La Palestine, on en parle (revue de presse)


 


Entretien avec Leïla Shahid : « La question de Jérusalem dépasse le cadre du conflit israélo-palestinien »

F. G.-R. - L’Humanité
publié le mercredi 31 mars 2010.

La représentante de la Palestine à Bruxelles réagit au désaccord apparu la semaine dernière entre Barack Obama et le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

Vous revenez de Palestine où vous étiez quand a éclaté la crise des constructions de nouvelles colonies à Jérusalem- Est. Depuis, il y a eu la rencontre de Benyamin Netanyahou avec Barack Obama. Un coup de froid diversement interprété : simple brouille entre amis ou désaccord profond ?

Leïla Shahid. C’est une vraie crise qui n’a pas commencé la semaine dernière mais en septembre 2009, quand Barack Obama a invité le premier ministre israélien et le président palestinien Mahmoud Abbas à New York, avec l’intention de relancer les négociations de paix et de faire une déclaration solennelle à l’Assemblée générale de l’ONU. Il voulait mettre en pratique son discours du Caire où il avait dit que le conflit israélopalestinien était la clé de voûte de tous les conflits de la région, de l’Irak à l’Afghanistan en passant par l’Iran. Malheureusement, l’attitude de Netanyahou a infligé à Obama une humiliation publique et entraîné le refus par les Palestiniens de tout contact direct à haut niveau. Que pouvait faire Mahmoud Abbas face à Netanyahou disant : je refuse les frontières de 1967, je refuse de négocier sur Jérusalem et sur le droit au retour des réfugiés, je ne reconnais ni les accords signés ni la feuille de route du Quartet ?

Pourquoi la crise n’a-t-elle éclaté qu’en mars ?

Leïla Shahid. Parce qu’Obama a été pris par des difficultés internes et par l’Afghanistan. Il a dû remiser la question palestinienne au placard. D’autant plus que le lobby proisraélien, très influent au Congrès, intervient sur tout et pouvait lui mettre des bâtons dans les roues pour sa loi sur l’assurance santé. Maintenant, il est un peu plus libre et il revient à la pierre angulaire de sa politique étrangère : le règlement du conflit palestinien est la clé d’une réorganisation complète de ses alliances. C’est très clair quand on voit les déclarations de militaires de haut rang, comme le général Petraeus, qui a dirigé les opérations en Irak. Il dit que « l’obstination d’Israël porte atteinte à la crédibilité des États-Unis et met en danger leurs intérêts nationaux ». Et que « la colère arabe à propos de la situation en Palestine limite la profondeur des liens entre les États-Unis et les gouvernements et populations de la région ». Cela signifie que le sabotage de la paix par le gouvernement israëlien, son refus de l’État palestinien, empêche les États-Unis de renforcer leur alliance avec les pays arabes pour faire face à l’Iran. Obama a besoin d’un front très large pour résoudre la crise iranienne. Il a besoin des Européens, de la Russie, de l’ensemble du monde arabe. Or le monde arabe vient de redire qu’il ne soutiendrait pas la reprise de négociations avec Israël sans gel de la colonisation, notamment à Jérusalem-Est.

Ce sont les conclusions du sommet arabe de Syrte, auquel assistait d’ailleurs la Turquie.

Leïla Shahid. C’est aussi un allié important pour Obama. Or, le premier ministre turc a déclaré que Jérusalem était « la prunelle de ses yeux ». Dans l’ensemble du monde musulman, les populations demandent : « Que faites-vous pour Jérusalem ? » La question dépasse le cadre du conflit israélo-palestinien. C’est un point sensible, très important pour Obama au moment où il redessine la carte de ses alliances pour bâtir une politique basée sur le multilatéralisme.

Quelles sont les conséquences de la crise en Israël et aux États-Unis ?

Leïla Shahid. En Israël, c’est un séisme. Les Israéliens, habitués à des relations idylliques, sont bouleversés par la froideur d’Obama à l’égard de Netanyahou : il l’a planté là et fait attendre pour aller dîner avec sa famille ! Et on se souvient que la dernière crise grave, en 1991, entre Bush père et Shamir, s’est soldée par le départ de Shamir et l’arrivée de Rabin. Aux États-Unis, il y a une levée de boucliers de certains membres du Congrès qui sont aux ordres d’Israël sous l’influence de l’Aipac. Le lobby pro-israélien est en train de se mettre en branle dans tout le pays et Obama n’aura pas la tâche facile.

Que pensez-vous des premiers pas Mme Ashton, la « Madame Affaires étrangères » de l’UE ?

Leïla Shahid. Son voyage dans la région a été très important. Elle a eu le courage d’insister pour aller à Gaza et à Jerusalem-Est où elle a rencontré Hanane Ashraoui, ce qui n’a pas plu à Israël. Elle a surtout affirmé : « Ma feuille de route, c’est la déclaration de l’UE du 8 décembre dernier. » C’est important, car elle rappelle tous les points importants à nos yeux : les frontières de 1967, Jérusalem-Est, territoire occupé qui doit devenir la capitale de l’État palestinien, le problème des réfugiés qui doit être traité comme le propose l’initiative de paix arabe. Après, elle est allée à Moscou où elle a fait adopter cette « feuille de route » par le Quartet. Et dans le Quartet, il y a les États-Unis. Cela explique aussi le raidissement d’Israël. Mais il faut savoir que la position de Mme Ashton dépend de ce que les 27 lui concèdent. Or, parmi les membres de l’UE, il y en a qui insistent encore pour le rehaussement des relations avec Israël.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR FRANÇOISE GERMAIN-ROBIN

http://www.humanite.fr/Entretien-avec-Leila-Shahid


Israël, sourd et arrogant, joue avec son avenir

Max Hastings (The Financial Times)
publié le dimanche 28 mars 2010.

L’Astorm de la critique internationale cette semaine est tombé sur Benjamin Netanyahu, Premier ministre d’Israël. Cependant, plutôt que de s’étendre sur les carences morales de l’expansionnisme israélien en Cisjordanie, il parait plus utile d’aborder la seule question d’intérêts pour les partisans de Mr Netanyahu : peut-il s’en tirer ?

Certains nationalistes israéliens font remarquer que l’histoire est remplie de nations qui ont rectifié les frontières à leur avantage après avoir gagné des guerres. Les Soviets l’ont fait à grande échelle en 1945, déplaçant des millions de peuples indésirables hors de l’Europe de l’Est. Qui aujourd’hui se souvient que la ville russe de Kaliningrad fut Koenigsberg, en Prusse orientale ? Qui aurait sérieusement envie de récupérer les terres orientales que Staline a prises aux Polonais ?

Les frontières d’Israël d’avant 1967 ne sont que la ligne de cessez-le-feu de 1948. Les partisans du Likoud disent : étant donné que le monde arabe refuse de reconnaître la moindre existence légitime à Israël, où serait l’avantage à restreindre notre population dense dans de vieilles limites arbitraires ?

L’expression « processus de paix au Moyen-Orient » est constamment utilisée de façon impropre. Si une telle notion a pu exister avant l’assassinat de Yitzhak Rabin, depuis ce n’est plus le cas. Israël a poursuivi sans interruption son programme d’expansion coloniale à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, où se trouvent maintenant 177 000 colons israéliens. (A revoir à la hausse, leur nombre est plus près de 500 000 - ndt)

Le gouvernement travaille sans relâche à créer une réalité sur le terrain. Le mur de sécurité séparant Israël des Palestiniens a réduit la menace terroriste. Mr Netanyahu – au cœur de ce qu’il a toujours été, un adepte du Grand Israël englobant une grande part de la Cisjordanie – mise froidement sur le comportement des Etats-Unis. Il perçoit le Président Barack Obama comme un ennemi, mais il juge que le Congrès et le peuple américain ne veulent pas la rupture.

Les Palestiniens, et en réalité les Arabes en général, n’ont que peu d’amis américains, en dehors du commerce du pétrole et des armes. Les attaques terroristes du 11 Septembre se sont révélées désastreuses pour eux. La plupart des Américains ont viscéralement peur du monde musulman. Ils acceptent Israël, ennemi de leur ennemi, comme leur ami. Israël bénéficie de soutiens puissants, voire fanatiques, chez les chrétiens évangéliques.

En Israël, le sentiment populaire est remarquablement trop confiant. L’économie, avec un taux de croissance d’avant 2009 d’environ 5%, n’a fait que se tasser légèrement alors que dans la plupart des nations occidentales, elle a dépéri. Le revenu moyen réel est d’environ 37 000 dollars (27 600 €), devant celui de Singapour, de Hong-Kong et de l’Irlande. Les Israéliens caressent même l’espoir que leurs problèmes démographiques sont en recul. Le taux de natalité arabe dans la région a chuté alors que celui des juifs a très légèrement augmenté.

The Jerusalem Post a sorti un gros titre l’année dernière : « Tirons parti des nouvelles donnes démographiques », et en dessous, dans l’édito : « La poussée démographique juive appelle de la part du gouvernement la mise en place d’une feuille de route démographique, de façon à augmenter la majorité juive, tout en respectant les droits de la minorité arabe ». Il exhortait Mr Netanyahu à donner la priorité à une nouvelle immigration juive. Il est douteux que la colère de Mr Obama puisse modifier cet état d’esprit, à moins ou jusqu’à ce que Washington n’impose un prix tangible.

Il est laissé aux intellectuels et stratèges israéliens le soin d’exprimer les craintes pour l’avenir. La plus évidente est que, si leurs gouvernements persistent dans leur politique de ces dernières années, ils condamnent le pays à un isolement permanent, voire à la guerre. C’est un pari dangereux que de fonder le régime politique d’une petite nation exclusivement sur la foi dans une supériorité militaire éternelle. Quels que soient les impondérables démographiques, une question de fond demeure : les Arabes en Palestine, privés de droits considérés comme reconnus dans toute démocratie occidentale, augmentent en nombre toujours plus vite que les juifs.

La population théorique d’Israël, en incluant les colons de Cisjordanie et les 26% d’Arabes israéliens, représente 7,5 millions de sujets. Mais beaucoup de juifs qui revendiquent la citoyenneté israélienne font le choix de ne pas vivre dans leur pays déclaré – la proportion exacte n’est pas révélée par Jérusalem (Tel-Aviv - ndt), mais les renseignements US l’estiment à 20%.

De nombreux juifs intellectuels, dans et hors Israël, débattent des questions philosophiques sur l’ensemble des fondements sur lesquels l’Etat, et tout particulièrement un gouvernement comme celui de Mr Netanyahu, conduit sa politique. L’historienne française, Esther Barbarossa a justement publié un livre remarquable, « La souffrance comme identité ». Elle y affirme que les juifs doivent se tourner vers l’avenir et non le passé, et cesser de définir leur vision du monde en fonction de l’Holocauste, impitoyablement politisé depuis les années 1950.

« Comment Israël peut-il fonder toute une identité nationale sur le génocide, » demande-t-elle, « et lier sa jeunesse à cette histoire de souffrance qui transforme la paix avec ses voisins en une notion de plus en plus abstraite ?

« Les Israéliens ont-ils le droit de parler au nom de ceux qui sont morts dans le génocide ? Ont-ils (les morts) jamais approuvé l’usage que certains fonts de leur destin tragique, le mettant au service d’aspirations nationalistes aux dépens des Palestiniens, qui ne sont en aucune manière responsables de la catastrophe qui frappa les juifs d’Europe ? »

Dans le court terme, il semble plausible, voire probable, que Mr Netanyahu puisse défier Mr Obama. Le drame pour Israël, c’est sa société se replie de plus en plus sur elle-même : fière de sa prospérité, sourde à l’opinion étrangère, méprisante à l’égard des Arabes. Elle ignore délibérément le fait que ses voisins palestiniens ne pourront jamais se doter d’une société viable, capable de comportement responsable, sur des terres infestées de colonies israéliennes et de routes stratégiques.

Pourtant, les prétentions d’Israël sur Jérusalem-Est s’enracinent dans le sentiment d’un droit moral de plus en contesté par le reste du monde. Certains Américains d’aujourd’hui vont prendre conscience du prix stratégique exorbitant que paie leur propre nation pour sa complaisance à l’égard des excès israéliens. Israël pourrait réussir à intégrer tout Jérusalem à l’intérieur de ses propres frontières. Mais il court le risque historique de se transformer lui-même, par une ironie horrible, en un Etat paria.

Financiel Times : http://www.ft.com/cms/s/0/970ba026-390e-11df-8970-00144feabdc0.html

traduction : JPP pour la CCIPPP


Nétanyahou reproche aux Palestinens leur durcissement


Par lefigaro.fr - 28/03/2010 | Mise à jour : 15:24

Le premier ministre Nétanyahou a déploré que les Palestiniens «ne montrent pas le moindre signe de modération». Crédits photo : AP


Dirigeants israélien et arabes se sont mutuellement reproché ces derniers jours leur manque de souplesse, malgré les pressions de Washington pour faire avancer le processus de paix.

Alors que plusieurs dirigeants de la Ligue arabe se réunissaient dimanche pour la deuxième journée de leur sommet annuel, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a accusé les Palestiniens de «durcir leurs positions». La veille,Mahmoud Abbas avait insisté pendant le sommet sur le fait qu'aucune négociation de paix ne serait possible tant qu'Israël continuerait à considérer Jérusalem comme indivisible.

«Nous continuons de constater que les Palestiniens durcissent leurs positions. Ils ne montrent pas le moindre signe de modération», a déploré Benyamin Nétanyahou au début de la séance hebdomadaire de son cabinet. Lui-même, malgré les pressions américaines pour un gel des colonisations, avait affirmé vendredi qu'il n'y aurait «aucun changement dans la politique d'Israël concernant Jérusalem».

«Je ne pense pas que les débats de la Ligue arabe puissent favoriser ce processus (ndlr: la reprise des discussions), mais nous allons malgré tout en discuter en faisant preuve de retenue et nous allons poursuivre nos contacts avec les Américains pour relancer les pourparlers» avec les Palestiniens, a dit le premier ministre israélien. Dimanche, plusieurs ministres de droite et d'extrême droite ont affiché leur soutien à la position défendue par Benyamin Nétanyahou sur Jérusalem.

Envisager l'échec

Pendant ce temps, à Syrte en Libye, les chefs d'Etat arabes commençaient à s'interroger sur les conséquences d'un échec du processus de paix. Le secrétaire général de la Ligue arabe, le Qatariote Amr Moussa, a révélé samedi que le comité de suivi de l'initiative de paix arabe, un plan de paix global d'inspiration saoudienne, était «sur le point d'élaborer des plans alternatifs et des démarches pour faire face» à l'éventualité d'un échec.

Ce comité avait donné le 3 mars son feu vert pour le lancement des négociations indirectes. Mais les Arabes sont «convaincus qu'elles sont inutiles en raison de la poursuite de l'intransigence israélienne», a admis vendredi soir le président du comité de suivi, le premier ministre qatari Hamad Ben Jassem. La récente annonce par le gouvernement israélien de la construction de 1 600 logements juifs à Jérusalem-est avait scandalisé le monde arabe.

Il est temps, a poursuivi Amr Moussa, que «la communauté internationale assume ses responsabilités» évoquant pour la première fois des sanctions internationales contre Israël.

Certains dirigeants arabes se sont inquiétés des risques d'un conflit armé dans la région. Mahmoud Abbas a mis en garde samedi contre «des guerres qui risquent d'éclater si les violations israéliennes à Jérusalem se poursuivent». Peu avant lui, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait affirmé que «si Jérusalem brûle, ceci signifie que la Palestine brûle. Et si la Palestine brûle, ceci veut dire que le Proche-Orient brûle».



Témoignage

 
Voici un témoignage de ce que peut faire l'armée la plus morale de la seule démocratie au Moyen-Orient.
 Amitiés, A & P

Chers tous,
 
Je me permets de vous faire part du drame arrivé à Omar, ami et hôte palestinien qui nous avait reçu à Al-Masara en juillet dernier:
Arrêté dimanche 14 mars par l'armée d'occupation israélienne, enfermé et torturé sans preuves ni jugement une semaine durant, il se remet actuellement de ses blessures à l'hôpital d'Hébron. Il était investi dans la lutte non-violente que mène son village contre l'occupation illégale d'Israël et son mur de séparation.
 
Alors que le gouvernement israélien affiche une arrogance et un mépris croissants pour la communauté internationale et que la construction des colonies se multiplie à Jérusalem-Est, en violation du droit international et en toute impunité, voilà comment les occupants d'un pays "démocratique et enclin à la paix" se comportent face à la résistance non-violente.
Vous devez savoir que cet évènement n'est pas un cas isolé, et qu'au fur-et-à-mesure que la résistance non-violente se développe en Palestine (6 villages s'y consacrent à ce jour), la répression des forces d'occupation s'accrue (enlèvements, arrestations arbitraires, détentions administratives, pressions, menaces de mort...le maire d'Al-Masara a d'ailleurs subi le même sort qu'Omar début mars), ce qui prouve que ce type de combat, (la non-violence), noble, louable et laborieux est efficace et gênant pour Israël puisqu'il ne peut être assimilé à du terrorisme et ôte par là toute légitimité aux violences exercées sur la population.
Mais à quel prix se mène-t-il?!
 
Ci-dessous, le lien vers un site en anglais décrivant les circonstances de l'arrestation et de la détention, avec photos et vidéo d'Omar à l'hôpital et en pièce jointe, une version traduite en français.
 
Amitiés.
 
T.


Version française :

Un militant palestinien torturé  dans une prison israélienne: 


Omar Alaaeddin du village de AlMa'sara a été arrêté au Container Checkpoint dimanche 14 mars par les gardes frontières. Il a été relâché contre caution après une semaine sans aucune charge retenue contre lui. Alaaeddin rapporte qu'il a été torturé dans la prison israélienne "Russian Compound Jail" à Jérusalem.

Omar Alaaeddin, qui est engagé dans l'organisation des manifestations hebdomadaires non violentes à Al Ma'sara (au Sud de Bethléem), a été arrêté alors qu'il revenait de Ramallah avec un groupe d'étudiants et de professeurs d'université. Le groupe avait été à Ramallah voir une pièce de théâtre. Alaaeddin a été battu à plusieurs reprises, par les soldats qui l'ont arrêté, puis à la prison à Jérusalem. Il raconte qu'il a subi coups de pieds et de poings, et même chocs électriques avec un taser, par les soldats et les geôliers.

Alaaeddin, qui souffre d'une blessure à la jambe suite aux coups, a été interrogé sur l'accusation d'avoir agressé le soldat qui l'a arrêté, en participant aux manifestations. Des dizaines de témoins oculaires qui étaient au check point lors de l'arrestation peuvent témoigner qu'en fait, c'est Alaaeddin qui a été agressé. Il n'a été finalement présenté à un juge qu'après une semaine, ce fut aussi la première possibilité de voir un avocat et de l'informer des tortures.

Après une courte audience, le juge critiqua sévèrement les poursuites et la police, disant qu'il n'y avait aucune évidence d'une quelconque violence, de la part d'Alaaeddin et ordonna sa libération inconditionnelle. Malgré ses blessures, et ses demandes de voir un médecin, Alaaeddin n'a reçu aucun soin pendant sa détention.

C'est la seconde fois ce mois qu'un militant de Al Ma'sara est arrêté et agressé à  ce check point par des officiers de la garde frontière qui les ont reconnus pour les avoir vus aux manifestations. Le 2 mars, le maire d'Al Ma'sara, Mahmoud Zwahre, a été arrêté et battu alors qu'il allait à une réunion à Ramallah.

Alaaeddin et ses avocats étudient maintenant la possibilité de poursuivre aussi bien au criminel qu'au civil, pour essayer de contester l'impunité et l'absence de poursuites à l'égard des membres de l'armée israélienne.

 Mahmoud Zwahra

Al-Ma'sara village - Bethlehem - Palestine P.O.Box 768

00970599586004

Pour plus de détails:

Anne:  00 972599925991


Un nouveau lobby juif contre l’Aipac

F. G.-R. - L’Humanité
publié le vendredi 26 mars 2010.

À l’heure où le principal lobby juif des États-Unis tenait son assemblée, des juifs progressistes lancent un appel à la paix.

J-Street sonne le réveil. Lundi dernier, alors que l’Assemblée générale annuelle de l’Aipac, le très puissant lobby juif américain, s’apprêtait à accueillir successivement Hillary Clinton et Benyamin Netanyahou, le New York Times publiait une page entière de publicité avec un énorme réveil sur lequel on pouvait lire  : « It’s time ». C’est l’heure  ! Un appel destiné au président américain à qui il était demandé de se montrer ferme vis-à-vis d’Israël et de mener à bien d’urgence la promesse faite juste après son élection d’œuvrer à la création d’un État palestinien afin d’établir la paix au Proche-Orient. L’auteur de cette pub est le nouveau lobby juif J-Street, créé il y a un an par des juifs progressistes, sous le double label de « pro-Israël et pro-paix ». Il estime, contrairement au lobby juif historique Aipac, qu’il est permis de critiquer Israël, et que c’est même « nécessaire et salutaire ».

Citant le vice-président Joe Biden, le président de J-Street, Jeremy Ben-Ami, affirmait lundi  : « Quelquefois, il n’y a qu’un ami qui est en mesure de dire les vérités les plus dures. » Pour lui, « les actions provocatrices d’Israël non seulement minent les négociations, mais affaiblissent la crédibilité des États-Unis dans une région d’intérêt vital pour la sécurité nationale ». On ne saurait être plus clair. J-Street a lancé la semaine dernière une pétition parmi les juifs américains pour demander à Barack Obama de « tenir le cap ». Elle a recueilli 40 000 signatures qui ont été portées à la Maison-Blanche.

http://www.humanite.fr/2010-03-25_International_Un-nouveau-lobby-juif-contre-l-Aipac


RAPPEL

Grande manifestation Samedi 27 Mars à 14h au départ de Barbès



Au vu de la situation dans les territoires Palestiniens occupés, le danger qui pèse toujours et de manière accrue sur la ville de Jérusalem, ses habitants et son patrimoine (notamment les lieux Saints), le couvre-feu imposé sur les villes de Cisjordanie et le blocus meurtrier maintenu à Gaza,
La GUPS – Union Générale des étudiants de Palestine – à Paris appelle à une grande manifestation Samedi 27 Mars à 14h au départ de Barbès.
En Palestine occupée, les palestiniens se sont mobilisés pour manifester leur colère, à nous d’en faire autant sous les mots d’ordres :
  •           Jérusalem/Al Qods, Palestine, Résistance !
  •           Halte à la judaïsation du patrimoine palestinien, Halte à la judaïsation des lieux saints !
  •           Non à l’impunité de l’occupant, des sanctions contre Israël
Nous attendons les premières signatures, une réunion pour l’organisation de la manifestation sera annoncée prochainement.
Etant donné l’urgence de la situation, il est possible que nous appelions à des rassemblements d’ici là. Nous comptons sur vous !!

Rawad pour La GUPS Paris

Palestine. Des femmes crient urgence !

Françoise Germain-Robin (L’HUMANITÉ)
publié le mardi 23 mars 2010.

Vingt ans après avoir joué les pionnières, des Israéliennes et des Palestiniennes se sont retrouvées jeudi et vendredi à Bruxelles pour parler de paix (1)

Lors de leurs retrouvailles à Bruxelles, les plus abattues ne sont pas les Palestiniennes mais les Israéliennes qui, comme l’ancienne députée Naomi Chazan, tirent la sonnette d’alarme  : « Ce dont nous avions le plus peur il y a vingt ans est en train d’arriver. Nous disions alors  : il faut un État palestinien à côté d’Israël non seulement pour notre sécurité, mais pour l’avenir de notre démocratie. Aujourd’hui, après l’échec d’Oslo, la société civile israélienne est attaquée, les libertés sont en danger. Si nous perdons la société civile, nous perdons une des clefs de la solution. Or la survie d’Israël dépend de sa capacité à résoudre le conflit. Il y a urgence  ! »

Sarai Aharoni, de l’université de Jérusalem, confirme la gravité des dangers  : « On est en train de nous préparer une loi qui va totalement paralyser l’action des ONG en les assimilant à des partis politiques qui, toujours selon la loi, seront illégaux s’ils ne défendent pas le caractère juif de l’État d’Israël. C’est très grave. Cela veut dire que les partis arabes deviendront illégaux. »

L’urgence, les Palestiniennes la ressentent bien évidemment. Pour Amal Kreisheh, « votre gouvernement est en train de détruire tous les aspects de notre société. Nous avons échoué à faire la paix, il faut que l’UE prenne le relais, qu’elle ait le courage de soutenir la proclamation devant l’ONU d’un État palestinien dans les frontières de 1967. Après, avec le soutien de la communauté internationale, des négociations sérieuses pourront reprendre ». Hania Bitar, responsable d’une association de jeunes Palestiniens, souligne  : « Les Palestiniens sont fatigués de cette situation. Je ne crois pas qu’il y aura une troisième Intifada. Mais faute d’une solution rapide grâce à une intervention énergique de la communauté internationale en faveur du droit et de la justice, on risque d’aller vers des développements très dangereux. »

La délégation a été reçue à la Commission européenne qui l’a écoutée et a annoncé que la réunion prévue mardi était reportée. « Nous n’avons rien à discuter avec Israël  ! » dit-on à Bruxelles. Ce qui est un comble, compte tenu des derniers événements survenus à Jérusalem. En réalité, Israël refuse de parler d’autre chose que du rehaussement des relations promis par la présidence française de l’UE. Les dirigeants européens estimant que le moment serait mal choisi, Israël ne veut rien entendre.

(1) La réunion était organisée par Simone Susskind pour la Commission internationale des femmes et Birgit Daiber de la Fondation Rosa-Luxemburg, avec Louisa Morgantini, ancienne vice-présidente du Parlement européen.

http://www.humanite.fr/2010-03-22_International_Palestine-Des-femmes-crient-urgence


Des colons appellent Tsahal, qui tabasse un berger palestinien
Amira Hass, correspondante Haaretz
publié le lundi 22 mars 2010.

15/03/2010

La réaction du porte-parole de Tsahal a été étonnamment rapide : deux ou trois petites heures après la question envoyée par Haaretz, le porte-parole a répondu par voie orale puis par écrit, que "suite à la question du reporter et une fois informé de des faits, le Colonel Jana Modzagbrishvili, procureur [militaire] a ordonné à la police militaire de se pencher sur le sujet".

Comme le montre la quasi-totalité des faits, le sujet était que le 7 janvier, les soldats avaient battu plusieurs heures durant un civil les yeux bandés et ligoté.

L’affaire, qui a commencé au village d’al-Tawani dans les collines sud d’Hébron, a continué à la base militaire de Sussia. L’homme qui a été battu est Masab Rabai, 22 ans.

Ce jeudi-là, Masab et un de ses frères avaient emmené paître leurs moutons sur des terres du wadi directement en dessous de leur maison. Dans le wadi, il y a des oliviers et quelques petites parcelles cultivées. Sur les pentes, il y a entre les rochers des mauvaises herbes que broutent les moutons.

Ils avaient avec eux deux bénévoles des Christian Peacemaker Teams [Équipes d’Artisans de Paix Chrétiens ou CPT] qui, avec des bénévoles italiens, assurent une présence constante dans le village.

Les maisons de l’avant-poste Havat Maon sont masquées par un bosquet à quelque 300 mètres du village et à l’est du wadi.

À 9 heures, une Mitsubishi beige avec deux colons à bord est soudain apparue sur le chemin qui passe sous le bosquet. L’un d’eux prenait des photos et le second parlait sur son portable. Ça arrive souvent : des colons arrivent et appellent les soldats. Quel est le crime ? Des gens qui travaillent sur leurs terres.

Masab a tout vu depuis le wadi et s’est dépêché d’appeler ses autres frères à la rescousse. Il sentait venir les problèmes. Des soldats sont arrivés et ont commencé à parler aux colons.

Trois des soldats sont descendus dans le wadi en direction des bergers et de ceux qui les accompagnaient. Quand il a eu compris que Masab parle bien anglais, l’un des soldats lui a dit, a-t-il raconté, "si je vous revois ici, je vous tuerai".

"Pourquoi ?", a demandé Masab. "C’est ma terre et j’y suis toujours."

Le soldat a exigé de voir sa carte d’identité. "Je lui ai dit je n’en avais pas et le soldat a répondu : ’Vous êtes tous en état d’arrestation.’ ".

Les frères lui ont dit qu’il devait faire venir la police parce que c’est son travail.

Les frères ont commencé à s’éloigner et les soldats les ont suivis jusqu’à ce qu’ils attrapent Majdi, un des frères de Masab ; Majdi a reçu un coup de pied dans la jambe, a trébuché, est tombé et s’est fait mal. Des villageois ont commencé à affluer dans le wadi, avec femmes et enfants.

Des renforts de l’armée sont également arrivés sur les lieux. Il y avait en tout une quinzaine de soldats. Avec d’autres, Masad portait Majdi, qui était blessé, et les soldats ont à nouveau tenté d’attraper Masab ainsi qu’un autre des frères.

Tous deux se sont échappés et les soldats ont commencé à lancer des grenades incapacitantes et des gaz lacrymogènes sur les gens. Ils ont aussi cassé une caméra appartenant aux bénévoles CPT. Une fourgonnette de police qu’avaient appelée les bénévoles est arrivée et s’est arrêtée tout près.

Ils ont capturé Masab et, raconte-t-il, les soldats luis ont attaché les mains dans le dos et l’ont jeté sur le plancher de la jeep ; quelqu’un l’a attrapé à la gorge et d’autres soldats l’ont battu avec leurs casques, la crosse de leurs fusils et un tuyau, et d’autres lui ont donné des coups de pieds.

La jeep a démarré et, quand Masab a voulu appeler les policiers qui étaient dans la voiture de patrouille, les soldats lui ont bandé les yeux et ont continué à le battre. Arrivés à la grand’route (Masab entendait passer des véhicules), ils ont continué à le battre.

Ils ont ensuite pris un chemin de terre (Masab sentait chaque bosse et chaque caillou tandis que pleuvaient les coups).

À un certain moment, ils se sont arrêtés, et quelqu’un qui parlait bien arabe est arrivé et a dit : "Puisque tu embêtes les soldats, ils sont obligés de te frapper".

Enfin, ils se sont arrêtés à la base de Sussia. Les soldats qui étaient là l’ont entouré. Un soldat bédouin a exigé qu’il identifie les personnes de la vidéo que les soldats avaient prise dans le wadi. Ils voulaient surtout lui faire identifier son frère Kamel. Masab a refusé.

Il a aussi refusé de parler hébreu (qu’il ne connaît pas). Et puis, dit-il, quatre soldats sont venus et ont commencé à le frapper avec leurs fusils.

"Ils m’ont battu sans arrêt jusqu’à ce qu’ils en aient assez", a-t-il déclaré. "Peut-être une heure, peut-être deux."

Il a voulu prier mais "ils ont dit que c’était interdit. J’ai demandé de l’eau. Ils ont dit que c’était interdit. J’ai demandé à aller aux toilettes. Interdit. J’ai commencé à prier et ils m’ont frappé. Vers cinq heures, quelqu’un a apporté de l’eau, m’a ôté le bandeau des yeux et m’en a donné. Un certain Elishai, bédouin je crois, s’est mis en colère contre celui qui m’avait apporté l’eau."

Un moment donné, ils l’ont emmené dans une petite pièce, apparemment une cellule de détention, et l’ont poussé contre le mur. Il s’est cassé une dent en heurtant le mur.

Ils l’ont laissé seul un moment quand leur quart a été fini, dit-il. Ils lui ont apporté à manger. Comme il avait platement refusé de se laisser nourrir, les soldats lui ont ôté les menottes et le bandeau et l’ont laissé manger en gardant leurs fusils braqués sur lui.

Tard dans la soirée, on l’a amené au poste de police de Kiryat Arba, puis emmené en voiture et déposé quelque part sur la route. Endolori et couvert de bleus, il a commencé à marcher le long de la route dans le noir, jusqu’à ce que sa famille le retrouve.

La semaine dernière, nous avons cherché à savoir où en était l’enquête. Le bureau du porte-parole de Tsahal a dit qu’elle est en cours.

Masab nous a informés que le 26 janvier, ses frères et lui ont été appelés à témoigner devant le bureau de coordination de district de Tsahal, à côté d’Hébron. L’agent de police militaire, une femme, qui menait l’enquête ne parlait pas arabe. Elle a refusé les services de traduction de l’un des frères, Juma, qui a vécu et travaillé de nombreuses années en Israël.

Au lieu de cela, ils ont fait venir un agent qui maîtrisait mal l’arabe et devait sans arrêt chercher dans le dictionnaire. Parfois, les questions qu’il traduisait n’étaient pas compréhensibles.

Les frères disent que l’agent de police militaire leur a demandé : "à quel groupe terroriste appartenez-vous ?".

Juma a répondu : "Je ne comprends pas".

Elle a dit : "Au Hamas ? Au Fatah ?".

Et il a répondu : "Non, je fait partie d’un troisième groupe".

"Lequel ?", a-t- elle demandé avec une lueur dans l’œil.

"Le groupe des petits paysans."


Amira Hass, correspondante Haaretz


Quatre Palestiniens tués en deux jours en Cisjordanie


JERUSALEM (Reuters) - L'armée israélienne a tué dimanche deux Palestiniens qui essayaient de poignarder un soldat en Cisjordanie, portant à quatre le nombre de personnes tuées en deux jours dans le territoire.

"Deux hommes ont essayé de poignarder un soldat durant une patrouille de routine près du point de contrôle d'Aouarta, près de Naplouse. L'armée a ouvert le feu et leur mort a été confirmée", a déclaré un porte-parole de l'armée.

Samedi, des affrontements avaient opposé des soldats israéliens à des jeunes lanceurs de pierre palestiniens dans le village d'Irak Bourine, près de Naplouse.

Un adolescent de 16 ans avait été tué sur le coup et un deuxième de 17 ans a succombé dimanche à ses blessures.

Les funérailles des deux jeunes gens doivent avoir lieu ce dimanche. Il s'agit des premiers Palestiniens tués depuis le déclenchement ces dernières semaines de manifestations en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

L'armée israélienne a démenti tout usage d'armes mortelles samedi, disant avoir eu recours à des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants.

Ghassan Khatib, porte-parole du gouvernement palestinien, a déclaré que l'accrochage de samedi témoignait "d'une escalade (de la violence) israélienne".

"Cela aurait pu être géré d'une manière complètement différente", a-t-il dit.

Les habitants du village d'Irak Bourine manifestent régulièrement pour protester contre des restrictions de déplacement imposées par Israël qui les empêchent d'accéder à leurs terres agricoles situées à proximité de la colonie juive de Har Brakha.

Ce regain de violence intervient alors que les efforts de la diplomatie internationale s'intensifient pour relancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, doit rencontrer l'émissaire spécial des Etats-Unis George Mitchell dans la journée tandis que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, est en visite dans la bande de Gaza.

Ori Lewis et Tom Perry, Clément Dossin pour le service français

© Thomson Reuters 2010 Tous droits réservés.



À Ramallah, Ban Ki-moon affirme le soutien du Quartette à un État palestinien
Par Dépêche (texte)
Karim LEBHOUR , correspondant RFI à Jérusalem (vidéo)

(Reuters/Mohamad Torokman)



Lors d'une rencontre à Ramallah avec le Premier ministre palestinien Salam Fayyad, le secrétaire général de l'ONU a déclaré que le Quartette pour le Proche-Orient "soutient fermement les efforts" en vue de la création d'un État palestinien.

AFP - Le Quartette pour le Proche-Orient "soutient fermement les efforts" pour créer un Etat palestinien viable et indépendant, a déclaré samedi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, en visite à Ramallah, en Cisjordanie occupée.

"Nous soutenons fermement vos efforts afin d'établir un Etat palestinien indépendant et viable", a affirmé le chef de l'ONU lors d'une rencontre avec le Premier ministre palestinien Salam Fayyad.

"J'ai pu voir de mes propres yeux les restrictions et les limites qui pèsent sur les Palestiniens. Même sur votre territoire, vous n'êtes pas en mesure de développer ou même maintenir une vie économique normale", a déclaré M. Ban après avoir observé en compagnie de M. Fayyad une autoroute israélienne et une colonie jouxtant la région autonome palestinienne de Ramallah.

M. Ban a souligné que le Quartette (ONU, Etats-Unis, UE, Russie), a adressé un "message clair et fort" en ce sens et renouvelé sa condamnation de la colonisation israélienne.

"Nous condamnons fermement, au nom du Quartette, les récentes mesures israéliennes en vue d'établir 1.600 unités de logements dans une colonie" de Jérusalem-Est annexée, a-t-il réaffirmé.

"Cela est contre la loi internationale et la Feuille de route", a-t-il dit en référence au dernier plan international d'un règlement du conflit israélo-palestinien, datant de 2003, qui exige un "gel complet" de la colonisation, y compris à Jérusalem-Est.

Le Quartette pour le Proche-Orient a appelé vendredi à un gel de la colonisation israélienne et a réclamé un calendrier pour parvenir à un accord de paix dans les 24 mois.

L'appel a été rejeté par Israël mais a satisfait les Palestiniens qui ont demandé de le voir traduit en actes.

L'Autorité palestinienne a annoncé en novembre vouloir obtenir le soutien du Conseil de sécurité de l'ONU en faveur d'une proclamation unilatérale de l'Etat palestinien, étant donné le blocage du processus de paix, une démarche à laquelle Israël est opposé.

M. Fayyad s'est donné pour objectif de bâtir --d'ici 2011 et sans attendre l'issue des négociations avec Israël-- les institutions d'un Etat palestinien.

Il a toutefois précisé que la tâche de son gouvernement était de "se préparer à un Etat" et non de le proclamer.



Un Palestinien tué par des soldats israéliens en Cisjordanie

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 20.03.10 | 16h50

AFP/JAAFAR ASHTIYEH
L'armée israélienne est entrée dans le village de Burin pour empêcher une confrontation entre des habitants palestiniens et des colons israéliens venus d'une colonie voisine, Bracha.

Un jeune manifestant palestinien a été tué et un autre grièvement blessé samedi après-midi par des soldats israéliens dans le village de Burin, au sud de Naplouse, en Cisjordanie.

Il s'agit du premier mort palestinien depuis le début des récents heurts entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes le 5 mars. La victime est un adolescent de 17 ans qui faisait partie d'un groupe de manifestants lançant des pierres contre les soldats. Des témoins et des sources médicales ont indiqué que la victime avait été tuée par un tir israélien. L'armée israélienne était entrée dans le village de Burin pour empêcher une confrontation entre des habitants palestiniens et des colons israéliens venus d'une colonie voisine, Bracha, selon ces sources. Selon Reuters, l'armée israélienne a déclaré que les soldats n'avaient pas fait usage d'armes mortelles, utilisant des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants qui approchaient d'une colonie juive.

BAN KI-MOON EN VISITE EN CISJORDANIE

L'incident survient dans un climat de vives tensions politico-religieuses à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée en raison de projets de colonisation israéliens. Au même moment, à Ramallah, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, condamnait de nouveau la colonisation israélienne dans les territoires occupés. "Nous condamnons fermement, au nom du Quartette, les récentes mesures israéliennes en vue d'établir 1 600 unités de logements dans une colonie" de Jérusalem-Est, a réaffirmé le secrétaire général de l'ONU après avoir rencontré le premier ministre palestinienSalam Fayyad. "Toutes les activités de colonisation sont illégales n'importe où dans les territoires occupés et cela doit cesser", a-t-il rappelé.

"J'ai pu voir de mes propres yeux les restrictions qui pèsent sur les Palestiniens. Même sur votre territoire, vous n'êtes pas en mesure de développer ou même maintenir une vie économique normale", a déploré M. Ban qui a assuré l'Autorité palestinienne du "soutien ferme" du Quartette pour le Proche-Orient (ONU, Etats-Unis, UE, Russie) en faveur de la création d'un Etat palestinien "viable et indépendant".

d'après http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/03/20/un-palestinien-tue-par-des-soldats-israeliens-en-cisjordanie_1322067_3218.html#ens_id=1228030


Proche-Orient: le Quartette "soutient fermement " un Etat palestinien indépendant

20.03.2010, 11h39

Le Quartette pour le Proche-Orient "soutient fermement les efforts" pour créer un Etat palestinien viable et indépendant, a déclaré samedi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, en visite à Ramallah, en Cisjordanie occupée.
"Nous soutenons fermement vos efforts afin d'établir un Etat palestinien indépendant et viable", a affirmé le chef de l'ONU lors d'une rencontre avec le Premier ministre palestinien Salam Fayyad. 

"J'ai pu voir de mes propres yeux les restrictions et les limites qui pèsent sur les Palestiniens. Même sur votre territoire, vous n'êtes pas en mesure de développer ou même maintenir une vie économique normale", a déclaré M. Ban après avoir observé en compagnie de M. Fayyad une autoroute israélienne et une colonie jouxtant la région autonome palestinienne de Ramallah.
M. Ban a souligné que le Quartette (ONU, Etats-Unis, UE, Russie), a adressé un "message clair et fort" en ce sens et renouvelé sa condamnation de la colonisation israélienne.
"Nous condamnons fermement, au nom du Quartette, les récentes mesures israéliennes en vue d'établir 1.600 unités de logements dans une colonie" de Jérusalem-Est annexée, a-t-il réaffirmé.
"Cela est contre la loi internationale et la Feuille de route", a-t-il dit en référence au dernier plan international d'un règlement du conflit israélo-palestinien, datant de 2003, qui exige un "gel complet" de la colonisation, y compris à Jérusalem-Est.
Le Quartette pour le Proche-Orient a appelé vendredi à un gel de la colonisation israélienne et a réclamé un calendrier pour parvenir à un accord de paix dans les 24 mois.
L'appel a été rejeté par Israël mais a satisfait les Palestiniens qui ont demandé de le voir traduit en actes.
L'Autorité palestinienne a annoncé en novembre vouloir obtenir le soutien du Conseil de sécurité de l'ONU en faveur d'une proclamation unilatérale de l'Etat palestinien, étant donné le blocage du processus de paix, une démarche à laquelle Israël est opposé.
M. Fayyad s'est donné pour objectif de bâtir --d'ici 2011 et sans attendre l'issue des négociations avec Israël-- les institutions d'un Etat palestinien.
Il a toutefois précisé que la tâche de son 
gouvernement était de "se préparer à un Etat" et non de le proclamer.


Proche-Orient : le Quartet demande à Israël le gel des colonisations

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 19.03.10 | 10h52  •  Mis à jour le 19.03.10 | 16h44

Le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, a rejeté, vendredi, l'appel du Quartet pour le Proche-Orient à arrêter la colonisation et fixer un calendrier, estimant qu'il "éloignait les perspectives de paix" avec les Palestiniens, a annoncé son porte parole. "On ne peut pas imposer artificiellement un règlement et un calendrier irréaliste. Cela ne fait qu'éloigner les perspectives de paix", a déclaré M. Lieberman, parlant à une assemblée juive à Bruxelles.

Le Quartet pour le Proche-Orient (Union européenne, Etats-Unis, Russie, ONU) a appelé à un gel de colonisation israélienne en Cisjordanie occupée et souhaité que les négociations sur la situation au Proche-Orient conduisent à un "règlement" d'ici à vingt-quatre mois, dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion à Moscou.

Le Quartet s'est dit "profondément préoccupé par la détérioration continue à Gaza, notamment la situation humanitaire et des droits de l'homme de la population civile". La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, la chef de la diplomatie européenne,Catherine Ashton, et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, participaient à cette réunion du Quartet à Moscou dans l'espoir de relancer le processus de paix au Proche-Orient, mis à mal par l'annonce la semaine dernière de la mise en chantier prochaine de 1 600 logements pour des colons de Ramat Shlomo, près de Jérusalem.

La reprise du dialogue est également menacée par une poussée de violences dans la bande de Gaza, où l'aviation israélienne a mené une série de raids dans la nuit de jeudi à vendredi après un tir de roquette qui a coûté la vie à un ouvrier thaïlandais dans un kibboutz israélien.

L'Autorité palestinienne s'est félicitée vendredi de la déclaration du Quartet et a exprimé son espoir de voir cet appel se traduire en actes. Au cours d'une conférence de presse à Londres, le premier ministre britannique, Gordon Brown, a estimé que les événements des dernières semaines "suscitent une sérieuse préoccupation". "Je voudrais souligner l'importance d'interrompre le programme de colonisation s'il constitue un obstacle aux discussions qui pourraient se dérouler à l'avenir entre Israéliens et Palestiniens", a indiqué le chef du gouvernement britannique, estimant que l'annonce d'Israël provoquait "des difficultés". "Nous souhaitons que ces discussions se poursuivent", a-t-il insisté. "Nous souhaitons un accord de paix qui aboutisse à un Israël sûr et en sécurité à l'intérieur de ses frontières et à un Etat palestinien économiquement viable", a-t-il conclu.


Le FPLP : Répondre aux crimes des implantations de l’occupation à Jérusalem avec la révolte populaire

FPLP
publié le vendredi 19 mars 2010.

Le Front Populaire pour la Libération de la Palestine a appelé le 16 mars 2010 à faire face à la campagne d’implantation et de judaîsation de Jerusalem avec un soulèvement populaire qui peut ouvrir le chemin à une startégie alternative et à une direction nationale unifiée. Seule une mobilisation populaire massive peut pleinement faire face aux défis imposés par l’offensive expansioniste agressive contre la terre, le peuple et sites saints de Palestine !

La déclaration publiée par le Front a appelé le peuple palestinien des villes, des villages et des camps à s’unir et se dresser ensemble face aux attaques des colons et de l’armée, pour défendre notre terre et notre peuple et protéger les récoltes, la terre et l’eau et sauvegarder notre population et ses institutions. Le Front a appelé le peuple palestinien en exil et les masses arabes et musulmanes à s’organiser pour le soutien de notre peuple et construire le plus largement possible la participation, la solidarité et l’unité dans la lutte pour protéger Jérusalem et les sites saints, composante fondamentale de notre lutte pour la libération, l’auto-détermination, l’indépendance et le retour.

Le Front a déclaré ensuite que les actions de l’occupant à Jérusalem sont des crimes de guerre, des tentative pour changer le caractère démocratique de la ville et lui retirer ses caractères arabe et musulman, au mépris de toutes les lois et résolutions internationales et de la Quatrième Convention de Genève. Il a appelé toutesles organisations internationales, en particulier la Ligue Arabe et les Nations Unies, à mettre fin à leur silence et à leur complicité avec les crimes de l’occupation et de prendre leur responsabilité pour arrêter ces crimes et tenir l’occupation responsable de ses crimes.

Le camarade Dr. Rabah Muhanna, member du Bureau Politique du FPLP et son dirigeant à Gaza, a parlé le 15 mars 2010 à la conférence "Soutenir Jérusalem", qui s’est tenue au Centre Rashad Shawa à Gaza en réponse aux crimes de l’occupation à Jérusalem, appelant à renforcer toutes les formes de résistance, particulièrement la résistance armée.

En commentant les buts de l’occupation, le camarade Muhanna a noté que mettre fin à la résistance a toujours été un but principal pour l’occupation, et que l’un des objectifs les plus importants de tout le "processus de paix" d’ Oslo pour l’occupant était de mettre fin à la résistance. Il a souligné que la réalité est que la résistance a toujours soulevé l’attention du monde pour notre peuple et qu’il est impératif non seulement d’adhérer à l’option de la résistance, mais de renforcer la résistance, de protéger la résistance et apporter tous les facteurs indispensables pour unifier avec succès et activer la résistance face à l’occupant fasciste.

Le Camarade Muhanna a demandé que toutes les "négociations", formelles ou informelles, se terminent immédiatement car elles ne peuvent que nuire à notre cause nationale, et il a fait ressortir en revanche que l’unité nationale parmi les Palestiniens est le plus important.

Il a dit que la cause palestinienne est confrontée à une menace et a appelé tout notre peuple et le monde arabe et musulman à se rassembler pour protéger notre cause et nos valeurs, soulignant que l’unité est essentielle pour affronter notre ennemi -l’occupation sioniste et son allié, le système international mondialisé de l’hégémonie impérialiste des USA.

Il a exprimé sa certitude que Jérusalem et toute la Palestine seront libérées et que le projet sioniste sera inévitablement défait fondamentalement.

FPLP


Quelques photos transmises par ismael.mulla











Comment les Palestiniens terrorisent les soldats israéliens... c'est aussi ça, la résistance


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Grande manifestation Samedi 27 Mars à 14h au départ de Barbès



Au vu de la situation dans les territoires Palestiniens occupés, le danger qui pèse toujours et de manière accrue sur la ville de Jérusalem, ses habitants et son patrimoine (notamment les lieux Saints), le couvre-feu imposé sur les villes de Cisjordanie et le blocus meurtrier maintenu à Gaza,
La GUPS – Union Générale des étudiants de Palestine – à Paris appelle à une grande manifestation Samedi 27 Mars à 14h au départ de Barbès.
En Palestine occupée, les palestiniens se sont mobilisés pour manifester leur colère, à nous d’en faire autant sous les mots d’ordres :
  •           Jérusalem/Al Qods, Palestine, Résistance !
  •           Halte à la judaïsation du patrimoine palestinien, Halte à la judaïsation des lieux saints !
  •           Non à l’impunité de l’occupant, des sanctions contre Israël
Nous attendons les premières signatures, une réunion pour l’organisation de la manifestation sera annoncée prochainement.
Etant donné l’urgence de la situation, il est possible que nous appelions à des rassemblements d’ici là. Nous comptons sur vous !!

Rawad pour La GUPS Paris


« Ils ont 15 ans et veulent en découdre avec les soldats israéliens »

SYLVAIN MOUILLARD (blog de Julien Salingue via Libération)
publié le mercredi 17 mars 2010.

Les Palestiniens manifestent notamment pour « la défense de Jérusalem », au cœur des frictions avec Israël. Ils protestent en particulier contre l’inauguration de la synagogue historique de la Hourva, reconstruite dans le quartier juif de la Vieille ville et perçue comme une nouvelle provocation israélienne.

Les images sont connues. Des manifestants palestiniens, souvent très jeunes, visages couverts, jetant des pierres sur des soldats israéliens. Ces scènes se sont produites ce mardi à Jérusalem-est, dans un climat de tension grandissant. Vendredi, le ministre de la Défense israélien Ehud Barak annonçait en effet un bouclage total de la Cisjordanie. Depuis, la situation s’est nettement tendue.

Les Palestiniens manifestent notamment pour « la défense de Jérusalem », au cœur des frictions avec Israël. Ils protestent en particulier contre l’inauguration de la synagogue historique de la Hourva, reconstruite dans le quartier juif de la Vieille ville et perçue comme une nouvelle provocation israélienne.

Julien Salingue, enseignant et doctorant au département de sciences politiques de l’université Paris 8 de Saint-Denis, analyse les facteurs de la mobilisation.

Un climat général pesant

« La colère se cristallise autour des déclarations de Netanyahu sur les 1 600 nouveaux logements à Jérusalem-Est, mais on ressent quelque chose de beaucoup plus profond au sein de la population palestinienne », explique Julien Salingue.

Pour le chercheur, « la colère montait depuis quelques semaines à Jérusalem et dans d’autres villes de Cisjordanie, avec des manifestations régulières. Deux villages symboliques du nord de la Cisjordanie, Bilin et Nilin, sont déclarés "zone fermée" par les Israéliens tous les vendredis, ce qui déclenche des manifestations ».

Qui manifeste ?

Des incidents (jets de pierres, tirs de grenades assourdissantes et lacrymogènes, de balles caoutchoutées) ont été rapportés dans plusieurs lieux de Cisjordanie, notamment dans le camp de réfugiés de Choufat et dans le quartier arabe d’Issawiyeh.

« C’est toute la jeunesse des camps de réfugiés qui sort. Ils ont entre 10 et 15 ans, et veulent en découdre avec les soldats israéliens », analyse Julien Salingue, qui réfute toute « récupération politique ». « Le mouvement qui est en train de naître ces dernières semaines n’est contrôlé par personne. Il n’y a plus de parti ou de factions dans le paysage politique palestinien qui puisse de toute façon prétendre le faire. »

Julien Salingue voit plusieurs analogies avec la situation en 1987 et 2000, lors des deux premières Intifadas : « On a la même répression, la même impasse sur le plan diplomatique. La deuxième analogie, c’est d’un point de vue générationnel. Comme par le passé, le soulèvement est le fait de gens très jeunes. Les personnes qui manifestent aujourd’hui n’ont connu que l’occupation. Leur colère traduit une absence totale de perspectives. »

« En revanche, en 1987, il y avait une organisation très structurée, autour de comités locaux dans les villages, dont on est très loin aujourd’hui. Le mouvement national palestinien est en état de décomposition », nuance-t-il.

Peut-on craindre une troisième Intifada ?

Moussa Abou Marzouq, le chef-adjoint du bureau politique du Hamas, a déclaré depuis Damas que « l’Intifada (soulèvement, ndlr) doit bénéficier de la participation de toute la société palestinienne ». Des milliers de Gazaouis ont aussi participé à « une journée de la colère » pour dénoncer l’inauguration de la synagogue de la Hourva.

Pourtant, comme l’explique Julien Salingue, « une organisation politique ne peut pas décréter l’Intifada. Celle de 1987, considérée comme la référence, est née d’en bas, dans les camps de réfugiés. En septembre 2000, c’était la même chose. On a assisté à une explosion populaire dans les territoires palestiniens ». Si « le Hamas a tout intérêt à apparaître comme l’organisation qui prépare le soulèvement, il ne peut en aucun cas être vu comme étant à l’origine de ce mouvement », analyse-t-il.

Pour l’instant, note le chercheur, « il est trop tôt pour dire qu’on est passé à un stade supérieur. Mais les événements d’aujourd’hui peuvent être le déclencheur d’un mouvement plus profond, notamment s’il y a un mort palestinien dans la rue au cours des prochains jours ». Un responsable de la police israélienne a quant à lui déclaré que ces heurts ne s’apparentaient pas à une « troisième intifada », disant espérer « un retour à la normale dimanche ».

Comment expliquer cette radicalisation ?

Le chercheur décèle trois facteurs. « La colonisation continue, ce qui signifie des expropriations et des limitations de déplacements. Il n’y a pas non plus de véritable embellie économique dans les territoires palestiniens pour la très grande majorité de la population. Enfin, la rue palestinienne accorde très peu de confiance à un processus négocié. Il y a un décalage flagrant entre la rhétorique diplomatique et ce qui se passe sur le terrain. »

Quelle est la position israélienne ?

Selon la police israélienne, qui avait mobilisé 3000 hommes dans la Ville sainte ce mardi, 60 Palestiniens ont été arrêtés et 14 policiers blessés, dont quatre ont été hospitalisés. Du côté des services d’urgence du Croissant rouge palestinien, on avance le chiffre de 16 manifestants blessés et hospitalisés. Des dizaines d’autres auraient été soignés sur place.

Malgré ce déploiement de force impressionnant, la situation reste délicate : « Au checkpoint de Kalendia, par exemple, les soldats israéliens sont plutôt habitués à faire face aux manifestants. A Jérusalem, la situation est beaucoup plus compliquée à gérer. Du côté israélien, on essaye de canaliser les choses, pour éviter d’être débordé et qu’il y ait des morts. »

Julien Salingue s’interroge néanmoins sur les récentes décisions de l’Etat hébreu : « S’il voulait mettre le feu, le cabinet Netanyahu ne s’y prendrait pas autrement. Il enchaîne les provocations : construction de 1600 nouveaux logements, inauguration d’une synagogue dans la Vieille ville de Jérusalem... »

Quant à une éventuelle action de la communauté internationale, le chercheur observe qu’« il ne semble pas y avoir de remise en question de la politique israélienne ». L’envoyé spécial américain George Mitchell a lui reporté d’ici la fin mars sa visite prévue mardi au Proche-Orient.

http://juliensalingue.over-blog.com/ext/http://www.liberation.fr/monde/0101624928-ils-ont-15-ans-et-veulent-en-decoudre-avec-les-soldats-israeliens


SYLVAIN MOUILLARD (blog de Julien Salingue via Libération)


Filmé mardi  13 Mars à Jérusalem


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Affrontements entre Palestiniens et forces de l'ordre à Jérusalem-Est
Heurts entre manifestants palestiniens et policiers à Jérusalem-Est, le 16 mars 2010.
AFP/Jack Guez
Par RFI

C'est sur fond de crise diplomatique entre Israël et son allié américain que des heurts ont éclaté ce mardi 16 mars 2010 à Jérusalem-Est. Des affrontements entre manifestants palestiniens et forces de l'ordre déployées en masse dans la vieille ville. Les Palestiniens protestent contre l'inauguration, le lundi 15 mars, de la synagogue historique de la Hourva, reconstruite pour la troisième fois. Les violences ont faits plusieurs blessés alors que de nombreux Palestiniens étaient arrêtés.

Avec notre correspondante à JérusalemCatherine Monnet

Un calme précaire et tendu règne pour l’instant à l’intérieur de la Vieille ville de Jérusalem et aux environs des quartiers arabes de la ville. Mais les odeurs de gaz lacrimogène qui flottent encore dans l’air ça et là, à la périphérie des quartiers Est et les pierres qui jonchent encore le sol, notamment à l’entrée du quartier de Wadi Joz et près de la porte des Lions, l’entrée de la vieille ville la plus proche de la Mosquée d’al- Aqsa, rappellent qu’il y a eu des heurts parfois violents ce mardi matin entre de jeunes Palestiniens et les forces de l’ordre israéliennes.

Leïla Shahid, déléguée générale de l'Autorité palestinienne auprès de l'Union européenne

Il est évident que M. Netanyahu cherche à provoquer une guerre de religions ou bien une guerre avec l'Iran pour échapper aux obligations auxquelles il est tenu.

(00:43)
 

16/03/2010 par Franck Weil-Rabaud

Inauguration de la synagogue de la Hourva sur fond de polémique
 
(02:44)
 
16/03/2010
par Catherine Monnet
 
Suivant le mot d'ordre du Hamas qui avait appelé à faire de ce mardi 16 mars, « une journée de la colère » pour défendre la Mosquée d’al-Aqsa, des dizaines de manifestants en différents endroits de la ville, s’en sont pris aux forces de l’ordre à coup de jets des pierres. Des pneus ont été également brûlés ce matin à l’entrée du camp de Shuafat, où les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrimogène, de grenades assourdissantes et de balles en caoutchouc pour disperser des dizaines d’émeutiers masqués.

Des scènes similaires ont eu lieu dans les quartiers arabes de Wadi Joz et de Silwan qui bordent la vieille ville, mais les incidents se sont également étendus hors de Jérusalem, au check point de Qalandja, dans la ville d’Abu Dis et en Cisjordanie, dans la ville de Nilin qui est depuis 5 ans le lieu de manifestations contre le mur de séparation.

Important dispositif policier

Cela fait 5 jours maintenant que la police israélienne était en état d’alerte maximum. Elle avait totalement bouclé la Cisjordanie, la vieille ville de Jérusalem et interdit l’accès à l’esplanade des Mosquées aux hommes de moins de 50 ans alors que 3 000 policiers environ étaient déployés à Jérusalem et filtraient toutes les entrées de la partie orientale de la ville.

C’était déjà un dispositif inhabituel, mais il faut rappeler qu’après les incidents qui avaient éclaté en début du mois, près de l’esplanade des Mosquées, suite à l’inscription au patrimoine d’Israël, de deux lieux saints situés en Cisjordanie, les autorités israéliennes craignaient de nouvelles violences, dans la foulée de l’annonce d’un important projet de colonisation à Jérusalem-Est, pendant la visite du vice-président américain, la semaine dernière. Finalement, c’est l’inauguration lundi 15 mars, d’une synagogue historique dans la vieille ville qui aura été le déclencheur de ces nouvelles émeutes, qui ont fait pour l’instant, une cinquantaine de blessés légers, d’après le Croissant-Rouge palestinien, qui ont conduit à l’arrestation d’une trentaine de policiers israéliens. 

 

Le Hamas, pourtant minoritaire en Cisjordanie avait appelé à faire de ce mardi 16 mars 2010 une « journée de colère ». Il s'agissait de protester contre l'inauguration d'une synagogue dans la vieille ville de Jérusalem et plus largement contre les projets de colonisation dans la partie occupée de la ville sainte. En dépit d'une très forte mobilisation de la police et de l'armée israéliennes, des heurts sporadiques ont éclaté dans plusieurs quartiers arabes ainsi qu'à Qalandia, principal point de passage entre Jerusalem et Ramallah.

Ces affrontements interviennent alors que l'émissaire américain pour le Proche-Orient a décidé de reporter une visite en Israël prévue ce mardi 16 mars. Le gouvernement américain attend toujours des engagements israéliens permettant le début des négociations indirectes avec l'Autorité palestinienne. Son président Mahmoud Abbas a réaffirmé que seul un gel total de la colonisation juive en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est permettrait de sortir de l'impasse. Benyamin Netanyahu refuse d'envisager une telle mesure qui entraînerait une crise avec ses alliés de la droite nationaliste au sein du gouvernement.

RFI



"Jour de colère" en Palestine


Plusieurs dizaines de Palestiniens ont affronté la police israélienne à coup de pierres, mardi à Jérusalem-Est, à l’occasion du "jour de colère" proclamé par le Hamas pour protester contre la consécration d’une synagogue de la vieille ville.
Ces violences mettent un peu plus en péril les efforts déployés par les Etats-Unis pour renouer le processus de paix, déjà mis à mal par l’annonce, la semaine dernière, de la construction prochaine de 1.600 logements dans une colonie juive de Cisjordanie.
Les lanceurs de pierres ont également brûlé des pneus et des poubelles dans plusieurs quartiers de la partie orientale de la ville sainte, conquise en 1967 par l’armée israélienne.
Les forces de l’ordre ont riposté à coups de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc, rapportent des témoins. Une quarantaine de Palestiniens légèrement blessés ont été hospitalisés, selon le personnel médical.
Trois mille agents ont été placés en état d’alerte après l’appel à manifester lancé par le Mouvement de la résistance islamique, qui administre seul la bande de Gaza depuis juin 2007.
"Nous demandons au peuple palestinien de considérer ce mardi comme un jour de colère à l’égard des procédures de l’occupant contre la mosquée Al Aksa à Jérusalem", dit le Hamas dans un communiqué.
Le mouvement islamiste et plusieurs membres du Fatah de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, ont jugé les travaux de restauration de la synagogue Hurva dangereux pour la mosquée Al Aksa. Les deux lieux de culte sont située à 400m l’un de l’autre.
Une cérémonie d’inauguration s’est déroulée lundi à la synagogue, détruite par les forces jordaniennes en 1948.


Jean Ferrat, ressuscité, marche sur les eaux

dimanche 14 mars 2010 - 19h:01

Théophraste - Le Grand Soir


Même Sarkozy y va de son éloge, alors que Jean Ferrat a mille fois étrillé les types de son acabit, de ses idées, de son arrivisme, de son milieu.

« Qu’il chante, mais qu’il ne parle pas », disaient aux animateurs d’émissions de variété ceux qui tenaient les ficelles de l’ORTF.

Qu’il chante ? Oui, mais s’il-vous plaît, Jean, pas « Potemkine », chanson interdite sur les ondes, pas « Ma France », qui fait polémique.

L’engagement sans faille de cet homme aux côtés des travailleurs fit que l’intelligentsia le déclassa comme un sous-Brassens, sous-Brel, sous-Férré. Un sous-intellectuel, lui qui mit en musique tant de poèmes d’Aragon dont il était l’ami.

Aujourd’hui, aujourd’hui qu’il est mort, aujourd’hui qu’il ne peut plus ni chanter ni parler, ceux qui voulurent le museler, le cacher au fond de la classe, le priver de laurier, nous jurent qu’il fut un grand parmi les grands.

Pour un peu, ils rétrograderaient Brassens, autre censuré, mais pour des délits mineurs (gros mots, moquerie des pandores). Ferrat a chanté Cuba, il se mouillait contre la guerre d’Indochine et contre l’extermination des juifs. Brassens a chanté « Mourir pour des idées » et hélas ! « Les deux oncles », sorte de « match nul, la balle au centre » entre « l’ami des Tommies et l’ami des Teutons ».

Ces différences qu’il eut été malséant de noter du vivant de l’artiste, voyez comme elles vont être portées à son crédit aujourd’hui, avec un demi-siècle de retard sur le jugement du peuple qui lui rendit justice par ses acclamations quand les mous du bide tordaient le nez : « Populiste, démago, compagnon de route du PCF... ».

Les hypocrites qui pleurent sur son cercueil, les décerveleurs, sont prêts à ressusciter le Ferrat des années 60 pour que se taise le Ferrat des années 2000. Ce sage-là disait que, les médias étant ce qu’ils sont, il ne pourrait plus aujourd’hui, lui, Ferrat, ce géant que la mafia médiatico-politique pleure, enregistrer de disque.

Mais ils pleurent, ils pleurent ce dur à cuire qui a survécu au cyanure de leurs flèches pour mourir à l’heure de ses cheveux blancs. Ils inondent les alentours en se demandant in petto ou en comité de rédaction s’ils peuvent pousser le bouchon de leur obscène bassesse jusqu’à annoncer que la « perte irréparable » ne fut que provisoire. Car, Jean vient de ressusciter. « Edition spéciale, le grand chanteur, l’immense poète Jean Ferrat aurait été aperçu, marchant sur les eaux de l’Ardèche... »

Bon pour l’audimat, ça, coco. J’exagère ? Oui, mais à peine, diront (avec une mauvaise foi dictée par la tristesse) ceux qui fréquentent les salles d’attente de coiffeurs ou de médecins.

Ciao, Jean (et embrasse Georges, qui le mérite, malgré tout). 

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Réplique à un fanatique

Jean Ferrat

Un fanatique sioniste critique la célèbre chanson "Nuit et brouillard" de Jean Ferrat. Qui lui répond...

Extrait de l’interview de Meir Weintrater
Rédacteur en chef de la revue l’Arche (N° de mars-avril 2005)

« Je vais vous donner un exemple qui m’a frappé. La chanson « Nuit et brouillard », décrit les victimes des gens qui sont dans des « wagons plombés » et dit :

« Ils s’appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel, Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vishnou D’autres ne priaient pas mais qu’importe le ciel Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux ».

Les deux derniers vers évoquent les résistants, essentiellement les résistants communistes, puisque c’était la mouvance à laquelle appartenait Jean Ferrat.

Dans les deux premiers vers, Natacha fait référence à l’Union Soviétique, Jean-Pierre, on comprend aussi. Le seul moment où l’identité juive apparaît est dans Samuel et Jéhovah. Quant à Vishnou, on suppose que c’était pour faire la rime. Aujourd’hui, un tel texte serait attaqué pour négationnisme implicite. Pourtant, je me souviens que j’étais à l’époque très content de cette chanson et ma génération l’a accueillie avec soulagement. On avait le sentiment que l’on reconnaissait quelque chose implicitement même si cela restait très marginal.

NAM : Que faut-il en déduire ?

M.W : Que Jean Ferrat lui-même, en tant que Français communisant, et bien que de père juif, avait intériorisé la minoration de la persécution des Juifs, alors même que son propre père est mort en camp d’extermination.

REPONSE DE JEAN FERRAT :
Monsieur Jean Ferrat 07530 ANTRAIGUES

Monsieur Meir WEINTRATER

Rédacteur en chef de la revue « L’Arche »

Antraigues, le 24 février 2005

Monsieur,

Je viens de prendre connaissance de votre interview publiée par « Nouvelles d’Arménie Magazine » de janvier 2005 et ne saurais rester sans réagir à vos déclarations me concernant et concernant aussi ma chanson : « Nuit et brouillard », car c’est la première fois depuis 42 ans qu’elle suscite une réaction de cette nature. C’est la première fois qu’on me reproche, en définitive, de n’avoir pas parlé uniquement de l’extermination des juifs. Vous osez le faire. J’ai envie de dire : « Tant pis pour vous », mais je vous rappelle que justement, « Nuit et brouillard » est dédié à toutes les victimes des camps d’extermination nazis quelles que soient leurs religions et leurs origines, à tous ceux qui croyaient au ciel ou n’y croyaient pas et bien sûr, à tous ceux qui résistèrent à la barbarie et en payèrent le prix.

Que vous puissiez justement, faire un compte dérisoire en regrettant que : « Le seul moment ou l’identité juive apparaît est dans Samuel et Jéhovah » me paraît particulièrement indigne. Je ne puis également accepter vos interprétations tendancieuses qui concernent les résistants que je célèbre et qui seraient, d’après vous, : « essentiellement communistes ». Je passe sur l’évocation de « Vishnou » que je n’aurais utilisé que pour la rime alors qu’il symbolisait pour moi toutes les autres croyances possibles.

Si j’avais aujourd’hui à regretter quelque chose, c’est de n’avoir pas cité les autres victimes innocentes des nazis, les handicapés, les homosexuels et les Tsiganes. Mais il est temps, à présent, d’en venir à votre affirmation finale :

« Aujourd’hui, un tel texte (vous parlez, bien entendu, de ’Nuit et brouillard’) serait attaqué pour négationnisme implicite ».

Je me demande par quelle dérive de la pensée on peut en arriver là, et si vos propos ne relèvent pas simplement de la psychiatrie.

Jean Ferrat

Extrait du site de Michel Collon : http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=1132&catid=6:articles&Itemid=11


15/03/2010

Source : Le Figaro

Israël a décrété zone militaire fermée chaque vendredi et pour six mois Bilin et Nilin,

Vidéo YouTube



Deux villages palestiniens de Cisjordanie occupée qui accueillent des manifestations hebdomadaires contre la "barrière de sécurité", a-t-on appris auprès de l’armée et des habitants. Cette mesure a été prise afin d’"empêcher les instigateurs de ces émeutes de se rendre dans ce secteur", a indiqué l’armée israélienne dans un communiqué.

La mesure, décidée il y a trois semaines, interdit aux Israéliens, aux étrangers et aux Palestiniens ne vivant pas dans le secteur de se rendre sur place de huit heures du matin à huit heures du soir chaque vendredi, le jour où se déroulent les manifestations, au cours des six prochains mois.

Selon les habitants de ces deux villages, des affiches informant la population de cette mesure ont été placardées par l’armée dans la nuit de dimanche à lundi. Bilin et Nilin accueillent chaque semaine des manifestations de protestation contre la barrière de séparation construite par Israël en Cisjordanie, qui la présente comme une "clôture antiterroriste". Les Palestiniens la qualifient de "mur de l’apartheid".

L’armée israélienne a fréquemment recours à cette mesure lors des manifestations, mais c’est la première fois qu’un tel ordre est appliqué d’emblée pour une période aussi longue. vidéo à la source :

http://www.bilin-village.org/francais/articles/presse-et-medias-independants/Cisjordanie-2-villages-zone-militaire


DON`T COME TO BILIN AGAIN 15-3-2010 By Haitham Al Katib

At 2 AM on this night, Bil'in was once again raided by the Israeli Army. A document was posted around the whole village of Bil'in. This document declared that Israeli and international activists were strictly prohibited from entering Bil'in between the hours of 8 am and 8 pm on every Friday, the day in which the weekly demonstration takes place. Every Israeli and international activist must leave the village during this time, or else he or she will be deported or arrested by Israeli soldiers. The head of the police, Benjamin, ordered that this action be taken. The permit declares Bil'in to be a closed military area until August 17th. This is an attempt to stop Israeli and international activists from supporting the popular struggle of Bil'in, and is therefore just another action to repress and destroy the village's resistance against the occupation and also against the annexation of it's land


La voie indirecte vers un État palestinien ?

Par Daoud Kuttab* 
L'Orient le Jour : 15/03/2010

Les Palestiniens et les Israéliens ont des attentes différentes, et probablement contradictoires, des négociations indirectes relancées par les États-Unis.
Israël a accueilli favorablement la décision de la Ligue arabe, quelque peu réticente, d'appuyer l'appel du président palestinien Mahmoud Abbas pour que le principe de ces discussions soit accepté par les Arabes. Il est clair que du point de vue du gouvernement de droite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, l'amorce de discussions indirectes, alors même que les activités de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem n'ont pas été gelées, peut être en quelque sorte considérée comme une victoire. Il faut rappeler que, alors que ces discussions indirectes n'en étaient qu'à la phase préparatoire, le gouvernement israélien avalisait le projet de construction de 112 unités d'habitation au sud de Bethléem, ainsi que 1 600 nouvelles implantations dans Jérusalem-Est.
Pour les Palestiniens, ces discussions, même indirectes, doivent se concentrer sur un seul point stratégique : les frontières. Cette nouvelle idée a pour but d'amener les Israéliens et les Palestiniens à un accord sur les frontières d'un État palestinien dont tous, parties prenantes et communauté internationale, s'accordent à dire que c'est la seule solution pour en finir avec ce conflit engagé depuis de trop longues années.
Les Palestiniens veulent que les territoires occupés par les Israéliens depuis la guerre de juin 1967 constituent le territoire de l'État palestinien. Cette demande est en accord avec les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, notamment la résolution 242 qui établit « l'inadmissibilité de l'acquisition de territoires par la guerre ». 
Mais un retour aux frontières de 1967 impliquerait que d'importantes implantations, ainsi que de plus petites et Jérusalem-Est, seraient alors intégrées dans ce nouvel État palestinien. Peu de gens y croient. Les discussions précédentes ont envisagé le principe d'un échange de territoires, ce qui permettrait à Israël de garder de nombreuses grandes implantations en échange de territoires israéliens cédés aux Palestiniens. L'échange le plus probable comprendrait probablement des territoires qui permettraient de créer un corridor entre la Cisjordanie et la bande de Gaza.
Le cas de Jérusalem sera probablement plus difficile à résoudre. Les Palestiniens et les Israéliens ont déclaré publiquement qu'ils ne voulaient pas d'un mur de séparation entre Jérusalem-Est et Jérusalem-Ouest. La plupart des idées qui circulent actuellement reprennent la proposition de l'ancien président américain Bill Clinton pour que les communautés juives de Jérusalem intègrent Israël et que les communautés arabes intègrent la Palestine.
Mais cette idée est fragilisée par la récente invasion de propriétés palestiniennes au cœur du quartier Sheikh Jarah de Jérusalem-Est par des militants de la droite israélienne. Des centaines de pacifistes israéliens, accompagnés d'activistes internationaux, ont rejoint les Palestiniens évincés pour protester contre les actions de ces colons radicaux qui ont reçu le soutien de responsables municipaux et gouvernementaux.
Dans ces circonstances, il est malheureusement peu probable que les négociations indirectes aboutissent à un résultat tangible pour ce qui est des frontières d'un État palestinien - d'autant plus improbable que ces négociations indirectes sont supposées aboutir dans un délai de quatre mois.
Le processus pourrait cependant être aussi important que le résultat pour les deux parties. Pour les Israéliens, ces discussions permettront un relâchement des pressions américaines et internationales tout en apportant une forme de légitimité à la position de M. Netanyahu consistant à discuter d'une paix sans pour autant renoncer aux implantations et à Jérusalem. Certains diront que cet apparent soutien au processus de paix sans concession de territoires est la position qu'Israël maintient, avec succès, depuis des années.
Mais pour les Palestiniens, ce processus est différent de ceux entrepris par le passé. Le refus entêté de s'asseoir face à face à la table des négociations tant que les activités d'implantations ne sont pas totalement gelées a eu pour effet de polariser l'attention sur ce que de nombreux observateurs considèrent comme le point crucial du régime de colonisation israélien.
Palestiniens et Israéliens, ainsi que la communauté internationale, sont conscients des modalités de ce qui constituerait un accord acceptable pour les majorités respectives des deux camps. En insistant sur la nécessité d'aboutir à des accords sur les frontières dans un délai limité, les Palestiniens disent en fait qu'il n'est pas nécessaire de négocier par étapes ; ils préfèrent d'abord valider un accord final et ensuite revenir sur les modalités de son application.
Le nouvel aspect le plus intéressant de cette reprise du dialogue indirect est peut-être ce qui est en train de se passer sur le terrain dans les territoires occupés. Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad travaille activement à un plan stratégique dont on s'attend à ce qu'il entraîne de facto un État palestinien dans les 18 mois. On constate par ailleurs une montée des manifestations à caractère non violent tandis que les actes de violences et les attentats-suicide sont de moins en moins courants.
Les négociateurs américains qui envisagent de jouer un rôle actif dans ces discussions indirectes, et qui s'assiéront pour la première fois à la table des négociations si un face-à-face devait avoir lieu, ont apparemment promis aux Palestiniens que les États-Unis n'hésiteront pas à pointer du doigt le camp qui osera faire échouer les négociations.
Une telle déclaration de la part des Américains (dans le cas où Israël serait le fautif) donnerait aux Palestiniens l'occasion de déclarer l'échec de ces discussions et donc d'envisager une déclaration unilatérale de création d'un État palestinien dans l'espoir que la communauté internationale reconnaîtra un tel État. L'Europe a déjà déclaré qu'elle reconnaîtrait, le cas échéant, cette déclaration unilatérale. Dans ce cas, les Américains auraient quelques difficultés à refuser de reconnaître un État palestinien alors même que la communauté internationale a déjà établi que c'est la seule solution acceptable à cet insoluble conflit. 

© Project Syndicate, 2010. 
Traduit de l'anglais par Frédérique Destribats.

* Daoud Kuttab est directeur du Community Media Network à Amman, en Jordanie. Il a enseigné le journalisme à l’université de Princeton.

Ce site offre une vaste information issue de différentes sources et auteurs pour aider le public à se former librement une opinion. Les articles publiés ne reflètent pas obligatoirement les opinions webmaster, qui dénie toute responsabilité dans leurs contenus, lesquels n'engagent que leurs auteurs ou leurs traducteurs. Nous restons très attentifs à toute proposition de correction.


Israël/USA : le cave va-t-il finir par se rebiffer ?

lundi 15 mars 2010 - 10h:03

D’après Al Jazeera

Une lézarde est apparue entre les Etats-Unis et Israël, après qu’une annonce de milliers de nouveaux logements juifs dans Jérusalem-Est sous occupation oaient perturbé la visite du vice-président américain Joe Biden en Israël la semaine dernière.


Ici, lors de sa visite pré-électorale en Israël, Barack Obama avait sacrifié au rituel obligé de la kippa et du mur des lamentations. Le billet glissé dans une fente du mur s’était rapidement retrouvé publié dans la presse israélienne ... Il contenait principalement des voeux pour sa famille, et rien sur l’avenir de l’entité sioniste.

David Axelrod, le conseiller politique en chef de Barack Obama, a présenté le moment choisi pour l’annonce comme une « insulte ».

« Ce fut un affront, c’était une insulte, mais surtout cela porte atteinte à cet effort très fragile pour ramener la paix dans cette région », a-t-il dit sur la chaîne NBC ce dimanche.

Binyamin Netanyahou, le premier ministre israélien, a ordonné une enquête sur le fait que des officiels gouvernementaux aient annoncé mardi la construction de 1600 maisons de colons [dans un plan plus vaste de près de 50 000 nouvelles constructions - N.d.T] à Jérusalem-Est lors de la visite de Biden.

Le bureau de Netanyahou a déclaré avoir ordonné lune enquête samedi soir après avoir rencontré les ministres du cabinet.

L’annonce avait contrarié Biden [pourtant sioniste irréductible - N.d.T], qui était en visite en Israël pour tenter de lancer des négociations de paix israélo-palestiniennes.

Netanyahou a depuis présenté ses excuses pour ce qu’il appelle lun mauvais timing de l’annonce, mais n’a donné aucun signe qu’il allait annuler les commandes de construction !

Hillary Clinton, la secrétaire d’état américaine, avait auparavant déclaré à Netanyahu que son gouvernement mettait les liens avec les Etats-Unis en danger en négligeant de prendre des mesures pour la reprise de pourparlers de paix au Moyen-Orient.

Clinton a admis que Netanyahou a été pris par surprise par l’approbation de nouveaux logements pour colons, donnée par son ministère de l’intérieur, lequel est dirigé par le parti pro-religieux Shas, situé à l’extrême-droite et représentant les colons.

Mais elle tenait toujours le Premier ministre responsable.

Sherine Tadros, correspondante d’Al Jazira à Jérusalem, a déclaré que l’annonce n’avait servi qu’à augmenter les tensions en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est.

« Les choses sont devenues incroyablement tendues ici, après l’annonce qu’il y aura davantage de logements juifs construits sur des terres palestiniennes occupées », dit-elle.

« Je pense que les Palestiniens ne sont pas seulement une fois de plus inquiets que leur présence à Jérusalem soit diminuée et qu’Israël tente de "faire du nettoyage ethnique" len Terre Sainte, mais aussi par le fait que ces annonces soient faites juste sous le nez des États-Unis et [que] la communauté internationale ne fasse strictement rien pour arrêter cela. »

15 mars 2010 - Al JAzeera - Vous pouvez consulter cet article à : 
Traduction : Info-Palestine.net

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QUI A VOTÉ POUR SALAH HAMOURI

http://www.dailymotion.com/video/k3UKGEs7bjW9Si1qF5F



Israël Palestine - Quels rêves reste-t-il ? 

Un seul Etat 

Vidéo YouTube



- Les cartes de 1947 à 2008, le partage de l'ONU, les lignes d'armistices, la Cisjordanie occupée, les réfugiés palestiniens au Proche Orient. Images Israël Palestine, nature et Jerusalem.


Dans 50 ans, les gens diront:
"Comment se fait-il que vous n'ayez pas vu ça ?"
Comment pouvez-vous vivre sans voir la réalité ?
La terre s'écroule sous vos pieds
et vous ne faites rien pour empêcher ça.
Vous ne faites que courir après la richesse.
Si de l'autre côté de l'équation, tu avais prédit
que notre victoire n'est qu'une autre façon de perdre,
alors quels rêves restent encore au roi triomphant ?
Quels rêves te reste-t-il ?
Parle-moi.

(extraits du film "Palestine messages pour Israel", texte en hébreu, auteur inconnu)


- Ouvertures des deux hymnes nationaux, israélien et palestinien, sur les images de l'annonce du vote de l'Assemblée Générales des Nations Unies. 


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Martin Van Karfeld, historien israélien : "Nous serons contraints à détruire l’Europe... le monde" !!

Al Manar
publié le vendredi 12 mars 2010.



11/03/2010

Le professeur historien israélien, Martin Van Karfeld, a déclaré qu’ « Israël se verra obligé de détruire le continent européen, au cas où il est menacé d’effondrement total... »

Le professeur Karfeld qui est un spécialiste en histoire militaire à l’Université hébraïque de Jérusalem occupée (al-Qods occupée) a déclaré lors d’une interview rare diffusée sur la 7ème chaîne sioniste, qu’"Israël doit considérer le continent européen comme une cible ennemie, au cas où Israël ressentira l’effondrement définitif ou proche de ses frontières".

Et Karfeld poursuit : « l’entité sioniste possède des centaines de têtes et fusées nucléaires qui dépassent la capitale italienne, Rome, et les autres capitales européennes qui seront certainement des cibles de l’aviation israélienne si le gouvernement ressentira un effondrement décisif ou proche des frontières d’Israël et nous sommes vraiment capables de détruire le monde entier !

Pour ce qui est du peuple palestinien, Karfeld met en garde contre sa vigilance et sa résistance, se félicitant de la politique discriminatoire adoptée par l’ entité sioniste, ainsi que la punition collective et la construction du mur d’apartheid. Karfeld a d’ailleurs encouragé les autorités israéliennes à détruire plus de maisons palestiniennes afin d’expulser tous les Palestiniens hors d’"Israël" (les territoires palestiniens occupés en 1948), soulignant que l’entité sioniste attend l’instant approprié pour l’exécution décisive de cette stratégie contre les palestiniens.

L’expert et analyste militaire israélien est paru content des massacres de Sabra et Chatila, encouragent les forces occupantes israéliennes à utiliser toutes formes d’agressions et violations contre les Palestiniens, répétant certaines allocutions de Moshé Dayan : "Israël doit toujours se comporter comme un chien enragé, et il faut qu’il apparaisse très dangereux aux autres, et non faible et lésé".

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx ?id=128712&language=fr


Al Manar

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Boycotter, désinvestir de, sanctionner Israël ? : un débat sur le BDS avec Omar Barghouti et le rabbin Arthur Waskow

    

  


Democracy Now !
publié le jeudi 11 mars 2010.

4 mars 2010

Vidéo sur http://www.democracynow.org/2010/3/4/bds

En 2005, une coalition de groupes de la société civile palestinienne a appelé les gens du monde entier à s’engager dans une campagne non-violente pour boycotter, désinvestir de et sanctionner Israël jusqu’à ce qu’il se conforme à la loi internationale. L’appel était inspiré par les initiatives internationales de boycott et de désinvestissement appliquées à l’Afrique du Sud dans la lutte pour abolir l’apartheid. Nous accueillons un débat entre Omar Barghouti, un membre fondateur de la campagne BDS et un commentateur et militant des droits humains palestiniens, et le rabbin Arthur Waskow, depuis longtemps militant anti guerre et pour les droits civils, fondateur et directeur du Shalom Center.

Invités :

Omar Barghouti, membre fondateur de la campagne BDS et militant et commentateur palestinien des droits humains.

Rabbin Arthur Waskow, depuis longtemps militant anti guerre et pour les droits civils, fondateur et directeur du Shalom Center.

JUAN GONZALEZ : Des négociations indirectes entre les dirigeants Israéliens et Palestiniens doivent commencer au début de la semaine prochaine alors que l’envoyé des États-Unis au Moyen-Orient George Mitchell retourne dans la région. La ligue Arabe a accepté de soutenir la proposition étasunienne de quatre mois de discussions indirectes.

Alors que beaucoup d’observateurs sont sceptiques sur le succès de ces discussions dites de proximité, quand des années de négociations directes ont échoué à produire une paix équitable et durable, pendant ce temps la société civile palestinienne et les militants de la solidarité internationale utilisent des tactiques très différentes pour pousser à une juste résolution du conflit.

En 2005, une coalition de groupes palestiniens de la société civile a appelé les gens du monde entier à s’engager dans une campagne non-violente pour boycotter, désinvestir de et sanctionner Israël jusqu’à ce que il se conforme à la loi internationale. Inspiré par les initiatives de boycott et de désinvestissement appliquées à l’Afrique du Sud dans la lutte pour abolir l’apartheid, le nouveau mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions, en bref BDS, était né.

AMY GOODMAN : Cette semaine marque de ce que beaucoup d’activistes du BDS appellent « la semaine de l’apartheid israélien ». Lancée d’abord à l’université de Toronto en 2005, elle comprend maintenant des événements dans les campus universitaires de plus de 40 villes autour du monde.

Plusieurs responsables Israéliens et des organisations juives de la diaspora ont critiqué les événements, et un rapport récent d’un think-tank israélien met l’accent sur le mouvement BDS comme une partie d’un « réseau de délégitimation » qu’Israël devrait traiter comme une « menace existentielle potentielle ».

Eh bien aujourd’hui nous allons accueillir un débat sur le mouvement BDS, l’appel à boycotter, désinvestir de et sanctionner Israël. Omar Barghouti est un membre fondateur de la campagne BDS. Il est militant des droits humains palestiniens et commentateur. Il se joint à nous depuis Berkeley, Californie. Et pour une position anti-BDS, nous sommes rejoints depuis Philadelphie par le rabbin Arthur Waskow, un militant anti guerre et des droits civils de longue date, fondateur et directeur du Shalom Center, theshalomcenter.org.

Nous vous accueillons tous les deux à Democracy Now ! Omar Barghouti, ne voulez-vous pas expliquer pourquoi vous avez établi la campagne BDS, pourquoi vous voulez que les gens boycottent, désinvestissent et sanctionnent Israël ?

OMAR BARGHOUTI : La campagne boycott, désinvestissements et sanctions, ou BDS, est un appel de la société civile palestinienne. Il est soutenu par presque toute la société civile palestinienne, les forces politiques, O.N.G., organisations de femmes, syndicats, etc.

Il appelle les personnes de conscience autour du monde à boycotter Israël et les institutions complices d’Israël, y compris les compagnies, etc., à cause de son système d’oppression à trois niveaux contre le peuple palestinien : son occupation, en 1967, de la Cisjordanie, de Gaza et ceci inclut Jérusalem Est ; ainsi que son système de discrimination raciale contre ses citoyens non juifs, les citoyens Palestiniens d’Israël ; et le troisième et plus éminent est son refus du droit au retour des réfugiés, les réfugiés Palestiniens, en accord avec la résolution 194 de l’ONU. Alors, ces trois formes d’injustices sont exactement ce que nous visons. Nous visons Israël par ce que nous voulons mettre fin à son impunité, et nous voulons mettre fin à la complicité du monde avec ce système d’injustice.

JUAN GONZALEZ : Et, Rabbin Arthur Waskow, pourriez-vous nous expliquer pourquoi vous pensez que c’est une fausse approche du problème ?

RABBIN ARTHUR WASKOW : Alors, permettez-moi d’abord de dire shalom et salam et la paix sur vous, Amy et Juan, et à M. Barghouti, et de dire, pour commencer, que dans un sens je pense que la question oui ou non au BDS est la mauvaise question. La bonne question est, comment est-ce que nous parvenons à finir l’occupation israélienne de la Cisjordanie, de Gaza, et du blocus de Gaza, et de Jérusalem Est ? Et il me semble que si on pose la question de cette façon, le BDS devient en réalité inefficace et, à certains égards, une manière antiéthique d’y arriver, et le changement majeur qui doit arriver est un changement profond des actions du gouvernement des USA, et il y avait des indices de cela, plus que des indices, dans la rhétorique du président Obama, mais un échec total de traduire en politique la rhétorique du discours du Caire et un certain travail depuis.

La vraie question est, les Etats-Unis peuvent-ils – ils le peuvent, c’est sûr – les Etats-Unis utiliseront-ils leur énorme influence et pouvoir pour mettre fin à l’occupation, pour finir l’état de guerre entre Israël et le monde arabe entier à l’exception de l’Égypte et la Jordanie ? Les Etats-Unis peuvent-ils parvenir à un traité de paix complet entre un nouvel État de Palestine, l’État d’Israël et les états arabes ? Les états arabes ont, en réalité, proposé cela. Le gouvernement israélien et le dernier gouvernement US, l’administration Bush, ont complètement ignoré la proposition. Il y a des indications que c’est ce que l’administration Obama veut occasionner.

Mais ceci n’aura pas lieu à moins qu’il y ait un mouvement public dans la société américaine pour l’exiger. Sinon ça n’aura pas lieu. Et quand je pose la question, alors qu’elle est le moyen le plus efficace pour y parvenir, il me semble qu’une alliance entre les trois groupes de gens en Amérique qui sont passionnément intéressés par les peuples du Moyen-Orient – les Musulmans, les Chrétiens sérieux et les Juifs sérieux – une alliance de ceux de ces trois camps qui sont engagés pour la paix est maintenant possible. Dans la communauté juive, il y a maintenant des organisations et des engagements et des êtres humains prêts à agir sur cela, même si la structure classique, formelle, institutionnelle du système institutionnel juif établi ne le fait pas. Mais les juifs oui, et parmi des musulmans et parmi la plupart des protestants et des chrétiens catholiques — par certains des fondamentalistes chrétiens de droite, mais le reste de la communauté chrétienne. Mais ils ne se sont pas du tout unis pour que cela ait lieu. Et c’est ce qui doit avoir lieu.

Ce sont les raisons qui me font penser que le BDS est une fausse approche. Et je vais aborder ces —

OMAR BARGHOUTI : Est-ce que je peux interrompre ?

RABBIN ARTHUR WASKOW : — mais je voudrais indiquer que je pense qu’il est un autre moyen d’y parvenir.

AMY GOODMAN : Avant qu’Omar Barghouti réponde, j’aimerais rester avec vous, rabbin Waskow. Vous avez soutenu le mouvement anti-apartheid. Vous avez soutenu le mouvement de désinvestissement et de sanctions contre l’Afrique du Sud. Mais vous appelez le mouvement BDS contre Israël, comme vous venez juste de dire, peut-être anti-éthique. Quel est pour vous la différence ?

RABBIN ARTHUR WASKOW : Eh bien, une différence majeure est une différence stratégique. L’énorme soutien au régime d’apartheid d’Afrique du Sud ne venait pas de sources gouvernementales. Elle venait de banques privées. J’ai fait un sit-in à la banque Chase Manhattan en 1965 pour demander qu’elle cesse ses prêts au gouvernement d’apartheid. Dans la situation actuelle, l’énorme soutien économique ne vient pas des banques privées et de l’industrie. Il y en a, mais ce n’est pas le gros soutien. Le gros soutien vient du gouvernement des États-Unis. C’est complètement différent de la situation sud-africaine. Si vous appliquez le genre de question de base de l’Afrique du Sud, comment allez-vous changer les relations économiques, avec le comportement injuste du gouvernement israélien maintenant et le comportement injuste et violent et vil à l’occasion de certains leaders Palestiniens ? Comment changez-vous ça ? C’est le gouvernement des États-Unis que vous devez viser, pas l’industrie privée ou le commerce privé. Alors c’est une vraie grosse différence simplement au niveau stratégique et tactique.

Éthiquement, le problème est qu’il y a une vraie société israélienne avec une sous-structure appréciable : culture, économie, mode de vie, la renaissance de l’hébreu, la création de romans, etc., etc. L’ennui avec le BDS, les sanctions et boycotts tous azimuts et tout ça vis-à-vis d’Israël, c’est que ça diabolise la société israélienne. Ca ne dit pas qu’il y a un gouvernement israélien qui se comporte mal, et par conséquent nous devons exercer une pression sur le gouvernement israélien, tout comme, au passage, et pas tellement au passage, les gens qui ont fait le voyage de la liberté de Gaza ont découvert qu’arrivés à Gaza, Hamas a agi de manière injuste et répressive envers eux. Il ne voulait pas qu’ils prennent contact avec les Palestiniens de Gaza, les vrais gens des rues. Aussi ce n’est pas seulement la diabolisation d’un peuple entier et la sanctification d’un autre peuple. Le gouvernement israélien, de manière écrasante, certains leaders palestiniens, moins fortement parce qu’ils ont moins de pouvoir, agissent injustement et oppressivement. C’est là que l’accent doit être placé. Le BDS diabolise toute une société.

JUAN GONZALEZ : Omar Barghouti, que dites-vous de la question numéro un, sur la campagne diabolisant une société tout entière ? Et aussi, si vous pouvez parler des similarités que vous voyez entre la campagne de boycott antiapartheid et celle-ci, particulièrement dans la situation où les Etats, les Etats existant dans le monde, étaient incapables de remédier à la situation en Afrique du Sud ou à la situation actuelle au Moyen-Orient ?

OMAR BARGHOUTI : OK, il y a des similarités évidentes, mais ce n’est pas seulement sur les similarités entre le système colonial et d’apartheid israélien et le système d’apartheid sud-africain. C’est sur la question de savoir si Israël pratique effectivement l’apartheid et un régime colonial contre les indigènes Palestiniens. Et c’est le cas. Et c’est le cas d’après la convention de l’ONU sur la suppression du crime d’apartheid. Nous n’avons pas à prouver qu’Israël est identique à l’Afrique du Sud pour prouver qu’Israël pratique l’apartheid. Nous disons qu’il se conforme à la définition par l’ONU du système d’apartheid.

Qu’est-ce que nous voulons dire par cela ? À l’intérieur même d’Israël — oubliez les territoires palestiniens occupés en 1967 — dans Israël, il y a deux systèmes de lois : un qui s’applique à ses citoyens Juifs, qui sont aussi des nationaux, et un autre qui s’applique aux citoyens non-juifs. Ainsi il y a une claire discrimination. Même le département d’État des USA, dans ses rapports annuels sur les droits humains, accuse Israël de discrimination institutionnalisée légale et sociétale contre les citoyens Palestiniens arabes de l’État d’Israël.

Alors, comment mettons-nous fin à l’occupation, à l’apartheid et au déni des droits des réfugiés ? C’est par le boycott, le désinvestissement et les sanctions comme outil de puissance qui permet aux masses, au mouvement social d’agir pour changer la politique des USA, exactement comme nous vous avons fait — et j’étais dans le mouvement antiapartheid dans le cas sud-africain — comme nous avons fait contre l’apartheid sud-africain.

Bien sûr il y a une complicité des gouvernements occidentaux, mais c’était aussi le cas pour l’apartheid sud-africain, et les compagnies et les institutions. Le moyen le plus important pour remettre en cause ce système de complicité et pour remettre en cause l’impunité et l’exceptionnalisme d’Israël — Israël est mis sur un piédestal, et il n’est pas traité comme le reste du monde quand il s’agit de ses violations des droits humains et de la loi internationale — nous devons l’abattre de ce piédestal et le traiter comme n’importe quel autre offenseur, n’importe quel autre système qui crée de telles injustices. Il ne s’agit pas de diaboliser Israël comme dans une expression abstraite. Ce que le BDS délégitime, c’est le racisme, l’apartheid et le régime colonial, exactement ce que le BDS délégitimait dans le cas sud-africain. Il ne délégitimait pas les blancs ou les Chrétiens, il délégitimait l’apartheid. C’est aussi ce contre quoi nous sommes. Nous ne sommes jamais venus et n’avons jamais dit que nous étions contre tel ou tel groupe de gens sur la base de leur identité. Nous sommes contre l’apartheid et le colonialisme israélien. Ce serait rigoureusement pareil qu’Israël soit un État juif, catholique ou musulman. Tant qu’il nous opprime, nous continuerons à lui résister.

Et le BDS est une forme de résistance très efficace et non violente. Il s’accroit énormément. Personne ne peut parler de la part des Juifs du monde, comme s’ils étaient tous dans le même panier. Je pense que c’est complètement inapproprié. Il y a beaucoup de groupes juifs qui soutiennent le mouvement BDS, y compris à l’intérieur d’Israël, y compris dans ce pays. Et de plus en plus en Europe de l’Ouest, de nombreux groupes juifs rejoignent le mouvement BDS, parce qu’ils le considèrent comme un mouvement très cohérent moralement. Il est basé sur la loi internationale et sur les droits humains universels. Il ne fait pas de distinction entre les gens selon leur identité comme le fait le système israélien.

En second lieu, l’État israélien n’est pas seul dans le vide. Il est complètement soutenu par les institutions de l’État d’Israël, y compris les institutions universitaires et culturelles. Aucune dose de pub, de groupes de danse, de musique et de poésie ne peut masquer le système colonial et d’apartheid d’Israël. Cet effort de changement d’image est précisément anti-éthique, parce qu’il essaie de blanchir ce système d’oppression.

Et le dernier point que je veux mentionner, c’est que c’est un moment très opportun pour débattre de cela, au moment où les étudiants de l’université de Californie se battent contre l’incroyable augmentation des frais d’inscription et contre la privatisation, pour ainsi dire de par l’arrière, de l’éducation supérieure dans ce pays. Pourquoi l’université de Californie devrait-elle augmenter les droits d’entrée de 32 % alors qu’Israël reçoit des États-Unis plus de 5,6 milliards de dollars annuels d’aide militaire et d’autres formes d’aide ? Pourquoi Israël, un système colonial et d’apartheid, continue-t-il de recevoir cet énorme subside, des dizaines de milliards de dollars au cours des années d’occupation et d’apartheid, tandis que le système de santé, d’éducation et l’infrastructure de ce pays s’effondrent et que l’éducation, l’éducation supérieure, devient à nouveau un privilège du riche ? L’éducation devrait être disponible pour tous. Et pour cela nous devons vraiment demander où sont les priorités des financements des USA. AMY GOODMAN : Omar Barghouti, que dites-vous du point du rabbin Waskow, qu’il est moins important de viser Israël, que les États-Unis sont le vrai pouvoir dans cette situation avec son énorme soutien pour Israël ? Et aussi, dans votre mouvement BDS, quelles compagnies viseriez-vous ?

OMAR BARGHOUTI : OK. Mais précisément parce que ce sont les USA qui sponsorisent l’oppression et l’apartheid israélien, nous essayons effectivement de changer la politique des USA. La question est comment y parvenir. Nous avons le précédent sud-africain, une très bonne leçon à étudier, que c’est la manière de changer la politique aux USA. Pas en mendiant. Pas en écrivant des lettres à Obama qu’il ignorerait. C’est par le mouvement de masse, le mouvement social à la base, les étudiants, les églises, les syndicats, les groupes de femmes et féministes, etc., tous agissant ensemble sur une plate-forme antiraciste, progressiste et qui veut la fin de l’injustice.

RABBIN ARTHUR WASKOW : Je suis d’accord avec ça, mais la question est : le BDS est-il le moyen de mettre ensemble ce mouvement social.

OMAR BARGHOUTI : Je le pense — je pense — je pense que c’est la question. Que nous devons agir à partir de la base jusqu’aux pressions et aux changements.

Les compagnies — votre deuxième question est quelles compagnies visons-nous dans le mouvement BDS. Ceci varie. Le BDS n’est pas une taille unique pour habiller tout le monde. Il dépend du contexte. Dans chaque situation, nous visons des compagnies complices de l’apartheid et de l’occupation israélienne pour lesquels nous pouvons gagner dans notre combat. Ainsi aux USA, beaucoup de compagnies militaires américaines sont visées. En Suède, une compagnie française a été visée. En Grande-Bretagne — et ainsi de suite. Ce sont les compagnies israéliennes de même que les compagnies internationales qui sont complices de l’apartheid et de l’occupation israélienne.

AMY GOODMAN : Rabbi Waskow, votre réponse ?

RABBI ARTHUR WASKOW : Eh bien, avant tout, il est intéressant que M. Barghouti mette l’accent sur l’aide militaire certainement déraisonnable que les États-Unis donnent à Israël — et, d’ailleurs, aussi à l’Égypte — comme étant le problème pour l’université de Californie, alors qu’en fait 10 ou 20 ou 30 fois cette quantité d’argent est dépensée dans la guerre en Irak et en Afghanistan. Les gigantesques quantités d’argent qui devraient aller aux écoles, aux universités et à l’infrastructure américaine devraient venir de là. Et selon ce standard, c’est presque — une goutte dangereuse et toxique dans le seau, mais c’est une goutte dans le seau — l’aide à Israël et à l’Égypte, avec l’aide militaire pour eux. La grande question de la société américaine devrait être la distorsion écrasante impliquée dans les guerres massives en Afghanistan et en Irak et l’armée américaine congestionnée à part et à côté de ces guerres.

Mais en deuxième lieu —

OMAR BARGHOUTI : C’est le même programme.

RABBI ARTHUR WASKOW : — la question est, effectivement, comment créer vous un mouvement de masse ? Comment créer tout un mouvement social ? Et je pense que ce qui doit se produire, c’est ce que j’ai dit. Les mosquées, les églises, les synagogues et, oui, les féministes et les étudiants etc., devraient se réunir et exiger que le gouvernement des États-Unis insiste sur l’indépendance palestinienne, en Cisjordanie, Gaza et Jérusalem Est, tout cela, approximativement dans les frontières de 1967, et pour un traité de paix total pour Israël avec les états arabes. Ceci est une demande éthique. Elle ne diabolise personne. Elle met fin à l’oppression de l’occupation. Elle met fin au danger –

OMAR BARGHOUTI : Mais vous ignorez la majorité des Palestiniens.

JUAN GONZALEZ : Euh—

OMAR BARGHOUTI : Vous ignorez la majorité des Palestiniens.

RABBIN ARTHUR WASKOW : Non, ça n’ignore pas la majorité des—

JUAN GONZALEZ : J’aimerais demander au rabbin Waskow, la question de — Israël est évidemment ennuyé par cette campagne de délégitimation, et un des think-tank israélien, Reut, a publié toute une analyse et une stratégie pour le combattre. Et il a parlé du fait que généralement Israël s’est concentré sur les relations d’État à État pour parvenir à ses fins. Ici, aux États-Unis, vous dites que nous devrions nous focaliser, ou que les gens devraient se focaliser sur un changement de la politique du gouvernement. Mais est-ce que le fait que aussi bien les partis Démocrates que Républicains, virtuellement toutes les directions des deux partis se sont alignées pendant des décennies derrière la politique israélienne, n’indique-t-il pas que peut-être une direction différente, une approche par la société civile, comme celle représentée par la campagne BDS, est un nouveau moyen d’avancer et que c’est précisément le fait que c’est un mouvement non étatique qui se développe sous le BDS qui gêne par son efficacité certains segments de la société israélienne ?

RABBI ARTHUR WASKOW : Non, ce n’est pas la raison. Ça les dérange parce qu’il y a de l’organisation en cours. Je vous assure que si, dans les villes, les mosquées, les églises et les synagogues américaines, ensemble, disaient « nous allons exiger que nos membres du congrès insistent — et le président — insiste sur un traité de paix complet pour un État palestinien indépendant, côte à côte avec Israël, et sur un traité de paix complet avec le reste du monde arabe », que le gouvernement israélien — l’actuel — aurait beaucoup plus peur, et que le peuple israélien s’exciterait à l’idée que enfin, enfin, un traité de paix mettant fin aux pressions sur Israël, avec pour seule compensation — et pour beaucoup d’Israéliens ce serait une bonne compensation — de se retirer de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem Est.

Et dans la communauté juive américaine, qui a été hostile à toute sorte d’arrangement que le gouvernement israélien n’aimerait pas, une telle approche, incluant un traité de paix complet pour Israël, ainsi qu’un traité de paix complet avec la Palestine, ceci serait attractif pour une proportion énorme de la communauté juive américaine. Les organisations ne le soutenons pas s’aligneraient ou s’effondreraient à la suite. C’est le social — je suis d’accord sur la nécessité du mouvement social, mais ça ne va pas réussir par le BDS. Ça va être en visant la cible la plus importante —

OMAR BARGHOUTI : Mais c’est en cours.

RABBIN ARTHUR WASKOW : —le gouvernement des États-Unis.

OMAR BARGHOUTI : Mais c’est en cours.

JUAN GONZALEZ : Omar Barghouti, votre réponse ?

OMAR BARGHOUTI : Oui, eh bien d’abord, c’est en cours. Je veux dire, le rabbin nie que c’est en cours. En vérité le BDS s’étend considérablement. Nous avons un important soutien de grands syndicats en Grande-Bretagne, Norvège, Espagne, France, Italie et beaucoup, beaucoup de pays, Canada bien sûr. Et il entre de plus en plus aux États-Unis, plus lentement que dans le reste du monde occidental, mais c’est en cours. Il y a un énorme mouvement de soutien aux BDS qui inclut plusieurs groupes juifs, et c’est ignoré. Il y a un nombre disproportionné de Juifs, — de citoyens de conscience juive des pays occidentaux qui ne sont pas seulement actifs, mais qui mènent certains mouvements BDS dans le monde occidental.

Mais encore une fois, revenons à la question. Il ne s’agit pas seulement de finir l’occupation. Il y a trois droits élémentaires pour le peuple palestinien. Il se trouve que la majorité des Palestiniens ne sont pas dans les territoires palestiniens occupés ; il se trouve que ce sont des réfugiés, nettoyés ethniquement pendant la création de l’État d’Israël en et après 1948. Ils sont complètement ignorés en adressant — en réduisant les droits palestiniens à l’autodétermination à la seule fin de l’occupation. Ceci est tout simplement inacceptable. Nous devons considérer l’apartheid et israélien, le système de discrimination raciale, et nous devons considérer les droits des réfugiés sanctionnés par l’ONU.

Mais la question la plus critique à adresser maintenant — maintenant, pas stratégiquement — est la fin du siège de Gaza. Il y a un siège criminel de Gaza. Le rapport Goldstone, le rapporteur de l’ONU pour les droits humains, tous décrivent les crimes de guerre commis par Israël à Gaza. Et le siège est certainement une grosse punition collective, ce qui est un crime contre l’humanité. Les gens meurent. Les gens réels meurent. Ce n’est pas une notion abstraite. Le siège doit cesser.

Ainsi, nous arrivons au stade où Israël commet des actes de génocide au ralenti contre 1,5 millions de Palestiniens à Gaza. C’est extrêmement critique, et ceci exige des personnes de conscience autour du monde d’agir, et d’agir très efficacement. Et le mouvement BDS offre un outil puissant, non-violent par lequel ils peuvent avoir un impact sur la politique aux USA, dans le monde occidental, et certainement en Israël.

AMY GOODMAN : Avez-vous le sentiment, rabbin Arthur Waskow—

RABBIN ARTHUR WASKOW : Eh bien, je suis d’accord que le—

AMY GOODMAN : —Y a-t-il un point — rabbin Waskow, y a-t-il un point où vous soutiendriez — un point à partir duquel vous soutiendriez le BDS ? Qu’est-ce qui – qu’est-ce qui selon vous doit être pire ?

RABBIN ARTHUR WASKOW : Non, ce n’est pas une question de ce qui doit devenir pire. La question est comment mettre fin au pire. Et je ne pense pas que le BDS va y mettre fin. Et si le BDS se répand en Europe occidentale, ça n’aura pas d’importance. Ce sont les États-Unis qui ont le pouvoir réel de faire la différence. Et le BDS ne va pas engager une part suffisante de la population américaine pour compter. Ce qui va compter c’est la structure de l’aide militaire américaine et la structure de la diplomatie américaine vis-à-vis d’Israël, de l’Égypte et du monde arabe. C’est ce qui compte. Et le BDS et l’Europe occidentale n’auront pas d’importance. Alors ce n’est pas une question de ce qui empire, c’est une question de comment stopper le pire. Et je répète, le — oui, il faut un mouvement social. Il y a maintenant — dans la communauté juive —, il n’y a pas seulement J Street qui a absorbé et donné force aux gens de Brit Tzedek v’Shalom, il y a aussi un mouvement à l’intérieur du mouvement juif réformé. Il y a un mouvement parmi les Juifs qui, en théorie, ne sont pas affiliés, mais qui sont préoccupés par cette question, et qui ne se sentent pas représentés par la plupart des institutions juives américaines établies. C’est là que le changement doit assembler, et en parallèle, il doit inclure les églises protestantes et catholiques, il doit inclure l’islam en Amérique. Et le travailler ensemble, c’est ce qui va faire la différence. Ce sont les seuls Américains, à part, je suppose, ceux des compagnies pétrolières, qui sont se sentent concernés par le Moyen-Orient.

AMY GOODMAN : Nous allons devoir — nous allons devoir en rester là pour maintenant. Nous voulons remercier le rabbin Arthur Waskow, fondateur et directeur du Shalom Center, and Omar Barghouti, qui est un des membres fondateurs de la campagne BDS, la campagne pour boycotter, désinvestir de et sanctionner Israël.

RABBI ARTHUR WASKOW : Et je veux terminer en répétant shalom and salaam et la paix sur nous tous.

AMY GOODMAN : Merci.

Trad.JPB

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Les blogs du Diplo

André Brink, la Palestine et l'Holocauste
Alain Gresh


Mardi 9 mars 2010

Rien n’est plus exaspérant que la manière dont Nelson Mandela et les responsables de la lutte contre l’apartheid sont transformés en icônes (un bon exemple en est le film Invictus). On tente ainsi d’ôter à leur lutte son caractère révolutionnaire, de faire oublier que l’Occident a largement soutenu le régime de l’apartheid, que Mandela et ses camarades étaient dénoncés comme des terroristes. Que, lors de sa prise de fonctions comme président de l’Afrique du Sud libérée, Mandela a invité Fidel Castro (dont les troupes en Angola, dans les années 1970, ont contribué à la défaite du régime de l’apartheid) et Yasser Arafat.

On oublie aussi de mentionner la collaboration permanente d’Israël avec le régime de l’apartheid et l’engagement de nombre d’intellectuels et de responsables sud-africains, y compris juifs, aux côtés des Palestiniens. Et la condamnation par le gouvernement sud-africain actuel des politiques israéliennes,notamment à Gaza.

Récemment, un des plus grands écrivains sud-africains, André Brink, a publié ses Mémoires, intituléesMes bifurcations (Actes Sud, Arles, 2010). Le livre a reçu, à juste titre, un accueil très favorable de la critique. Mais personne, à ma connaissance, n’a relevé ce passage.

« Mais l’expérience déterminante de ce voyage (de 2002) fut la visite à l’université palestinienne de Birzeit. J’avais beaucoup lu sur le conflit au Moyen-Orient ; à Salzbourg et ailleurs, j’avais eu de longues conversations passionnées avec des écrivains palestiniens. Je me rappelle encore ma discussion avec Hanan Mikhail-Ashrawi quand elle était venue au Cap des années plus tôt. En plusieurs occasions avant sa mort prématurée, j’avais aussi pu bénéficier de la grande sagesse et de la douce humanité d’Edward Said. Mais cette immersion dans la terrible réalité de cet endroit tragique, de cette terre et de son peuple, m’a éprouvé comme peu d’expériences l’ont fait dans ma vie. Je crus redécouvrir le cœur hideux de l’apartheid : la manière dont les Palestiniens, y compris certains des êtres les plus merveilleux que j’ai jamais rencontrés, sont soumis à l’une des oppressions les plus cruelles ici-bas, le tissu d’hypocrisie et de mensonges qui, du côté israélien, tente d’obscurcir et de déformer la vérité. Au cours de ce séjour se produisit un événement particulièrement choquant : la bicoque d’un vieux Palestinien fut rasée par les bulldozers de l’armée israélienne parce qu’il avait osé installer une citerne sur sa toiture afin de récupérer les quelques gouttes de pluie qui tombaient là. »

« J’ai vu le réseau d’autoroutes modernes construites pour les Israéliens et les misérables petites routes auxquelles les Palestiniens sont confinés ; j’ai vu les oliveraies, souvent seul moyen de subsistance des agriculteurs palestiniens, arrachées par les Israéliens ; j’ai vu la prolifération de nouvelles colonies israéliennes en plein territoire palestinien, établies là à l’encontre de tous les accords signés, simplement pour renforcer la présence et le pouvoir des Israéliens dans un territoire qui ne leur appartient pas. J’avais déjà vu cela, du temps de l’oppression des Noirs par les Blancs en Afrique du Sud. J’avais déjà entendu les mêmes excuses et explications pieuses. »

« Quand j’y repense aujourd’hui, je ne peux écarter de mon esprit le souvenir des terribles vestiges de Dachau et d’Auschwitz : si Israël ne s’est jamais lancé dans un génocide de l’ampleur de l’Holocauste, le nettoyage ethnique que cette nation inflige aux Palestiniens équivaut, moralement, à une version lente et en mode mineur des camps de la mort. J’ai du mal à comprendre comment un peuple pour lequel il a été si difficile de se relever des horreurs de l’Holocauste peut ensuite infliger à d’autres ce qu’on lui a fait. »

« Tout cela est projeté, concentré avec l’intensité d’un laser sur une confrontation spectaculaire entre un jeune écrivain israélien et une jeune femme palestinienne, belle et furieuse, lors d’une conférence au Shloss Leopoldskron à Salzbourg, où il se peut que j’aie passé, je crois, certains des moments les plus mémorables de mon existence. »

De telles déclarations prononcées par un intellectuel français susciteraient, sans aucun doute, un procès de Avocats sans frontières, l’organisation de Gilles-William Goldnadel, récemment élu à la direction du CRIF et qui symbolise la droitisation de cette organisation.



Source : Les blogs du Diplo
http://blog.mondediplo.net/...

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Pour le boycott, le désinvestissement, les sanctions,
Contre l'Israël de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid.

L’UJFP qui réunit des Juifs/ves régulièrement accusées d’être des traîtres ayant la haine de soi, voire des antisémites, constate que 


-- Au Proche-Orient, il y a un occupant et un occupé. Il y a un Etat, Israël, qui viole quotidiennement le droit international et il y a le peuple palestinien dont la dignité et les droits sont niés.
-- Il y a le refus délibéré du gouvernement israélien d’évacuer les territoires conquis en 1967. Il y a une politique coloniale qui aboutit à l’annexion d'une grande partie de la Palestine, à l’emprisonnement de plus de 10000 Palestiniens, au massacre de Gaza, aux humiliations quotidiennes et aux crimes de guerre.
-- Il y a les discriminations croissantes, inscrites dans les lois dont sont victimes sur tous les plans les « Palestiniens de 48 » qui sont pourtant théoriquement citoyens israéliens. Ces lois fabriquent une société d’apartheid.

Permettre et justifier la perpétuation de cette politique d’occupation, de colonisation et d’apartheid en se servant de l’antisémitisme est indécent, faux et criminel.

Plusieurs ministres françaisEs ont repris cette argumentation lors du récent dîner du CRIF pour pénaliser le boycott, avec un mensonge évident, assimilant les produits casher aux produits israéliens boycottés. Ils/Elles font allégeance au CRIF, outil servile de la politique israélienne en France. Ce sont eux qui assimilent juif, casher et israélien. Toutes celles et ceux qui sont investiEs dans la campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) font évidemment la différence.

Ça suffit !

L'antisémitisme, les déportations, le génocide font partie intimement de notre histoire. Mélanger sciemment juif et israélien ou boycott d’Israël et boycott des Juifs est une infamie qui relève de la diffamation pure et simple. Faire payer le peuple palestinien pour des crimes européens est une monstruosité.
L’UJFP apporte son soutien total aux droits du peuple palestinien et à la campagne internationale de BDS (boycott, désinvestissement, sanctions contre l’Etat d’Israël tant que dureront l’occupation, la colonisation et l’apartheid), campagne initiée par la société civile palestinienne et soutenue par les anticolonialistes israéliens.
Elle dénonce l’indécence de l’utilisation de l’antisémitisme pour justifier la négation d'un peuple.
L’UJFP se battra partout, y compris sur le terrain judiciaire, pour empêcher cette instrumentalisation. Elle se tiendra aux cotés de touTEs les militantEs poursuiviEs en justice pour leurs actions dans le cadre de la campagne de BDS.
Elle appelle à participer et à amplifier le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre Israël tant que cette politique criminelle pour les Palestiniens et suicidaire à terme pour les Israéliens se poursuivra.

Bureau National de l’UJFP le 9 mars 2010

Union Juive Française pour la Paix (UJFP) - 21 ter rue Voltaire, 75011 PARIS

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161ème mission CCIPPP 13 - 24 avril 2010

http://www.protection-palestine.org/spip.php?article8283


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« Solidarité avec les résistances populaires palestiniennes et la Vème conférence internationale de la résistance non violente de Bil’in »

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La répression israélienne en Palestine s’aggrave

lundi 8 mars 2010 - 07h:00

Une interview de Mazin Qumsiyeh


Mazin Qumsiyeh : « L’armée israélienne me cherche » L’armée israélienne a envahi le quartier où réside Mazin Qumsiyeh à Beit Sahour, un faubourg de Bethléem, le 2 mars dans la nuit, réveillant sa mère, sa femme et sa soeur. Des soldats lourdement armés ont bloqué les routes durant « l’opération ».

Enlèvement de jeunes Palestiniens par les troupes israéliennes dans les Territoires Occupés, 
lors d’une des nombreuses rafles exécutées en général la nuit où très tôt à l’aube - Photo : Ma’anImages

Lorsque sa famille a ouvert la porte, ils ont demandé à voir Mazin Qumsiyeh (*). On leur a dit que Mazin était déjà parti aux États-Unis. Il répond ici aux questions de Silvia Cattori.

Sylvia Cattori : Nous avons appris qu’Israël accentue sa répression contre les manifestations non-violentes. Pouvez-vous nous décrire le contexte de cette situation ?

Mazin Qumsiyeh  : La résistance civile non-violente en Palestine, contre le projet colonial sioniste, s’est développée depuis plus de 120 ans. Elle s’est accentuée sous l’occupation britannique entre 1917 et 1947. Mais elle a pris une tournure beaucoup plus aigüe sous l’occupation sioniste directe, de 1948 à nos jours. Les événements les plus visibles ont été médiatisés, par exemple pendant le soulèvement de 1987 à 1991, lorsque des manifestants pacifiques se sont trouvé confrontés à des politiques de répression brutales, des tirs, des démolitions de maisons etc. Avec la fin effective de la résistance armée en 2006, lorsque le Hamas est entré dans le processus politique en rejoignant les autres principales factions, la seule forme de résistance qui ait subsisté, capable de menacer l’occupation sans fin, a été la résistance civile, ou populaire. Les autorités israéliennes ont donc renforcé la pression sur toutes les formes de résistance civile. Ils ont arrêté des dizaines de militants de premier plan, harcelé et battu les autres, et dans plusieurs cas, blessé ou tué des manifestants pacifiques.

Sylvia Cattori : Combien y a-t-il de prisonniers dans les prisons israéliennes ?

Mazin Qumsiyeh  : Il y a plus de 11.000 prisonniers politiques dans les prisons israéliennes. Des centaines d’entre eux sont détenus au titre de la « détention administrative », ce qui signifie des mois et parfois des années sans même voir un juge militaire israélien (aussi injuste que puisse être ce juge).

Sylvia Cattori : Suite à ce qui s’est passé à Beit Sahour et qui a conduit aux récents troubles, la situation à Beit Sahour est maintenant aussi tendue qu’à Bi’lin ?

Mazin Qumsiyeh  : Beit Sahour a une longue et glorieuse histoire de résistance civile qui a débuté en 1919. La ville comprend 70% de chrétiens et 30% de musulmans. Lors du soulèvement de 1987, les habitants de la ville (dans leur ensemble) ont décidé d’utiliser les tactiques de la résistance civile. Cela inclut le refus des cartes d’identité émises par Israël, le refus de payer les impôts, le refus de coopérer etc. La ville a été attaquée à plusieurs reprises depuis la “Shdema”, le camp militaire israélien situé à la lisière de la ville (une zone connue des gens du pays sous le nom de Ush Ghrab).

Le 28 décembre 2000, les habitants de la ville ont invité des internationaux, y compris des Israéliens, à marcher sur le camp. Des centaines d’entre eux sont entrés dans le camp militaire en un acte éclatant de résistance civile. Ce succès a conduit à la fondation de l’ « International Solidarity Movement » à Beit Sahour. L’armée israélienne a quitté le site en avril 2006. Les habitants de la ville ont construit, sur une partie de l’ancien site, un « Parc de la Paix » comprenant une aire de jeu pour les enfants, et les propriétaires fonciers ont pu accéder à leurs terres pour la première fois depuis des décennies et ont commencé à les récupérer pour l’agriculture. Mais des colons extrémistes ont commencé à venir sur le site et à faire pression sur le gouvernement israélien qui a refusé d’approuver la construction d’un hôpital pour enfants sur le site (le financement est disponible pour ce projet). Pour amadouer les colons, l’armée israélienne est de retour à Ush Ghrab.

Un comité populaire a été créé en février 2010, alors que des bulldozers israéliens commençaient à travailler sur le site. Il comprend des représentants de toutes les factions politiques, et des organisations non gouvernementales. Il a organisé, jusqu’ici, des veilles de prières, des investigations juridiques, des protestations, et la mise en valeur des terres. La première veille de prières tenue dans le parc a été confrontée à une brutale attaque israélienne (voir la vidéo sous le lien : http://www.youtube.com/watch ?v=4he1vayLrfo). La semaine suivante, une attaque similaire a eu lieu contre les manifestants qui tentaient d’explorer le site (voir la vidéo sous le lien : http://www.youtube.com/watch ?v=s4MDxqrofhU).

Sylvia Cattori : Mais qu’en est-il en ce qui vous concerne ? Nous avons appris que vous étiez aussi personnellement visé. Pouvez-vous nous dire ce qui s’est passé ?

Mazin Qumsiyeh  : À deux reprises, des officiers israéliens présents sur les lieux m’ont averti de ne pas « organiser » des événements. Je ne suis que l’une des nombreuses personnes qui coordonnent les activités et travaillent à former les gens et à s’engager dans d’autres formes de résistance non-violente. Toutes les formes de résistance sont reconnues par le droit international. Mais les gens respectent en particulier notre forme non-violente de résistance et la soutiennent. Je viens de terminer un livre intitulé « Hope and Empowerment : A history of Palestinian Popular Resistance » [« Espoir et prise de pouvoir : Une histoire de la résistance populaire palestinienne »]. De toute évidence, l’armée israélienne n’est pas heureuse à ce sujet. Elle avait durement réprimé la résistance civile, et arrêté plusieurs dizaines de militants à Bi’lin, Ni’lin, Al-Masara, et ailleurs, précisément au cours de l’année dernière. Elle a même tué et blessé d’autres manifestants pacifiques.

L’armée israélienne me cherche. Les soldats sont venus chez moi un jour après que je sois parti en tournée de conférences aux États-Unis. Les soldats lourdement armés et les officiers du renseignement sont venus mardi [2 mars ndt] à 1h30 du matin. Ils ont demandé à me voir et, comme je n’étais évidemment pas là, ils ont laissé une convocation pour le lundi 8 mars. Bien entendu, je ne pourrai pas m’y rendre vu que je suis encore aux États-Unis et que je ne puis changer mon horaire. Je suis sûr qu’ils vont venir me chercher à mon retour.

Sylvia Cattori : Qu’allez-vous faire, maintenant que vous êtes aux Etats-Unis et que vous savez que l’armée israélienne vous cherche ?

Mazin Qumsiyeh  : Je vais rentrer et affronter ce qui arrivera. La vérité et la justice ne sont pas des choses sur lesquelles on doive faire des compromis, quels que soient les injustices et la répression.

Sylvia Cattori : Votre famille est chrétienne et votre ville est en majorité chrétienne. Israël se comporte-t-il avec vous différemment qu’avec les musulmans ?

Mazin Qumsiyeh  : Non. Israël a été créé comme un État par et pour « le peuple juif » à travers le monde. Les indigènes, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, ont été traités de la même manière : avec mépris, par l’oppression, et les tentatives inlassables pour nous éloigner de nos terres.

Sylvia Cattori : Que pensez-vous des problèmes entre le Fatah et le Hamas ?

Mazin Qumsiyeh  : C’est comme des détenus dans une prison qui, parfois élisent ou désignent des gars faciles pour s’accommoder avec les geôliers, et parfois essaient des gars plus durs qui refusent de coopérer avec les geôliers. Les différences entre eux sont englobées par le fait que les deux doivent vivre dans la prison. Je dirais que, malheureusement, nombre des factions palestiniennes y compris le Hamas et le Fatah sont tombées sous le charme des accords d’Oslo avec ses promesses illusoires de « l’autorité » alors qu’il n’ya vraiment qu’une seule autorité à l’ouest du Jourdain : l’État d’Israël. Ce qui aurait dû être fait, et qui est encore réalisable, est de lutter pour l’égalité et la justice à l’image de la lutte menée en Afrique du Sud. Nous ne pouvons pas accepter des Bantoustans avec des illusions pouvoir.

Sylvia Cattori : Quelle aide ou soutien attendez-vous du monde extérieur ?

Mazin Qumsiyeh  : Je pense que, comme c’est arrivé pour l’apartheid en Afrique du Sud, la communauté internationale a un rôle critique à jouer. Le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël (BDS), basé sur l’appel à l’action de la société civile palestinienne, se développe partout (voir : http://bdsmovement.net). Nous demandons instamment à tous de le rejoindre.

Au-delà de ça, il est d’une importance critique de toucher les médias, les politiciens, les chefs religieux, ainsi que les gens ordinaires pour leur faire comprendre ce qui se passe. Cela est particulièrement vrai dans les pays dont le gouvernement permet à cette répression de se poursuivre (par exemple : Israël, les États-Unis, le Canada, l’Australie, les pays européens, les pays arabes ayant des relations d’amitié avec Israël).

Sylvia Cattori : Merci beaucoup.

d'après : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8293

Ce site offre une vaste information issue de différentes sources et auteurs pour aider le public à se former librement une opinion. Les articles publiés ne reflètent pas obligatoirement les opinions webmaster, qui dénie toute responsabilité dans leurs contenus, lesquels n'engagent que leurs auteurs ou leurs traducteurs. Nous restons très attentifs à toute proposition de correction.



L’Europe du double langage sur la Palestine

Le tribunal Russell tient audience à Barcelone et poursuit le procès de la colonisation israélienne de la Palestine et de ses complices : les gouvernements de l’UE, qui n’ont même pas daigné se faire représenter.

Barcelone, Espagne envoyée spéciale.

Mesdames, Messieurs, la Cour  ! Dans la grande salle de l’Ordre des avocats de Barcelone, devant un jury composé de hautes personnalités du monde entier, se déroule, depuis lundi, le procès de la colonisation israélienne de la Palestine et de ses complices  : les gouvernements de l’UE. Ces derniers ont été invités, mais aucun n’a daigné se faire représenter.

Il est impressionnant, hallucinant, parfois, d’entendre les témoignages, de voir s’accumuler des preuves de ce qu’il faut bien appeler le double langage de l’Europe.

Prenons le droit à l’autodétermination du peuple palestinien. Il découle d’un principe fondateur de l’ONU, inscrit dans sa charte, « inaliénable ». Madjid Benchik, ancien doyen de l’université d’Alger, a rappelé que « l’UE a demandé pour la première fois la concrétisation de ce droit par la création d’un État palestinien au Conseil européen de Venise de 1980. Elle l’a sans cesse réaffirmé depuis, en précisant même les contours (sur les territoires occupés en 1967, y compris Jérusalem-Est), mais les mesures qu’elle engage vont souvent à l’encontre de ces principes ». Elle n’a pas cherché sérieusement à empêcher Israël, qui a tardivement reconnu ce droit en 1995, de continuer à le violer dans les faits par plus de colonisation, d’incursions armées, de destructions.

Deux témoins israéliens l’ont confirmé avec courage devant le tribunal. Maître Michaël Sfard a souligné que « 95 % des colons installés en Cisjordanie le sont depuis les accords d’Oslo », et révélé  : « Un nouveau plan d’expansion coloniale est prêt pour le jour où le gel temporaire exigé par Obama prendra fin. » L’UE est au courant. Les rapports accablants de ses délégués, qu’elle cherche à tenir secrets, le prouvent. Une forme de complicité « dont le refus de certains pays de l’UE de voter le rapport Goldstone sur les crimes de guerre à Gaza est une preuve de plus », selon Meir Margalit, conseiller municipal de Jérusalem. Il l’a dit avec force  : « Au lieu d’amis qui l’appuient malgré ses exactions, Israël a besoin d’amis capables de taper sur la table et de dire “ça suffit  !”. »

Françoise Germain-Robin

La composition du tribunal

- Le tribunal Russell réunit un jury composé d’experts du droit international, de juristes et de personnalités tels l’avocat britannique Michael Mansfield, Gisèle Halimi, José Antonio Martin Pallin, magistrat à la Cour suprême d’Espagne, l’ancien ministre sud-africain Ronald Kasrils, l’Irlandaise et Nobel de la paix Mairead Corrigan Maguire, Aminata Traoré, ancienne ministre du Mali. L’ambassadeur de France, Stéphane Hessel, a ouvert les débats lundi. De nombreux témoins sont entendus, entre autres Desmond Travers qui fit partie de la commission Goldstone dépêchée par l’ONU.

d'après : http://www.humanite.fr/2010-03-03_International_L-Europe-du-double-langage-sur-la-Palestine


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Palestine, au bord de l’explosion 

publié le mercredi 3 mars 2010

Mohammed Larbi 
 
Ce n’est plus une annexion rampante, c’est tout simplement le recours aux grands moyens avec l’expropriation de milliers de Palestiniens d’El Qods et l’installation de juifs dits extrémistes. c’est d’une agression qu’il s’agit pour les Palestiniens

La question est bien simple, et les Palestiniens dans leur écrasante majorité se la posent depuis 1995, soit depuis que le processus d’Oslo, certainement celui qui avait suscité le plus d’espoir, se heurte au refus d’Israël d’honorer ses engagements. C’est l’époque où les diplomates, forts de leur sens de la synthèse, déclaraient qu’Israël voulait la paix et les territoires, alors que le processus en question prévoyait l’instauration de la paix contre la restitution, par Israël, des territoires palestiniens et arabes qu’il occupe. Et en 1996, le Proche-Orient est passé tout près d’une guerre.

Et, les mêmes causes produisant les mêmes effets, rien n’indique que le risque est cette fois moindre, surtout que les Palestiniens sont persuadés que les négociations n’ont mené à strictement rien.

L’Américain George Mitchell en avait tiré la conclusion en 2000, en appelant au gel de la colonisation israélienne. Même constat du Quartette, ce forum incapable de tenir les promesses faites aux Palestiniens en les assurant de la création d’un Etat indépendant avant la fin… 2005. Et les causes sont à rechercher encore et toujours du côté d’Israël qui persiste dans sa politique d’occupation des territoires, s’attaquant même aux lieux saints comme la mosquée El Khalil dans la ville palestinienne du même nom. Cela rappelle les années soixante avec l’incendie de la mosquée d’El Aqsa, avec comme réaction du monde musulman la création de l’organisation de la conférence islamique (OCI ) et, en son sein, le Comité El Qods, chargé notamment de la défense et de la préservation des Lieux saints de l’Islam en territoires palestiniens occupés. Quant à l’ONU, elle n’a jamais reconnu l’annexion de la ville sainte par Israël.

Mais depuis peu, ce n’est plus une annexion rampante comme ce processus est décrit habituellement, c’est tout simplement le recours aux grands moyens avec l’expropriation de milliers de Palestiniens d’El Qods et l’installation de juifs dits extrémistes, comme pour nier l’implication du pouvoir politique, alors même qu’il applique sa propre politique, en réalité une politique défendue et strictement appliquée par l’ensemble de la classe politique israélienne.

C’est lui qui a décidé de lancer la construction d’un ensemble de 600 logements à El Qods-Est. C’est également lui qui a décidé de raser des dizaines de maisons palestiniennes dans le même secteur, en vue de l’établissement d’un parc archéologique.

Plus qu’une simple provocation, c’est d’une agression qu’il s’agit pour les Palestiniens déterminés à défendre leur mémoire, leur patrimoine et leurs territoires. Ils le font comme ils l’ont fait en décembre 1987, ou encore en 2000 quand Ariel Sharon est venu provoquer les Palestiniens sur l’esplanade des mosquées d’El Qods. Il en a été chassé à coups de pierres, armes des Palestiniens. Et la situation pourrait être plus grave, les Palestiniens sentant qu’Israël bénéficie d’une large complicité internationale et que, de toute façon, les négociations ont toujours bénéficié à Israël. Ce serait alors la fin de l’état de ni guerre ni paix.

d'après : http://www.france-palestine.org/article14084.html


Incidents sur l'esplanade des Mosquées à 

Jérusalem


Les forces de l'ordre israéliennes sont intervenues sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam, où un groupe de jeunes Palestiniens lançaient des pierres. La police n'a signalé aucun blessé.

http://www.france24.com/fr/20100228-incidents-esplanade-mosquees-police-jerusalem-israel-palestiniens

Par Dépêche (texte) 
Karim LEBHOUR , correspondant de RFI à Jérusalem (vidéo) 

AFP - Des heurts violents ont eu lieu dimanche autour de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, un lieu saint de l'islam, faisant des blessés, dans un climat déjà tendu par un projet controversé d'Israël d'inscrire à son patrimoine deux sites sacrés de Cisjordanie occupée.
   
Les affrontements ont éclaté entre la police israélienne et des dizaines de Palestiniens à la suite de rumeurs d'incursion de juifs extrémistes sur l'esplanade --rumeurs démenties par la police--, au coeur de la Vieille ville de Jérusalem.
   
Deux policiers ont été hospitalisés et deux autres soignés sur place à la suite de jets de pierres, a précisé le porte-parole de la police Micky Rosenfeld, qui a fait état de sept arrestations.
   
Une quinzaine de manifestants ont été blessés par des balles en caoutchouc ou incommodés par des gaz lacrymogènes, selon des sources palestiniennes.
   
Le principal négociateur palestinien Saëb Erakat a déclaré à l'AFP qu'il avait "contacté l'administration (de Barack) Obama et réclamé une intervention urgente américaine pour mettre un terme aux agressions israéliennes contre la mosquée d'Al-Aqsa et les lieux saints de l'islam".
   
"Cette politique israélienne absurde vise à ruiner les efforts internationaux, plus particulièrement américains, pour relancer le processus de paix", a estimé M. Erakat.
   
Le calme est revenu en journée dans la Vieille ville et les touristes ont pu à nouveau visiter l'esplanade, qui abrite le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa. Toutefois, l'accès au site a été interdit aux musulmans de moins de 50 ans.
   
Des heurts ont aussi été signalés dans le quartier de Ras el-Amoud, dans le secteur oriental à majorité arabe de la Ville sainte annexé en 1967.
   
La police avait pénétré en début de matinée sur l'esplanade des Mosquées à la suite de jets de pierre contre des visiteurs.
   
La tension s'était ravivée ces dernières heures en raison d'appels du Mouvement islamique (arabe israélien) mettant en garde contre des projets prêtés à des juifs extrémistes de se rendre en force dimanche et lundi sur l'esplanade des Mosquées.
   
Appelée Haram el-Sharif ("Le noble sanctuaire"), l'esplanade des Mosquées est le troisième lieu saint de l'islam, après La Mecque et Médine, en Arabie saoudite. Elle a été bâtie sur le site du Temple juif détruit par les Romains en l'an 70 de l'ère chrétienne, dont le principal vestige est le Mur des Lamentations. Le mont du Temple est l'endroit le plus sacré du judaïsme.
   
Ce regain de tension à Jérusalem survient alors que des affrontements ont opposé ces derniers jours des Palestiniens à l'armée israélienne à Hébron (Cisjordanie), après la volonté manifestée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'inscrire deux lieux saints, le Caveau des Patriarches (Hébron) et le Tombeau de Rachel (Bethléem), au patrimoine national d'Israël.
   
Cette décision controversée, qui a soulevé des protestations internationales, continue de faire des vagues en Israël même.
   
Le président Shimon Peres, cité par le journal en ligne Y-Net, a appelé à la "prudence et à la retenue" tandis qu'un ministre travailliste, Binyamin Ben Eliezer, a qualifié la mesure d'"erreur".
   
De son côté, le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a fustigé une "vile attaque sioniste (...) qui vise l'identité du peuple palestinien, sa foi et l'identité de toute la nation islamique".
   
En visite à Amman, le président palestinien Mahmoud Abbas a lui exhorté la communauté internationale à empêcher Israël de mener à bien son projet, jugeant les condamnations insuffisantes.
   
Dans le même communiqué, le roi Abdallah de Jordanie a dénoncé les incidents de Jérusalem, estimant que les "agressions provocatrices d'Israël sur (la mosquée) Al-Aqsa auraient des répercussions dangereuses".                             

Boycott, les candidats aux régionales prennent position

par La rédaction du site le dimanche 28 février 2010

Christine Lander, candidate aux élections régionales de la Région CENTRE pour le Front de Gauche : PCF, le Parti de Gauche, les Alternatifs, des syndicalistes, des militants associatifs apporte son soutien aux actions de Boycott contre les produits Israéliens en soutien à la résistance Palestinienne :

" Le gouvernement Israélien ne respecte pas les droits de l'homme, il
maintient l'asphyxie des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie, il
poursuit une politique d'apartheid, d'implantation de colonies juives dans
les territoires palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem Est.

L'assemblée Générale de l'ONU a voté majoritairement le rapport Goldstone,
(...)


Une victoire qui fera jurisprudence

LUXEMBOURG - Des marchandises originaires des colonies israéliennes en Cisjordanie ne peuvent bénéficier du régime douanier préférentiel accordé par l'Union européenne à Israël, a estimé jeudi la Cour européenne de justice dans un arrêt politiquement très sensible.

Dans cette affaire appelée à faire jurisprudence, la société allemande Brita contestait le refus des autorités douanières allemandes d'appliquer le régime préférentiel accordé aux marchandises israéliennes au motif qu'elles étaient produites en territoires occupés.

"Les produits originaires de Cisjordanie ne relèvent pas du champ d'application territorial de l'accord" entre l'UE et Israël "et ne sauraient donc bénéficier du régime préférentiel instauré", a tranché la Cour de Luxembourg.

Du fait de sa dimension politique, l'arrêt dépasse largement le simple litige commercial israélo-allemand, puisqu'il porte indirectement sur la question très sensible de la colonisation israélienne, au coeur de l'impasse actuelle des négociations de paix israélo-palestiniennes, et du statut des territoires palestiniens occupés.

Brita voulait importer en Allemagne des gazéificateurs d'eau ainsi que des accessoires et des sirops fabriqués par un fournisseur israélien, Soda-Club, dont le site de production est implanté à Mishor Adumin. Cette colonie compte quelque 35.000 habitants est située en Cisjordanie, à l'Est de Jérusalem.

"Les autorités douanières allemandes pouvaient refuser d'accorder le traitement préférentiel prévu par cet accord (UE-Israël) aux marchandises concernées au motif que celles-ci étaient originaires de Cisjordanie", a estimé la Cour.

Elle a rejeté également l'argument selon lequel ces produits auraient pu bénéficier d'un autre régime douanier préférentiel, celui prévu par l'accord conclu entre l'UE et l'Autorité palestinienne, qui s'applique aux marchandises palestiniennes produites en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

En effet, "des marchandises certifiées par les autorités israéliennes comme étant originaires d'Israël peuvent bénéficier d'un traitement préférentiel uniquement en vertu de l'accord avec Israël, pourvu qu'elles aient été fabriquées en Israël", souligne la Cour.

Dans le cadre de cette affaire qui dure depuis plusieurs années, les douanes allemandes avaient interrogé leurs homologues israéliennes sur l'origine des produits.

Les autorités israéliennes s'étaient bornées à leur confirmer que les marchandises en question étaient originaires d'une zone sous leur responsabilité. Mais elles n'avaient pas répondu à la question de savoir si elles avaient été fabriquées en territoires occupés.

Le pays exportateur étant le mieux à même de procéder aux vérifications légales, c'est son appréciation sur l'origine des produits qui d'ordinaire fait foi.

Mais dans ce cas précis, la Cour estime que les autorités israéliennes ont "manqué à leur obligation" de fournir des renseignements suffisants pour déterminer l'origine réelle des produits. Et que les autorités allemandes n'étaient par conséquent "pas liées" par le certificat israélien.

L'arrêt était attendu tant du côté israélien que du côté palestinien.

Lors d'une visite mardi à Bruxelles, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a demandé aux Européens à "ne pas investir dans les colonies et à boycotter les produits" en provenance des implantations israéliennes en territoires occupés.

(©AFP / 25 février 2010 11h23)



Palestine. Nicolas Sarkozy plaide pour une initiative européenne


Mahmoud Abbas a été reçu à Paris. Nicolas Sarkozy parle des frontières de 1967 et de Jérusalem capitale des deux États. Manque cependant toujours la définition d’un Meccano précis afin d’y parvenir.

Reuters / Philippe Wojazer

La détermination affichée par l’Autorité palestinienne et l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) face à l’intransigeance israélienne et à la poursuite de la colonisation semble porter ses fruits. En visite officielle en France, le président des deux structures palestiniennes, Mahmoud Abbas, a pu entendre Nicolas Sarkozy dire, lors d’une conférence de presse commune à l’issue d’un déjeuner de travail à l’Élysée, que la situation entre Palestiniens et Israéliens est « d’autant plus incompréhensible et inacceptable que tout le monde connaît les termes d’un accord de paix définitif », incluant « deux États, avec Jérusalem pour capitale, un État palestinien dans les frontières de 1967, un échange de territoires, une discussion sur les réfugiés ». Et le président français d’ajouter, dans le style répétitif où il excelle  : « Tout le monde sait très exactement ce qu’il faut pour arriver à un accord définitif. »

Pourquoi les précédents accords n’ont-ils pas été appliqués  ?

Pourquoi, alors, cette situation de blocage  ? Pourquoi les précédents accords n’ont-ils pas été appliqués  ? Nicolas Sarkozy n’a pas répondu à ces questions, ce qui ne laisse pas d’inquiéter pour la suite du processus. Il a beau affirmer que « la France est autant engagée dans le soutien à la création d’un État palestinien viable, démocratique, moderne, que dans la garantie à apporter pour la sécurité d’Israël, qui est un sujet de préoccupation majeur », les plus optimistes auront du mal à se convaincre qu’un nouveau cap est réellement donné. D’abord parce que la feuille de route élaborée par le quartet (États-Unis, Russie, Union européenne et ONU) prévoyait la création d’un État palestinien en 2005.

Il était également inscrit dans ce texte qu’un État palestinien serait reconnu avec des frontières provisoires avant même le statut définitif et enfin qu’une conférence de paix serait organisée. Or, Nicolas Sarkozy n’a pas repris à son compte l’idée défendue par Bernard Kouchner (qui ne semble pas connaître la feuille de route) de reconnaître un État palestinien avant même le règlement de la question des frontières avec Israël. De même, il reste somme toute assez vague sur le mécanisme qui permettrait de reprendre le processus de paix dans le cadre d’un gel de la colonisation. Il a beau répéter que « ce que nous voulons (…) c’est un État (palestinien) réel, qui puisse donner une espérance, un avenir aux millions de Palestiniens, ce n’est pas simplement une idée », rien, dans son discours, n’amène le moindre début de fondation de cette idée. L’explication est assez évidente. La France, depuis le mandat de Nicolas Sarkozy, s’est fortement rapprochée d’Israël. Mais la situation au Moyen-Orient (Irak, Afghanistan, Pakistan) – et particulièrement le bras de fer qui est engagé avec l’Iran – force les Occidentaux à trouver une solution au conflit israélo-palestinien qui ne permet pas à un certain nombre de leurs alliés régionaux (Égypte, Jordanie, Arabie Saoudite) de les accompagner pleinement dans leur démarche. Mais sans pression politique et économique, Tel-Aviv ne pliera pas.

Le danger maintenant serait que ces déclarations ne soient suivies d’aucun effet. D’autant que la politique américaine en ce domaine est pour le moins inquiétante.

Pierre Barbancey

D'après : http://www.humanite.fr/2010-02-23_International_Palestine-Nicolas-Sarkozy-plaide-pour-une-initiative


"Israël va se transformer en un Etat arabe"



Infolive.TV : 19 février 2010

Tzipi Livni
, a dénoncé, en des termes très durs, l’absence de relance du processus de paix. Selon la chef de l’opposition, Israël va se transformer, à terme, en un Etat arabe si une solution négociée n’est pas trouvée. Elle prédit la constitution d’un Etat entre le Jourdain et la mer Méditerranée dans lequel chaque citoyen pourra jouir du droit de vote. Le vote de la majorité arabe, signifierait la disparition d’Israël en tant qu’Etat juif, au profit d’une identité arabe. 

D'après :

http://www.infolive.tv/fr/infolive.tv-35740-israelnews-israel-va-se-transformer-en-un-etat-arabe

Vidéo YouTube



Exclue 3 jours pour avoir soutenu la « Palestine libre »

Par Fabien Fournier

Une élève de 16 ans de Villefranche-sur-Saône va être temporairement exclue de son collège pour avoir arboré un tee-shirt portant l’inscription « Palestine libre ». Un collectif se mobilise contre cette décision.
Faut-il interdire les inscriptions « Tibet libre » ou les effigies de Che Guevara à l’école ? Elève du collège Claude-Bernard à Villefranche-sur-Saône, Zeyneb ne s’attendait sans doute pas à être renvoyée à cause d’un tee-shirt qu’elle porte depuis deux ans et qui comporte la mention « Palestine Libre ».
« C’est un message de paix »
Tout commence le 28 janvier par un cours d’histoire-géo sur la Russie. L’enseignant fait une digression sur Israël dont il soutient l’extension. « Choquée, même révoltée » par ce parti pris, cette élève de 16 ans lève la main pour prendre la parole. Le prof la lui refuse. Zeyneb est militante de la cause palestinienne : il lui arrive d’accompagner sa mère Amel à des réunions du collectif caladois pour le peuple palestinien.
Frustrée, la jeune fille se présente le lendemain en cours avec ce tee-shirt. Une façon habile d’exprimer un point de vue qui ne semble pas audible en salle de classe. « C’est un message de paix », soulignent mère et fille. Mais le prof, réputé caractériel, en fait une toute autre lecture, enrage et lui ordonne de cacher ce vêtement.
La collégienne fond en larmes, quitte la pièce et le collège pour rejoindre sa mère qui travaille à côté. Pendant ce temps, ne souffrant d’aucune contestation, l’enseignant aurait taxé les défenseurs de la Palestine de « charlots » et de « charlatans ». Quid de la neutralité du service public et de l’obligation de réserve des fonctionnaires ?
"Il a sa pédagogie à lui"
C’est pourtant Zeyneb qui sera convoquée le 11 février, face au proviseur et à la principale adjointe. Elle est coupable d’actes de « prosélytisme » mais est sanctionnée pour « départ d’un cours sans autorisation avec refus d’obéissance ». L’élève prétend que c’est l’enseignant qui lui a demandé de quitter la salle si elle n’obtempérait pas. Au final, elle sera exclue trois jours, les 2, 3 et 4 mars prochain. L’impétueux enseignant est défendu par sa hiérarchie qui considère simplement qu’il a « sa pédagogie à lui ».
« C’est pourtant bien lui qui aurait mérité une sanction plus que l’élève, estime Jacques-Louis Kreiss, membre du collectif. Nous avons vécu ces faits comme une injustice profonde ». Ils en appellent à écrire au proviseur du collège. « Il doit revenir sur sa décision », exhorte le collectif. Hier, l’inspection académique a décidé de rouvrir le dossier. 

d'après : http://www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Actualite/Education/Exclue-3-jours-pour-avoir-soutenu-la-Palestine-libre

Lire aussi : 
http://www.altercalade.net/wiki/palestine:start
http://www.humanite.fr/article2761144,2761144  
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20100219.OBS7434/une_collegienne_exclue_pour_acte_de_proselytisme.html
http://info.france2.fr/education/une-collegienne-exclue-pour-un-t-shirt-61203951.html


Le camp de Shufat résiste

Icône de chaîneNeuf Palestiniens ont été arrêtés mardi au deuxième jour d'une opération des forces de sécurité israéliennes dans le camp de réfugiés de Shufat à Jérusalem-Est. Durée: 0min49.
 d'après : AFPFR
 
cliquer sur le lien pour voir la vidéo  http://www.youtube.com/watch?v=13hbCRaRqLc


Vidéo YouTube




« Le tramway, ma démission, Gaza... et les autres » (Albachir Camus)

publié le jeudi 18 février 2010.

L’auteur, qui a participé à la 154ème mission CCIPPP (été 2009) a démissionné d’Alstom en 2007 à cause de l’engagement de cette entreprise dans la colonisation de la Palestine


- Le 1er tome de son livre reprend sa lettre de démission de…135 pages, et son analyse sur le conflit.
- Le tome 2, est une réflexion pour une stratégie d’action.
- Vous pouvez feuilleter (virtuellement) une partie du livre (voir lien dans l’article) et la CCIPPP vous conseille vivement d’acheter ce livre et de le diffuser...

« Le tramway, ma démission, Gaza... et les autres » (Albachir Camus)

Tome 1 : « Pourquoi j’ai démissionné d’Alstom »

Pour feuilleter :

http://www.wobook.com/WBtc25a2pG8P-2/Le-tramway-ma-d%C3%A9mission-Gaza-et-les-autres.html

Pour commander :

http://www.edifree.fr/doc/2846

Sa transposition de l’agression israélienne sur le sol français est particulièrement pédagogique, voire ludique : nous vous la conseillons !



Tome 2 : « comment régler le problème israélien ? »

Pour feuilleter :

http://www.wobook.com/WBtc25a2C42t-3/EDILIVRE/Edifree/Le-Tramway-ma-demission-Gaza-et-les-autres.html

Pour commander :

http://www.edifree.fr/doc/1442

C’est publié à compte d’auteur… achetez-le ou faites-le acheter par vos associations et librairies militantes… 

Un petit coin sur des stands peut aussi être un bon complément des docs habituels.


Présentation du livre, par Bachir


- Le tome 1 est en fait la reprise de ma lettre de démission. Je ne voulais pas démissionner "sans bruit" et surtout sans une explication claire. Car, après une première demande d’explication, ils m’avaient envoyé le DRH d’Alstom Transport en personne qui m’a demandé dès la première réunion si ma position était "blanc ou noir".

J’ai demandé ce qu’il entendait par là ? Il m’a répondu que peut-être je me sentais mal dans le projet où j’étais, et qu’il était alors possible d’y remédier. Il m’a même demandé si c’était un problème de salaire et que cela aussi pouvait se négocier.

J’ai été clair. Et je n’ai plus eu affaire à lui. Comme il voulait étouffer le problème au mieux, ils m’ont envoyé ensuite mon n+1 puis le n+3 qui avait un document de base diffusées d’en haut avec toutes les réponses-types à donner aux employés qui se posent des questions. Je donne quelques exemples de ces réponses-bateau dans ce tome.

Enfin, je suis monté à Paris au siège pour rencontrer "Madame Communication" d’Alstom. Elle m’a presque convaincu tellement elle était gentille !! mais je me suis ressaisi et finalement, elle m’a répondu après une heure d’entretien : "vous savez quoi : vous n’êtes pas fait pour bosser en entreprise !!!". C’est la seule chose dont elle a pu me convaincre ! En tout cas, je voyais bien au travers des différents entretiens que ma hiérarchie et la plupart de mes collègues ne connaissaient quasi rien au conflit !

Bref, j’ai donc décidé d’expliquer dans une lettre officielle l’histoire de la dépossession du peuple palestinien et j’ai voulu leur montrer combien le tramway s’insérait fortement dans cette histoire de confiscation !


- Quant au tome 2, il est plus important encore pour moi car il est ma réflexion pour une stratégie d’action. Certes, il n’y a rien de révolutionnaire mais je pense que ça peut recadrer certains termes du débat qui me semblent essentiels. J’ai notamment discuté à la fin sur le statut des Territoires et j’ai proposé de nouvelles définitions.





Le sionisme démasqué : un conte de fées qui est devenu un cauchemar terrifiant

mardi 16 février 2010 - 20h:36 - Alan Hart

Au risque d’offenser certains lecteurs de toutes les confessions, je dois avouer...que je n’accepte pas ce concept parce que le Gentil que je suis ne croit pas dans le Dieu des religions organisées, institutionnalisées. Alors, je me dis : si pas de Dieu, pas de promesse aux juifs (ou à quiconque). Dans ma façon de voir les choses, Dieu est le potentiel de bonté en chacun de nous. Ainsi défini, Dieu est prisonnier en chacun de nous et notre première tâche est de libérer ce détenu. Mais mettons ceci de côté.



Les juifs qui sont "retournés" en réponse à l’appel du sionisme n’avaient aucune connexion biologique avec les anciens Hébreux. Ils ont été convertis au judaïsme longtemps après la fin de la conquête et la courte domination par les Hébreux, de la plus grande partie de Canaan, nom de la Bible sous lequel la Palestine a été connue dans le monde. Par conséquent, ils n’avaient aucune revendication légitime sur la terre.

Les juifs, qui n’avaient pas de droit légitime, et ne totalisaient probablement pas plus de 10,000 à l’époque où le sionisme fit sa première déclaration malhonnête sur sa mission en 1897, étaient les descendants directs des Israélites qui étaient restés sur la terre au fil des siècles. Ils se considéraient comme Palestiniens, et ils étaient farouchement opposés à l’entreprise sioniste coloniale parce qu’ils craignaient que celle-ci n’antagonise les Arabes palestiniens à leur endroit et à celui des nouveaux arrivés.

Il est aussi vrai qu’avant l’infamie de l’holocauste nazi, la plupart des juifs dans le monde ne s’intéressaient pas du tout à l’ entreprise coloniale sioniste et beaucoup s’y opposaient. Les mieux informés et réfléchis parmi eux qui ont exprimé leur opposition estimaient que le sionisme était moralement répréhensible.

Ils craignaient aussi que l’entreprise coloniale sioniste ne conduise à un conflit interminable. Mais plus que tout, ils craignaient que si les grandes puissances lui lâchaient la bride, le sionisme provoquerait un jour de l’antisémitisme. C’est précisément ce qui se passe aujourd’hui. (D’où le titre de mon livre, LE SIONISME : L’ENNEMI REEL DES JUIFS).

En réalité, c’est comment les sionistes ont créé leur État - un État Sioniste non pas un État juif - qui définit le mieux ce que le sionisme est réellement.

Israël a été créé principalement par le terrorisme sioniste et le nettoyage ethnique - un processus pré-planifié qui a dépossédé les trois-quarts des autochtones arabes de la Palestine de leurs maisons, de leurs terres et de leurs droits.

Le sionisme affirme que son État a reçu son certificat de naissance et donc sa légitimité de la résolution des Nations unies sur la Partition du 29 novembre 1947. C’est une propagande absurde. La vérité peut être résumée comme suit.

• En premier lieu, les Nations unies, sans le consentement de la majorité des Palestiniens, n’avaient pas le droit de décider de la partition de la Palestine ou d’affecter une partie quelconque de son territoire à une minorité d’immigrants étrangers afin de leur permettre d’y établir un État à eux.

• C’est avec une marge très étroite, et seulement après un vote truqué, que l’Assemblée générale a fait adopter une résolution partageant la Palestine et créant deux États, un État arabe, un État juif, Jérusalem ne faisant partie d’aucun des deux. Mais la résolution de l’Assemblée n’était qu’une recommandation - dans le sens qu’elle ne pouvait avoir d’effet, ne deviendrait une mesure politique, que si le Conseil de sécurité l’approuvait.

• La recommandation de l’Assemblée générale n’est jamais allée au Conseil de sécurité pour examen parce que les États-Unis savaient que si elle était approuvée, elle ne pourrait être mise en oeuvre que par la force étant donné l’ampleur de l’opposition des Arabes et d’autres musulmans ; et le président Truman n’était pas disposé à utiliser la force pour réaliser la partition de la Palestine.

• Donc, le plan de partition était adultéré (il a été invalidé) et quant à la question de ce que diable on ferait de la Palestine - après que la Grande-Bretagne en avait fait un gâchis et avait vidé les lieux capitulant en fait devant le terrorisme sioniste - cette question a été renvoyée à l’Assemblée générale pour discussions complémentaires. L’option privilégiée proposée par les USA était une tutelle temporaire des Nations unies. Mais alors que l’Assemblée générale débattait de la voie à suivre, Israël a déclaré unilatéralement qu’il existait de fait, au mépris de la volonté de la communauté internationale organisée, y compris le gouvernement Truman.

A l’époque, la vérité était que l’État sioniste n’avait aucun droit d’exister et, plus précisément, il ne pouvait avoir le droit d’exister que si ..... il était reconnu et légitimé par ceux que les sionistes avaient dépossédés de leurs terres et de leurs droits. En droit international, seuls les Palestiniens pouvaient offrir à Israël la légitimité à laquelle il aspirait.

C’est quoi un sioniste aujourd’hui ?

En bref : Quelqu’un, pas nécessairement un juif, qui (pour citer Balfour) soutient l’État sioniste d’Israël "que celui-ci ait tort ou raison" et qui ne peut pas admettre, ou ne le fera pas, que le sionisme a infligé un tort terrible aux Palestiniens- un tort qui doit être reconnu et ensuite corrigé à des conditions acceptables pour les Palestiniens si l’on veut qu’il y ait jamais de paix et si l’on veut arrêter le compte à rebours de la catastrophe pour tous.

Le mot arabe pour la catastrophe de la dépossession initiale des Palestiniens est Nakba. À mon avis, le refus par le sionisme de reconnaître la Nakba est aussi obscène et aussi néfaste que le refus de reconnaître l’holocauste commis par les nazis.

Une chose que personne ne peut nier est l’efficacité de la machine de propagande du sionisme. Les doreurs d’image du sionisme ont probablement appris cette leçon des Nazis : plus le mensonge est grand , plus on le répète , plus il aura de chances d’être cru dans un monde majoritairement composé de Gentils, de judéo-chrétiens ou d’occidentaux ; et cela d’autant plus si les grands médias sont terrifiés par l’idée d’offenser tant soit peu le sionisme.

Le plus grand de tous les mensonges de la propagande sioniste est celui qui affirme qu’Israël est en danger constant d’anéantissement, que ses juifs « seraient jetés à la mer ». Comme je le documente en détail dans mon livre, l’existence d’Israël n’a jamais, au grand jamais, été mis en danger par n’importe quel combinaison de forces arabes Pas en 1948. Ni en 1967. Et même pas en 1973. L’affirmation sioniste contraire a été la couverture qui a permis à Israël de tirer son épingle du jeu là où cela comptait le plus, en Amérique du Nord et en Europe occidentale, présentant son agression (souvent du terrorisme d’État) comme de l’auto-défense, et se présentant lui-même comme la victime alors qu’il était, et reste, l’oppresseur.

L’autre mensonge de la propagande est qu’Israël n’a jamais eu de partenaires arabes pour la paix.

Le sionisme a deux caractéristiques.

L’une est un pharisaïsme d’un genre assez extraordinaire. En 1986, ce pharisaïsme a été décrit par Yehoshafat Harkabi, ancien directeur des renseignement militaires israéliens, comme "le plus grand danger réel" pour l’État juif.

L’autre caractéristique est l’arrogance choquante et redoutable de la puissance militaire et économique et l’influence que celle-ci achète, de façon essentielle au Congrès américain où ce qui passe pour de la démocratie est en fait une vente aux enchères.

Sur la question de la vérité concernant la fabrication et le maintien du conflit en Palestine, Palestine qui est devenue Israël, j’espère que le philosophe allemand Arthur Schopenhauer (1788-1860) avait raison : "toute vérité traverse trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle se heurte à une opposition violente. Et enfin, elle est acceptée comme une évidence." Si c’est vrai, le sionisme non seulement peut être vaincu, mais il le sera.

* Alan Hart est un ancien correspondant étranger d’ITN et de Panorama BBC ; il a couvert les guerres et les conflits partout où ils ont eu lieu dans le monde et s’est spécialisé dans le Moyen-Orient. Auteur de Zionism : The Real Enemy of the Jews. Il blogue sur www.alanhart.net et tweete sur www.twitter.com/alanauthor

11 février 2010 - Cet article peut être consulté ici :
http://www.alanhart.net/zionism-unm...
Traduction de l’anglais :Anne-Marie Goossens

 D'après : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8184



 
DENI DE JUSTICE

Rudolf Bkouche (IJAN) via assawra
publié le lundi 15 février 2010.

Il y a des crimes d’Etat qui sont d’autant plus impunis que cet Etat jouit du soutien des Etats qui jouent au maîtres du monde. Ainsi les crimes perpétrés par l’Etat d’Israël.

Le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanction) est une réponse non seulement aux crimes commis par l’Etat israélien mais aussi à la complicité des Etats qui laissent faire voire soutiennent.

Contre les partisans de BDS, l’Etat français et le CRIF ont cru trouver une parade, assimiler le boycott des produits israéliens à une forme d’antisémitisme. Et le tour est joué.

François Fillon, premier ministre français, n’hésite pas à dénoncer, dans son discours au banquet du CRIF, ceux qui boycottent "les produits israéliens et cashers". S’il n’a jamais été question, pour BDS, de boycotter les produits cashers, le mensonge permet encore une fois de jouer sur l’amalgame "juif = sioniste" assimilant ainsi toute critique de la politique israélienne à une forme d’antisémitisme.

C’est cette confusion volontaire qui conduit certaines institutions juives à poursuivre pour incitation à la haine raciale ceux qui boycottent les produits israéliens. Comme si la dénonciation des crimes israéliens ne pouvait relever que de la haine raciale. Cette volonté de couvrir les crimes israéliens au nom des malheurs des Juifs est une forme de mépris. Auschwitz n’est plus l’un des grands crimes de l’humanité, il n’est qu’un instrument au service du sionisme pour légitimer les crimes commis par l’Etat d’Israël. En cela les "anti-antisémites" professionnels que sont devenus les souteneurs d’Israël ne valent pas mieux que les négationnistes qui nient le génocide. Si pour les uns les victimes n’existent pas, elle ne sont pour les autres que les faire-valoir d’une politique.

La condamnation de Sakina Arnaud s’inscrit dans cette prétention des souteneurs d’Israël de présenter BDS comme une forme d’antisémitisme. Mais elle signifie aussi que les crimes commis par l’Etat d’Israël sont absous, que ces crimes, considérés par le rapport Goldstone, comme des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité, ne sont pas des crimes. En cela cette condamnation est inacceptable.

Si le groupe Carrefour poursuivait Sakina Arnaud pour "dégradation légère" pour avoir mis une étiquette appelant au boycott des produits israéliens, le procureur de la République a requalifié la plainte en "incitation à la discrimination raciale, nationale et religieuse". Est-ce une initiative du Parquet ou une pression du gouvernement ? cela importe peu ; il suffit de noter la convergence entre la décision du Parquet et les déclarations du premier ministre au banquet du CRIF. Critiquer Israël ne peut être qu’un acte antisémite.

Depuis la légitimation par une instance internationale du déni de justice que constitue la création de l’Etat d’Israël, les souteneurs de l’Etat d’Israël, à l’époque les deux grandes puissances qui cherchaient à étendre leur puissance sur le Moyen-Orient, n’ont eu de cesse d’en appeler à la mémoire du génocide des Juifs par les nazis pour soutenir inconditionnellement la politique israélienne. A l’instrumentalisation du génocide mise en place par le mouvement sioniste, s’ajoutait l’instrumentalisation de ce génocide par les souteneurs d’Israël, comme si le massacre perpétré contre les Juifs valait légitimation des crimes commis par l’Etat d’Israël.

En cela, la condamnation de Sakina Arnaud pour "incitation à la discrimination raciale, nationale et religieuse" est un double déni de justice, déni de justice envers les Palestiniens qui subissent les exactions israéliennes, déni de justice envers les partisans de BDS qui protestent contre ces crimes.

Rudolf Bkouche

IJAN (Inernational Jewish AntiZionist Network)

 

Rudolf Bkouche (IJAN) via assawra


Le camp de Shufat résiste !

photos de media-quds.net

publié le dimanche 14 février 2010.

Pour la quatrième nuit consécutive, les sionistes encerclent le camp : ils arrêtent tous les jours entre vingt et trente jeunes, certains des enfants. Leur but est de tuer l’esprit de la résistance qui grandit et se développe parmi les Palestiniens d’al-Quds, et notamment les jeunes.


Ne laissons pas seuls les Palestiniens d’al-Quds. Développons la solidarité en informant sur leur lutte, leur situation, en expliquant ce qu’ils affrontent, et en agissant concrètement




L’armée israélienne a kidnappé 150 Palestiniens en 2 jours

The Palestine Telegraph
samedi 13 février 2010 - 20h:58

Le ministère palestinien pour les prisonniers a déclaré que les autorités israéliennes d’occupation ont intensifié récemment les enlèvements de Palestiniens dans les différentes parties en Cisjordanie, à Jérusalem et dans la bande de Gaza. Plus de 150 habitants ont été enlevés au cours des deux derniers jours.

Riyad Al-Ashqar, directeur du département de l’information dans le ministère, a déclaré que les forces israéliennes d’occupation avaient enlevé environ 100 jeunes, hommes et enfants alors qu’ils prenaient d’assaut le camp de réfugiés de Shufat au nord de Jérusalem, dans une opération militaire barbare et la plus violente depuis des années. Cette attaque a débuté il y a deux jours et elle est toujours en cours.

Les autorités israéliennes d’occupation ont utilisé pour cette opération un grand nombre de soldats, des chiens policiers et des hélicoptères. Les personnes enlevées ont été emmenées vers des centres de détention. Des dizaines de personnes sont « soumises à une enquête » sous prétexte qu’elles étaient « recherchées », selon le porte-parole de la police des forces d’occupation.

Al-Ashqar a souligné que parmi les personnes enlevées se trouvaient 15 civils palestiniens de la bande de Gaza, enlevés après un raid mené par un certain nombre de soldats israéliens appuyés par des jeeps militaires et des bulldozers au nord de la zone libérée « Dugit » à l’ouest de la ville de Beit Lahia.

Les forces d’occupation ont détruit des terres agricoles, encerclant des enfants, des femmes et des adolescents qui ramassaient du gravier et des gravats - utilisés pour reconstruire ce qui avait été détruit durant l’attaque récente d’Israël contre la bande de Gaza - et qu’ils ont ensuite emmenés vers une destination inconnue de l’autre côté de la frontière.

On trouve aussi parmi les personnes enlevées 38 personnes de Cisjordanie, dont 15 enfants du camp de réfugiés d’Al-Jalazoun à Ramallah, les plus jeunes d’entre eux étant : Hussein Dib Hraikp, âgé de 15 ans et Nasr Kamal Hraikp, de 15 ans également. Six autres personnes ont été enlevées dans le village d’Al-Khalajan dans le district de Jénine.

D’autre part, le tribunal militaire de Salem près de Jénine, a renouvelé pour la quatorzième fois consécutive la détention de la prisonnière Sanabel Nabigh Suliman Brake, âgée de 19 ans et venant de Naplouse. Elle est emprisonnée depuis le 22 septembre 2008.

Les tribunaux israéliens ont renouvelé également la détention de Mme Montaha al-Tawil, âgée de 45 ans - dont le mari est le maire d’El-Bireh - et qui a été enlevée après que les Israéliens aient fait irruption dans sa maison il y a de cela trois jours.

Le ministère a lancé un appel aux organisations internationales pour une intervention immédiate afin de protéger le peuple palestinien désarmé, faire cesser les transgressions du droit international par les forces d’occupation, et faire pression sur Israël pour qu’il arrête les arrestations quotidiennes contre les Palestiniens.

13 février 2010 - The Palestine Telegraph - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.paltelegraph.com/palesti...
Traduction : Info-Palestine.net

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8172


La barbarie sioniste s'attaque aux lieux historiques d'al-Quds: les sionistes veulent fermer la porte al-Amoud (porte de Damas)

Rim al-Khatib (7/2/2010)


La porte al-Amoud est la principale porte actuelle de la vieille ville d'al-Quds. Par la porte al-Amoud essentiellement, les gens rentrent et se dirigent vers la mosquée al-Aqsa et les autres lieux saints de la vieille ville. Par la porte al-Amoud, à laquelle les gens arrivent de la rue de Nablous et d’al-Musrara, les gens entrent dans la vieille ville pour faire leurs courses quotidiennes ou occasionnelles. Bab al-Amoud, ou porte al-Amoud, est l’un des traits essentiels de la vieille ville d’al-Quds. Sa fermeture est une guerre déclarée contre les Palestiniens, musulmans et chrétiens, de la ville.

                                

Dans une déclaration de ce jour (7 février), sheikh Tayseer Tamimi a dit que la « décision de la municipalité de l’occupation de fermer Bab al-Amoud, l’une des plus importantes portes de la ville occupée d’al-Quds.. est un massacre de la civilisation ». Il a ajouté que la fermeture également des commerces pendant deux ans, à cause des travaux , de la porte al-Amoud jusqu’à la place al-Bouraq (mur occidental de la vieille ville), sous prétexte de construire les infrastructures de la zone, n’est que judaïsation et modification des caractéristiques arabes et islamiques dans la vieille ville, tout cela est prétendûment appelé développement ou réhabilitation.

Il a précisé que le gouvernement de l’occupation a plus d’un projet pour modifier les traits de la vieille ville d’al-Quds. Cela comprend les portes de la ville, ses remparts et ses quartiers, ce qui est en train d’être appliqué. Plus de 200 millions de dollars ont été consacrés pour ce projet. S’ajoute à tout cela l’élargissement des colonies qui entourent la ville sainte, comme Maale Adomim, Bisgat Zeev, French Colony, Gilo, Talpot, etc.., mettant en garde contre l’accélération de la judaïsation de la ville et la modification du rapport démographique.

Sheikh Tamimi a partagé ses craintes, disant que le nouveau projet des excavations près de la porte al-Amoud n’est que le prélude à la division de la mosquée bénie d’al-Aqsa, tout comme cela s’est passé pour la mosquée al-Ibrahimi à al-Khalil, avant de la détruire et d’installer un temple à sa place. 

Sheikh Tamimi a appelé le congrès islamique et la Ligue arabe à agir pour empêcher la réalisation des plans de judaïsation et de destruction, tout comme il a appelé l’Unesco qui a pour tâche de protéger les lieux et sites historiques et religieux de prendre des mesures pour stopper cette destruction méthodique des vestiges et des traits historiques et culturels de la ville d’al-Quds, et de faire appliquer ses décisions, plus de 65 décisions concernant al-Quds, depuis 1968, qu’Israël bafoue et ignore.

C'est pourquoi il est important d'interpeller l'Unesco, en lui envoyant des courriers signés, par individus ou par groupes, lui réclamant de stopper coûte que coûte tous les pseudo-travaux entrepris par l'Etat de l'occupation dans la ville occupée d'al-Quds.

C'est un massacre de la civilisation qui est en train d'être commis, une épuration ethnique dans un des lieux les plus prestigieux du monde.


en complément écouter l'émission sur France Inter : http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/nousautres/index.php


Le village de Bilin va récupérer 140 hectares de ses terre

jeudi 11 février 2010, par La Rédaction d'Al Oufok

Les bulldozers israéliens ont commencé jeudi à creuser le nouveau tracé de la "barrière de séparation" à Bilin. Deux ans et demi après une décision en leur faveur de la Cour suprême israélienne, les habitants de Bilin, village devenu le coeur de la contestation contre ce "Mur", ont enfin gain de cause.
Bilin était devenu le symbole de la contestation palestinienne contre le "Mur", qui privait les villageois de plus de la moitié de leur terres : 232 hectares avaient ainsi été confisqués pour bâtir la barrière protégeant la colonie de Modiin Ilit.
Jeudi, les villageois ont été informés que Bilin et les villages avoisinants allaient récupérer 140 hectares du fait du nouveau tracé, a expliqué le chef de file de la contestation, Khatib Abou Rameh.
"C’est une victoire pour notre combat mais elle reste petite, jusqu’à ce que nous parvenions à la victoire finale : le retrait du mur", a déclaré Abou Rahmeh.
Une fois que le nouveau tracé du Mur aura été achevé, le tronçon actuel enserrant Bilin sera démantelé, a-t-il expliqué.
Depuis 2005, des manifestants marchaient tous les vendredis de Bilin jusqu’à la barrière de sécurité. Une mobilisation qui a bénéficié d’un important soutien international et a été saluée par l’ancien président américain Jimmy Carter ou encore par l’archevêque sud-africain Desmond Tutu.
Au moins six manifestants ont été tués entre Bilin et le village voisin de Naalin, et des centaines d’autres blessés dans les fréquents affrontements qui ont éclaté, l’armée israélienne considérant ces rassemblements comme illégaux. Des soldats israéliens ont aussi été blessés.
Israël a commencé à construire le mur de séparation en 2002, qui doit au total s’étendre sur 690 kilomètres. Des dizaines de cas similaires à celui de Bilin sont portés devant les tribunaux israéliens. Les Palestiniens accusent l’Etat hébreu de l’utiliser pour s’emparer de terres palestiniennes.
Fin 2007, la Cour suprême israélienne avait ordonné au gouvernement de modifier le tracé du mur coupant les terres de Bilin en deux, et de le faire dans des "délais raisonnables".

(Jeudi, 11 février 2010 - Avec les agences de presse)


Journées ordinaires en Palestine occupée …

… par la " seule démocratie au Moyen Orient "

Des bulldozers militaires sionistes rasent les terres agricoles des Bédouins au Néguev
[ 11/02/2010 - 12:44 ]
Le Néguev – CPI

La radio sioniste a dit que des bulldozers militaires sionistes ont rasé, le matin de mercredi 10/2, les terres agricoles des bédouins dans la région d'al-Arakib près de Rahat, au Néguev, dans les territoires palestiniens occupés en 1948.


L'occupation envahit des maisons résidentielles à al Khalil et arrête deux Palestiniens
[ 11/02/2010 - 12:33 ]
Al Khalil – CPI

Les forces de l'occupation ont arrêté, le mercredi à l'aube 10/2, deux Palestiniens dans la ville d'al Khalil, au sud de la Cisjordanie et ont envahi les logements des étudiantes, à la faculté d'agriculture d'al-Aroub.

Des sources palestiniennes ont dit que les forces sionistes ont lancé une campagne de fouille dans ces logements.

Des colons sionistes attaquent un fermier de Dir Astia à l'ouest de Selfit
[ 11/02/2010 - 11:02 ]
Selfit - CPI

Des sources locales dans la ville de Selfit ont dit que plus de 20 colons sionistes ont attaqué, le mercredi 10/2, un fermier palestinien, 75 ans, lorsqu'il se trouvait dans ses terres agricoles, dans la région de l'Oued de Kana, à l'ouest du village de Dir Astia, à Selfit. Les sources ont déclaré que le fermier palestinien est dans un état critique après cette attaque sioniste.


Les forces occupantes effectuent un débarquement au sud de Jénine
[ 10/02/2010 - 12:08 ]
Jénine – CPI

Les forces de l'occupation ont envahi, aujourd'hui à l'aube, le mercredi 10/2, plusieurs régions de la ville de Jénine, où elles ont effectué un débarquement et des manœuvres militaires, au sud de la ville. Des témoins oculaires ont dit que les forces occupantes ont effectué, la nuit dernière, un débarquement entre le village de Zababeda et Akaba et ont exécuté des manœuvres militaires jusqu'au matin d'aujourd'hui.


Chaque jour des dizaines d'exactions commises par l'armée et les colons engendrent  rage et rancune qui sont autant d'obstacles à la paix



Pourquoi les USA ferment-ils les yeux sur les bulldozers israéliens ?

mardi 9 février 2010 - 19h:15
Robert Fisk
The Palestine Telegraph

La « Palestine » n’est plus. Appelons-la « processus de paix » ou « feuille de route » ; et reprochons-le à la faiblesse de Barack Obama, à son aveu pathétique, puéril - tel un médecin optimiste qui rend un enfant malade sans espoir de guérison à ses parents - qu’une paix au Moyen-Orient était « plus difficile » à réaliser qu’il ne l’avait imaginé.

Alors même que vous lisez ces mots, les bulldozers israéliens et les ordres de démolition sont en train de réduire à néant la dernière chance de paix .

Mais le rêve d’une solution à « deux Etats », israélien et palestinien, règlement sécuritaire inoculé mais noble à des décennies de guerre entre Israéliens et Palestiniens, ce rêve est pour ainsi dire mort.

Tant les Etats-Unis que l’Europe se tiennent maintenant les bras croisés pendant que le gouvernement israélien anéantit avec zèle tout espoir d’Etat palestinien ; alors même que vous lisez ces mots, les bulldozers israéliens et les ordres de démolition sont en train de réduire à néant la dernière chance de paix ; non seulement dans le centre symbolique qu’est Jérusalem elle-même mais - et stratégiquement c’est beaucoup plus important - dans 60% des vastes terres bibliques de la Cisjordanie occupée, dans cette plus grande zone où les juifs désormais sont deux fois plus nombreux que les musulmans.

Cette plus grande partie de la Cisjordanie - connue avec les défunts Accords d’Oslo sous le sobriquet sinistre de « zones C » - est déjà tombée sous une législation israélienne, véritable apartheid par décret : un ensemble de lois israéliennes qui interdisent pratiquement toute construction palestinienne ou aménagement de villages, qui enfoncent sans vergogne les maisons palestiniennes pour lesquelles les permis de construire ont été impossibles à obtenir, ordonnent la destruction même des réseaux d’assainissement que les Palestiniens ont restaurés. Les colons israéliens ne connaissent pas de tels problèmes : c’est pourquoi 300 000 Israéliens vivent maintenant - dans 220 colonies, toutes illégales selon le droit international - sur les terres palestiniennes occupées les plus riches et les plus fertiles.

Quand le vieil envoyé d’Obama, George Mitchell, a repris dans l’humiliation le chemin du retour, cette semaine, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fêté son départ en plantant des arbres dans deux des trois plus grandes colonies israéliennes autour de Jérusalem. Avec ces arbres, à Gush Etzion et à Ma’aleh Adumim, il a déclaré envoyer un « message clair : nous sommes ici, nous y faisons des projets et nous y construisons ». Ces deux énormes colonies, avec celle d’Ariel au nord de Jérusalem, sont «  une part indiscutable d’Israël et pour toujours ».

C’était ainsi fêter la victoire de Netanyahu sur ce président américain arriviste qui avait osé défier la puissance d’Israël, non seulement au Moyen-Orient mais jusqu’en Amérique. Et pendant que le monde, cette semaine, écoutait Netanyahu commémorer la mémoire de l’Holocauste pour le génocide de six millions de juifs, injuriant l’Iran en le qualifiant de nouvelle Allemagne nazie - supposant le farfelu président d’Iran aussi maléfique qu’Hitler -, pendant que le monde l’écoutait, l’espoir d’un avenir pour la Palestine continuait de partir en miettes. Le président Ahmadinejad d’Iran n’est pas plus Adolf Hitler que les Israéliens sont des nazis. Mais la « menace » de l’Iran distrait le monde. Comme Tony Blair hier, qui essaie de se défiler devant sa responsabilité sanguinaire dans le désastre iraquien.

La véritable catastrophe, pourtant, se poursuit, aux abords de Jérusalem, au milieu des terres, des collines pierreuses et des grottes ancestrales, de la plus grande partie de la Cisjordanie.





Un chercheur accuse Israël d’avoir détruit des milliers de livres palestiniens

mardi 9 février 2010 - 06h:47 - Ynet

Des dizaines de milliers de livres palestiniens ont été détruits après l’instauration d’Israël, selon un chercheur de l’université Ben-Gourion.

Des dizaines de milliers de livres palestiniens ont été détruits après l’instauration d’Israël, selon un chercheur de l’université Ben-Gourion.

Israël a pillé et détruit des dizaines de milliers de livres dans les années qui ont suivi l’instauration de l’Etat, selon une thèse de doctorat qui sera présentée le mois prochain par un chercheur de l’université Ben-Gourion.

Au cours d’une interview du chercheur, publiée sur le site d’Al-Jazeera jeudi, celui-ci a affirmé qu’Israël avait détruit ces livres palestiniens dans le cadre de son plan visant à « judaïser le pays » et à couper ses habitants arabes de leur nation et de leur culture.

Toujours selon la thèse de doctorat, les autorités israéliennes ont récupéré des milliers de livres arabes à Jérusalem, Jaffa, Haïfa, Safed, et dans d’autres villes où vivaient des Arabes. Les officiels israéliens ont procédé à la distribution d’une moitié des livres et ont détruit la seconde partie des livres qui représentaient une « menace à la sécurité », explique le chercheur.

Lors de son entretien avec Al-Jazeera, le chercheur soutient, en se basant sur les archives israéliennes, que les troupes des FDI (forces de défense israéliennes) ont pillé les livres dans les maisons des Palestiniens expulsés lors de la « Nakba », avant de les remettre aux autorités. L’Etat a entrepris de monter une bibliothèque à Jaffa et dans d’autres villes avec ces livres, dit-il.

 « Massacre culturel »

Le chercheur a révélé à Al-Jazeera que selon les documents qu’il a en sa possession, Israël a détruit 27 000 livres en 1958, prétendant qu’ils étaient inutiles et qu’ils menaçaient l’Etat. Les autorités ont vendu ces livres, la plupart étant des manuels scolaires, à une fabrique de papier, précise-t-il.

« Ce fut un massacre culturel opéré d’une manière pire que lors du colonialisme européen, où l’on conservait les objets volés dans des bibliothèques et des musées » accuse le chercheur.

Il ajoute que certains livres ont été vendus à des prix réduits à des écoles arabes, pendant que d’autres étaient transférés à la bibliothèque de l’université hébraïque de Jérusalem.

Le chercheur estime qu’environ 6 000 livres palestiniens sont actuellement disponibles à la Bibliothèque nationale à l’université hébraïque. Cependant, il affirme que beaucoup d’autres livres, de langue arabe, anglaise et française, n’ont pas été enregistrés, et il soutient que la plupart de ceux-ci sont gardés dans des réserves de bibliothèques et ne peuvent être consultés.


(*) Un laboratoire de restauration des manuscrits a ouvert ses portes sur l’Esplanade des Mosquées, à Jérusalem : voir L’Esplanade des Mosquées soigne ses manuscrits - "Ils veulent que nous perdions notre héritage" mais "Si nous sauvons nos documents, nous sauvons la ville", assurent les restaurateurs.

28 janvier 2010 - Ynet - traduction : JPP


D'après : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8133



On avait pourtant bien compris que le peuple palestinien n'existait pas‏ ?!

Par Nadine Acoury 
 
Protestation des Palestiniens du Neguev contre les ordres d'expulsion des villages "non reconnus" (al jazeera - archives)


N'ayant pas réussi à judaïser la Galilée, le Golan et le Neguev, ni à attirer des colons juifs pour les incruster dans ces régions habitées depuis des millénaires par leurs populations d'origine, Netanyahou recourt à la colonisation militaire par l'installation des soldats de l'armée d'occupation.
De quoi s'agit-il ?  

C'est une stratégie précédemment utilisée par l'ennemi en Cisjordanie et à Gaza, et qui consiste à faire cadeau d'un lopin de terre, dans le cas présent d'un quart de dunum, soit 250 m², à tout soldat des forces d'occupation, à condition qu'il y emménage et s'y établisse définitivement.

Après le nettoyage ethnique, l'occupation militaire, les dizaines d'inventions juridiques déguisant les expropriations des Palestiniens sous couvert de "
biens des absents", "intérêt général", "biens publics" et "villages non reconnus", l'ennemi sioniste poursuit l'occupation et le nettoyage ethnique, qui n'a pas aboutit en plus de 62 ans à vider la Palestine de sa population au profit de l'Etat national juif.

Il est quand même surprenant que cette stratégie doive être encore mise en oeuvre, alors qu'à la base de l'installation des sionistes en Palestine, outre le mandat exclusif sur cette terre qui leur avait été octroyé par le Créateur, on nous avait bien expliqué qu'il y avait "une terre sans peuple" faite pour accueillir le "peuple sans terre", seul susceptible de faire fleurir le désert et d'apporter la civilisation dans ces contrées barbares et ... dépeuplées.

Alors, le peuple palestinien, existerait-il ?


D'après : http://www.ism-france.org/news/article.phpid=13378&type=communique&lesujet=Nettoyage%20ethnique
                     

AP | 02.02.2010 | 21:35

Le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak a averti mardi qu'Israël deviendrait un Etat "binational" ou un pays d'"apartheid", s'il ne parvenait pas à un accord de paix avec les Palestiniens.

"La vérité pure et simple est que s'il y a un Etat" comprenant Israël, la Cisjordanie et la Bande de Gaza, "il devra être binational ou antidémocratique", a-t-il déclaré lors d'une conférence sur la sécurité au nord de Tel Aviv. "Si ce bloc de millions de Palestiniens ne peut pas voter, ce sera un Etat d'apartheid".

Les dirigeants israéliens emploient rarement le terme "apartheid" en lien avec les Palestiniens. Ce mot a cependant été repris par les plus vifs détracteurs d'Israël qui l'accusent d'user de tactiques d'apartheid contre les Palestiniens.

Ehoud Barak a appelé à une reprise immédiate des pourparlers de paix sur toutes les questions en suspens, exhortant les Palestiniens à renoncer à leur demande d'un arrêt des constructions dans les colonies juives de Cisjordanie en premier lieu.

S'exprimant après le ministre israélien, le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a déclaré qu'il était d'accord avec M. Barak sur l'objectif, mais qu'il rejetait son appel à abandonner une condition faisant, selon lui, partie de la feuille de route pour la paix au Proche-Orient datant de 2003.

"Je ne crois pas qu'il puisse y avoir une paix permanente" sans l'acceptation du "concept d'une Palestine souveraine", a-t-il dit. Il a également demandé le déploiement des forces de sécurité palestiniennes dans des secteurs désormais sous contrôle israélien et appelé Israël à mettre un terme aux incursions militaires dans des zones sous contrôle palestinien en Cisjordanie. 

d'après : http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/proche_moyenorient

AP


Gideon Levy : "J’essaye de raconter au peuple israélien une histoire qu’il ne veut pas entendre"

à lire de toute urgence


Israël rejoindra probablement l’OCDE en 2010 : « Si vous avez assez d’argent, on vous appellera une démocratie ».

Interview de Shir Hever (AIC)
publié le vendredi 29 janvier 2010.

Le Secrétaire Général de l’Organisation de Coopération de Développement Economiques (OCDE), Angel Gurria, a visité Israël la semaine dernière (18-20 janvier 2010) pour remettre deux nouveaux rapports de l’OCDE : une Etude économique d’Israël et une Etude du marché du travail et de la politique sociale. En même temps Gurria a annoncé que l’accession d’Israël à l’OCDE aura lieu probablement dans les six mois à venir.

Connie Hackbarth a parlé à Shir Hever, chercheur en économie de l’Alternative Information Center (AIC), pour mieux comprendre ce que cela signifie.

Qu’est-ce que l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques ?

L’OCDE est une association de pays développés, surtout occidentaux, engagés dans la démocratie, le marché libre et le développement. Bien sûr, ce « développement » se réfère au développement et aux politiques économiques néolibérales.

Les médias israéliens ont rapporté la semaine dernière qu’Israël va devenir prochainement membre de l’OCDE.

Le Secrétaire Général de l’OCDE, Angel Gurria, a annoncé récemment que malgré plusieurs « préoccupations », Israël joindra probablement l’OCDE dans les six mois prochains. A présent, savoir si ces préoccupations doivent être résolues avant qu’Israël adhère n’est pas clair, et la crainte est qu’elles ne le seront pas.

Quelles sont ces « préoccupations » ?

Il y a trois domaines de préoccupation. L’un concerne la corruption, particulièrement dans l’industrie d’armement israélienne. Une autre est sur les droits de propriété intellectuelle, particulièrement dans l’industrie des médicaments. Et le troisième, le plus important, se réfère au fait que dans ses rapports à l’OCDE, Israël a inclus les statistiques concernant Jérusalem Est et les Hauts du Golan, zones qu’Israël a annexé illégalement. Israël n’a pas fourni de statistiques sans ces zones parce que les institutions israéliennes ne fournissent pas de données statistiques faisant la différence entre Israël et les territoires occupés, même à usage interne.

Les statistiques fournies par Israël à l’OCDE incluent en plus les colons Israéliens vivant en Cisjordanie. Il est important de rappeler que les colons de Cisjordanie reçoivent plus de services que les citoyens Israéliens vivant dans la ligne verte, créant ainsi une distorsion des données qui donne une image irréaliste du niveau de vie en Israël. Un citoyen israélien sur 14 est un colon en Cisjordanie, cad. que 6% de la population sur laquelle Israël a fourni ces données vit en Cisjordanie.

Quand a commencé le processus d’adhésion d’Israël à l’OCDE ?

Le processus a commencé en 1993 et Shimon Peres, alors Ministre des Affaires Etrangères, a été le moteur de cette initiative. Ceci faisait partie de la politique israélienne globale pour utiliser le processus d’Oslo comme un tremplin pour l’intégration dans le marché mondial et pour gagner une légitimité internationale pour Israël.

Pourquoi le processus a-t-il pris tant de temps ?

Il n’est pas facile d’identifier les raisons exactes. Mais les économistes Israéliens pensent que ce délai est lié à l’occupation israélienne. Ils font remarquer l’adhésion du Mexique ou de la république Tchèque, a leur avis moins développés qu’Israël, alors qu’Israël est encore candidat.

Alors pourquoi le processus avance t-il maintenant ?

La politique israélienne commence à porter ses fruits. Les rapports de l’OCDE félicitent la liquidation de l’Etat-providence par Israël, sa privatisation rapide des actifs gouvernementaux et l’érosion du pouvoir de négociation des travailleurs comme autant de mesures positives prises par Israël.

Que signifie l’adhésion d’Israël à l’OCDE ?

Peu de choses d’un point de vue économique. Les marchés israéliens pourraient potentiellement être réévalués pour être traités dans les indices boursiers des pays développés plutôt que dans les indices des pays émergents, et peut être les notations de crédit d’Israël seraient améliorées.

Mais, plus important, l’adhésion à l’OCDE est une récompense internationale certifiant qu’Israël est une démocratie, car seules les démocraties peuvent adhérer à l’OCDE.

Que peuvent faire les militants pour une paix juste et pour la justice sociale ?

Les militants des pays de l’OCDE doivent protester parce que l’adhésion d’Israël porte atteinte à ce que démocratie signifie. Si on donne une récompense internationale à Israël alors qu’il continue d’occuper et de déposséder le peuple palestinien, l’OCDE se rend complice de ces violations des droits humains. Si Israël devient membre de l’OCDE, il donne une preuve supplémentaire du lien – que les pays de l’OCDE préfèreraient ne pas admettre – entre démocratie et libre entreprise pour le monde développé et oppression violente et pauvreté dans le monde développé. Quelle sorte de libre marché peut-il s’établir lors d’occupations militaires ?

L’OCDE ment en affirmant qu’Israël a sept millions de citoyens. Ce qu’il devrait dire est qu’Israël a 11 millions de sujets, dont sept seulement sont des citoyens. Israël avec ses 11 millions de sujets remplit-il les critères de l’OCDE ? Avec ses 11 millions de sujets, Israël est le pays le plus inégalitaire du monde, avec une disparité de 20 contre 1 entre un citoyen israélien et un Palestinien de Gaza. Israël avec son système politique séparé pour les Israéliens et les Palestiniens des territoires palestiniens occupés satisfait-il vraiment les critères de l’OCDE pour une démocratie ?

Traduction JPB

http://www.alternativenews.org/english/2401-srael-likely-to-join-oecd-in-2010-if-you-have-enough-money-well-call-you-a-democracy.html


Des femmes soldates israélienne dénonçent les abus de Tsahal*
publié le lundi 1er février 2010
http://www.france-palestine.org/article13863.html

Serge Dumont
 
L’ONG « Brisons le silence » publie un nouveau rapport critique sur les violences commises par les soldates d’Israël.

« Dans l’armée israélienne, une femme doit se montrer meilleure que les hommes. Lorsqu’elle humilie un Palestinien, elle doit donc le faire plus fort. » Neuf mois après avoir publié la confession sans fard de soldats de Tsahal (l’armée de l’Etat hébreu) ayant participé à l’offensive de janvier 2009 dans la bande de Gaza, l’organisation non gouvernementale israélienne « Brisons le silence » vient de rendre public le témoignage de cinquante femmes soldates postées à différents barrages de Cisjordanie durant leur période d’« obligation militaire » (deux ans). Quelques-unes ont également servi à Erez, le principal point de passage avec la bande de Gaza.

Sous le couvert de l’anonymat, ces témoins racontent les mauvais traitements infligés quotidiennement aux Palestiniens désireux de franchir un barrage pour se rendre d’un point à un autre de la Cisjordanie, les vols d’argent ou de marchandises perpétrés par ceux qui sont censés les contrôler, ainsi que la complicité ou le désintérêt d’une hiérarchie qui cherche avant tout à se couvrir.

« La procédure voulait que lorsqu’on laissait un Palestinien qui avait eu l’autorisation de se rendre en Israël retourner dans la bande de Gaza via Erez, on l’emmenait à l’écart sous une tente et on le battait », raconte une soldate fraîchement démobilisée. La « correction » durant une vingtaine de minutes se déroulait en présence des officiers commandant l’unité et à en croire l’ONG, « les femmes n’étaient pas les dernières à frapper ».

Tuer l’ennui


Le rapport de « Brisons le silence » fait du bruit en Israël. La radio publique lui a d’ailleurs consacré un long débat quelques heures à peine après sa publication. Plusieurs soldats ou ex-soldats intervenant à l’antenne ont accusé l’ONG de « monter en épingle des faits isolés car il est évident qu’il y a des brebis galeuses partout ». D’autres ont estimé qu’il s’agissait d’un ramassis de mensonges puisque « Tsahal est la seule armée disposant d’un code d’éthique ». Ce qui en fait « l’armée la plus morale du monde » a estimé le vice-premier ministre Elie Yshaï en préambule au Conseil du cabinet de dimanche.

Mais les témoins de « Brisons le silence » ont maintenu leurs propos. L’un d’entre eux a cité le cas d’un enfant en bas âge qui avait pour habitude de narguer les soldats basés à Hébron (Cisjordanie) et qui leur lançait parfois des pierres. Convoqué par l’unité de police militaire « Sachlab », le bambin a subi un interrogatoire en règle au cours duquel son bras a délibérément été cassé.

Selon une femme officier dans le Corps des gardes-frontière, les violences seraient souvent provoquées par l’ennui. Postée dans la région de Jénine où elle surveille le mur de séparation, cette soldate affirme que ses collègues, qui n’ont rien à faire, inventent souvent des agressions. « Ils affirment par radio que des Palestiniens leur ont lancé des pierres ou se sont montrés agressifs et en donnent une description vague. Ce qui leur permet ensuite d’interpeller n’importe quel « suspect » pris au hasard afin de défouler leur stress sur lui. »

Parfois, ce « défoulement » va tellement loin que les victimes en meurent. Parmi les cas cités figure celui d’un enfant de 9 ans abattu d’une balle dans l’abdomen après qu’il eut tenté de grimper le long du mur de séparation. Un autre enfant tué par des snipers à proximité de la colonie de Goush Etzion n’avait lui non plus pas grand-chose à se reprocher mais les soldats qui l’ont tué se sont arrangés pour inventer une histoire qui les couvrait. 

  
 
 Grand reportage

jeudi 28 janvier 2010 

Prisonnier politique en Israel : le cas de Mohammed Othman  

           Par Catherine Monnet


































   
Ils sont encore quelques 7.000 dans les prisons israéliennes et près de 300 sont incarcérés sans procès car sous le coup d'un ordre de détention administrative. Catherine Monnet a suivi un de ces prisonniers, Mohammed Othman.




Propagande et désinformation à l’israélienne (I)

Alain Gresh (Nouvelles d’Orient, Blog Monde Diplomatique)
publié le mercredi 27 janvier 2010.

Je signalais, dans un précédent envoi, cet article de Serge Dumont dans le quotidien suisse Le Temps (8 janvier) : « Israël muscle sa riposte sur le Net ». On y lisait notamment : « Peu après la fin de l’opération “Plomb durci” (l’invasion de la bande de Gaza en janvier dernier), Tzipi Livni, alors ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement d’Ehoud Olmert, a rapidement pris conscience de l’ampleur de la vague de protestations soulevée par la destruction massive des infrastructures civiles palestiniennes. Elle a alors autorisé son département à recruter des jeunes fans d’informatique pratiquant parfaitement une ou plusieurs langues étrangères afin de répondre aux critiques qui fusaient dans les blogs ainsi que dans le courrier électronique des grands journaux européens et américains. »

Au-delà, c’est toute une entreprise de propagande qui se met en place à partir d’Israël. Et elle se traduit par un manuel diffusé par The Israel Project, une officine de désinformation très professionnelle, et dont l’exergue est : « Pour la liberté, la sécurité et la paix » – celle des Israéliens, bien sûr, et d’eux seuls. Ce manuel s’intitule The Israel Project’s 2009. Global Language Dictionary (PDF) et est destiné à la propagande aux Etats-Unis, mais ses « règles » s’appliquent sans doute ailleurs.

C’est un document d’une centaine de pages, divisé en dix-huit chapitres. Curieusement, il porte la mention « interdit à la distribution et à la publication ». Il semble que ce texte n’était donc pas destiné à être diffusé largement.

Le premier chapitre s’intitule « 25 règles pour une communication efficace ». Règle n° 1, « manifester de l’empathie pour les deux parties ! Le but de la communications pro-Israël ne vise pas seulement les gens qui aiment déjà Israël. Le but est de gagner de nouveaux cœurs et les esprits d’Israël, sans perdre le soutien qu’Israël a déjà. Pour ce faire, vous devez comprendre que le cadre à partir duquel la plupart des Américains voient Israël est un “cycle de violence qui dure depuis des milliers d’années”. Ainsi, vous avez à désarmer leurs soupçons. (...) La première étape est de montrer que vous voulez la paix A LA FOIS pour les Israéliens et les Palestiniens, et notamment pour les enfants. (...) Et il faut ouvrir vos propos par l’affirmation que Israël veut un meilleur futur à la fois pour les Israéliens et les Palestiniens. (...) Si, au centre de votre communication, vous montrez du doigt en disant “Israël a raison, ils ont tort”, vous perdrez plus que vous ne gagnerez ».

Règle n° 6 : « Soyez attentif à votre ton. Un ton protecteur, paternaliste, détournera les Américains et les Européens. Nous sommes à un moment dans l’histoire où les Juifs en général (et les Israéliens en particulier) ne sont plus perçus comme le peuple persécuté. En fait, dans le public américain et européen – le public sophistiqué, éduqué, aux idées arrêtées, non-juif –, les Israéliens sont souvent considérés comme les occupants et les agresseurs. Dans ce cadre, il est essentiel pour les messages de porte-parole pro-israéliens de ne pas apparaître comme hautains ou condescendants. »

Et, le texte donne, comme pour chaque règle, « les mots qui ne marchent pas » :

« “Nous sommes prêts à leur permettre de construire”... Les Israéliens ne peuvent pas “autoriser” les Palestiniens à aller de l’avant. Ils ne peuvent pas “permettre” ou “contrôler” ou “ordonner” aux Palestiniens d’établir un commerce, un transport, ou un gouvernement. Si les Palestiniens sont à considérer comme un partenaire de confiance sur la voie de la paix, ils ne doivent pas être subordonnées, dans la perception ou dans la pratique, par les Israéliens. (...) »

Règle n° 10. « Tracer un parallèle entre Israël et les Etats-Unis, y compris la nécessité de combattre le terrorisme. (...) Le langage d’Israël est celui de l’Amérique : démocratie, liberté, sécurité et paix. » Les Palestiniens, les Irakiens et les Afghans, parmi d’autres, sont payés pour le savoir.

Règle n° 11. « Ne parlez pas de religion. Les Américains qui considèrent la Bible comme document de référence sur les affaires étrangères sont déjà partisans d’Israël. Les fondamentalistes religieux sont tout acquis à Israël (« Israel’s Amen Choir ») et ils représentent environ un quart du public américain, et les amis les plus solides d’Israël dans le monde. Toutefois, certains de ceux qui sont les plus susceptibles de croire qu’Israël est un Etat religieux sont les plus hostiles à Israël (“ils sont tout aussi extrémistes que les pays arabes qu’ils critiquent”). Malheureusement, presque toute discussion sur la religion ne fera que renforcer cette perception. Par conséquent, même la mention du mot “juif” dans le contexte d’Israël va déclencher une réaction négative – et la défense d’Israël comme un “Etat juif” ou “Etat sioniste” sera mal reçue. (...) »

Règle n° 15. Utiliser des questions rhétoriques.

En voici quelques exemples :

« - “Comment puis-je faire la paix avec un gouvernement qui veut ma mort ?”

- “Comment puis-je faire la paix avec une population à qui sont enseignés ces mots - haïr les Juifs, pas seulement des Israéliens - dès sa naissance ? »

« Règle 17. K.I.S.S. (Keep It Simple, Stupid) et répétez encore et encore. Une règle essentielle de la communication réussie est “Keep It Simple, Stupid” (faites simple). Une communication réussie ne consiste pas à réciter chaque fait de la longue histoire de conflit israélo-arabe, mais à pointer quelques principes de base sur des valeurs partagées comme la démocratie et la liberté et à les répéter encore et encore. »

« Règle n° 21. Concédez un point. Recherchez des occasions dans chaque débat télévisé ou interview de concéder un point au journaliste ou à la personne avec laquelle vous débattez. Le point est de ne pas de miner l’une des bases essentielles de la politique étrangère d’Israël. Mais les simples mots “vous avez un bon argument” font merveille auprès d’un public »

Et, pour terminer le tout, l’inévitable référence à l’holocauste et à la nécessité qu’il ne se reproduise pas...

Le chapitre 2 est consacré aux mots et les phrases qu’il faut utiliser, c’est un régal...

« “Tirer délibérément des roquettes sur des communautés civiles” : Combinez le motif terroriste avec la vision de civils et vous avez la parfaite illustration de ce à quoi Israël fait face à Gaza et au Liban. A utiliser en particulier en ce qui concerne les tirs de roquettes, mais aussi utile pour tout type d’attaque terroriste, “délibéré” est le mot juste à utiliser pour rappeler l’intention derrière derrière les attentats. Ceci est beaucoup plus fort que de décrire les attentats comme “aveugles”.

“Diplomatie économique” : beaucoup plus global et plus populaire que le terme de “sanctions”. »

(...)

« “Humaniser les roquettes”. Peindre une image vivante de ce qu’est la vie dans les communautés israéliennes qui sont vulnérables aux attaques. Oui, vous pouvez citer le nombre d’attaques à la roquette qui ont eu lieu. Mais faire suivre ceci immédiatement par la description du voyage nocturne vers l’abri souterrain.

“Si ... Si ... Si ... Alors” : Faites porter au Hamas la responsabilité du premier pas pour la paix par l’utilisation du “si” (et n’oubliez pas de terminer avec un clair “alors”, pour montrer qu’Israël est un partenaire pour la paix). “Si le Hamas se réforme... Si le Hamas reconnaît notre droit à exister... Si le Hamas renonce au terrorisme... Si le Hamas soutient les accords de paix internationaux... alors nous sommes disposés à faire la paix aujourd’hui.” » (...)

« “L’islam militant” : Ceci est le meilleur terme pour décrire le mouvement terroriste. Evitez les termes comme “islamo-fascisme” qui rappellent la période Bush. » (...)

« “Personne ne doit être obligé de quitter sa maison” : Ceci est la phrase la plus gagnante dans le lexique qui concerne les colonies de peuplement. Utiliser le principe de “mutuel” pour expliquer que, tout comme les Israéliens arabes ne devraient pas quitter leurs maisons en Israël, les juifs d’un nouvel Etat palestinien doivent être autorisés à rester dans leurs maisons, eux aussi.

“Une étape à la fois, une journée à la fois” : Il est essentiel de réduire les attentes et de réduire la pression sur Israël pour qu’il se précipite dans un accord qui soit n’est pas dans son intérêt, soit met en danger sa sécurité. Le principe “un pas à la fois” sera accepté comme une approche de bon sens dans la mise en œuvre du principe de l’échange des territoires contre la paix. »

Je reviendrai dans un autre envoi sur d’autres aspects de ce document.

http://blog.mondediplo.net/2010-01-13-Propagande-et-desinformation-a-l-israelienne-I


Alain Gresh (Nouvelles d’Orient, Blog Monde Diplomatique)

Une nouvelle entrave à l’action humanitaire dans les Territoires palestiniens
 
Le gouvernement israélien vient de prendre la décision de ne plus accorder de permis de travail pour les ONG internationales opérant dans les Territoires palestiniens. Seul un visa de touriste sera dorénavant délivré à leurs équipes sur place. Ce type de visa interdit le travail en Israël et ne l’autorise pas formellement dans les Territoires palestiniens. Il est de plus délivré avec des durées allant d’une semaine à un an, ce de façon totalement aléatoire. Une centaine d’ONG est directement concernée. Cette nouvelle mesure israélienne remet en cause leur mission humanitaire dans les Territoires palestiniens et aura une influence désastreuse sur le sort des populations.
 
Jérusalem, que l’Etat d’Israël considère comme territoire national, est directement visé. L’interdiction de travailler en Israël signifie pour les ONG internationales l’impossibilité de mener toute forme d’action humanitaire depuis et à  Jérusalem-Est, territoire palestinien selon le droit international. L’objectif israélien est clair : pousser ces organisations vers Ramallah et sceller ainsi l’isolement de Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie.
 
Le gouvernement israélien entretient le flou face aux demandes de clarification. Il a été indiqué, de façon informelle, qu’un visa de touriste donnerait la possibilité de travailler dans les zones contrôlées par l’Autorité palestinienne. Or ces zones ne concernent que 18% de la Cisjordanie. Toutes les ONG présentes sur place faisaient déjà part de graves difficultés pour mettre en place les programmes d’action humanitaire dans les conditions imposées par la politique d’enfermement israélienne. Leur zone d’action se réduit donc encore davantage. Mais en l’absence de toute indication écrite, la situation des équipes sur place reste extrêmement précaire et tributaire des soldats israéliens présents aux checkpoints.
 
Selon l’article 55 de la 4ème Convention de Genève, Israël, en tant que puissance occupante, a l’obligation « d'assurer l'approvisionnement de la population en vivres et en produits médicaux ; elle devra notamment importer les vivres, les fournitures médicales et tout autre article nécessaire lorsque les ressources du territoire occupé seront insuffisantes ». Depuis 42 ans, cette obligation qui n’a jamais été respectée a été prise en charge par les ONG palestiniennes et internationales.
 
Après l’opération militaire israélienne de l’hiver 2008/2009 et alors que se poursuit le blocus de la bande de Gaza, les conséquences humanitaires de cette nouvelle mesure israélienne seront considérables.
 
Nous, ONG travaillant en faveur des populations palestiniennes, craignons que cette mesure ne vienne sceller encore plus radicalement le sort de ces populations, allant ainsi à l’encontre du droit de ces hommes, ces femmes et ces enfants à recevoir une aide légitime et nécessaire dans la situation qui est la leur. Nous demandons au gouvernement israélien de renoncer à cette mesure qui constitue clairement une entrave à l’action humanitaire. 

Contacts :
Maxime Guimberteau : 01 40 36 41 46
 
Corinne GILLET : 06 60 97 08 73

Plateforme des ONG françaises pour la Palestine
14, passage Dubail
75010 Paris
(00 33) 1 40 36 41 46
contact@plateforme-palestine.org
 

A PROPOS DES ELECTIONS AU SEIN DE L’AUTORITE PALESTINIENNE : 

Pas d’élections sans réconciliation

PCHR (traduction en français et texte original en anglais)
publié le mardi 26 janvier 2010.

Aujourd’hui 24 janvier 2010, est la date prévue pour les élections présidentielles et législatives de l’Autorité Nationale Palestinienne. Si la démocratie s’exerçait normalement, sans obstacles , au sein de celle-ci, les électeurs palestiniens des Territoires Occupés seraient aujourd’hui debout devant les urnes pour élire un nouveau président de l’Autorité Palestinienne, ainsi que de nouveaux membres pour le Conseil Legisalatif Palestinien.

Ces élections n’ont pas lieu à cause du conflit rémanent et de la division qui secouent le régime politique Palestinien.

La seconde élection Palestinienne a eu lieu en Janvier 2005 à la suite de la mort du Président Yasser Arafat en Novembre 2004 et c’est Mahmoud ABBAS qui a été élu président. En janvier 2006 eurent lieu les élections législatives qui furent gagnées par le Hamas avec 74 sièges contre 45 au Fatah sur un total de 132 sièges du CLP.. On espérait que ces résultats contribueraient à promouvoir une démocratie palestinienne émergente par le biais d’une transition de l’autorité sans conflit mais tous les efforts qui tendaient vers ce résultat ont été ruinés par la mise en détention , par les forces Israéliennes d’occupation , de douzaines de membres du PLC, par des sanctions financières et un boycott imposé par la communauté internationale.

Ces événements s’accompagnèrent d’une détérioration de la sécurité intérieure inconnue jusqu’alors ainsi que d’obstacles à une réforme démocratique L’anarchie et les violations de la séparation constitutionnelle de la justice et du pouvoir se répandirent dans les teritoires contrôlés par l Autorité Palestinienne et tout particulièrement dans la bande de Gaza. Cette situation amena un conflit armé entre le Fatah et le Hamas, qui impliqua les forces de sécurité des deux côtés et se termina par la prise de pouvoir du Hamas sur la bande de Gaza en Juin 2007.

Ce conflit a créé une division au sein de l’Autorité Palestinienne et les Palestiniens se sont retrouvés avec deux gouvernements, l’un à Ramallah avec à sa tête le Président et l’autre à Gaza.Cette division s’est retrouvée dans toutes les composantes du régime palestinien , y compris les pouvoirs législatif et judiciaire.

Étant données ces circonstances l’élection présidentielle n’a pas eu lieu comme prévu en janvier 2009 et 2009 s’est achevée sans le moindre signe que les élections législatives auraient lieu à la date requise , avant Janvier 2010-01-25

La seconde moitié de 2008 vit se répandre une controverse nationale, quant à la fin de la présidence de Mahmoud Abbas le 09/01/2009 Le Hamas et le gouvernement de Gaza clamaient que que la présidence de ce dernier prendrait fin le 08 janvier 2009, puisque 4 ans s’étaient écoulés depuis la dernière élection présidentielle le 09 janvier 2005 Ils déclarèrent que si des élections présidentielles n’avaient pas lieu à ce moment là, la présidence serait vacante. Dans ce cas le président du CLP assurerait l’intérim pendant 60 jours , période pendant laquelle de nouvelles élections présidentielles seraient organisées comme conformément à la Constitution. Palestinienne. Alors que le Fatah et le gouvernement de Ramallah déclaraient que la loi n° 9 sur les élections passée en 2005 par le CLP rallongeait la durée de la présidence pour que cette élection et les élections législatives du PLC puissent coïncider en Janvier 2010

Le Centre Palestinien des Droits de l’Homme (PCHR) a sorti un rapport à ce moment là dans lequel il reconnaissait que la fin de la présidence devait amener à tenir des élections présidentielles avant le 10 janvier 2009 mais que organiser des élections nécessite des conditions et un environnement qui permettent qu’elles soient tenues dans des conditions d’équité et de transparence qui assurent que la volonté de l’électorat a bien été respectée. la scission entre Fatah et le Hamas, ainsi que les conditions et environnement dans les Territoires Occupés ne permettent pas suffisamment l’équité et la transparence de ces élections pour assurer que la volonté de l’électorat serait respectée.

Les conditions actuelles ne semblent pas faire prévoir un changement dans le futur, à moins que les deux factions ne se mettent immédiatement à rechercher un dialogue sérieux et constructif pour cesser la scission et se mettre d’accord sur les élections ou sur une autre solution permettant de réunifier les territoires occupés et la direction de l’Autorité Palestinienne. Le PCHR ajoutait que si le CLP assurait la Présidence après le 9 janvier 2009, cette fragmentation supplémentaire ne permettrait pas la tenue d’élections libres et transparentes sous 60 jours.

D’après la loi les élections législatives devaient se tenir avant le 25 janvier 2010 et le président doit annoncer la date des élections 3 mois à l’avance. Cependant l’année 2009 s’est terminée sans que des préparations pour ces élections aient eu lieu.

Le 23 Oct 2009 le président Mahmoud Abbas a annoncé qu’il promulguait une ordonnance pour que des élections législatives et présidentielles libres et honnêtes aient lieu le dimanche 24 janvier 2010.Cette ordonnance a ajouté une dimension nouvelle à la crise politique actuelle car elle a siuscit é des réactions et des positions antagonistes.l’équipe présidentielle considérait l’ordonnance comme constitutionnellement légitime et compatible avec le processus de réconciliation alors que le hamas et le gouvernement de Gaza la considérait comme inconstitutionnelle puisque la présidence s’était achevée en Janvier 2009.

Ils soutenaient donc que le président n’avait aucune autorité pour promulguer cette ordonnance avant la finalisation d’un accord de réconciliation nationale qui inclurait forcément un accord sur la fonction présidentielle et les problèmes causés par la fin de celle ci.

Le PCRH a sorti un rapport sur l’ordonnance présidentielle ci-dessus mentionnée dans lequel il souligne que des élections sont exigées par tous les pouvoirs de la nation er les groupes qui constituent la société civile mais qu’elles sont impossibles en l’absence d’une réconciliation nationale complète qui permettrait la fin de la séparation et le retour de la dignité des institutions exécutive, législative et judiciaire du gouvernement palestinien qui ont souffert de la crise et ont reflété cette séparation. Le PCHR a souligné que la tenue d’élections nécessite un environnement électoral approprié, ce qui inclut de respecter les libertés publiques : la libération des prisonniers politiques , la fin de l’interdiction des activités politiques (celles imposées au Hamas en Cisjordanie et au Fatah dans la bande de Gaza, l’autorisation de fonctionner pour des centaines d’associations dissoutes, le respect de la liberté de la presse, et de la liberté d’expression, l’autorisation pour les journaux, la radio et la télévision de travailler librement. De plus le PCHR a souligné que on ne peut tenir des élections sans garanties juridiques et l’existence d’un pouvoir judiciaire indépendant et uni , y compris un tribunal qui puisse juger des problèmes électoraux et statuer sur les conflits électoraux.et dont l’indépendance et la neutralité doivent être reconnues par toutes les parties en présence

A la lumière de tourt ce qui vient d’être exprimé le PCHR met l’accent sur ce qui suit

1) tout en soutenant la tenue d’élections présidentielles et législatives aux dates prévues, le PCHR souligne que ces élections ne peuvent avoir lieu sans la finalisation d’un accord de réconciliation national et la prise de mesures destinées à assurer des élections libres et honnêtes.

2) Ne pas tenir les élections présidentielles et législatives aux dates prévues ne signifie pas qu’il y a une vide juridique au sein de l’autorité palestinienne mais que le processus démocratique est ébranlé puisque les pouvoirs conférés par les palestiniens à l’élection présidentielle de 2005 et législative de 2006 ne sont pas éternels et qu’en fait ils expirent le 24 janvier 2010.A partir de ce moment personne ne peut se prévaloir de représenter la démocratie ou la volonté du peuple puisque tous doivent retourner aux urnes pour obtenir du peuple de nouveaux pouvoirs

3) le débat à propos des élections n’est pas seulement juridique puisqu’il fait partie du conflit politique actuel. Les deux parties ont manipulé la Constitution et les lois qui s’y rattachent pour promouvoir leurs intérêts partisans et ont oublié la philosophie et l’esprit de la législation

4) les élections ne sont pas seulement un but mais en fait font partie d’un processus à long terme pour établir un régime et un processus démocratiques et des élections périodiques sont la base de ce processus

Traduction de J. H., CCIPPP


Kouchner justifie les violations israéliennes du Liban. Ses déclarations dénoncées et accusées de justifier une guerre sioniste

Rim al-Khatib
publié le dimanche 24 janvier 2010.

 baladi

Dimanche 24 janvier 2010

Lors de son entrevue avec le premier ministre libanais, Sa’d al-Harîrî, à Paris, le ministre français des affaires étrangères a nié que l’Etat sioniste représentait une menace sur le Liban osant effrontément déclarer que c’est le Hezbollah qui représenterait cette menace. Il a jugé que les craintes libanaises étaient infondées, puisqu’Israël est l’ami de la France !!!

Un communiqué du Hezbollah a dénoncé les déclarations de Kouchner :

""Nous décelons dans ces déclarations les empreintes claires de la voix israélienne et un déni entier de l’histoire de la France et de sa résistance à l’agression et l’occupation". Le communiqué ajoute : "le Hezbollah s’étonne que les déclarations du ministre des affaires étrangères contredisent les rapports des Nations-Unies au sud-Liban, où son pays est représenté, à propos des agressions israéliennes quotidiennes et des violations de la souveraineté libanaise. Il considère cette attitude comme une tentative d’innocenter l’ennemi israélien et de camoufler ses violations incessantes contre la souveraineté libanaise, ce qui est considéré comme une protection de l’occupant israélien et un encouragement pour poursuivre ses attaques". Le communiqué termine : le Hezbollah dénonce cette attitude complice et déséquilibrée et appelle les autorités françaises à adopter un rôle conforme aux responsabilités qu’elles ont longtemps proclamées envers la sécurité et la souveraineté du Liban".

Les déclarations de Kouchner ont été vivement dénoncées par une partie de la classe politique libanaise, à commencer par le Hezbollah. le député Ali Ammar (bloc de la fidélité à la résistance) a déclaré que "le ministre français des affaires étrangères nous a habitués au déséquilibre de sa personnalité politique, au moment où l’administration française adopte une position, nous voyons Kouchner adopter une autre, notamment en ce qui concerne son alignement sur l’ennemi israélien", affirmant que "la position de ce responsable reflète un double standard chez les Occidentaux, qui est considéré comme un alignement sur les positions de l’administration américaine, qui soutient l’agression et l’oppression sionistes".