ISRAËL : réflexions
"anciennes" mais toujours d’actualité : Une humanité relative .
L’obstacle fondamental sur le chemin d’une solution à un État. (Par
Omar Barghouti, via Mediapart) publié le jeudi 17 novembre 2011.
![]() « La conquête peut
représenter le mal autant que le bien pour l’humanité,
selon la valeur comparative des peuples conquérant et conquis. » (Théodore Roosevelt) http://blogs.mediapart.fr/blog/fxav... NDLR : Le texte, en anglais (janvier 2003) http://electronicintifada.net/conte... 1. Introduction Bon débarras ! La solution à deux États au conflit israélo-palestinien est finalement morte. Cependant, il faut que quelqu’un émette un certificat de décès officiel avant que le corps en décomposition ait droit à un enterrement adéquat et que l’on puisse continuer et examiner l’alternative plus juste, morale et donc plus durable, pour une coexistence pacifique entre les Juifs et les Arabes dans la Palestine mandataire : la solution à un État. Aveuglé par l’arrogance du pouvoir et le confort éphémère de l’impunité, Israël, à l’encontre de ses intérêts stratégiques sionistes, n’a pas réussi à contrôler son appétit expansionniste insatiable et est allé de l’avant en dévorant la toute dernière parcelle de terre qui devait former la fondation matérielle d’un État palestinien indépendant. Depuis l’émergence de la seconde Intifada palestinienne, Israël est entré dans une nouvelle phase critique, dans laquelle sa répression militaire contre les Palestiniens en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza occupés a atteint de nouveaux fonds et son mépris pour les résolutions de l’ONU atteint de nouveaux sommets, où ses incessantes confiscations de terres l’ont mené à ériger un mur entourant les centres de population palestiniens, séparant les Palestiniens de leurs terres - les dépossédant ainsi de nouveau - et où la corruption morale et la discrimination raciale ont plus clairement effrité la cohésion interne de la société israélienne, tout comme son image fabriquée de « démocratie ». Par conséquent, la perception d’Israël dans l’opinion publique mondiale a plongé, l’amenant plus près du statut d’État paria. Cette phase comporte toutes les caractéristiques symboliques de ce qui peut être considéré comme le chapitre final du projet sioniste. Nous assistons à la mort rapide du sionisme et rien ne peut être fait pour le sauver, puisque le sionisme est condamné à s’autodétruire. Pour ma part, je favorise l’euthanasie. Pour revenir à la solution à deux États, elle n’a jamais constitué en soi une solution morale, sans compter que la date d’expiration est passée. Dans le meilleur des cas, c’est-à-dire par l’application méticuleuse de la résolution 242, elle aurait répondu à la plupart des droits légitimes de moins d’un tiers du peuple palestinien sur moins d’un cinquième de leur terre ancestrale. Plus de deux tiers des Palestiniens, les réfugiés et les citoyens palestiniens en Israël, ont été, de façon douteuse et bornée, effacés de la définition de l’appartenance palestinienne. Une telle exclusion ne peut que garantir la perpétuation du conflit. Qui donc offre ce « meilleur des cas » ? Personne à vrai dire. La meilleure offre à date n’approche même pas de la 242 - sans parler des principes élémentaires de la moralité. Après avoir essayé pendant des décennies de convaincre les Palestiniens d’abandonner leur droit aux propriétés qu’ils ont perdues lors de la Naqba (catastrophe de 1948, la dépossession et l’exil) en échange d’un État souverain et entièrement indépendant sur l’ensemble des terres occupées en 1967, y compris Jérusalem-Est, Israël a prouvé qu’il n’a jamais réellement eu l’intention de retourner toutes ces terres acquises illégalement. De Camp David II à Genève en passant par Taba, l’offre israélienne la plus « généreuse » a toujours été bien en deçà des exigences minimales des diverses résolutions des Nations unies et des principes élémentaires de la justice. Reconnaissant que la justice n’était pas complètement servie par l’offre de son gouvernement à Camp David, le ministre israélien des Affaires étrangères, Shlomo Ben-Ami, a donné aux Palestiniens le choix entre « la justice ou la paix ». Toutefois, séparer la paix de la justice est non seulement moralement condamnable, mais aussi maladroit du point de vue du pragmatisme. Cela peut subsister pendant un certain temps, mais seulement après avoir été vidé de son sens, devenant ainsi une simple stabilisation d’une oppression, ou ce que j’appelle la paix « maître esclave », où l’esclave n’a pas de pouvoir et/ou de volonté de résistance et se soumet aux diktats du maître, passivement, docilement, sans un semblant de dignité humaine. Comme l’a déjà écrit Jean-Jacques Rousseau :« L’homme le plus fort n’est jamais assez fort pour être constamment le maître, à moins qu’il transforme la force en droit et l’obéissance en devoir. (...) La force est un pouvoir physique ; je ne conçois pas comment ses effets pourraient engendrer la moralité. Céder à la force est un acte de nécessité, non pas de volonté ; c’est au mieux un acte de prudence. Comment cela pourrait-il être un devoir moral ? » Eh bien, la « prudence » des Palestiniens s’épuise. Les concessions de leur direction officielle devant la force ont simplement entraîné plus de colonisation et la promesse d’une continuation. 2. L’humanité relative et le conflit Dès le départ, les deux principales prétentions données par les sionistes pour justifier leur colonisation de la Palestine étaient:la Palestine était une terre sans peuple, un terrain vague non civilisé ;les Juifs ont un droit divin pour concrétiser la « rédemption » de la Palestine, en accord avec une promesse venant d’une autorité non moindre que Dieu, et parce que, selon la Bible, les Israélites avaient érigé leur royaume sur toute la terre de Canaan il y a deux mille ans, leur donnant le droit historique sur cette terre. Ainsi, toute dépossession des indigènes de la Palestine, s’ils existaient, était un dommage collatéral acceptable pour la réalisation de la volonté de Dieu. Si cela ressemble trop au jargon de Bush, ce n’est que pure coïncidence.À ce jour, il a été démontré que tant les arguments politiques que religieux ne sont rien de plus que des mythes sans fondement, et ce en grande partie grâce au travail minutieux d’historiens et d’archéologues israéliens. [1] Supprimant la fabrication politique et la mythologie biblique, Joseph Weitz, dirigeant du département de la Colonisation à l’Agence juive en 1940, expliquait comment cette « rédemption » devait être réellement mise en œuvre :« Il doit être clair entre nous qu’il n’y a pas de place pour les deux peuples dans ce pays. Nous ne pourrons pas atteindre notre but si les Arabes sont dans ce petit pays. Il n’y a pas d’autre solution que de transférer les Arabes vers les pays voisins, chacun d’entre eux. Pas un village, pas une tribu ne doit rester. » Au cœur même de la rationalisation d’une telle expulsion repose une croyance coloniale bien établie dans l’impertinence, ou l’absence de valeur comparée, des droits, des besoins et aspirations des indigènes palestiniens. Par exemple, l’auteur de la Déclaration Balfour écrivait :« Les quatre grandes puissances soutiennent le sionisme. Et le sionisme, qu’il soit bien ou mal, est enraciné dans des traditions anciennes, dans des besoins présents et des espoirs futurs ayant bien plus d’importance que les désirs et les préjudices des 700.000 Arabes qui habitent présentement cette terre ancestrale. » C’est là un cas classique de ce que j’appelle une humanisation relative. Je définis l’Humanité relative comme la croyance, et l’humanisation relative comme la pratique basée sur cette croyance, voulant que certains être humains, partageant divers attributs importants d’identité tels que la religion, l’ethnicité ou la culture, sont dépourvus d’un ou de plusieurs des attributs nécessaires pour être humains et ne sont donc en conséquence humains que dans un sens relatif et non pas absolu et sans équivoque. Par conséquent, de tels humains relatifs n’ont droit qu’à une partie de ce qui serait en d’autres circonstances des droits inaliénables dus aux humains « réels ». La perception des Palestiniens comme des humains relatifs peut expliquer pourquoi Israël - soutenu par les États-Unis et en maintes occasions par l’Europe également - a pu s’en tirer avec une attitude allant de soi envers les Palestiniens, qui présume qu’ils ne peuvent pas, en fait ne doivent pas, avoir des besoins, des aspirations ou des droits égaux à ceux des Juifs israéliens. Ce facteur a joué un rôle fondamental dans l’inhibition d’une évolution vers une solution à un État unitaire, comme il sera démontré plus loin.À côté de l’humanisation relative, il y a plusieurs obstacles sur le chemin de cette solution moralement supérieure. Compte tenu du niveau actuel de violence, de méfiance mutuelle et de haine entre les deux côtés, par exemple, comment une telle solution pourrait-elle se réaliser ? D’autre part, avec l’écart de puissance si vaste entre Israël et les Palestiniens, pourquoi les Juifs israéliens accepteraient-ils cet État unitaire où, par définition, les Juifs seront minoritaires ? Est-ce que le consentement israélien est vraiment nécessaire en premier lieu ou peut-il être éventuellement obtenu par l’entremise d’une combinaison de pression intense et d’absence de solutions alternatives viables, comme cela a été le cas en Afrique du Sud ? Ces questions sont effectivement valides et cruciales, mais au lieu de les approfondir toutes, je me limiterai à démontrer pourquoi les alternatives à la solution à un État sont moins susceptibles de résoudre le conflit, en partie à cause que le principe de l’égale valeur humaine, qui constitue l’ingrédient fondamental de toute paix juste et durable, est manifestement ignoré, violé ou réprimé dans chacune d’entre elles. En soi, cela ne prouve pas logiquement qu’une solution à un État soit la seule voie de sortie de la présente abysse, mais cela peut au moins démontrer qu’elle mérite certainement d’être sérieusement considérée comme une solution réelle. 3. Les voies pour sortir du conflit À l’heure actuelle, compte tenu de l’impossibilité de parvenir à une solution négociée impliquant la création de deux États qui comblerait le minimum des droits inaliénables des Palestiniens, il y a trois voies logiques qui peuvent être suivies :
Examinons chacune de ces trois options.. 1 Maintenir le statu quo En premier lieu, le statu quo comporte trois attributs : le déni des droits des réfugiés, l’occupation militaire et la répression en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza et finalement la version sioniste de l’apartheid en Israël même.Loin d’avoir reconnu sa culpabilité dans la création du plus vieux et large problème de réfugié dans le monde et malgré des preuves accablantes, Israël a systématiquement fuit toute responsabilité. La dimension la plus étrange du discours populaire israélien au sujet de la « naissance » de l’État est le déni presque total de tout méfait. La vaste majorité des Israéliens considèrent l’impitoyable destruction de la société palestinienne et la dépossession du peuple palestinien comme leur « indépendance ». Même les « gauchistes » engagés se lamentent souvent sur la perte de la « supériorité morale » d’Israël après l’occupation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza en 1967, comme si avant cela Israël était aussi civil, légitime et respectueux de la loi que la Finlande ! Telle une classique prédiction qui se réalise d’elle-même, les Israéliens ont toujours aspiré à être un État normal, au point qu’ils ont commencé à croire que c’était le cas. [2] C’est comme si la plupart de ces Israéliens qui ont activement participé ou assisté à la Naqba étaient collectivement infectés par une amnésie sélective chronique. Les racines de ce déni proviennent de l’Holocauste et des circonstances uniques qui en ont résulté, qui ont permis à Israël de prétendre que, contrairement à tout autre État, il était obligé de dénier aux réfugiés palestiniens leur droit sans équivoque de retourner dans leurs maisons et sur leurs terres. Préserver le caractère juif de l’État, selon l’argumentation, était le seul moyen de maintenir un lieu sûr pour les Juifs du monde, les « super-victimes », qui sont en danger parmi les Gentils, et cela était évidemment bien plus important que les simples droits des Palestiniens. Même si nous ignorons la comparaison impérieuse entre la sécurité des Juifs en Israël par rapport à la France, au Maroc, à l’Espagne, aux États-Unis et même à l’Allemagne, nous ne pouvons ignorer le fait qu’aucun autre pays dans le monde d’aujourd’hui ne pourrait s’en tirer avec une attitude similairement manifeste et raciste au sujet de son droit à la pureté ethnique.En plus d’être moralement indéfendable, le déni du droit au retour par Israël révèle aussi un degré d’inconstance morale qui est unique à bien des points de vue. Par exemple, la loi du retour pour les Juifs est basée sur le principe que, puisqu’ils ont été expulsés de la Palestine il y a plus de 2.000 ans, ils ont le droit d’y retourner. Ainsi, en niant les droits des réfugiés palestiniens, dont l’exil de 55 ans est une injustice bien plus jeune, Israël affirme essentiellement que les Palestiniens ne peuvent avoir le même droit parce qu’ils ne sont pas également humains. Voici quelques autres exemples de cette inconstance morale : Des milliers d’Israéliens dont les grands-parents étaient citoyens allemands ont demandé avec succès le droit au retour en Allemagne, la citoyenneté allemande, et ont reçu pleine compensation pour la propriété pillée. Le résultat étant que la population juive de l’Allemagne est passée de 27.000 au début des années quatre-vingt-dix à plus de 100.000 l’année dernière. La Belgique a aussi passé une loi « permettant le retour à leurs propriétaires des biens qui appartenaient à des familles juives ». Elle a aussi accepté de payer à la communauté juive locale une restitution de 55 millions d’euros pour les propriétés volées qui « ne peuvent être restituées » et pour « les polices d’assurances non réclamées appartenant à des victimes de l’Holocauste ». Mais la quintessence de l’hypocrisie morale est révélée par l’exemple suivant rapporté par le Ha’aretz :« Plus de cinq siècles après que leurs ancêtres ont été expulsés d’Espagne, les Juifs d’origine espagnole... ont demandé au gouvernement et au parlement espagnols de leur accorder la nationalité espagnole... L’Espagne devrait passer une loi « pour reconnaître que les descendants des Juifs expulsés font partie de l’Espagne et pour les réhabiliter », affirme Nessim Gaon, président de la Fédération séfarade mondiale. (...) Certains Juifs séfarades ont même préservé la clé de la résidence de leur ancêtre en Espagne... » Puisque soutenir le droit au retour des réfugiés palestiniens est, selon moi, le test décisif de moralité pour quiconque suggère une solution juste et durable au conflit israélo-palestinien, plusieurs, y compris Bill Clinton, et tout le spectre de la gauche officielle en Israël, ont échoué à ce test. La gauche et la droite sont partout des termes relatifs, mais en Israël, la distinction peut être complètement floue par moments. Quand vient le temps de parler de la pureté ethnique, de la démographie et du chauvinisme, les politiciens israéliens et les intellectuels de gauche, même ceux qui se sont autoproclamés comme « la gauche » [3], ont fait en sorte que les partis de l’extrême droite européenne sonnent aussi humains que Mère Teresa. Toutefois, la différence cruciale est que dans le cas d’Israël, l’immoralité est aggravée par le fait que, contrairement aux immigrants étrangers en Europe, l’autre est en fait l’indigène. Malgré ce qui vient d’être mentionné, on ne peut nier que le droit au retour des réfugiés palestiniens contredit les exigences d’une solution négociée à deux États. Israël ne l’acceptera tout simplement jamais, en faisant le talon d’Achille de toute solution négociée à deux États, comme le démontre l’histoire. Cela n’a rien à voir avec les mérites ou les compétences des négociateurs palestiniens, aussi maigres qu’ils aient pu être, mais plutôt avec un stupéfiant déséquilibre de pouvoir qui permet à un État ethnocentrique et colonial de préserver sa nature exclusiviste en dictant les conditions à un interlocuteur pathétiquement plus faible. C’est précisément pourquoi le droit au retour ne peut être réellement accompli, sauf dans une solution à un État. Cela permettrait à la faiblesse palestinienne de devenir une force, s’ils décident d’adopter une voie non violente afin d’établir un État laïque et démocratique, acquérant par le fait même un soutien international crucial et transformant le conflit en une lutte non dichotomique pour la liberté, la démocratie, l’égalité et la justice non mitigée. De nouveau, le modèle sud-africain doit être une inspiration à ce niveau. . Occupation militaire : les crimes de guerre [4], grands et petits Suite à une visite dans la Bande de Gaza entièrement clôturée, Oona King, une parlementaire britannique juive, a commenté l’ironie à laquelle font actuellement face les Juifs israéliens, affirmant : « ... en fuyant les cendres de l’Holocauste, ils ont incarcéré un autre peuple dans un enfer similaire en sa nature - mais pas dans son étendue - au ghetto de Varsovie ». Tout être humain ayant une conscience et qui a récemment visité les Territoires occupés ne peut faire autrement qu’être d’accord avec King. Faisant face à l’aspiration apparemment inextinguible des Palestiniens pour la justice et l’émancipation, Israël a repris depuis trois ans une campagne de destruction gratuite, d’atrocités systématiques et de sièges à caractère médiéval, avec la claire intention de punir collectivement les Palestiniens, les forçant potentiellement à abandonner leur terre en masse. Le reste n’est que simples détails, aussi pénibles et affligeant qu’ils puissent être. Le mur d’apartheid israélien [5], les droits humains des Palestiniens vs les droits des animaux et des plantes israéliens : Bien qu’Israël essaie actuellement de présenter le Mur comme une barrière de sécurité pour « arrêter les kamikazes », la vérité est que le présent tracé du Mur est tout sauf nouveau. Il a été recommandé à Ariel Sharon par le tristement célèbre « prophète de la menace démographique arabe », le démographe israélien Arnon Sofer, qui soutient que la carte mise en œuvre est la sienne. Et contrairement aux doucereux politiciens israéliens, Sofer confesse sans la moindre honte que le tracé du Mur a été dessiné avec un but spécifique à l’esprit : maximiser la terre devant être annexée par Israël tout en minimisant le nombre d’« Arabes » qui viendraient avec. Mais Sofer s’accorde peut-être trop de crédit. Ron Nahman, le maire de la colonie d’Ariel en Cisjordanie, a révélé au journal à grand tirage Yedioth Aharonot que : « la carte de la clôture, dont on voit ici l’ébauche, est la même carte que j’ai vue lors de toutes les visites que [Ariel Sharon] a faites ici depuis 1978. Il m’a dit qu’il y pensait depuis 1973. » Il n’y avait pas beaucoup d’« attentats suicides » à cette époque ! Il y a quatre ans, bien avant le début de l’Intifada, Ariel Sharon lui-même avait, dans un style évocateur, nommé le projet du mur le « plan Bantoustan », selon Ha’aretz. Malgré les graves transgressions envers l’habitat, l’environnement et les droits politiques des Palestiniens, un « consensus presque total » existe parmi les Juifs israéliens en sa faveur. Cependant, plusieurs groupes officiels ou non gouvernementaux en Israël sont préoccupés par les effets adverses que le Mur pourrait avoir sur les animaux et les plantes.Le ministre israélien de l’Environnement, Yehudi Naot, protestait contre le Mur, affirmant :« La clôture de séparation coupe la continuité d’aires ouvertes et est dommageable pour le paysage, la flore et la faune, les corridors écologiques et le drainage des ruisseaux. Le système de protection affectera de manière irréversible les ressources de la terre et créera des enclaves de communautés [d’animaux évidemment] qui seront coupées de leur environnement. Je ne souhaite surtout pas arrêter ou retarder la construction de la clôture, parce qu’elle est essentielle et sauvera des vies... D’un autre côté, je suis perturbée par les dommages environnementaux qui en découlent. » Son ministère et l’Autorité de protection des Parcs nationaux ont organisé un effort de sauvetage afin de préserver une réserve d’iris affectée en la déplaçant vers une autre réserve. Ils ont aussi créé de petits passages pour les animaux et permis la circulation de l’eau dans les ruisseaux. Pourtant, le porte-parole de l’autorité de parcs n’était pas satisfait. Il s’est plaint :« Les animaux ne savent pas qu’il y a maintenant une frontière. Ils sont habitués à un certain habitat et ce qui nous préoccupe est de voir leur diversité génétique affectée parce que différents groupes de population ne seront plus capables de se rejoindre et de se reproduire. Isoler les populations des deux côtés d’une clôture va créer définitivement un problème génétique. » Même Thomas Friedman a prédit - assez correctement, selon moi - dans le New York Times que le Mur « achèvera » éventuellement la solution à deux États, devenant ainsi « la mère de toutes les conséquences involontaires ». - Les plus petits crimes de l’occupation : Ce ne sont pas tous les crimes de l’occupation militaire israélienne qui sont aussi écrasants que le Mur. Je ne citerai plus bas que quatre exemples de crimes de guerre de moindre importance quoique endémiques : i) Naissance et mort à un barrage de l’armée israélienne Rula, une Palestinienne, était au dernier stade de sa grossesse. Son époux, Daoud, ne réussissait pas à convaincre les soldats à un barrage militaire typique de les laisser passer pour rejoindre l’ambulance qui était retenue par les mêmes soldats de l’autre côté. Après une longue attente, Rula ne pouvait plus retarder l’accouchement. Elle a commencé à hurler de douleur, devant la plus totale apathie des soldats. Daoud a décrit cette expérience traumatisante au journaliste exceptionnellement consciencieux du Ha’aretz, Gideon Levy, affirmant :« Près du barrage, il y avait une roche... Ma femme a rampé jusqu’à la roche et s’y est étendue. Pendant ce temps, je continuais de parler avec les soldats. Un seul d’entre eux faisait attention, les autres ne regardaient même pas. Elle a essayé de se cacher derrière la roche. Elle n’aimait pas qu’ils la voient dans cette condition. Elle a commencé à hurler, hurler. Les soldats ont dit : « Tire-la dans notre direction, ne la laisse pas s’éloigner. » Et elle criait de plus en plus. Cela ne l’a pas ému. Soudainement, elle s’est mise crier : « J’ai accouché, Daoud, j’ai accouché ! » J’ai alors répété ce qu’elle venait de dire pour que les soldats l’entendent. En hébreu et en arabe. Ils ont entendu. » Peu après, Rula a crié : « La fillette est morte ! La fillette est morte ! » Daoud, affolé et craignant pour la vie de sa femme, a dû couper le cordon ombilical avec une pierre. Plus tard, le docteur qui a examiné le corps à l’hôpital a révélé que la fillette était morte « d’une blessure sérieuse infligée lorsqu’elle est sortie du conduit utérin ».Commentant la mort similaire d’un autre nouveau-né palestinien à un autre barrage israélien, une porte-parole de Médecins israéliens pour les droits de l’Homme a dit :« Nous ne savons pas combien sont mort ainsi parce que plusieurs personnes ne prennent même pas la peine d’aller à l’hôpital, sachant que les soldats les en empêcheraient. (...) Ces personnes ne représentent pas une menace pour Israël. Ceux qui le sont, tels les kamikazes, ne passent évidemment pas par les barrages, qui existent uniquement pour contrôler, subjuguer et humilier les gens ordinaires. C’est comme un terrorisme routinier. » ii) Chasser les enfants comme sport Le journaliste vétéran états-unien Chris Hedges décrit dans Harper’s comment les soldats israéliens dans la Bande de Gaza maudissent et provoquent systématiquement les enfants qui jouent dans les dunes au sud de Gaza. Puis, lorsque les enfants deviennent finalement excédés et commencent à lancer des pierres, les soldats répondent avec préméditation à balles réelles à l’aide de fusils mitrailleurs munis de silencieux. « Plus tard », écrit Hedges, « à l’hôpital, je vois les ravages : les estomacs arrachés, les trous béants dans les côtes et les torses ». Il conclut ensuite : « Des enfants ont été tués dans d’autres conflits auxquels j’ai assisté,... mais je n’avais encore jamais vu des soldats attirer des enfants comme des souris dans une trappe et les tuer comme un sport. » iii) Les patients et le siège Rapportant un incident particulièrement horrible, Gideon Levy écrit dans Ha’aretz :« Les soldats ont obligé Bassam Jarar, un double amputé ayant des problèmes aux reins, et Mohammed Asasa, complètement aveugle, à sortir de l’ambulance. Les deux hommes revenaient d’une dialyse. Environ une demi-heure s’est écoulée, et le sang a commencé à couler du tube qui est inséré en permanence dans l’abdomen de Jarar. « J’ai dit aux soldats dans le blindé que je saignais. Il m’a dit de m’asseoir et qu’ils me conduiraient vers un médecin. Nous nous sommes assis là au soleil pendant près d’une heure. » (...) Le saignement s’est aggravé. Après environ une heure, deux soldats sont arrivés et ont soulevé Jarar et l’ont placé sur le plancher de leur jeep. « Je leur ai dit que je ne pouvais pas voyager dans une jeep. Ils ont dit que c’est tout ce qu’il y avait et qu’ils me conduisaient chez un docteur. Il a conduit comme un maniaque, j’étais secoué de tous bords et j’avais mal partout. Je leur ai dit que je souffrais. Ils ont dit : « N’aie pas peur, tu ne mourras pas. » Il y avait quatre soldats dans la jeep et j’étais sur le plancher. Il ne ralentissait pas. Et les soldats riaient et ne me regardaient pas du tout. » iv) Violences sexuelles Lors d’un autre crime, deux officiers de la police frontalière israélienne ont contraint un berger palestinien à porter sur son dos la selle de son âne et à marcher d’avant en arrière devant eux ; ensuite, sous la menace de son arme, un des deux l’a forcé à avoir une relation sexuelle avec son âne pendant une demi-heure, tel que documenté par B’Tselem.Influencé par cette culture d’humanisation relative de « l’autre », Nathan Lewin, candidat potentiel à un poste de juge fédéral à Washington et ancien président de l’Association internationale des avocats et juristes juifs, écrit :« Si l’exécution de la famille de quelques kamikazes sauve la vie ne serait-ce que d’un nombre égal de victimes potentielles civiles, l’échange est, je crois, éthiquement acceptable. (...) C’est une politique issue de la nécessité - le besoin de trouver un véritable dissuasif lorsque la peine capitale est apparemment sans effet. » Mettant de côté la diplomatie, « civil » ne s’applique ici qu’aux « Juifs », évidemment.Alan Dershowitz, professeur de droit à Harvard, a conseillé similairement à Israël de raser complètement tout village palestinien qui abrite un kamikaze.Il n’est pas surprenant, dans ce contexte, qu’une personne aussi moralement constante que Shulamit Aloni, ancienne membre de la Knesset, trouve nécessaire de dire : « Nous n’avons pas de chambres à gaz ni de fours crématoires, mais il n’y a pas qu’une seule façon de perpétrer un génocide. »
Selon moi, le journaliste britannique Jonathan Cook dit vrai lorsqu’il écrit :« [Les Israéliens] savent précisément ce qui arrive : leur conditionnement sioniste les empêche simplement de voir la signification. Tant que l’ennemi est Arabe, tant que l’excuse fourre-tout de la sécurité peut être invoquée et tant qu’ils croient que l’antisémitisme persiste partout, alors le public israélien peut dormir paisiblement quand un autre enfant [palestinien] est tué en roulant sur sa bicyclette, quand la maison d’une autre famille est rasée, quand une autre femme fait une fausse couche à un barrage. (...) Il semble qu’un peuple qui a été éduqué à croire que tout peut être fait en son nom - tant et aussi longtemps que cela sert les intérêts des Juifs et de leur État - n’a pas besoin d’ignorance. Il peut commettre des atrocités en ayant les yeux grands ouverts. » Cela n’est pas nouveau. Le penseur sioniste Ahad Ha’am a décrit ainsi l’attitude anti-arabe des colons juifs qui venaient en Palestine pour échapper à la répression en Europe, bien avant qu’Israël soit créé :« Ils étaient serfs en terres de diaspora, et ils se sont soudainement trouvés en liberté [en Palestine] ; ce changement a réveillé en eux une inclination au despotisme. Ils traitent les Arabes avec hostilité et cruauté, les privent de leurs droits, les offensent sans raison et se vantent même de ces actions. Et personne parmi nous ne s’oppose à cette inclination ignoble et dangereuse. » Mais si c’est vrai, on peut alors apporter deux explications - qui ne s’excluent pas nécessairement l’une l’autre - pour expliquer l’acceptation des Israéliens, et parfois leur soutien fervent, à cette violation systématique des droits fondamentaux de l’Homme : Une croyance répandue voulant que leur guerre démographique contre les Palestiniens puisse être gagnée en mettant en œuvre la suggestion du ministre Benny Elon, qui a appelé à l’intensification du siège et de la répression afin de « rendre leur vie si pénible qu’ils se transféreront eux-mêmes volontairement ». Laïque ou non, la racine de la perception bien arrêtée des Israéliens selon laquelle les Palestiniens sont moins humains, est nourrie par une tradition coloniale raciste et un fondamentalisme juif en croissance. Je vais m’attarder un peu sur ce dernier point. Il est banal de lire quelque chose au sujet du fondamentalisme islamiste et de son activisme, de son anachronisme et de sa haine intrinsèque de « l’autre ». Toutefois, le fondamentalisme juif est un tabou qui n’est pratiquement jamais évoqué en Occident pour des raisons qui dépassent la portée de cet essai. Mais le fondamentalisme juif gagne constamment du terrain en Israël, faisant de l’État, tel que le décrit le journaliste vétéran britannique David Hirst le décrit, un État « non seulement extrémiste par le tempérament, raciste par la pratique, [mais aussi] de plus en plus fondamentaliste par l’idéologie qui le conduit ». Par exemple, se référant à la loi juive, ou Halacha, le rabbin Ginsburg, rabbin d’une puissante secte hassidique, a défendu le massacre de Musulmans dans la mosquée d’Hébron en 1994, en disant :« Légalement, si un Juif tue un non Juif, il n’est pas considéré comme un meurtrier. Il n’a pas transgressé le sixième commandement... Il y a quelque chose de bien plus sacré et unique dans une vie juive que dans une vie non juive. » Le rabbin Shaoul Israeli, une des plus hautes autorités rabbiniques du Parti religieux national et du sionisme religieux en général, a justifié le massacre de Qibya de 1953, perpétré par une unité de l’armée israélienne dirigée par Ariel Sharon, en citant lui aussi la loi juive. Il a écrit :« Nous avons établi qu’existe le terme spécial de « guerre de revanche » et que c’est une guerre contre ceux qui haïssent les Juifs et [il y a] des lois spéciales qui s’appliquent à une telle guerre... Lors d’une telle guerre, rien n’oblige à prendre des précautions au cours des actes de guerre afin que les non combattants ne soient pas blessés, puisque lors d’une guerre, les bons et les mauvais sont tués. (...) La guerre de revanche est basée sur l’exemple de la guerre contre les Mèdes au cours de laquelle les petits enfants ont aussi été exécutés, et nous pouvons nous interroger sur cela, à savoir comment ils avaient péché. Mais nous avons déjà trouvé dans les paroles de nos sages - que leur mémoire soit sacrée - que les petits enfants doivent mourir à cause des péchés de leurs parents. » Le système israélien de discrimination raciale : intelligent, nuancé, mais toujours de l’apartheid L’universitaire états-unien Edward Herman a écrit :« Si les Juifs de France devaient avoir en leur possession des cartes d’identité les désignant comme Juifs (bien que citoyens français), ne pouvaient acheter une terre ou se porter acquéreur ou locataire d’une résidence dans la majeure partie du pays, n’étaient pas admis au service militaire et si la loi française bannissait tout parti politique ou législation demandant les droits égaux pour les Juifs, est-ce que la France serait largement louée aux États-Unis en tant que « symbole de la décence humaine » (New York Times) et un modèle de démocratie ? Y aurait-il de vastes protestations si la France, en conséquences de telles lois et pratiques, était qualifiée, par une majorité de membres de l’ONU, d’État raciste ? » Défendre une égalité complète et sans équivoque entre les Arabes et les Juifs en Israël est devenu synonyme de sédition, voire de trahison. Un juge de la Cour suprême israélienne a récemment déclaré qu’il « est nécessaire d’empêcher un Juif ou un Arabe qui appelle à l’égalité des droits pour les Arabes de siéger à la Knesset ou d’y être élu ». Un sondage récent, réalisé par l’Institut israélien de démocratie, révèle que 53% des Juifs israéliens s’opposent à ce que des droits égaux soient accordés aux citoyens palestiniens d’Israël, et qu’un stupéfiant 57% croient qu’ils devraient être « encouragés à émigrer ». Une des principales conclusions est que lorsque les Juifs israéliens disent « nous », ils y incluent bien peu souvent les citoyens palestiniens de l’État. En ce qui concerne les droits à la propriété immobilière, l’inégalité est catégorique. « En terre d’Israël, il est interdit de vendre un appartement à un Gentil », affirmait le Grand rabbin d’Israël en 1986, commentant la tentative d’un Palestinien pour acheter un logement appartenant au Fond National Juif à Jérusalem-Est. Dans les autres aspects vitaux de la vie, y compris les lois sur le mariage, le développement urbain et l’éducation, Israël a perfectionné un système complet de discrimination raciale envers ses citoyens palestiniens, qui n’a aucun parallèle dans le monde d’aujourd’hui. Du fait de toutes les dimensions de l’occupation militaire décrite ci-avant, le statu quo est intenable, que ce soit à cause de la résistance palestinienne ou de la condamnation internationale croissante. 4. Le nettoyage ethnique : la solution finale d’Israël face au problème démographique palestinien Les politiciens, intellectuels et médias de masse israéliens débattent souvent passionnément pour trouver la meilleure façon de faire face à la « guerre » démographique avec les Palestiniens. Peu d’Israéliens se dissocient de la croyance voulant qu’une telle guerre existe ou devrait exister. L’appel populaire en faveur de la subordination de la démocratie à la démographie a cependant entraîné l’adoption de mécanismes de contrôle de la population, visant à contrôler le nombre de Palestiniens, qui ne sont pas sans rappeler quelque chose. Donnant un pur exemple d’un tel mécanisme, le Conseil démographique israélien a été convoqué l’année dernière pour « encourager les femmes juives israéliennes - et elles seules - à augmenter le nombre de leurs enfants ; un projet qui, si on en juge par les activités du précédent conseil, essayera aussi de limiter les avortements », tel que rapporté par Ha’aretz. Ce groupe prestigieux, qui est formé des plus importants gynécologues, figures publiques, avocats, scientifiques et médecins israéliens, se concentre sur l’augmentation du ratio de Juifs par rapport aux Palestiniens en Israël, en employant « des méthodes pour augmenter le taux de fertilité israélien et pour empêcher l’avortement ». À côté de cette ingénierie démographique, cette « guerre » ouverte contre la croissance de la population palestinienne a toujours impliqué l’incitation à l’immigration en Israël pour les non Arabes, juifs ou non, d’un peu partout dans le monde - de préférence, mais pas nécessairement, la partie blanche - pour être éventuellement israélisés [6]. L’universitaire israélien Boaz Evron a écrit :« La crainte de la « menace démographique » a hanté le sionisme depuis ses tous débuts. En son nom, des Éthiopiens ont été faits juifs malgré l’objection de rabbins. En son nom, des centaines de milliers de Slaves sont venus ici en portant la Loi du Retour comme feuille de figuier. En son nom, des émissaires ont été envoyés de par le monde pour trouver de plus en plus de Juifs. » Avec le soutien du gouvernement, par exemple, une organisation sioniste, Amatzia, a organisé l’adoption d’enfants étrangers par des familles juives ayant des problèmes de fertilité, insistant seulement sur la condition que les enfants doivent être convertis au judaïsme à leur arrivée en Israël. La Roumanie, la Russie, le Guatemala, l’Ukraine et les Philippines étaient les principaux pays d’origine des enfants ; mais maintenant, après qu’ils se soient « taris », l’Inde est devenue la source de choix, principalement pour la relative facilité d’y acquérir les « biens ». La directrice d’Amatzia, Shulamit Wallfish, recherche particulièrement les enfants du nord de l’Inde, « où la peau des enfants est plus pâle, ce qui convient mieux aux familles israéliennes », selon elle. Plus préoccupé par l’imminente augmentation de la majorité arabe entre le Jourdain et la Méditerranée que par la « pureté juive » souvent invoquée et sanctifiée, Ariel Sharon a en effet demandé aux dirigeants religieux d’accélérer la progression de l’immigration et de l’absorption des non Arabes, même s’ils ne sont pas juifs, afin de fournir à Israël un « régulateur à la population arabe en plein essor », rapporte le Guardian. La vision du gouvernement israélien est que « tandis que la première génération de chaque vague d’immigration peut avoir de la difficulté à embrasser Israël et la judéité, leurs fils et filles deviennent fréquemment de fervents sionistes. Dans le climat actuel, ils sont souvent très à droite. » Quoique très populaire, une telle politique n’est pas endossée par tous. Par exemple, Eli Yishai, le dirigeant du plus important parti juif séfarade, le Shas, qui est particulièrement préoccupé par l’influx de Gentils, prévient hystériquement :« D’ici la fin de l’année 2010, l’État israélien perdra son identité juive. Un État laïque amènera... des centaines de milliers de goy qui construiront des centaines d’églises et ouvriront plus de magasins pour vendre du porc. Dans toutes les villes, nous verrons de sapins de Noël. » Le ministre israélien d’extrême-droite Effie Eitam prédit une autre alternative : « Si vous ne donnez pas le droit de vote aux Arabes, le problème démographique se résoudra de lui-même. » Le Dr Amnon Raz-Krakotzkin de l’Université Ben Gourion est un des Israéliens consciencieux qui est révolté par ce langage de contrôle démographique qui n’est pas sans rappeler quelque chose. Il a écrit : « C’est effrayant, lorsque les Juifs parlent de démographie. » Se dissociant également de la principale vision israélienne, Boaz Evron écrit :« Lorsque nous arrêterons de définir notre essence nationale par des critères religieux, de forcer la conversion de ceux qui sont de bons citoyens israéliens, et que nous abandonnerons les préférences effectivement illégales accordées aux Juifs, il deviendra subitement évident qu’il n’y a aucune raison de se préoccuper de la « menace démographique. » Cependant, le mécanisme favori a toujours été le nettoyage ethnique. Sans cesse pratiqué, toujours populaire, mais continuellement nié par les sionistes, le nettoyage ethnique a été ressorti des cartons du sionisme au cours des dernières années pour occuper son propre trône. Le célèbre historien Benny Morris a récemment affirmé que si la Palestine avait été complètement vidée de sa population indigène arabe en 1948, cela aurait conduit à la paix au Proche-Orient. En réponse, Baruch Kimmerling, professeur à l’Université hébraïque, a écrit :« Laissez-moi compléter la logique de Benny Morris... Si le programme de la solution finale nazie au problème juif avait été mené à son terme, il y aurait assurément la paix en Palestine aujourd’hui. » Alors, pourquoi Israël n’agit-il pas maintenant en fonction de ses désirs ? Le professeur Ilan Pappé de l’Université de Haïfa a une réponse convaincante :« Les contraintes qui pèsent sur le comportement d’Israël ne sont pas de nature morale ou éthique, mais plutôt techniques. Jusqu’où pouvons-nous aller sans transformer Israël en un État paria ? Sans susciter des sanctions européennes, ou sans rendre la vie trop difficile aux États-Unis ? » Offrant une explication diamétralement opposée, Martin Van Creveld, le plus important historien militaire israélien, qui soutient le nettoyage ethnique, écarte avec arrogance toute préoccupation face à l’opinion internationale, émettant le formidable avertissement suivant : « Nous possédons plusieurs centaines d’ogives nucléaires et de missiles et pouvons les lancer sur des cibles dans toutes les directions, peut-être même sur Rome. La plupart des capitales européennes sont des cibles pour notre aviation. (...) Laissez-moi citer le général Moshe Dayan : « Israël doit être comme un chien fou, trop dangereux pour l’ennuyer. » (...) Notre armée n’est pas la trentième plus puissante au monde, mais plutôt la deuxième ou la troisième. Nous avons la capacité d’entraîner le monde avec nous dans une chute. Et je peux vous assurer que cela se produira avant qu’Israël coule. » Cela devrait amplement expliquer pourquoi les Européens ont récemment rangé Israël au premier rang des pays qu’ils considèrent comme une menace à la paix. Pourtant, une troisième explication, qui converge avec celle de Pappé, est qu’Israël jouit présentement du meilleur des deux mondes : il met en œuvre - sur le terrain - un réseau élaboré de politiques qui rendent la vie des Palestiniens progressivement plus intolérable, et crée ainsi un environnement favorable à un nettoyage ethnique graduel, tout en ne créant pas de scène dramatique - du style Kosovo - qui alarmerait le monde, suscitant la condamnation et de possibles sanctions. [7] 5. Israël : les contradictions essentielles indéfendables L’exclusivité raciale inhérente d’Israël, telle que démontrée plus haut, a convaincu plusieurs citoyens palestiniens de l’État qu’ils ne sont pas seulement dans les marges, mais somme toute non désirés. Ameer Makhoul, le directeur général d’Ittijah, l’organisation qui regroupe les ONG palestiniennes en Israël, a écrit :« L’État d’Israël est devenu la principale source de danger pour le million de Palestiniens qui sont citoyens de l’État qui leur a été imposé en 1948 ; un État qui a été érigé sur les ruines du peuple palestinien... Les citoyens palestiniens d’Israël ne peuvent se défendre en se basant sur le système juridique et la Knesset. Ce public n’a pas confiance dans l’État et ses institutions, puisque les règles du jeu israélien ne permettent que la discrimination, le racisme et la répression des aspirations collectives. » À côté de ce que les Palestiniens pensent ou veulent, la question devrait être posée : est-ce qu’un État qui insiste sur la pureté ethnique peut être qualifié de démocratie, sans priver ce concept de son essence ? Même les loyaux amis d’Israël ont commencé à perdre foi en sa capacité à réconcilier ce qui est fondamentalement irréconciliable : la démocratie libérale moderne et l’ethnocentrisme anachronique. Écrivant dans le New York Review of Books, le professeur de l’Université de New York Tony Judt affirme que :« Dans un monde où les nations et les peuples s’entremêlent et se marient entre eux, où les obstacles culturels et nationaux à la communication se sont effondrés, où de plus en plus de gens parmi nous ont des identités multiples et se sentiraient contraints s’ils devaient ne se rattacher qu’à une seule, dans un tel monde, Israël est vraiment un anachronisme. Et pas simplement un anachronisme, un anachronisme dysfonctionnel. Dans le « choc des cultures » d’aujourd’hui entre les démocraties ouvertes et pluralistes et les États ethniques agressivement intolérants et conduits par la foi, Israël risque bel et bien de finir dans le mauvais camp. » Avraham Burg, un dirigeant sioniste engagé, est parvenu à une conclusion similaire. Attaquant la direction israélienne comme une « clique amorale », Burg soutient qu’Israël, qui « repose sur un échafaudage de corruption et sur des fondations d’oppression et d’injustice », doit « abandonner ses illusions et choisir entre l’oppression raciste et la démocratie ». 6. Un État laïque et démocratique : de nouveaux horizons Peu importe ce qu’en disent nos hypocrites, nos vendus ou nos « faux prophètes », Israël, en tant qu’État exclusiviste et colonial [8], n’a aucune chance d’être accepté ou pardonné par ses victimes - et comme il devrait le savoir, ce sont les seuls dont le pardon est important.Malgré la peine, la perte et la colère que l’humanisation relative engendre inévitablement en eux, les Palestiniens ont l’obligation de différencier la justice de la revanche, la première impliquant une décolonisation essentiellement morale, tandis que la deuxième descend dans un cycle vicieux d’immoralité et de désespoir. Comme l’a écrit l’éducateur brésilien feu Paulo Freire :« La déshumanisation, qui ne marque pas seulement ceux dont l’humanité a été volée, mais aussi (quoique de façon différente) ceux qui l’ont volée, est une distorsion de la vocation à devenir plus humain. (...) [La] lutte [pour l’humanisation] est possible uniquement parce que la déshumanisation, tout en étant un fait historique concret, n’est pas un destin, mais le résultat d’un ordre injuste qui engendre la violence chez l’oppresseur qui, à son tour, déshumanise l’opprimé. (...) Afin que cette lutte ait un sens, l’opprimé ne doit pas, en cherchant à recouvrer son humanité (qui est une voie pour la créer), devenir l’oppresseur des oppresseurs, mais plutôt restaurateur de l’humanité des deux. » Rejetant la relative humanité de tout bord, et insistant sur la cohérence ethnique, je crois que la façon la plus morale de parvenir à une paix juste et durable dans l’ancienne terre de Palestine passe par l’établissement d’un État laïque et démocratique entre le Jourdain et la Méditerranée, ancré dans une égale humanité et, en conséquence, dans les droits égaux. La solution à un État, qu’il soit binational - une notion qui est largement basée sur la fausse prémisse voulant que la seconde nation en question soit définie [9] - ou laïque et démocratique, offre une véritable chance à la décolonisation de la Palestine sans transformer les Palestiniens en oppresseurs de leurs anciens oppresseurs. Le cycle vicieux qui a commencé avec l’Holocauste doit prendre fin une fois pour toutes. Cette nouvelle Palestine devrait:Avant toute autre chose permettre et faciliter le retour et la compensation à tous les réfugiés palestiniens, seule restitution éthique acceptable à l’injustice qu’ils ont vécue depuis des décennies. Toutefois, un tel processus devra continuellement maintenir un impératif moral, c’est-à-dire éviter d’infliger une souffrance inutile ou injuste à la communauté juive en Palestine ; Accorder une citoyenneté pleine, égale et sans équivoque à tous les citoyens, Juifs ou Arabes Reconnaître, légitimer et même nourrir les particularités culturelles, religieuses et ethniques et les traditions de chacune des communautés. Comme règle générale, je souscris à ce que le professeur Marcelo Dascal de l’Université de Tel-Aviv a proposé avec perspicacité : « La majorité a l’obligation d’éviter autant que possible l’identification de la structure de l’État avec des traits qui empêchent la minorité de s’y engager. » Les Israéliens devraient reconnaître ce défi moral palestinien posé devant leur existence coloniale non pas comme une menace existentielle, mais plutôt comme une invitation magnanime à démanteler le caractère colonial de l’État, à permettre aux Juifs de Palestine de jouir finalement de la normalité, en tant qu’humains égaux et citoyens égaux d’un État laïque et démocratique - une terre réellement prometteuse en lieu et place d’une fausse Terre Promise. Cela confirmerait certainement que Roosevelt n’est pas seulement mort, mais qu’il était aussi dans l’erreur. Omar Barghouti Traduit de l’anglais par Olivier Roy (Montréal, Québec) Notes L’article anglais comporte 61 notes. La majorité d’entre elles fournissent les références des nombreuses citations qui émaillent le texte. Nous avons choisi de ne traduire que les notes qui ajoutent un contenu au texte. [1] Plusieurs études archéologiques ont démontré que la plupart des histoires contenues dans la Bible et utilisées par les sionistes pour étayer leur revendication de la Palestine ne sont pas soutenues par l’histoire de la région, qui « est basée sur des évidences directes provenant de l’archéologie et de la géographie historique et est soutenue par des analogies qui sont principalement issues de l’anthropologie, de la sociologie et de la linguistique », comme l’a écrit l’archéologue Thomas L. Thompson. Ses découvertes sont soutenues par les recherches étendues, méticuleuses et faisant autorité de distingués archéologues israéliens tels que Ze’ev Herzog et Israël Finkelstein. [2] Henry Kissinger a défini l’objectif israélien ultime comme « une normalité qui met un terme à toutes les revendications [palestiniennes] et détermine un statut légal permanent ». En conséquence, il a continuellement conseillé à Israël, en retour de la reconnaissance de l’État palestinien, d’insister sur une contrepartie qui inclurait « une renonciation formelle à toute revendication [palestinienne] future ». Cela, affirme-t-il, était « l’essence d’un caractère raisonnable pour les États-uniens et les Israéliens ». [3] Les célèbres écrivains israéliens A.B. Yehoshua et Amos Oz ont écrit : « Nous ne pourrons jamais accepter le retour des réfugiés à l’intérieur des frontières israéliennes, puisqu’un tel retour signifierait l’élimination de l’État d’Israël. » [4] L’examen par Amnistie Internationale de la conduite israélienne au cours de l’actuelle Intifada l’a amené à conclure que : « Il y a un modèle de violations grossières des droits de l’Homme qui pourraient très bien constituer des crimes de guerres. » [5] Plusieurs chercheurs ont démontré que l’ainsi nommée « clôture de séparation » sépare effectivement les Palestiniens de leurs terres et les isole dans des bantoustans restreints, pleinement sous contrôle de l’armée israélienne. Ainsi, le seul nom correct et adéquat pouvant être appliqué à cette clôture gargantuesque est : Mur de l’Apartheid, comme plusieurs ont commencé à l’appeler. [6] « L’assimilation israélienne » d’étrangers non Juifs dissout la majorité juive selon de récentes études démographiques. Selon les statistiques les plus conservatrices - et à mon avis trompeuses - environ 10% de la supposée population juive d’Israël est réellement non juive. [7] Les militants pacifistes Gadi Algazi et Azmi Bdeir expliquent : « Le transfert n’est pas nécessairement un moment dramatique, un moment où les gens sont expulsés et fuient leurs villes et villages. Ce n’est pas nécessairement un mouvement planifié et bien organisé avec des autobus et des camions emplis de gens... Le transfert est un processus plus profond, un processus rampant caché à la vue. (...) La principale composante du processus et le sapement graduel de l’infrastructure de vie de la population palestinienne dans les Territoires : son étranglement continu au milieu des bouclages et des sièges qui empêchent les gens d’aller au travail ou à l’école, de recevoir les services médicaux et de permettre le passage des citernes d’eau et des ambulances, ce qui repousse les Palestiniens à l’âge de l’âne et de la charrette. Prises ensemble, ces mesures minent l’emprise de la population palestinienne sur sa terre. » [8] Même l’ancien adjoint au maire de Jérusalem, Meron Benvenisti, a dit : « ...au cours des deux dernières années, je suis arrivé à la conclusion que nous avons affaire à un conflit entre une société d’immigrants et une société indigène. En un tel cas, nous parlons d’un conflit entièrement différent. (...) Parce que l’élément fondamental ici ne consiste pas en deux mouvements nationaux qui se font face ; l’élément fondamental en est un d’indigènes et de colons. C’est l’histoire d’indigènes qui sentent que des gens venant de la mer ont infiltré leur habitat naturel et les ont dépossédés. » [9] Le bi nationalisme est basé sur deux suppositions problématiques : que les Juifs forment une nation, et qu’une telle nation a le droit d’exister en tant que telle en Palestine. Clairement, le bi nationalisme ne peut fonctionner entre les Palestiniens d’un côté et les Juifs du monde de l’autre. Mais est-ce que les Juifs israéliens se définiraient comme une nation ? Probablement que non, puisque cela contredirait la prémisse fondamentale du sionisme. Alors, est-ce que les Israéliens se voient comme une nation ? Certainement pas, puisqu’en plus de se séparer du sionisme, cela impliquerait aussi la minorité de 20% de Palestiniens. « La conquête peut représenter le
mal autant que le bien pour l’humanité, selon la valeur comparative des
peuples conquérant et conquis. » (Théodore Roosevelt) D'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11299 Évolution des frontières des territoires palestiniens, de l'empire ottoman à nos jours. Jean-Paul Chagnollaud professeur de sciences politiques à l'université de Cergy-Pontoise France 24 le 26 juillet 2011 Gauthier Rybinski reçoit Jean-Paul Chagnollaud, professeur de sciences
politiques à l'université de Cergy-Pontoise. Il revient sur l'évolution
des frontières des territoires palestiniens, de l'empire ottoman à nos
jours. voir la vidéo : http://www.france24.com/fr/20110725-fronti%C3%A8res-territoires-palestiniens-Isra%C3%ABl Palestine en Périgord Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 112 (21/07/11) Trélissac (Dordogne). Dans la grande salle du centre social, 25
étudiants palestiniens se présentent lors de la soirée de solidarité
organisée par « Dordogne Palestine » qui assure l’accueil de
l’Université d’été du Mouvement de la jeunesse palestinienne (PYM) :
« je suis originaire de Jénine, je suis née en Jordanie, je fais des
études de cinéma à Madrid », « je suis originaire de Ramallah et suis
dans une école d’ingénieur à Stockholm », « ma famille est de
Saint-Jean-d’Acre, je fais des études de droit à Toronto »... Ils sont
venus d’Athènes ou de Damas, d’Allemagne ou du Koweit, pour deux
semaines de cours intensifs. Loubna, qui vient de prendre le rôle de
coordonnatrice, vit à San Francisco. Plus de la moitié n’ont jamais mis
les pieds en Palestine et ne savent pas quand ils pourront y accéder.
Ceux qui devaient venir du Chili, d’Iran ou d’Algérie n’ont pas encore
eu leur visa : les sbires de Guéant et Juppé ont peur de l’immigration
que Sarkozy n’a pas choisie. Pourtant, ces Palestiniens ne veulent
qu’une chose : vivre en Palestine libérée et participer à la
(re)construction du pays. Entretien. PYM, nouveau sigle dans la galaxie palestinienne. Qu’est-ce ? Lors de notre deuxième assemblée générale à Istanbul, en avril dernier, ce qui avait commencé comme une simple conversation entre de jeunes Palestiniens et des organisations de jeunes de l’intérieur ou de l’exil, il y a déjà cinq ans, et s’était développé comme un réseau, est devenu le Mouvement de la jeunesse palestinienne. Le réseau a été fondé en novembre 2008 lors d’une conférence internationale qui a réuni à Madrid 150 jeunes Palestiniens de 35 pays. Notre conviction est que, pour contribuer à une vraie libération, notre rôle est de développer un mouvement de jeunesse transnational, avec des jeunes qui peuvent n’avoir encore jamais été en Palestine, mais qui sont fiers de leurs racines et veulent contribuer au combat palestinien pour la liberté. Et politiquement, comment vous situez-vous ? Nous avons fait un choix, celui d’un mouvement pluraliste, non affilié à une organisation existante, permettant l’appartenance à chacune. Pas de naïveté, mais le constat de l’impasse actuelle du mouvement de libération et la volonté de contribuer à en dépasser les contradictions. Les défis que nous avons à relever s’accumulent. Face à la poursuite de la colonisation sioniste et de l’occupation, notre détermination à réaliser notre aspiration au retour et à la libération de notre terre est plus forte que jamais. Nous reconnaissons que notre combat est lié aux combats de tous les peuples indigènes et opprimés. Et il a ses racines dans le contexte régional arabe, qui doit être libéré du néocolonialisme, avec l’objectif que la libération de la Palestine devienne une réalité tangible. Pour la justice, pour les droits humains, pour la libération de la Palestine, nous voulons constituer un mouvement réellement transnational. Bien sûr, les mouvements existants ont été circonspects au départ, mais nous pouvons dire qu’aujourd’hui nos relations sont bonnes avec tous. Vous vous êtes tous présentés comme étudiants. Quelles différences avec la GUPS1 ? Le projet n’est pas du même ordre. La GUPS a assuré longtemps dans différents pays la représentation du Mouvement national palestinien. Mais avec la naissance de l’Autorité palestinienne et la crise de direction du mouvement national, la GUPS n’a plus eu le même rôle. Un temps, la GUPS en France a donné la priorité à sa participation au développement du mouvement de solidarité. Voir par exemple son rôle dans la naissance et le développement de Génération Palestine. La génération actuelle de la GUPS en France pense indispensable de faire un mouvement sur nous-mêmes. Où que nous soyons dans le monde, nous avons besoin de développer une vison commune de ce que nous sommes et de ce que nous voulons faire. Quand on vous écoute, il me semble que l’on sent l’influence du contexte politique national dans lequel vous vivez, même si vous savez danser ensemble le dabkeh. Vivre comme Palestinien à San Francisco ou à Damas, ce n’est pas la même chose. Bien sûr. C’est l’objectif de cette Université d’été de dépasser là aussi ce qu’il peut y avoir de contradictions. Nous rassemblons les membres les plus engagéEs dans le processus de construction. Nous avons déjà une quinzaine de branches nationales constituées dans le monde, et une dizaine d’autres en construction ou en perspective. L’Université d’été, que ceux qui l’ont permis en soient remerciés, 2 est l’occasion pour nous de vivre une expérience nouvelle, humaine autant que politique. 1. L’Union générale des étudiants palestiniens. 2. L’Université d’été a bénéficié du soutien du conseil régional d’Aquitaine, du conseil général de Dordogne, des municipalités de Trélissac, Périgueux et Coulounieix-Chamiers. L’association Dordogne Palestine est liée à la Fédération des villes jumelées avec des camps palestiniens. Propos recueillis par Roger Devaneuse d'après : http://www.npa2009.org/content/palestine-en-p%C3%A9rigord Israël approuve la construction de 1 300 nouveaux logements à Jérusalem-Est Le Monde (avec AFP) - publié le lundi 8 novembre 2010 Vue aérienne, prise le 30 septembre 2010, du quartier de colonisation juive de Har Homa, à Jérusalem-est (AFP Yuval Nadel) La commission de planification du ministère de l’intérieur israélien a approuvé la construction de 1 300 nouveaux logements à Jérusalem-Est, secteur à majorité palestinienne, a annoncé lundi l’organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant. Le négociateur palestinien Saëb Erakat a réagi à cette annonce, accusant le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, actuellement en visite aux Etats-Unis, d’être "déterminé à détruire les négociations". "Nous espérions que Nétanyahou allait aux Etats-Unis pour arrêter la colonisation et reprendre les négociations, mais il est clair pour nous que Nétanyahou est déterminé à détruire les négociations. Il a fermé toutes les portes des négociations, et nous le tenons pour responsable de leur destruction", a affirmé M. Erakat. Philip Crowley, le porte-parole de la diplomatie américaine, a déclaré que les Etats-Unis étaient "profondément déçus par l’annonce de plans avancés en vue de nouveaux logements dans des zones sensibles de Jérusalem-Est". Cette annonce "est contre-productive vis-à-vis de nos efforts pour reprendre des négociations directes entre les parties", a-t-il poursuivi. Le sujet sera abordé par la secrétaire d’Etat Hillary Clinton lors de sa rencontre avec le premier ministre israélien, dont M. Crowley a précisé qu’elle aurait lieu jeudi à New York. La chef de la diplomatie américaine devrait s’entretenir la veille par visioconférence avec le premier ministre de l’Autorité palestinienne Salam Fayyad, a ajouté M. Crowley. UNE ÉTAPE DANS LE PROCESSUS DE CONSTRUCTION "Il y a trois nouveaux plans qui ont été publiés pour enquête publique", a déclaré une porte-parole de La Paix maintenant, Hagit Ofran. Une grande majorité de ces nouveaux logements à construire est située dans le quartier de colonisation juive de Har Homa, où résident plus de 7 000 habitants. "Il s’agit d’une nouvelle étape à Har Homa qui va vraiment étendre ce quartier. C’est une grande provocation", a souligné Mme Ofran. Une porte-parole du ministère de l’intérieur israélien, Efrat Orbach, a affirmé que cette étape n’était que "l’une des toutes premières" d’un processus de construction qui ne devrait aboutir que "dans quelques années". Le 15 octobre, le ministère de l’habitat israélien avait lancé des appels d’offres pour la construction de 238 logements pour la population juive dans deux autres quartiers de colonisation à Jérusalem-Est, Ramot et Pisgat Zeev, selon les médias israéliens. Il s’agissait des premiers appels d’offres depuis la fin, le 26 septembre, du moratoire de dix mois portant sur les nouvelles constructions dans les colonies de Cisjordanie, qui ne concernait cependant pas Jérusalem-Est. Israël considère Jérusalem comme sa capitale "éternelle et indivisible", alors que les Palestiniens veulent établir dans le secteur oriental la capitale de l’Etat auquel ils aspirent. Quelque 270 000 Palestiniens vivent à Jérusalem-Est. Environ 200 000 Israéliens sont installés dans une douzaine de nouveaux quartiers du secteur oriental. Le Monde (avec AFP) .d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article9617 Le Président de la FiFA, Joseph S. Blatter brandit un autocollant Free Palestine Oumma.com - publié le samedi 6 novembre 2010. Le Mouvement Free Palestine a organisé une action militante dans les rues de Zurich (Suisse). Dans cette vidéo, on voit Joseph S. Blatter, Président de la Fédération internationale de Football (FIFA) brandir avec enthousiasme un autocollant Free Palestine. La scène se situe à partir de 1’50. Vidéo YouTubed'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article9606 RTBF - 06.11.10 - 10:38 A l’occasion du lancement de l’opération 11.11.11, Transversales propose une émission spéciale consacrée aux Territoires palestiniens et à l’action des Organisations non gouvernementales belges dans cette région. Le reportage de Daniel Fontaine et Nicolas Poloczek nous entraîne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, où les Palestiniens sont confrontés à un manque criant d’eau et de terres agricoles. La vallée du Jourdain, autrefois le grenier de la Palestine, est entièrement contrôlée par l’armée israélienne. Les colonies juives y pompent l’eau, destinée à une production agricole essentiellement tournée vers l’exportation. Et là où le colon consomme en moyenne 400 litres par jour, le Palestinien doit se contenter de 20 litres, qu’il devra peut-être acheter… A Gaza, le no man’s land imposé aux Palestiniens de part et d’autre du mur de séparation les prive d’environ 30% des terres agricoles exploitables. Dans ce contexte, l’aide internationale est importante, mais
peut-elle réellement être efficace, tant les entraves imposées à la
population locale semblent grandes ? Ecoutez ici le reportage: André ZaleskiLoi sur les crimes de guerre: Israël suspend le dialogue stratégique avec Londres(AFP) – le 03 novembre à 10h00JERUSALEM — Israël a décidé de différer la reprise de son "dialogue stratégique" avec Londres jusqu'à ce que la Grande-Bretagne révise une loi controversée sur les crimes de guerre, a indiqué mercredi le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. "Le dialogue stratégique (avec la Grande-Bretagne) a été différé. La visite du chef de la diplomatie britannique (William) Hague constitue une phase importante dans les échanges bilatéraux en cours", a affirmé à l'AFP Yigal Palmor, alors que M. Hague a débuté mardi soir une visite en Israël et dans les territoires palestiniens. "Le fait que les officiels israéliens ne puissent pas se rendre en Grande-Bretagne sera la priorité numéro un de l'agenda de cette visite en ce qui nous concerne", a-t-il ajouté. Interrogé sur la nature de ce "dialogue stratégique", Mark Regev, porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu, s'est borné à répondre qu'il s'agissait d'un "domaine sensible". Selon les médias israéliens, Dan Meridor, ministre israélien pour les Services secrets, a récemment annulé une visite en Grande-Bretagne à la suite d'informations selon lesquelles il aurait fait l'objet d'une plainte pour son rôle présumé dans l'abordage sanglant le 31 mai par la marine israélienne d'une flottille internationale qui voulait briser le blocus de Gaza. En mai, M. Hague, interrogé sur l'annulation de la visite de l'ex-ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni, visée en décembre 2009 par un mandat d'arrêt d'un tribunal britannique sur plainte de militants palestiniens pour l'offensive israélienne meurtrière dans la bande de Gaza en décembre 2008/janvier 2009, avait jugé cette situation "insatisfaisante" et "indéfendable". Il avait affirmé son "intention d'agir rapidement". Selon la législation britannique, un juge peut délivrer un mandat d'arrêt contre une personnalité étrangère en visite au Royaume-Uni, à la demande d'un plaignant, s'il estime qu'elle a pu participer à des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité. Des associations palestiniennes ont utilisé cette législation pour saisir les tribunaux britanniques en accusant de crimes de guerre des dirigeants politiques ou militaires israéliens. Israël a déjà rencontré des problèmes similaires avec les lois de compétence universelle adoptées notamment par la Belgique et l'Espagne. En 2001, une plainte déposée en Belgique contre le Premier ministre israélien de l'époque Ariel Sharon pour les massacres des camps de Sabra et Chatila, au Liban en 1982, avait tourné à l'incident diplomatique. Bruxelles a ensuite restreint la portée de sa loi qui exige désormais un critère de "rattachement", à savoir l'implication directe d'un citoyen belge. En janvier 2009, une plainte en Espagne contre de hauts responsables militaires israéliens pour un bombardement meurtrier à Gaza en 2002 avait suscité la colère d'Israël. Elle avait été classée sans suite en juin 2009, date à laquelle le Parlement espagnol avait nettement limité le principe de juridiction universelle permettant aux juges espagnols d'enquêter sur les crimes de masse commis dans le monde.Copyright © 2010 AFP. Tous droits réservés. d'après : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5htax_Ys6QGPOR9Z9AtyVureXxFAg?docId=CNG.4aa1b7b80cd5aa60ac3cc7198488ac36.641 Des manœuvres militaires sionistes et des vols intensifs au sud de la CisjordanieCisjordanie – CPI - 01/11/2010 - 14:47Les forces de l’occupation effectuent, depuis une semaine, des manœuvres militaires dans les territoires palestiniens, notamment au sud de la Cisjordanie occupée, tandis que les avions sionistes survolent à haute altitude, depuis hier soir et ce matin à haute, le ciel des villes et villages. De nombreuses familles palestiniennes dans plusieurs parties d'Al-Khalil (Hébron) ont confirmé que les forces sionistes ont pénétré dans les quartiers palestiniens en distribuant des convocations à plusieurs dizaines de citoyens pour voir les services de renseignements sionistes durant ce mois (novembre). Les avions de guerre israéliens continuent de survoler, à haute altitude, le ciel de la ville d'Al-Khalil et le Néguev, ainsi que les montagnes qui entourent la ville et les villages proches. Les mêmes sources ont ajouté que les manœuvres se poursuivent jour et nuit, et que de forts bruits et vacarmes s’entendent de cette région. Des sources médiatiques -attribué à l'entité sioniste- ont indiqué que ces exercices font partie des préparatifs de l'armée sioniste pour une éventuelle guerre contre l'Iran et la Bande de Gaza, alors que les sources de la direction de l'armée sioniste ont précisé que ces exercices viennent dans le cadre des préparatifs pour effectuer des incursions dans divers quartiers palestiniens qui sont sous le contrôle de l’autorité palestinienne en Cisjordanie. d'après : http://www.palestine-info.cc/fr Travail des enfants dans les colonies de la vallée du JourdainPalestine Monitor - publié le mercredi 3 novembre 2010. http://www.palestinemonitor.org/spip/spip.php?article1592 Traduction : M.C. 30 octobre 2010 Tous les matins à 05h00, Nabil se lève et va travailler. Il part à pied et, avec des amis et collègues dont certains n’ont que 10 ans, se met route pour la colonie illégale de Tomer. Il a 13 ans et habite le village d’Al Fassayil, dans la vallée du Jourdain. Pour Nabil, il n’y a pas d’autre solution. par Dorien Vanden Boer. Le travail des enfants est un grave problème dans la vallée du Jourdain. D’après le Bureau Central des Statistiques Palestinien, plus de 7 000 enfants de 5 à 17 ans y travaillaient en 2008, —ce qui représente la plus forte concentration des Territoires Palestiniens. Depuis, ce chiffre a augmenté. Les statistiques ne montrent pas tout, puisqu’il n’y a pas de données sur la plupart des enfants qui travaillent clandestinement dans les colonies. Le manque d’information rend le problème difficile à traiter au niveau politique, à supposer qu’existe une volonté de changer les choses. L’âge légal pour travailler en Palestine est récemment passé de 14 à 16 ans, mais ce changement ne s’est pas concrétisé sur le terrain. Les colons contournent cette loi en embauchant par l’intermédiaire de sous-traitants, de façon à ne pas avoir de contrats directs avec des mineurs, qui n’ont ni droits ni statut officiel d’employés. Néanmoins, les colons savent parfaitement que les enfants travaillent dans leurs champs.En 2007, le ministère israélien du commerce et de l’industrie a élargi la loi sur le salaire minimum aux Palestiniens employés dans les colonies juives, mais aucune autorité ne la fait appliquer. Alors que le salaire minimum légal est de 5,51 $ de l’heure en Israël, les Palestiniens gagnent 2 $ de l’heure ou moins dans les colonies. Pour une journée de huit heures avec une seule pause d’une ½ heure, ils sont payés de 55 à 60 shekels (15 à 16 $). Les enfants travailleurs n’ont pas d’assurance et n’ont ni vacances ni congé de maladie. Ils travaillent souvent sur des chantiers de construction dangereux qui ne respectent pas les règles de santé & sécurité israéliennes. Quand, comme c’est fréquent, ils leur arrive un accident, ils ne reçoivent aucune protection de leur employeur et sont tout simplement renvoyés. Youssef est le directeur de l’école de Fasayil. Il me raconte ce qui est arrivé à un neveu à lui qui a été grièvement blessé lors d’un accident de tracteur dans une des colonies. Comme ni lui ni le tracteur n’étaient assurés par son employeur, il n’a eu droit à aucune indemnité. Sa famille a reçu une note d’hôpital de 10 000 shekels. Ce n’est que grâce à "la forte solidarité entre les familles du village" qu’elles a réussi à payer les frais d’hôpital et à ne pas tomber dans la grande misère. Bien que le travail des enfants soit un problème d’envergure dans les territoires occupés, les groupes humanitaires ne font pas grand’chose. Iman Nijem, directeur du programme Save the Children UK, nous a dit que son ONG est la seule en Palestine qui travaille à régler le problème. Leur projet a tout juste un an. Iman estime que les principales raisons du travail endémique des enfants sont liées à l’occupation. Dans la vallée du Jourdain, les restrictions de mouvement sont particulièrement aiguës puisque les colonies occupent environ 50% du territoire, en plus des zones militaires fermés et des "réserves naturelles" qui mordent sur les terres palestiniennes. De grandes quantités d’eau sont également spoliées au profit des colonies, ce qui ne laisse que des ressources extrêmement réduites pour l’agriculture palestinienne. Si l’industrie palestinienne est handicapée et si les adultes ne peuvent pas gagner leur vie, les enfants sont une solution. En étant envoyés travailler dans les colonies, ils peuvent gagner assez pour permettre à leur famille d’échapper aux pires ravages de la pauvreté, même si leur travail sous-payé favorise l’expansion des colonies qui étranglent la population palestinienne. C’est de la survie à court terme qui engendre des souffrances à long terme. Le travail des enfants dans les colonies ne se limite pas à la vallée du Jourdain. Cette année, des sous-traitants du sud d’Hébron ont été poursuivis en justice pour avoir, de nuit, clandestinement emmené des enfants travailler pour des colonies dans les champs ou sur les chantiers de construction. Les employeurs proprement dits n’ont pas été incriminés.Le système judiciaire facilite l’exploitation des enfants. En zone C, les militaires israéliens sont les seuls représentants de la loi et sont notoirement réticents à poursuivre les colons israéliens. Le ministère du commerce et de l’industrie, qui est responsable de l’inspection des colonies de Cisjordanie, inspecte rarement pour cause, se justifie-t-il, de manque de personnel. ’Save the Children’ veut construire un système de surveillance pour les enfants qui travaillent. En collaboration avec le ministère du travail et des affaires sociales de l’Autorité Palestinienne, cette organisation souhaite établir un système qui supervise les enfants de manière à les arracher au décrochage scolaire et aux emplois dangereux. Le système comprendrait de la formation professionnelle pour les enfants et des programmes de sensibilisation pour les parents. En 2003, un programme similaire a dû être arrêté faute de financement. Il est à espérer que ce nouveau projet pourra enfin mettre en évidence la scandaleuse et constante exploitation des enfants. Davantage de détails sur www.jordanvalleysolidarity.org, le site de l’organisation Jordan Valley Solidarityd'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article9587 Boycott d’Israël, un appel indigneCommentaires de Alain Gresh (Monde Diplo) - publié le mardi 2 novembre 2010Dans le quotidien Le Monde daté du 2 novembre, une trentaine de personnalités signent un appel intitulé « Le boycott d’Israël est une arme indigne ».Il commence ainsi : « Une entreprise commence à faire parler d’elle en France, consistant à promouvoir un embargo d’Israël tant dans l’ordre économique que dans celui des échanges universitaires ou culturels. Ses initiateurs, regroupés dans un collectif intitulé Boycott, désinvestissement, sanctions, ne s’embarrassent pas de détails. Au vu de leur charte, tout ce qui est israélien serait coupable, ce qui donne l’impression que c’est le mot même d’Israël que l’on souhaite, en fait, rayer des esprits et des cartes. » « L’illégalité de la démarche ne fait pas de doute et la justice française ne tardera pas à la confirmer. » Les signataires font référence à des condamnations prononcées par des tribunaux français sur injonction politique (« Quand la France laisse entrer les produits des colonies et poursuit ceux qui s’y opposent »), contre des militants appelant au boycott. Mais, ce qu’ils oublient de dire c’est que, même d’un point de vue purement juridique, il est parfaitement légal d’appeler au désinvestissement et aux sanctions contre un Etat. Le seul point de litige est celui que soulignait Willy Jackson dans un article du Monde diplomatique (septembre 2009), « Israël est-il menacé par une campagne de désinvestissement ? » : « S’il fait appel à la liberté de chacun de consommer ou de ne pas consommer, le boycott peut contrevenir à certaines dispositions légales lorsqu’il se transforme en incitation à une action collective. En France, par exemple, l’article 225 alinéa 2 du code pénal modifié par la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité dispose que toute discrimination qui consiste « à entraver l’exercice normal d’une activité économique quelconque » est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Ainsi, autant chacun peut librement choisir ce qu’il achète et l’afficher publiquement comme attitude individuelle, autant le fait d’appeler au boycott pourrait tomber sous le coup de cet article. » Mais même sur ce point, deux remarques s’imposent :
Les signataires [1] poursuivent : « Mais la justice sera bien en peine de sanctionner ce qui est essentiel dans cette affaire. C’est pourquoi, nous, associations, citoyens de tous bords, acteurs de la vie de notre pays, tous également attachés à la paix au Moyen-Orient et, donc, à l’avènement d’un Etat palestinien viable et démocratique aux côtés d’Israël, nous sommes convaincus que les boycotteurs se trompent de combat en prenant le parti de la censure plutôt que celui de la paix, celui de la séparation plutôt que celui de la possible et nécessaire coexistence – celui, en un mot, de la haine et non de la parole et de la vie partagées. » Qui est aujourd’hui, en parole au moins, contre la création d’un Etat palestinien ? Même le président George W. Bush et Benyamin Netanyhou s’y sont ralliés en paroles. Et alors ? Le refus de considérer que l’on a d’un côté un occupant et de l’autre un peuple occupé, d’un côté un Etat puissant de l’autre une Autorité impuissante, fausse tout possibilité de solution. Il est significatif que ce texte sur la nécessaire coexistence soit publié alors même que le gouvernement israélien cherche à faire adopter un texte pour empêcher les Palestiniens citoyens d’Israël de pouvoir habiter dans des quartiers juifs (lire le texte de Zvi Bar’el, « South Africa is already here », Haaretz, 31 octobre 2010) « La possibilité de critiquer, même de manière vive, le gouvernement israélien concernant sa politique vis-à-vis des Palestiniens n’est pas ici en cause. Peu de gouvernements sont autant sévèrement jugés, y compris par certains d’entre nous. Mais la critique n’a rien à voir avec le rejet, le déni, et, finalement, la délégitimation. Et rien ne saurait autoriser que l’on applique à la démocratie israélienne un type de traitement qui n’est réservé aujourd’hui à aucune autre nation au monde, fût-elle une abominable dictature. » Critiquer Israël ? Finkelkraut, Encel et Lévy critiques du gouvernement israélien ? On croit rêver. En pleine guerre de Gaza, ils justifiaient les crimes commis par l’armée israélienne et, encore plus révoltant, Bernard-Henri Lévy pénétrait dans Gaza assis sur la tourelle d’un char israélien. Quant aux signataires membres du Parti socialiste, faut-il rappeler que leur parti est lié au Parti travailliste, qui a mené les guerres au Liban et à Gaza et qui, aujourd’hui, aux côtés d’Avigdor Lieberman, participent au gouvernement de Benyamin Netanyahou ? et que leur parti est resté passif durant l’invasion de Gaza ? Certains des signataires critiquent peut-être le gouvernement israélien, mais comment cette critique se traduit-elle en actes ? Ne sont-ils pas coupables de non assistance à un peuple en danger ? Quant à l’argument selon lequel on applique à la démocratie israélienne un traitement qui n’est réservé à aucun autre pays appelle deux remarques :
« D’autant que, de plus, la globalité du rejet et sa bêtise font que l’on emporte dans le même mouvement les forces qui, en Israël, œuvrent jour après jour au rapprochement avec les Palestiniens en sorte que les partisans du boycott sont, aussi, des saboteurs et des naufrageurs d’espérance. » Oui, il y a des forces en Israël qui luttent avec courage, mais ce ne sont pas celles auxquelles les signataires font allusion : faut-il rappeler que non seulement le Parti travailliste mais aussi le mouvement La Paix maintenant ont justifié les guerres du Liban et celles de Gaza ? Et le texte se poursuit : « La paix ne se fera pas sans les Palestiniens. Mais elle ne se fera pas non plus sans les Israéliens. Et moins encore sans les intellectuels et les hommes et femmes de culture qui, quels que soient leur pays d’origine ou leur parti pris politique, travaillent à rapprocher les peuples. Céder à l’appel du boycott, rendre impossibles les échanges, infliger aux chercheurs israéliens, par exemple, ou aux écrivains on ne sait quelle punition collective, c’est abandonner toute perspective de solution politique au conflit et signifier que la négociation n’est plus dans le champ du possible. » L’argument est repris sans cesse pour affirmer qu’on ne peut pas boycotter la culture. Rappelons d’abord que la coopération culturelle et scientifique entre Israël et l’Union européenne concerne avant tout des laboratoires et des universités qui participent directement au complexe militaire israélien. Quant à l’argument sur le boycott des livres ou du cinéma, je renvoie à la polémique autour des cinémas Utopia (« Yann Moix et Le Figaro condamnés »). Conclusion des signataires : « Nous n’acceptons pas cet aveu d’échec. Nous pensons que notre rôle est de proposer un chemin de dialogue. C’est pourquoi, nous, signataires, sommes résolument contre le boycott d’Israël et pour la paix – et, précisément, contre le boycott parce que nous sommes pour la paix. » Mais de quel dialogue, de quelle paix parle-t-on ? Qui pourrait être contre la paix ? Les questions qui se posent sont pourtant simples et devraient interpeller les signataires : la paix est-elle possible avec l’occupation et la colonisation ? Comment obtenir la fin de la colonisation qu’ont poursuivie depuis 1967 tous les gouvernements israéliens sans exception ? Comment mettre fin à l’occupation ? Le mouvement de boycott-désinvestissement-sanction (BDS) représente la réponse de la société civile à l’impuissance de la communauté internationale et pose une simple question : Israël se retirera-t-il des territoires occupés s’il n’y a aucune pression, aucune sanction ? La réponse, pour tout observateur de bonne foi, est non. En ne faisant rien, les signataires sont les complices non seulement de la politique d’occupation mais aussi de la poursuite de l’impasse avec tous les risques qu’elle fait peser sur l’avenir de la région. Notes [1] La liste des signataires : Yvan Attal, comédien ; Pierre Arditi, comédien ; Georges Bensoussan, historien ; Michel Boujenah, comédien ; Patrick Bruel, comédien et chanteur ; Pascal Bruckner, essayiste ; David Chemla, secrétaire général de JCALL, ; Bertrand Delanoë, maire de Paris ; Frédéric Encel, géopolitologue ; Alain Finkielkraut, philosophe ; Patrick Klugman, avocat ; François Hollande, député (PS) de Corrèze ; Georges Kiejman, avocat ; Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris ; Bernard-Henri Lévy, philosophe ; Mohamed Sifaoui, essayiste ; Yann Moix, écrivain ; Bernard Murat, directeur de théâtre ; Jean-Marie Le Guen, député ; Pierre Lescure, directeur de théâtre ; Serge Moati, journaliste ; Daniel Racheline, vice-président de JCALL ; Arielle Schwab, présidente de l’UEJF ; Dominique Sopo, président de SOS-Racisme ; Gérard Unger, président de JCALL ; Manuel Valls, député-maire d’Evry ; Michel Zaoui, avocat. On comparera cette liste à celle des personnalités qui se sont prononcées contre l’inculpation de Stéphane Hessel, Alima Boumediene-Thiery et tous ceux qui ont été mis en cause dans la campagne de boycott]. On notera, parmi elles, Michel Rocard, Laure Adler, Raymond Aubrac, Etienne Balibar, Jean Baubérot, Miguel-Angel Estrella, Eva Joly, Jean Lacouture, Noël Mamère, François Maspero, etc. d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article9584 Les Etats-Unis proposent à Israël de louer la vallée du Jourdain (radio) AFP | 01.11.10 | 18h04 Les Etats Unis ont proposé à Israël de louer aux Palestiniens pour sept ans la vallée du Jourdain après la signature d'un accord de paix, a rapporté lundi la radio militaire israélienne. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n'a pas rejeté a priori cette idée, mais estimé que cette location "devrait durer plusieurs dizaines d'années", a indiqué la radio, citant des responsables sans les identifier. "Il est hors de question de discuter d'un bail inférieur à 99 ans", a estimé un ministre israélien cité sous condition d'anonymat par la radio. Interrogé par l'AFP, un officiel israélien s'est refusé à confirmer ou démentir la proposition américaine. Il s'est borné à souligner que les "besoins sécuritaires d'Israël exigent le maintien d'une présence israélienne à l'est d'un futur Etat palestinien (dans la vallée du Jourdain, NDLR) pour garantir sa démilitarisation". M. Netanyahu et son prédécesseur Ehud Olmert ont exigé qu'Israël garde le contrôle de la vallée du Jourdain pour empêcher l'entrée d'armes ou de troupes dans le territoire d'un Etat palestinien, sans préciser les modalités de ce contrôle. Les Palestiniens ont pour leur part rejeté l'idée du maintien d'une présence sécuritaire israélienne sur le territoire de leur futur Etat, mais se sont dits prêts à envisager le déploiement d'une force de paix étrangère. "Nous n'avons pas été informés d'une éventuelle location de terres palestiniennes, et si ce projet nous est soumis, nous ne l'accepterons pas", a affirmé aux journalistes Mohammed Shatayeh, un des négociateurs palestiniens. "Pour nous, il s'agit d'un ballon d'essai lancé par la voie des médias, et nous le rejetons catégoriquement", a-t-il insisté. La vallée du Jourdain s'étend sur une centaine de kilomètres, dont 80 km en Cisjordanie, depuis le lac de Tibériade, au Nord, jusqu'à la mer Morte, au Sud. Elle est bordée à l'Est par la Jordanie et à l'Ouest par Israël et la Cisjordanie. Relancées le 2 septembre à Washington sous l'égide des Etats-Unis, les négociations israélo-palestiniennes sont interrompues depuis l'expiration le 26 septembre d'un moratoire de dix mois sur les nouvelles constructions dans les colonies juives de Cisjordanie. Pour les reprendre, les Palestiniens exigent un nouveau moratoire, auquel se refuse jusqu'à présent le gouvernement israélien. M. Netanyahu doit se rendre dimanche aux Etats-Unis pour s'exprimer devant les représentants du judaïsme américain. Il rencontrera à cette occasion notamment le vice-président américain Joe Biden. Le Premier ministre israélien a indiqué que ses discussions porteront "notamment sur la reprise du processus de paix" et que celui-ci visera à conclure "un accord de paix" et à instaurer "la sécurité de l'Etat d'Israël". Au moment de la visite de M. Netanyahu aux Etats-Unis, le président américain Barack Obama se trouvera en Asie. Xavier écrit du Forum mondial de l’éducation qui se tient pour la première fois en Palestine du 28 au 31 octobre Campagne Civile - publié le vendredi 29 octobre 2010. Jour 1. Le Forum Mondial de l’Education s’est ouvert aujourd’hui à Ramallah. Une grande marche colorée, vivante et joyeuse est partie du centre ville et est allée jusqu’au grand centre culturel : Ramallah Cultural Palace. Dans la manifestation étaient à l’honneur pour ouvrir le cortège avec un immense drapeau palestinien, les élèves des écoles menacées de destruction par le mur ou l’extension des colonies. Les partis politiques étaient présents mais il y avait surtout des associations d’éducation populaire. Nous avons tous marché au son des slogans ou des chansons militantes : Marcel Khalife, Fairouz,... et même au son de la voix de Mahmouid Darwich déclamant un de ses poèmes La cérémonie d’ouverture peu protocolaire mais avec des interventions militantes et fortes a été suivie d’un spectacle de danses palestiniennes, une autre manière de défendre la Palestine. Demain commenceront les ateliers et les conférences... Des champs d’olivier au centre culturel de Ramallah, de la cueillette à mains nues au partage d’expériences variées du silence d’Assira Alqabalia à l’effervescence du forum mondial c’est la même mission qui continue. Jour 2. Etant seul dans cette mission CCIPPP pour le FME, et vu la multiplicité des possibilités de débats, rencontres, tables rondes, je n’ai qu’une vue très partielle du forum. J’ai participé aujourd’hui à : * une conférence : Education et Culture, Art et Identité * une table ronde : Education pour la libération, libération pour l’éducation * une vidéo conférence : Education et résistance * ... et de nombreux échanges informels ... Je détacherai quelques points forts qui me renvoient comme en miroir à ma pratique de classe et à ma vie à Soyaux, ville et quartier HLM où j’habite et milite. 1) L’identité palestinienne s’est forgée de tous temps dans la lutte et la résistance. Elle est pourtant plus complexe et plus large que cela. La cueillette d’olives depuis la petite enfance, faisant appel aux 5 sens, en fait partie intrinsèque, comme la danse et la poésie. Résister est un fil conducteur qui ne doit pas être réducteur. (Ayleen Kuttab) 2) Quelles représentations mentales les enfants palestiniens ont-ils d’eux mêmes, du fait d’être Palestinien, avec le mur comme horizon, ou les routes de contournement ? (Souad Nabban) 3) Quelles représentations mentales ont de l’Autre (l’Israélien), les enfants Palestiniens quand ils ne voient que des colons armés ou des militaires ? Quelles représentations mentales ont de l’Autre (le Palestinien), les enfants israéliens alors qu’ils n’en rencontrent jamais et qu’on leur présente comme des animaux ? (Soraida Hussein) 4) Quelles représentations mentales les enfants israéliens ont ils d’eux mêmes alors que la première comptine qu’ils apprennent à l’école en hébreu dit " Le monde est contre nous " ? Et que le système éducatif leur inculque dès le plus jeune âge qu’ils ne font pas partie du Moyen Orient ? (Michel Warschawsky) A ces questions, des éléments de réponse étaient présents bien sûr dans le problème des programmes scolaires, dans des programmes d’aides psychologiques, mais aussi surtout dans des pratiques de classe. (Ici c’est le praticien qui parle). N’oublions pas non plus que le FME en Palestine est un évènement en soi et une victoire sur le sort. Il démontre que les Palestiniens ont quelque chose à offrir, non seulement au niveau des moyens de développer une lutte politique mais aussi un savoir faire dans le domaine de l’éducation et des échanges d’expériences.Jour 3. Le Forum Mondial de l’Education se décentralisait aujourd’hui hui. Des rencontres et des débats se poursuivaient à Gaza, Jaffa, Nazareth, Jérusalem et Beyrouth comme depuis le début, mais les participants de Ramallah dont je fais partie se repartissaient entre Jenine, Tulkarem, Naplouse, Hébron et Bethléhem. Je me suis rendu à Jenine. Au delà des débats, le fait qu’une forte délégation étrangère soit présente à Jenine pour un forum mondial décentralisé, était vécu comme quelque chose d’exceptionnel par l’université qui nous accueillait. L’accueil officiel comme l’accueil des étudiants pendant les temps de pause en disaient long sur l’attente de reconnaissance internationale de cette partie de la Cisjordanie et la soif d’échanges. Les débats ont surtout tourné autour de l’éducation à la paix, à la justice et à l’égalité, sur l’engagement politique, sur l’enseignement des Palestiniens par des Palestiniens dans les prisons israéliennes et sur le rôle de l’école dans la société. A remarquer un atelier sur l’ e-enseignement animé par des étudiants eux mêmes, remarquable dans la démarche de présentation et un atelier sur les prisons israéliennes avec l’intervention émouvante d’une étudiante dont le père est emprisonné depuis qu’elle est toute petite et qu’elle risque de ne pas revoir vu qu’il a été condamné à perpétuité. Le forum mondial se poursuit, il faut profiter de chaque instant, le goûter, le déguster, vivre chaque échange comme une rencontre unique .. pour mieux repartir. Sur le Forum mondial de l’éducation, lire également le compte rendu de la 166ème mission À l’intérieur des ghettos de Lod Palestine Monitor - publié le mercredi 27 octobre 2010. http://www.palestinemonitor.org/spip/spip.php?article1580 À l’intérieur des ghettos de Lod Traduction M.C. 24 octobre 2010 Lod est la première ville que voient la plupart des gens qui visitent Israël quand ils sortent de l’aéroport Ben Gurion International. Ce qu’ils ne voient pas, c’est le nettoyage ethnique discret qui y est en cours, les mesures discriminatoires approuvées par l’état qui sont en train de détruire les conditions de vie de la population arabe de la ville. Le nouveau serment d’allégeance étant sur le point d’approfondir la fracture, Sophie Crowe s’est rendue dans des communautés auxquelles on rappelle déjà quotidiennement leur statut de seconde classe."Les Arabes ne sont pas du tout en sécurité ici", dit Omar Azbarka, président d’une organisation arabe de jeunes au Collège Sapir de Lod, dans un quartier totalement ségrégué de la population juive. Gabi, un habitant de Lod qui travaille pour l’Office des citoyens arabes et le parti arabe Tajamoa à la Knesset, estime que sa famille ne vit pas dans la sécurité à Lod. On a laissé la délinquance se développer dans les quartiers arabes sans que la police s’en mêle. Le premier ministre Benjamin Netanyahu est venu à Lod la semaine dernière et a affirmé qu’il voulait y désarmer les gangs, mais ce genre de déclaration est rarement suivi d’actes. Les autorités israéliennes se sont fait un plaisir de laisser les communautés se détériorer en marge. Dans le cadre d’une politique de confinement, on refuse aux Arabes le permis de construire sur leurs propres terres, et, si la police décide qu’elles sont illégales, on détruit systématiquement leurs maisons. Al-Mahata a essentiellement été une banlieue bédouine de Lod jusqu’à ce que l’état déclare que les maisons étaient vétustes et devaient être démolies. Ce quartier a été ensuite transformé en appartements neufs et attribué à des Juifs. Les habitants bédouins ont reçu un peu d’argent et ont été transférés vers le quartier délabré de Nevej Shalom. Le gouvernement local a entouré leurs propriétés de gros rochers pour être sûr qu’ils ne puissent pas agrandir et construire davantage de maisons. Transférer les Arabes loin de chez eux et loin des zones juives fait partie du projet de judaïsation des autorités, pour lesquelles la minorité arabe est un obstacle. La présence de communautés arabes dissuadant beaucoup de Juifs de venir s’y installer, l’état a décidé de mesures pour les inciter à migrer vers Lod, dans des logements neufs et bon marché. Un mur de séparation de trois mètres de haut a été construit pour assurer la ségrégation des habitants arabes de Shanir, autre ghetto arabe, par rapport à la ville juive voisine. Des organisations comme le Fonds National Juif et l’Agence Juive, dont le but est de s’approprier et d’aménager des terres en Israël au profit des seuls Juifs, participent officiellement un rôle à l’urbanisme et à l’aménagement israéliens. Leur position n’est rien d’autre que de la discrimination approuvée par l’état. On peut constater les effets de leur politique à Al Sikkeh, banlieue arabe qui est l’un des ghettos de Lod les plus déshérités et négligés. Al Sikkeh se voit refuser les services municipaux les plus élémentaires comme la collecte des ordures, l’électricité et l’éclairage urbain. Les eaux usées s’y écoulent dans les rues, à ciel ouvert. Les quartiers Juifs voisins sont neufs et confortables : les routes sont bordées d’arbres, les habitants ont droit à de bonnes écoles et à des centres communautaires. Les Arabes ne sont pas autorisés par la municipalité à acheter des appartements dans ces quartiers. Quand le frère de Gabi a voulu emménager dans l’un de ces quartiers, il lui a fallu aller en justice à Jérusalem. Une fois gagné le droit d’y vivre, il a eu sa maison caillassée par ses voisins juifs. Gabi a le sentiment que "la discrimination ethnique exacerbe les souffrances arabes" au moyen de la politique de l’état envers les minorités. Maha El Nakib Shaqledy travaille pour un parti arabe de la Knesset et participe à la vie militante de Lod. Elle affirme que, de peur de perdre leurs clients juifs, les hommes d’affaires et les commerçants ne peuvent pas manifester leur désapprobation quand il y a des périodes de tension entre Israël et les Palestiniens des Territoires Occupés comme l’attaque sur la bande de Gaza en 2009. Il est rare que les Juifs embauchent des Arabes, et il est difficile pour les Arabes d’acheter des propriétés où installer un(e) entreprise/commerce, ce qui réduit leurs chances de [développement] économique. Maha affirme que la municipalité opprime activement les Arabes en faisant tout pour les écraser par des méthodes économiques et sociales. L’état a déplacé le centre financier de Lod, qui était dans un quartier arabe, le laissant ainsi pratiquement sans aucun service. Buthaina travaille pour Shatil, groupe de défense des droits des minorités. "Lod est un microcosme de la situation des Arabes en Israël", dit-elle. Officiellement, les Arabes israéliens sont citoyens à part entière, même si dans la pratique, ils sont objets de discrimination aussi bien au niveau de l’état que de la société. Quand les Arabes protestent auprès de la municipalité, on leur assène qu’étant donné que la plupart des maisons arabes est considérée comme illégale, "ils ne peuvent prétendre aux services municipaux".. Les partis arabes de la Knesset essaient d’aider à améliorer la situation des Arabes de Lod et d’ailleurs en intensifiant [leur campagne de] sensibilisation, mais en fin de compte, dit Buthaina, ils n’ont pas de pouvoir dans "une Knesset fasciste". Tout en haut, on promulgue des lois qui tiennent à genoux les communautés comme celle de Lod. Il doit sembler amèrement ironique aux Arabes israéliens qu’alors même qu’on leur demande de prêter allégeance à l’état, celui-ci les pousse de force dans le caniveau. d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article9558 ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | Liens de sites amis : Liens de sites recommandés: |












