"La dimension stratégique de la bataille des
prisonniers politiques Palestiniens et les tâches du mouvement de
solidarité internationaliste"- José Luis Moraguès CCIPPP-BDS France publié le dimanche 29 avril 2012 ![]() Dans le dernier paragraphe (Notre combat) de son article "Pour quoi se battent les prisonniers politiques Palestiniens ?", Ameer Makhoul qui est un dirigeant de la société civile palestinienne, prisonnier politique actuellement enfermé à la prison de Gilboa, énonce clairement les raisons du combat des prisonniers. (http://www.protection-palestine.org...) " La véritable préoccupation pour le peuple sous occupation n’est pas de savoir si la détention de leurs fils ou de leurs filles relève d’un ordre administratif israélien ou d’un ordre de tribunal militaire ou civil. L’oppression, la répression et le pillage sont identiques, quel que soit l’outil que l’occupation utilise. La bataille d’Adnan est un combat contre le projet colonialiste dans son ensemble et pas seulement contre l’un de ses outils. Mais quand des dirigeants palestiniens et des militants des droits de l’homme déclarent que la prochaine étape consiste à intensifier la campagne contre les ordres de détention administrative, cela montre une faiblesse et une vision erronée. La bataille contre les lois d’urgence israéliennes est une bataille qui regarde les Israéliens, pas le peuple palestinien. La bataille pour les Palestiniens, et pour toutes celles et ceux dans le monde qui s’opposent à l’occupation et au colonialisme, est contre l’occupation et l’État occupant, et pour la libération nationale, pour le rétablissement de la patrie et le retour de ses habitants aujourd’hui réfugiés et exilés. "(souligné par JLM) Dans une interview récente, Khader Adnan (http://www.protection-palestine.org...), à qui on demandait les raisons de sa grève de la faim le jour de son arrestation, réaffirmait lui aussi les objectifs stratégiques du combat des prisonniers et de son action. En se mettant en grève de la faim le jour de son arrestation il affirmait ainsi ne pas se battre seulement contre les mauvaises conditions de détention, et contre la "détention administrative" mais contre l’injustice de l’arrestation elle -même : " Ma réjection de la détention administrative est le complément direct de ma réjection de l’occupation elle-même et de ma quête pour retrouver la dignité qui nous a été volée par les Israéliens." La réaffirmation des revendications fondamentales : L’un et l’autre affirment que l’objectif stratégique de la bataille engagée est la fin de l’occupation, de la colonisation, le retour des Réfugiés et la libération nationale. Qu’ils ne refusent pas seulement les mauvaises conditions, la torture, l’arbitraire illégal de la détention administrative mais le fait des arrestations elles-mêmes. Même si Israël cessait les détentions administratives et respectait les droits des prisonniers, il faudrait combattre les arrestations et exiger la libération de tous les prisonniers. Ce qui ne saurait advenir sans la fin de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid. Ce retour aux revendications fondamentales et cette volonté de lier les objectifs tactiques aux objectifs stratégiques est énoncé avec fermeté dans l’Appel BDS Palestinien de 2005 et réaffirmé sans cesse. Il semble que, au delà des partis impliqués, l’ esprit qui anime la bataille actuelle des prisonniers palestiniens est celui de l’écrasante majorité de la société civile palestinienne aujourd’hui et que nous connaissons mieux depuis et à travers l’Appel BDS. Rien de surprenant à cela puisque la quasi totalité des associations de prisonniers et des familles sont signataires de l’Appel BDS. A l’occasion de la journée internationale des prisonniers 12 organisations palestiniennes de prisonniers et de familles des prisonniers ont signé aux côtés du BNC Palestinien (Comité National Palestinien pour le BDS) un appel adressé aux sociétés civiles et aux organisations des droits de l’Homme demandant de boycotter l’entreprise israélienne G4S qui exporte dans le monde son "savoir faire"(!) en matière de surveillance et de répression dans les prisons. L’appel des organisations de prisonniers au mouvement de solidarité : Inclure la question des prisonniers dans le BDS. Sans doute sur le plan tactique faut-il dénoncer les violations du droit international et des conventions qui régissent les droits des prisonniers, sans doute faut-il dénoncer la "détention administrative" parce qu’elle est illégale au regard du droit actuel et aussi parce qu’elle est une forme de torture psychologique. Mais rien ne serait plus dommageable que d’isoler la lutte tactique pour le respect des droits des prisonniers et contre la détention administrative de l’objectif stratégique qui est la libération nationale du peuple Palestinien et le retour des Réfugiés. Que les ONG humanitaires et des droits humains s’en tiennent à réclamer l’application des conventions de Genève en matière du droit des prisonniers et exigent l’interdiction de la détention administrative, cela relève de leur registre d’intervention et c’est tout à leur honneur. Le mouvement de solidarité à la Palestine se tient et se tiendra sans conteste à leurs côtés dans ce travail incontournable et indispensable. Il appartient au mouvement de solidarité, non seulement de faire connaître et de porter l’ensemble des objectifs (tactiques et stratégiques) de la bataille engagée par les prisonniers Palestiniens, mais aussi et surtout d’inventer les actions et les modalités d’un rapport de force qui fasse reculer Israël. En liant la lutte actuelle des prisonniers à la campagne BDS internationale, les 12 organisations palestiniennes de défense des prisonniers ont clairement fait entendre leur choix et nous appellent explicitement à inclure la question des prisonniers politiques palestiniens dans la Campagne internationale BDS. José Luis Moraguès 29 avril 2012 CCIPPP- BDS France. d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11747 Marche des Arabes israéliens pour marquer la "Nakba" AFP le 26/04/2012 Des milliers d'Arabes israéliens ont marqué jeudi la "Nakba" (catastrophe), l'exode des Palestiniens ayant accompagné la création d'Israël il y a 64 ans, en marchant vers un kibboutz, où se trouvaient avant 1948 deux villages arabes. Les manifestants ont quitté Abou Snan, dans le nord d'Israël en direction du kibboutz (village collectiviste) proche de Beit Haemek, qui avait été établi sur l'emplacement des villages de Kweikat et Omqa, dont les populations ont été déplacées.Ils ont également scandé des slogans contre les négociations de paix -- actuellement au point mort -- entre Israël et les Palestiniens et en faveur de la réconciliation entre les deux mouvements Fatah et Hamas, selon un journaliste de l'AFP. Les manifestants portaient des drapeaux et des pancartes prévenant "Pas de paix sans le droit au retour", une importante revendication des Palestiniens de la diaspora rejetée par Israël. Il s'agissait de la 15e marche de ce type, qui commémore chaque année différentes communautés déplacées. Ali Ali, habitant de Deir Hanna en Galilée, vient d'une famille concernée par cet exode. "Je suis ici pour montrer ma solidarité avec tous ceux qui ont été déplacés", a-t-il dit. Pour Ahlam Taha, une jeune femme de Kafr Kana, la marche vise à "commémorer un jour très important, celui où nous avons tout laissé. Nous souffrons toujours des conséquences de cela". "Avec l'aide de Dieu, le jour viendra où tous les déplacés reviendront sur leurs terres et auront une vraie indépendance pour la Palestine", a-t-elle ajouté. Parallèlement, Israël célébrait jeudi le 64e anniversaire de sa création, selon le calendrier hébreu. Les Palestiniens qualifient de "catastrophe" leur exode ayant accompagné la création d'Israël le 15 mai 1948 et la guerre israélo-arabe qui a suivi. Cette Nakba est traditionnellement marquée le 15 mai, mais certaines manifestations peuvent être organisés avant. Plus de 760.000 Palestiniens ont été poussés à l'exode par l'avancée des forces juives ou chassés de chez eux. L'ONU estime aujourd'hui à quelque 4,7 millions le nombre de ces réfugiés et de leurs descendants. D'après : http://www.lepoint.fr/monde/marche-des-arabes-israeliens-pour-marquer-la-nakba-26-04-2012-1455696_24.php Comment la détention sans inculpation lie Israël et l’apartheid en Afrique du Sud Eron Davidson - The Electronic Intifada
publié le mercredi 11 avril 2012. Les grèves de la faim entreprises par Hana Al-Shalabi et Khader Adnan ont attiré l’attention internationale sur l’utilisation par Israël de la détention administrative, une mesure qui permet d’emprisonner indéfiniment malgré l’absence d’accusation pour un crime ou d’éléments de preuve. La détention administrative est un héritage des Britanniques, qui contrôlaient la Palestine mandataire dans la première partie du 20ème siècle. Quand Israël a déclaré un Etat en 1948, elle a adopté les lois “d’urgence” de la Grande-Bretagne, ce qui inclut la détention administrative et qui reste dans les lois à ce jour. Le droit international permet l’utilisation de la détention administrative dans des circonstances extrêmement restreintes. L’utilisation par Israël de la détention administrative viole clairement la quatrième Convention de Genève et cela d’une manière épouvantable. Parmi les plus de 700.000 Palestiniens qui ont été en prison depuis 1967, des dizaines de milliers de personnes ont été détenues en détention administrative, y compris des centaines d’enfants de moins de 16 ans. Ceci en plus des citoyens palestiniens d’Israël qui ont enduré la détention administrative de 1948 à 1966 pendant la dictature militaire en Israël. La législation d’Israël sur la détention administrative s’applique dans la Cisjordanie occupée et à l’intérieur d’Israël, et a été maintenue par la Haute Cour israélienne. La détention administrative ne permet pas aux détenus de se défendre ni même de voir l’un des soit-disant éléments de preuve secrets, elle évite au « procureur » militaire (un simple officier de l’armée) la charge de la preuve, et évite au « juge » militaire (un autre simple officier de l’armée avec une certaine formation militaire) d’écrire une décision motivée. Comme indiqué dans le livre Threat : Political Prisoners in Israel, le « juge » militaire ne fait la plupart du temps que confirmer les recommandations du « procureur », en déclarant que « la sécurité de la région et du public nécessite la détention ».
Mêmes excuses utilisées en Afrique du Sud Le régime de l’apartheid en Afrique du Sud a similairement adopté plusieurs lois qui imposaient la détention illimitée sans procès, d’une manière clairement contraire au droit international. Sous le prétexte de sécurité préventive, le régime de l’apartheid a détenu administrativement des dizaines de milliers de non-Blancs, y compris 2.000 enfants de moins de 16 ans, dans ses efforts pour écraser la résistance à ses politiques répressives. Mise à part la torture physique qui a prévalu pendant la détention dans les prisons du régime d’apartheid, il y avait une forme de torture intrinsèque à la détention administrative. Les prisonniers s’attendent à être relâchés à la date de sortie prévue, mais se voient à cette date imposés une durée de six mois de détention supplémentaire conduisant à un cycle d’espoir, d’anxiété et de désespoir. Tamar Pelleg-Sryck, un avocat qui représente les détenus administratifs en Israël depuis 1988, a déclaré : “Je n’ai jamais rencontré un seul détenu qui était guéri de cette espérance cyclique. Je ne connais pas une seule femme qui ait abandonné ses espoirs de voir son mari détenu libéré à la fin du terme”. Il ya de nombreux témoignages à propos de cette même pratique dans l’apartheid en Afrique du Sud et en Israël. Un exemple inquiétant peut être consulté dans cet extrait du film documentaire qui sera bientôt publié « Roadmap to apartheid », dirigé par moi-même et Ana Nogueira, où Ziad Abbas, un activiste palestinien, raconte l’histoire de cette pratique en Israël, et puis Ralph Nzamo, un activiste africain, raconte presque textuellement la même histoire dans une interview il ya 25 ans. L’utilisation de la détention administrative est l’une des nombreuses similitudes entre l’apartheid en Afrique du Sud et l’apartheid en Israël. L’analogie avec l’apartheid offre d’importantes leçons d’histoire qui peuvent être utilisées pour aider à apporter la justice aux Palestiniens, en particulier dans le contexte de la résistance à ces politiques. Il faut se rappeler cependant, que l’apartheid n’est pas seulement une analogie, c’est un crime. Le crime d’apartheid a été codifié dans le droit international et défini par l’ONU avec la Convention internationale de 1973 sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid, qui s’applique à tous les pays. La détention administrative, telle qu’elle est pratiquée par Israël, est l’un des nombreux actes définis dans le crime d’apartheid. Stratégies de résistance Les grèves de la faim jusqu’à l’agonie et la mise en danger de la vie de Hana Al-Shalabi et de Khader Adnan incarnent la seule forme de résistance non-violente disponible pour les prisonniers politiques. Il s’agit d’une forme de résistance qui a une histoire profondément ancrée en Palestine ainsi qu’en Afrique du Sud. Depuis 1967, des dizaines de grèves de la faim majeures ont touché la plupart des prisons en Israël, au cours desquelles quelques prisonniers ont jeûné jusqu’à la mort. Certaines grèves se sont répandues dans de multiples prisons et ont concerné des milliers de prisonniers jeunant à l’unisson, comme la grève de la prison de Junaid en 1987 qui est considérée comme l’un des facteurs ayant contribué à l’éruption de la première Intifada. Cette forme de résistance des détenus en Afrique du Sud a commencé comme de courtes et sporadiques grèves de la faim jusqu’à la grande vague de grèves de la faim de 1989 qui a commencé avec 20 détenus, et qui a finalement entrainé 53 grèves de la faim impliquant 1500 détenus qui protestaient contre la détention sans procès et sans fin. Le gouvernement sud-africain a été contraint de libérer 500 de ces détenus. Les médecins avaient diagnostiqués les mêmes risques pour les grévistes de la faim en Afrique du Sud que pour les grévistes à long terme tels que Hana Al-Shalabi et Khader Adnan, à savoir le risque critique de dommages permanents aux organes, le coma et la mort. La décennie entière des années 1980 en Afrique du Sud a vu la résistance et les troubles massifs se répandre comme une trainée de poudre - une intifada sud-africaine en quelque sorte. La vague incroyable de grèves de la faim n’a pas seulement réussi à obtenir la libération d’un nombre important de personnes détenues sans procès, mais elle a aussi participé à la tempête de protestations de solidarité autour d’eux, contribuant ainsi à la vague finale de résistance populaire organisée, connue comme la campagne de Désobéissance Civile de 1989. L’activité politique a intensifié, et des lois interdisant les campagnes politiques, les manifestations, les grèves et des boycotts ont été largement ignorées. La résistance interne est parvenue à un point d’ébullition à travers tout le pays. Pendant le début de la grève de la faim, la réponse du gouvernement était de rejeter la demande et de refuser « de céder au chantage ». Un an plus tard, le gouvernement a annoncé la levée de l’interdiction du Congrès national africain, et quatre ans après les premières élections démocratiques ont eu lieu en Afrique du Sud - ainsi que la fin officielle de l’apartheid. Actions pour mettre fin à l’apartheid Il est crucial de comprendre que cette incroyable vague de résistance interne large et organisée - qui représentait le point culminant de plusieurs décennies de résistance - n’était pas en soi suffisant pour amener le gouvernement blanc au point de concéder des changements. Le calendrier de cette dernière campagne de défiance a coïncidé avec les succès incroyables du mouvement international de boycott, désinvestissement et sanctions par laquelle l’Afrique du Sud s’est retrouvée avec une économie en faillite, une population blanche mécontente, furieuse ou incapable de comprendre pourquoi leurs équipes sportives ne pouvaient pas participer aux Jeux Olympiques, et un isolement quasiment complet dans l’arène internationale, en particulier après la fin de la guerre froide. Il est également crucial de comprendre que l’appel sud-africain pour le mouvement international BDS - et une campagne de plusieurs décennies de long - et ses étonnants succès, ne pouvait pas lettre fin à l’apartheid par lui-même. C’est cette combinaison d’un pays à peu près ingouvernable en raison de la résistance interne, et la pression internationale simultanée, qui a forcé le gouvernement de l’apartheid à céder le pouvoir. La croissance rapide du mouvement international BDS lancé par les Palestiniens il ya à peine sept ans a gagné beaucoup de terrain et a franchi des étapes que le mouvement BDS d’Afrique du Sud a mis des décennies à atteindre. Il offre beaucoup d’espoir. Mais, comme dans le cas en Afrique du Sud, le BDS seul ne sera sûrement pas suffisant pour apporter la justice aux Palestiniens. Actuellement en Palestine, les grévistes de la faim sont rares, et une vague massive de populaire, la résistance généralisée à la manière de la première Intifada ou de la campagne de Désobéissance Civile est apparemment loin pour l’instant. Mais un coup d’oeil au rôle historique des grèves de la faim qui ont commencé avec une vingtaine de détenus qui protestaient contre leur détention sans procès et sans fin en Afrique du Sud éclaire l’importance de soutenir les détenus comme Hana Al-Shalabi et Khader Adnan. Source : http://electronicintifada.net/conte... / http://www.association-belgo-palest... Trad. : NJO d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11706 K. Selim : Barghouti, l’anti-défaitiste K. Selim - Le Quotidien d’Oran - mercredi 4 avril 2012 - 08h:41
Les organisations palestiniennes, Fatah et Hamas inclus, se
trouvent dans une double impasse politique et militaire. D’où
l’importance de l’appel lancé par Marwan Barghouti.
Marwan Barghouti, otage d’Israël, a été placé en isolement et interdit de visite, à la suite d’un appel qui doit gêner fortement le « pouvoir » palestinien à Ramallah. Les médias arabes n’ont pas accordé une grande importance à cet appel hautement politique et ce n’est pas une surprise. Barghouti s’attendait, sans nul doute, à des représailles de ses geôliers, ce qui ne l’a pas empêché de s’exprimer sur la situation d’impasse dans laquelle se trouvent les dirigeants palestiniens « agréés » par Washington et Israël. Les négociations avec Israël ne sont pas à l’ordre du jour. Rien de bon ne peut venir de Washington où, à l’approche des élections présidentielles, on assiste à une surenchère de discours anti-palestiniens chez les dirigeants américains. A Ghaza, le parti dominant, le Hamas, est en train graduellement d’abandonner la perspective « résistante » pour se mettre sous le parapluie des monarchies arabes dans l’orbite américaine. Le changement de cap n’est pas encore définitif, mais les signes avant-coureurs sont perceptibles. Ce « réalisme » en gestation du Hamas parie dangereusement sur une capacité des régimes monarchistes du Golfe d’infléchir la position de Washington. Il est également sous influence de l’organisation internationale des Frères musulmans dont les priorités ne sont pas palestiniennes. Et qui est soucieuse, par calcul de pouvoir, de donner des gages aux Américains. Si cette évolution venait à se confirmer, la différence entre le Fatah de Mahmoud Abbas et le Hamas de Haniyeh sera difficile à percevoir. Les organisations palestiniennes, Fatah et Hamas inclus, se trouvent dans une double impasse politique et militaire. D’où l’importance de l’appel lancé par Marwan Barghouti. C’est par refus du défaitisme ambiant qu’il a appelé au « lancement d’une large résistance populaire » qui sert la cause du peuple palestinien. Israël, qui profite parfaitement de l’impasse des organisations palestiniennes pour étendre la colonisation des territoires, a clairement perçu l’importance de l’appel. Les Palestiniens, premiers destinataires du message, aussi. Car l’initiative du militant en otage est une critique en règle de la démarche que les boutiquiers politiques de Ramallah persistent à défendre. « Arrêtez de vendre l’illusion qu’il existe une possibilité de mettre fin à l’occupation et de construire un État à travers des négociations malgré l’échec lamentable de cette démarche ». En une phrase, le bilan totalement négatif des interminables « négociations » entamées avec les accords d’Oslo est clairement établi. Marwan Barghouti gêne d’autant plus qu’il ne se contente pas de faire un constat mais appelle clairement à la rupture avec la politique de benêts menée depuis des années par les dirigeants palestiniens et encouragés par les États arabes. Barghouti a appelé en effet « à arrêter immédiatement toutes les formes de coordination sécuritaire et économique (avec Israël) dans tous les domaines ». Pourquoi en effet collaborer avec un État qui colonise et pratique avec constance l’épuration ethno-religieuse ? « Il doit être entendu qu’il n’y a aucun partenaire pour la paix en Israël quand les colonies sont doublées. C’est le droit du peuple palestinien de s’opposer à l’occupation par tous les moyens, et la résistance doit être axée sur les territoires de 1967 ». Pour certains, il est plus réaliste de collaborer avec l’occupation que de résister. Raison pour laquelle le message de rupture de Barghouti n’a quasiment pas été évoqué par les chaînes arabes... d'après : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=12000 Après 40 jours de grève de la faim, Hana Shalabi est en danger de mort Fadi Abu Saada - Al-Akhbar
publié le mercredi 28 mars 2012. Hana Shalabi est une des prisonnières palestiniennes qui ont été arrêtés récemment, alors qu'ils venaient d'être libérés par l'occupant, dans le cadre l'échange des prisonniers en octobre.La grève de la faim de Hana Shalabi met sa vie en danger, mais par son combat elle met en accusation la pratique d’Israël de l’emprisonnement sans inculpation.
Le porte-parole du Jihad islamique et prisonnier Khader Adnan a remporté la bataille des « ventres vides », et il a passé le flambeau à Hana Shalabi, une autre farouche combattante qui refuse de renoncer à ses droits. Ce dimanche, Shalabi a déjà vécu 40 jours d’une grève de la faim illimitée pour la « victoire ou le martyre ». Elle proteste contre sa détention par les forces d’occupation israéliennes, sans charge ni procès, une procédure connue sous le nom de détention administrative. Son corps est fragile, mais elle est pleine de défiance et elle a bien l’intention de poursuivre sa protestation. Shalabi continue de mener son combat contre les autorités israéliennes à la suite de l’échec des négociations entre ses avocats et le tribunal militaire pour trouver un compromis qui mette fin à son agonie. Le 19 Mars, Shalabi avait envoyé un message depuis la clinique de la prison de Ramleh par l’intermédiaire de son avocat, Jawad Boulos, responsable du département juridique au sein du Club des Prisonniers Palestiniens (PPC). « Il est vrai que nos vies sont des plus précieuses, mais notre liberté est encore plus précieuse et plus puissante que leurs cellules de prison », disait-elle. Shalabi a expliqué comment les autorités l’ont tout d’un coup transférée à l’hôpital Rambam à Haïfa pour des examens médicaux, puis comment elle avait été ramenée à l’hôpital de la prison de Ramleh. Ceci avait été fait sans son consentement et même après qu’elle eut refusé. Selon son avocat, Shalabi est maintenue isolée dans la salle même où Adnan a poursuivi sa grève de la faim il y a deux mois. Elle a perdu environ 16 kilogrammes (elle pesait 73 kg et en fait maintenant 56) et elle doit faire face à d’énormes pressions pour mettre fin à sa grève. Les autorités tentent de briser Shalabi en se concentrant sur les effets néfastes du manque de nourriture pour son corps, lui expliquant qu’elle pourrait se retrouver paralysée ou faire face à des dommages physiques permanents. Elle est complètement isolée du monde extérieur. La pression psychologique est également de plus en plus forte, surtout quand sont sort est comparé à celui d’Adnan et au niveau de soutien qu’il avait obtenu. Contredisant les mensonges permanents des autorités israéliennes, le président du PPC, Kaddoura Fares, nie l’affirmation par le Comité d’éthique du service pénitentiaire que l’état de santé de Shalabi est satisfaisant. Il décrit sa situation comme critique et dit qu’elle peut très bien mourir. Sa famille est une source importante de soutien qui lui permet de persévérer. Ils ont toujours été impliqués dans la lutte. Elle est la fille de Yehia Shalabi (67 ans) et elle a cinq sœurs et trois frères. Son quatrième frère, Samer, a été assassiné par les forces israéliennes. Al-Akhbar a rencontré Omar Shalabi, le frère d’Hana, qui a dit qu’elle avait déjà décidé d’entamer une grève de la faim avant sa libération en échange du prisonnier israélien Gilad Shalit. Elle protestait ainsi contre sa détention administrative qui durait depuis 25 mois consécutifs. Il a dit qu’elle avait annoncé à sa famille qu’elle se lançait dans une grève de la faim illimitée au moment où elle a été à nouveau arrêtée le 16 février dernier. Elle leur a demandé de la soutenir et ne pas s’inquiéter. Omar peine à exprimer ses sentiments envers sa sœur. « Il est impossible de retrouver ce que vous perdez », dit-il en parlant de Samer. Il s’inquiète pour sa famille que Hana Shalabi puisse subir le même sort. « Son moral est élevé et elle a foi en Dieu », poursuit-il. « Nos prières n’ont pas cessé. La tente que nous avons mise en place en dehors de notre maison est toujours pleine de visiteurs montrant leur solidarité et venus de Jénine, Jérusalem, Ramallah, et de la Palestine occupée en 1948. Cela rend les choses plus faciles, ainsi que les actions de solidarité et de protestations. » Bien que de nombreuses organisations et des avocats soient intervenus, les autorités d’occupation continuent de refuser de fournir à la famille Shalabi un permis pour rendre visite à Hana. Le PPC explique que les parents d’Hana Shalabi ont demandé une dizaine de fois un tel laissez-passer, mais que le service secret israélien continuait de le leur refuser au motif d’une « menace pour la sécurité ». D’autres prisonniers palestiniens qui s’étaient bravement mis aux côtés d’Adnan sont également actifs dans le soutien à Shalabi. Certains ont décidé de poursuivre une grève de la faim contre l’occupation et ses prisons. Iyad Mahamid, un avocat au PPC, a déclaré à Al-Akhbar que lors d’une visite dans la prison Majdo il a découvert que « l’administration pénitentiaire était en train de punir les prisonniers qui s’étaient mis en grève de la faim en solidarité avec Hanaa Shalabi. Il y en avait 50 rien que dans la prison de Majdo ». L’avocat confirme que l’administration « a séparé certains d’entre eux, en leur refusant le droit de visite. Elle a également imposé des amendes entre 200 et 300 shekels (de 50 à 80 dollars US) et leur a interdit de voir leurs avocats, affirmant qu’ils sont en mauvaise santé en raison de la grève de la faim ». Une Jeanne d’Arc palestinienne Hana Shalabi est née en février 1982 dans le village de Barqin près de Jénine dans le nord de la Cisjordanie occupée, dans une famille de réfugiés de Haïfa. Elle est célibataire et a été emprisonnée deux fois par les forces d’occupation. La première fois qu’elle a été détenue, elle a passé environ deux ans et demi en prison. Cette fois, elle a décidé que ce serait différent. Elle avait connu la réalité des prisons israéliennes et le sens de la détention : les interrogatoires interminables pendant des journées entières, le harcèlement, et le traitement sordide imposées aux prisonniers palestiniens, en particulier aux femmes. Le 14 septembre 2009, Shalabi a été arrêtée pour la première fois. C’était pendant le Ramadan. Dans le centre d’interrogatoire d’al-Jalma, elle a subi pendant huit jours consécutifs des séances intensives d’interrogatoires 10 heures par jour. Les soldats et les agents qui l’interrogeaient la battait et l’humiliait. Shalabi avait perdu la notion du temps et elle ne mangeait pas parce que c’était le Ramadan et qu’elle jeûnait. Elle ne buait de l’eau qu’après les séances d’interrogatoire tard dans la nuit. Les interrogateurs ne se souciait pas de son jeûne et ne lui fournissait ni l’iftar ni le sohour au moment adéquat. Elle a passé un total de 17 jours dans une chambre petite, sale et sans lumière, ne contenant qu’un lit et une toilette exposée. « La Jeanne d’Arc palestinienne », comme certains de ses soutiens appellent Shalabi, a confirmé qu’elle a été harcelée verbalement par un policier qui l’interrogeait après une séance d’interrogatoire. Il l’a appelée grossièrement habibati (mon amour), la mettant ainsi en colère. Il a ordonné aux soldats de la frapper au visage et sur le corps. Puis, ils l’ont attachée au lit et se sont mis à l’insulter et à la filmer ainsi attachée. Shalabi a passé 25 mois consécutifs en détention administrative. Shalabi a été libérée le 18 octobre 2011 dans la première phase d’un échange de prisonniers entre le Hamas et Israël. Le 16 février 2012, elle a été de nouveau arrêtée dans sa maison. L’armée israélienne avait encerclé le quartier de sa famille et fait irruption dans les maisons de ses frères et de ses parents. Shalabi a été menottée et placée en détention, sans lui permettre de dire au revoir à sa famille ni de les informer de l’endroit où elle était emmenée. Elle a eu les yeux bandés jusqu’à ce qu’ils atteignent le centre de détention de Salem près de Jénine occupée. Ce même jour, elle a commencé un nouveau combat contre les forces d’occupation et a entamé une grève de la faim illimitée. Source : http://english.al-akhbar.com/conten... / http://www.info-palestine.net/artic... Traduction : Naguib d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11676 Plate-forme Charleroi-Palestine 29 février 2012 Hana avait été arrêtée une première fois le 14 septembre 2009, elle avait déjà passé deux ans dans les prisons israéliennes sans inculpation ni procès. Hana a commencé une grève de la faim le 16 février contre sa nouvelle arrestation et mise en détention administrative. Son père et sa mère, âgée de 67 ans, ont également commencé une grève de la faim illimitée, 5 jours plus tard, en soutien à la lutte de leur fille. Hana poursuit ainsi la lutte entamée par Khader Adnan, toujours en prison, qui a fait la grève pendant 66 jours et dont l'état de santé est toujours très inquiétant. Khader Adnan a été opéré d'urgence le 17 février. Il a été amené à la salle d'opération pieds et mains menottés. Khader Adnan a lancé un appel pour que le 16 avril soit une journée internationale de soutien aux prisonniers palestiniens.
Entretemps, il est urgent de soutenir Hana Shalabi, qui a été mise en isolement pour la punir de sa grève de la faim. Sa santé s'est détériorée rapidement. Que faire concrètement pour soutenir Hana ?
d'après : Communiqué Urgent dimanche 26 février Bonjour à tou-te-s, Le Président de l'Université Paris 8 vient de prendre la lourde décision de fermer l'Université lundi et mardi. Le colloque n'aura donc pas lieu à Paris 8, mais à la Bourse du travail de Saint-Denis, aux heures et aux dates prévues. Rendez-vous demain, à partir de 8h45, à la Bourse du travail de Saint-Denis (9-11 rue Génin, Métro Saint-Denis Porte de Paris). Le colloque ne se déroulera pas « comme si de rien n'était » et commencera bien évidemment par une déclaration des organisateurs explicitant les conditions dans lesquelles l'initiative a été finalement organisée, et une conférence de presse. Un accueil sera organisé à l'Université pour celles et ceux qui n'auront pas eu l'information. Désolé pour tous les désagréments, dont nous ne sommes évidemment pas responsables ! A demain pour le colloque : à partir de 8h45 à la Bourse du travail de Saint-Denis ((9-11 rue Génin, Métro Saint-Denis Porte de Paris). Le Collectif Palestine Paris 8 d'après : http://collectifpalestineparis8.over-blog.com/ ------------------- protection-palestine, publié le jeudi 16 février 2012. Nous prenons acte de la décision du juge des référés du Tribunal
Administratif de Montreuil : du fait de la mise à disposition d’une
salle municipale, l’atteinte à la liberté d’expression constituée par le
retrait de l’autorisation du colloque « Israël : un État
d’apartheid ? » n’est pas « grave et manifestement illégale » au sens du
Code de Justice Administrative.
Le rejet du référé traite de l’urgence, mais laisse entier le débat sur le fond. Aucune loi et aucune décision de justice n’interdit aujourd’hui à des étudiant-e-s d’inviter dans une université des chercheurs et des spécialistes du conflit opposant Israël aux Palestiniens pour y présenter leurs travaux et leurs opinions. C’est pourquoi après nous être réuni-e-s, nous avons pris deux décisions :
Nous sommes un collectif d’étudiant-es de Paris 8, dont l’objectif est d’entretenir et de développer les débats au sein de notre université. Nous avons invité plusieurs universitaires et chercheurs, dont les travaux ont le droit d’être présentés dans une université. Nous tenons à ce que notre université demeure un lieu de débat et de libre expression, malgré les intimidations des uns et la timidité de l’autre. Le colloque aura donc lieu à Paris 8, malgré le volte-face du Président de l’Université qui, après avoir autorisé l’initiative, a osé suggérer, dans une indigne « tribune » publiée dans le journal Le Monde, que celle-ci pourrait donner lieu à des « dérapages antisémites ». Accusation infâmante, dont l’emploi n’a d’autre but que de discréditer l’autre, faute de pouvoir le contredire. Nous appelons donc tous les défenseurs de la liberté d’expression et de pensée, de même que toutes celles et tous ceux qui pensent que l’Université doit être préservée de toute forme de censure et de pression politique, à se joindre à nous en assistant au colloque. Un seul rendez-vous : lundi 27 février, à 8h45 précises, à l’Université Paris 8 (2 rue de la liberté à Saint Denis, Métro Saint-Denis Université). La salle du colloque sera fléchée à partir de l’entrée de l’Université. « Il n’y a pas longtemps, c’étaient les mauvaises actions qui demandaient à être justifiées. Aujourd’hui ce sont les bonnes. » (Albert Camus) Le collectif Palestine Paris 8 Soutenu par : CGT-FERC Sup Paris 8, La Dionysoise, Sud-Étudiant-e-s, Unef Paris 8, UEAF, UEC, NPA. En ligne sur : http://collectifpalestineparis8.ove... d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11537 Les dernières informations concernant le Colloque "Israël : un État d'apartheid ?" et le combat contre son interdiction. d'après DERNIERES INFOS AU 23/02 Bonjour, Vous trouverez à l'adresse ci-dessous le programme détaillé du colloque, avec les heures précises et les résumés des interventions. N'hésitez pas à le faire circuler autour de vous ! Nous vous tiendrons informé-e-s de l'évolution de la situation, notamment en ce qui concerne le lieu de la tenue du colloque. Une chose est certaine : le colloque aura bien lieu. Vous pouvez télécharger le programme à cette adresse : http://collectifpalestineparis8.over-blog.com/article-le-programme-du-colloque-de-paris-8-avec-les-resumes-des-interventions-99969302.html ______________________________ Bonjour à tou-te-s, Les dernières informations concernant le Colloque "Israël : un État d'apartheid ?" et le combat contre son interdiction. ( Mail à faire circuler largement) 1)
Un référé-liberté sera déposé demain au tribunal administratif pour
annuler la décision du président de l'Université. Le jugement sera rendu
sous 48h. Donc au plus tard samedi matin. 2) Les inscriptions pour le colloque continuent d'affluer. Plus de 200 à ce jour. Une seule adresse pour s'inscrire : iawparis8@gmail.com 3) Le Snesup de Paris 8 a adressé une lettre au Président pour lui demander de lever l'interdiction : "Monsieur le Président, Le
Snesup vous demande instamment de revenir sur votre décision de
vendredi concernant la tenue d'une manifestation intitulée "Des
nouvelles approches sociologiques, historiques et juridiques à l’appel
au boycott international : Israël, un Etat d’apartheid ?" (...)" La suite sur : http://collectifpalestineparis8.over-blog.com/article-communique-du-snesup-paris-8-contre-l-interdiction-du-colloque-99896831.html 4) Le département Méditerranée/Monde Maghrébin de Paris 8 a lui aussi pris position : "Nous
apprenons avec stupeur et étonnement la décision de la direction de
l'Université de retirer, après l'avoir donné, l'autorisation de la tenue
d'un colloque intitulé « Des nouvelles approches sociologiques,
historiques et juridiques à l'appel au boycott international : Israël :
un État d’apartheid ? », qui devait se tenir les 27 et 28 février
prochains à Paris 8 sous l'égide de spécialistes venus de différents
pays (...)". 5)
Plusieurs organisations juives ont pris position contre la décision de
Paris 8 ces derniers jours, démontrant une fois de plus que le CRIF n'a
pas le monopole sur la représentation des Juifs de France, et que le
chantage à l'antisémitisme ne prend pas : - L'Union Juive Française pour la Paix (UJFP) : "L’Union
Juive Française pour la Paix (UJFP), comme de très nombreux partisans
de la liberté d’expression et du respect du droit, est consternée par
votre décision d’annuler le colloque qui était prévu dans votre université les 27 et 28 février prochains sur le thème « Israël, Etat d’apartheid ? » (...)" - Une Autre Voix Juive (UAVJ) : "UAVJ
s'oppose énergiquement à la suppression du colloque de Paris VIII,
prévu les 27 et 28 février à l’Université Paris VIII. Ce colloque,
organisé par le collectif Palestine de Paris VIII, comptait sur la
participation d’intervenants internationaux. Cette interdiction
constitue une atteinte grave à la liberté d’expression. (...)" - L'Union des Juifs pour la Résistance et l'Entraide (UJRE) : 6)
La "lettre des 100" est devenue la lettre des 500, avec la publication
de 200 nouveaux noms d'universitaires et/ou de chercheurs. La nouvelle
liste est disponible ici : 7)
La lettre ouverte au Président de Paris 8 continue d'être signée bien
au-delà du milieu de l'enseignement et de la recherche. C'est ainsi
qu'une pétition reprenant les termes de la lettre est signée à Paris 8 :
à l'heure actuelle, près de 800 étudiant-e-s l'ont signée. *** Merci pour votre soutien, et merci de faire circuler largement ce mail... Lettre ouverte de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) à Monsieur Pascal Binczac, Président de l’Université de Paris 8. membre de
Monsieur le Président de l’Université de Paris 8,
L'Union Juive Française pour la Paix (UJFP), comme de très nombreux partisans de la liberté d’expression et du respect du droit, est consternée par votre décision d’annuler le colloque qui était prévu dans votre université les 27 et 28 février prochains sur le thème «Israël, Etat d’apartheid?»
Alors que vous aviez accepté ce colloque, vous avez cédé 8 jours avant sa tenue aux injonctions du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France)*, qui vous reproche de contrevenir à «l’interdiction de la provocation à la discrimination nationale, raciale ou religieuse envers des personnes ou groupes de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non appartenance à une race, une ethnie, une religion ou une nation». Le BNVCA (Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme), officine au service de l’Etat d’Israël, déclare quant à lui que le colloque incite la haine de l’Etat juif et pousse à l’acte antisémite et vous demande également d’interdire ce colloque sous peine d’un dépôt de plainte. Par ailleurs vous évoquez vous-même des risques de troubles à l’ordre public. Nous avions déjà vu à l'œuvre ces mêmes groupes Il y a un an, le 17 janvier 2011 ils obtenaient avec d'identiques pressions que le débat prévu sur le même thème à l'ENS avec Leila Shahid et Stéphane Hessel soit annulé et interdit. Des pressions ministérielles avaient même accompagné celles du CRIF. L'ordre public dont il s'agit serait-il celui qui impose le silence sur le sort de la Palestine? Les universités et les chercheurs n'aiment traditionnellement pas en France l'ordre public qui dicte les réponses, et interdit les questions.
Le chantage à l’antisémitisme que brandissent le CRIF et le BNVCA est abject. Conforme à la stratégie israélienne d'assimilation du sionisme au judaïsme, il prend en otage tous les juifs citoyens de tous les pays du monde qui refusent que des crimes soient commis en leur nom. Il favorise l'antisémitisme en amalgamant les termes « juif », « sioniste » et « israélien ». Céder à un tel chantage n'est ce pas accepter cette confusion et ce qu'elle implique? N'est-ce pas la politique d’Israël et de ses défenseurs qui constitue un trouble à l’ordre public, et non les colloques organisés par des universitaires attachés au droit et à la justice ? Vous dont l’Université se réclame de valeurs humanistes et de justice, n’ignorez pas que la politique de l’Etat d’Israël est l’objet de vives contestations au nom de ces valeurs depuis de nombreuses années, y compris parmi la population juive d’Israël et du monde entier. L’occupation et la colonisation continues des territoires palestiniens, le non respect du droit international par Israël et l’impunité constante dont cet Etat jouit, ses crimes de guerre, le régime de lois ségrégatives qu’il met en place contre ses citoyens palestiniens, ont conduit au cours des dernières années au renforcement du mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) qui se développe depuis 2005 à l’appel de la société civile palestinienne, à l’image du mouvement qui avait contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud. Ce mouvement est devenu incontournable parmi les courants qui interpellent l’opinion publique internationale, et c’est ainsi que la Semaine contre l’Apartheid israélien se produit depuis 8 ans dans diverses universités de plusieurs pays importants (Etats Unis, Royaume Uni, etc... )
En novembre dernier s'est tenue au Cap en Afrique du Sud la troisième session du Tribunal Russell pour la Palestine, constitué de personnalités prestigieuses dont beaucoup appartiennent précisément au monde universitaire. Les conclusions du Tribunal, dont le président d’honneur est Stéphane Hessel, confirment que la politique de l’Etat d’Israël est bien une politique d’apartheid, que la société civile doit recréer l’esprit de solidarité qui avait marqué la campagne de boycott du régime d’apartheid sud-africain, et que «l’Assemblée générale des Nations Unies doit demander un avis consultatif à la Cour Internationale de Justice afin d’étudier la nature de l’occupation prolongée des territoires palestiniens et la politique d’apartheid». Par ailleurs, le rapport d'information pour la commission des affaires étrangères de l'Assemblée Nationale, remis en décembre dernier par le député Jean Glavany, ancien ministre de l'Agriculture, décrit la question de l'eau comme "révélatrice d'un nouvel apartheid au Moyen-Orient". Tous antisémites, tous menteurs? Interdit de réfléchir et d'interroger, de chercher à comprendre? Quel programme pour l'université française ! Monsieur le Président, céder au chantage serait accepter la loi du silence qui est une loi maffieuse, ce serait déshonorer votre université.
C’est pourquoi nous vous demandons instamment de revenir sur votre décision d’interdire le colloque. Nous complétons notre requête en vous demandant de bien vouloir nous recevoir.
Soyez assuré, Monsieur le Président, de l’expression de notre haute considération,
Jean-Guy Greilsamer et Pierre Stambul, Coprésidents de l’UJFP
*Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, coalition d'associations juives, représente environs 15% des français de confession juive. Union Juive Française pour la Paix (UJFP) - 21 ter rue Voltaire, 75011 PARIS Téléphone : 06 26 25 97 33 · e-mail : contact@ujfp.org · Site : www.ujfp.org Vous recevez ce message car vous êtes inscrit à l’une des listes de diffusion de l’UJFP Si vous voulez vous désinscrire adressez un mail à : contact@ujfp.org d'après : www.ujfp.org --------------------------------------------Colloque universitaire international : 27 & 28 février 2012 à l’Université Paris 8 (organisé par le Collectif Palestine Paris 8) 27 FÉVRIER L’APARTHEID, UN CONCEPT PERTINENT POUR L’ANALYSE DE LA QUESTION PALESTINIENNE ? 09h00 | Introduction 09h10 | Le concept d’apartheid en droit international : questions pour une application au cas d’Israël – François Dubuisson, professeur de Droit International à l’Université Libre de Bruxelles, expert entendu lors du Tribunal Russell sur la Palestine 1ère table ronde : État des discriminations en Israël 09h30 | La situation des Palestiniens de 1948 09h50 | La situation des Bédouins en Israël 2ème table ronde : Discriminations dans les territoires palestiniens occupés 11h00 | L’apartheid spatial dans les Territoires palestiniens occupés : colonies, zonage, mur, routes et eau. – Jacques Fontaine, maître de conférences honoraire à l’Université de Franche-Comté et chercheur au laboratoire ThéMA 11h20 | Territoires palestiniens occupés : l’« administration civile » de l’Apartheid – Julien Salingue, doctorant en Science Politique, enseignant à l’Université d’Auvergne et membre fondateur du CCMO, Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient 11h40 | La normalisation de la colonisation à Jérusalem – Ben Scribner, doctorant en Science de la communication à l’Université de Rome La Sapienza 3ème table ronde : Discriminations conjoncturelles ou structurelles ? 14h30 | Le sionisme, du colonialisme de peuplement à l’apartheid ? 14h50 | « Démocratique », « colonial », « ethnocratique » : retour sur la catégorisation du régime israélien – Pierre Renno, enseignant en Science Politique à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne 15h10 | Le Tribunal Russell sur la Palestine et la question de l’apartheid 16h20 | Conclusions de la première journée 28 FÉVRIER LE BOYCOTT D’ISRAËL, UNE MISE EN PERSPECTIVE 09h00 | Introduction 4ème table ronde : La campagne BDS 09h10 | Présentation de la Campagne internationale BDS, « Boycott, Désinvestissement, Sanctions » – Omar Barghouti, membre fondateur de la campagne BDS palestinienne 09h30 | La résistance palestinienne : focus sur la résistance « populaire » – Julien Salingue, doctorant en Science Politique, enseignant à l’Université d’Auvergne et membre fondateur du CCMO, Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient 09h50 | Leçons d’Afrique du Sud : retour sur le boycott de l’Apartheid – Jacqueline Dérens, spécialiste de l’Afrique du Sud et militante anti-apartheid, auteure de « Nous avons combattu l’Apartheid » 5ème table ronde : BDS : Quelle légalité ? Quelle légitimité ? 11h20 | La légalité du boycott d’Israël – François Dubuisson, professeur de Droit International à l’Université Libre de Bruxelles, expert entendu lors du Tribunal Russell sur la Palestine 11h40 | Les dispositifs de sanctions dans le Droit International et le cas israélien 12h00 | Comment l’Europe aide l’apartheid – David Cronin, journaliste, auteur du livre « Europe’s Alliance With Israel : Aiding the Occupation » 6ème table ronde : un boycott académique d’Israël ? 14h30 | Les universités israéliennes peuvent-elles être neutres ? Le boycott académique d’Israël – Ivar Ekeland, président honoraire du Conseil Scientifique de l’École Normale Supérieure et de l’Université Paris-Dauphine 14h50 | Table ronde d’universitaires français ayant pris position pour le boycott académique – Olivier Le Cour Grandmaison (historien), Christine Delphy (sociologue), et d’autres intervenants. 16h00 | Conclusions de la seconde journée NB : Les intervenants annoncés ont confirmé leur participation. Le reste du programme est encore sujet à modification. Toutes les informations sur http://collectifpalestineparis8.ove... Infos & Résas : iawparis8@gmail.com d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11537 Khader Adnan dans un état critique alors qu'il continue sa lutte contre les violations israéliennes des droits de l'homme Par Addameer le 14/02/2012 13.02.2012 - Aujourd'hui 13 février 2012, la cour d'appel militaire israélienne a rejeté l'appel contre la détention administrative de Khader Adan. La décision du tribunal ordonne le maintien en détention de Khader pour la durée totale de l'ordre de détention administrative de 4 mois, à expiration le 8 mai 2012. La décision prise aujourd'hui fait suite à une audience sans conclusion de la cour d'appel qui a eu lieu le 9 février dans une chambre d'hôpital du Centre médical Zif, à Safad, à cause de son état de santé critique. Khader Adnan est en grève de la faim depuis 58 jours et sa santé continue de se détériorer. Protestation devant le quartier général de la Croix-Rouge à Gaza le 13 février 2012 Source : Addameer d'après : http://chroniquespalestine.blogspot.com/2012/02/entering-deadly-zone-demonstration-in.html Khodr Adnane, prisonnier palestinien détenu dans les geôles sionistes A combien de jours de grève de la faim, un être humain peut-il survivre ? En tout cas une chose est prouvée, Khodr Adnane, par son esprit résistant, est à son cinquante huitième jour de grève de la faim. Il est détenu sans avoir été formellement accusé ou reconnu coupable. Le tribunal militaire sioniste a rejeté ce lundi l’appel de Khodr dont la santé se dégrade rapidement, a-t-on appris auprès de son avocat Jawad Boulos. Où sont-ils ces grands défenseurs des Droits de l’Homme ? Où sont-ils ceux qui, siègeant au Conseil de la Ligue Arabe, aboient jusqu'à cracher la haine ? Statues de marbre et bouches cousues lorsqu’il s’agit de la survie de notre résistance, agitateurs, spécialistes du mensonge, farouches défenseurs des bras armés qui massacrent et détruisent la vie lorsqu’il s’agit de collaborer … L’Histoire, la nôtre, celle de vos peuples, ira jusqu’à vos portes et balaiera vos trônes… d'après : http://libanresistance.blogspot.com/2012/02/khodradnane-prisonnier-palestinien.html Les prisonniers palestiniens en grève de la faim : mettre l’oppression en échec, libérer la Palestine Reham Alhelsi - ISM
publié le dimanche 12 février 2012. Vous êtes debout dans une pièce étroite. La faible lumière vous permet à peine de voir. Tout votre corps est douloureux. Nous n’êtes pas autorisé à vous asseoir et vous êtes fatigué d’être debout. Vous avez faim et vous avez soif. Vous pensez à l’angoisse de vos parents quand ils apprendront votre détention. Vous pensez à leur crainte sur ce qui pourrait vous arriver dans les cellules d’interrogatoire. Vous pensez à la peine que vous avez si souvent ressentie à voir les cicatrices de la détention sur les mains des gens que vous aimez, vous pensez aux histoires d’horreur que vous avez si souvent entendues sur les pièges mortels de l’entité sioniste, vous pensez au manque que vous avez si souvent ressenti pendant des fêtes, des vacances, des réunions familiales, à vous remémorer où sont les gens que vous aimez, vous demandant si vous les reverrez seulement un jour.
Vous fermez les yeux. Vous pensez à la Palestine, à l’extérieur des murs de ce donjon. Vous voyez ses vertes prairies et vous vous imaginez courant, libre, sans peur, sans entrave. Vous voyez ses collines et vous imaginez que vous êtes assis là, sous un figuier, à regarder les chèvres batifoler au son de la flute du berger. Vous voyez les oliviers et vous imaginez que vous les touchez, que vous leur parlez. Vous voyez votre village et vous parcourez ses rues. Vous passez devant les maisons, les unes après les autres, et vous saluez leurs habitants. Vous voyez votre maison. Vous voyez votre père en train d’arroser le petit pêcher dans la cour. Vous voyez votre mère, penchée sur un morceau de tissu, brodant la carte de la Palestine. Elle lève la tête et vous l’entendez vous dire : Tant que la Palestine est dans ton cœur, tu ne seras jamais vaincu. Vous ouvrez les yeux et vous voyez l’obscurité qui vous entoure. Vous entendez la douleur de ceux qu’on torture dans les cellules voisines. Vous entendez les cris et les insultes. Vous entendez les réponses qu’on exige. Vous entendez des menaces, des menaces violentes. Vous entendez le silence, rien que le silence. Puis vous entendez un cri qui vous transperce le cœur. Vous murmurez à vous-même : nous ne serons jamais vaincus. Depuis sa cellule sombre, isolée, Khader Adnan donne au monde une leçon de résistance et de détermination. Il a lancé un défi aux geôliers sionistes, à la faim, à l’oppression et à l’inhumanité. Il envoie au monde le message des millions de Palestiniens prisonniers de l’entité sioniste, le message de milliers de prisonniers palestiniens détenus dans les geôles sionistes. Il dit au monde, au nom de la Palestine : nous préférons mourir de faim que nous soumettre à l’injustice et à l’humiliation. Il dit au monde, en notre nom : ma dignité vaut beaucoup plus que la nourriture. Khader Adnan regarde les murs de sa cellule et voit non pas l’obscurité, mais les vertes prairies de Palestine. Il défie son corps et ne ressent pas la faim, mais la force. Il défie ses geôliers et ne se sent pas brisé, mais puissant. Il entend la voix de son père, la voix de sa mère, la voix de son épouse, la voix de ses enfants. Il entend la voix du peuple palestinien qui le soutient par delà les murs du donjon, qui lui donne de la force, qui forme un seul corps pour le protéger et parler d’une seule voix pour exiger sa libération et la libération de chaque prisonnier palestinien. Et depuis cette cellule, et grâce à sa volonté et sa détermination, Adnan brise les chaînes, il brise les murs de la captivité et de l’injustice et il tend les bras vers la liberté. Ces dernières semaines, nous avons suivi la lutte héroïque du prisonnier palestinien Khader Adnan, 43 ans, originaire de ’Arraba, et père de deux enfants, qui est détenu par l’entité sioniste sans procès ni accusation. Adnan est en grève de la faim depuis 57 jours, non seulement pour protester contre sa détention illégale et les mauvais traitements qu’il a subis des mains des geôliers israéliens, mais aussi pour protester contre la détention illégale de milliers de Palestiniens, emprisonnés sans charge ni procès dans des cellules sombres et glacées, dans des conditions inhumaines. Il proteste contre la captivité de milliers de Palestiniens dont le seul "crime" est leur amour pour la Palestine, leur soif de liberté et d’un avenir meilleur pour leurs enfants. Adnan a été kidnappé chez lui, au beau milieu de sa famille. Pendant le trajet pour le centre de détention, il a été brutalement frappé et jeté dans la cellule d’interrogatoire malgré ses blessures. Pour briser sa volonté et l’obliger à faire des aveux, les enquêteurs sionistes l’ont continuellement insulté et menacé, ils l’ont mis en isolement pour le punir, ils ont interdit les visites familiales et l’ont privé de soins médicaux. Soumis quotidiennement à des interrogatoires brutaux, sa santé s’est rapidement détériorée. Le 30 décembre 2011, il a été transféré à l’hôpital de la prison Ramle et placé en isolement. La lutte héroïque et la fermeté d’Adnan continuent. Il est toujours en grève de la faim, pour le 55ème jour, résistant aux geôliers, résistant à l’injustice, luttant pour ses droits légitimes, pour sa dignité et pour sa liberté. Des actions pour le soutenir et pour exiger sa libération immédiate ont été organisées dans toute la Palestine occupée, depuis des marches jusqu’à des protestations et des tentes de solidarité. Sa lutte a également été soutenue par ses camarades de prison, dont certains se sont mis en grève de la faim en solidarité avec Adnan et ses justes revendications. L’un des symboles de la résistance palestinienne et l’un des jalons de l’histoire de la lutte nationale palestinienne est le mouvement des prisonniers palestiniens et son combat sans fin pour la liberté. La lutte des Palestiniens ne se termine pas avec leur emprisonnement, mais une nouvelle étape de résistance commence. Les prisonniers politiques palestiniens détenus dans les geôles sionistes mènent une bataille intense, armés de leur seule volonté, de leur détermination et de leur foi en la justesse de leur cause. Malgré la torture, la souffrance, la faim et le froid, les prisonniers palestiniens résistent aux instruments de torture des interrogateurs et au fouet des geôliers. Ils luttent quotidiennement contre des traitements inhumains, la torture, l’humiliation, le harcèlement, dans des cellules surpeuplées et humides, contre la négligence médicale, l’isolement et autres formes de punition. Ils combattent tous les jours pour leurs droits légitimes, pour leur droit à manger, boire, voir leurs familles, voir un avocat, recevoir un traitement médical, un procès juste, être libre. Ils luttent tous les jours pour le droit à être traités comme des humains, pour vaincre l’injustice, pour survivre. Leur force et leur volonté face à l’injustice est sans précédent, leur détermination est légendaire, leurs sacrifices sont écrits à jamais dans nos livres, gravés dans notre mémoire collective. La grève de la faim est une forme légitime de résistance qu’utilisent les prisonniers palestiniens dans leur combat pour leurs droits. Par les grèves de la faim, les prisonniers palestiniens défient les geôliers qui se dressent entre eux et la liberté, ils défient les murs qui se dressent entre eux et la Palestine. Par leur volonté et leur détermination inébranlables, ils disent au monde entier : Oui à la souffrance de la faim... Non et mille fois NON à la souffrance de la soumission. Des grèves de la faim peuvent être entreprises pour un jour, deux jours ou des périodes illimitées qui durent jusqu’à ce que les revendications des prisonniers sont satisfaites. Il y a soit des grèves de la faim générales, où les prisonniers d’une prison israélienne particulière se déclarent en grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements dans cette prison là. Les prisonniers palestiniens ont entrepris des grèves de la faim un nombre incalculable de fois, et voici une liste de certaines d’entre elles (1) :
Plus récemment, le 7 avril 2010, les prisonniers politiques palestiniens dans 10 prisons israéliennes et 3 centres de détention militaires ont entamé 24 heures de grève de la faim pour protester contre le traitement inhumain qu’ils recevaient de la part de l’autorité pénitentiaire israélienne, l’utilisation des visites familiales comme instrument de chantage, le traitement humiliant et les abus que subissent leurs familles pendant les visites, l’annulation des visites familiales pour les détenus de Gaza depuis 4 ans et pour de nombreux détenus de Cisjordanie . Cette action s’est répétée les 17 et 27 avril. Le 3 juillet 2011, quelques 7000 prisonniers palestiniens retenus captifs dans les geôles israéliennes ont fait une journée de grève de la faim pour protester contre les mesures répressives de l’administration pénitentiaire israélienne. Selon le porte-parole du ministère palestinien des Prisonniers : "Les prisonniers palestiniens dans toutes les prisons israéliennes ont été la cible d’une campagne de terrorisme sans précédent ces dernières semaines, avec répression, isolement et transfert d’une prison à l’autre. La campagne a culminé avec le tabassage du plus ancien prisonnier Nael al-Barghouthi, que les prisonniers ont condamné comme le franchissement de toutes les lignes rouges, avec l’isolement de nombreux prisonniers condamnés à de longues peines." (2) Souvent les prisonniers palestiniens entament une grève de la faim pour protester contre la négligence médicale ou des punitions sans fondement comme l’isolement. Les geôliers leur promettent la fin de l’isolement pour les remettre en cellule d’isolement dès que la grève de la faim se termine. Le prisonnier en isolement Haitham Saldhiyyeh s’est mis en grève de la faim pour protester contre la politique carcérale israélienne de négligence médicale. Même après 13 jours de grève, et malgré son état de santé, Haitham n’a reçu aucun traitement médical. En plus d’être isolé, Mousa Dudeen a fait 25 jours de grève de la faim, sa santé s’est détériorée et on lui a promis la fin de l’isolement s’il mettait fin à sa grève. Ce qu’il a fait, pour être renvoyé en isolement quelques temps après. Abbas As-Sayyid a fait plusieurs grèves de la faim pour protester contre son isolement et le traitement inhumain dont sont victimes les prisonniers palestiniens par leurs geôliers. En mai 2011, il a fait 23 jours de grève, pendant lesquels aucun avocat n’a été autorisé à le voir. Il a été transporté à l’hôpital mais il a néanmoins poursuivi sa grève. Le 20 juin 2011, Atef Wreidat, 45 ans, de Ad-Dahriyyeh, a été placé en isolement bien qu’il souffre de problèmes cardiaques, de tension artérielle et de diabète, et que son état nécessite une opération. Il a fait une grève de la faim et a refusé de prendre ses médicaments pour protester contre le report continu de la chirurgie cardiaque dont il a besoin de façon vitale, le traitement inhumain, les mesures arbitraires de l’administration pénitentiaire israélienne et la politique de négligence médicale. Selon son avocat, "mettre Wreidat en confinement solitaire alors qu’il est en grève de la faim et qu’il refuse de prendre ses médicaments est une condamnation à mort" (3). Il a été transféré à l’hôpital de la prison Ramleh après que son état de santé se soit détérioré suite à la grève de la faim. Le 27 juin 2011, Atef a cessé sa grève de la faim lorsque l’administration pénitentiaire israélienne a promis de mettre fin à son isolement et de le transférer dans une autre prison, pour le replacer en isolement deux jours après. "(...) au lieu de le transférer dans une autre prison, comme promis, l’administration pénitentiaire israélienne lui a imposé des sanctions après qu’il ait mis fin à sa grève, dont une interdiction de visites familiales pendant 4 mois, 2 ans d’interdiction de poursuite de ses études en prison, 1 mois d’interdiction d’accès aux services de cantine et plus de 500$ d’amende. L’autorité pénitentiaire a également décidé de le maintenir dans la prison d’Asqalan pendant un mois et le mettre en isolement pendant 3 semaines." (4) Après sa libération, l’ancienne prisonnière Raja’ Al-Ghoul a décrit sa captivité dans les geôles israéliennes. Elle avait été kidnappée en pleine nuit chez elle, menottée et emmenée à la prison Jalameh. Al-Ghoul a dû rester assise sur une chaise pendant toute une journée, les mains attachés dans le dos, et a été menacée de torture et d’arrestation de son époux pour l’obliger à des aveux, ce qu’elle a refusé. Pendant 25 jours d’interrogatoire, elle a refusé la nourriture et n’a bu que de l’eau, et le dernier jour d’interrogatoire, elle a été enfermée dans une pièce glaciale, avec un lit en fer et un matelas à l’odeur immonde. Les interrogateurs ont dit à Al-Ghoul qu’elle passerait la durée de sa détention dans cette cellule, pour la punir de n’avoir pas fait de confessions. Continuant de refuser d’avouer quoi que ce soit, Al-Ghoul a été enfermée avec des prisonnières israéliennes de droit commun où elle a continué sa grève et refusé de prendre ses médicaments pour le cœur. Devant la détérioration de sa santé, la direction de la prison a été obligée de la transférer à la section 11 de la prison Talmond (pour les prisonniers politiques). L’entité sioniste ne veut pas que les Palestiniens protestent contre l’injustice, l’oppression et l’humiliation. Elle ne veut pas que leurs voix réveillent la conscience endormie du monde. Elle veut que les Palestiniens meurent en silence. Elle veut qu’ils regardent en silence leur terre usurpée, leurs maisons démolies, le vol de l’enfance de leurs enfants, le vol des vies. Elle veut que les Palestiniens regardent en silence leurs camarades traqués par les tireurs sionistes. Elle veut que les pères et les mères palestiniens regardent en silence leurs enfants être attaqués par les colons sionistes armés jusqu’aux dents. Elle veut que les villageois palestiniens regardent en silence les bulldozers déraciner leurs oliveraies. Elle veut que le prisonnier palestinien meure en silence dans les cellules sionistes de la mort. En 2004, Tzahi Hanegbi, ancien ministre israélien de la Sécurité intérieure, a dit après que des prisonniers palestiniens aient lancé une grève de la faim contre les conditions inhumaines d’incarcération : "Ils peuvent entrer en grève un jour, un mois, jusqu’à la mort. Nous allons endiguer cette grève et ce sera comme si elle n’avait jamais eu lieu. Il a ordonné l’installation de grills à ciel ouvert pour griller de la viande et du pain juste devant les portes de la prison, pour que l’odeur torture les prisonniers. Et la direction de la prison a encouragé les geôliers à manger tout cela devant les prisonniers en grève de la faim." (5) Hanegbi a dit ensuite : "Je m’en fous, ils peuvent mourir de faim !" (6). Et parce que l’entité sioniste veut que les Palestiniens se taisent, souffrent en silence, meurent en silence, elle les tue pour faire taire leurs voix qui crient pour la justice, et elle les tue pour faire taire leurs voix qui dénoncent la nature criminelle, terroriste et raciste de l’entité sioniste. Lorsque les Palestiniens plantent des oliviers, l’entité sioniste les déracine. Lorsque les Palestiniens construisent des maisons sur leur terre, l’entité sioniste les démolit. Quand les Palestiniens marchent pour leurs droits, l’entité sioniste les tue. Quand les enfants palestiniens rêvent de liberté, l’entité sioniste tue leurs rêves. Quand les prisonniers palestiniennes se mettent en grève de la faim pour protester contre leur détention illégale et inhumaine, l’entité sioniste essaie de faire taire leurs voix parce que la volonté et la détermination inébranlables des prisonniers palestiniens révèlent l’inhumanité et la lâcheté des geôliers sionistes. Et quand les prisonniers palestiniennes entament une grève de la faim pour protester contre leur détention illégale et inhumaine, l’autorité sioniste des prisons essaie de les faire taire en brisant leurs grèves par la force. Une politique qui a conduit au martyre de plusieurs prisonniers. Selon divers rapports, les martyrs des grèves de la faim comprennent : 1. Abdel Qader Jabir Ahmad Abu Al-Fahim, du camp de réfugiés de Jabalia, tué le 11 mai 1970 dans la prison d’Asqalan. 2. Rasim Mohammad Halaweh, du camp de réfugiés de Jabalia, tué le 20 juillet 1980 dans la prison Nafha. 3. Ali Shehadeh Mohammad Al-Ja’fari, du camp de réfugiés de Dheisheh, tué le 24 juillet 1980 dans la prison Nafha. 4. Anis Mahmoud Douleh, de Qalqilia, tué le 31 août 1980 dans la prison Asqalan. 5. Ishaq Mousa Al-Maraghah, de Silwan, tué le 16 novembre 1983 dans la prison Beir Al-Sabi’. 6. Hussein As’ad Ubeidat, de Jérusalem, tué le 4 octobre 1992 dans la prison Asqalan. Le 27 septembre 2011, plus de 100 prisonniers palestiniens ont entamé une grève de la faim illimitée pour protester contre le traitement israélien et exiger leurs droits et leur libération, et pour exiger la fin du confinement solitaire et la fin de l’humiliation systématique des détenus palestiniens et leurs familles. Une campagne de soutien puissante a eu lieu, avec des marches, des tentes de soutien, des grèves de la faim solidaires, des conférences, etc. Le Comité exécutif de l’OLP a appelé à 2h de grève générale le 12 octobre 2011 et l’a déclaré "Journée nationale de soutien aux prisonniers". Divers groupes, organisations et comités ont appelé à une journée de grève générale pour montrer l’importance de la question des prisonniers, et à la fermeture de tous les commerces, écoles et universités, pour que tous puissent participer aux actions de soutien. Et tandis que certains partis politiques appelaient à une grève générale toute la journée, d’autres voulaient la limiter à 2 heures. Certaines municipalités ont appelé à une grève générale, quand d’autres se sont satisfaits de 2h de grève des commerces (tôt le matin, lorsque l’activité commerciale est de toutes façons réduite). Alors que les écoles, ministères et autres institutions publiques ont un jour de congé dans des "occasions" comme "la candidature d’Etat de l’AP à l’ONU", et qu’on prie instamment les salariés et les étudiants à marcher et à "montrer leur solidarité", les journées d’action en solidarité avec les prisonniers ou avec Jérusalem sont des jours normaux de travail. Par exemple, le 23 juin 2011, un arrêt de la circulation de 5 minutes a été déclaré en solidarité avec les détenus. Oui, 5 minutes pour les prisonniers de conscience, en comparaison de l’"envoi" des fonctionnaires et des étudiants rejoindre des parades en voiture et des marches toute une journée en "soutien à la candidature d’Etat". Dans une lettre qui a réussi à sortir de sa cellule d’isolement, le prisonnier politique palestinien Hasan Salameh dit : "Si je pouvais payer votre soutien pour moi et les autres prisonniers avec tout ce que je possède, je jure que je n’hésiterais pas." La lutte des prisonniers palestiniens est notre lutte, la lutte de chacun d’entre nous. La "bataille des ventres vides" a maintenu vivante la flamme de la résistance à l’intérieur des geôles obscures. Ces "batailles" sont un appel à la rue palestinienne pour qu’elle se solidarise avec les prisonniers, rejoigne leur lutte, ressente leur faim, leur soif, leur souffrance. Elles sont un appel pour nous rappeler que les prisonniers sont toujours vivants dans les tombes du sionisme, et qu’ils aspirent à la liberté. Elles sont un appel à joindre nos voix aux leurs, les amplifier jusqu’à briser tous les murs du silence, et les faire entendre partout : Oui aux souffrances de la faim... Non et mille fois NON aux souffrances de la soumission. Mais nous ne devrions pas attendre que les prisonniers qui sacrifient leur liberté pour notre liberté "cognent contre les murs" pour nous souvenir que leur lutte est notre lutte. Nous ne devrions pas attendre qu’ils entament des grèves de la faim pour nous rappeler leur existence et leurs souffrances. Nous ne devrions pas attendre que les prisonniers nous rappellent qu’ils meurent lentement dans les geôles israéliennes. Nous ne devrions pas attendre que les prisonniers nous rappellent notre devoir. Non, nous ne devrions pas attendre que les prisonniers "cognent contre les murs", nous ne devrions pas attendre qu’ils commencent la révolution. Nous devrions lancer la révolution et les libérer tous ! Ils ont non seulement sacrifié leur jeunesse et leur liberté pour la Palestine, mais certains d’entre eux ont fait le sacrifice de leurs vies. Le sang, la souffrance et le sacrifice des prisonniers palestiniens est un cri qui brise les chaînes, brise les murs des prisons et ouvre la voie à la liberté de chaque Palestinien. Nous le devons aux prisonniers, nous le devons à chacun d’entre eux, chacun d’entre eux, ceux qui sont en ce moment en grève de la faim, ceux qui ont fait des grèves de la faim de nombreuses fois, ceux dont la grève de la faim a fait les unes et ceux dont la grève de la faim a été ignorée. Nous le devons à leurs mères, leurs pères, leurs frères et sœurs et leurs camarades, pour se souvenir d’eux, pour raconter leurs histoires, leurs souffrances, leur lutte, leurs rêves et leurs aspirations. Nous le devons à nos pères, nos mères, nos frères et sœurs et nos camarades pour tendre la main à travers les murs des prisons et tenir entre nos mains la main de nos prisonniers, la serrer, et leur promettre que la lutte continuera jusqu’à ce que les rayons du soleil brisent les murs des prisons. Nous leur devons de garder vivante et lumineuse la flamme de la lutte jusqu’à ce que le dernier prisonnier palestinien soit libre, jusqu’à ce que toute la Palestine soit libre. Nous devons, à chaque prisonnier palestinien, de faire entendre nos voix, unies et fortes, pour leur libération et leur dignité. Tous les prisonniers palestiniens, chacun d’entre eux, méritent notre voix et notre soutien. Ils ne méritent pas d’être réduits à une ligne ajoutée à des pétitions, que nous les estimions ou non appropriées ou nécessaires, ils méritent d’être davantage qu’un chiffre dans un article. Tous les prisonniers méritent que nous disions à leurs parents qu’on ne les oublie pas, que leurs enfants sont nos enfants, nos frères, nos sœurs et nos camarades. Ils méritent que nous disions à leurs parents que la souffrance de leurs enfants est notre souffrance, que leur captivité est notre captivité, que leur liberté est notre liberté. Ils méritent que nous nous souvenions de leurs noms, que nous répétions les noms des héros souvent oubliés et ignorés, ils méritent qu’on mette des noms sur les chiffres que nous citons et des noms sur les visages qui sont enfermés derrière les barreaux, et que nous luttions pour leur liberté jusqu’à ce que tous les prisonniers palestiniens soient libres. Ils ne méritent pas smplement un jour de colère, un jour de solidarité ou un jour de révolution, ils méritent que chaque jour soit un jour de rage, de solidarité et de révolution jusqu’à ce que chaque Palestinien soit libre, jusqu’à ce que la Palestine soit libre. (1) www.palestinebehindbars.org">Palestine behind bars.org (2) "6,300 Palestinian prisoners to go on hunger strike on Sunday", The Palestinian Information Center, 02.07.2011 (3) "Asqalan Prison’s Administration Isolates Sick Palestinian Prisoner in Need of Heart Surgery", Wafa, 20.06.2011. (4) "Ailing Prisonner in Israëli Jails Resumes Hunger Strike", Wafa, 29.06.2011. (5) "A hunger strike in Israëli prisons is a call for international solidarity", Cageprisonners, 28.08.2004 (6) "Palestine : a very one-sided war", Global Research, 20.08.2004. Sources : www.palestinebehindbars.org www.freedom.ps www.addameer.org www.alasra.ps Source : http://www.ism-france.org/analyses/... d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11555 Israël : Le gouvernement devrait cesser de restreindre le droit de résidence des Palestiniens HRW - le 5 février 2012 Le contrôle exercé par l’armée sur le registre de la population se traduit par la séparation de nombreuses familles.
Manal Alsaafin, une
Palestinienne vivant en Cisjordanie, exhibe une photo de son mari, que
les autorités ont empêché de retourner chez lui depuis 2009, selon le
motif qu’il est officiellement « enregistré » comme un résident de la
bande de Gaza, et non de la Cisjordanie.© 2012 Bill Van Esveld/Human Rights Watch (Jérusalem, le 5 février 2012) - La politique
israélienne relative aux conditions de résidence de la population
palestinienne prive arbitrairement des milliers de Palestiniens vivant
en Cisjordanie et dans la bande de Gaza du droit de circuler librement à
l’intérieur et à l’extérieur de ces territoires, a déclaré Human Rights
Watch dans un rapport publié aujourd'hui. Israël devrait cesser de
refuser le droit de résidence à des Palestiniens vivant en Cisjordanie
et dans la bande de Gaza, ainsi que le droit de visite aux membres de
leurs famille vivant à l’extérieur de ces territoires ; le gouvernement
devrait aussi mettre fin à toute interdiction globale s’appliquant à
des demandes du permis de résidence. Selon une enquête menée en 2005 par l’association israélienne de défense des droits humains B'Tselem, plus de 640 000 Palestiniens figurant sur le registre de la population en Cisjordanie et à Gaza – soit environ 17 % du total – ont indiqué avoir un membre de leur famille qui n'était pas officiellement enregistré. Pour lire l’intégralité de ce communiqué en anglais, veuillez cliquer ici. Colonisation israélienne, division des partis politiques palestiniens, pluralité des résistances Vivian Petit dimanche 5 février 2012 - 06h:00
Si les inconvénients de cette division paraissent évidents d‘un
point de vue institutionnel, ils n’empêchent cependant pas un certain
nombre de convergences dans les oppositions à l‘occupant israélien.
1- La colonisation israélienne et la division des partis politiques palestiniens Israël intensifie sa colonisation de la Palestine et continue régulièrement les bombardements criminels à Gaza, en totale contradiction avec les injonctions plus ou moins hypocrites de la « communauté internationale ». Dans un contexte de crise mondiale et de montée des égoïsmes nationaux, les discours du gouvernement israélien se font de plus en plus agressifs envers les peuples arabes et iranien. ![]() Photo : AFP/Mohammed Abed
Une guerre des pays occidentaux contre l’Iran serait suicidaire, ce pays étant assuré du soutien de la Russie et de la Chine, dont les budgets militaires augmentent considérablement d’année en année. Du côté des partis politiques palestiniens, la division perdure, contrairement à l’espoir soulevé il y a quelques mois au Caire. Le Hamas et le Fatah - mis sous pression par la jeunesse palestinienne qui avait pris les rues et les places, et par la révolte des peuples qui affaiblit leurs alliés respectifs - y avaient en effet promis de mettre fin à la division entre Gaza et la Cisjordanie. Les causes de l’échec qui semble se profiler sont multiples. Un désaccord sur la nature du gouvernement est mis en avant par les deux partis. Le Hamas, qui règne sur Gaza, prône un gouvernement d’ « union nationale », regroupant des personnalités des différents partis politiques. Ce gouvernement ne pourrait cependant pas comprendre Salam Fayad, l’actuel premier ministre, qui est vu par les dirigeants du Hamas comme le symbole des compromissions de l’Autorité Palestinienne (« coopération sécuritaire » avec Israël, négociations sur les frontières et le droit au retour, etc). Quant à eux, les dirigeants du Fatah répètent que le Hamas n’a pas compris l’objet de la réconciliation : la constitution d’un « gouvernement technocratique » ayant pour tache de gérer les territoires palestiniens et leur population, dans l’attente de jours meilleurs, et non la constitution politique d’un « gouvernement d’union nationale ». Par ailleurs, les deux partis s’accusent mutuellement d’avoir des intérêts les empêchant de faire aboutir les négociations liées à la réconciliation. Khaled Mechaal, chef du Hamas en exil à Damas et grand artisan de l‘accord du Caire, serait en désaccord avec les chefs du Hamas en Palestine, ces derniers voulant garder leur influence sur la population de la Bande de Gaza. Le Hamas est aussi soumis aux pressions du Hezbollah libanais et du gouvernement iranien. De son côté, le Fatah serait trop occupé à son projet de reconnaissance de l’Autorité Palestinienne en tant qu’État, cela afin de sauver son image autant que sa bureaucratie. 2- Pluralité des résistances Si les inconvénients de cette division paraissent évidents d‘un point de vue institutionnel, ils n’empêchent cependant pas un certain nombre de convergences dans les oppositions à l‘occupant israélien. La capture par le Hamas du sergent major Guilad Shalit et sa séquestration pendant cinq ans a récemment permis la libération de mille prisonniers palestiniens. Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne, a été obligé de se réjouir de l’évènement. Celui-ci est allé jusqu‘à saluer lors d’une interview donnée à la télévision égyptienne le savoir faire du Hamas, qui a réussi à cacher le soldat pendant cinq ans sur un territoire aussi petit que celui de la Bande de Gaza. Ces déclarations ont bien sûr créé la polémique en Israël. Nous devons aussi analyser les nombreuses cyber-attaques très coordonnées menées par des pirates informatiques contre les intérêts économiques israéliens, autant qu’à l’encontre des institutions de l’Etat. Qualifiés de « terroristes » par le gouvernement israéliens, ces groupes ont, ce lundi 16 janvier, réussi à mettre hors service les sites officiels de la Bourse de Tel-Aviv et de la compagnie aérienne El Al. Depuis deux semaines, plusieurs sites de propagande ou institutionnels avaient été attaqués, et de nombreuses coordonnées bancaires révélées. Comme les tunisiens qui avaient attaqué les réseaux de la police au cœur de la répression de Ben Ali, les égyptiens qui avaient publié les preuves des exactions de l’armée de Moubarak, les auteurs de ces piratages montrent que les débats et pratiques traversant les mouvements de « hackers » possèdent une réelle dimension révolutionnaire. Sans surestimer les effets de telles actions, au moment où le Pouvoir tend à se résumer à un agencement de dispositifs articulés en réseaux, que les flux de la puissance israélienne soient coupés est on ne peut plus encourageant. Le parallèle avec la guerre moderne (qui n’a pas pour but de détruire l’ennemi mais de l’isoler et de briser les liens) est évident. Enfin, chacun notera que partout dans le monde, les révoltes en cours poursuivent le double objectif de fédérer le plus largement possible tout en attaquant le Pouvoir en différents endroits. Il y a vingt-cinq ans, Michel Foucault écrivait déjà dans La volonté de savoir que « c’est sans doute le codage stratégique [des] points de résistance qui rend possible une révolution, un peu comme l’État repose sur l’intégration institutionnelle des rapports de pouvoir. ». Cela est d’autant plus vrai lorsque le pouvoir fonctionne à flux tendus ... * Vivian Petit est militant de l’AFPS d'après : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=11758 par Pierre Stamboul (co-président de l'UJFP) La dépêche du midi Publié le 03/02/2012 03:51 Pierre Stamboul donnera une conférence Samedi 4 Février (à 20h30 Salle Saint Joseph) sur le thème : « Palestine-Israël, deux états? Un état? Quelles sont les conditions de la paix?» . Pierre Stamboul est co-président de l'Union Juive Française pour la Paix ( UJFP) . Une association juive qui défend les droits des Palestiniens ? Comment est-ce possible ? L'Union Juive Française pour la Paix (UJFP) existe depuis 1993. C'est un état juif qui détruit la Palestine, ce sont des colonies «juives» qui balafrent les territoires occupés. Le crime est commis en notre nom. A l'UJFP, nous sommes les héritiers des Juifs qui se sont battus contre tous les racismes et pour l'égalité des droits, qui ont résisté au nazisme et refusé le colonialisme. La politique de négation et de destruction de la Palestine menée par l'Etat d'Israël n'est pas seulement criminelle. Elle est aussi suicidaire pour les Juifs du monde entier. La guerre actuelle porte sur des questions essentielles : l'égalité des droits, le refus du colonialisme et de l'apartheid, l'immoralité de l'occupation. C'est en tant que Juifs et au nom de notre histoire que nous soutenons totalement les droits des Palestiniens. Un Etat ou deux Etats... En quoi cette question est-elle importante ? Le «crime fondateur» de cette guerre, la «Naqba» (la catastrophe) a eu lieu en 1948 avec l'expulsion préméditée de 800 000 Palestiniens de leur propre pays. Depuis, l'occupation a fait éclater la Palestine en plusieurs entités ayant des statuts divers : la Cisjordanie, Gaza, Jérusalem-Est, les Palestiniens d'Israël (qui vivent une situation d'apartheid) et les réfugiés dispersés dans le monde. En 1988, l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine) a fait une concession immense : limiter la revendication palestinienne à un Etat sur 22% de la Palestine historique. Mais les dirigeants israéliens ont rendu cette idée irréalisable. Les annexions, la colonisation (plus de 500 000 colons), l'encerclement des villes palestiniennes font qu'un Etat palestinien serait au mieux un «bantoustan» non viable. Aujourd'hui, entre Méditerranée et Jourdain, les Palestiniens forment environ 50% de la population. On est entré de fait dans une lutte pour l'égalité des droits dans un espace unique. De toute façon la question d'un «Etat juif» est posée. Quelles perspectives voyez-vous pour l'issue de ce conflit ? C'est l'impunité des dirigeants israéliens qui permet la poursuite de cette guerre. Les principaux dirigeants occidentaux soutiennent inconditionnellement la politique israélienne. Face à cette complicité, 172 associations palestiniennes ont lancé en 2005 l'appel à la société civile du monde entier au BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) contre l'Etat d'Israël tant que durera l'occupation. Cet appel a déjà remporté de grands succès. Il fait peur aux dirigeants israéliens. Tant qu'ils ne subiront pas ce que les dirigeants Blancs de l'Afrique du Sud ont subi à l'époque de l'apartheid, une paix fondée sur l'égalité des droits sera impossible. d'après : http://www.ladepeche.fr/article/2012/02/03/1276564-pierre-stamboul-co-president-de-l-ujfp.html Assises de la coopération décentralisée franco-palestinienne à Hébron romandie.com d'après AFP / 23 janvier 2012 22h43
HEBRON (Territoires palestiniens) - Les assises de la coopération
décentralisée franco-palestinienne se sont ouvertes lundi à Hébron, en
Cisjordanie, en présence du Premier ministre palestinien Salam Fayyad et
du ministre français chargé de la Coopération Henri de Raincourt. Cette réunion de deux jours, la troisième du genre, mais la première à se tenir dans les territoires palestiniens, regroupe des dizaines de collectivités locales françaises, communes, départements ou régions, engagées dans la coopération avec les territoires palestiniens, selon un communiqué du consulat de France à Jérusalem. Il y a un consensus au sein de la communauté internationale sur le fait que la Palestine est prête à devenir un État, a affirmé M. de Raincourt, rappelant que la France avait voté le 31 octobre pour l'adhésion à l'Unesco de la Palestine comme membre à part entière. Nous condamnons toutes les campagnes israéliennes contre Jérusalem et les arrestations qui portent atteinte aux droits des députés, a déclaré de son côté M. Fayyad, en référence aux récentes arrestations par l'armée israélienne de députés du mouvement islamiste Hamas, dont le président du Parlement Aziz Dweik jeudi. MM. Fayyad et de Raincourt ont signé une convention d'aide de 10,5 millions d'euros pour un projet d'amélioration de la disponibilité en eau potable près de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie. Ce projet permettra à 125.000 personnes d'avoir un accès à l'eau beaucoup plus satisfaisant, a précisé le ministre français lors d'une rencontre avec des journalistes à Jérusalem. Pour la réfection du toit de la basilique de la Nativité (à Bethléem en Cisjordanie, NDLR) le ministère français des Affaires étrangères a débloqué une enveloppe de 200.000 euros, a-t-il ajouté. Le toit de la basilique, dont la structure date du 15e siècle, laisse passer l'eau et des parties en bois, ainsi que des restes de mosaïques et de peintures sont menacés par l'humidité. Il n'a pas été entretenu depuis 200 ans. M. de Raincourt a jugé que les efforts du Quartette sur le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU) pour ressusciter des négociations de paix israélo-palestiniennes n'avaient pas abouti à des résultats concrets. Pour l'instant il est clair qu'il n'y a pas grand chose qui soit visible, a-t-il souligné. Dans le pourtour méditerranéen, les territoires palestiniens et Israël sont respectivement les 2e et 5e plus gros bénéficiaires de l'aide des collectivités françaises, en nombre de projets engagés, a indiqué le consulat. Les participants aux assises doivent discuter des actions de la coopération décentralisée: le patrimoine, le soutien aux institutions palestiniennes via le développement économique, leau et lassainissement, lengagement des pouvoirs locaux européens en Palestine, la place de la jeunesse et des femmes, selon un communiqué des organisateurs. La manifestation est organisée par Cités Unies France et le Réseau de coopération décentralisée pour la Palestine (RCDP), en partenariat avec lAssociation des villes palestiniennes (APLA), et avec le soutien du ministère français des Affaires étrangères, selon le texte. d'après : http://www.romandie.com/news/n/_Assises_de_la_cooperation_decentralisee_franco_palestinienne_a_Hebron230120122201.asp --------------- M. Delebarre réaffirme le rôle des collectivités locales dans le processus de paix en Palestine La Voix du Nord - vendredi 27.01.2012, 05:17 Plus de 200 élus et techniciens français représentant 90 collectivités locales françaises ... se
sont réunis à Hébron et à Ramallah, en Cisjordanie, pour les troisièmes
assises franco-palestiniennes de la Coopération décentralisée (notre
édition de dimanche ).
Organisée par Cités Unies France, présidée par Michel Delebarre, ancien Ministre d'État, sénateur maire de Dunkerque, et le RCDP (réseau de coopération décentralisée pour la Palestine) animé par Claude Nicolet, cette rencontre était très attendue par les autorités palestiniennes. Lundi, accueilli par le maire d'Hébron, Khaled Osaily, en
présence du Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, Michel Delebarre
a souligné l'engagement des collectivités locales françaises pour la
paix au Proche Orient. Relations avec les villes israéliennes Dans un contexte politique difficile, il a réaffirmé le rôle de la diplomatie des villes. « Pour cela, quel plus bel exemple que la coopération décentralisée avec la Palestine ? L'engagement des collectivités françaises sur ce territoire va au-delà de la solidarité internationale ou de la coopération technique traditionnelle. Elle est engageante, elle est politique et nous l'assumons comme telle. Elle est remplie d'espérance et de détermination. » La situation de la colonisation, des statuts d'occupation dans les différentes zones de la Cisjordanie, la crise humanitaire à Gaza, les destructions de logement à Jérusalem-Est, ont été au coeur des discussions tout en insistant sur les champs de développement de la Palestine, et l'appui crucial qu'apportent les collectivités locales françaises dans ce développement.Les visites sur le terrain, organisées par l'agence humanitaire des Nations Unies (OCHA), ont permis de mesurer la réalité concrète à Jérusalem-Est. Au siège de l'Autorité palestinienne à Ramallah, lors de ses rencontres avec Tayyeb Abdel Rahim, secrétaire général de la présidence de l'autorité palestinienne, et Ali Jarbawi, ministre du Plan, Michel Delebarre a esquissé les futurs axes de coopération décentralisée avec la Palestine : accompagnement des villes palestiniennes dans les domaines de l'eau, accès aux services, structuration de l'administration, planification urbaine. En présence du ministre français de la Coopération, Henri de Raincourt, Michel Delebarre a rappelé le soutien des villes françaises à la reconnaissance de l'État palestinien libre, démocratique et souverain vivant dans la paix et le développement. Il a conclu sur l'ambition de jouer un rôle sur les relations
avec les villes israéliennes. « Dans ce dialogue, les collectivités
locales ont une place et un rôle à jouer. Nous sommes nombreux à
entretenir des relations étroites avec des villes israéliennes. Un jour
viendra, j'en suis sûr, où nous pourrons mener tous ensembles des
projets de développement au service de la paix et de l'intérêt
général. » •
![]() FR3 - Des journalistes courageux et vigilants contre tous les crimes et toutes les oppressions. Le 25 janvier à Montpellier le 25 janvier a eu lieu l'inauguration d'une l'exposition itinérante sur
les persécutions subies en France par les juifs en 1942. FR3 a réalisé
un reportage à cette occasion et interviewé longuement Serge Klasfeld
présent à l'inauguration. Ce dernier a souligné que la mobilisation des
français avait, à l'époque, contribué à limiter les actions criminelles à
l'égard des juifs. Il a terminé en disant qu'il fallait être vigilant
car quelles que soient les époques les dérapages étaient encore
possible. Il semble que son message ait été entendu par le journaliste
(Laurent Baumel) qui conclut ainsi son sujet : "70 ans après, ce travail de mémoire permet de comprendre mais pas toujours de protéger. Des
crimes contre l’humanité sont toujours perpétrés et des peuples comme
les Palestiniens souffrent toujours d’une politique d’état
d’oppression". Vous imaginez la suite.
Dans la minute la rédaction et le journaliste étaient assaillis de
messages de protestation des associations juives pro-israéliennes. S'il
le faut, tenons nous prêts à défendre la liberté d'expression de FR3 et
de ses courageux journalistes qui en plusieurs occasions à propos
d'Agrexco n'ont pas manqué de relater les faits sans s'autocensurer. vous pouvez voir le reportage : http://info.francetelevisions.fr/video-info/?id-categorie=JOURNAUX_LES_EDITIONS_REGIONALES_LANGUEDOC_ROUSSILLON il démarre à 19h13. ------------------------------------ CCIPPP34 soutient l'initiative et vous appelle à y participer !! JUSTICE POUR LA PALESTINE !
Le 28 janvier 2011, Yousef Ikhlayl jeune Palestinien âgé de 17 ans était tué par un colon israélien de la colonie illégale de Bat Ayn, alors qu’il travaillait dans les champs de sa famille dans la vallée de Saffa (district d'Hébron). Un an plus tard, il n'y a eu AUCUNE ARRESTATION dans l’affaire de Yousef et le ministre de la justice israélienne n’a même pas assigné le dossier à un avocat, donc cette affaire n'aura pas de suites ... La colonie de Bat Ayn a été créée en 1990 et fondée sous la houlette du rabbin Yitzchak Ginsburg, lequel a salué les actions de Baruch Goldstein qui, en 1994, a assassiné 29 personnes et blessé plus de 125 autres qui étaient en prières dans la Mosquée Ibrahimi d’Hébron. Les colons de Bat Ayn sont particulièrement violents : ils attaquent fréquemment leurs voisins des villages palestiniens et détruisent leurs sources de revenus...NON A L'IMPUNITE D'ISRAEL ! Organisé par l'Association France Palestine Solidarité, groupe de Nîmes contact : 06 24 09 23 70 ------------------------------------ Nous avons eu la chance de rencontrer à la Cimade, le 23 janvier à Montpellier, deux opposants au régime syrien, invités par la CCIPPP (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien) : Michel Kilo, opposant historique, ancien prisonnier politique et Samir Aita, rédacteur en chef du Monde Diplomatique en langue arabe, tout deux très impliqués dans la recherche de solutions politiques à la crise que traverse leur pays.
Après des rappels historiques et géopolitiques, ces deux militants ont parlé de la situation de leur pays qui subit une répression extrêmement violente. Bachar-el-Assad a confisqué les richesses et les libertés. Il a plongé le pays dans la violence et le chaos. On compte par milliers les prisonniers politiques, les morts et les disparus. Face à ce régime qui se maintient au pouvoir par une répression sanglante, le peuple syrien est courageux et déterminé. Il luttera jusqu’au bout pour « sa liberté et sa dignité » et pour la reconnaissance de ses droits fondamentaux. Le pouvoir ne peut pas empêcher le peuple, les jeunes notamment, de descendre dans la rue. La crise dure depuis des mois et va durer encore longtemps. Les Syriens le savent
Michel Kilo qui vit en Syrie et Samir Aita mettent toute leur énergie de militants et leur intelligence politique pour trouver une issue pacifique et politique à l’impasse dans laquelle se trouve leur pays. Ils affirment que les solutions ne passent pas par un affrontement militaire ni par une intervention armée extérieure qui ne ferait qu’aggraver la situation et encourager la guerre civile (voir l’Irak ou la Libye aujourd’hui…) Pour mettre fin à ce régime et contraindre Bachar el-Assad à partir, il faut mettre en place un dialogue national, avec tout le monde, y compris le régime. Les révolutionnaires sont en train de s’organiser pour structurer les forces d’opposition et aboutir à une représentation politique de la résistance qui puisse imposer au pouvoir une transition vers la démocratie.
Cette rencontre n’était pas un débat public mais un entretien où nous avons bien sûr beaucoup apprécié de pouvoir échanger avec Michel et Samir sur leurs activités politiques mais aussi de pouvoir aborder des sujets sur lesquels nous sommes mal ou désinformés…
comme la place de l’islam en Syrie, les manipulations utilisées par le régime syrien pour pousser les manifestants à utiliser la violence, le rôle de l’armée dans ce « printemps arabe », l’intérêt supposé du recours aux forces des Nations unies…
Leur démarche est aussi très intéressante car elle rejoint nos réflexions sur la recherche de moyens non-violents pour lutter efficacement contre l’oppression ici ou ailleurs dans le monde.
A la question du soutien que nous pouvions leur apporter, ici, en France, Michel et Samir répondent que l’accueil des réfugiés et l’envoi de matériel médical sont très utiles. Nous ajouterons qu’il est aussi très important de faire connaître le point de vue de ces mouvements d’opposition au régime syrien dont les médias ne parlent quasiment jamais.Rencontre avec des opposants Syriens indépendants : Quelle issue à la crise syrienne ? 23/02/12 Montpellier Samir Aïta Michel Kilo Compte rendu de : D.E ------------------------------------ Concert pour l’apartheid au Zénith de Paris le 5 février 2012 ? A l'attention de Monsieur Daniel Colling, Directeur du Zénith de Paris Paris, le 16 janvier 2012 Objet : Propagande du KKL au Zénith de Paris Nous avons appris avec consternation la programmation d'un concert organisé par Keren Kayemeth Leisrael (KKL) au Zénith de Paris le 5 février prochain. Le Zénith de Paris est un lieu prestigieux et respectable dont on n'attend pas que ses responsables puissent accepter sciemment d'inviter une association telle que le KKL (appellation française : Fonds National Juif). A moins que conformément à la volonté du KKL de masquer sa réelle vocation, vous ayez été victime de sa propagande mensongère : cette organisation se présente en effet comme une organisation environnementale et la première organisation verte d'Israël. En réalité, ses prétentions prétendument écologiques ne sont qu'un prétexte pour masquer sa volonté de pratiquer activement depuis sa création la colonisation des terres palestiniennes et l'expropriation des habitants palestiniens de leurs terres à travers notamment des confiscations de terrains. Dans la longue liste des violations flagrantes du droit international dont le KKL est responsable, il faut souligner outre l'appropriation des terres des palestiniens expulsés, le fait que les milliers d'arbres que l'organisation se vante d'avoir plantés l'ont été sur les ruines des villages palestiniens de Galilée et du Néguev dynamités en 1948, et sur les territoires occupés depuis 1967. Par exemple: nous vous rappelons que le KKL a planté grâce à des fonds canadiens, le «Canada Park » sur les ruines des villages cisjordaniens de Yalu, Beit-Nuba et d'Emmaus, rasés par Ariel Sharon en 1967. Enfin aujourd'hui, le KKL réunit des fonds pour financer la «judaïsation du Néguev» en expulsant et regroupant dans des villes-réserves les Bédouins qui le peuplent, comme il en a récolté pour financer des «aires de repos» pour le bien-être des soldats rentrant de Gaza. Ce processus de colonisation, dans ces divers aspects est considéré comme autant de crimes de guerre par la Quatrième Convention de Genève. En outre, les terres gérées par le KKL sont gérées selon des critères explicitement racistes. Pour tous ces motifs, la présence de cette organisation au Zénith de Paris, dont l'activité principale est le spectacle, ne pourrait qu'apparaître indécente et insupportable à tout défenseur des droits de l'Homme informé sur les objectifs et les réalisations véritables du KKL. Nous vous appelons donc à ne pas accepter d'être complices du vol des terres palestiniennes, des violations des droits humains et du droit international. Enfin, sachez que le KKL fait l’objet d’une campagne internationale (USA, Canada, Grande-Bretagne, France, Israël, Palestine, etc.) massive pour informer le public, les élus politiques et tout professionnel de la réalité de cette organisation, qui est un véritable pilier de la politique de colonisation, de discrimination, et d’apartheid. L’antenne du KKL en Grande-Bretagne a fêté ses 110 ans à Londres le 11 novembre 2011 dans un lieu tenu secret, et sous grande protection policière, par peur des protestations des militants, symbole du « recul » du KKL et de la désapprobation unanime de cette organisation par les citoyens anglais. Nous vous sollicitons donc pour un entretien le plus rapidement possible. Nous restons à votre entière disposition pour toute information complémentaire sur le KKL. Cordialement, La Campagne BDS France, Mail : Campagnebdsfrance@yahoo.fr Site web : www.bdsfrance.org K. Selim - Le Quotidien d’Oran
publié le mercredi 4 janvier 2012. L’Autorité palestinienne a repris langue hier avec les Israéliens à Amman. La Jordanie, qui veut reprendre le rôle de médiateur laissé « vacant » par la chute de Moubarak, est satisfaite. Israël aussi ! La rencontre préfigure la relance de l’interminable feuilleton de la négociation qui permet de changer la réalité sur le terrain à coup de dépossession de territoires et de purification ethnique et de le rendre non négociable. Que fait l’Autorité palestinienne dans cette galère alors qu’on la croyait suffisamment édifiée sur l’absence de volonté israélienne et sur le rôle manœuvrier et hostile des États-Unis ? De nombreux Palestiniens, qui avaient décidé que Mahmoud Abbas avait peut-être sauvé son image dans l’histoire en osant contredire les Américains sur la candidature de la Palestine à l’ONU, sont à nouveau pris de doute. C’est que cette reprise des discussions se fait sans que l’exigence minimale d’un arrêt de la colonisation ait été acceptée par Israël. Au contraire, Israël a annoncé la construction de milliers de nouveaux logements en Cisjordanie et à Al-Qods ! Cette reprise des discussions intervient comme pour casser les efforts d’une réconciliation avec le Hamas. Bien sûr, il faudra bien négocier un jour ou l’autre. Mais Mahmoud Abbas avait clairement établi que les négociations menées depuis les accords d’Oslo ont été vaines, une perte de temps pour les Palestiniens et une source dramatique de divisions et d’affrontements. Pourquoi accepter de reprendre une démarche alors que rien n’a changé du côté israélien et qu’aux États-Unis, c’est la surenchère sioniste absolue entre les différents candidats ? On a du mal à comprendre par quel type de raisonnement M. Abbas et M. Saeb Arekat, « négociateur en chef » théoriquement démissionnaire, ont invoqué pour aller à cette rencontre d’Amman. Faire plaisir à un « quartette » qui, c’est le moins qu’on puisse dire, ne bouge que quand les intérêts d’Israël semblent menacés ? Faire plaisir à un forban politique comme Tony Blair ? Il y a quelque chose qui échappe à l’entendement de voir des dirigeants palestiniens se sentir obligés d’offrir des « cadeaux » politiques sans qu’ils puissent escompter le moindre gain. Est-ce la solitude de Mahmoud Abbas depuis la chute du parrain Moubarak qui le pousse à s’adosser au roi de Jordanie, qui mène sa propre politique sous supervision de Washington ? C’est en tout cas un recul politique inexplicable et une totale injustice. Son seul but évident n’est pas la relance d’une négociation promise à demeurer une autre éternité, mais d’entraver la réconciliation interpalestinienne qui est indésirable à Tel-Aviv, Washington et Amman. C’est bien ce que de nombreux mouvements palestiniens ont compris et dénoncé. Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) parle, à juste titre, « d’erreur fatale ». Mahmoud Abbas est en train d’effacer le soupçon d’estime qu’il a eu lors de son passage à l’ONU. Il redevient ce qu’il était : un dirigeant qui cherche surtout à satisfaire des exigences externes au lieu d’aller vers ce qui est le plus fondamental, le rétablissement de l’union nationale palestinienne. Depuis plus d’un demi-siècle, les Palestiniens sont sans printemps, dans un interminable hiver de l’oppression. Ces fausses négociations imposées par les États-Unis en font partie. Que M. Abbas y revienne après avoir compris qu’elles sont vaines est affligeant ! Les Palestiniens sont dans la pire des conditions. Il leur reviendra encore de trouver le moyen de sortir de cet enfermement et cette errance qui leur sont imposés avec l’assentiment puéril de leurs propres dirigeants. Source : http://www.lequotidien-oran.com/?ne... d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11440 Un consensus national rejette la rencontre israélo-palestinienne à Amman, décrite comme bénéfique à l'occupation Palestine Info - 3 janvier 2012 Les factions palestiniennes rejettent à l’unanimité la réunion qui doit se tenir aujourd’hui mardi 3/1, dans la capitale jordanienne Amman, entre l'autorité palestinienne et l'occupation sioniste, en présence du Quartet international.
Les factions palestiniennes ont souligné dans des communiqués séparés
diffusés hier et aujourd'hui leur rejet de la position de l'Autorité
palestinienne de Ramallah d'accepter une réunion avec la délégation sioniste en Jordanie, soulignant qu’elle ne serait avantageuse que pour l'occupation sioniste. Source : Palestine Info En 2011, Israël a kidnappé plus de 3300 Palestiniens Ma’an News
publié le vendredi 30 décembre 2011. Un rapport publié ce lundi a révélé que plus de 3300 Palestiniens ont été enlevés par l’armée israélienne en 2011.
Un chercheur sur les questions des prisonniers, Abdul Nasser Ferwaneh, a déclaré que le nombre moyen d’enlèvements en 2011 était de 276 par mois, soit environ neuf par jour. Un total de 3312 Palestiniens ont été kidnappés par les forces israéliennes d’occupation en 2011, et 113 d’entre eux avaient pourtant été libérés dans le cadre de l’accord d’échange entre le Hamas [résistance islamique] et Israël. Les détenus représentent un segment qui traverse toute la société palestinienne, dit Ferwaneh. Le nombre annuel de kidnappings est cependant moins élevé, ajoute Ferwaneh, qu’en 2007 où un total de 7612 Palestiniens avaient été enlevés par les forces israéliennes d’occupation. L’organisation Addameer, basée à Ramallah, a déclaré début décembre qu’Israël avait enlevé presque autant de Palestiniens que le nombre de ceux libérés dans la première étape de l’échange de prisonniers. Les forces israéliennes d’occupation ont arrêté près de 470 Palestiniens depuis le 18 octobre, date de la libération de 477 prisonniers des prisons israéliennes, en échange du soldat israélien fait prisonnier, Gilad Shalit, a encore déclaré Addameer. « Cette vague d’arrestations révèle que l’accord d’échange n’a pas empêché la politique israélienne d’enlèvement des Palestiniens, mais plutôt que les prisons israéliennes sont à nouveau remplies avec presque exactement le même nombre de Palestiniens que ceux qui ont été libérés en octobre, » ajoute l’association de défense des prisonniers. Les Palestiniens sont régulièrement kidnappés par les forces israéliennes, certains étant interrogés pendant des heures et d’autres détenus pendant des mois ou des années. Il y a actuellement 283 détenus administratifs, c’est-à-dire qui sont retenus prisonniers sans inculpation, dans les prisons israéliennes dans le cadre d’une pratique qui a commencé sous le régime du mandat britannique. Un total de 4937 Palestiniens sont détenus par Israël, selon les derniers chiffres recueillis par Addameer. Depuis 1967, Israël a arrêté plus de 750 000 Palestiniens (sept cent cinquante mille), dont des femmes et des enfants, selon les rapports de l’Autorité palestinienne. Environ 40% des hommes palestiniens vivant dans les territoires occupés ont été détenus par Israël à un moment donné dans leur vie. Israël occupe et annexe la Cisjordanie, la Bande de Gaza et Jérusalem-Est depuis 1967. Source : http://www.maannews.net/eng/ViewDet... / http://www.info-palestine.net/artic... d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11430 Rapport sur les violations israéliennes des droits humains Info palestine - jeudi 29 décembre 2011 - 16h:04 PCHR du 22 au 28 décembre 2011
Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) continuent leurs
attaques systématiques contre les civils palestiniens et leurs biens
dans les Territoires palestiniens occupés.
Durant cette semaine du 22 au 28 décembre 2011 :
Les FOI démolissent des installations agricoles à Ethna, à l’ouest d’Hébron.
Violations israéliennes recensées durant la période du 22 au 28 décembre 2011 1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza Jeudi 22 décembre Minuit et demi, les FOI entrent dans le secteur de Sha’aba, dans l’est d’Hébron, elles pénètrent dans la maison familiale de Sari Sami al-Fakhouri, 24 ans, et l’arrêtent. 1 h 30, incursion dans le secteur de Wadi al-Hariya, dans le sud d’Hébron, avec fouille de la maison de Rami Hisham Abu Safiya, 28 ans, qui est arrêté. 2 h, les FOI entrent dans Beit Ummar, au nord d’Hébron. Elles investissent la maison de Wajeeeh Hmaid Abu Maria, et arrêtent ses deux fils : Ahmed, 18 ans, et Mohammed, 17 ans. Au même moment, elles opèrent sur la maison de Mohammed Saqer Abu Maria, 20 ans, pour l’arrêter, mais il n’est pas là. Les soldats israéliens tentent alors de retenir sa sœur en otage pour l’obliger de se rendre, mais la famille intervient et les en empêche. Les soldats confisquent également la carte d’identité de son frère, Napoléon, 25 ans. 2 h, les FOI investissent le camp de réfugiés de Jénine, elles fouillent un certain nombre de maisons et arrêtent 8 civils palestiniens pour les interroger sur la mort d’un directeur palestinien, qui avait la citoyenneté israélienne, Juliano Mir Khamis, tué le 4 avril dernier ; les détenus ont été relâchés quelques heures plus tard. Ce sont :
Les FOI opèrent aussi sur une maison appartenant à Kamal Mohyammed Abu ‘Ali, 43 ans, et l’arrêtent. Toujours 2 h, les FOI entrent dans la ville de Jénine. Elles fouillent la maison d’‘Essam Mohammed Tahaina, 56 ans, et l’arrêtent. À environ 7 h, les FOI pénètrent à 400 mètres dans la zone de Abu Safiya à l’est de Jabalya. Couvertes par des tirs sporadiques, elles nivèlent des terres agricoles précédemment défoncées. À environ 12 h, les FOI rentrent chez elles. Aucune victime n’a été signalée. 17 h 30, incursion dans Jainsafout, à l’est de Qalqilya, où l’armée patrouille quelques temps avant de se retirer. Pas d’arrestations. 18 h 10, dans Ematin, au nord-est de Qalqilya. 21 h, dans Toura al-Ghabiya, au sud-ouest de Jénine. 22 h 40, dans Jainsafout, à l’est de Qalqilya. Vendredi 23 décembre 2 h 30, incursion dans le camp de réfugiés d’al-Duhaisha, au sud-ouest de Bethléhem, les Israéliens fouillent un certain nombre de maisons et arrêtent 3 Palestiniens, dont un mineur :
3 h, dans le quartier de Jabal Hindaza, dans le sud de Bethléhem, avec fouille de la maison d’‘Omar Ibrahim Hmaid, 42 ans, qui est arrêté. 4 h, même opération dans le quartier d’al-Saf, toujours dans Bethléhem, chez Ibrahim Mohammed al-Battat, 29 ans, qui est arrêté. À environ 7 h 20, les FOI positionnées à la frontière entre la bande de Gaza et Israël à l’est de Khan Younis tirent trois obus d’artillerie sur la partie orientale de ’Abassan village et sur al-Zanna à est de la ville. Aucune victime n’a été signalée. 15 h, incursion dans Ya’bad, au sud-ouest de Jénine. 17 h 40, dans ‘Azzoun, à l’est de Qalqilya. 18 h 10, dans Jainsafout, même secteur. 19 h, dans ‘Anabta, à l’est de Tulkarem. L’armée patrouille dans les rues de la ville. Des jeunes Palestiniens se regroupent et lancent des pierres sur les véhicules de l’occupant. Aussitôt, les soldats israéliens sortent des véhicules et pourchassent les jeunes. Ils vont réussir à arrêter Mohammed Na’im Fuqaha, 22 ans, l’accusant d’avoir jeté des pierres. Samedi 24 décembre 8 h, incursion dans Jénine ; dans al-Zababda, au sud-est de Jénine. 10 h 10, dans ‘Azzoun, à l’est de Qalqilya, où l’armée pose un certain nombre de check-points à ses diverses entrées. Elle fouille des maisons et arrêtent 3 Palestiniens :
11 h 40, dans ‘Izbat al-Ashqar, village au sud de Qalqilya. Dimanche 25 décembre 2 h, les FOI entrent dans ‘Azzoun, à nouveau, font irruption au domicile d’‘ Aassem ‘Abdul Fattah Mansour, et arrête son fils ‘Alaa’, 16 ans. Les FOI vandalisent la maison pendant la fouille. Elles opèrent aussi sur la maison de Naji Mofeed Radwan, 18 ans, qui est arrêté. Lundi 26 décembre 10 h, incursion dans ‘Allar, au nord de Tulkarem ; dans Deir Abu Da’if, à l’est de Jénine. 10 h 30, dans Saida, au nord de Tulkarem. 15 h, dans Marka, au sud de Jénine. 18 h 30, dans Faqqou’a, au nord-est de Jénine ; dans Jalboun, à l’est de Jénine. 22 h, dans Kufor Dan, au nord-ouest de Jénine. Mardi 27 décembre Une heure, les FOI entrent dans Tulkarem, fouillent la maison de Fareed Ragheb Tabbal, 25 ans, et le convoquent pour interrogatoire. 1 h 30, dans Sa’ir, au nord-est d’Hébron, où les FOI opèrent sur le domicile de Riad Mousa Shalalda, 37 ans, qui est arrêté ; dans ‘Anabta, à l’est de Tulkarem, avec fouille de la maison de Majd ‘Abdullah ‘Ali, 22 ans, également arrêté. Selon l’enquête menée par le PCHR, à environ 18 h 50 le mardi 27 décembre 2011, un drone israélien tire un missile sur deux résistants d’un groupe salafiste qui roulaient en moto avenue de la Concorde, près de la galerie d’Abu Sharekh à Jabalya. En conséquence, l’un des militants, Omar Abdullah Khattab al-Telbani, 22 ans, de al-Nafaq Street à Gaza ville, est tué, et l’autre, blessé par des éclats d’obus à la poitrine. En outre, trois passants civils, y compris un enfant, sont blessés :
Les sources médicales ont décrit les blessures de Marouf et al-Shandaghli comme modérées à graves. Les deux venaient de quitter un supermarché dans la zone où l’attaque s’est produite. En outre, deux maisons et quatre magasins sont endommagés, et une voiture Hyundai Verna appartenant à Mohammed Zaiada Nassar, 33 ans, complètement détruite. Les FOI ont déclaré qu’ils visaient un certain nombre de résistants affiliés à la mouvance djihadiste mondiale, affirmant qu’ils avaient l’intention de lancer des attaques à la frontière israélo-égyptienne. À environ 21 h 35 le même jour, un avion israélien tire un missile sur un véhicule civil, dans lequel quatre résistants se rendaient rue al-Jalaa dans le nord de Gaza ville. En conséquence, blessés tous les 4, l’un d’eux est gravement touché. De plus, un civil, Shadi Zuhair al- ’Akkawi, 20 ans, a été légèrement blessé. Israël garde constamment fermé tous les passages frontaliers autour de la bande de Gaza depuis plus de trois ans. Ces bouclages illégaux imposés par les Israéliens depuis juin 2007, a un impact désastreux sur la situation humanitaire et économique dans la bande de Gaza. Cette fermeture illégale cause non seulement une crise humanitaire mais une crise des droits humains et la dignité humaine pour la population de la bande de Gaza. Les mesures annoncées récemment pour alléger le blocus sont vagues, purement cosmétiques et ne parviennent pas à traiter les causes profondes de la crise, qui ne peuvent être solutionnées que par une levée immédiate et complète de la fermeture, y compris en levant l’interdiction de voyager dans et hors de la bande de Gaza et l’interdiction des exportations. Le PCHR craint que la nouvelle politique israélienne consiste tout simplement à revêtir une autre forme de blocus illégal, qui puisse être internationalement acceptée et institutionnalisée. Les Palestiniens de Gaza ne peuvent plus souffrir la pénurie de biens. Ils restent économiquement dépendants et incapables de se prendre en charge étant socialement, culturellement et intellectuellement isolés du reste du monde. Mercredi 28 décembre 1 h 30, incursion dans Naplouse, avec fouille de la maison d’Ameen ‘Abdul ‘Aziz Abu Warda, 38 ans, qui est journaliste et conférencier universitaire, dans la rue d’al-Quds, dans l’est de la ville. Il est arrêté.
Durant la semaine écoulée, les FOI ont continué d’user de la violence contre les manifestations pacifiques organisées par les Palestiniens avec des militants internationaux et israéliens pour protester contre la construction du mur et la colonisation en Cisjordanie, et contre l’instauration d’une zone tampon dans la bande de Gaza. Un civil palestinien a été blessé. En outre, des dizaines de Palestiniens et de militants étrangers ont inhalé les lacrymogènes. Les FOI ont aussi arrêté un civil palestinien. Bil’in, à l’ouest de Ramallah : vendredi 23 décembre après la prière, la manifestation non violente est organisée, comme chaque semaine, dans le centre du village pour protester contre la construction du mur et soutenir les efforts pour la réconciliation nationale entre le Fatah et le Hamas. Les manifestants portent des drapeaux palestiniens et appellent à la fin de la division politique. Ils se dirigeant vers les terres palestiniennes dont la Haute Cour israélienne a ordonné le retour à leurs propriétaires palestiniens. Les soldats de l’occupation postés à proximité du mur tirent. Nombre de manifestants souffrent de l’inhalation des lacrymogènes. Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah : après la prière du vendredi, le 23 décembre, Palestiniens, militants internationaux et israéliens se rassemblent dans le centre du village pour commencer la manifestation hebdomadaire non violente contre le mur d’annexion et les colonies. Les manifestants se dirigent vers la porte érigée par les FOI près de l’entrée du village et qui permet d’accéder aux terres palestiniennes dont les colons de la colonie Halmish veulent s’emparer. Les soldats israéliens se sont depuis le matin largement déployés dans le secteur, et près des entrées du village. Ils agressent alors les manifestants qui veulent se rendre sur les terres convoitées par les colons. Les soldats tirent, lancent des lacrymogènes et des bombes assourdissantes. Waleed Yousef al-Barthouthi, 22 ans, reçoit une balle dans un pied, et des dizaines de civils inhalent les lacrymogènes. Ni’lin, à l’ouest de Ramallah : après la prière le vendredi 23 décembre, Palestiniens et internationaux se dirigent vers le mur israélien en construction sur les terres du village, comme chaque semaine, dans une manifestation non violente. Ils sont agressés par l’occupant près du mur. Et nombre d’entre eux souffrent de l’inhalation des gaz.
Israël a maintenu un bouclage serré des TPO et ses restrictions sauvages aux déplacements des Palestiniens, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée. Bande de Gaza
Cisjordanie Israël boucle toujours la Cisjordanie. Jérusalem : les restrictions qui frappent les Palestiniens sont toujours appliquées. Des milliers, de Cisjordanie et de la bande de Gaza, ne peuvent toujours accéder à la ville. De nombreux check-points ont été posés dans et autour de la cité. Les restrictions sont même renforcées les vendredis, jours de prières, empêchant ainsi de nombreux Palestiniens musulmans de venir prier à la mosquée al-Aqsa. Qalqilya :
Tulkarem :
Jénine :
Samedi 24 décembre, 14 h 35, les FOI installent un check-point à l’entrée de Kufor Qaddoum, au nord-est de Qalqilya, arrêtent et fouillent tous les véhicules palestiniens et arrêtent Na’el ‘Alaa’ al-Din Jom’a, 30 ans, officier de police. Dimanche 25 décembre, 16 h, les FOI sur le même check-point, arrêtent Mohammed Rajab Jom’a, 27 ans.
Mercredi 28 décembre, la municipalité israélienne de Jérusalem approuve la construction de 130 logements dans la colonie de Gilo, au sud de Jérusalem. Elle approuve également un vaste projet touristique à Silwan au sud de la vieille ville de Jérusalem. Mardi 27 décembre, le quotidien israélien Maariv évoque le projet colonial qui est programmé dans Silwan, par la municipalité israélienne de Jérusalem et l’association coloniale Elad. Le quotidien indique que le « vaste projet touristique » est un projet conçu en commun par l’association coloniale, la municipalité de Jérusalem et l’ « Autorité de la Nature et des Gardiens ». Le projet comprend la création de centres
archéologiques, de plans d’eau et de bassins. Selon le quotidien, la
Commission locale de l’urbanisme et de la construction de la
municipalité de Jérusalem doit approuver le projet présenté. Il est
prévu sur 5400 m². Selon l’association Elad, un parking de voiture va
accueillir 250 voitures. Les bâtiments comprendront un centre
archéologique, des centres d’informations et des salles d’étude. En plus
de ces trois structures, il existe un autre projet, présenté comme plus
petit, qui comprendra un centre de tourisme à Silwan. Dans ce centre,
il y aura une fontaine, des plans d’eau et des bassins sur 3000 m².
Selon l’adjoint au maire de Jérusalem, ce projet implique que
l’association Elad contrôlera tout le centre de Silwan. Selon le
quotidien israélien, la droite israélienne a bien accueilli le projet.
Dans ce contexte, Elisha Peilig, députée de la Knesset, du parti Likoud,
a déclaré que l’ « expansion dans la ville de David
développe la colonisation de Jérusalem-Est, et il existe une barrière en
matière juridique et d’urbanisme qui pourrait empêcher l’approbation du
projet pour appliquer les droits des juifs à s’installer partout dans
Jérusalem ». Pour sa part, la municipalité israélienne de Jérusalem a déclaré qu’elle prêtait beaucoup d’attention au « développement du tourisme dans la ville de David, qui est visitée par des centaines de milliers de personnes chaque année ».
La colonisation se poursuit en toute violation du droit international.
Dans le même temps, les FOI détruisent un puits et une maison de 16 m² appartenant à Jebrin Ahmed Tmaiza et Jamal Ahmed Farajallah, leur confisquant également un générateur pour l’électricité, 3 pompes à eau et des outils agricoles. Les pertes sont estimées à 38 000 shekels (7700 €). Vers 7 h 30, les FOI détruisent un puits, une pièce de 32 m² et un réservoir d’eau appartenant à Mohammed Hussein Abu As’ad. Elles lui confisquent aussi une pompe à eau et des outils agricoles. Perte estimée à 10 000 shekels (2000 €). Destruction au même moment d’un vieux puits et d’une citerne à eau voisine. Les FOI vont ensuite chez Twal Mousa, à 500 mètres du mur d’annexion dans l’ouest du village. Elles détruisent un puits, une citerne à eau et une pièce de 14 m² appartenant à Mohammed Ibrahim al-Batran. Elles lui confisquent aussi 3 pompes à eau. Perte estimée à 58 000 shekels (11 800 €).
d'après : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=11612 Les 24 ans du Hamas : quelle politique de résistance dans un Moyen-Orient en plein changement ? Ramzy Baroud - The Palestine Chronicle
publié le mardi 27 décembre 2011. Depuis que le Hamas est sorti vainqueur des élections législatives palestiniennes de 2006, une myriade de sondages d’opinion ont affirmé que sa popularité dans les territoires occupés subissait un déclin progressif.
Cependant, il y a peu indications selon quoi le Hamas en tant que mouvement populaire quittera de sitôt le paysage politique palestinien. Les tractations en cours au Caire entre le Hamas et le Fatah, impliquant à certains moment le chef de l’Autorité nationale palestinienne, Mahmoud Abbas lui-même, montrent bien que la marque du Hamas est susceptible dans un proche avenir de se faire sentir dans les institutions politiques telles que l’Organisation Libération de la Palestine (OLP). Dans les quelques semaines qui ont suivi le dernier cycle de négociations entre Abbas et le dirigeant du Hamas, Khalid Mesha’al, au Caire, le Hamas s’est surpassé dans les cérémonies de commémoration de l’anniversaire de sa création. Le rassemblement de Gaza le 14 décembre a été l’occasion pour les dirigeants du Hamas de détailler les réalisations de leur mouvement au cours des derniers 24 ans, allant jusqu’à indiquer le nombre de roquettes tirées sur Israël depuis 2000 (l’année où débute la seconde Intifada), en représailles aux nombreuses attaques et incursions israéliennes. Ces récits était destinés à accréditer l’idée que la branche armée du Hamas - une petite force armée de roquettes artisanales et d’armes légères obtenues en contrebande - était un opposant sérieux à l’armée israélienne. Mais personne n’imaginait parmi les 350 000 Gazaouis rassemblés ce jour-là que le mouvement Hamas à lui seul pouvait à lui seul pouvait battre l’armée israélienne. Ce que le Hamas a incarné depuis sa création en décembre 1987, est l’idée que la résistance est effectivement encore une option. « Nous affirmons que la résistance armée est notre option stratégique et le seul moyen de libérer notre terre, de la mer jusqu’au fleuve (Jourdain) », a déclaré Esmail Haniyeh, le Premier ministre du Hamas. « Si Dieu le veut, le Hamas conduira le peuple ... au soulèvement jusqu’à ce que nous libérions la Palestine, toute la Palestine ». Haniyeh a également affirmé que le Hamas « ne reconnaîtra pas Israël » (Associated Press, 14 décembre). La simple énumération de ces objectifs vise à bien rappeler que le programme du mouvement reste fidèle à ses objectifs initiaux, déclarés il y a 24 ans. Depuis lors, le Hamas a changé à la fois en popularité et en ressources politiques. Il s’est avéré être très adaptatif et très résistant à toutes les pressions imaginables, y compris les assassinats par les Israéliens de plusieurs générations de ses dirigeants fondateurs, politiques et militaires. L’échange récent de prisonniers, qui a vu la libération de 1027 prisonniers palestiniens en échange d’un soldat israélien, est un témoignage de la capacité du Hamas de prétendre à des succès durement gagnés des circonstances particulièrement difficiles. Cependant, le mouvement, qui a réussi à survivre à successives guerres d’Israël et à un blocus économique, est confronté aujourd’hui à l’un de ses plus grands défis : parler d’unité avec le Fatah, qui a toujours dominé l’OLP. C’est un très grand défi parce que la direction du Fatah n’a pas encore véritablement abandonné sa vieille mentalité politique soucieuse de répéter les erreurs politiques liées aux pratiques d’exclusivité politique, de domination sur les autres factions de l’OLP, de favoritisme, et liées à sa capacité à co-exister avec l’occupation israélienne. Le Hamas, bien sûr, s’est rendu coupable d’un certain nombre d’erreurs similaires à celles du Fatah. Mais il a cependant réussi à se présenter comme le rempart de la mouqawama (résistance) dans l’imaginaire d’un large segment de la population palestinienne. Depuis 2006, le Hamas a également été tenté de se familiariser avec les ficelles de la politique internationale, tout en usant toujours de son emphase sur la résistance armée. La sensibilisation du Hamas à la politique n’a été ni un succès retentissant ni un échec total. Entre temps, la tentative d’Israël de détruire le Hamas lors de son offensive Cast lead de l’hiver 2008-09 a été un incroyable désastre militaire. Toute puissance militaire a évidemment ses limites, et vouloir supprimer des mouvements populaires en faisant usage d’armes illégales comme le phosphore blanc, contre des civils est simplement une idée absurde (pour ne pas dire un crime de guerre selon n’importe quelle lecture un peu sérieuse du droit international). Israël n’a probablement rien appris de ses terribles aventures militaires, mais le Hamas par contre continue de tirer des leçons de l’adversité. Il s’applique à trouver des solutions pour contourner le blocus israélien et pour canaliser l’argent provenant de divers pays arabes et destiné à la reconstruction de Gaza. Mais combien de temps le Hamas pourra-t-il rester attaché à la résistance armée, maintenir un cessez le feu officieux avec Israël, vouloir répliquer aux incursions israéliennes et aux frappes aériennes, poursuivre des pourparlers pour l’unité et la réconciliation avec le Fatah, reconstruire Gaza assiégée et vouloir sortir de son isolement politique, tout en restant dans le même temps lié à son ancienne charte ? Il y a beaucoup d’interprétations possibles de la position du Hamas dans le paysage politique en plein changement au Moyen-Orient. Certains commentateurs affirment que le mouvement souffre d’une crise politique due à la révolte et à la guerre civile en cours en Syrie. D’autres prédisent une ascension régionale du Hamas grâce au bouleversement politique actuel en Egypte et à la montée en puissance du mouvement des Frères musulmans. Dans tous les cas, le Hamas va probablement trouver des moyens de s’adapter et de survivre - sinon de prospérer - dans tous les scénarios possibles. Le défi cependant, est de maintenir un équilibre qui permette l’incorporation du Hamas dans l’OLP - ce qui pourrait rapprocher la fin de son isolement politique et permettre à ses dirigeants de s’adresser à des millions de Palestiniens en tant qu’avant-garde de la résistance palestinienne. Les difficultés à maintien les deux positions sont déjà plus apparentes. Mesha’al déclaré à l’AFP récemment que « chaque peuple a le droit de lutter contre l’occupation de toutes les façons, avec des armes ou autrement. Mais pour l’instant, nous voulons coopérer avec la résistance populaire ... Nous croyons en la résistance armée, mais la résistance populaire est un programme qui est commun à toutes les factions » (Time online, 27 novembre). Cette logique est en soi une évolution considérable par rapport au manuel classique du Hamas sur la résistance, et n’est pas exactement conforme au récent discours de Haniyeh à Gaza. Le Hamas parviendra-t-il à garder un pied dans le camp de M. Abbas, et un autre dans son programme politique basé sur la résistance ? Même pour un mouvement aussi puissant et ingénieux que le Hamas, une telle contradiction peut s’avérer trop difficile à résoudre. Source : http://palestinechronicle.com/view_... / http://www.info-palestine.net/artic... Traduction : Claude Zurbach Salah Hamouri : « Votre solidarité a été le pont de l’espoir pour moi » L’Humanité - Entretien réalisé par Pierre Barbancey
publié le mardi 27 décembre 2011. Exclusif. Le jeune Franco-Palestinien raconte son arrestation, ses conditions de détention, la volonté israélienne de briser les prisonniers politiques palestiniens. Il remercie tous ceux qui l’ont soutenu durant son emprisonnement et parle de l’avenir. Le sien et celui du peuple palestinien.
Salah Hamouri est libre. Dimanche soir, il a retrouvé les siens, à Jérusalem-Est, toujours occupée. Le jeune Franco-Palestinien savoure ces instants de bonheur après presque sept ans passés dans les geôles israéliennes. Le combat pour sa libération n’a pas été simple. Et si les grands médias la mettent au crédit de l’intervention française, ils oublient que Nicolas Sarkozy n’a jamais voulu recevoir les parents de Salah et que son nom même n’a été prononcé officiellement que très récemment. À l’Humanité, nous nous enorgueillissons d’avoir apporté notre contribution, avec d’autres, à ce que Salah Hamouri ne soit pas oublié. Parce que, sans cette campagne, il serait certainement encore emprisonné. C’est avec plaisir que nous enlevons son portrait de nos pages. Comment s’est passée votre arrestation ? Salah Hamouri. Je devais rencontrer des amis à Ramallah. C’était le 13 mars 2005. Je suis donc parti de Jérusalem mais j’ai été arrêté au check-point de Kalandia. Les soldats israéliens m’ont bandé les yeux et menotté. De là ils m’ont amené à un premier centre sans que je sache lequel, puis à un second où je suis resté trois mois, à l’isolement total. Je subissais des interrogatoires tous les jours. C’était très difficile. Vous savez, les Israéliens essaient de casser notre volonté, notre détermination. Ils utilisent tous les moyens possibles pour faire pression. Sur nous et sur nos familles. Par exemple, mon père venait d’être opéré une semaine auparavant. Ils l’ont embarqué pour l’interroger, et moi, ils me l’ont montré sans qu’il s’en doute. Tout ça pour me casser. Parfois ils me laissaient plus de deux jours sans dormir. Bref, tous les moyens des services de renseignements. On nous laisse menottés, les mains dans le dos, on nous menace, on menace de détruire nos maisons… Je suis resté presque trois ans et demi emprisonné avant d’être officiellement condamné. Pendant tout ce temps, on m’a traîné à plusieurs reprises devant un tribunal militaire israélien totalement illégal puisqu’il se trouve dans les territoires occupés. Ces tribunaux militaires ne sont pas reconnus par le droit international. Comment s’est passée l’audience à l’issue de laquelle vous avez finalement été condamné ? Salah Hamouri. Mon avocate, Léa Tsemel, a tout tenté. Mais les Israéliens m’ont toujours menacé d’une condamnation à quatorze ans de prison. Alors, mon défenseur a essayé d’obtenir la condamnation la plus faible possible, c’est-à-dire une peine de prison la plus courte possible. Pour cela, il fallait plaider coupable, bien que je sois innocent de tout ce qu’on me reprochait. J’ai finalement écopé de sept ans de prison. Quelles étaient vos conditions de détention ? Salah Hamouri. Après trois mois d’interrogatoire, j’ai été transféré à la prison de Beer Sheva, dans le Sud. Je suis resté là-bas presque vingt-deux mois. Puis j’ai été transféré dans un autre établissement dans le Nord. Dix mois après, ils m’ont encore fait changer de prison. Puis il y a eu la condamnation à sept ans de prison. Ils m’ont ensuite amené à la prison de Gilboa où j’ai passé presque trois ans. Il y a deux mois et demi, ils m’ont sorti de là pour tenter de briser la grève des prisonniers qui demandaient de meilleures conditions de détention. Mes conditions de détention étaient les mêmes que pour les autres prisonniers palestiniens. Les Israéliens essaient toujours de maintenir une certaine tension, de faire pression sur nous pour briser toute résistance. Plusieurs prisonniers politiques ont été isolés pendant des années. Certains se voyaient interdits de toute visite, y compris familiale. Depuis deux ans, nous n’avions plus l’autorisation de recevoir des livres. Les Israéliens prennent toujours un prétexte sécuritaire pour appliquer leur politique de pression sur les prisonniers. Il faut savoir que les prisonniers palestiniens qui sont de la bande de Gaza n’ont reçu qu’une seule visite depuis six ans. Ils ne peuvent même pas recevoir un seul coup de téléphone, de personne. Ni de leur femme ni de leurs enfants. Beaucoup de prisonniers de Cisjordanie ont été soumis au même régime. Avec toujours le même prétexte sécuritaire. Il faut aussi parler de l’isolement. Une mesure inhumaine qui, là encore, vise à casser le moral des prisonniers, à briser leur capacité de résistance. Ils sont isolés dans des sections spéciales. Ils sont dans des cellules où ils ne peuvent avoir aucun contact avec les autres prisonniers et évidemment pas avec leurs familles. Certains sont restés comme ça six à sept ans, totalement seuls. L’interdiction de faire entrer des livres dans la prison relève de la même volonté de tenter de miner notre moral. Les Israéliens savent bien qu’au XXIe siècle il faut non plus viser le corps de l’être humain mais son esprit. C’est cet esprit politique des Palestiniens que les Israéliens veulent détruire. C’est pourquoi ils nous ont empêchés de recevoir des livres pendant deux ans. Ils ont également bloqué l’accès à de nombreuses chaînes d’information à la télévision. C’était vraiment une guerre totale déclarée par l’administration israélienne au niveau culturel contre les prisonniers politiques palestiniens. Cette administration israélienne était représentée dans les prisons par la police. Comment en êtes-vous arrivés à une grève de la faim ? Salah Hamouri. Pendant toutes ces années, nous avons essayé de discuter avec l’administration des prisons pour la convaincre de respecter nos droits qui sont inscrits dans la quatrième convention de Genève. Nous avons essayé à plusieurs reprises d’améliorer nos conditions de détention, nos conditions de vie carcérale. On a évidemment demandé de mettre fin à l’isolement des prisonniers politiques, et notamment à celui d’Ahmed Saadat, le secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Malheureusement, les Israéliens ont toujours refusé de discuter avec nous et ont opposé une fin de non-recevoir à toutes nos demandes. C’est pourquoi nous avons décidé de lancer une grève de la faim le 27 septembre jusqu’au 17 octobre. Nous l’avons observée pendant vingt jours. Pendant ce temps-là, l’administration pénitentiaire israélienne a tout tenté pour briser notre mouvement, utilisant tous les moyens de pression qu’elle avait à sa disposition. Mais, heureusement, nous étions bien préparés. Nous avions la volonté de gagner et de ne pas nous laisser briser. Ce qui nous a permis de résister à tous les coups entrepris contre nous. Comment avez-vous perçu la solidarité qui s’est exercée en France envers vous ? Salah Hamouri. C’est la chose la plus importante qui me soit arrivée en prison. La campagne menée par le comité de soutien, l’engagement de Jean-Claude Lefort, de l’AFPS, du journal l’Humanité, des Jeunes communistes ont été le pont de l’espoir pour moi, ma famille, mais aussi pour tous les prisonniers politiques. Cela a été comme un mur nous protégeant des visées israéliennes. Je tiens à les remercier pour ce soutien qui m’a aidé moralement et psychologiquement. Maintenant libre, qu’allez-vous faire ? Salah Hamouri. Profiter d’abord de ma famille. Je vais essayer de venir en France pour rencontrer ceux qui m’ont soutenu et puis ensuite reprendre mes études. Le combat du peuple palestinien continue, malgré les prisons et la répression. Notre résistance est légitime. Source : http://www.humanite.fr/monde/salah-... D'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11426 Reconnaissance de la Palestine par l’UNESCO : et maintenant ? Jean-Guy Greilsamer - UJFP publié le dimanche 25 décembre 2011. L’une des victoires des amis de la Palestine en 2011 est sa reconnaissance par l’UNESCO. Cette victoire a provoqué les foudres d’Israël, qui avait aussitôt annoncé un nouveau programme de constructions dans les colonies et le gel des droits de douane dus à l’autorité palestinienne, et celles des Etats-Unis, qui ont annoncé le retrait de leur participation au budget de l’UNESCO (qui s’élève à 22%) S’agissant du vote de la France, nous ne sommes pas dupes : son approbation de l’admission de la Palestine à l’UNESCO a surtout servi à justifier son abstention pour l’admission à l’ONU. Mais bon, ne boudons pas la victoire que constitue le résultat du vote. La question qui se pose aujourd’hui est : après le temps des cérémonies et des discours officiels de bienvenue à l’UNESCO, qu’en sera-t-il ? L’année 2012 révèlera si cette victoire est surtout symbolique ou si elle sera suivie d’effets importants pour le peuple palestinien. D’abord, la restitution de son patrimoine au peuple palestinien serait loin d’être un évènement mineur. Les médias ont focalisé leurs projecteurs sur le cas de l’Eglise de la Nativité à Bethléem. Il s’agit là d’un cas à haute valeur symbolique, mais en même temps de la face la plus visible d’un iceberg. Un autre lieu patrimonial est par exemple la forteresse souterraine d’Hérodion. Si vous visitez ce lieu, implanté au cœur de la Cisjordanie, vous découvrirez qu’il est gardé par des militaires israéliens et vous lirez à l’entrée que vous êtes censés pénétrer dans l’un des domaines du réseau des parcs nationaux israéliens.
Un autre exemple est le site de Qumran, qui abrite les rouleaux de la Mer Morte. Si vous visitez la vieille ville d’Hébron, vous constaterez que son centre historique comporte des rues désertes avec de traditionnelles échoppes et que ces rues sont surplombées de grillages jonchés de détritus.
Cette situation est le résultat des pratiques terroristes d’environ 500 colons qui vivent au sommet de la vieille ville et sont protégés par environ 1500 soldats. Revaloriser cette vieille ville, dont l’intérêt patrimonial a souvent été souligné, c’est forcément s’opposer efficacement aux colons qui terrorisent ses habitants palestiniens. Et l’on peut aussi rêver que les recherches archéologiques à Gaza sur les civilisations antérieures au peuple hébreu puissent se développer librement, ouvrant ainsi une brèche dans le blocus. Autre cas : Israël colonise avec ses forces armées des lieux saints qui ont un intérêt patrimonial pour la culture juive, comme si cela était tout à fait naturel. Ainsi le tombeau de Rachel près de Bethléem, dont le site est devenu aussi une base militaire contre le camp de réfugiés d’Aïda, ou le tombeau des patriarches à Hébron, qui s’inscrit dans une mosquée dont la moitié de la surface a été annexée pour être transformée en synagogue. Qu’en serait-il si le Vatican recrutait des armées pour protéger les lieux saints chrétiens dans le monde entier ? Un point très important est donc la restitution et la protection du patrimoine palestinien, mais un point tout aussi important est d’offrir aux gens du monde entier la possibilité de le visiter, sans avoir à subir des checks points ou autres entraves. De plus il revient au peuple palestinien de pouvoir valoriser son patrimoine, ce qui serait notamment créateur d’emplois. Sur ce point, il existe une association palestinienne, basée près de Bethléem, qui effectue un travail persévérant et convivial : il s’agit de l’« Alternative Tourism Group », qui a contribué au livre « Palestine et Palestiniens », sorte de Guide du Routard de la Palestine. Mais, s’agissant de la visite des lieux saints en Palestine, la réalité est largement dominée par la main mise des agences israéliennes, qui intègrent en général la visite de Yad Vashem à leurs circuits. S’attaquer à ce mur est aussi un enjeu important, culturel, et en même temps économique et politique. Un autre volet de la fonction de l’UNESCO consiste à valoriser l’animation et les échanges culturels. En Palestine, la pratique de cet objectif signifierait d’assurer le libre déplacement des artistes, dont le rôle pour l’avenir du pays est manifeste, et de permettre à la jeunesse palestinienne et aux autres générations de circuler librement pour bénéficier d’échanges culturels avec d’autres pays. Cet autre chantier, nous le savons, se heurte à de très sérieux obstacles ! Les associations qui organisent des tournées en France de troupes de théâtre palestiniennes peuvent en témoigner, ainsi les Amis du théâtre de la Liberté de Jénine ou la Société des Amis du théâtre Al Rowwad L’UNESCO est aussi associée à des projets de protection des minorités réprimées. Ainsi, lors de la cérémonie de la levée du drapeau palestinien à l’UNESCO le 13 décembre à Paris, il était possible de visiter une exposition sur le rôle de l’UNESCO pour la Palestine et dont le thème de l’un des panneaux est la « Protection des moyens de subsistance et autonomisation durable des communautés rurales et de réfugiés vulnérables dans la Vallée du Jourdain, financé par le Japon, l’UNESCO, la FAO, l’UNIFEM et l’UNRWA » Pour conclure, la reconnaissance de la Palestine par l’UNESCO est loin de présenter un intérêt purement symbolique. Sa mise en œuvre persévérante peut contribuer réellement à l’isolement grandissant de l’Etat d’Israël dans l’opinion publique internationale et à la vigueur de la résistance culturelle et politique du peuple palestinien. Espérons qu’en 2012 des batailles seront engagées dans cette voie. L’UJFP y contribuera à sa mesure, dans le souci de démasquer l’idéologie qui guide l’actuel Etat d’Israël et de soutenir la résistance collective du peuple palestinien. Paris, le 22 décembre 2011 PS : les photos ont été prises par des membres de l’UJFP lors de la 166ème mission (judéo-arabe) de la CCIPPP ( 23 au 31 oct 2010) Source : http://www.ujfp.org/spip.php?article2053 d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11417 |








Jeudi 22 décembre, 6 h, les FOI arrivent avec des bulldozers dans le secteur de Bir al-Ballouta, dans l’ouest d’Ethna,
village à l’ouest d’Hébron. Elles encerclent une maison de 70 m² et des
bâtiments agricoles appartenant à Ahmed ‘Abdul Fattah Tmaiza. Elles
donnent quinze minutes à la famille pour quitter la maison. Puis elles
démolissent une salle de 20 m² et détruisent un réservoir d’eau et un
puits. Elles confisquent aussi 4 pompes à eau et du matériel agricole
dont la valeur est estimée à 9000 shekels (1800 €). La maison et les
bâtiments agricoles, construits il y a 9 ans, ont coûté 200 000 shekels
(40 600 €). Les FOI prétendent qu’ils ont été construits sans le permis
israélien. Tmaiza avait demandé un permis aux FOI, mais le 1er octobre
dernier, il avait reçu l’ordre de cesser la construction.