Les Territoires Palestiniens 4


Silence de l’Occident : La colonisation de la Palestine continue

« Qui donne ne doit jamais s'en souvenir. Qui reçoit ne doit jamais oublier. »

Proverbe hébreu

 L’Occident, dit-on, est rivé sur les droits de l'homme qui sont bafoués en Syrie, sur les massacres dont se serait rendu coupable Omar el Bechir contre le Soudan-Sud. De plus, on pousse l'Iran dans ses derniers retranchements. Pendant ce temps, paisiblement, Netanyahu annonce la régularisation de colonies sur le territoire de Cisjordanie réduisant inexorablement la Palestine à un certain nombre de quartiers dans un ensemble totalement juif. « On nous dit que les condamnations internationales pleuvent après l'annonce par Israël de la construction de 1100 logements dans la colonie juive de Gilo à Jérusalem-Est occupé et annexé. Pour les Palestiniens, c'est une provocation de plus, quelques jours après la demande palestinienne pour la reconnaissance d'un Etat à l'ONU. ´´En annonçant ces nouvelles colonies, Israël dit ´´non´´ à la reprise des négociations, à la solution à deux Etats, a déclaré Saeb Erekat, le chef des négociations palestinien, donc les Américains, les Européens, les Russes et l'ONU sont confrontés à 1100 ´´non´´ de la part de Netanyahu : son gouvernement a choisi les colonies et pas la paix.´´ Paris condamne ces nouvelles constructions, Londres appelle Israël à revenir sur sa décision. Les Etats-Unis se sont déclarés « profondément déçus » : le Premier ministre israélien a laissé entendre qu'il n'avait pas l'intention de décréter un nouveau gel de la colonisation pour convaincre les Palestiniens de revenir aux négociations, Mahmoud Abbas a réaffirmé dimanche qu'il ne négocierait pas avec Israël sans un gel ´´complet´´ de la colonisation. (1)

C'était déjà en septembre 2011... Même scénario cette semaine : le gouvernement israélien a annoncé mardi la légalisation de trois colonies en Cisjordanie. Les implantations de Bruchin et Rechelim, dans le nord des Territoires occupés, et celle de Sansana, dans l'extrême Sud, construites dans les années 1990, voient leur statut passer de « colonies sauvages » à celui de « colonies légales », au moins pour la loi israélienne, puisque le droit international considère toutes les colonies comme illégales. L'organisation de gauche israélienne « La Paix maintenant », qui milite contre la colonisation des Territoires palestiniens, a souligné que c'était la première fois depuis 1990 qu'un gouvernement israélien légalisait de nouvelles colonies. » « Le gouvernement israélien actuel montre quelle est sa politique, qui est de construire des colonies plutôt que d'avancer vers la paix », a déclaré Hagit Ofran, une porte-parole du mouvement. Les autorités israéliennes ont expliqué qu'il ne s'agissait que d'une « régularisation », et non d'une création de nouvelles colonies ou d'une extension de colonies existantes. Pour elles, la décision ne change pas la situation sur le terrain. Les gouvernements israéliens successifs se sont régulièrement engagés depuis les années 1990 à ne pas construire de nouvelles colonies, et, depuis la signature en 2003 de la « feuille de route », plan de retour vers la paix, établi sous l'égide américaine, à démanteler les « colonies sauvages » établies par les colons sans autorisation préalable des autorités.

Un camouflet aux Palestiniens

Pendant qu'Israël continue sur sa lancée faisant fi de tous les conseils et des dizaines de résolutions du Conseil de sécurité (compte non tenu des vetos américains) Abbas, dans une fuite en avant pathétique, écrit à son bourreau et le supplie de négocier sur les lingnes de 1967. On lit la double réponse : « Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a reçu mardi 17 avril une lettre du président palestinien Mahmoud Abbas le mettant en demeure de revenir aux bases du processus de paix, lors d'une rencontre à Jérusalem avec deux émissaires palestiniens. Le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, qui devait diriger la délégation palestinienne selon des responsables israéliens et palestiniens, n'a pas pris part à la rencontre. « Israël et l'Autorité palestinienne sont déterminés à parvenir à la paix », a assuré le bref communiqué de M.Netanyahou, en ajoutant que ce dernier transmettrait sa réponse au président Abbas « dans les deux semaines ». Le président palestinien appelle Israël à reprendre les négociations de paix sur la base des lignes d'avant juin 1967, avec des « échanges de territoires mineurs et mutuellement agréés » et du gel total de la colonisation, y compris à Jérusalem-Est. Il demande en outre, pour reprendre les pourparlers, qu'Israël « libère tous les prisonniers palestiniens », en particulier ceux incarcérés avant les accords d'Oslo (1993). La première réponse est donnée par Ehoud Barak. Le ministre de la Défense israélien, Ehoud Barak, a réitéré mardi la position de son gouvernement pour « des négociations sans conditions préalables », rejetant a priori les exigences palestiniennes. (2)

Pourtant, l'un des émissaires a qualifié de « sérieuse » la rencontre, qui a duré une heure dans la résidence du Premier ministre israélien à Jérusalem. « M.Nétanyahou va étudier la lettre sérieusement et donner sa réponse dans les deux semaines », a-t-il confirmé. La deuxième réponse est indirecte, c'est justement l'implantation sauvage de 3 colonies. On sait que Netanyahou, longtemps partisan déclaré de la colonisation, est particulièrement attentif à ne pas mécontenter le puissant lobby des colons. Sa coalition gouvernementale est largement constituée de partisans de la colonisation, qui forment aussi un bloc important au sein de son propre parti, le Likoud. Netanyahou a déjà fait l'expérience de l'influence électorale des colons lors de sa défaite de 1999. Depuis son retour au pouvoir, il louvoie entre les pressions internationales, en particulier américaines, opposées à la colonisation, et celles qui s'exercent en faveur des colons à l'intérieur de son gouvernement. (3)

L'annonce de cette légalisation a été prise comme un camouflet par l'Autorité palestinienne. « Cette décision est la réponse à la lettre de Mahmoud Abbas à Netanyahou », a déclaré le porte-parole du président de l'Autorité palestinienne, Abou Roudeina. Mahmoud Abbas a envoyé la semaine dernière une lettre au Premier ministre israélien, lui demandant une nouvelle fois de geler la colonisation et de s'engager à négocier sur les bases des frontières de 1967. Aux yeux de la communauté internationale, toutes les colonies sont illégales, qu'elles aient ou non été autorisées par le gouvernement israélien. Plus de 340.000 colons israéliens habitent en Cisjordanie et plus de 200 000 dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est. On se souvient comment le vice-président Joe Biden a été humilié en pleine visite officielle, il venait à Tel-Aviv demander aux Israéliens d'arrêter la colonisation, pendant son séjour le cabinet israélien annonce la construction de 1600 logements. Mieux encore, Israël a refusé d'accueillir une délégation d'experts venus enquêter sur les conséquences de la colonisation dans les territoires occupés. Ban Ki-moon si prompt à dégainer s'agissant des pays faibles est étrangement muet. Pas de plainte, pas de saisine du Conseil de sécurité on ne saura jamais ce qui se passe. Ban Ki-moon nous avait déjà habitués à ce deux poids, deux mesures avec l'enterrement du rapport Goldstone mais aussi en poussant au vote de la résolution 1973 qui a abouti au lynchage de Kadhafi. Des milliers de morts en Libye et pas d'enquête !!

Le problème des prisonniers palestiniens

A toutes les avanies subies par la population palestinienne il faut y ajouter le problème des prisonniers palestiniens qui ne sont pas considérés comme des prisonniers de guerre mais comme des détenus de droit commun. Les Nations unies ont tenu une réunion internationale à Genève, portant sur la question des prisonniers politiques palestiniens dans les prisons et centres de détention israéliens. Le Pr John Dugard a fait une présentation du statut des palestiniens engagés dans la résistance contre l'oppression israélienne. L'ancien Envoyé spécial de la situation des droits de l'homme dans les territoires occupés, le Pr Dugard, a tracé un parallèle entre le traitement des opposants et les militants politiques de l'Afrique du Sud, et mis en évidence les similarités entre les deux régimes.(4)

« Israël ne reconnaît pas les Palestiniens engagés dans les activités résistantes contre la répression israélienne, comme combattants, opposants ou bien prisonniers « politiques ». Afin d'éviter de donner une quelconque légitimité à leur cause, ils sont traités en tant que « terroristes », criminels ordinaires ou bien comme détenus sécuritaires. Le régime sud-africain traita Nelson Mandela ainsi que les autres prisonniers politiques de son genre, de façon similaire. En outre, Israël refuse à ses prisonniers politiques ayant la qualification de combattants, le statut de prisonniers de guerre. Il ne reconnaît même pas qu'il y a un conflit entre l'Etat d'Israël et le peuple palestinien qui exerce son droit à l'autodétermination et à l'indépendance. (4)

« Israël s'identifie à l'apartheid sud-africain en refusant de signer le Premier Protocole des Conventions de Genève. Les clauses du protocole, et les avantages des Conventions de Genève pour l'OLP en tant que mouvement de libération nationale, ne sont donc pas contraignants pour Israël. (...) Ainsi, contrairement à leurs obligations en vertu du droit international conventionnel, les tribunaux israéliens ont rejeté l'argument que les combattants de la résistance palestinienne sont engagés dans une guerre d'autodétermination et peuvent donc prétendre au statut de prisonnier de guerre. En outre, les tribunaux israéliens ont, ces dernières années, utilisé l'excuse que les combattants de la résistance palestinienne ne parviennent pas à se conformer aux lois des conflits armés et n'ont donc pas droit au statut de prisonnier de guerre. (...) La plupart des combattants palestiniens sont jugés par des tribunaux militaires, malgré la préférence du droit international humanitaire pour l'impartialité des tribunaux civils. Ces tribunaux sont dirigés par des juges militaires sans indépendance, et siégeant à des hauteurs inaccessibles, parfois à huis clos, appliquant une loi militaire inaccessible, ayant peu d'égard pour les règles d'une procédure régulière. En général, les militants palestiniens n'ont même pas la possibilité de confronter la puissance occupante, face à une audience publique et devant des juges impartiaux appliquant la loi régulière.(4)

On apprend aussi que pour protester contre le sort inhumain qui leur est fait, les prisonniers palestiniens ont entamé une grève de la faim qui est naturellement ignorée par les médias occidentaux et pour cause. On lit sur le site de Solidarité avec la Palestine » : « Ce 17 avril, 3500 prisonniers ont refusé les plats servis par l'administration pénitentiaire israélienne. 1200 d'entre eux sont entrés dans une grève de la faim illimitée. En ce « Jour des prisonniers » pour la résistance palestinienne, les prisonniers politiques palestiniens demandent la fin de la politique des « rétentions administratives », qui permet à l'occupant de condamner des Palestiniens devant des tribunaux militaires à plusieurs années derrière les barreaux sans aucun motif d'accusation, ainsi que l'arrêt des pratiques d'isolement carcéral et l'autorisation des visites de familles originaires de la bande de Ghaza. Selon la responsable de l'Association de défense des prisonniers palestiniens Addameer, Sahar Francis, il s'agit de « la plus grande grève de la faim jamais enregistrée dans les prisons israéliennes ». (...) Parmi les forces politiques israéliennes, seul le Parti communiste d'Israël a affiché son soutien public à la lutte des prisonniers palestiniens. Il faut rappeler que 4699 Palestiniens se trouvent actuellement dans les prisons de l'occupant israélien, dont 319 en rétention administrative.(5)

Quel est le sort de la Palestine ? 

Faut-il dissoudre l'Autorité palestinienne ? Yossi Belin en est convaincu. Alain Gresh qui rapporte ses propos le présente : « Il a été l'un des artisans de la négociation de ce qui devait s'appeler les Accords d'Oslo. Yossi Beilin fut aussi le signataire, avec Yasser Abdel Rabbo, des Accords de Genève d'octobre 2003, qui proposaient une solution au conflit. La lettre qu'il vient d'envoyer à Mahmoud Abbas est d'autant plus significative. Il appelle le président palestinien à « end this farce » (Foreign Policy, 4 avril 2012) - mettre un terme à cette farce des négociations. « J'avoue que je n'aurais jamais cru que le moment viendrait où il faudrait que je vous écrive ces mots. Je le fais parce que le président américain Barack Obama vous a convaincu de ne pas annoncer maintenant le démantèlement des institutions de l'Autorité palestinienne et de ´´rendre les clés´´ à Israël. Parce qu'il n'y a jamais eu de négociations sérieuses avec le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahou au cours des trois dernières années, C'est une erreur d'accepter la demande d'Obama, et vous pouvez y remédier. » « Vous et moi comprenons que la situation actuelle est une bombe à retardement. (...) Et de nos deux points de vue, l'échec de la solution à deux Etats risque de déboucher sur le retour d'une terrible violence. (...) » (6)

« Déclarer la fin du processus d'Oslo - justifiée par le fait que le chemin vers un accord permanent est bloqué - est la plus raisonnable des options non violentes pour remettre le sujet à l'ordre du jour et relancer les efforts en vue d'un règlement définitif. Dissoudre l'Autorité palestinienne et donner le contrôle des affaires quotidiennes à Israël serait une initiative que personne ne pourrait ignorer. « Après tous ces efforts, cependant, vous avez encore besoin de supplier le gouvernement israélien de débloquer l'argent des revenus de la douane ; il vous faut encore mendier auprès des républicains au Congrès des Etats-Unis le transfert des fonds à l'Autorité palestinienne » (...) « N'hésitez pas un instant ! N'acceptez pas la demande du président Obama, qui veut simplement qu'on le laisse tranquille avant la présidentielle. Ne laissez pas le Premier ministre Netanyahou se cacher derrière la feuille de vigne de l'Autorité palestinienne : imposez-lui, une fois de plus, la responsabilité du sort de 4 millions de Palestiniens. Restez à la tête de l'Organisation de libération de la Palestine, qui vous donnera le pouvoir de diriger les négociations politiques, si et quand elles reprennent. Le processus de paix ouvert à Oslo est mort et enterré. Il serait temps que les responsables européens le reconnaissent et arrêtent de réclamer la reprise de négociations « sans conditions » entre les deux parties. (6)

On le voit, le monde occidental- occupé par ses propres échéances notamment électorales laisse la bride sur le cou à Israël qui poursuit son chemin, la disparition inexorable du peuple palestinien en tant que nation. Il restera des lambeaux de confettis de territoires dans de futurs bantoustans un peu comme les réserves indiennes. Un siècle de combat se solde par la disparition d'une utopie d'une Palestine de tous ses habitants sans distinction de religion.

1.http://fr.euronews.com/2011/09/27/l...

2. Nétanyahou reçoit une lettre de doléances palestinienne Le Monde avec AFP, 18 04 2012

3.http://www.lefigaro.fr/internationa...

4. Electronic Intifada Traduit de l'anglais par Aladin pour Investig'Action
Cri du Peuple 1871 : http://www.mleray. info/article-la-question-des-prisonniers-politiques-palestiniens-dans-les-prisons-et-centres-de-detentions-israel-103381028.html

5. http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

6. Alain Gresh - Le Monde Diplomatique. Yossi Beilin : En finir avec « la farce » des négociations de paix Le Monde.fr 16/04/2012

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

d'après : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/silence-de-l-occident-la-115630


Un maire palestinien d’Al-Aqaba, Vallée du Jourdain, envoie un appel désespéré au monde

Haj Ami Sadik - Mondoweiss
publié le samedi 21 avril 2012.

19 avril 2012 - Hier, l’armée israélienne a à nouveau détruit deux routes reliant Al-Aqaba, dans la vallée du Jourdain (zone C) aux villages voisins. Voici la lettre que le maire Haj Sami a écrite hier.

"Nous, les 300 résidents de la communauté de Al-Aqaba, qui existe depuis des générations, propriétaires et habitants de la terre même avant l’arrivée des forces de l’occupation israélienne, nous adressons à vous en dernier recours. Depuis des dizaines d’années, les soldats israéliens se servent de notre village comme d’un terrain d’exercices militaires, un terrain de jeu où ils tirent à balles réelles qui ont pris la vie de 8 d’entre nous et ont fait 38 blessés. Parmi eux, le maire Haj Ami Sadik, qui est maintenant paralysé à partir de la taille.

Malgré ces agressions, nous n’avons jamais recouru à la violence, aucun terrorisme n’est jamais venu de notre peuple, aucune pierre n’a jamais été jeté et nous continuons à appeler à la coexistence et à la paix. En 2003, après une requête devant la Cour suprême, le camp d’entrainement n’a été évacué du village que pour être remplacé en 2004 par des ordres de démolition de l’administration civile sur la plupart de nos bâtiments, la mosquée, le jardin d’enfants et la clinique locale, sous le prétexte que ces structures avaient été construites sans permis. Dans la zone C, qui comprend plus de 60% de la Cisjordanie , dont Al-Aqaba, l’administration civile a refusé 94% des permis de construire demandés par les Palestiniens.

Pendant ce temps, les colonies israéliennes se sont étendues à un rythme accéléré. En 2007, nous avons demandé à la Cour suprême d’annuler les ordres de démolition et nous lui avons présenté un nouveau plan d’aménagement pour notre commune. En réponse, l’administration civile a proposé d’approuver les permis pour la petite zone centrale où sont situés la plupart des services publics, mais plus de la moitié des zones résidentielles continuerait d’être sous le coup d’ordres de démolition. Cette offre exclut la zone résidentielle où la plupart des maisons de notre population sont construites, ainsi que toutes les terres cultivées. Cette proposition contrevient aux obligations d’Israël en tant que force occupante, qui, selon l’article 43 de la Convention (IV) concernant les lois et coutumes de la guerre sur terre (La Haye, 18 octobre 1907), "doit prendre toutes les mesures qui dépendent de lui en vue de rétablir et d’assurer, autant qu’il est possible, l’ordre et la vie publics en respectant, sauf empêchement absolu, les lois en vigueur dans le pays."

Aujourd’hui 18 avril 2012 à 11h, des soldats de l’occupation accompagnés par des sous-traitants privés sont arrivés, sans notification préalable, pour démolir 2 routes d’accès à notre village, appelées "route de la paix" et "route du déplacement". Nous avons nous-mêmes construit ces routes pour exercer notre droit à la liberté de circulation. Elles sont nos artères vitales car notre seule source de revenus repose sur notre capacité à transporter nos produits agricoles sur le marché. C’est la 3ème fois que la "route de la paix" est démolie. Lors des démolitions précédentes, nous n’avons pas lancé d’action en justice. Cette fois, la démolition est assortie d’une menace. Un officier de l’occupation, dans une jeep au numéro d’immatriculation 65539, a dit à notre maire qu’il reviendrait pour des démolitions à plus grande échelle en représailles de la présence d’internationaux constatant la destruction de la route, des menaces faites à un homme en chaise roulante devant un groupe d’une dizaine de témoins. Nous sommes bouleversés à l’idée que nos enfants soient les témoins de cette atrocité et nous redoutons les effets psychologiques qu’elle pourrait avoir sur eux à l’avenir.

Nous, la communauté de Al-Aqaba, nos invités internationaux et israéliens, nous vous demandons de venir voir par vous-mêmes la situation terrible dans laquelle nous sommes obligés de vivre tous les jours, en conséquence de ce harcèlement. Merci de nous aider à faire circuler ces propos et à nous aider à vivre en paix.

Les citoyens de Al-Aqaba.

Source : http://mondoweiss.net/2012/04/a-pal... / http://www.ism-france.org/temoignag... Traduction : MR pour ISM

D'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11725



Israël: 1.200 détenus palestiniens en grève de la faim
AFP, publié le 17-04-2012

Quelque 1.200 détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim à l'occasion de la Journée annuelle des prisonniers , marquée par des manifestations de soutien dans les Territoires palestiniens.

Des milliers de Palestiniens se sont rassemblés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza en solidarité avec les prisonniers incarcérés en Israël qui ont refusé de s'alimenter mardi.

"Dans le cadre de la Journée des prisonniers, 2.300 prisonniers de sécurité ont dit qu'ils refuseraient de se nourrir aujourd'hui (mardi) et 1.200 autres ont annoncé qu'ils entamaient une grève de la faim", a précisé un communiqué des services pénitentiaires israéliens.

Les Palestiniens manifestent chaque 17 avril pour la Journée des prisonniers.

"Selon nos estimations, 1.600 prisonniers (sur un total de 4.700) devaient commencer une grève, mais il y a eu des différences d'opinion entre les prisonniers qui ont fait que tous n'ont pas rejoint le mouvement", a déclaré de son côté à l'AFP le ministre palestinien des Prisonniers Issa Qaraqaë.

"Mais ce nombre devrait augmenter dans les jours qui viennent", a-t-il promis.

Symboliquement, la Journée des prisonniers est survenue cette année à la date prévue pour la libération de Khader Adnan, un militant du Jihad islamique qui a observé une grève de la faim de 66 jours pour protester contre son maintien pendant quatre mois en "détention administrative", c'est-à-dire sans inculpation.

Interrogé par l'AFP, son avocat Jawad Bulus a indiqué qu'il ignorait à quel moment son client serait relâché. Selon une source palestinienne, Adnan a été élargi dans l'après-midi de la prison de Ramlé, près de Tel-Aviv, et "s'est rendu chez lui" dans le nord de la Cisjordanie.

Le président du Club des prisonniers, Qaddoura Farès, a affirmé, lors d'un rassemblement de 3.000 personnes à Naplouse (nord de la Cisjordanie) que "1.500 prisonniers de tous les mouvements" palestiniens avaient cessé de s'alimenter et d'autres devraient rejoindre le mouvement.

Une porte-parole de ce Club a assuré qu'il ne s'agissait que d'une "première étape". "Aujourd'hui marque la première étape et nous estimons que tous les prisonniers participeront (à la grève de la faim) d'ici la fin du mois", a précisé la porte-parole, Amani Sarahne.

Un millier de manifestants se sont rassemblés dans le centre de Ramallah (Cisjordanie). Ils devaient ensuite se diriger vers la prison militaire d'Ofer, située près la ville.

A Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, 1.500 personnes ont brandi des portraits de prisonniers et des drapeaux palestiniens. Des centaines de Palestiniens se sont aussi regroupés à Tulkarem et Qalqiliya (nord de la Cisjordanie), et 300 autres à Jérusalem-Est (annexée), selon des correspondants de l'AFP.

Par ailleurs, dans la ville de Gaza, 2.000 manifestants ont défilé vers le siège de la Croix Rouge.

Adnan Khader a relancé le dossier très controversé de la détention administrative, une mesure héritée du Mandat britannique sur la Palestine qui permet à Israël d'incarcérer sans jugement des suspects pour des périodes indéfiniment renouvelables de six mois.

Neuf autres détenus palestiniens ont entamé des grèves de la faim dans les prisons israéliennes ces dernières semaines, quatre ayant été hospitalisés à la suite de la dégradation de leur état de santé, selon le Club des prisonniers.

Au total, Israël détient 4.699 Palestiniens, la plupart pour des motifs sécuritaires, dont 319 en détention administrative, selon les dernières statistiques du ministère palestinien des Prisonniers. Un total de 534 ont été condamnés à la prison à vie.

Dans le passé, six Palestiniens sont morts derrière les barreaux à la suite de complications liées à des grèves de la faim, selon des sources officielles palestiniennes.

d'après : http://www.lepoint.fr/monde/israel-1-200-detenus-palestiniens-en-greve-de-la-faim-17-04-2012-1452542_24.php


Les habitants de la Cisjordanie mettent tous les efforts pour soutenir les captifs en grève


Ramallah - CPI
publié le mardi 17 avril 2012.

La rue de la Cisjordanie parle de plusieurs sujets, en particulier la grève de la faim que les captifs palestiniens enfermés dans les prisons de l’occupation sioniste entameront demain mardi 17 avril 2012. Les habitants de la Cisjordanie cherchent les meilleurs moyens pour soutenir les captifs dans leur action, dans leur grève de la faim.

En fait, la grève a été généralisée depuis qu’Abdallah Al-Barghouthi, condamné à 5200 ans d’emprisonnement, la peine la plus longue de l’histoire, a décidé d’entamer la grève pour mettre fin à son isolement et à celui de ses semblables et pour arrêter toutes les violations que subissent les captifs dans les prisons de l’occupation sioniste.

Soutenir les captifs

Saja Hammouda, étudiante à l’université d’Al-Najah, a salué l’appel de l’actuel président tunisien Moncef Marzouki à organiser une conférence internationale dans son pays, une conférence destinée à soutenir les captifs palestinien, en parallèle de différentes actions destinées à protéger les captifs de la sauvagerie du bourreau de l’occupation sioniste.

Elle croit que soutenir les captifs est un devoir : « Tous les arabes et tous les musulmans doivent soutenir les captifs. Nous, en Cisjordanie, nous devons être les premiers à venir en aide aux captifs avec force et non seulement avec des actions qui ne sortent pas de la routine sit-in et appels, comme c’est l’habitude ».

Saleh Al-Arouri est le responsable du dossier des captifs du mouvement islamique Hamas. Il appelle à mettre tous les efforts pour soutenir les captifs dans leur grève ; il ne faut épargner aucun effort pour soutenir les captifs dans leur grève. Il ne faut rien épargner pour les sauver et les libérer.

Le Palestinien Bachir Khaled, de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, approuve l’appel d’Al-Arouri : « Il faut tout faire pour obliger l’occupation à stopper ses violations à l’encontre des captifs, à les libérer à l’instar de la dernière transaction d’échange de prisonniers ».

Un devoir national et religieux

Beaucoup d’habitants de la Cisjordanie cherchent les moyens de soutien aux captifs dans leur grève de la faim entamée par le captif Abdallah Al-Barghouthi, jeudi dernier. « Soutenir les captifs en grève de la faim est un devoir national, religieux et éthique, dit l’habitant de Ramallah en Cisjordanie Nossi Hossin. Il faut pratiquer plus de sit-ins et d’appels ; il faut sortir pour manifester notre colère, il faut s’engager dans des affrontements directs avec les occupants sionistes ».

L’étudiante Taghrid Nasser, de Ramallah aussi, est sur la même longueur d’onde que Nasri : « Les sit-in et manifestations sont importants, mais il faut agir beaucoup plus pour soutenir les captifs. Par exemple, donner l’assaut aux barrages militaires et fermer les routes pour les colons qui continuent leurs tapages et leurs agressions ».

Pour sa part, la famille du chef captif Abbas As-Saïd, de Tulkarem, a salué tous les efforts donnés pour soutenir les captifs qui endurent les agressions des bourreaux de l’occupation sioniste.

http://www.palestine-info.cc/fr/def...

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11718


Les enfants d’Al-Khalil, rempart face à l’occupation sioniste (CPI)

 

Photo : CPI

Jeudi 12 avril 2012

Al-Khalil – CPI

Ces derniers temps, les soldats de l’occupation sioniste et les officiers de ses services de renseignements parcourent les villes et les villages du département palestinien de Jénine. Ils parcourent les rues et les souks, tout en essayant d’entamer la conversation avec les Palestiniens. Ce n’est qu’une exposition de forces, une manière de dire que les occupants sont là et qu’ils ont une mainmise totale sur la vie des Palestiniens et sur le moindre détail de cette vie. Une manière de leur dire que l’occupation reste leur destin et pour toujours.

Des habitants de la ville racontent, chacun à sa manière, comment des soldats sionistes investissent les villages, sans arrêter quelqu’un, mais en s’approchant des gens dans leurs rues et dans leurs magasins. La force militaire est accompagnée assez souvent d’un officier du service sioniste des renseignements. Ce dernier se présente, en se donnant un nom arabe, comme étant le responsable du quartier ou du village.

Assauts et sondages

Le Palestinien Hassan Kilany, habitant du village de Kfirt, nous informe : « Les forces de l’occupation ont donné l’assaut à notre village dans une après-midi, il y a quelque jours de cela. En effet, je marchais, au centre du village avec mes amis, lorsque nous avons été surpris par des patrouilles de l’occupation ; un officier des renseignements israéliens s’est approché de nous en disant : "Je m’appelle Zohaïr ; je suis le responsable de la zone et je veux faire votre connaissance" ».

« Et quand nous lui avions donné nos noms, il a commencé à nous donner des renseignements sur nos personnes pour montrer qu’il connaissait tout de notre village. Puis il a commencé à nous demander si nous étions satisfaits de la situation et de l’autorité. Enfin, il a proposé ses services, en nous disant que nous pourrions aller le voir, au camp de Salem, si un besoin se présentait », a-t-il ajouté.

Puis l’officier et ses soldats, souligne-t-il, sont entrés dans plusieurs des magasins du centre du village. Il a posé des questions sur les révolutions arabes et leurs effets sur la situation en Palestine, des questions banales, histoire d’engager la conversation.

Mohammed Marï, du village Kaferdane, à l’ouest de Jenine, confirme ces constatations : « Il y a quelques semaines, ils ont investi une boucherie et d’autres magasins, à l’entrée du village. Ils ont commencé à leur demander comment ils allaient et à leur dire qu’ils seraient bien reçus dans le bureau de l’administration civile ».

Le retour de l’administration civile

Marï ajoute : « Les gens ont le sentiment que l’armée de l’occupation prépare le terrain au retour de l’administration civile. C’est pour cette raison qu’elle essaie de tisser une sorte de relation entre les officiers des renseignements et les gens qui n’accepte cela, bien évidemment. Ces visites se terminent souvent par des affrontements avec les jeunes et les plus jeunes et par lancement de pierres et le tir de balles ».

Le Palestinien Issa Maaïli ajoute qu’en plus de tout cela, les forces de l’occupation délivrent de temps à autre des notifications obligeant les gens d’aller au bureau de l’administration civile, sans raison si ce n’est de tisser le contact avec les gens.

C’est surtout après les révolutions arabes que les forces de l’occupation sioniste, souligne Issa, essaient de contacter les gens et de connaître leurs opinions sur les événements en général.

Ignorer l’autorité palestinienne

Il insiste sur le fait que les services des renseignements de l’occupation sioniste dénigrent et ignorent l’autorité palestinienne et tous ses services. Ces derniers soutiennent les forces de l’occupation, mais ne font rien pour leurs citoyens.

Maaïli insiste aussi à dire que ce phénomène n’existait pas à l’époque de l’Intifada d’Al-Aqsa, à l’époque où les forces de l’occupation avaient peur des résistants palestiniens. Actuellement, elles n’ont peur de personne, rassurées par la mainmise sécuritaire de l’autorité.

http://www.palestine-info.cc/fr/def...

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11708


Journée de la terre en Palestine : Israël tue et blesse des manifestants
Ma’an News
publié le samedi 31 mars 2012.

Les forces israéliennes d’occupation ont assassiné un jeune Palestinien et en ont blessé plus de 30 autres dans des affrontements à deux endroits dans la bande de Gaza, a déclaré un médecin vendredi soir.

Mahmoud Zakot, âgé de 20 ans, lâchement tué par balles par les Israéliens près de Khan Younis - Photo : Reuters/Mohammed Salem

Ce médecin, Adham Abou Salmiya a identifié la victime comme étant Mahmoud Zakot, 20. Il a été tué par balle près de la passage d’Erez.

Trente et un autres manifestants dans la zone d’Erez ont été blessés et transportés à l’hôpital Kamal Adwan. À Khan Younis, six personnes ont été hospitalisées.

Trois personnes ont été grièvement blessés, a ajouté Abou Salmiya.

Les médecins ont déclaré que l’armée israélienne avait tiré à balles réelles sur les manifestants qui s’approchaient des barrières dans le petit territoire côtier.

Vingt-trois personnes ont été blessées dans la zone d’Erez et six autres à Khan Younis.

Les forces du Hamas avaient mis en place des points de contrôle pour empêcher les manifestants d’accéder à la zone frontière, mais la plupart des militants les ont contournés, a déclaré une militante, Ebaa Rezeq, qui a participé aux manifestations à Beit Hanoun.

Elle a dit avoir vu au moins six blessés par balles après que les forces israéliennes aient tiré dans la foule proche de la barrière de séparation.

Rezeq dit aussi que les forces israéliennes ont utilisé des tirs directs après avoir enlevé une partie d’une clôture en métal près de la barrière.

« Les gens tombent comme des mouches », a-t-elle écrit sur Twitter. « Il y a du sang partout ».

Un jeune manifestant palestinien à Bethléem a été grièvement blessé vendredi après-midi après avoir été frappé au visage par une grenade de gaz lacrymogène, a rapporté un correspondant de Ma’an.

Muhammad Arafa, âgé de 20 ans, a été emmené à l’hôpital d’Hébron. Il a été blessé lorsque les forces israéliennes ont tiré des grenades lacrymogènes et des grenades assourdissantes sur des Palestiniens qui lançaient des pierres sur un poste de contrôle dans un rassemblement marquant la Journée de la Terre.

Deux autres personnes ont été gravement blessées, a signalé à Bethléem le Croissant Rouge. Onze personnes ont été hospitalisées au total lors d’une manifestation proche d’un point de contrôle israélien.

Les militants avaient aussi appelé à une Marche générale à Jérusalem pour commémorer l’anniversaire de la Journée de la Terre et l’assassinat par Israël de six Palestiniens protestant contre la confiscation des terres en 1976. Des milliers se sont rassemblés aux points de contrôle autour de Jérusalem et à Gaza, au Liban et en Jordanie.

Les forces israéliennes ont tiré des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes, aspergé les manifestants d’eau puante et ont utilisé un système acoustique contre les Palestiniens qui jetaient des pierres à Qalandia, près de Ramallah.

Le porte-parole du Croissant-Rouge, Muhammad Ayyad a déclaré à Ma’an que les médecins ont traité 249 manifestants à Qalandiya et 20 d’entre eux ont été transférés à l’hôpital.

Les forces israéliennes ont blessé 9 médecins et endommagé trois ambulances lors de la manifestation, a-t-il ajouté.

Plus de 15 000 personnes se sont rassemblées dans Kafrein en Jordanie, environ à 10 kilomètres de la frontière avec la Cisjordanie, selon l’Agence France-Presse.

Les forces israéliennes ont été mises en état d’alerte sur les frontières avec le Liban et la Syrie, mais il n’y avait pas de rapports faisant état de manifestants s’approchant des barrières frontalières.

L’entité sioniste avait décidé de renforcer ses défenses cette année, après que des affrontements meurtriers se soient produits le long des frontières libanaises et syriennes en mai et juin dernier.

Les organisateurs des manifestations ont appelé à des rassemblements pacifiques ce vendredi contre « les politiques et les pratiques racistes de l’état sioniste » et ont aussi annoncé que des protestations de solidarité étaient prévues dans quelque 80 pays.

« Quand les foules se rassemblent dans 80 pays, elles envoient un message fort aux occupants israéliens que personne ne peut accepter ce qu’ils font dans Jérusalem », a déclaré Ismail Haniyeh, Premier ministre dans la bande de Gaza.

Sources : http://www.maannews.net/eng/ViewDet... / http://www.info-palestine.net/artic...

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11682



Rapport : « 120 Palestiniens de plus vont être déplacés sur ordre militaire de l’occupant »
Saed Bannoura - Imemc et Agences - samedi 3 mars 2012 - 10h:04

Le "Centre palestinien de recherches sur les terres" a publié un communiqué de presse, hier vendredi, déclarant que 120 Palestiniens vont être déplacés et interdits d’accès à leurs terres agricoles en raison d’un projet militaire israélien pour la construction d’un site d’entraînement à construire dans la vallée du Jourdain.
Plus de 3000 ordres de démolitions sont en attente d’exécution, dont 18 pour des écoles - Image Palinfo.com

Le Centre déclare que dix-huit familles palestiniennes ont reçu ces ordres militaires pris par l’Armée israélienne, leur ordonnant d’arrêter tous travaux de construction dans la zone de Khirbit Ibzeek, au nord-est de Tubas.

Les familles ont reçu l’ordre de cesser toutes constructions d’ordre professionnel agricole ou civil dans le secteur, sous le prétexte qu’il se trouve en « Zone C » telle que classifiée par les Accords d’Oslo, et que par conséquent, il leur fallait obtenir un permis de construire de la soi-disant l’Administration civile (de l’occupant), et non de l’Autorité palestinienne.

Le Centre déclare que, non seulement il ordonne le déplacement de ces familles, qui comprennent au moins 66 enfants, mais ce nouvel ordre militaire est publié au moment où l’armée d’occupation procède à de nombreux exercices d’entraînement dans la région, avec un impact direct sur la production agricole de ces terres appartenant aux habitants du district de Tubas.

La région a déjà été durement frappée par la politique illégale d’Israël, surtout par l’interdiction de transporter les produits agricoles vers d’autres régions de la Cisjordanie occupée ; la zone des Plaines dans la vallée du Jourdain est connue pour ses « Paniers de fruits de Palestine ».

Il faut indiquer que les exercices militaires dont il est question, ont déjà entraîné dans la région la destruction de plus de 400 dunums (40 ha) d’exploitations agricoles palestiniennes.

Le responsable du Comité de projets d’Ibzeeq, Ali Turkman Sawafta, membre de la famille Al-Hroub, l’une des familles durement touchéest par les violations israéliennes, vit à Khirbit Ibzeek depuis 1961, soit six ans avant la guerre des Six-Jours grâce à laquelle Israël a occupé le reste de la Palestine, et les habitants palestiniens possèdent tous les documents officiels prouvant qu’ils louent ces terres à leurs propriétaires palestiniens.

Sawafta ajoute que l’occupation israélienne insiste sur le fait que les terres en question sont des « terres d’État », ceci en violation du droit international puisque ces terres appartiennent à des habitants qui ont été déplacés durant la guerre.

Khirbit Ibzeek n’est qu’à 8 km de Tubas, et considéré comme l’une des régions bédouines de la vallée du Jourdain où les habitants vivent dans une extrême pauvreté, sans avoir accès aux services les plus élémentaires, notamment à la santé, à l’eau courante, et à l’électricité. Ils font venir leur eau de Tubas par citernes portées sur des tracteurs.

Le Centre de recherches sur les terres indique que ces déplacements d’habitants, ces vols de leurs terres, sont une violation flagrante de tous les traités et règlements internationaux, et exigent l’application des droits de la population civile vivant sous occupation et en temps de guerre, et à leur assurer une vie sûre et digne. (Convention de Genève relative à la protection des populations civiles en temps de guerre - Convention IV du 12 août 1949)

Extraits du rapport de l’OCHA (Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations-Unies) sur la situation humanitaire en Zones C en Cisjordanie occupée, juillet 2011 :

  • plus de 60 % de la Cisjordanie sont considérés en Zone C, où Israël conserve un contrôle étendu, notamment sur la sécurité, l’urbanisme et le zonage ;
  • le nombre de Palestiniens vivant en Zone C est estimé à 150 000, dont 27 500 Bédouins et autres éleveurs ;
  • plus de 20 % des communautés en Zone C ont des accès extrêmement limités aux services de santé ;
  • la consommation d’eau est descendue à 20 litres par personne et par jour dans les communautés sans infrastructure pour l’eau, le cinquième de ce qui est recommandé par l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) ;
  • les communautés auxquelles l’eau doit être apportée par citernes paient 400 % plus cher chaque litre d’eau que si elles étaient reliées à un réseau d’eau ;
  • 70 % des terres en Zone C sont interdites à la construction pour les Palestiniens ; sur plus 29 %, les constructions sont fortement limitées ;
  • moins de 1 % des terres en Zone C sont laissées au développement palestinien par l’Administration civile israélienne ;
  • 560 structures de propriété palestinienne, dont 200 d’habitation et 46 pour la récupération de l’eau pluviale pour les citernes et les bassins, ont été démolies par les autorités israéliennes en 2011 ;
  • 1006 personnes, dont 565 enfants, ont perdu leurs maisons en 2011, deux fois plus qu’en 2010 ;
  • plus de 3000 ordres de démolitions sont en attente d’exécution, dont 18 pour des écoles ;
  • la zone d’expansion prévue pour les 135 colonies israéliennes en Zone C est 9 fois plus vaste que les parties déjà construites ;
  • environ 300 000 colons vivent actuellement en Zone C.
d'après : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=11871

Veolia traite les eaux usées de la colonie Modi’in Illit

Adri Nieuwhof - The Electronic Intifada
publié le lundi 13 février 2012.

Une recherche récente montre que Veolia est impliquée dans des projets israéliens « nouveaux » dans la Cisjordanie occupée.


Veolia Waters Israel fournit des services à la colonie illégale de Modi’in Illit alors que Veolia Transportation Israel exploite sept lignes de transport par bus -au lieu de quatre- qui traversent les terres palestiniennes.

Who Profits ? - un projet de recherche de la Coalition Israélienne des Femmes pour la Paix- a dévoilé des faits qui indiquent l’implication de Veolia dans les « nouveaux » projets d’occupation israéliens. Ces faits se trouvent dans le site web de la compagnie ainsi que dans les sites officiels israéliens et les rapports financiers.

Dans son site web, Veolia Water Israel indique que son usine Avalon Treatment Plant traite les eaux usées de plusieurs communautés dont la colonie israélienne de Modi’in Illit. Celle-ci est située entre Jérusalem et Tel Aviv dans la Cisjordanie occupée. D’après « Who Profits », Veolia Water Israel est une filiale à part entière de Veolia Environnement.

Veolia exploite trois autres lignes de bus qui traversent la Cisjordanie occupée.

En Août dernier, j’ai écrit (hyperlink « reported ») que Veolia entretenait le silence à propos de deux lignes de bus desservant des colonies dans le Territoire Palestinien Occupé (TPO). Veolia avait diffusé aux U.S.A l’information qu’elle ne gérait aucun service de bus dans la Cisjordanie autre que les lignes bus lines 109 and 110. Cependant, Who Profits ? a découvert que Veolia gérait deux autres lignes de bus vers les colonies illégales dans les TPO. La ligne 7 dessert les trajets de Modi’in vers les colonies de Hashmonaim et K’far Ha Oranim. Veolia opère aussi le bus 19 qui relie le Modi’ in et la colonie Mevo Horon.

Une recherché récente par « Who Profits ? » révèle que Veolia gère aussi trois lignes de bus entre Bnei-Brak et Jérusalem qui traversent les TPO et disposent d’arrêts destinés aux colons. Fin novembre 2011,Veolia a obtenu un contrat pour opérer des lignes de bus au service de la communauté ultra-orthodoxe Haredim. Who Profits ? révèle ces faits dans un a document envoyé par mail le 25 décembre. ( Les arrêts de bus dans les TPO sont présentés dans la page web dans une liste qui comporte un lien pour chaque ligne de bus.)

La Bus line 422 passe à travers les TPO dans les jonctions de Mahar Ofer, Givat Zeev, Sderot-Golda Meir, Shefa Haim et Ohel Yehoshua à Jérusalem.

La Line 425 traverse les TPO dans les jonctions de Mahane Ofer, Givat Zeev, Sderot-Golda Meir et Sderot-Vaitzman à Jérusalem. La Line 427 traverse les TPO dans la jonction de correspondance de Harel et dans l’arrêt de Sderot Vaitzman à Jérusalem.

Veolia présente dans son site en hébreu les lignes de bus qu’elle opère : 422, 425 et 427. En opérant ces lignes de bus, Veolia s’implique directement dans le maintien des colonies illégales dans les territoires palestiniens occupés.

Le Rail Léger de Jérusalem

Le projet du Jerusalem Light Rail a été conçu par les autorités israéliennes en vue de servir les besoins des colons dans les territoires palestiniens occupés. Ce rail léger permet un déplacement rapide vers Jérusalem-Ouest. Pourtant, les colonies dans les OPT ainsi que l’annexion de Jérusalem-Est sont illégaux au regard du Droit international. L’article 49 de la Quatrième Convention de Genève précise : « la puissance occupante ne pourra procéder à la déportation ou au transfert d’une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle. »

Cependant, le rail léger a été utilisé comme point de vente dans une publicité ( voir advertisement) pour un projet immobilier à Beit Hanina promu par le Fonds pour les Terres d’Israël. « Le projet est situé sur l’autoroute 60, tout près du rail léger et à 17 minutes à peine du centre-ville » dit l’affiche publicitaire. Cette affiche souligne l’importance du rail léger dans la colonisation de la Cisjordanie.

Le Fonds pour les Terres d’Israël (Israel Land Fund) vend des terres occupées afin que « tout Juif, quelle que soit le lieu où il réside, ait la possibilité d’obtenir une portion de la terre. Maison par maison, lot par lot, le Fonds pour les Terres d’Israël travaille afin de garantir que la terre d’Israël reste propriété du peuple juif pour toujours ». (Italiques de l’auteur) La campagne mondiale “Derail Veolia et Alstom” appelle au boycott et au désinvestissement de Veolia pour sa complicité avec Israël dans ses violations du Droit International.

Veolia est engagé dans des contrats avec les autorités israéliennes qui l’impliquent dans le projet du Rail Léger, dans le déversement de déchets dans la Tovlan landfill dans la vallée du Jourdain , dans l’exploitation des lignes de bus israéliens dans la Cisjordanie et dans le traitement des eaux usées en faveur de la colonie Modi’in Illit.

La campagne « Déraillez Veolia et Alstom » va maintenir la pression sur ces deux compagnies jusqu’à ce qu’il ne leur soit plus possible de profiter de l’occupation et de la colonisation israélienne de la Palestine.

Source : http://electronicintifada.net/blogs... / http://www.info-palestine.net/artic... Traduction : Najib Alaoui

Adri Nieuwhof - The Electronic Intifada

* Adri Nieuwhof est avocate, conseiller et défenseur des droits de l’homme, travaillant en Suisse.

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11559




Ramzi Aburedwan « Des pierres au violon, 
la résistance culturelle »
le 9 Février 2012

Originaire 
de Ramallah en Cisjordanie, Ramzi Aburedwan, 
trente-trois ans, 
est le fondateur de l’Ensemble national de musiques arabes de Palestine. Enfant, 
il a participé à 
la première Infitada avant de devenir 
un virtuose.

Vous dirigez l’Ensemble national de musiques arabes de Palestine, qui vient de se produire pour la première fois en France (1). Quand votre groupe est-il né ?

Ramzi Aburedwan. Notre Ensemble national de musiques arabes de Palestine est composé d’une cinquantaine de membres. Nous étions trente lors de notre première tournée en France. Ils viennent de toute la Palestine, certains sont des Palestiniens de « l’intérieur », Nazareth, Haïfa…, c’est-à-dire officiellement Israël. L’ensemble a été fondé en 2009 pour faire revivre la tradition de la musique classique du monde arabe. Les Palestiniens ont été très actifs dans la première moitié du XXe siècle et ils ont largement contribué à cette tradition. Il y avait à l’époque l’orchestre de Radio Jérusalem, créée sous mandat britannique, où des musiciens et orchestres jouaient en direct. C’est là que nous avons commencé à avoir les plus grands musiciens. Il y avait une forte connexion avec la radio du Caire et tout le reste du monde arabe. Malheureusement, toute cette tradition a été détruite par l’occupation et la création d’Israël en 1948. Depuis, il n’y a eu que des guerres.

Vous revisitez donc cette histoire par le biais de la musique, et lui donnez une tonalité particulière aujourd’hui ?

Ramzi Aburedwan. Oui absolument. En fait, nous voulons redécouvrir nos racines et les garder vivantes. Que s’est-il passé ? Après une occupation, une guerre, il y a toujours des bouleversements. C’est vrai pour la musique et la parole : elles changent. Le chant et la musique sont consacrés au chant patriotique et au folklore moderne. La musique classique, elle, est mise de côté, parce que l’occupation est une réalité. Les gens, les musiciens, les artistes ne peuvent y échapper et faire comme si elle n’existait pas. Actuellement nous sommes à une étape où, dans la littérature, avec Edward Saïd, ou dans la poésie, avec Mahmoud Darwich, on est avant tout palestinien, écrivain, poète, musicien. C’est une ode à l’amour. Les chants évoquent la mort, la joie, la vie réelle. Ils expliquent avec des paroles simples notre attachement à notre culture et à notre pays. Oum kalsoum, Sayed Darwich, Asmahan… nous voulons partager avec les gens de l’art pur. Cela ne veut pas dire ignorer le reste. Nous avons fait des petits changements en introduisant les chants d’Andalousie. Notre musique est exigeante, parce qu’il ne s’agit pas seulement de jouer. Il faut aussi faire des recherches, mettre tout sur le papier, réécrire des partitions, car la musique arabe est transmise oralement. Quand on est trente, il faut beaucoup d’unité et se mettre d’accord sur tout. Nous ne manquons pas d’artistes de talent pour y parvenir.

 Vous êtes originaire de Ramallah et vous avez lancé des pierres contre les soldats israéliens. Comment êtes-vous passé de l’Intifada à l’alto ou au violon ?

Ramzi Aburedwan. Je suis né en 1979 à Bethléem. J’ai passé mon enfance et mon adolescence dans le camp de réfugiés d’Al-Amari à Ramallah, où mes grands parents se sont retrouvés après leur expulsion en 1948. Lorsque j’avais huit ans, en 1987, mon meilleur ami a été tué en rentrant de l’école, au cours d’une opération militaire israélienne. C’est alors que j’ai participé à la première Intifada. Une photo de moi en train de lancer des pierres a fait la une des journaux du monde entier. La musique est arrivée plus tard, par hasard, j’avais seize ans. Un jour, une femme à qui je vendais le journal dans la rue quand j’étais petit m’a proposé d’assister à un cours de musique donné par un Palestinien de Jordanie, Mohammad Fadel. J’ai tout de suite adoré ça et depuis je n’ai plus lâché le morceau. Après un an de cours au conservatoire national de musique Edward-Saïd (ESNCM) et un atelier d’été aux États-Unis, je suis entré en 1998 au conservatoire national de région d’Angers grâce à une bourse française et de l’ESNCM. En 2005, j’ai obtenu la médaille d’or en alto, en musique de chambre, en solfège.

 Vous parlez d’Intifada culturelle. Qu’entendez-vous par là ?

Ramzi Aburedwan. Nous avons réussi, pas seuls bien sûr, avec la participation d’artistes palestiniens, à installer la résistance culturelle. Elle n’était pas du tout prise en considération par nos dirigeants au début du mouvement palestinien de résistance à l’occupation. La culture était ignorée et grâce au travail et à l’aide de beaucoup de gens, notamment au sein du centre Al Kamandjati (le violoniste, en arabe), il devient plus facile d’identifier la nature du combat que l’on mène et de s’y associer. En dix ans, je suis venu à la musique. Mais des pierres au violon, c’est le même combat que je poursuis. Je pense que la société palestinienne commence à le comprendre. Du côté israélien, nous n’avons pas encore résolu le problème. La colonisation continue au jour le jour. Nous n’en avons pas du tout fini avec ces constructions de logements illégales. C’est une politique qui nie l’identité et l’existence des Palestiniens. On peut détruire une maison, ériger un mur, un barrage, on ne peut pas voler votre identité et votre âme, la nôtre, c’est une âme de combat.

 Est-ce dans cet esprit que l’école 
Al Kamandjati a été créée ?

Ramzi Aburedwan. Oui, sans aucun doute. Cette école a été fondée en 2002, lorsque j’étais étudiant à Angers. Il est primordial de pouvoir donner aux enfants palestiniens l’opportunité d’apprendre la musique pour qu’ils puissent vivre normalement comme n’importe quel enfant, qu’ils viennent de Cisjordanie ou du Liban, qu’ils habitent dans des villes, des villages ou des camps de réfugiés. Nous travaillons avec des professeurs venus du monde entier, nous collectons aussi des instruments et des partitions grâce aux dons de particuliers. Près de cinq cents élèves suivent notre enseignement, six d’entre eux étudient en France aux conservatoires de Bordeaux, Toulouse et Angers, un autre à Newark, en Angleterre. J’ajouterai que notre objectif n’est pas politique. Cela peut paraître poétique. Mais par le simple fait de prononcer « Palestine », on parle déjà politique. Pour nous, c’est une réalité quotidienne. En accueillant les enfants, nous profilons un nouveau paysage en Palestine. C’est notre résistance à nous.

 

(1) L’Ensemble national de musiques arabes de Palestine a joué notamment à Choisy-le-Roi, Creil, Toulouse, Cenon, Angers, Paris 20e, Stains, Bagnolet et Vitry-sur-Seine.

Entretien réalisé par 
Bernard Duraud

d'après : http://www.humanite.fr/monde/ramzi-aburedwan-%C2%AB-des-pierres-au-violon-%E2%80%A8la-resistance-culturelle-%C2%BB-489699


Fiasco à Amman

 

Khalid Amayreh - Al Qassam Website
publié le mercredi 8 février 2012.

Les pourparlers qualifiés « d’exploratoires » par certains cadres de l’Autorité palestinienne (AP) n’ont jamais eu la moindre chance d’aboutir, étant donné le refus inébranlable et obstiné d’Israël de mettre un terme à son occupation militaire de la Cisjordanie, de la Bande de Gaza et de Jérusalem Est ainsi que d’autoriser le rapatriement de millions de Palestiniens déracinés dans leurs villages et leurs maison, dans ce qui s’appelle aujourd’hui « Israël ».


Ces demandes palestiniennes sont les plus élémentaires et minimalistes à satisfaire pour pouvoir un jour sauvegarder un accord de paix.

Mais il est évident que les prétendus pourparlers de paix sont tenus non en vue de parvenir à une paix véritable, mais plutôt pour occuper les deux parties et pour faire plaisir au Quartette, lequel se plairait à avoir le sentiment que quelque chose se passe et que le train de la paix n’est pas irrémédiablement bloqué en gare.

C’est ce qu’affirment les négociateurs palestiniens éternellement frustrés, on le conçoit, puisque Israël ne cesse jamais de voler les terres palestiniennes et de démolir des maisons palestiniennes, ne cherchant pas réellement un accord de paix digne mais s’efforçant plutôt de liquider la cause palestinienne.

Tel est le message délivré aux délégués de l’AP par Yitzhak Molcho, chef de la délégation sioniste aux pourparlers, dans son exposé de la vision israélienne d’un « compromis » territorial final en Cisjordanie.

Des sources palestiniennes décrivent les idées de Molcho comme « improbables ». Néanmoins, certains délégués de l’AP, comme Sa’eb Erekat, semblent disposés à entendre Molcho, ce qui pourrait suggérer que l’AP serait disposée à abandonner la demande-clé qu’est le retrait de Cisjordanie jusqu’au dernier pouce de terrain.

Le retrait de la totalité de la Cisjordanie et de Jérusalem Est a toujours été une constante palestinienne jouissant d’un large consensus national.

Selon la vision de Molcho, Israël conserverait et annexerait toutes les colonies juives et les avant-postes de la colonisation établis depuis 1967. Quant à Jérusalem Est sous occupation, la ville ferait partie de la capitale israélienne « éternelle et indivisée ». Toutefois, moyennant un peu de « bonne volonté » palestinienne, Israël se montrerait assez magnanime pour accorder aux arabes et aux musulmans un accès limité aux lieux saints de l’islam à l’Esplanade des Mosquées.

C’est le point essentiel de la position israélienne et il est très improbable que le gouvernement de Benjamin Netanyahou, de loin le gouvernement le plus fasciste et anti-paix, fasse un jour des « concessions » sérieuses susceptibles de donner aux chasseurs de mirages parmi l’AP et les arabes désespérés, comme le roi de Jordanie, ou les cadres du Quartette, le moindre espoir de sauver un accord.

Les Israéliens se rendent compte que le Quartette n’est pas en position de les contraindre à faire de réelles concessions pour la paix. En outre, l’administration américaine vit une année électorale, pendant laquelle les prétendants à la présidence sont forcés de trancher dans une alternative peu attrayante concernant Israël : soit ils se transforment délibérément en vrais prostitués politiques contraints de satisfaire les désirs et caprices israéliens, soit ils commettent un suicide politique.

Nous avons eu récemment un exemple de cette prostitution politique quand le prétendant républicain Newt Gingrich s’est référé aux Palestiniens comme à un « peuple inventé ». Ce candidat « présidentiel » d’une ignorance crasse oublie complètement le fait qu’en comparaison avec le peuple palestinien, le peuple américain (hormis les Amérindiens) est en fait davantage qu’inventé, puisque la majorité des Américains sont des immigrants du monde entier.

Mitt Romney, le rival de Gingrich, se complairait dans pareille diarrhée verbale, afin de plaire à Israël et à ses cercles riches et puissants aux Etats-Unis.

La même chose s’applique au Président en exercice Barack Obama, qui ne rate jamais une occasion de faire l’éloge d’Israël, un état qui mérite l’appellation de crime contre l’humanité pour l’immense souffrance et l’oppression monumentale qu’il a infligées à un peuple sans défense dont le seul crime est de ne pas appartenir à la tribu sacrée, à la « race des seigneurs » ou Peuple Elu.

Dès lors il serait futile de placer le moindre espoir dans une administration américaine traitant les Palestiniens sans le moindre semblant de justice. La culture politique étasunienne est tout simplement trop machiavélique pour produire des présidents dotés de principes et d’une conscience morale, susceptibles de sauter dans le train de la moralité plutôt que dans celui de l’opportunisme.

Quant à l’UE, il est clair que le maximum de ce qu’elle pourrait faire ne suffirait pas à forcer Israël à accéder aux demandes internationales ou à tenir compte du droit international. Cela veut dire que l’UE ne peut que jouer un rôle complémentaire au rôle américain. Par ailleurs, certains Etats européens comme l’Allemagne sont toujours handicapés par le poids de l’héritage du génocide nazi et sont incapables de mener réellement envers le régime sioniste une politique sensée qui puisse conduire à une paix véritable.

Le rôle que joue la Russie dans le Quartette est lui aussi secondaire et symbolique, en dépit de la rhétorique pro-palestinienne que nous entendons encore chez les diplomates russes arabophones qui apparaissent sur les écrans de télévision arabes ou russes.

Dans ces conditions il est vraiment difficile d’envisager une chance raisonnable de paix véritable qui rencontrerait un minimum d’aspirations palestiniennes et aurait l’acceptation d’une majorité de Palestiniens dans le pays et dans la diaspora.

Au lieu de cela on assiste aux efforts concertés et frénétiques d’Israël pour imposer le fait accompli aux Palestiniens, fait accompli qu’il cherche à parfaire en construisant davantage de colonies et en étendant les colonies existantes. Tout futur Etat palestinien en Cisjordanie ne pourrait couvrir que des parties, mais non tout le territoire occupé, la majeure partie de Jérusalem Est restant sous occupation.

Quant au droit au retour, il est évident que les deux parties s’accorderaient à ne pas être d’accord sur cette question prépondérante, mais reste à voir si cet épineux dossier ferait obstacle à un accord partiel possible.

A l’évidence, les Palestiniens ont peu d’alternatives à leur disposition pour faire un choix.

Toutefois il est essentiel que les dirigeants palestiniens ne sacrifient pas les constantes nationales palestiniennes sur l’autel des faveurs et du soutien financier des Américains et des Européens.

En fin d’analyse, les dirigeants de l’AP devraient être capables de « jeter les clés » et d’abandonner l’objectif de la construction d’un Etat.

Je dis cela parce que la construction d’un Etat en soi n’a jamais été un objectif essentiel ou central.

En effet, au cours des différentes phases de leur combat, les Palestiniens ont toujours voulu libérer leur pays usurpé des mains coupables du sionisme international. Et la dernière chose que les Palestiniens chez eux et en exil accepteraient, c’est de recevoir une petite partie de leur terre ancestrale en vue d’y établir un Etat, en échange de la liquidation de leur cause et de la destruction de leurs droits historiques, notamment le droit au retour.

Source : http://www.qassam.ps/opinion-5339-T... / http://www.info-palestine.net/artic... Traduction : Marie Meert

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11543


Le nouveau gouvernement palestinien annoncé le 18 février au Caire
(AFP) – Le 06 Février 7h00


RAMALLAH (Territoires palestiniens) — Le gouvernement provisoire palestinien que va diriger le président Mahmoud Abbas sera annoncé lors d'une réunion de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) le 18 février au Caire, selon un responsable du mouvement de M. Abbas, le Fatah.

"L'annonce finale de la formation du nouveau gouvernement dirigé par le président Abbas aura lieu le 18 du mois au Caire lors d'une réunion de l'instance dirigeante de l'OLP, à laquelle participeront tous les mouvements palestiniens, y compris le Hamas et le Jihad islamique", a déclaré lundi à l'AFP Azzam al-Ahmad, joint par l'AFP à Doha où M. Abbas a signé un accord avec le chef du Hamas, Khaled Mechaal.

D'après : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hi9apdvjNiboEs1jbT_ddLlslmQQ?docId=CNG.36057d1ad0b3930cf60291cbf2d987da.1d1


Nabi Saleh : 13 Palestiniens blessés par les troupes d’occupation

Ma’an News (autres liens en fin d’article)
publié le dimanche 5 février 2012.

Les forces israéliennes ont blessé 13 personnes dans le village de Nabi Saleh, près de Ramallah, lors d’une manifestation vendredi contre la confiscation des terres par Israël, ont rapporté des témoins.

Une ressortissante française a été blessée par le tir d’une cartouche de gaz lacrymogène, ont déclaré des militants. Elle a été emmenée dans un hôpital de Ramallah où elle a reçu des points de suture avant de pouvoir repartir.

Les habitants palestiniens de Nabi Saleh et leurs partisans locaux et internationaux organisent chaque semaine une manifestation contre les empiétements d’un colonie juive installée sur des terres appartenant au village.

En décembre 2011, Mustafa Tamimi, un habitant du village, a été abattu par un tir à bout portant d’une grenade lacrymogène.

Voir aussi, article en anglais publié dans Haaretz, avec vidéo : http://www.haaretz.com/news/diploma...

Sur la jeune Française blessée, voir l’article d’al-Manar : http://www.almanar.com.lb/french/ad...

Source et vidéo : http://www.maannews.net/eng/ViewDet... / http://www.info-palestine.net/artic...

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11528



Proche-Orient > Une Française blessée en défendant les Palestiniens de Nabi Saleh


Ouest France 04 février 2012

Des images de la manifestation où une jeune Française de 20 ans a été blessés, vendredi, à Nabi Saleh, un village de Palestine proche de Ramallah.


اصابة المتضامنة الفرنسية Wounding French solidarity by Israeli army

Selon les manifestants, la jeune femme a été blessée par l'explosion d'une grenade tirée par les soldats israéliens. Il y a eu treize blessés lors de cette manifestation dispersée par l'armée israélienne.

L'armée israélienne affirme, quant à elle, qu'elle a été touchée par une pierre lancée par d'autres manifestants.

Légèrement atteinte, la jeune femme a été transportée dans un hôpital de Ramallah pour y recevoir des points de suture. 

Rappelons que dans ce villages, des Palestiniens, des pacifistes israéliens et des défenseurs étrangers des droits des Palestiniens manifestent chaque vendredi pour l'accès à une source confisquée par des colons juifs occupant illégalement la Cisjordanie.

Et soulignons que le passé récent ne plaide pas en faveur de l'armée israélienne.

En décembre, un jeune Palestinien, Moustapha Tamimi, avait été tué par le tir à bout portant d'une grenade, qui l'avait atteint en plein visage. > Lire ici.

d'après : http://globservateur.blogs.ouest-france.fr/archive/2012/02/04/proche-orient-une-jeune-francaise-blesse-en-defendant-les-pa.html


La détention administrative israélienne est illégale

Mariam Nabil - PNN
publié le lundi 30 janvier 2012.

Le ministre palestinien des Affaires des Prisonniers, Issa Qaraqe, accompagné d’une délégation ministérielle s’est rendu dans le camp de réfugiés de Askar à Naplouse chez le prisonnier Ahmad Nabhan Da’san Saqer, 47 ans, qui a été arrêté en 2008 et condamné à la prison administrative.

Le prisonnier Ahmad Saker est considéré comme le plus ancien prisonnier sous détention administrative israélienne : il a été arrêté trois fois de suite ce qui fait qu’il a passé 12 ans dans les prisons israéliennes.

Un ennemi pervers

Lors de sa visite, Qaraqe a dit à la famille du prisonnier que la détention administrative était illégale et qu’elle était prononcée pour des raisons politiques en l’absence de charges réelles. On peut dire aussi qu’elle est perverse en cela qu’elle atteint l’humanité des prisonniers ; les prisonniers ne savent pas quand ils seront libérés, car leur détention est sans cette prolongée sur l’ordre des Services de Sécurité israéliens.

Guerre psychologique

Selon la famille du prisonnier, Ahmad Saker, la détention administrative est une arme psychologique contre la famille et les enfants du prisonnier qui attendent la fin de sa période détention mais sont déçus à chaque fois qu’elle est prolongée.

Selon elle la détention administrative est dangereuse car le prisonnier doit faire face au tribunal militaire sans pouvoir se défendre ni personnellement ni avec l’aide d’un avocat.

Ahmad interrompt la Cour

Le premier janvier 2012, Ahmad Saker a interrompu la Cour d ’appel administrative ce qui lui a valu une prolongation de sa détention de trois mois. Il dit aussi que le tribunal donne une sorte de légitimité et de couverture à la détention administrative, ce qui est très dangereux. La présence des prisonniers et des avocats au tribunal n’a pas d’importance parce qu’ils ne peuvent rien faire contre les soi-disant "dossiers secrets".

20 000 ordres de détentions administratives depuis 2000

Deux cent quatre-vingts prisonniers sont toujours dans les prisons israéliennes. Les autorités israéliennes ont édicté 20 000 ordres de détentions administratives depuis 2000, dont certains à l’encontre d’enfants, de femmes et de sénateurs palestiniens.

Les ordres de détention administrative sont délivrés par le juge militaire de la région.

Les Palestiniens sont jugés par des tribunaux militaires ce qui viole les principes du droit international qui garantissent un procès équitable. La plupart des prisonniers qui ont été condamnés à la détention administrative sont des les prisons militaires pour hommes de Ofra et Meguido et la prison pour femmes de Hasharon.

Un état au dessus des lois

Israël est le seul pays au monde où la loi de détention administrative qui date de la Loi d’Urgence Britannique de 1945, soit encore en vigueur. Israël viole le droit international et les droits humains en appliquant la détention administrative qui est interdite dans le monde entier.

Israël viole aussi la Quatrième Convention de Genève qui garantit la sécurité des citoyens qui sont sous occupation israélienne et sanctionne les abus comme les procès injustes et la violation des lois internationales par le maintien des prisonniers en détention administrative à l’intérieur des frontières israéliennes alors que le droit international interdit de déporter ou d’emprisonner les prisonniers hors des Territoires Occupés.

Source : http://english.pnn.ps/index.php/rea... / http://www.info-palestine.net/artic... Traduction : Dominique Muselet

d'après :http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11516


Une grand-mère palestinienne fait la grève de la faim

 

Mya Guarnieri - IPS
publié le jeudi 26 janvier 2012.

HEBRON —Une grand-mère Palestinienne a fait la grève de la faim la semaine dernière pour protester contre les violentes attaques de colons israéliens.


Hana Abu Heikel a fait la grève de la faim au nom de sa famille après que des colons aient brûlé leur voiture le week-end précédent. Depuis que des colons israéliens se sont installés dans des maisons proches de celle de la famille Abu Heikel à Hébron en 1984, les Abu Heikel ont vu les colons brûler 8 voitures et en fracasser 6 autres.

Les colons ont aussi attaqué la maison des Abu Heikel à coup de pierres le week-end dernier. Deux jeunes Palestiniens ont été attaqués et passés à tabac par des colons juifs à Hébron pendant la même période. Les jeunes gens ont été assaillis dans la rue Shuhada qui était autrefois le centre animé des commerces palestiniens de Hébron. Comme une colonie israélienne illégale a été construite le long de cette rue, elle a été fermée. Les stores abaissés des commerces sont couverts d’étoiles de David juives peintes à la peinture spray.

Quand les soldats israéliens sont intervenus, ils ont arrêté les Palestiniens et n’ont rien dit aux colons.

Le second week-end de janvier, des colons ont aussi arraché environ 100 oliviers dans deux petits villages près de Salfit en Cisjordanie.

Bien que le premier ministre Benjamin Netanyahu ait approuvé des mesures visant à mettre un frein à la violence des colons le mois dernier, les incidents de janvier montrent que les autorités israéliennes continuent à ne pas vouloir protéger les civils palestiniens et leurs biens.

Les récentes attaques des colons témoignent de l’intensification de la violence en Cisjordanie.

Selon un rapport annuel du Bureau de l’ONU pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), la violence des colons contre les Palestiniens et leurs biens a augmenté de 40% en 2011 par rapport à 2010. Et de 165% si on la compare à 2009.

La violence des colons augmente mais elle n’est pas nouvelle. Selon B’Tselem, l’organisation israélienne des droits de l’homme, les colons israéliens ont tué 50 Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza entre septembre 1987 et juin 2011. Et pendant les 13 années qui se sont écoulées de décembre 1987 à septembre 2000 ils en ont tué 115.

La plupart de ces meurtres n’étaient pas de la légitime défense mais des actes criminels. Selon B’Tselem "les civils israéliens poursuivaient les Palestiniens qui avaient jeté des pierres et tiraient pour tuer".

Selon l’ONU, en 2011 les colons israéliens ont tué 3 Palestiniens et en ont blessé 167 ; la même année, ils ont aussi endommagé ou détruit environ 10 000 arbres appartenant à des Palestiniens, principalement des oliviers.

Le champ d’oliviers de la famille Abu Heikel a été brûlé par des colons en 2008.

Le frère de Abu Heikel, Hani, nous a dit que la famille avait porté plainte environ 500 fois contre les colons auprès des autorités israéliennes au cours des 28 dernières années. Selon lui, la police n’a pas fait une seule enquête et a rejeté toutes les plaintes de la famille.

"Ils nous disent de ’partir, d’abandonner notre maison’," témoigne Abu heikel.

Selon OCHA, plus de 90% des plaintes de Palestiniens contre les colons sont "classés sans suite."

Une partie des raids des colons contre les Palestiniens et leurs biens sont des attaques de représailles ("price-tag") à cause de l’évacuation ou de la menace de destruction d’avant-postes coloniaux illégaux. Mais la plupart du temps, la violence des colons a pour but de chasser les Palestiniens de chez eux pour que des Israéliens puissent s’approprier leurs biens et ainsi augmenter l’emprise d’Israël en Cisjordanie.

Les Abu Heikel sont encerclés par les colons qui essaient de les forcer à partir mais ils refusent d’abandonner leur maison. Abu Heikel, dont la famille est ancienne à Hébron, nous a raconté que ses grands-parents avaient offert abri et protection à 400 Juifs pendant le massacre de Hébron au cours duquel 67 Juifs avaient été tués.

Cela n’empêche pas les colons de vouloir chasser la famille Abu Heikel.

Une fois un colon a découpé la clôture qui entoure la maison des Abu Heikel et est entré dans le jardin. La femme israélienne était accompagnée de ses enfants. C’est une des raisons pour lesquelles la violence des colons est si épouvantable —il y a des colons qui incitent leurs enfants à persécuter la population autochtone palestinienne. J’ai moi-même interviewé des enfants, dont une fillette de 13 ans, qui admettaient ouvertement qu’ils jettaient des pierres aux Palestiniens.

Le récent rapport de l’ONU sur la violence des colons, rappelle que, selon le droit international, Israël doit protéger les civils et leurs biens et "s’assurer que tous les incidents de violence des colons soient examinés d’une manière approfondie, impartiale et indépendante."

La Haute Cour de Justice israélienne a aussi statué que l’armée doit protéger les Palestiniens et leurs biens dans les Territoires Occupés.

Mais Abu Heikel affirme que lorsqu’il demande de l’aide à la police et aux soldats israéliens on lui répond que "notre travail est seulement de protéger les colons."

Le troisième week-end de janvier a été calme, mais les organisations des droits de l’homme de Cisjordanie se préparaient à affronter des attaques de représailles ("price-tag") suite à la récente démolition par Israël d’un avant-poste colonial illégal. Une porte-parole des Equipes Chrétiennes pour la Paix a dit à IPS que son organisation et d’autres s’attendaient à des violences imminentes dans le secteur de Hébron. Les organisations se sont relayées pour maintenir une présence internationale dans la ville et surveiller à la fois les colons et l’armée israélienne.

La porte-parole, qui nous a demandé de garder l’anonymat par crainte des autorités israéliennes, a ajouté que si les colons avaient gardé un calme inhabituel la semaine dernière, les soldats israéliens de la brigade Golani, par contre, avaient fait un raid contre un bâtiment des Equipes Chrétiennes pour la Paix et un appartement voisin.

Source : http://www.ipsnews.net/news.asp?idn... / http://www.info-palestine.net/artic... Traduction : Dominique Muselet

D'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11510


Quand la France oublie les Territoires Palestiniens
Le blog de Nicolas Falez - 29 janvier 2012 - 16h44


Pour la première fois en 2012, les Français éliront 11 députés représentant les Français de l'étranger.

Mais on a beau chercher sur le site internet du Ministère des Affaires Etrangères, les Territoires Palestiniens n'apparaissent dans aucune circonscription (http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/les-francais-a-l-etranger/elections-2012-votez-a-l-etranger/les-elections-en-2012-a-l-etranger/article/votre-circonscription-pour-l).

Ni dans la 8ème (Chypre, Grèce, Israël, Italie, Malte, Saint-Marin, Saint-Siège, Turquie) ni dans les 9ème et 10ème qui rassemblent un certain nombre de pays des rives de la Méditerranée et/ou de pays arabes. Ni dans les autres.

Question : quel député représentera les Français et Franco-palestiniens établis en Cisjordanie, à Gaza ou à Jérusalem-Est? 

d'après : http://jerusalem.blogs.rfi.fr/article/2012/01/29/quand-la-france-oublie-les-territoires-palestiniens



Manifestation de jeunes Palestiniens contre les rencontres avec Israël

El Watan
publié le dimanche 22 janvier 2012.


Quelque 200 Palestiniens ont protesté samedi à Ramallah, en Cisjordanie, contre la récente série de rencontres "exploratoires" israélo-palestiniennes en Jordanie.

Négociateurs israéliens et palestiniens se sont rencontrées à trois reprises en janvier, à Amman, pour discuter d’une possible reprise des négociations israélo-palestiniennes bloquées depuis septembre 2010. Ces rencontres n’ont donné aucun résultat tangible.

Les manifestants, pour la plupart des jeunes, ont défilé aux abords du quartier général de la présidence palestinienne en criant "Erakat arrête les négociations !" et "Pourquoi négocier alors que nous sommes sous le feu des soldats israéliens ?", selon un correspondant de l’AFP. Saëb Erakat est le principal négociateur palestinien chargé des pourparlers avec Israël.

Le rassemblement avait été appelé par un collectif baptisé "Les Palestiniens pour la dignité" qui avait déjà organisé une manifestation similaire la semaine dernière à Ramallah.

Ces manifestations, et les doutes exprimés publiquement par certains dirigeants palestiniens, reflètent le scepticisme de l’opinion publique palestinienne vis-à-vis de négociations considérées comme stériles et maintenues artificiellement en vie par la communauté internationale.

M. Erakat et son homologue israélien Yitzhak Molcho, émissaire du Premier ministre Benjamin Netanyahu, doivent se revoir une nouvelle fois samedi soir à Amman, selon une source palestinienne.

Les deux parties s’attachent à souligner que ces contacts ne signifient pas la reprise du processus de paix au point mort.

M. Erakat a déclaré le 11 janvier à l’AFP que la délégation palestinienne ne "continuerait pas les discussions exploratoires en Jordanie après le 26 janvier sans un arrêt de la colonisation" israélienne.

Le Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU) a fixé aux deux parties l’échéance du 26 janvier pour présenter des propositions détaillées sur le tracé des frontières d’un futur Etat palestinien et la sécurité en vue d’un règlement de paix.

AFP

Source : http://www.elwatan.com/une/manifest...

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11504


Palestinian does not have any rights to go through freely in Palestine 10.Jan.2012
[ccippp-paris] vidéo à voir pour les anglophones


Palestinian does not have any rights to go through freely in Palestine 10.Jan.2012

Je n'avais jamais vu une manifestation similaire en Cisjordanie (le webmaster)

Apartheid : des conducteurs palestiniens tentent d’utiliser les routes réservées aux seuls juifs
Jenny Baboun - Ma’an News
publié le mercredi 11 janvier 2012.

Environ 60 personnes venues de toute la Cisjordanie mardi ont essayé de rouler de Jéricho à Ramallah sur une route réservée aux seuls juifs, afin de protester contre les restrictions israéliennes sur la circulation des Palestiniens.

Les Comités de résistance populaire ont organisé le cortège de près de 50 voitures pour protester contre le réseau de routes en Cisjordanie construit pour l’usage exclusif des colons juifs.

Le porte-parole des comités, Bachir Tamimi, a dit à Ma’an que la protestation visait à envoyer un message selon quoi les routes ont été construites sur des terres palestiniennes, et visait aussi à protester contre les attaques des colons contre les Palestiniens et leurs lieux saints.

Les manifestants ont roulé jusqu’au check-point de Jéricho avec des drapeaux palestiniens sur leurs voitures, où ils ont été accueillis par des dizaines de soldats israéliens qui ont refusé de les laisser passer.

Tamimi dit que les forces d’occupation ont arrêté cinq personnes, dont une fille de 15 ans.

Un porte-parole militaire israélien a déclaré que les manifestants avaient « un comportement violent » (il vaut mieux entendre cela qu’être sourd ! Chutzpah typique... - NdT). Sommés de s’expliquer, les responsables de l’armée ont dit qu’ils s’étaient comportés « d’une manière qui faisait qu’i’ils avaient besoin d’être détenus ».

Des images vidéo prises par les militants montre deux personnes détenues pour avoir manifesté pacifiquement, et un soldat israélien qui tente de confisquer la caméra d’un journaliste.

Environ 45% de la Cisjordanie est interdite aux Palestiniens parce attribuée par les forces israéliennes d’occupation à des colons. Israël a érigé plus de 500 checkpoints et barrages routiers en Cisjordanie, afin d’empêcher les Palestiniens de se déplacer et de faciliter les mouvements des colons, a déclaré le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires.

En 2011, cinq Palestiniens ont été assassinés - dont deux enfants - et 1000 autres blessés par des colons ou des forces militaires d’occupation dans des incidents liés à la colonisation, a déclaré l’agence de l’ONU dans un rapport publié mardi.

Les colonies sont totalement illégales au regard du droit international.

Source et vidéo : http://www.maannews.net/eng/ViewDet... / http://www.info-palestine.net/artic...

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11467


Israël se ligue contre les Palestiniens

Khalid Amayreh

samedi 24 décembre 2011 - 07h:00

Khalid Amayreh
Israël ne compte pas mettre un terme à ses plans de construction de nouvelles colonies exclusivement juives sur la terre qui appartient aux Arabes. Il poursuit au contraire ses projets qui ont conduit au gel et à la rupture du processus de paix, écrit Khaled Amayreh [Jérusalem occupée].

Profitant de la situation agitée que vit actuellement le monde Arabe, de l’approche des élections présidentielles américaines et de l’impuissance patente de la communauté internationale devant l’unilatéralisme provocateur et belliqueux d’Israël, le gouvernement de ce dernier avait intensifié ses mesures hostiles contre la grande communauté Palestinienne sans défense.

En effet, les mesures entreprises par Israël se traduisent, notamment, par la confiscation d’une partie considérable des terres appartenant aux Palestiniens afin d’élargir les colonies, la démolition délibérée et gratuite des maisons, les attaques acharnées et les actes de vandalisme contre les Palestiniens et leurs biens. Par ces moyens, Israël ambitionne de barrer la route devant toute possibilité d’établir un état palestinien durable et voisin dans la Cisjordanie.

Par ailleurs, la toute nouvelle combine colonialiste israélienne envisagerait de confisquer des milliers d’acres de terres au sud de Bethléem, appartenant principalement aux Arabes. Cette semaine, l’armée de l’occupation israélienne a donné son approbation pour l’établissement, au sud de la ville Biblique, d’une nouvelle colonie permanente et qui contiendrait une ferme et bien d’autres infrastructures. La colonie devrait également isoler le sud de la Cisjordanie (la région d’Hébron) des régions de Bethléem et de Ramallah, mettant ainsi fin à la continuité démographique Palestinienne dans le voisinage.

Les officiels de l’Autorité Palestinienne (AP), restés pratiquement impuissants, ont qualifié de « scandaleux » les nouveaux plans de construction de nouvelles colonies juives. Dans ce cadre, un des responsables de l’AP a jugé que le nouveau projet d’expansion était une transgression et un « acte de viol ».

Par ailleurs, les porte-paroles de l’AP ont lancé un appel à l’Egypte et à l’Union Européenne les exhortant de condamner et de s’opposer activement aux plans Israéliens qualifiés, à juste titre, de « tentatives de briser définitivement le dernier espoir pour une paix juste et digne dans la région ».

Dans le même contexte, il faut souligner qu’Israël s’est déjà accaparé de plusieurs kilomètres carrés des terres à travers toute la Cisjordanie, notamment dans la région de Jérusalem et de la Vallée du Jourdain. A ce titre, l’organisation israélienne des droits de l’homme « B’tselem » affirme qu’en 2011, le gouvernement israélien a réussi à construire jusqu’à 2500 colonies sur le territoire occupé en 1967.

Le rapport de B’tselem vient d’être appuyé par l’avis des cartographes, des démographes et des experts politiques qui soutiennent que l’établissement de 270 colonies, toutes superficies confondues, a étouffé toute perspective réaliste pour la mise en place de la solution à deux états.

En analysant cette situation, les observateurs sont d’avis qu’Israël se sent en sécurité et à l’abri des pressions américaines compte tenu de l’approche de la période des élections présidentielles aux Etats-Unis. Autrement dit, toute critique, même justifiée, envers Israël serait synonyme de suicide pour l’administration Obama ainsi que pour tout autre candidat à la présidentielle.

La preuve : un des candidats républicains à la présidentielle, Newt Gingrich, qui s’était adressé devant une audience de Juifs Américains avait déclaré que les Palestiniens étaient un « peuple inventé ». Ce mensonge scandaleux et offensant avait apparemment pour but de solliciter les voix et surtout l’argent de la puissante communauté juive.

D’autre part, Israël semble persuadé que l’Union Européenne, totalement préoccupée et penchée sur ses propres ennuis financiers et économiques, n’est pas dans une position d’exercer une pression claire et significative sur lui. Par ailleurs, il est des pays européens, à l’instar de l’Allemagne, qui sont considérés comme les alliés les plus proches de Tel Aviv.

Ce sentiment d’impunité va donc au-delà du vol continu, au grand jour, des terres Palestiniennes au profit de l’expansion des colonies. En effet, Israël s’adonne également à la démolition des maisons des Arabes partout en Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est. Pas plus tard que dimanche, le 11 décembre, une maison a été détruite à Beit Hanina, dans le quartier de Jérusalem. Cette demeure appartenait à la sœur d’un des prisonniers palestiniens, récemment libéré du fait de l’accord d’échange ‘’Gilad Shalit’’, conclu entre Israël et le Hamas.

Les propriétaires, la famille Al-Razem, ont condamné l’acte et ont accusé le gouvernement israélien d’avoir « détruit la maison familiale » pour punir l’ancien prisonnier.

Interrogée, Oum Nidal Al-Razem, la sœur du prisonnier libéré Fouad Al-Razem, reconnait : « Il ne peut y avoir une justice pour les non juifs en Israël. Je pense que les Juifs ont appris les pires méthodes possibles de leurs anciens oppresseurs. En d’autres termes, la justice pour les non juifs est un terme qui n’existe pas la mentalité ni dans le lexique des juifs. Leur seul objectif est de nous expulser de notre terre et ce, pour un Israël sans Arabes ».

D’après des sources bien informées de Jérusalem, les expulsions israéliennes ont, au cours des deux dernières années, atteint les 800 familles palestiniennes résidant à Jérusalem-Est. Dans ce contexte, Ahmed Qurei, membre de l’OLP (Organisation pour la Libération de la Palestine), déclare que ces expulsions n’ont qu’une seule et unique explication, à savoir un nettoyage ethnique en silence.

Pendant ce temps, des colons juifs néo-nazis ont attaqué et saccagé des villages et des hameaux Palestiniens dans le nord de la Cisjordanie, y compris Aseera Al-Qibleya situé près de Naplouse. Les gens du coin et des témoins oculaires ont rapporté qu’une centaine de colons lourdement armés et habillés en uniformes noirs avaient pris d’assaut les maisons du village. Ils ont cassé les fenêtres et pare-brises des voitures et ont sauvagement tiré en l’air.

Ces colons agresseurs, venus de la colonie voisine de Yetzhar, ont, pendant plus de 30 minutes, terrorisé les Palestiniens et saccagé leurs biens avant de regagner Yetzhar. Bien évidemment, l’intervention de l’armée israélienne pour disperser et maîtriser les colons a été très limitée. Bien souvent, les Palestiniens ont accusé l’armée israélienne de se servir des colons comme force paramilitaire pour attaquer et persécuter la population Palestinienne.

Il faut dire aussi que les colons embrassent une doctrine extrémiste qui stipule que les non juifs vivant là où la loi religieuse juive (halakha) est appliquée, doivent être réduits à l’esclavage en tant que porteurs d’eau ou scieurs de bois, sinon expulsés ou éliminés physiquement.

Dans une autre tournure des évènements, une vingtaine de colons juifs, connu sous le nom des hilltop youths [terme utilisé pour désigner les groupes des jeunes nationalistes juifs, inspirés par les idéaux religieux sionistes], avaient traversé le Jourdain en s’emparant d’une vieille bâtisse avant de retourner à la Cisjordanie. Un porte-parole israélien a expliqué que ces colons étaient partis protester contre la pression Jordanienne sur Israël l’exhortant à reconsidérer les plans pour la destruction d’un pont à Jérusalem-Est. Le pont Maghariba qui est proche de la Mosquée d’Al-Aqsa est considéré par les Palestiniens et les Etats Arabes comme une grave altération du statu quo dans la ville.

Dans ce contexte, Israël prétend que la rampe en bois menant du Mur du Buraq, connu dans la phraséologie juive comme le Mur des Lamentations ou le Mur Occidental, risquerait de s’effondrer et devra donc être remplacé. Toutefois, les officiels Musulmans avaient condamné les plans israéliens inscrits dans le cadre des efforts fournis pour oblitérer l’identité islamique de Jérusalem-Est, notamment la Mosquée d’Al-Aqsa. Pour rappel, les Musulmans considèrent cette dernière, ainsi que sa large cour et esplanade comme le troisième lieu saint de l’Islam.

De ce fait, un responsable du Hamas dans la Bande de Gaza estime que ces agissements constituent « un acte violent synonyme d’une déclaration de guerre de religion contre le lieu saint de l’Islam »

Par ailleurs, et dans ce qui semblerait être une réponse aux pressions jordaniennes et égyptienned, le gouvernement israélien a demandé aux groupes juifs talmudiques et de droite qui sont à la tête de la municipalité de Jérusalem de reporter les travaux sur le pont en bois.

d'après : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=11588


Faut-il revoir les règles de la guerre en Israël et dans le TPO ?
IRIN
publié le mardi 20 décembre 2011.

TEL AVIV, 19 décembre 2011 (IRIN) - Suite à l’augmentation des violences entre l’armée israélienne et les militants de la bande de Gaza, les menaces israéliennes de lancer une seconde attaque à grande échelle dans le Territoire palestinien occupé (TPO) soulèvent des questions pressantes sur le droit international humanitaire (DIH) :

Comment mieux protéger les civils en période de guérilla urbaine ? Faut-il amender le DIH, compte tenu du fait que la ligne séparant les civils des combattants est de plus en plus floue, en particulier dans des endroits comme Gaza ?

Les responsables militaires israéliens soutiennent que de nombreuses règles humanitaires sont mal adaptées pour combattre les militants dans la bande de Gaza si densément peuplée et disent que la réalité actuelle de la région nécessite une révision du DIH.

« Le droit international n’est pas l’incarnation de la moralité, » a dit à Tel Aviv le philosophe israélien Asa Kasher, auteur d’une première version du code de conduite des Forces de défense israéliennes (IDF) ; il s’exprimait à l’occasion d’une récente conférence destinée à trouver des réponses à certains des défis posés par la guérilla urbaine aux pratiques militaires sur le terrain. « Nous avons besoin d’autres règles qui s’appliquent à notre armée quand elle est confrontée à des terroristes dans des zones de forte densité démographique. »

Cette position est vivement contestée par le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) qui est chargé de veiller à ce que les parties en guerre se conforment au DIH. Pour le CICR, les Conventions de Genève sur le droit de la guerre s’appliquent aussi aux conflits asymétriques en milieu urbain.

Quand les responsables militaires israéliens déclarent inévitable une attaque similaire aux 23 jours de l’Opération « Plomb durci » qui a fait des centaines de victimes civiles palestiniennes en 2008-2009, la question est en effet de plus en plus d’actualité. « Il ne fait aucun doute qu’une guerre aura lieu à Gaza, probablement plus tôt que nous ne le pensons. Et ce sera plus difficile à chaque fois, » a indiqué Dan Harel, ancien chef adjoint du personnel des IDF durant la conférence.

Ses remarques coïncidaient avec la flambée récente des violences à Gaza quand un raid aérien israélien a tué au moins un civil et blessé plusieurs personnes début décembre, en riposte à plusieurs tirs de roquettes contre le territoire israélien par des militants de Gaza.

Quelle est la définition de la « participation directe » ?

Alors que le droit international interdit de cibler les civils, M. Harel défend les interventions militaires passées d’Israël à Gaza, en soulignant les défis que représente le fait de se battre dans des zones urbaines de forte densité.

« Comment faire la différence entre les groupes de civils et ceux de combattants dans une rue bondée, surtout quand les combattants ne portent pas d’uniformes ? Comment éviter de tuer des civils dans des zones urbaines, quand le Hamas se cache parmi eux ? » a t-il demandé durant la conférence, qui était organisée par l’Institut des études sur la sécurité nationale (INSS).

Le Hamas, le groupe militant qui dirige la bande de Gaza, récuse les accusations d’utilisation des civils comme boucliers humains ; et le rapport de la Mission d’établissement des faits de l’ONU sur le conflit de Gaza, qui a accusé à la fois Israël et le Hamas d’avoir commis des crimes de guerre, n’a trouvé aucune preuve que des civils auraient été forcés par le Hamas à rester dans des zones attaquées.

Knut Dörmann, directeur du département juridique de la CICR à Genève, a indiqué que tout usage de ce qu’on appelle des « boucliers humains » serait considéré comme un crime de guerre selon le DIH. Mais les boucliers humains volontaires ne peuvent être considérés comme des participants directs à la guerre que « s’ils représentent un obstacle physique pour une opération militaire, » a t-il ajouté.

Cette notion, a t-il reconnu, fait l’objet d’un débat incessant. Ni les Conventions de Genève, ni leurs Protocoles additionnels ne fournissent de définition claire de ce que constitue la participation directe à des hostilités armées. Mais selon l’interprétation du DIH par le CICR, la participation directe implique un acte susceptible de causer préjudice ou d’affecter des opérations militaires ; il doit y avoir un lien causal direct entre cet acte et le préjudice susceptible d’en découler ; et l’acte doit être spécifiquement conçu pour causer directement un préjudice en faveur d’une des parties au conflit et au détriment d’une autre.

Les civils perdent leur droit à la protection contre les attaques directes pendant toute la durée de l’acte qui correspond à une participation directe aux hostilités ; en cas de doute sur leur statut de combattants, il faut présumer, dit le CICR, qu’ils sont protégés contre les attaques directes, jusqu’à ce que leur statut puisse être déterminé.

Le DIH : une application complexe

Toutefois il est extrêmement compliqué d’appliquer le DIH dans le contexte du conflit entre Israël et Gaza, parce que celui-ci ne correspond pas vraiment aux catégories définies des conflits armés internationaux et non-internationaux.

Malgré l’absence de troupes israéliennes sur le terrain, le CICR considère Gaza comme un territoire occupé, parce qu’Israël y a gardé une influence considérable, notamment en ce qui concerne les eaux territoriales, l’espace aérien et les frontières. Pourtant, les obligations d’Israël envers Gaza dans le cadre du DIH sont très limitées, parce qu’il n’a pas de présence permanente dans la bande de Gaza.

« Il y a un rapport entre l’ampleur du pouvoir d’Israël et ses responsabilités juridiques – là où il y a pouvoir, il doit y avoir responsabilité, » a dit à IRIN le conseiller juridique du CICR de Tel Aviv, Eitan Diamond. Ainsi, la gestion du système éducatif peut être une des obligations de l’occupant, mais parce qu’Israël n’a pas de présence permanente à Gaza, il ne peut pas et n’est donc pas obligé d’assumer cette responsabilité. Israël doit cependant garantir que les besoins fondamentaux de la population, comme l’eau, l’alimentation et les fournitures médicales sont assurés.

Mais la complexité de la situation ne s’arrête pas là. Toute occupation relève de la catégorie des conflits armés internationaux, mais cette occupation est le résultat d’un conflit historique entre l’Egypte et Israël qui n’existe plus depuis longtemps. Le Hamas n’est pas une partie à ce conflit armé ; il s’agit plus exactement d’un nouveau conflit qui serait normalement considéré comme un conflit armé non-international. Toutefois, en raison de l’occupation prolongée, les règles sur les conflits armés internationaux continuent de s’appliquer.

Les prisonniers de guerre

Cependant, les militants palestiniens capturés par Israël ne sont pas considérés comme prisonniers de guerre – et donc ayant droit à une protection spéciale – parce qu’ils ne sont pas des acteurs étatiques. « Ils ne se trouvent pas pour autant dans un vide juridique, » a indiqué M. Diamond, car ils ont encore droit à une protection dans le cadre de la Quatrième Convention de Genève sur la protection des civils.

Comme le stipule l’article 4 de cette convention, « sont protégées par la Convention les personnes qui, à un moment quelconque et de quelque manière que ce soit, se trouvent, en cas de conflit ou d’occupation, au pouvoir d’une Partie au conflit ou d’une Puissance occupante dont elles ne sont pas ressortissantes. »

« Même si la question de savoir si Gaza est une zone occupée peut faire débat, la Cisjordanie est sans aucun conteste un territoire occupé, » a expliqué M. Diamond , « et puisque la Cisjordanie et la bande de Gaza sont reconnues comme étant une seule unité territoriale, les Gazaouis détenus par Israël sont clairement des personnes aux mains d’une Puissance occupante. »

Quoique les militants palestiniens puissent légalement être la cible d’attaques pendant qu’ils participent aux hostilités, ils doivent être protégés en tant que civils une fois capturés, car la menace qu’ils représentent est neutralisée par leur détention.

« Le fait de leur participation aux hostilités n’a de signification que durant ces hostilités, » a dit M. Diamond. Une fois qu’ils sont en détention, ils ont droit à toutes les protections exposées dans la Quatrième Convention de Genève : ils doivent notamment être traités humainement, avoir des contacts avec leur famille et recevoir l’assistance du CICR.

« Guerres asymétriques transnationales »

En outre, même quand un militant est identifié comme cible légitime, d’autres facteurs doivent être pris en compte.

« On ne peut pas simplement mettre à exécution la décision de tuer » dans tous les cas, a dit M. Dörmann à la conférence de Tel Aviv. D’après le principe de proportionnalité, la perte potentielle de vie doit être mise en balance avec un avantage militaire concret et direct, en particulier dans les zones densément peuplées comme Gaza, où les cibles militaires se trouvent souvent au milieu des zones d’habitation.

Le philosophe israélien Kasher, qui a exprimé très explicitement son mépris de l’actuel DIH, a du mal à accepter cette interprétation. Comme un certain nombres d’autres participants à la conférence, il ne voit pas pourquoi Israël aurait davantage de responsabilités envers ceux qu’il perçoit comme les « civils de l’ennemi » qu’envers ses propres soldats.

« Le DIH ne s’inquiète que des civils, et pas des soldats, et c’est immoral, » a dit Kasher.

Pour l’ancien chef du renseignement militaire israélien Amos Yadlin, les normes éthique du DIH ne correspondent pas à [la réalité des]opérations d’Israël à Gaza.

« Si nous devons avoir des règles morales, a t-il dit, nous devons les adapter aux circonstances israéliennes. Les chefs militaires ont trop de dilemmes à résoudre quand ils prennent des décisions sur le terrain. »

Voilà justement pourquoi il est d’autant plus important, a rétorqué M. Dörmann, que les chefs militaires connaissent précisément les règles, de façon à pouvoir les appliquer sur le terrain. « Il est essentiel que chaque soldat connaisse bien le DIH. »

Israël a signé les Conventions de Genève, mais n’a pas ratifié les protocoles pour la protection des victimes de conflits armés. Toutefois, le principe est largement accepté que ces règles font partie du droit international coutumier et sont par conséquent applicables dans tous les conflits.

Un projet commun de l’INSS et de l’Université de Tel Aviv est actuellement en train de chercher la façon d’amender le DIH, une initiative très délicate car tout amendement nécessiterait un accord international spécifique. « Nous essayons d’adapter le droit international à la lutte contre ce que nous appelons les guerres asymétriques transnationales, » a expliqué Yehuda Ben Meir, directeur de recherches à l’INSS.

« Il faut commencer à réfléchir »

Selon M. Dörmann du CICR, une telle mesure serait dangereuse. Au lieu d’adapter les lois à la guerre asymétrique, les réglementations existantes devraient au contraire être consolidées et renforcées, a t-il dit.

« Sinon, nous allons nous trouver dans un engrenage où le DIH sera de moins en moins respecté. »

Adapter les règles aux armées régulières ne ferait que forcer les militants à changer leurs tactiques, ce qui, par voie de conséquence, amènerait l’armée nationale à démanteler encore plus le DIH, a t-il averti.

Pour pouvoir affronter les défis futurs, le CICR recommande fortement à l’armée israélienne de tirer les leçons des ses expériences passées durant l’Opération « Plomb durci », qui fit 1 387 victimes palestiniennes dont environ la moitié n’avaient pas pris part aux hostilités.

Les civils pourraient être mieux protégés si les attaques étaient annoncées à l’avance de façon plus effective, a t-il dit.

Il a également soulevé des inquiétudes quant à l’usage d’armes spécifiques dans les zones d’habitation, notamment le phosphore blanc qu’Israël a utilisé durant la phase initiale de l’opération. Utilisée au départ comme écran de fumée pour dissimuler les mouvements, le phosphore blanc est de plus en plus utilisé comme arme offensive, parce qu’il peut causer des brûlures sévères, ou même la mort.

« Il faut commencer à réfléchir à l’usage de l’artillerie et des mortiers dans les zones d’habitation, et surtout à l’utilisation du phosphore blanc, » a déclaré M. Dörmann.

Promouvoir un concept qu’il désigne comme « la retenue courageuse », c’est le conseil proposé aux Israéliens par Stanley McChrystal, sur la base de son expérience d’ancien commandant des forces américaines en Afghanistan.

« Limiter la puissance de tir pouvait peut-être augmenter les risques pour les soldats. L’argument est correct, » a t-il dit à la conférence de Tel Aviv. « Mais il était nécessaire de protéger les civils à long terme… [et] parce que la perception de notre conduite au sein de la population afghane était devenue si importante. »

Pour Israël, l’image joue aussi un grand rôle dans les conflit de la bande de Gaza, a indiqué M. Diamond du CICR. « Ce conflit va bien au-delà du champ de bataille, et chaque partie déploie des efforts considérables pour prouver sa légitimité. Si vous êtes pris à violer les règles, c’en est fini de votre légitimité. »

Source : http://www.irinnews.org/fr/ReportFr...

Voir aussi :

Israël travaille au changement du droit international (1/2) dimanche 28 février 2010 Jeff Halper The Palestine Telegraph

http://www.info-palestine.net/artic...

Israël travaille au changement du droit international (2/2)

http://www.info-palestine.net/artic...

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11401




Naplouse : un enfant palestinien entre la vie et la mort après avoir été renversé par un bus de colons juifs

Ma’an News
publié le lundi 19 décembre 2011.

David Beeri, chef d’une clique de colons à Jérusalem, renverse au volant de sa voiture des enfants palestiniens dans le quartier de Silwan en 2010 - Photo : Ma’anImages

Un enfant a été grièvement blessé dimanche après avoir été renversé par un autobus de colons sur une route au sud de Naplouse.

Le responsable palestinien Ghassan Douglas a déclaré qu’un bus appartenant à des colons a renversé Muhammad Munjid, un écolier de l’école primaire, alors qu’il traversait la rue.

Des témoins dans Naplouse ont déclaré à Ma’an que la police israélienne avait bloqué la route et prétendait enquêter pour déterminer si l’incident était accidentel ou non.

L’enfant a été emmené à l’hôpital et se trouve dans un état grave.

Des témoins ont déclaré qu’un groupe de colons est ensuite sorti du bus et s’est attaqué à un homme nommé comme Fadi Ahmad Samara, âgé de 32 ans, qui était sur les lieux de l’incident.

Les attaques des colons en Cisjordanie contre les Palestiniens ont augmenté de plus de 50% cette année, selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires.

Les colons israéliens au nombre de 500000 en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, vivent dans des communautés exclusivement juives qui sont toutes illégales au regard du droit international.

Source : http://www.maannews.net/eng/ViewDet...


Violences et arrestations à Nabi Saleh, une semaine après la lort de Mustafa Tamimi
Thiry - Palestine News Network
publié le dimanche 18 décembre 2011.

Au delà des revendications territoriales, les habitants de ce petit village de Cisjordanie, ainsi que de nombreux activistes internationaux ont voulu rendre hier un hommage à Mustafa Tamimi, mort exactement il y a une semaine.

Au delà des revendications territoriales, les habitants de ce petit village de Cisjordanie, ainsi que de nombreux activistes internationaux ont voulu rendre hier un hommage à Mustafa Tamimi, mort exactement il y a une semaine.

La manifestation hebdomadaire de Bil’in fut également tenue sous le signe de la solidarité envers la famille Tamimi. De nombreux israéliens de gauche ont fait le déplacement pour exprimer leur consternation. Un bus en provenance de Tel-Aviv a même été affrété pour l’occasion. Une centaine de manifestants ont fait le déplacement. La manifestation a débuté dans une atmosphère de deuil. De nombreuses pancartes et T-shirt ont été distribués à la foule pour demander justice. La famille de la victime faisait également partie du cortège, entourée par des journalistes et photographes venus du monde entier. Les parents ont ensuite préféré quitter les lieux pour éviter les violences qui ont lieues systématiquement lorsque, manifestants et soldats se font face.

Un important dispositif sécuritaire fut déployé en cette occasion pour contenir les protestataires sur la route principale. L’armée israélienne a eu recours massivement à des tirs de gaz lacrymogène, ainsi qu’à un canon à eau, pour disperser la foule. Les véhicules militaires n’ont cependant pas pénétré dans le village.

Après une heure et demie de va-et-vient, les contestataires rejoint par des membres de l’International Solidarity Movement (ISM) se sont ultérieurement dirigés vers la route située en contrebas du village. Ils furent stoppés par une ligne compacte de soldats qui n’ont pas tardé à se mettre en joue et à procéder à des arrestations.

Au total au moins 15 palestiniens, israéliens et internationaux ont été arrêtés ce vendredi. L’information a été confirmée par un porte-parole de l’armée.

Source : http://french.pnn.ps/index.php?opti...


Thiry - Palestine News Network
d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11389