Mossadgate



LONDRES

Assassinat de Dubaï: le diplomate israélien expulsé par Londres appartient au Mossad

Par AFP, publié le 23/03/2010 à 11:33 - mis à jour le 24/03/2010 à 08:28

LONDRES - Le diplomate israélien expulsé par Londres travaillait à l'ambassade pour le Mossad et sera remplacé par un autre responsable du service secret israélien, a indiqué mercredi la radio publique.

Photo diffusée par la police de Dubaï le 24 février 2010 d'un présumé passeport britannique de l'un des suspects dans le meurtre d'un cadre du Hamas à Dubaï

AFP/DUBAI POLICE/Archives

Photo diffusée par la police de Dubaï le 24 février 2010 d'un présumé passeport britannique de l'un des suspects dans le meurtre d'un cadre du Hamas à Dubaï

Le Royaume-Uni a annoncé mardi l'expulsion d'un diplomate israélien, déclarant qu'il existait "des raisons convaincantes de croire" à la responsabilité d'Israël dans l'utilisation de faux passeports britanniques par le commando qui a assassiné Mahmoud al-Mabhouh, l'un des fondateurs du bras armé du Hamas, le 20 janvier dans un hôtel de Dubaï.

"Nous sommes arrivés à la conclusion qu'il existait des raisons convaincantes de croire qu'Israël est responsable de cette utilisation abusive de passeports britanniques", a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, devant la Chambre des Communes. "J'ai demandé à ce qu'un membre de l'ambassade d'Israël quitte le Royaume-Uni, en conséquence de cette affaire".

"Le gouvernement prend cette affaire extrêmement au sérieux. Une telle utilisation abusive de passeports britanniques est intolérable", a-t-il ajouté.

Le diplomate israélien a deux semaines pour quitter le pays, a précisé un porte-parole du Premier ministre Gordon Brown.

Selon la radio publique et le quotidien israélien Yediot Aharonot, le diplomate qui était en fait un représentant du Mossad dans la capitale britannique sera remplacé "sous peu" par un autre membre de cette organisation.

La radio a également cité un "haut responsable" israélien non identifié critiquant la Grande-Bretagne. "La décision d'expulsion est avant tout politique à l'approche des législatives début mai. Le ministre des Affaires étrangères David Miliband, qui mène depuis longtemps une politique anti-israélienne, veut ainsi mobiliser les voix des musulmans", selon lui.

L'ambassadeur d'Israël à Londres Ron Prosor s'est dit "déçu", ajoutant: "Notre intention est clairement de renforcer les solides fondations de nos relations, qui sont à la fois vitales et bénéfiques à nos deux pays".

L'ambassadeur d'Israël au Royaume-Uni, Ron Prosor, quitte le ministère des Affaires étrangères à Londres le 18 février 2010

AFP/Archives/Ben Stansall

L'ambassadeur d'Israël au Royaume-Uni, Ron Prosor, quitte le ministère des Affaires étrangères à Londres le 18 février 2010

Un responsable israélien ayant requis l'anonymat a déclaré à Jérusalem: "Nous n'avons aucune intention d'expulser un diplomate britannique en réponse à la décision de Londres". "La priorité est désormais de calmer le jeu".

Le ministre des Affaires étrangères Avidgor Lieberman a déclaré que Londres n'avait fourni aux autorités israéliennes "aucune preuve sur l'implication israélienne".

"Le Hamas se félicite de la position britannique et de la décision d'expulser le responsable du Mossad (services de renseignement israéliens) à l'ambassade sioniste pour son rôle criminel dans l'assassinat du martyr Mabhouh", a commenté Salah al-Bardawil, haut dirigeant du Hamas à Gaza.

Ce n'est pas la première fois que Londres expulse un diplomate israélien: en 1988, un attaché d'ambassade a été contraint au départ après avoir été lié à une opération du Mossad visant à implanter au Royaume-Uni un membre de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) en tant qu'agent double.

Selon M. Miliband, la Soca --chargée des enquêtes sur le crime organisé-- a conclu que les 12 documents d'identité incriminés ont été "copiés à partir de passeports britanniques authentiques quand ils ont été transmis pour inspection par des personnes qui ont des liens avec Israël, en Israël ou dans d'autres pays". La Soca "n'a trouvé aucun lien avec un quelconque autre pays".

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband quiite son bureau le 23 mars 2010 à Londres

AFP/Warren Allott

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband quiite son bureau le 23 mars 2010 à Londres

"Etant donné la sophistication de l'opération" pour laquelle "des faux de très bonne qualité ont été faits, le gouvernement juge qu'il est très probable que ces faux ont été faits par des services de renseignement gouvernementaux", a-t-il dit, sans jamais nommer le Mossad.

La police de Dubaï accuse le Mossad de l'assassinat de Mahmoud al-Mabhouh, retrouvé mort le 20 janvier dans un hôtel de l'émirat. Ses agents auraient procédé à une "falsification à grande échelle" de passeports de ressortissants occidentaux.

Interpol a émis 27 avis de recherche concernant des porteurs de passeports occidentaux, falsifiés ou utilisés sous de fausses identités, dont douze britanniques, quatre français et un allemand.

En France, le parquet de Paris a annoncé mardi avoir ouvert le 12 mars une enquête préliminaire, notamment pour faux et usage de faux. Berlin a dit avoir ouvert "il y a un bon mois" une enquête contre X pour "activités au profit d'un service secret étranger" et "usurpation d'identité".

L'expulsion annoncée est un nouvel accroc dans les relations tendues entre Israël et Londres.

M. Brown avait exprimé la semaine dernière sa "sérieuse préoccupation" après l'annonce de la construction de nouveaux logements à Jérusalem-est annexée.

En décembre, Israël avait protesté lorsque l'ex-chef de la diplomatie israélienne Tzipi Livni avait dû annuler une visite à Londres par crainte d'être arrêtée, après l'émission par un tribunal britannique d'un mandat d'arrêt à son encontre à la suite d'une plainte sur son rôle pendant l'opération israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza fin 2008 et début 2009.


Le fiasco du Mossad dans l'assassinat d'al-Mabhouh
Hamdan : Le monde soupçonne des coopérations européennes avec le Mossad.



Beyrouth - CPI - 25/02/2010 - 10:59

Le représentant du Hamas au Liban, Oussama Hamdan, a déclaré que le monde entier soupçonne actuellement que les pays européens ont coopéré avec le Mossad sioniste dans l'assassinat du leader du Hamas, Mahmoud al-Mabhouh, en indiquant qu'on écartait toute implication européenne et que l'affaire était une percée sécuritaire contre leur souveraineté.

Hamdan a souligné lors d'une déclaration au site "al-Jazeera net", le mercredi 24/2, que l'élévation du nombre des suspects à 26 assassins laisse des soupçons que les pays européens ont coopéré avec le Mossad ou bien leur sécurité à été cruellement violée.

"Le Mossad a tenté de bien planifier son crime d'assassinat contre al-Mabhouh, mes les résultats ont prouvé un fiasco, ce qui a frappé complètement la réputation historique du Mossad", a souligné le leader du Hamas.

Hamdan a déclaré que les violations du gouvernement sioniste et de son Mossad qui ont violé la souveraineté des pays arabes et européens suscitent des enquêtes globales et sérieuses, ainsi que la présentation des excuses au peuple palestinien après ce crime très flagrant contre l'humanité, tout en saluant les efforts déployés par la police de Dubaï qui a dévoilé plus de coupables du Mossad.

Notons que la police de Dubaï a démasqué, hier mercredi, 15 autres suspects du Mossad dont cinq femmes, en les accusant de faire partie du groupe de commando sioniste qui a assassiné Mahmoud al-Mabhouh et qui portaient des passeports européens.


"Dubaïgate" : quinze nouveaux suspects identifiés

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 24.02.10 | 13h57  •  Mis à jour le 24.02.10 | 15h29

La police émiratie a annoncé, mercredi 24 février, avoir identifié 15 nouveaux suspects dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat d'un haut responsable du Hamas, en janvier à Dubaï.

Comme les onze suspects déjà identifiés par la police de Dubaï, plusieurs des nouveaux suspects étaient porteurs de passeports étrangers : trois passeports britanniques, trois irlandais et trois australiens. La chaîne de télévision a précisé que sur ces 15 nouveaux suspects, 14 détenaient des cartes de crédit affiliées à la même banque. Cinq sont des femmes.

26 SUSPECTS

Au total, ce sont donc 26 personnes qui sont soupçonnées par les autorités de Dubaï d'être impliquées dans le meurtre de Mahmoud al-Mabhouh, l'un des fondateurs de la branche militaire du mouvement islamiste palestinien Hamas qui contrôle la bande de Gaza, retrouvé mort le 20 janvier dans sa chambre d'hôtel à Dubaï.

Pour la police de Dubaï, l'opération aurait été menée par le Mossad, le service de renseignement israélien, ce qui serait prouvé notamment par des écoutes téléphoniques entre les suspects. Mais plusieurs responsables israéliens, dont le ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman ont affirmé que rien ne prouvait l'implication d'Israël dans cette affaire.

L'usurpation d'identité de ressortissants européens par les onze premiers suspects (six portaient des passeports britanniques, trois des passeports irlandais, l'un avait un passeport français et un autre un passeport allemand) avait déjà provoqué l'ire des responsables de l'Union européenne dont les dirigeants ont condamné l'assassinat mais sans mettre en cause directement Israël.

D'après : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/02/24/dubaigate-quinze-nouveaux-suspects-identifies_1310843_3218.html#xtor=EPR-32280229-%5BNL_Titresdujour%5D-20100224-%5Bzonea%5D


Meurtres du Mossad: les problèmes politiques plus larges
James Petras

Lundi 22 février 2010

Le chef de la police de Dubaï a présenté les photos des onze personnes soupçonnées d’avoir participé à l’exécution de Mahmoud al-Mabhouh en janvier dans un hôtel de la ville.

Le 19 janvier, la police secrète internationale d’Israël, le Mossad, envoyait à Dubaï une équipe de tueurs composée de dix-huit hommes, tous munis de passeports européens, prétendument « volés » à des citoyens israéliens à la double nationalité et modifiés à l’aide de photos truquées et de fausses signatures. Leur mission : assassiner le dirigeant palestinien Mahmoud al Mabhouh.

Les preuves sont accablantes. La présentation par la police de Dubaï des vidéos détaillées réalisées avec les caméras de surveillance et montrant les assassins a été corroborée par le témoignage d’experts israéliens de la sécurité et applaudie par les principaux journaux et journalistes israéliens. Le Mossad a déclaré ouvertement que Mabhouh était une cible prioritaire et qu’il avait survécu jusque-là à trois précédentes tentatives d’assassinat. Israël n’a même pas pris la peine de démentir l’assassinat. En outre, le système sophistiqué de communication utilisé par les tueurs, la logistique et la planification de leurs entrée, allées et venues, puis sortie de Dubaï et l’ampleur de l’opération présentent toutes les caractéristiques d’une opération d’État de haut niveau.
 
De plus, seul le Mossad aurait accès aux passeports européens de ses concitoyens à double nationalité ! Seul le Mossad aurait la capacité, la motivation, l’intention avérée et la volonté délibérée de provoquer un incident diplomatique avec ses alliés européens, en sachant pertinemment bien que la colère des gouvernements ouest-européens finirait par retomber, vu leurs liens profonds avec Israël. Après une enquête minutieuse et l’interrogatoire de deux collaborateurs palestiniens du Mossad qui ont été arrêtés, le chef de la police de Dubaï a déclaré qu’il était sûr que c’était bien le Mossad qui était derrière l’assassinat.  

Les problèmes politiques plus importants

La politique israélienne des assassinats à l’étranger soulève de graves questions en menaçant les fondements de l’État moderne : la souveraineté, le pouvoir des lois et la sécurité nationale aussi bien que celle des individus.

Une des politiques ouvertement déclarée d’Israël consiste à violer la souveraineté de n’importe quel pays en vue de tuer ou d’enlever ses opposants (à Israël). Tant dans leur proclamation que dans leur mise en pratique réelle, les lois, décrets et actions à l’étranger d’Israël supplantent les lois et les organes d’application de la loi de toute autre nation. Si la politique israélienne se mue en pratique commune dans le monde entier, nous allons entrer dans une jungle aussi sauvage que le monde de Hobbes. Les individus y seront exposés aux intentions meurtrières d’équipes de tueurs venues de l’étranger qui ne seront tenus par aucune loi ni aucune autorité nationale responsable. Chaque État sans exception pourrait imposer ses propres lois et franchir ses frontières nationales afin d’assassiner impunément des citoyens ou résidents d’autres nations. Les assassinats hors frontières d’Israël se moquent totalement de la notion même de souveraineté nationale. L’élimination extraterritoriale d’opposants par une police secrète était une pratique courante de la Gestapo nazie, de la GPU de Staline et de la DINA de Pinochet et elle est devenue aujourd’hui une pratique – condamnée – des « Forces spéciales » américaines et de la division clandestine de la CIA. De telles actions sont la marque de fabrique des États totalitaires, dictatoriaux et impérialistes, qui foulent systématiquement aux pieds les droits souverains des peuples.

La pratique par Israël de ces assassinats extrajudiciaires et extraterritoriaux, mise en exergue par le récent assassinat de Mahmoud al Mabhouh dans une chambre d’hôtel de Dubaï, viole tous les préceptes fondamentaux du pouvoir de la loi. Les assassinats extrajudiciaires commandés par un État signifient que sa propre police secrète est juge, procureur et bourreau en même temps, qu’elle n’est freinée par aucune souveraineté, aucune législation, aucun devoir d’un État de protéger ses citoyens et ses hôtes. Les preuves, les procédures légales, les droits de la défense et les contre-interrogatoires sont complètement mis de côté, dans ce processus. L’assassinat extrajudiciaire sponsorisé par l’État sape complètement tout procès en bonne en due forme. L’élimination des opposants à l’étranger est la prochaine étape logique, après les simulacres de procès très médiatisés par Israël et qui s’appuient sur des lois racistes et des décrets de détention administrative qui ont dépossédé le peuple palestinien et violé les lois internationales.

Les escadrons de la mort du Mossad opèrent directement sous les ordres du Premier ministre israélien (qui a d’ailleurs approuvé personnellement le récent assassinat). Une grande majorité des Israéliens soutient fièrement ces assassinats, surtout lorsque les tueurs échappent à toute détection et à la capture. Les opérations d’assassinats extrajudiciaires menées sans la moindre entrave et impunément par des escadrons de la mort étrangers soutenus par l’État, constituent une grave menace pour tout critique, écrivain, dirigeant politique et militant des droits civiques qui a le front de critiquer Israël.   
 
Les tueurs du Mossad – Le feu sioniste

Le précédent que constitue l’assassinat par Israël de ses adversaires à l’étranger, établit les limites extérieures de la répression par ses partisans à l’étranger qu’on retrouve dans les principales organisations sionistes, dont la plupart ont toujours soutenu les violations par Israël de la souveraineté nationale via ses assassinats extrajudiciaires. Si Israël élimine physiquement ses opposants et les gens qui osent le critiquer, les 51 principales organisations juives d’Amérique répriment les critiques émises aux États-Unis à l’encontre d’Israël. Elles exercent activement des pressions sur les employeurs, les présidents d’université et les responsables publics pour qu’ils licencient leurs employés, universitaires et autres professionnels qui osent s’exprimer verbalement ou pas écrit contre les tortures, les massacres et la dépossession massive des Palestiniens par Israël.
 
Quoi qu’il en soit, les commentaires les plus critiques, en Israël et ailleurs, concernant l’assassinat commis par le Mossad à Dubaï épinglent l’« incompétence » des agents, y compris le fait d’avoir permis que leurs visages de figurer sur de nombreuses vidéos en changeant maladroitement leurs perruques et leurs vêtements sous l’œil des caméras. D’autres critiques déplorent qu’en salopant son travail, le Mossad soit occupé à « ternir l’image d’Israël » en tant qu’État démocratique et qu’il fournisse ainsi de l’eau au moulin des antisémites. Aucune de ces critiques superficielles n’a été reprise par le Congrès américain, par la Maison-Blanche ou par les présidents des principales organisations juives d’Amérique, où la règle mafieuse de l’omerta, ou silence, règne sur tout et où la complicité avec ce genre de crime est de mise.
 
Conclusion  

Alors que les critiques se lamentent à propos du travail bâclé du Mossad, qui complique la tâche des puissances occidentales désireuses au cas où elles souhaiteraient proposer une couverture diplomatique à Israël pour ses opérations à l’étranger, on n’a jamais abordé la question fondamentale : l’acquisition par le Mossad, puis la falsification des passeports officiels britanniques, français, allemands et irlandais de citoyens israéliens à double nationalité soulignent la nature cynique et sinistre de l’exploitation par Israël de ses citoyens à double nationalité dans la poursuite des sanglants objectifs de sa politique étrangère. L’usage par le Mossad de vrais passeports fournis par quatre nations européennes souveraines à leurs citoyens dans le but d’assassiner un Palestinien dans un hôtel de Dubaï soulève la question de savoir à qui les citoyens israéliens à « double » nationalité doivent vraiment allégeance et jusqu’où ils veulent aller en défendant ou en prônant les assassinats israéliens à l’étranger.
 
Grâce à l’usage par Israël de passeports britanniques pour entrer à Dubaï et assassiner un adversaire, chaque homme d’affaires ou touriste britannique qui se rendra dans le Moyen-Orient sera soupçonné de liens avec les escadrons israéliens de la mort. Avec les élections de cette année et les partis travailliste et conservateur qui comptent grandement sur les millionnaires sionistes pour financer leur campagne, il reste à voir si le Premier ministre Gordon Brown fera davantage que geindre et minauder !
 
 


D'après le site de l'ambassade de France à Jérusalem :

http://ambafrance-il.org/spip.php?article7686


DIPLOMATIE


L’Union européenne devrait condamner l’utilisation des passeports européens à Dubaï / 

Barak Ravid et Avi Issacharof – Haaretz

A la demande du gouvernement des Emirats arabes unis, l’Union européenne devrait publier aujourd’hui une déclaration dans laquelle elle exprime sa condamnation et sa préoccupation suite à l’utilisation de passeports européens, dont certains contrefaits, lors de l’assassinat à Dubaï du haut responsable du Hamas, Mahmud al-Mabhuh. Hier, un diplomate européen de haut rang déclarait à l’agence de presse AP que l’élimination à Dubaï portera préjudice aux relations entre l’UE et Israël.

Selon un diplomate européen, la déclaration de l’Union européenne ne devrait pas mentionner nommément Israël ni lier Israël directement à l’élimination ou à la contrefaçon des passeports. Il a ajouté que les ambassadeurs de l’Union européenne à Abu Dhabi ont été convoqués au ministère des Affaires étrangères pour un entretien au cours duquel les représentants émiratis ont demandé que le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE, qui se réunit aujourd’hui à Bruxelles, publie une déclaration concernant l’utilisation des passeports européens et expriment son soutien aux autorités de Dubaï chargées de l’enquête. Selon le diplomate, les Emirats arabes unis n’ont pas accusé Israël d’avoir commis l’attentat et n’ont pas réclamé que la déclaration européenne mentionne Israël.

Toujours selon ce diplomate, la déclaration qui sera publiée devrait comprendre trois éléments principaux : une affirmation de la préoccupation de l’UE et sa condamnation de l’utilisation de passeports européens, dont certains contrefaits, dans le cadre de l’assassinat ; une déclaration de soutien aux autorités de Dubaï chargées de l’enquête et au gouvernement émirati ; un engagement de l’UE à enquêter au plus tôt sur la contrefaçon des passeports et le vol d’identités.

Le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, qui se trouve depuis hier à Bruxelles, aura aujourd’hui à faire face aux questions difficiles de ses homologues de l’Union européenne. Pour l’heure, des rencontres sont prévues entre M. Liberman et les ministres britannique et irlandais des Affaires étrangères qui réclameront des éclaircissements quant à la responsabilité présumée d’Israël dans l’élimination de Mahmud al-Mabhuh et l’utilisation par les tueurs de passeports de plusieurs pays européens.

A ce stade, il n’est pas prévu d’entretiens entre Avigdor Liberman et les ministres allemand et français des Affaires étrangères, mais ces rencontres pourraient se tenir en marge des réunions. Le chef de la diplomatie israélienne rencontrera pour la première fois la ministre des Affaires étrangères de l’Union européenne, Catherine Ashton.

Par ailleurs, le commandant de la police de Dubaï, Dahi Khalfan, a révélé hier un nouvel élément de l’enquête sur l’assassinat de Mabhuh. Selon lui, il y a certaines informations que, pour l’heure, la police de Dubaï ne compte pas publier, et notamment celles concernant les passeports diplomatiques qu’auraient utilisés certains membres de la cellule pour entrer à Dubaï.



Le président français Nicolas Sarkozy a condamné "sans appel" lundi "l'assassinat" d'un cadre du Hamas à Dubaï que les autorités émiraties attribuent au Mossad, les services secrets israéliens.

"La France condamne toutes les exécutions. Ce ne sont pas des méthodes et rien ne peut justifier ces méthodes" d'autant plus que l'assassinat a eu lieu "sur le territoire des Emiratis qui est un pays qui concourt à la paix, au rapprochement et à la coopération", a souligné Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse conjointe avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Le commando d'assassins a été filmé par les caméras de surveillance d'un hôtel de Dubaï. Il a été établi que les tueurs présumés avaient usurpé l'identité véritable de citoyens israéliens détenteurs de passeports européens. AP


Netanyahou aurait donné son aval au projet d'assassinat du cadre du Hamas
 

21 février 2010 - 15H01


Selon le "Sunday Times" paru ce dimanche, le Premier ministre israélien aurait rencontré, à Tel Aviv, les membres du commando accusé d'avoir assassiné un responsable du Hamas avant qu'ils ne se rendent à Dubaï commettre leur forfait.

Par Dépêche (texte)  



AFP - Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rencontré les membres d'un commando, au quartier-général du Mossad à Tel Aviv, avant qu'ils ne se rendent à Dubaï pour tuer un haut responsable du Hamas, Mahmoud Al-Mabhouh, rapporte le Sunday Times dimanche.

M. Netanyahu a été accueilli début janvier par le chef des services secrets israéliens, Meir Dagan, et informé des projets d'assassinat du responsable du Hamas, indique l'hebdomadaire britannique se référant à des sources proches du Mossad non identifiées.

Le Premier ministre israélien a alors donné son feu vert à la mission, "qui n'était pas considérée comme trop compliquée ou risquée", poursuit le journal.

"D'habitude, lors de telles occasions, le Premier ministre déclare +Le peuple d'Israël vous fait confiance. Bonne chance+", précise le journal dominical.

Les traces de brûlures retrouvées sur le corps de Mahmoud Al-Mabhouh, indiquent qu'il a été immobilisé par un pistolet paralysant, tandis que du sang dans son nez suggère qu'il a pu être étouffé, indique le journal.

Ce meurtre survenu le 20 janvier a provoqué des tensions diplomatiques entre Israël et quatre pays européens -- la Grande-Bretagne, l'Irlande, la France et l'Allemagne -- dont les passeports ont été utilisés pour l'opération.

Interpol a publié des avis de recherche à l'encontre de onze personnes pour ce meurtre.

Aucun gouvernement n'a accusé directement Israël d'être responsable de l'opération, alors que le chef de la police de Dubaï Dahi Khalfan Tamim a affirmé que "le Mossad était à 99% impliqué" dans l'assassinat du responsable du Hamas.

"La police de Dubaï n'a pas fourni de preuves qui incriminent" l'Etat hébreu, a indiqué un haut responsable israélien à l'AFP vendredi, sous le couvert de l'anonymat.


Meurtre d'un cadre du Hamas : Israël demande des preuves

Vendredi 19 Février; 12h05; TF1 News
Un haut responsable israélien, sous couvert de l'anonymat, a une nouvelle fois rejeté vendredi matin les accusations portées par la police de Dubaï contre le Mossad, le service secret israélien, soupçonné d'avoir assassiné dans l'émirat un responsable de la branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas le 20 janvier. "La police de Dubaï n'a fourni aucune preuve de caractère incriminant dans cette affaire", explique-t-il. "A ce jour, personne ne sait ce qui c'est passé. La police de Dubaï n'a même pas expliqué les circonstances de la mort", ajoute-t-il. "Il n'existe même pas de preuve qu'il ait été assassiné. Tout ce qu'on voit sur les films vidéos ce sont des gens qui parlent au téléphone" a encore lancé le haut responsable israélien. Jeudi, le chef de la police de Dubaï, Dhahi Khalfan, s'était dit jeudi "certain à 99%, sinon à 100% que le Mossad est derrière l'assassinat" de Mahmoud Al-Mabhouh


Palestine: le Mossad derrière l’assassinat de Mabhouh du Hamas à Dubaï

Poste par Sat fév 18th, 2010

Le Mossad (services de renseignements israéliens) est ouvertement accusé d’avoir assassiné fin janvier à Dubaï le cadre du mouvement de résistance palestinien Hamas Mahmoud Al-Mabhouh alors que les ambassadeurs israéliens à Dublin et Londres ont été respectivement convoqués jeudi par l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne pour s’expliquer sur cette affaire. Le chef de la police émiratie a affirmé jeudi que l’enquête sur l’assassinat, le 20 janvier dernier, de ce responsable du Hamas a montré que le Mossad (service secret israélien) « est à 99%, sinon 100% » derrière ce crime. « Notre enquête a révélé que le Mossad est impliqué dans le meurtre de (Mahmoud) Al-Mabhouh », a déclaré le général Dhahi Khalfan à des médias d’Abou Dhabi.

APS

http://www.algerie-focus.com/2010/02/18/palestine-le-mossad-derriere-lassassinat-de-mabhouh-du-hamas-a-dubai/


Le Mossad et un coup à double tranchant

Par Denis BRUNETTI, correspondant permanent à Jérusalem, le 17 février 2010 à 10h26, mis à jour le 17 février 2010 à 12:48

Analyse - Pour la presse israélienne, il ne fait aucun doute que les services secrets de l'Etat hébreu sont à l'origine de l'opération parfaite qui a permis d'assassiner Mahmoud Al Mabhouh à Dubaï. Mais elle l'inquiète également des conséquences diplomatiques

http://lci.tf1.fr/monde/moyen-orient/2010-02/assassinat-du-cadre-du-hamas-un-coup-a-double-tranchant-pour-le-5696159.html


http://lci.tf1.fr/monde/moyen-
orient/2010-02/assassinat-du-cadre-du-hamas-un-coup-a-double-tranchant-pour-le-5696159.html

voir la vidéo diffusée par la police de Dubaï




Le permis de tuer du Mossad


L’assassinat de Mahmoud al-Mabhouh présente les caractéristiques des services de renseignements impitoyables israéliens. L’un des principaux chroniqueurs de l’agence nous apporte un éclairage unique sur leurs méthodes.

Gordon Thomas – 19 février 2010 – The Telegraph

 

Les assassins du Mossad n’ont pu ressentir que de la satisfaction quand est tombée la nouvelle qu’ils avaient réussi l’assassinat de Mahmoud al-Mabhouh, important chef militaire du Hamas, le mois dernier à Dubaï.

Le refus du gouvernement israélien de commenter la mort a, une fois encore, donné au Mossad une publicité mondiale que ces services de renseignements craignent. Ses assassinats sans pitié ont été rendus célèbres par le film Munich, qui a montré dans le détail comment le Mossad s’en est pris aux terroristes qui avaient tué les athlètes israéliens lors des Jeux olympiques de 1972. Il y a bien longtemps, l’agence avait décrété que le silence était le moyen le plus efficace pour répandre la terreur chez ses ennemis arabes.

Dans l’année écoulée, al-Mabhouh avait été placé en tête de la liste des cibles du Mossad, une liste dont chaque nom doit être légalement approuvé selon des règles établies il y a plus d’un demi-siècle par Meir Amit, le directeur général le plus novateur et le plus dénué de sentiment du service. Né à Tibère, ville favorite du roi Hérode, c’est Amit qui a institué les règles pour l’exécution.

« Il n’y aura aucune exécution de dirigeants politiques, sauf exceptionnellement. Les exécutions doivent être examinées sous un point de vue politique. Il n’y aura aucune exécution dans les familles de terroristes à moins qu’elles ne soient directement impliquées dans l’acte de terrorisme. Toute exécution devra être autorisée par le Premier ministre en fonction. Chacune des exécutions devra par conséquent être une sanction judiciaire ultime de la loi, parrainée par l’Etat.  Le rôle de l’exécuteur n’est absolument pas différent de celui d’un bourreau désigné par l’Etat ou de tout autre exécuteur nommé par la loi.

La première fois que j’ai rencontré Amit, c’était en 2001 et par son intermédiaire, j’ai pu parlé à des espions du Mossad, les katsas, et finalement à ceux qui tuent, les kidons, qui tirent leur nom du mot hébreu pour baïonnette. Ils m’ont aidé pour mon livre, le seul qui fut autorisé par le Mossad, « Les espions de Gideon » [L’histoire secrète du Mossad]. Amit a dit du livre, « il dit les choses comme elles étaient, et comme elles sont ».

Amit m’a montré une copie de ces règles lors de notre première rencontre. Après deux ans d’entraînement à l’école du Mossad d’Herzlia, près de Tel Aviv, chaque recrue, en tant que kidon, en reçoit un exemplaire.

L’assassinat à Dubaï est un exemple classique de la façon dont opère le Mossad. Les onze assassins d’Al-Mabhouh ont été choisis parmi les 48 kidons actuels, dont 6 sont des femmes.

La façon dont a été tué al-Mabhou n’est pas encore formellement établie, mais la préférence des kidons va à l’étranglement avec un fil métallique, la bombe bien placée dans une voiture, l’électrocution ou à l’un des poisons créés par les scientifiques du Mossad à son quartier général, dans une banlieue de Tel Aviv.

Le projet d’assassiner Mahmoud al-Mabhouh a été finalisé dans une petite salle de conférence près du bureau de Meir Dagan, directeur du Mossad pendant ces huit dernières années. Dixième directeur général, Dagan a la réputation d’un homme qui n’hésite pas à marcher dans une ruelle arabe anonyme avec rien d’autre qu’une arme de poing dans sa poche.

Lui seul sait combien de fois il a demandé à un Premier ministre l’autorisation légale de tuer un terroriste qui n’avait pu être traduit en jugement devant un tribunal israélien, lui et le kidon auquel il va montrer le document tamponné légalement, son permis de tuer.

Le nom de Mahmoud al-Mabhou s’est trouvé sur un tel document, qui doit avoir été signé par Benyamin Netanyahu. Ce qui, comme tout ce qui concerne l’opération d’un kidon, sera fermement démenti par un porte-parole du gouvernement, si la question était posée. Cela n’a pas empêché le chef de la police de Dubaï, le général Tamin, de pester contre le Premier ministre israélien.

Il y a deux ans cette semaine, Dagan envoyait une équipe de kidons à Damas pour assassiner Imad Mughniyeh. Son dossier au Mossad avait prévu tous les détails de l’organisation de l’enlèvement de Terry Waite et du bombardement de la base navale américaine près de l’aéroport de Beyrouth, qui a tué 241 personnes. Les Etats-Unis avaient mis une prime de 12,5 millions de dollars sur sa tête. Dagan voulait simplement le tuer.

Les psychiatres, les psychologues, les spécialistes du comportement et les profileurs du Mossad – que l’on appelle collectivement les « spécialistes » - avaient été invités à décider de la meilleur façon de tuer Mughniyeh.

Ils avaient conclu en disant qu’il se trouverait parmi les invités d’honneur aux célébrations du Centre culturel iranien en 2008, pour commémorer la Révolution de Khomeini. Ayant découvert quelle voiture Mughniveh avait louée, une Mitsubishi Pajero, l’équipe en piégea l’appui-tête, dont l’explosion serait déclanchée par téléphone mobile. Alors que Mughniyeh arrivait devant le Centre culturel, à précisément 7 h du soir, le 12 février, l’explosion lui a fait sauter la tête.

Aux funérailles de Mughnihey à Beyrouth, sa mère, Um-Imad, qui se tenait au milieu d’une mer de tchadors noirs, une vieille femme sombre qui se désolait parce que son fils avait prévu de lui rendre visite le lendemain de sa mort. Elle pleurait parce qu’elle n’avait aucune photo de lui en souvenir. Deux jours plus tard, elle reçut un paquet. A l’intérieur, il y avait une photo de son fils. Le paquet avait été posté à Haïfa.

La liste des assassinats de kidons est longue et déborde largement du monde musulman. Dans leur base au fond du désert du Néguev – où l’on ne voit que du sable, sauf au loin, l’installation nucléaire d’Israël de Dimona – les kidons apprennent à utiliser toute une gamme d’armes de poing, comment cacher les bombes, administrer une injection mortelle à quelqu’un au milieu d’une foule et à tuer tout en faisant croire à une mort accidentelle.

Ils examinent les assassinats célèbres – celui de John F Kennedy par exemple – et étudient les visages et les vêtements des cibles potentielles dont les détails sont enregistrés sur leurs ordinateurs hautement confidentiels. Dans lesquels il y a aussi des milliers de plans de rues qui sont mis à jour en permanence et téléchargés à partir de Google Earth.

Le Mossad est l’un des plus petits services de renseignements au monde. Mais il a système d’assistance dont nul autre ne dispose. Le système est connu sous le nom de sayanim, un dérivé du mot hébreu lesayeah, qui signifie aider.

Il existe des dizaines de milliers de ces « aides ». Chacun a été soigneusement recruté, quelquefois par des katsas, les agents de terrain du Mossad. D’autres, furent sollicités pour devenir des aides par d’autres membres du groupe secret.

Créé par Meir Amit, le rôle du sayanim est un exemple frappant de la capacité à la cohésion de la communauté juive. En termes de pratiques, un sayan qui dirige une agence de location voitures va fournir une voiture à un kidon sans lui poser de questions. Un sayan fonctionnaire va mettre un bâtiment à disposition pour assurer une surveillance. Un sayan directeur de banque remettra des fonds à n’importe quel moment du jour ou de la nuit, et un sayan médecin fournira une assistance médicale.

N’importe lequel de ces aides peut avoir été impliqué dans l’assassinat de Mahmoud al-Mabhou. Le Mossad a récemment élargi son réseau de sayanim dans les pays arabes.

Un sayan médecin en Cisjordanie avait fourni la composition d’une concoction homéopathique que Yasser Arafat a bue. Quand celui-ci est décédé en 2004, son médecin personnel, le docteur al-Kurdi, a indiqué que « dans son cas, l’empoisonnement était fortement probable ». Il a été rapporté que plus d’une dizaine de terroristes ont été tués par empoisonnement au cours de ces dernières années.

Au sein de la communauté mondiale des renseignements, le respect pour le Mossad a grandi après l’assassinat par un kidon du Dr Gerald Bull, scientifique canadien qui fut probablement le plus grand spécialiste au monde sur les études balistiques sur les canons de fusil. Israël avait tenté à plusieurs reprises de profiter de ses compétences. A chaque fois, Bull avait montré clairement qu’il n’aimait pas l’Etat juif.

Au lieu d’aider Israël, il avait offert ses services à Saddam Hussein, pour construire une super arme capable de lancer des missiles à ogive nucléaire, chimique ou biologique directement sur Israël depuis l’Iraq. Saddam avait commandé trois de ces armes pour un coût de 20 millions de dollars. Bull avait été engagé comme consultant avec des honoraires de 1 million de dollars.

Dans l’après-midi du 20 mars 1990, l’autorisation de tuer Bull a été accordée par le Premier ministre d’alors, Yitzhak Shamir. Nahum Admoni, chef du Mossad, a envoyé une équipe de trois hommes à Bruxelles où Bull vivait dans un immeuble luxueux. Chaque kidon portait une arme de poing dans un holster sous sa veste.

Quand Bull, âgé de 61 ans, répondit au coup de sonnette à son domicile, il fut abattu de cinq balles dans la tête et dans le cou, chaque kidon ayant tiré tour à tour avec son 7,65, laissant Bull mort sur le pas de sa porte. Une heure plus tard, ils avaient quitté le pays sur un vol à destination de Tel Aviv.

En quelques heures, le département Guerre psychologique, propre au Mossad, s’était arrangé avec le sayanim dans les médias européens pour répandre l’information que Bull avait été tué par un commando de tueurs de Saddam parce que Bull avait projeté de dénoncer leur accord.

La même tactique fut utilisé en remplacement le 24 octobre 1995, pour l’assassinat de Fathi Shkaki qui, comme Mahmoud al-Mabhouh, avait été mis en haut de la liste des cibles du Mossad, suite à ses attaques terroristes.

Deux kidons – noms de code, Gil et Ran – avaient quitté Tel Aviv par des vols séparés. Ran s’était rendu à Athènes, Gil à Rome. A chaque aéroport, ils avaient reçu des passeports britanniques par un sayan local. Les deux hommes sont arrivés à Malte en fin d’après-midi et ont rempli leur fiche à l’Hôtel du Diplomate, qui surplombe le port de La Valette.

Le soir, un sayan remit une moto à Ran, qui déclara au personnel de l’hôtel qu’il avait l’intention de s’en servir pour faire le tour de l’île. Dans les mêmes moments, un cargo qui avait pris la mer la veille à Haïfa pour l’Italie lançait un message radio aux autorités maritimes maltaises disant qu’il avait des problèmes de moteur. Alors qu’il était à l’arrêt, il jeta l’ancre au large de l’île. A bord du navire, il y avait une petite équipe de techniciens en communication du Mossad. Ils établirent le contact avec une radio dans la valise de Gil.

Shkaki était arrivé par ferry de Tripoli, Libye, où il s’était entretenu avec le colonel Kadhafi, et le Mossad était convaincu que c’était pour une attaque terroriste. Les deux kidons l’attendaient en se promenant le long du front de mer. Ran et Gil étaient sur la moto, Gil tira sur Fathi Shkaki six fois, dans la tête. C’était devenu la signature d’un kidon.

Quand la police vint perquisitionner dans la chambre de Shkaki, elle trouva un écriteau « Ne pas déranger » sur sa porte – une signature qu’on a retrouvée dans l’assassinat à Dubaï le mois dernier.

 

Godron Thomas est l’auteur de Les Espions de Gideon »

http://www.informationclearinghouse.info/article24718.htm

traduction : JPP pour la CCIPPP

D'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article8383