillir un million de travailleurs chinois. Que d'affaires ! Les arrière-plans - quand ils filtrent - montrent que cette histoire, ce n'est pas du pipeau. 

Mais fondamentalement c'est le rap-port de Washington aux capitales arabo-musulmanes qui inquiète le plus. Au vu de l'intronisation d'administrateurs en Afghanistan, en Irak (comme au Pakistan, au Yémen… et certainement prochainement en Iran), l'hyper puissance agit conformément à l'esprit de l'Allied Military Government of Occupied Territories (AMGOT) de l'après seconde guerre mondiale. Une observation dont il est logique d'inférer que le 11 septembre 2001 reproduit bel et bien le Pearl Harbour comme y a fait allusion Zbigniew BrzeziDski dans son livre «The great chessboard», version 1997. 

 Imitant leurs devanciers les Européens, les Américains engagent leur omnipotente armée dans l'idée de pacifier (démocratiser) les musulmans, mais est-ce pour une simple histoire de pétrole ? Pour le Nouveau Siècle Américain (PNAC, The Project for the New American Century)? 

 Ce qui se passe au Pakistan donne à réfléchir : au motif de liquider l'insurrection talibane, ce pays est entraîné dans une spirale de violence. Ses populations sont bombardées par les drones de «l'ami», les États-Unis; sa dépossession de son arsenal nucléaire, n'est plus qu'une question de secondes... Ce n'est plus l'aide qu'on apportait aux moudjahiddine afghans, c'est déjà Tora Bora. En plus clair ce pays est ramené à l'âge de pierre; la mise en garde de Bush était en fait la prononciation de la sentence. Les États-Unis participent à la construction d'une image dangereuse de l'Islam et s'en servent pour attester leur toute-puissance. Stephen M. Walt, professeur en relations internationales à l'université d'Harvard, titrait son article paru dans le magazine Foreign Policy, (www.Slate.fr, 3 Décembre 2009) : «Les États-Unis ont tué 288.000 musulmans en 30 ans, estimation la plus basse». Or comme le président Barack Obama l'a rappelé dans son discours du 4 juin 2009 au Caire : «En signant le traité de Tripoli en 1796, notre deuxième président, John Adams, nota ceci : Les États-Unis n'ont aucun caractère hostile aux lois, à la religion ou la tranquillité des musulmans», pourquoi donc l'establishment US se met-il en porte-à- faux avec ses Pères fondateurs ? 

 La crise iranienne survenant au milieu du remous que les pions damés (les puissances émergentes) provoquent sur l'échiquier mondial, il faut croire que les USA poursuivent leur stratégie pro-islamiste, le containment adoptée pour en découdre avec l'ex-URSS.   

Ainsi tandis que les caméras sont braquées sur l'Iran, la menace s'installe au contact du pays de Gandhi via son voisin. Les deux pays frères se regardent avec hostilité depuis la partition de l'Inde. Si le spectre d'une nouvelle guerre n'est pas brandi tout à fait, le terrorisme et les extrémismes religieux se développent : affrontements interethniques, exacerbation des passions autour de la question du Cachemire. L'inculpé dans les attentats du 26 novembre 2008 à Bombay qui ont fait près de 200 morts, Daood Gilani alias David Coleman Headley, un pakistano-américain, agent de la CIA reste un cas d'illustration d'inversion de la coopération sécuritaire et instruit sur le flou des opérations qui se déroulent dans cette partie du globe. 

 Enfin combien même l'exercice du nom de code «Shriver 2001» simulé par l'US Space Command le projette à 2017, une confrontation armée directe entre Américains et Chinois n'est pas envisageable. Le nouveau défi consiste à mettre au pas les deux géants asiatiques et leurs supporters mais la barrière verte prend des dimensions démesurées sans compter les fâcheux «dégâts collatéraux». Tout le Moyen-Orient, tout le monde arabo-musulman est embrigadé, toute l'Asie centrale (au sens large) est agitée. Les pétromonarchies financent le parapluie occidental profitable à la stabilité de leur règne. 

 Les ravages de la crise des subprimes ou le clash financier (la faillite des établissements bancaires) ressemblent à des tranchées qu'auraient ouvertes sciemment les think tanks de Washington pour mobiliser leur nation; la réforme de leur système de santé procède du même souci; l'accord de substitution de Copenhague au protocole équitable de Kyoto, conçu pour déstabiliser les puissances émergentes - la pression sur Pékin ne faisant pas l'ombre d'un doute - tout cela transmet l'image catastrophique d'une Amérique qui déchante. 

 Seulement avec la mondialisation-globalisation trouver un challenger au leader n'a pas de sens, les puissances se complètent. L'Inde et la Chine sont des états pondérés, sans ambition de leadership mondial; ils ne sont pas «complexés» par l'hyper puissance. Quoi qu'on ait assassiné son initiateur, «la nouvelle frontière de Kennedy» est plus que jamais d'actualité; elle trouve dans l'atelier asiatique ce qu'il faut pour se concrétiser dans sa dimension planétaire. La Chine a vaincu la pauvreté (bol de riz) et bravé l'écueil de la surpopulation (un couple, un enfant); elle a assimilé la démocratie; l'Inde s'adonne à la même tâche : le bien-être de la famille humaine. Le monde intégrant l'ère asiatique est une aubaine pour les pays africains à la traine mais aussi pour l'Occident prisonnier de ses poncifs. Pour traiter le «trop plein de la planète» (source d'inquiétude pour feu Claude Levis Strauss), il faut combattre la misère non pas procéder par des guerres ou une quelconque alchimie à des «ponctions» sur l'humanité. Aussi nul que cela puisse paraître, une cellule familiale menacée de disparition n'a d'autre stratégie que de faire de plus en plus de petits, c'est darwinien. Quand la femme palestinienne accepte la terrible contrainte des multiples conceptions (à l'appel du leader feu Yasser Arafat), c'est pour lutter contre la disparition de sa famille, la Palestine (la terre c'est notre mère). C'est darwinien ! Caresser l'idée d'un monde d'Éloïs et de Murlocks(6) en entravant le transfert technologique et en investissant dans le travail à bas coût n'est pas yankee. 

 La doctrine vintage de l'endigment menée depuis plus de trois décennies par l'inamovible anti russe Zbigniew Brezinski qui manœuvre à ce jour la politique étrangère de Washington ou les machinations du francophile Henri Kissinger (guerre du Vietnam, renversement de Salvador Allende…) sont en complet décalage avec l'évolution du monde et ont assurément d'autres visées. L'oncle Sam ne tient pas le gouvernail du Grand Moyen-Orient. Le couple franco-sioniste - qui y est dans son terrain pour des raisons historiques - ne lâche pas prise. D'ailleurs c'est précisément pourquoi le monde arabo-musulman reste sans profondeur stratégique, ses gouvernements son fantoches, ses oppositions dispersées et sa société civile muselée.(7) 

 Une lecture critique de l'histoire contemporaine prouve que l'antiaméricanisme n'est pas une obsession arabo-musulmane, mais plutôt française. C'est bien de Gaulle qui a en 1958 contesté explicitement le leadership américain. «L'impérialisme US» fut une propagande franco-sioniste pour éloigner les peuples sous domination coloniale du contact des défenseurs des libertés. «À mort Israël !» et «À mort l'Amérique !» ne vont-ils pas de pair ? Associé au rejet d'Israël, l'antiaméricanisme trahit la pratique d'un amalgame favorable aux sionistes : cela ne peut émaner que des think tanks à la solde de ces derniers. Le slogan récupéré par Israël est une rengaine entonnée pour enterrer la Palestine : Israël a su faire jouer la corde sensible, tirer dessus, la tendre et mystifier l'oncle Sam.(8) 

Depuis belle lurette nombreux sont, tels les profs John Mearsheimer et Stephen Walt («le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine») à sonner le tocsin contre les dérives de l'armée omnipotente devenue carrément le bras armé d'Israël. La position américaine est vectrice des volontés sionistes !(9) Les raisons de l'élimination de Kennedy, sont les mêmes qui poussent au pourrissement des relations avec l'Asie. Le terrorisme et le contre-terrorisme obligent les forces vives à se consacrer aux broutilles mais surtout à donner toujours plus de puissance à cette mystification qu'est Israël. Des historiens situent l'émergence du courant sioniste à l'époque de l'affaiblissement de l'État ottoman, «l'homme malade de l'Europe». Des Marranos («Juifs» sous l'Inquisition)(10) qui avaient, grâce au soutien du Sultan Bayazid II, trouvé asile en Palestine s'y étaient aussitôt employés à gamberger leur «foyer national». Au moment du dépeçage de l'empire décidé en 1916 (Accords de Sykes-Picot), la Déclaration de Balfour de novembre 1917 s'accomplira comme une simple formalité. Avec la déroute boche de 1945, aux cris d'orfraie à l'Holocauste qui étouffaient celui des autres victimes du conflit le plus dévastateur de l'histoire, le plan se concrétisera franchement. (L'appel des Algériens qui, des décennies durant, étaient soumis aux pires exactions des initiateurs des enfumades et des emmurements(11), précurseurs des chambres à gaz, sera lui noyé dans un bain de sang à Sétif, Guelma, Kherrata). 

 En proclamant leur victimisation «incomparable, imprescriptible»(12) et en faisant payer à la nation allemande tous les crimes de la seconde guerre mondiale, dissimulant adroitement les germes de la conflagration - la rivalité furieuse des puissances européennes qui razziaient pareillement les contrées paisibles d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine -, passant sous silence en fieffés démagogues le fait que la révolution française fut devancière dans la mise à feu de l'Europe, les sionistes se sont aliénés la mine de savoir-faire du peuple défait et mortifié comme le faisaient les deux vainqueurs du conflit, les USA et l'ex-URSS, voire de manière plus profitable encore en opérant une (psych)analyse de la mauvaise conscience. Ils ont inféodé la technologie allemande. 

Les sous-marins qui font la force maritime de Tsahal sans égal dans la région, des bijoux de sophistication, témoignent encore aujourd'hui que ce transfert ne tarit pas. Le comportement des sionistes a de quoi inquiéter. Au moment des Accords de Camp David retournant les Pharaons, les nervis d'Ariel Sharon décimaient les réfugiés de Sabra et Chatila... Dans l'ambiance des attentats du 11 septembre ils menaient l'opération militaire sanguinaire «Rempart» à Jénine... Après l'arrêt des hostilités de la seconde guerre mondiale, tandis que les combattants de la liberté jugeaient les capitulards pour leurs crimes, ils relayaient ces derniers en massacrant à Deir Yacine les Palestiniens qui leurs avaient ouvert leurs portes et les avaient accueillis en frères… Ils poussaient à l'exode des milliers (850000), occupaient ou détruisaient leurs demeures (à Qibya, en Cisjordanie, en octobre 1953, ils explosèrent en un rien de temps quarante-cinq maisons avec leurs habitants)… Ça se poursuit toujours. Quand l'actualité est faite de macchabées, les sionistes entrent en transe pour marquer le coup. Voilà certainement pourquoi l'embrasement du Moyen-Orient est projeté. Dans les moments de tension, de pression, d'émotion collective, les tueries et les colonisations sont perpétrées comme si les assassins s'installaient dans l'écho lugubre pour couvrir leurs basses besognes… 

 Le «repaire» sioniste a tiré profit de la guerre froide. Il fit des États-Unis son côté cour, de l'ex-URSS son côté jardin. Durant la guerre d'Algérie, les sionistes en apportant leur contribution empoisonnée à la révolution algérienne exhortaient la France à réagir dans leur intérêt. Au prétexte de châtier l'Egypte accusée de soutenir le peuple algérien qui s'est soulevé contre ce qui allait prendre le nom de «loi du 23 février 2005»(13), la France équipa Tsahal en Mystère IV et autres moyens létaux (la centrale nucléaire franco-britannique Dimona…), ce qui lui permit d'exercer pour de bon sa suprématie sur l'ensemble des peuples de la région. 

 Aujourd'hui Israël attribue sa puissance à ses exploits guerriers et minore le patronage franco-britannique; il occulte notamment l'ignominie du roi Farouk 1er d'Égypte qui a fait enrayer les armes de ses soldats engagés dans le conflit de 1948 à cause de l'intox qui lui susurrait que ses officiers allaient le destituer en cas de victoire (la défaite ne le sauva pas). 

 Le terreau sur lequel se développe le sionisme est toujours fangeux. Sa mainmise insidieuse suit comme son ombre qu'elle est la barbarie dans le monde. Pour assouvir une soif de vengeance ou, trivialement, son vampirisme !   

Aujourd'hui, parmi notre humanité, «l'espèce homo judaeus» (qui n'est pas juif est anti-juif, Ahmadinejad comme avant lui Hitler ont des origines juives… les taliban aussi…)- descendants d'Eve ou produits de la sélection naturelle, puisque évolutionnistes et créationnistes acceptent d'idée d'un ancêtre commun - seuls ceux qui sont en rupture de ban se radinent en Palestine pour piller, trucider et récrire l'histoire (du «Grand Israël»). Il ne fait aucun doute que l'État hébreu ne se satisfera pas de la seule domination des peuples arabes qu'il traîne au monde souterrain. L'Occident inconditionnel ne perd rien pour attendre. Le Dubaïgate renseigne sur la guerre à outrance qu'il mène pour parvenir à sa fin. Il ne s'est pas gêné de contrefaire des passeports de pays tiers pour lancer son escouade de criminels du Mossad contre Mahmoud Abdel Raouf al-Mabhouh. Il tue les Palestiniens et promet le même sort à ceux qui refoulent sa sublimation. Comme chaque Israélien, chaque sioniste quelque soit son pays d'adoption est mobilisable pour la «cause», nul n'est à l'abri de sa vindicte. Sa maîtrise du cycle de l'atome, lui permet de faire fabriquer n'importe où et utiliser contre n'importe qui des armes de destruction massive que ce soit dans les entrailles des États-Unis et contre eux, en Russie, en Grande Bretagne… à Dubaï, dans les pays du Sahel (où Israël enfouit-il donc ses déchets nucléaires ?). Pour financer ses «exploits» il a à sa disposition l'argent des pétro monarques - qu'ils soient émirs, présidents ou seigneurs de la guerre arabes. Le sioniste Israël est l'avatar de Goliath!   

Il détruit les centrales nucléaires et ambitionne d'interdire aux non-juifs la maitrise du cycle de l'atome (au cœur de toute technologie). Parmi les signaux d'alerte à l'appui, «l'immigration choisie» des politiques dans l'Hexagone constitue une bonne orientation. Les diplômés des universités africaines sont encouragés à occuper les places boudés de plus en plus par les «Métropolitains» dont le désintérêt pour les sciences dures devient avéré. Or la formation dans le continent noir est bien en deçà des normes occidentales de qualification. «L'hémorragie de la fuite des cerveaux profite aux contribuables Français» fait-on miroiter alors que la France est interdite de produire des disciples des Curie ! Israël s'attribue le monopole de la raison. Il étouffe les voix discordantes; scientifiques, universitaires, artistes, journalistes, historiens… qui dénoncent ses méfaits sont antisémites. Il argue que les juifs sont l'élite qui offre aux pays où elle évolue l'essentiel de leurs palmes. Il dénie le fait que le physicien Albert Einstein a édifié la Relativité en Allemagne, que le logicien Kurt Gödel a élaboré ses théorèmes en Autriche et que… en Algérie sous domination française, Crémieux a honteusement accouché de décrets d'apartheid. Il est à craindre (si ce n'est pas déjà en cours) de voir bientôt des découvertes majeures frappées d'ostracisme parce que faites par des antisionistes ou simplement des non sionistes. «Israël, le nouveau dragon» (www.Slate.fr) peut toujours vanter la réussite de la diaspora, ses ressortissants eux excellent dans les génocides, les exactions... L'Université norvégienne des sciences et de la technologie (NTNU) de Trondheim demande le boycottage académique parce que précisément «les universités et autres institutions israéliennes d'enseignement supérieur jouent un rôle-clé dans la politique d'oppression». Le milieu détermine l'homme ! 

 Fanatiques de jésuitisme les sionistes en usent sans craindre le ridicule. Pour retourner l'opinion écœurée par la scène de Tsahal faisant la peau au petit Mohamed Dora, l'état rogue n'hésita pas à commander la diffusion de l'image émouvante du pauvre chiot estropié, ou encore celle du film sur les horreurs du Gia (les bébés algériens égorgés) sur la chaîne de télévision France3. Cloué au pilori par le mandat d'arrêt émis contre la commanditaire des massacres de Gaza, Tzipi Livni, Tel-Aviv oblige Londres à n'en pas donner suite, menaçant de lui retirer le «rôle actif dans le processus de paix» au Proche-Orient (signifiant qu'il a la prérogative d'attaquer l'Iran où BP sirote son pétrole et contraindre les États-Unis à intervenir; en Irak les compagnies américaines ont chassé celles qui s'y trouvaient). L'État hors-la-loi (Gisèle Halimi, tribunal Russell) n'a jamais été inquiété par la centaine de résolutions de l'ONU votées contre lui puisque lui-même fut créé ex nihilo d'une résolution de cette ONU qui s'est ri du droit en avalisant la spoliation du peuple sémite (arabe et juif) de son entendement humain. 

 Le sionisme est sauvage, plus sauvage que le nazisme et le communisme réunis; c'est un projet alchimique pervers. Dans son article «Chemins de la Guerre», le rabbin Youssef Falay commande le massacre de tous les Palestiniens qui refusent de quitter leur pays : «Nous devons nous assurer qu'aucun individu palestinien ne reste sous notre occupation. S'ils s'échappent alors c'est bien; mais si n'importe lequel d'entre eux reste, alors il devra être exterminé». Rien que ça ! 

 Il est dans l'intérêt de tout un chacun de dire à Israël et aux suppôts du sionisme leur fait. Maintenant qu'elle s'est initiée à faire son mea culpa (la commission d'enquête John Chilcot sur son engagement controversé dans la guerre en Irak en 2003 le laisse supposer…), la perfide Albion se doit de revoir ses rapports au duo franco-sioniste. Le réexamen de l'octroi d'un des cinq fauteuils de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU que Churchill, soucieux de la latitude de l'américanisme et du communisme et de la fin de l'Empire de la Couronne britannique, préconisa au profit de l'État des connétables Napoléon, Pétain, de Gaulle… en dépit de la collaboration avec le régime nazi et la poursuite des méfaits envers les colonisés qui ont contribué à sa libération serait de bon aloi; il en serait de même concernant la décision de Lord Balfour à l'origine de la «catastrophe» palestinienne et ses corollaires, les turpitudes des pouvoirs arabes (états terroristes, voyous...). Réviser son système juridique pour éviter les poursuites judiciaires contre les responsables israéliens impliqués dans des crimes contre l'humanité (David Miliband, le chef de la diplomatie britannique) montre que l'État rogue a barre sur la couronne de Sa Gracieuse Majesté. 

 L'Allemagne n'est pas l'ardoise de la mystification. Elle n'a pas sa place dans la chausse-trappe, l'Union pour la Méditerranée au service exclusif du couple franco-sioniste, mais plutôt dans l'Union de la mer Baltique. Flanquée des capitales de cette dernière et ancrée dans l'axe Washington-Oslo-Tokyo, Berlin restera le pilote de la locomotive du monde (qui est qu'on l'admette ou non toujours germanisé comme il fut hellénisé, romanisé…) et pour longtemps. 

 Les USA qui ont condamné le crime de l'esclavage, qui ont reconnu leur culpabilité dans de nombreuses souffrances, qui ont soumis au bombardement atomique deux villes pour mettre fin à une hécatombe… n'ont pas à se laisser berner par les chevaux de Troie du sionisme qui cancérise le monde. 

 Washington, pour ses accointances avec ses obligés (du plan Marshall) de plus en plus distancés par les pays émergents, fait face au retour de manivelle : ne se sentant plus redevables de leur protecteur maintenant que ses contributions à leur bien-être ont cessé, les ex-Grands ne lui vouent plus le respect d'antan. Pis ils le considèrent comme potentiellement dangereux pour leur liberté : son GPS tisse leur assujettissement, son parapluie sécuritaire devient une source d'inquiétude…Israël ridiculise l'oncle Sam ! Qu'il soit le chef d'orchestre, ce n'est pas exclu. 

 Le refus de l'Etat sioniste n'est pas une lubie du clergé iranien ou de l'antisémitisme. Nombreux Juifs assument leur antisionisme. Des légions de mouvements et organisations orthodoxes juifs, des judaïques comme les grands rabbins Yaakon Kappel Rottblum ou Emmanuel Levyne, des universitaires, des écrivains, des historiens, des chercheurs, des penseurs, des lambda renient ouvertement Israël. Dans son livre Judaïsme contre sionisme (Édit. Cujas), le grand rabbin Emmanuel Levyne écrit : «Le sionisme politique nie la foi essentielle d'Israël. C'est la plus dangereuse hérésie de toute l'histoire juive. Elle menace l'existence du judaïsme. Il faut donc la combattre avec la plus grande énergie». L'historien Shlomo Sand demande de mettre fin à la dissimulation : «Il n'y a jamais eu de peuple juif, seulement une religion juive». 

 Si des Juifs sont honteux de l'Etat d'Israël, demandent à le combattre, en quoi le vœu de le voir disparaître serait-il attentatoire à la paix des ouailles des prophètes Moïse, David… voire à sa sérénité ? 

 Nombre de pays ont été rayés de la carte du monde sans que leurs populations aient eu à en pâtir ! Au contraire, ils en éprouvèrent une vive satisfaction pour la plupart !   

En 1949 l'État nazi, divisé en deux, la RFA et la RDA, fut gommé de la carte du monde; toutes les puissances s'étaient attelées à cette tâche ! Le peuple allemand était délivré des monstres qui le déshonoraient. Le 03 octobre 1990 la RDA communiste était à son tour rayée de la mappemonde. L'Allemagne (et dans son sillage l'Europe toute entière) était réunifiée au bonheur des Germains. Le monde entier avait applaudi l'année d'avant la démolition, sous les coups de pioche du syndicat Solidarité et des foules en liesse, du mur qui a coûté la vie à tant d'innocents. En 1991, le 26 décembre précisément, l'URSS - le plus vaste État du monde - était démembrée, dissoute, effacée du planisphère. L'humanité tout-entière s'en est trouvée soulagée, la victoire des libertés fut consacrée ! Terminée, la guerre froide et ses corollaires, le rideau de fer… Pourquoi faut-il accepter le sionisme comme une fatalité ? 

 La question sur l'existence d'Israël en terre de Palestine ne doit pas rester taboue. Rejeter le sionisme, renier Israël est dans l'ordre naturel des choses. Comme le fut le sentiment de rejet envers l'hitlérisme, l'apartheid ou le fascisme ! «Instaurer un Etat unique laïc et démocratique, de la Méditerranée au Jourdain» (charte de l'OLP, 1968) n'est pas une incitation à la haine anti-israélienne, mais un appel à l'entendement ! 

Pour ceux qui hésitent sur l'aire du terrorisme islamiste, le sionisme ou l'autocratie des Arabes (dont le modèle reste Hassan II le roi qui se disait disposé à exterminer les deux tiers de ses sujets pour permettre au tiers restant de jouir des bienfaits du trône alaouite), l'inférence bayésienne constitue un puissant outil de décision. Néanmoins il ne faut pas perdre de vue que la fin de la barbarie passe par l'élimination de l'une au moins des deux causes; pour sûr, la chute de l'un provoquera celle de l'autre. L'effondrement du mur de Berlin sur lequel était écrit «Qui nous attaque sera anéanti» a entraîné le démantèlement du bloc communiste qui l'a érigé. Aider les élites arabes, manipulables et serves, celles des bombances, dans leur passage de la barbarie à la civilisation, c'est utiliser les pétrodollars dans la recherche, pas le financement des orgies et des formations bidon. Les Arabes ne sont pas aussi piètres qu'on le pense, pourvu que leurs cousins germains les Juifs sionistes ne continuent pas de les offrir en martyrs pour arriver à leur sordide fin. 

 Les valeurs que les États-Unis ont inculquées au monde libre demeurent universelles et doivent être défendues par l'ensemble. Le crédo de toute civilisation est de pousser au savoir, le sionisme cherche à l'entraver ! Il dévoie l'empreinte de l'Ange pour façonner le veau d'or à allouer à la déification du temporel ! Barack Obama est le descendant de ces yankees à la pureté des enfants qui ont appris à lire, écrire, compter aux petits nègres et aux esclaves. La famille humaine est multiethnique pour sa gloire. Internet fait du monde une gerbe de cases; le GPS c'est pour nous aider à nous rendre visite. Imaginer l'Amérique et le monde avec des oubliettes pour l'auteure de «la case de l'oncle Tom» ! Abraham Lincoln a mené sa guerre juste, il ne s'est pas trompé sur l'ennemi ! 

 Voilà pourquoi les États-Unis rayeront Israël de la carte du monde. C'est le remède. Sans, ou de mauvais- goût, il ne soigne pas moins la planète, il la guérira probablement et pour longtemps elle se portera certainement mieux. 

Notes 

(1) après la lecture de l'article : «Pourquoi Israël Attaquera I'Iran», www.Slate.fr 

(2) Rapport publié par le New York Times le 03/10/2009. 

(3) Au lendemain du 11 septembre, les États-Unis l'ont sommé de rejoindre leur camp ou d'être bombardé et renvoyé «à l'âge de pierre». Le président Pervez Musharraf a fait le gros dos. 

(4) En réaction à la nationalisation du canal de Suez, les Protocoles de Sèvres stipulaient : «L'État hébreu attaquera l'Égypte le 29 octobre 1956 dans la soirée et foncera vers le canal de Suez. Profitant de cette agression «surprise», Londres et Paris lanceront le lendemain un ultimatum aux deux belligérants pour qu'ils se retirent de la zone du canal. Si l'Égypte ne se plie pas aux injonctions, les troupes franco-britanniques entreront en action le 31 octobre.» (Wikipedia) 

(5) «Rémunérés pour livrer du combustible nucléaire à l'Iran en accord avec un contrat signé avant la révolution islamique, les USA n'ont livré ni le combustible, ni rendu les milliards de dollars de paiement qu'ils avaient déjà reçus. L'Allemagne, qui fut aussi rétribuée par des milliards de dollars pour les deux installations nucléaires de Bushehr, après trois décennies, a refusé à la fois d'exporter les équipements nécessaires et de rendre l'argent; la Russie n'est pas pressée de terminer le travail. En 1982, le président François Mitterrand refusa de donner de l'uranium enrichi à l'Iran, qui réclamait aussi la dette d'un milliard de dollars…» (Wikipedia) 

(6) «La Machine à explorer le temps», H.G. Wells 

(7) Dans l'émission d'Yves Calvi Mots croisés «violences : face aux bandes» du lundi 30 mars 2009, Alain Bauer le franc-maçon et occasionnellement gourou de l'actuel président français rapportait malicieusement que son pays se targuait de sa maestria dans les techniques d'infiltration des Arabes, en particulier les Maghrébins. N'est pas moins intéressant l'article de Farid Belgacem, paru dans Liberté du 8 septembre 2009 sous le titre : «Ils activent depuis 2003 dans une organisation basée à Paris. Des Algériens dans une énigmatique association française». 

 (8) Du fait de la fouille des ressortissants de la liste noire d'états voyous – terroristes, il faut inférer que l'antiaméricanisme quoique d'inspiration étrangère, son prosélytisme relève indubitablement de l'incidence des dictatures autochtones. Cela ne dérange pas les commis du système rentier dont les voyages sont vécus comme une réelle évasion – dans le cas algérien une harga sécurisée. 

 (9) «Obama et le retour de Brzezinski», Bonal Nicolas, www.les 4verites.com 

 (10) L'histoire retient qu'ils menaient une conspiration contre les musulmans andalous. 

(11) Massacres de masse (par asphyxie) respectant un protocole précis, selon Gilles Maçeron, l'historien français. 

(12) Le négationnisme c'est la proclamation de la shoah génocide à part entière, à l'exclusion de tous les autres crimes contre l'humanité. Ainsi le confiait au nom de cette position de principe le vichyste Mitterrand, dont le cabinet se composait du duo Jacques Attali et Robert Badinter, à propos du massacre des Tutsis en accréditant : «dans ces pays là – le Rwanda - un génocide ça n'est rien» ! 

(13) Comme les trajectoires de la mère Klarsfeld et de son fils Arno divergent ! 

L'autre titre de l'article : «Oncle Sam, pour qui sonne le glas ?! La carte géopolitique franco-sioniste : une cuisine Éloïs».


Présentation d'un texte de Houria Tahrir fort instructif sur l'islamophobie

L’islamophobie comme fondement de légitimité à l’impérialisme et au colonialisme de l’Occident
de Houria Tahrir


Même si le terme d’islamophobie n’existe que depuis quelques dizaines d’années, le rejet et la méfiance de l’Occident à l’égard de l’islam en tant que religion et système de valeurs sont très anciens. Depuis les croisades en passant par le début du colonialisme européen, la caricature des sociétés de civilisation musulmane a toujours été une pièce centrale de l’idéologie des conquérants. Les stéréotypes sur l’islam et les musulmans ont une longue histoire. Ils ont structuré les relations de l’Occident au monde musulman particulièrement dans ses rapports dominants avec lui.

L’Occident a eu recours à des moyens « déloyaux » pour affirmer des choses qui le satisfont intellectuellement sur l’Islam, car il a toujours eu du mal à contenir politiquement cet Islam. Il était perçu dès son avènement, et à juste titre, comme un défi culturel et militaire important pour l’Occident. D'ailleurs, ce sont à la fois les moyens que l’Occident a mis en œuvre pour faire face à ces défis et sa rencontre avec l’Autre que soi qui l’ont poussé à se définir par rapport à cet islam, à développer un sentiment de supériorité. En quelque sorte c’est l’Islam en tant que civilisation qui a forcé cette prise de conscience de « soi » de l’Occident.

Ce qui est donc intéressant de remarquer c’est comment ce rejet de l’islam a parcouru l’histoire de l’Europe et comment cette islamophobie et cette représentation péjorative de l’islam servent encore aujourd’hui, sous d’autres formes, l’impérialisme en Irak en Afghanistan ou encore en Palestine. Sans oublier comment en France on se sert de l’islamophobie pour criminaliser tout soutien aux résistances populaires de ces pays et pour légitimer les guerres dites « antiterroristes » et « anti-islamistes », et ce, au nom du fameux « choc des civilisations ».

Les racines profondes de l’islamophobie en occident

On peut remonter à ce niveau jusqu’aux Croisades. Urbain II lors du Concile de Clermont en 1095 promet l’indulgence plénière, pour ceux qui partiront "délivrer les frères d’Orient" et Jérusalem alors entre les mains des musulmans . Il évoque les "malheurs de chrétiens d’Orient" et appelle ceux-ci à cesser de se faire la guerre et à s’unir pour combattre les "païens". On peut remarquer à ce propos cette constante dans les discours dominants d’aujourd’hui ; les élites politiques et les médias n’ont de cesse de déplorer le sort des chrétiens d’Irak ou de Palestine qui seraient « opprimés » dans les pays arabes dominés par l’islam. Au delà du problème de fond qui peut se poser, cette identité de discours à travers les siècles pour justifier l’expansionnisme occidental est frappante.

La propagande des croisades affublait les musulmans d’idolâtrie, d’immoralité et même de louer et justifier la violence, alors que les chrétiens eux-mêmes faisaient l’apologie de la guerre pour rassembler et recruter des chevaliers sous la bannière du Christ. Le Prophète Mohammed (pbsl) était décrit dans les légendes médiévales par les auteurs médiévaux comme un guerrier assoiffé de sang tenant une épée dans une main et le Coran dans l’autre. Là encore, on peut constater cette similitude du discours avec l’attitude contemporaine envers le Prophète (pbsl). De sa description avec une épée ensanglantée aux caricatures danoises où il est représenté avec une bombe en guise de turban, peu de choses ont changé dans la conscience occidentale.

A partir du milieu du XVIIIe siècle l’intérêt croissant de l’Occident pour l’Orient donne naissance au un courant culturel, littéraire que l’on nomme « orientalisme » et qui a pour objectif de connaitre et de développer un savoir sur ce que l’on désigne comme « les orientaux » c’est-à-dire les peuple arabes et musulmans. Ces orientalistes vont construire tout un imaginaire et tout un système de pensée sur l’islam et le monde arabe qui fera autorité et qui va se nourrir toujours plus de préjugés et de représentation sur les musulmans.

On peut citer comme exemple Voltaire qui, en ayant lu sur l’islam et ce qu’on en rapportait dans les bibliothèques orientalistes, écrit une pièce le « Fanatisme ou Mahomet » où il considère le prophète ’pbsl) comme un imposteur, un fanatique, un hypocrite. Ou encore un grand écrivain orientaliste nommé Ernest Renan qui dans l’essentialisation et la caricature incessante des musulmans et des arabes va décréter que l’islam et les musulmans sont « par nature » incapables de « progrès ».

L’orientalisme va préparer le terrain à la conquête politique coloniale de ces peuples musulmans ou "orientaux" qu’on a réussi à désincarner et déshumaniser durant des dizaines d’années à coup de littérature, de peinture et d’érudition. Là encore, la colonisation va être un vecteur puissant d’islamophobie, elle se légitime même dans le constat du statut inférieur des musulmans et de l’Islam par rapport à la vertu civilisatrice de l’action française et de la religion catholique. L’Église a joué dans ce sens un rôle de premier ordre à travers son action d’évangélisation des « indigènes » et le rôle de ses missionnaires plus particulièrement en Algérie, et au Maghreb. Particulièrement visée, la femme musulmane a fait l’objet de violents stéréotypes coloniaux et islamophobes. Ainsi la femme musulmane colonisée était victime d’un « oubli » dans lequel la plongeait l’islam, le voile, l’homme musulman et les traditions et la France dans son extrême générosité allait « l’émanciper ». Sur le voile, rien de nouveau, on voit donc une pérennisation du discours encore aujourd’hui avec le débat qui a précédé la loi du 15 mars contre le voile.



Par la suite et dans le contexte de décolonisation, le renouveau de la pensée religieuse impulsé dès la fin du XVIIIe siècle par la Nahda de Jamal Al Dîn Al Afghani et Mohamed Abdou en Egypte va avoir des effets politiques importants. Il va influencer les mouvements nationalistes comme le Néo-destour tunisien et plus encore l’Istiqlal marocain d’Allal El Fassi. Ainsi les mouvements de Libération Nationale dans les pays musulmans colonisés étaient très imprégnés idéologiquement de l’Islam. Or, beaucoup d’européens alors même qu’ils se définissaient comme anti colonialistes ont presque systématiquement eu du mépris à reconnaître ce rôle de l’islam dans le processus de libération. Par rejet du religieux en général mais qui cachait une sensibilité particulièrement pour l’islam, ils ont nié cette dimension alors qu’il est évident que beaucoup de résistants se battaient au nom de leur islamité. On le voit pour la Révolution Algérienne où ils se désignaient comme « moudjjahidine ».

L’islamophobie et l’impérialisme occidental contemporain

Cette trame de fond historique est très importante pour comprendre la période contemporaine et comment l’Occident utilise toujours les mêmes mécanismes pour déployer son impérialisme et mettre certains pays sous tutelle.Les stéréotypes islamophobes justifiant l’ingérence et l’expansionnisme occidental prennent aujourd’hui d’autres formes. Ils sont plus subtils, moins directs.

Ainsi, la théorie du « choc des civilisations » a t-elle nourri ce racisme envers les peuples musulmans et donné une légitimité politique aux guerres impérialistes de l’Occident. En 1996, Samuel Huntington écrit un ouvrage qui se propose de décrypter le fondement des nouvelles relations internationales après l’effondrement de l’Empire Soviétique. Selon lui, le clivage à l’avenir n’est désormais plus strictement politique ou idéologique, comme il l’était avant entre le bloc soviétique et le bloc de l’Ouest, mais aussi culturel et civilisationnel. Il existe notamment, selon lui, un conflit majeur entre la civilisation occidentale et l’Islam provoqué par ce dernier qui chercherait à dominer, à s’imposer, à se « totalitariser ».

Ces travaux peuvent être considérés comme une déclaration de guerre « idéologique » à l’islam qui se trouvait d’autant plus justifiée que, le 11 septembre, surviennent les attentats à New York. Une grosse propagande idéologique et politique s’est alors mis en marche. L’islam était le problème et il fallait s’en occuper car il en allait de la « survie » des valeurs démocratiques occidentales.

Cette propagande a redéployé tous les clichés islamophobes et racistes pour conquérir l’Afghanistan et l’Irak et introduire les concepts nouveaux de « « guerre préventive » ou de « guerre contre le terrorisme ». 
Cet impérialisme, qui s’inscrit dans la tradition coloniale européenne, ne fait que se draper d’un discours moins direct qui vise soi-disant une minorité, « les fous de Dieu », car on prend bien soin de ne pas généraliser. Il y a les « obscurantistes musulmans » d’un coté et les « modérés » de l’autre, les « fanatiques religieux » et les « progressistes ». Mais si on utilise tout ce vocable, c’est simplement pour adopter un racisme acceptable, légitimer un colonialisme et des invasions illégales pour assujettir des peuples et imposer une hégémonie occidentale (politique, économique, culturelle, militaire) aux derniers « indigènes ».

Cette criminalisation de l’islam pour justifier l’occupation trouve une illustration importante dans la question palestinienne. Ainsi pour masquer le problème de fond qui est, dès l’origine, une colonisation d’une Terre et d’un Peuple, on opère un glissement dans la contradiction fondamentale entre une colonisation illégitime et une résistance légitime à cette colonisation, et on crée de toute pièce une nouvelle opposition qui serait celle du combat de la démocratie (représentée évidemment par l’entité sioniste) contre les islamistes « intégristes » du hamas...

Ce qui est intéressant de constater, c’est comment on inscrit un conflit qui est politique dans cette théorie du choc des civilisation, ou on présente ce qu’on nomme « Israël » comme une sorte de « rempart civilisationnel » à l’Islam et à la culture arabe. D’ailleurs si l’occident soutient « Israël » d’une manière aussi indéfectible, c’est dans cette optique de soutenir une base avancée au Machrek pour mettre en pratique une politique hégémonique dans le monde arabe et musulman, et ce, dans la plus parfaite tradition coloniale.

Une autre dimension importante, c’est cette tendance en France à se servir de l’islamophobie pour criminaliser le soutien aux résistances populaires dans les pays soumis à l’impérialisme et au colonialisme. Par exemple, le refus de soutien à la résistance palestinienne se donne comme vitrine le refus de l’islamisme. Les Palestiniens qui résistent contre l’occupation sioniste sont dénoncés dans les médias occidentaux pour leur « fanatisme » religieux. En s’appuyant sur l’islamophobie, on absout le terrorisme véritable qui est celui de l’entité sioniste.

Surtout on ethnicise et on islamise le soutien à la résistance palestinienne, dans le but de se servir des clichés islamophobes. Le soutien à la Palestine et à la lutte du peuple palestinien est infantilisé et amputé de sa dimension politique. Il ne s’expliquerait plus que par des causes « religieuses ». Ce discours s’est notamment développé lors de la forte mobilisation en France pendant la guerre de Gaza ou on qualifiait les jeunes de banlieues, très impliqués, de « communautarisme », ou encore de « jeunes instrumentalisés », « d’intégristes ». On occulte sciemment que c’est parce que la colonisation est un vécu familial dans les familles maghrébines de l’immigration et parce que ces enfants d’immigrés subissent quotidiennement les discriminations racistes en France qu’ils développent une sensibilité particulière à la Palestine. En comparant les deux situations, ils constatent que la même idéologie coloniale est oeuvre. Le facteur culturel ou religieux expliquant le soutien massif des habitants de banlieue est également présent, mais pas du tout dans le sens où la propagande islamophobe souhaite le montrer, et il n’est surtout pas le seul.

En conclusion, il important de souligner qu’on ne peut pas lutter contre l’islamophobie en France si on ne donne pas de perspectives internationales à cette lutte, si on on ne lutte pas contre la fonction politique impérialiste de l’islamophobie pour l’Occident et la France. Si on ne fait pas ce lien, on ne luttera pas efficacement contre cette islamophobie et surtout on crée un problème théorique de taille dans l’analyse que l’on fait de ce racisme particulier. Les classes dominantes en France se servent de l’islamophobie par nécessité sociale, car on légitime moralement la relégation sociale et l’exploitation économique des musulmans en France. En même temps on criminalise le soutien que ces musulmans portent à la résistance des pays colonisés. Donc la question de la lutte contre l’islamophobie en France et de la cause anticolonialiste et anti-impérialiste sont intrinsèquement liées.

Lutter contre l’islamophobie, c’est aussi lutter pour la Palestine, contre l’occupation en Irak et en Afghanistan. C’est refuser tout impérialisme, tout colonialisme de l’Occident et de la France dans le monde arabe et musulman en particulier. C’est se donner une globalité nécessaire aux perspectives de lutte. Car il n’est certainement pas dans l’intérêt des dominants de nous voir faire des liens entre les luttes et de comprendre cette logique articulée dans les comportements de domination.


http://sergeadam.blogspot.com/2010/04/islamophobie-et-imperialisme.html

Une rare voix de courage : le journaliste Gideon Levy interviewé


Ecrit par Electroniq Intifada / traduction : Monique Poupon
publié le mercredi 7 avril 2010.

06/04/2010

Gideon Levy est une rare voix de courage dans un média israélien généralement couchée sur le dos face à l’établissement politique. Depuis 1988, il a écrit la "Zone de Crépuscule", une colonne pour le quotidien israélien Haaretz, documentant sans broncher la myriade de cruautés infligées au peuple palestinien sous l’occupation. Dans son nouveau livre Gaza, une collection d’articles qui viennent juste d’être publiés en français, Levy prononce des phrases qui, il l’admet lui-même, sont considérées comme "folles" par la plupart de ses compatriotes. Le contributeur de The Electronic Intifada David Cronin a parlé avec Gideon Levy à propos de son milieu et du journalisme.

David Cronin : Vous êtes né à Tel Aviv dans les années 50. Vos parents étaient-ils des survivants de l’Holocauste ?

Gideon Levy : Ils n’étaient pas des survivants de l’Holocauste, ils ont juste quitté l’Europe en 1939. Mon père est d’Allemagne, ma mère Tchèque. Tous les deux étaient des réfugiés vraiment typiques car mon père est venu sur un bateau illégal, qui a été arrêté pendant un an et demi à Beyrouth par les Britanniques et seulement après une demi-année sur l’océan il a pu arriver en Palestine. Ma mère est venue pour un projet avec "Sauvez les enfants". Elle est venue sans ses parents directement dans un kibboutz.

Mon père a toujours dit qu’il n’a jamais trouvé sa place en Israël. Il vécu ici pendant 60 ans mais sa vie a été ruinée. Il a eu un doctorat en droit mais ne l’a jamais pratiqué en Israël. Il n’a jamais parlé un hébreu correct. Je pense qu’il a été vraiment traumatisé toute sa vie.

En même temps, il n’a jamais voulu rentrer, même pour une visite. Il est venu des Sudètes, qui sont devenues Cracovie. Tous les Allemands avaient été exclus.

DC : Dans quelle mesure l’histoire de vos parents vous a affecté quand vous avez grandi ?

GL : J’étais un immigrant typique de la première génération. Quand ma mère avait l’habitude de me parler en allemand, j’étais tellement honteux qu’elle me parle dans une langue étrangère. Son nom était Théa ; j’ai toujours dit que c’était Léa. Théa est un nom grec de la mythologie. C’est un beau nom mais en tant qu’enfant j’ai toujours dit Léa juste pour couvrir le fait que nous étions des immigrants.

Le nom de ma famille était Loewy et pendant de nombreuses années j’ai été appelé Leowy. Mais ensuite je l’ai changé pour Levy et maintenant je le regrette tellement.

DC : Parlez-moi de votre service militaire dans l’armée Israélienne.

GL : J’ai fait mon service militaire dans la station radio. J’étais toujours un bon garçon de Tel Aviv ; j’avais des vues générales ; je n’ai pas été élevé dans un foyer politique.

J’étais à la station radio pendant 4 ans au lieu de 3 mais pour la quatrième année comme civil. C’est une station radio très populaire ; l’armée la finance mais elle est totalement civile.

J’étais totalement aveugle à l’occupation. C’était un mot que je n’osais pas prononcer. J’étais un produit typique du système de lavage de cerveau israélien, sans aucun doutes ni questions. J’avais beaucoup de fierté nationale ; nous sommes les meilleurs.

Je me souviens de mon premier voyage dans les territoires occupés. Il y avait beaucoup d’émotions nationales à visiter la Tombe de Rachel et la Mosquée d’Hebron. Je n’ai vu aucun Palestinien ensuite ; je me souviens juste des draps blancs sur les terrasses. J’étais ensuite convaincu qu’ils étaient heureux qu’on les ait conquis, qu’ils étaient tellement reconnaissants que nous ayons libéré les Palestiniens du régime jordanien.

DC : Quel a été le point tournant qui vous a poussé à critiquer l’occupation ?

GL : Il n’y a pas eu de point tournant. C’était un processus graduel. Ca a commencé quand j’ai comencé à voyager dans les territoires occupés comme journaliste pour Haaretz. Ce n’est pas comme si j’avais décidé un jour, "Je dois couvrir cette occupation." Pas du tout. J’ai été attiré graduellement comme un papillon jusqu’à un feu ou une lumière.

Mes vues politiques se sont façonnées au cours des années ; je n’ai pas changé en un jour. C’était réellement un processus graduel dans lequel j’ai réalisé que c’est le plus grand drame : le sionisme, l’occupation. Et en même temps j’ai réalisé qu’il n’y avait personne pour le dire aux Israéliens. J’ai toujours apporté des histoires exclusives parce que presque personne n’était là. Dans la première Intifada, il y a plus d’intérêt dans les médias israéliens. Mais entre la première Intifada et la seconde Intifada, je me suis vraiment trouvé presque seul pour couvrir le camp Palestinien.

DC : Avez-vous complètement rejeté le sionisme ?

GL : Le sionisme a de nombreuses significations. Sûrement, le concept commun de sionisme inclue l’occupation, inclue la perception que les juifs ont plus de droits en Palestine que n’importe qui d’autre, que le peuple juif est le peuple choisi, qu’il ne peut y avoir d’égalité entre juifs et Arabes, juifs et Palestiniens. Toutes ces croyances qui sont très basiques dans le sionisme actuel, je ne peux pas les partager. En ce sens, je peux me définir comme un anti-sioniste.

D’un autre côté, la croyance à propos du peuple juif ayant le droit de vivre en Palestine côte à côte avec les Palestiniens, ne faisant rien de possible pour compenser les Palestiniens de la terrible tragédie au travers de laquelle ils ont été en 1948, cela peut aussi être appelé la croyance sioniste. Dans ce cas, je partage ces vues.

DC : Si quelqu’un vous appelait un sioniste modéré auriez-vous une quelconque objection ?

GL : Les sionistes modérés sont comme les sionistes de gauche en Israël, ce que je ne peux pas supporter. Meretz et Peace Now, qui ne sont pas prêts, par exemple, à ouvrir les "dossiers de 1948" et à les comprendre jusqu’à ce que nous les résolvions, rien ne sera résolu. Ceux-ci sont des sionistes modérés. Dans ce cas, je préfère ceux de droite.

DC : Ceux de droite sont plus honnêtes ?

GL : Exactement.

DC : En tant que juif israélien, avez-vous rencontré de l’hostilité de la part de Palestiniens durant votre travail dans les Territoires palestiniens occupés ?

GL : Jamais. Et c’est incroyable. Je voyage là-bas depuis 25 ans maintenant. J’ai été à la plupart des plus grosses stratégies un jour après qu’elles soient arrivées. Il y avait des gens qui avaient perdu 5 enfants, 7 enfants une fois.

J’étais toujours là le matin d’après et j’aurais apprécié s’ils m’avaient dit : "Ecoutez, nous ne voulons pas parler à un Israélien, allez-vous-en." Ou s’ils m’avaient dit : "Vous êtes aussi coupable que n’importe quel autre Israélien." Non, il y avait toujours une ouverture pour raconter l’histoire. Il y avait cette croyance ou cet espoir naïfs que s’ils le racontent aux Israéliens à travers moi, les Israéliens changeront, qu’une histoire dans les médias israéliens pourraient aussi les aider.

Ils ne savent pas qui je suis. Les natifs n’ont jamais entendu parler de moi ; ce n’est pas comme si j’avais un nom là-bas. La seule fois que nous avons été touchés dans notre voiture c’était par des soldats israéliens. C’était en été 2003. Nous voyagions avec un taxi à plaque jaune, un taxi israélien : balles en caoutchouc, autrement je ne serais pas là maintenant. C’était très clair que c’était un taxi israélien. Nous suivions une instruction de couvre-feu. Un officier nous a dit : "Vous ne pouvez pas aller au travers de cette route". Et quand nous sommes allés sur cette route, ils nous ont tiré dessus. Je ne pense pas qu’ils savaient qui nous étions. Ils nous tiraient dessus comme ils auraient tiré sur n’importe qui. Ils étaient prêts à appuyer sur la gâchette pour un rien, c’est tout. C’était comme avoir une cigarette. Ils n’ont pas tiré juste une balle. La voiture entière était criblée de balles.

DC : Avez-vous été à Gaza récemment ?

GL : On m’a empêché d’y aller. La dernière fois que j’y étais c’était en novembre 2006. Comme je le mentionne dans le prélude de mon livre, je visitais le jardin d’enfants Indira Gandhi à Gaza le jour d’après qu’une infirmière, la professeur du jardin d’enfants, ait été tuée en face de tous les enfants. Quand je suis entré, ils dessinaient des corps morts, avec des avions dans le ciel et un tank au sol. Je suis juste allé aux funérailles de l’infirmière. C’était appelé le jardin d’enfants Indira Gandhi non parce que Indira Gandhi était impliqué mais parce que le propriétaire de ce jardin d’enfants était appelé Gandhi comme une appréciation d’Indira Gandhi.

DC : Vous avez souvent parlé de combien vous appréciez la complète liberté d’écrire tout ce que vous souhaitez. Mais avez-vous l’impression que la vie devient plus difficile pour les gens ayant une voix critique en Israël et que le gouvernement essaye activement d’étouffer la dissidence ?

GL : Moi personnellement, écrivant pour Haaretz, apparaissant à la télé, de façon pratique je n’ai jamais gagné une telle liberté. J’apparais toutes les semaines sur la télé israélienne pour un programme de discussion. Cela faisait des années que je devais être plus prudent, cela faisait des années que les mots "crimes de guerre" étaient illégaux, même dans Haaretz. Aujourd’hui, ces mots sont terminés et je suis totalement, totalement libre. Pas de pression du gouvernement ou de l’armée, rien.

Mais ce qui est sûr, durant l’année dernière, il y a eu de réelles fissures dans le système démocratique d’Israël. Les autorités ont essayé d’arrêter les manifestants d’aller à Bil’in. Mais il y a aussi un processus de déligitimation de tous les genres de groupes et de réellement faire taire beaucoup de voix. C’est systématique - ce n’est pas ici et là-bas. Les choses deviennent plus difficiles. Ils l’ont fait à "Breaking the Silence" d’une façon très laide mais très efficace. "Breaking the silence" peut difficilement élever la voix désormais. Et ils l’ont fait aussi à beaucoup d’autres organisations, y compris le Mouvement de Solidarité International, qui sont décrits en Israël comme des ennemis.

DC : Avez-vous déjà rencontré Rachel Corrie, l’activiste de paix américaine tuée par un bulldozer Israélien il y a sept ans ?

GL : Je ne l’ai jamais rencontrée, malheureusement. J’ai juste vu le film à propos de ses dernières semaines. Rachel, James Miller et Tom Hurndall ont tous été tués dans les six ou sept semaines, l’un après l’autre, au même endroit que Gaza, plus ou moins. C’était très clair que c’était un message.

DC : Que pensez-vous de la décision de ses parents d’attaquer l’Etat d’Israël pour son assassinat ?

GL : Merveilleuse. Je les ai vus tous les deux quand ils étaient en Israël. Ils sont vraiment tellement nobles. Ils parlent de la tragédie du soldat qui a tué leur fille, qu’il est aussi une victime. Et ils sont tellement modérés. J’admire la façon dont ils mènent ça et j’espère qu’ils gagneront. Ils méritent une compensation, des excuses, n’importe quoi. Leur fille a été tuée.

J’ai participé à un film à propos de James Miller, un documentaire de la BBC. L’histoire de James Miller brise encore plus le coeur. Ils savaient que c’était un journaliste, que c’était un photographe, il avait sa veste disant "Presse". C’était clair qu’il était un journaliste. Et ils lui ont juste tiré dessus.

DC : Comment vous sentez-vous à propos de la soi-disant insulte d’Israël envers les E-U, quand il a annoncé la construction de nouvelles colonies à Jérusalem-Est durant une visite au Moyen-Orient du vice-président américain Joe Biden ?

GL : Je pense vraiment qu’il est trop tôt pour juger. Quelque chose se passe. Pour sûr, il y a un changement dans l’atmosphère. Pour sûr, Netanyahu transpire. Et la question est : les Américains ont-ils un programme clair ?

Une chose doit être claire : Israël n’a jamais autant dépendu des Etats-Unis comme maintenant. Jusqu’à maintenant, Obama a fait toutes les erreurs possibles. Sa première année a été gâchée. Mais encore nous devons leur donner une chance car pour sûr il y a un changement dans le ton. Mais je crains que leur but principal maintenant soit de se débarasser de Netanyahu. Et si c’est le cas, cela ne mènera nulle part. N’importe qui qui le remplacera sera plus que le même, juste plus gentil. Ce sera encore cette mascarade du processus de paix, des opportunités photos, des gentillesses qui ne mènenet nulle part. De ce point de vue, je préfère un gouvernement de droite. Au moins, ce que vous voyez est ce que vous avez.

DC : L’Espagne, le détenteur de la présidence rotative de l’Union européenne, apparaît enthousiaste pour renforcer la relation de l’UE avec Israël. Quel signal intégrerait plus profondément Israël dans les programmes économiques et politiques de l’UE ?

GL : Je pense que ce serait honteux de récompenser Israël maintenant. Le récompenser pour quoi ? Pour construire plus de colonies ? Mais je pense aussi que l’Europe suivra les changements à Washington comme elle suit presque aveuglément tout ce que les Américains font.

DC : Il y a eu une controverse mineure récemment à propos du fait que Ethan Bronner, le correspondant du New-York Times à Jérusalem, a un fils dans l’armée israélienne. Avez-vous des enfants dans l’armée et pensez-vous que Bronner a été compromis par ce sujet ?

GL : Mon fils sert dans l’armée. Mon fils ne sert pas dans les territoires mais je me suis toujours déconnecté de mes fils. Ils ont leurs propres vies et je n’ai pas essayé de les influencer.

A propos de Ehtan Bronner, c’est une question très délicate. Le fait qu’il y a tellemnt de journalistes juifs, de journalistes sionistes qui rendent compte pour leur propre média national du Moyen-Orient, pour sûr c’est un problème. De l’autre côté, je sais de mes propres expériences, vous pouvez avoir un fils servant dans l’armée et être très critique vous-même. Je ne ferai pas une raison de ne pas le laisser couvrir le Moyen Orient pour le New-York Times, même si je dois vous dire que je ne vois pas la possibilité où le correspondant du New-York Times à Jérusalem soit quelqu’un dont le fils serve dans les Brigades Al-Aqsa, par exemple.

DC : Quel rôle les journalistes peuvent jouer en essayant de trouver uen solution juste et durable au conflit israélo-palestinien ?

GL : Il y a un énorme rôle historique que les médias israéliens jouent. Les médias israéliens, qui sont des médias libres, libres de censure, libres de pression gouvernementale, ont déshumanisé les Palestiniens, les diabolisant. Sans la coopération des médias israéliens, l’occupation n’aurait pas duré si longtemps. Ils sont destructeurs d’une façon que je ne peux même pas décrire. Ce n’est pas la Roumanie, ce n’est pas l’Union soviétique. C’est une démocratie libre, les médias pourraient jouer n’importe quel rôle mais ils ont choisi de jouer ce rôle. La chose principale est à propos du flux des informations. C’est tellement d’un côté, tellement de propagande et de mensonges et d’ignorance.Source : David Cronin pour The Electronic Intifada, 31 mars 2010,

http://electronicintifada.net/v2/article11173.shtml

Traduction : Monique Poupon


Ecrit par Electroniq Intifada / traduction : Monique Poupon


« Les larves engendrent des insectes »
publié le mardi 30 mars 2010


Nurit Peled Elhanan (Nurit est une israélienne qui a fait un chemin de paix admirable après que sa fille ait été assassinée

 

En mémoire de quatre jeunes Palestiniens tués cette semaine : Muhamad Awarta, Salekh Kwrick, Muhamad et Usaid Kadus.

Ici, en Israël, la façon dont nous traitons les enfants palestiniens a longtemps été guidée par l’adage : « Les larves engendrent des insectes ». Certains le disent ouvertement, d’autres partagent ce point de vue en silence. Il n’y a pas de mois sans que plusieurs enfants palestiniens soient tués sous des prétextes douteux, que personne ne comprend, jusqu’à ce qu’un journaliste suédois essaie de deviner et que toute la grosse artillerie soit déployée pour le faire taire. La plupart du temps les Autorités d’Occupation s’arrangent pour falsifier l’âge des petites victimes et pour leur prêter des intentions criminelles ou subversives et quand rien de tout cela ne marche, ils s’excusent eux-mêmes comme des joueurs de ping-pong en disant « Oh, désolé ! ». Et cette fois encore, les experts en meurtres de l’Armée israélienne ont dit : « Peut-être que ça aurait pu être arrangé autrement ! »

Peut-être !! En Vérité ! Dans la presse israélienne les enfants palestiniens sont toujours décrits comme une terrifiante menace surgissant de toutes parts : d’en-haut, d’en bas, ou en face des soldats qui tirent , lesquels soldats, ne l’oublions pas sont armés des pieds à la tête comme des « robotcops », mais sont décrits dans les rapports de presse comme des jeunes perdus, frappés de terreur lorsqu’ils sont confrontés à des enfants en T-shirts en route pour le travail des champs avec leur binette, ou font face à des enfants qui les attaquent avec des frondes, Goliath hurlants confrontés à des David fluets , agiles et inébranlables qui obstinément insistent pour continuer à vivre en dépit de ce que nous leur avons déjà expliqué des milliers de fois.

La fumée flottant au-dessus de Gaza massacrée et ensanglantée n’est pas encore dispersée et les voilà de nouveau sortant pour le combat. De nouveau ils attaquent ou veulent attaquer ou rêvent d’attaquer ou semblent attaquer quand ils lèvent une fourche pour faire les foins ou simplement énervent nos soldats par leur présence même. Nos soldats, héroïques, adultes, responsables, qui déambulent avec des armes effrayantes dans les rues de la ville et tous les lieux publics sont décrits dans les communiqués de presse qui rapportent les meurtres comme manquant de jugement, glacés d’épouvante,ou comme des meurtriers sans cœur, sans conscience et sans intelligence qui ne savent pas comment expliquer et ne jugent pas que ce soit nécessaire, et qui ne savent pas quoi faire, en bref qui ne savent pas.

Comme dans le film « Valse avec Bachir » , comme dans le film « Juste pour voir si je souris » comme dans les innombrables témoignages de soldats traumatisés , ils se demandent juste ce qu’ils sont venus faire là. Ils m’ont posté là, alors j’ai tiré, alors j’ai bombardé, alors je les ai fouillés, alors j’ai cassé les manifestations, alors j’ai obéi, alors j’ai tué. Parce que j’avais peur, j’avais terriblement peur, de loin on avait l’impression qu’ils tenaient des pierres, des frondes, des fourches ou quelque chose comme ça comment pourriez-vous savoir, comment pourriez-vous voir avec ce casque qui vous tombe sur les yeux, avec la sueur qui vous coule dans les yeux, mais je ne suis pas coupable, parce que… pourquoi m’ont-ils posté là ? ??

Et les enfants morts dont le sang irrigue les champs ? Dont le sang crie depuis la profondeur de la glaise ? Dont les cris de mort ne seront pas étouffés par un millier de colonies, en l’honneur de qui on ne déplacera pas le moindre projet immobilier mais il est presque sûr que leurs corps seront recouverts de vastes immeubles destinés à des colons qui ne veulent rien connaître de leur histoire mais qui chanteront et danseront sur leur sang encore et encore pour tenter de le faire taire. Seuls ces enfants morts qui sont allés rejoindre ma propre petite fille dans ce Royaume souterrain des enfants morts sur lequel ce pays du béton se construit sans arrêt, eux seuls savent que Satan n’a pas encore créé la vengeance pour le sang d’un petit enfant *. Eux seuls savent que toutes les danses et les chants, que les marches et les drapeaux, les tanks et les bulldozers et les lois racistes et liberticides qui apparaissent chaque jour subrepticement , ne laveront pas le sang que nous avons sur les mains, le sang des enfants bruns en T-shirts, presque morts de faim qui se lèvent chaque matin en quête de travail, en quête de leur pain quotidien, en quête d’un peu de dignité sans jamais renoncer. C’est leur vengeance. Que leur mémoire soit bénie.

d'après : http://www.france-palestine.org/article14312.html


Provocation et répression israéliennes, Affrontements et manifestations à Gaza, 
à Jérusalem et en Cisjordanie : La CCIPPP soutient les actions de résistance

Al Manar, El Watan, Ha’aretz , Maan news + vidéo, et CCIPPP
publié le dimanche 14 mars 2010.

La pression monte dans tous les territoires, la répression israélienne s’amplifie et la résistance s’accentue, en Cisjordanie et à Gaza.

La CCIPPP soutient les actions de résistance qui se produisent en différents endroits de la Palestine : ces manifestations se font avec la participation ou le soutien actif de militants de la gauche anticolonialiste israélienne, et de citoyens « internationaux », venus du monde entier, que ce soit pour participer aux actes de résistance à Bil’in et participer avec le comité de coordination des lutte populaires des villages aux manifestations contre le mur et l’ apartheid ,dans les villages (Bilin, Nilin, Massarah,...), et à Jérusalem (Cheikh Jarrah, Silwan, Issawiya, Shufat, Mosquée Al Aqsa, etc...), sans oublier Gaza et les teritoires de 48.

Nous invitons tous ceux que l’injustice, l’apartheid israélien, la colonisation des terres palestiniennes, révoltent, à partir en mission civile dans le cadre de missions CCIPPP ! Plus de 160 missions sont déjà parties et ont pu , après avoir lutté aux côtés de la population palestinienne, témoigner à leur retour, et participer en France aux actions de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissements, Sanctions).

Rejoignez-les, partez en mission civile, inscrivez vous pour les prochaines missions. La société civile palestinienne vous le demande, qui manque cruellement d’aide dans sa lutte, comme elle vous demande ici de vous mobiliser dans les actions de BDS.

Des missions sont organisées régulièrement, renseignez vous en écrivant à contact@protection-palestine.org, et en indiquant la ou les dates où vous êtes disponible.

Prochaine mission : 161ème mission CCIPPP du 13 au 24 avril 2010

Nouvelle provocation israélienne : Inauguration d’une synagogue près d’Al Aqsa

15/03/2010

La politique de provocation des Palestiniens et de la judaïsation de la ville sainte d’AlQuds vont bon train. Après l’annonce de la construction de 1 600 logements pour des colons juifs, les autorités d’occupation s’apprêtent, ce lundi à inaugurer une synagogue à proximité de la Mosquée d’AlAqsa. Pis encore, ladite synagogue de "Hourva" a été couverte d’un dôme similaire aux dômes des Mosqueés de cette ville sainte.

Les forces d’occupation ont acheminé, pour cette raison, des renforts militaires à Al-Quds occupée, où quelques 2 500 militaires ont été déployés dont plusieurs centaines dans la Vieille ville. Les fideles palestiniens ont également été interdits, pour la quatrième journée consécutive, à avoir accès à l’esplanade des Mosquées. "Compte tenu du risque de troubles nous maintenons l’état d’alerte et les restrictions d’entrée à l’esplanade des Mosquées, a déclaré, le porte-parole de la police d’occupation, Micky Rosenfeld.

La situation n’est pas meilleure en Cisjordanie occupée, l’armée d’occupation a prorogé jusqu’à mardi minuit le bouclage total de cette régions imposé depuis jeudi minuit, interdisant aux Palestiniens tout accès aux territoires occupés.

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx ?id=129233&language=fr


Pour lire la suite : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article8491



Quarante ans d'assassinats ciblés

23/02/2010 16:57:53 | Jeune Afrique | Par : Constance Desloire

Par la tromperie, la guerre tu mèneras : telle est la devise du Mossad, qui assassine en catimini les élites palestiniennes, politiques ou militaires.
Dans les années 1970 et 1980, il élimine une ­vingtaine de responsables de l’Organisation de libération de la Palestine (l’OLP, alors en exil) dans les pays arabes, dont Ghassan Kanafani, un écrivain lié au Front populaire de libération de la Palestine (au Liban, en 1972), ou Abou Jihad, le numéro deux du Fatah (en Tunisie, en 1988). Ali Hassan Salameh, le chef du groupe Septembre noir impliqué dans la mort d’athlètes israéliens aux J.O. de Munich, est assassiné en 1979. De nombreux responsables politiques sont également tués en Europe : au moins cinq en France (dont Atef Bsisou, le chef de la sécurité de l’OLP) et trois en Grèce. Imad Moughnieh, le chef militaire du Hezbollah, est éliminé en février 2008.
Ces quinze dernières années, les assassinats se sont concentrés en Palestine, et c’est principalement le Hamas qui est visé. Il a perdu son « artificier » Yahya Ayache en 1996 dans l’explosion d’un ­téléphone piégé, et deux de ses membres dans un attentat à Damas, en décembre 2009. Les circonstances de la disparition de Yasser Arafat, en 2004, rappellent les techniques d’empoisonnement du Mossad.
Aucun des échecs de ses services secrets n’a entamé la détermination d’Israël. Ni les erreurs (en 1974, un serveur marocain est tué en Norvège), ni les ratés qui révèlent le visage des espions, ni même les opérations dont le fiasco se transforme en gain politique pour les Palestiniens (en 1997, la liquidation manquée de Khaled Mechaal, le chef politique du Hamas, ordonnée par Benyamin Netanyahou, a permis la libération de Cheikh Yassine).
En 1973, Golda Meir, la Première ministre israélienne, avait qualifié l’assassinat de trois dirigeants de l’OLP à Beyrouth d’« opération magnifique ». Le 17 février dernier, Avigdor Lieberman, le ministre des Affaires étrangères, moins triomphateur, a reconnu que son pays pratiquait une « politique d’ambiguïté ».


Israël-Palestine : deux peuples, un Etat

19/02/2010 09:33:45 | Jeune Afrique | Par : Robert Assaraf

Historien, fondateur du Centre international de recherche sur les Juifs du Maroc

En dépit des efforts déployés par le président Barack Obama, Israéliens et Palestiniens ne sont pas revenus à la table des négociations. Devant le blocage de la situation, Américains et Égyptiens semblent s’être mis d’accord pour servir de médiateurs en proposant aux deux parties un calendrier précis de discussions sur une période de deux ans.

Envoyé spécial d’Obama pour le Proche-Orient, l’ancien sénateur démocrate George Mitchell veut inciter Benyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas à faire taire leurs griefs et leurs récriminations. En usant, au besoin, de la menace. Déjà, dans une interview accordée à une chaîne de télévision américaine, Mitchell a menacé de supprimer à Israël les garanties bancaires américaines dont il dispose si son gouvernement ne fait pas preuve de bonne volonté. L’avertissement ainsi lancé est à double sens. Il mentionne Israël, en réponse à la question précise d’un journaliste, mais laisse entendre que la même mesure pourrait aussi s’appliquer à l’aide financière versée par l’administration américaine à l’Autorité palestinienne, menacée par ailleurs d’une réduction de la contribution de l’Union européenne à son budget.

Nul ne sait si Mitchell parviendra à convaincre ses interlocuteurs de dépasser leurs antagonismes et de faire taire leurs susceptibilités et leurs préventions. Même s’il y parvenait, il n’est pas assuré que la reprise des discussions permettrait de déboucher sur un accord définitif dans le délai imparti : vingt-quatre mois. Pour une raison simple : tout est réglé. À tout le moins, les grandes lignes d’un accord, qui sont connues et acceptées de part et d’autre. Mieux : en ce qui concerne les modalités pratiques (gestion des ressources aquifères, démilitarisation de l’État palestinien, relations économiques entre celui-ci et Israël, institutions politiques…), les sous-commissions créées après Annapolis (2007) ont pratiquement achevé leurs travaux. Elles ont trouvé un terrain d’entente, remis à nouveau en question par Netanyahou.

 

Il n’y avait plus rien à discuter, sauf un seul sujet, qui constitue une véritable quadrature du cercle : le statut de Jérusalem. Pour les Palestiniens, il est vital que Jérusalem-Est soit la capitale de leur futur État sous le nom d’Al-Qods. Pour les Israéliens, il n’est pas question de revenir sur la réunification de la ville opérée en 1967, ni d’accepter un partage de la souveraineté politique sur son territoire municipal. Netanyahou envisage même le maintien d’une présence israélienne le long de la vallée du Jourdain.

Il faut bien le constater. Ce ne sont pas, ce ne sont plus la création d’un État palestinien et la reconnaissance de l’existence d’Israël, y compris comme État juif, qui posent problème. Le seul problème, apparemment insoluble, reste toujours Jérusalem, dont l’internationalisation, jadis recommandée par l’ONU, est rejetée à la fois par les Israéliens et par l’Autorité palestinienne.

Paradoxalement, c’est parce que Jérusalem pose problème que la solution consensuelle de deux États pour deux peuples, à laquelle les intéressés, au prix de concessions douloureuses, ont fini par se résoudre, est devenue obsolète. C’est un leurre. Pis : un but qui pourrait bien ne jamais être atteint, même s’il s’agit de la seule solution juste et raisonnable, tout comme le respect des droits de chacun s’agissant de Jérusalem. C’est ce qui a poussé certains Israéliens et Palestiniens obstinément attachés à la recherche de la paix à songer à une solution qui satisfasse les aspirations patriotiques des deux peuples tout en contournant la question de l’État et celle de la souveraineté sur ce que les uns appellent le mont du Temple et les autres l’esplanade des Mosquées.

Président de l’université Al-Qods et militant pacifiste de longue date, le professeur Sari Nusseibeh affirme ainsi : « Un État palestinien est devenu impossible. » Il ne voit plus comme solution que de « demander à Israël de nous annexer, en nous acceptant comme des citoyens de troisième catégorie. Les Palestiniens bénéficieraient des droits élémentaires, le mouvement, le travail, la santé, l’éducation, mais n’auraient aucuns droits politiques ». La prise de position est provocatrice, mais cette thèse compte de nombreux adeptes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, sauf en ce qui concerne l’absence de droits politiques.

Du côté israélien, certains milieux pacifistes estiment que la notion d’État juif n’a plus réellement de sens, d’autant que de larges secteurs de la population juive israélienne (les ultraorthodoxes par exemple) n’y souscrivent pas. Ces milieux appellent au dépassement du concept d’État-nation moderne, né du « printemps des peuples » dans l’Europe du XIXe siècle, et constatent que la mondialisation des économies, des sociétés et des cultures doit déboucher sur de nouvelles formes d’organisations politiques transcendant les barrières ethniques, nationales, linguistiques et religieuses. D’où leur attachement soudain à la thèse d’un « État de tous ses citoyens », regroupant Juifs et Arabes sur la base d’un pacte politico-social fondé sur l’égalité stricte des droits et devoirs et le refus de tout autre système politique que celui de la démocratie parlementaire formelle. Avec, bien sûr, l’assurance d’une majorité électorale pour les Juifs israéliens.

 

Si la quasi-totalité des partisans de cette thèse l’applique au seul Israël dans les frontières d’avant 1967, avec ses populations juives et arabes, quelques-uns n’hésitent plus à affirmer que ce schéma pourrait s’appliquer à l’ensemble territorial composé aujourd’hui de l’État hébreu et des territoires contrôlés par l’Autorité palestinienne. Dans cette optique, la fusion d’Israël et des territoires palestiniens, loin d’être une simple annexion de la Cisjordanie, permettrait de contourner l’obstacle constitué par la question du futur statut de Jérusalem. Celle-ci serait la capitale d’un seul État et d’un même ensemble humain aux composantes ethnico-religieuses diverses, la structure politique de ce nouvel ensemble pouvant s’inspirer des exemples canadien et belge en tirant la leçon de leurs insuffisances. Quant à Gaza, il pourrait constituer une deuxième entité étatique à part, à savoir l’État palestinien de Gaza. Certains estiment même que c’était là, peut-être, le but recherché par Ariel Sharon lorsqu’il a décidé le retrait unilatéral israélien de Gaza. Pour lui, cette solution n’était viable qu’à condition d’amputer d’Israël et de la Palestine le surgeon de Gaza, qui ne pouvait se prêter à aucune greffe et qui constituait, du fait de l’omniprésence du Hamas à Gaza, une menace aussi bien pour les Juifs que pour les Arabes.

La construction d’une nouvelle entité politique et humaine, sur le territoire constitué par l’Israël d’avant 1967 et la Cisjordanie, sans Gaza, permettrait la création d’un État satisfaisant les ambitions nationales et patriotiques des Juifs et des Palestiniens. C’est-à-dire la création d’un État doublement palestinien, judéo-palestinien et arabo-palestinien, comme l’espèrent de nombreux intellectuels des deux côtés.

Reste, bien entendu, à définir plus précisément les institutions politiques de cette future entité, fondée sur l’égalité de tous les citoyens la composant, dont la représentation parlementaire serait fonction du quotient électoral dans un scrutin de listes bloquées. Dans ce type de scrutin, la majorité, à l’échelon de chaque région, juive ou arabe, serait respectée. Il en irait de même à l’échelle des municipalités et des instances locales. La fusion s’effectuerait au niveau du Parlement, dont les membres seraient élus en fonction d’un quotient électoral fixé sur le plan régional. Une telle solution, fondée sur les données démographiques du moment, permettrait de se conformer au principe « un homme, une voix ». L’hypothèse formulée par Nusseibeh est très pragmatique, car elle lève « l’impossible résolution » de la question du statut de Jérusalem et de ses valeurs religieuses fondamentales.

Il conviendra, évidemment, d’ouvrir des discussions avec la Syrie et le Liban pour la conclusion d’un accord de paix entre ces deux pays et le nouvel État, ainsi que l’intégration des « réfugiés palestiniens » comme citoyens des divers pays où ils résident depuis tant d’années, exception faite d’un nombre limité de personnes bénéficiant d’une mesure de regroupement des familles. En outre, si les fondamentalistes musulmans auront la possibilité de construire leur propre État à Gaza, les Juifs ultranationalistes devront être persuadés que la nécessité d’un État commun n’est pas incompatible avec le maintien de leurs propres aspirations concernant le mont du Temple, dans le respect de l’actuelle esplanade des Mosquées.

L’ensemble de ces propositions doit, bien entendu, faire l’objet de plus vastes discussions afin d’éviter tout malentendu ou la naissance de nouvelles contestations. Celles-ci pourraient en effet émaner, d’un côté, de ceux qui considèrent qu’une telle solution remet en question les fondements du « sionisme » classique, et de l’autre, de ceux des Palestiniens dont la conception d’un État exclut toute représentation politique et nationale des Juifs.

L’idée d’un seul État regroupant Juifs et Arabes fera-t-elle recette, ou restera-t-elle l’apanage des seuls intellectuels et pacifistes ?

d'après : http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2561p046-047.xml0/israel-palestine-deux-peuples-un-etat.html