Partir en Palestine

Partir en Palestine

publié le 23 févr. 2010 13:02 par jean-yves croizé   [ mis à jour : 17 déc. 2011 07:39 ]


En partenariat avec la CCIPPP, "DÉSARMÉS MAIS PAS RÉSIGNÉS",
 journal de mission dans les Territoires Palestiniens, un livre de Lou-Ann’h Montana (162ème mission CCIPPP)


"Comment décrire, en quelques mots, la réalité du peuple palestinien, aujourd’hui, en cet été 2010 ?Inimaginable, est son sens de l’hospitalité. Impensable, est la quantité de pressions et d’humiliations qu’il subit quasi quotidiennement. En juillet 2010, Lou-Ann’h Montana se rend en Territoires Palestiniens dans le cadre d’une mission civile. De Jérusalem à Jéricho et de Hébron à Jénine, elle découvre un peuple exceptionnel de force et de courage, luttant seul pour sauvegarder son territoire. Au fil de la mission, Lou-Ann’h et son équipe se confrontent à la réalité d’un pays occupé depuis plus de 62 ans.

Par une approche didactique, Lou-Ann’h évoque les particularités de la Cisjordanie : checkpoints, camps de réfugiés, mur de l’apartheid, bédouins, prisonniers, ... Puisse ce journal de mission aider le lecteur à porter un nouveau regard sur ce peuple et la situation palestinienne."

L’auteur en quelques mots... Lou-Ann’h Montana vit en Haute-Savoie depuis 25 ans.

Son parcours de vie éclectique l’a conduit à découvrir des univers très variés. Très attachée à l’humain et la justice, elle s’intéresse à toutes les cultures et fait de ses voyages de fabuleuses expériences de vie.

(Source : decitre.fr)


Disponible auprès de l’auteur ( Contact : nomadsland74@orange.fr) et sur :

- Amazon.fr

- Chapitre.com

- Decitre.fr

Contact : nomadsland74@orange.fr

D'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11387


Le carnet de voyage de Magali

Lundi 1er août, Daniel, Pierre et moi nous retrouvons à continuer le séjour tous les 3. Nous retournons vers Jérusalem-Al Quds. Premier jour du mois d’août, premier jour du ramadan. Le ramadan ici, surtout en plein été, cela signifie ralentissement général de l’activité en fin d’après-midi ; il n’est pas rare de voir des gens dormir dans leurs boutiques. Juste avant l’iftar (la rupture du jeûne), les marchands de fallafels, pains et gâteaux sortent leurs aliments tout chauds, ça se bouscule un peu et tout à coup l’appel à la prière, et plus personne. Tous les magasins des musulmans ferment pour l’iftar, quitte à rouvrir après. Il faut bien calculer ses trajets pour ne pas se trouver en pénurie de taxi à ce moment-là.
Journée de transition où je retrouve mon auberge habituelle au cœur de la vieille ville. Sa terrasse jouxte celle d’une maison colonisée, en témoigne le drapeau israélien, les grillages, les fenêtres calfeutrées de tissus… jusqu’au portique de jeu pour enfants totalement entouré de grillage. Une cage, voilà à quoi les colons destinent leurs enfants !



Indignés dignes, indignes, dingues, donc ?


Le lendemain, je vais retrouver Daniel et Pierre là où ils ont passé la nuit, sur un des campements récemment installés dans Jérusalem-Ouest par le mouvement des « Indignés » israéliens. Quelques dizaines de tentes igloos sont collées les unes aux autres dans un petit jardin public...
Lire la suite : http://rexistance.blogspot.com/2011/08/indignes-dignes-indignes-dingues-donc.html 


Depuis le jour de cette conférence, le mouvement des Indignés israéliens, dit aussi du « 14 juillet » (le bien nommé…), a grossi, jusqu’à 300 000 manifestants, dans plusieurs villes d’Israël. Du jamais vu ! Et les analyses se sont accumulées sur les perspectives pour ce mouvement de remettre en cause l’injustice fondamentale de la politique coloniale et d’apartheid d’Israël qui conditionne la Paix et la justice pour tous sur cette Terre.

En voici quelques échantillons (autres textes bienvenus !) :

Le 6 août par Abir Kopti :

« Tel Aviv, tente 1948 »

 « La justice sociale ne peut pas être divisée ou classifiée. Si ce n’est pas une justice pour tous y compris tous les Palestiniens, alors c’est une fausse justice, une justice d’élite ou une « justice pour juifs seulement » exactement à la manière dont fonctionne la démocratie israélienne « pour juifs seulement ». Le mouvement du 14 juillet est une grande occasion pour les Israéliens pour refuser à leur Etat de continuer à sombrer en un régime d’apartheid. »

http://www.protection-palestine.org/spip.php?article10945

Le 9 Août par Dimi Reider et Aziz Abu Sarah

« En Israël, le loyer est diantrement trop élevé »

 « Avant l’arrivée deseptembre, les protestataires doivent d'abord garantir quelques accomplissements plus terre à terre, comme le contrôle du loyer dans les plus grandes villes d'Israël, ou peut-être, comme le demandent des affiches, faire tomber le gouvernement de coalition de M. Netanyahu.
Alors seulement, un sentiment de victoire et de puissance démocratique pourrait propulser les Israéliens vers la contestation de l'occupation, qui reste le plus grand et l’unique obstacle pour la justice sociale et politique de chaque côté de la Ligne Verte. »

http://www.lanation.info/En-Israel-le-loyer-est-diantrement-trop-eleve_a167.html

Le 10 août par Uri Avnery

« Comme tes tentes sont jolies »

« C’est délibéré. Les organisateurs, jeunes gens et jeunes femmes anonymes – principalement des femmes – sont très déterminés à ne pas être catalogués comme “de gauche”. Ils savent que soulever la question de l’occupation fournirait à Nétanyahou une arme facile, diviserait les occupants des tentes et ferait avorter la protestation.

Nous du mouvement de paix le savons et le respectons. Nous nous sommes tous astreints à la retenue, pour que Nétanyahou ne réussisse pas à marginaliser le mouvement et à le présenter comme un complot pour renverser le gouvernement de droite.

Comme je l’ai écrit dans un article de Haaretz : Pas besoin de pousser les manifestants. Le moment venu, ils arriveront à la conclusion que l’argent pour les principales réformes qu’ils demandent ne peut venir que de l’arrêt de la colonisation et de coupes dans l’énorme budget militaire de centaines de milliards – et cela n’est possible qu’avec la paix. (Pour les aider, nous avons publié une grande annonce qui dit : “C’est très simple – Argent pour les colonies OU argent pour le logement, les services de santé et l’éducation”). »

http://www.france-palestine.org/article18020.html

Le 10 août par Michèle Sibony (UJFP)

« Sur la révolte des tentes – impressions »

« Les Palestiniens d’Israël savent mieux que quiconque ce que peut coûter de violence un forcing sur cette question. Ils sont témoins d’un mouvement qui n’a pas les moyens de poser les vraies questions, d’inclure toute la population, et donc d’être révolutionnaire. Même si le slogan Ma’apeha Révolution résonne partout dans les cortèges. Lin Chalozin, de Tel Aviv m’a cependant reprise dans une conversation sur l’avenir du mouvement, « ce qui compte n’est pas ce qui sera, mais ce qui est, ici et maintenant, et c’est une formidable école de pensée politique et de démocratie directe ».

Il n’y a pas de peuple israélien, c’est un fait, tant qu’une partie de sa population est exclue du collectif national sur des critères ethniques, et ne bénéficie pas de tous les droits de citoyen à part entière. »

http://www.ujfp.org/modules/news/article.php?storyid=970

Le 15 août par Haggai Matar

« Le mouvement du 14-Juillet peut-il renverser les rôles pour une cause progressiste à l'intérieur d'Israël ? »
« La lutte sociale révolutionnaire qui se déroule en Israël approche aujourd'hui un point critique : soit elle s'effondre sous la botte des "raisons de sécurité" et de la ségrégation raciale, soit elle se libère de tous les anciens dogmes et faire redémarrer le système politique. »

http://972mag.com/can-the-social-protests-help-israel-win-a-progressive-battle-that-appeared-to-be-lost/

Le 17 août par Fadwa Nassar

« Les Palestiniens de 48 se mobilisent pour la terre et le logement »

« Les Palestiniens de 48 (qui vivent dans leur pays occupé en 48, devenu entité israélienne) ont décidé, il y a plus de dix jours, de mener leurs propres protestations contre le gouvernement sioniste, refusant de participer aux tentes de protestation installées par les sionistes. Avec la participation d’une dizaine de comités populaires de quartiers et de villages, ainsi que des comités d’étudiants, le Haut comité de suivi des masses arabes, réuni à Nasra, dans al-Jalil, a pris la décision de mener une vaste campagne de protestation, mettant en avant les revendications palestiniennes : « de la terre et du logement ». Il a mis en garde, dans son communiqué, « contre toute lecture erronée des protestations en cours dans le pays », a souligné la différence entre les protestations de la rue « israélienne » et les revendications palestiniennes, avant de conclure : « nous ne mettrons pas les pieds dans les tentes "israéliennes" ».”

http://www.ism-france.org/analyses/Les-Palestiniens-de-48-se-mobilisent-pour-la-terre-et-le-logement-article-15940

Les Indignés espagnols s'adressent aux Indignés israéliens : "pas de justice sociale sous apartheid" : http://www.youtube.com/watch?v=fpA70bDzKPY

--------------------------------

09 Août 2011 :
Bonjour,
Petit passage du cote israelien pres de Nazareth. Et la suite de mon recit avec plus d'une semaine de retard...
Magali


Hébron : 500 colons, 2000 soldats

Petit topo a l’AIC pour nous preparer a la visite d’Hebron. Ahmad Jaradat nous rappelle que l’enjeu des colonies est le plus important dans le conflit : 2000 colonies dans les territoires occupes, plus ou moins grandes, plus les postes avances tres petits en haut des collines. Sur la carte, les taches bleues des collines s’etendent d’annee en annee, plus les routes interdites aux Palestiniens et toutes les zones de securite interdites d’acces. Notamment ce large corridor en construction entre Jerusalem et Hebron au Sud, pret a tout devaster de ce qui est palestinien sur son passage.
On estime le nombre de colons a 600 000, mais ce chiffre est garde secret. Ce projet participe directement au plan de « deportation silencieuse » qui consiste a chasser les Palestiniens en les empechant d’avoir une vie normale. Les Israeliens n’ont jamais fait aucune concession sur les colonies, dont la construction a fortement augmente depuis... les accords d’Oslo (1993), censes reconnaitre un embryon de souverainete palestinienne. La blague ! Depuis Sharon, les zones A, B ou C n’ont plus de sens : l’armee va ou elle veut. L’ex-premier ministre israelien a dit qu’il n’arreterait pas la colonisation, « meme pour une heure ». Le processus de Paix est mort et enterre depuis longtemps.
Apres l’armee et les officiels, les colons sont un deuxieme pouvoir d’occupation, pratiquant des agressions systematiques sur les Palestiniens et leurs terres (par exemple pour la cueillette des olives). Les colons ont un comite central et sont au-dessus des lois, ils cooperent largement avec l’armee, par exemple pas plus tard qu’hier 100 colons sont alles dans un village palestinien et l’armee a tire sur les gens.

« Des colons armés sont-ils encore des civils ? »


Hebron est la seule ville de Cisjordanie ou les colons se sont installes en plein coeur, l’armee ayant pour cela institue des statuts specifiques H1 et H2 (encore different des zones A, B et C des territoires) : 500 colons, 2000 soldats, pour une ville palestinienne de 55 000 habitants (en centre ville) coupee en plusieurs morceaux, certains Palestiniens ayant ete « coinces » au milieu des colonies. Un imbroglio de barrieres, de barbeles, de portes condamnees et de routes barrees pour instaurer la
segregation physique entre les Palestiniens et les colons en donnant a ceux-ci toujours plus de place. L’Apartheid avec un grand A comme Absurde. Ces colons ne travaillent pas, il y a beaucoup de jeunes etudiants religieux.

En arrivant sur la ville, Ahmad nous montre la strategie de ceinturer la ville par les colonies : les 3 colonies qui se situent au Nord, a l’Est et a l’Ouest d’Hébron sont en train d’etre reliees par des « rues-colonies » (il faut inventer des mots dans un tel pays...). Nous nous arretons au bord d’une route avec un check point : les Palestiniens ne peuvent la continuer qu’a pied, car elle longe les colonies. Les camions dechargent leurs marchandises.

Coeur de la ville. Nous passons le check point pour entrer dans le quartier reserve aux musulmans, où se trouve la mosquee d’Abraham d’ou l’on peut observer le tombeau du père des 3 monothéismes, qui se situe de l’autre cote du mur, la ou une partie de la mosquee a ete confisquee pour en faire une « synagogue ».
Malheureusement nous n’y entrerons pas cette fois, ca va etre l’heure de la priere. En bas de la mosquee, il y a cette rue dans laquelle nous avions croise, il y 2 ans, une manifestation de sionistes francais dechaines, qui ont failli s’en prendre a nous physiquement. Aujourd’hui cette rue est coupee en 2 dans sa longueur, les deux parties separees par un muret. D’un cote marchent les colons, de l’autre les Palestiniens. Le marchand de babioles qui nous avait couvert de petits cadeaux ce jour la se trouve desormais du mauvais cote de la rue : les Palestiniens ne peuvent plus passer devant chez lui, il nous supplie de franchir le muret pour aller visiter son magasin. Dans sa guérite, le soldat qui surveille la rue nous observe. La cour israélienne a donné raison aux Palestiniens concernant cette route, mais quand ceux-ci ont voulu la « réunifier », ils se sont faits arrêter. 800 magasins à Hébron sont fermés sur ordre militaire pour « security reasons », depuis plus de 10 ans. Tsahal est souverain. Ce quartier ressemble à une ville-fantôme, toutes boutiques fermées, peu de gens dehors. Des projecteurs, guérites, caméras partout. Nous y hantons alors que l’appel à la prière résonne de toutes les mosquées alentours. Jusqu’à quand pourra-t-on encore l’entendre ? « To learn or not to learn », c’est ce qui est écrit sur le mur d’une école annexée par un bâtiment militaire qui en contrôle l’entrée. Quelques fois certaines artères principales du centre ville sont fermées empêchant toute circulation de l’Est à l’Ouest ou du Nord au Sud. Certaines familles qui peuvent se parler à travers la rue ne peuvent pas la traverser et doivent donc faire parfois plus de 10 km pour se rendre visite de part et d’autre..

Article et photo « le choc Hebron » il y a 2 ans : http://rexistance.blogspot.com/2009/08/le-choc-hebron.html

Nous rendons visite à une coopérative d’artisanat de femmes qui travaillent dans les villages alentours. La coopérative valorise le travail et les savoir faire de 120 femmes souvent peu éduquées. Maie celle qui nous accueille nous le rappelle bien : « Nous sommes ici pour faire du commerce mais aussi pour garder la vieille ville ouverte. La première chose pour vous à faire en rentrant est de témoigner de comment les colons nous traitent ici »

C’était le dernier jour du programme de l’AIC. Nous passons la soirée dans les magnifiques montagnes du désert de Bethlehem sous une tente bédouine, avec feu de camp et barbecue, pour faire le bilan et passer nos dernières heures de groupe international ensemble, à épancher par la musique et la danse les lourdeurs de nos cœurs.

07 Août 2011 :


Quelques jours dans le village d'Al Ma'sara, ca change de l'ambiance de Jérusalem !
Encore des situations hallucinantes que je vous raconte avec plus d'une semaine de retard...
Voir et entendre est une chose : sur le moment, la concentration pour comprendre anesthésie un peu les émotions, Mais quand il s'agit d'écrire, de réutiliser et traduire toujours ces mêmes mots de la guerre, de l'injustice et de l'enfermement, c'est très lourd. D'où le retard dans l'écriture, il faut aussi du temps pour débriefer. Et s'aérer l'esprit, quand on a le privilège de le faire comme nous ici, Palestiniens pour quelques jours seulement...

Amities
Magali


Vendredi 29 au soir : un petit documentaire sur la vie de familles palestiniennes filmees par elles-memes. Une fenetre sur l’intimite de leur quotidien avec coupures d’electricite, d’eau, les problemes d’argent, les populations delaissees qui vivent dans des cavernes en reconstruisant pour la énieme fois leur maison a la main... Un focus particulier sur les jeunes enfants qui, paradoxalement, accroit le sentiment angoissant de leur tragedie de vie tout en donnant une touche legere, voire gaie, au film.

  

Samedi 30 juillet : Journee de rencontres a Ramallah

 

Les femmes

Rita, de l’Únion des Comites de Femmes Palestiniennes (UPWC), nous presente son organisation creee en 1980, qui comprend 6000 membres. Rita souligne le role important des femmes pendant la premiere intifada notamment, en manifestations, pour le boycott et en solidarite avec les prisonniers. Elle explique la divergence entre les associations de femmes qui ont soutenu les accords d’Oslo dans le sens des grosses ONG et des organisations gouvernementales, et celles qui les ont refuses comme l’UPWC, qui travaille plus directement sur le terrain avec plusieurs programmes d’« empowerment » pour permettre l’implication des femmes dans la societe : aide a l’independance economique, travail sur le changement des lois pour une meilleure participation a la vie politique et syndicale, soutien aux etudes, activites pour les enfants...  Rita insiste sur l’importance de travailler avec toute la societe, et pas seulement les femmes, pour faire changer les mentalites traditionnelles (par ex les conventions liees au mariage, le droit de choisir son mari...). Mais evidemment le probleme principal des femmes en Palestine est, comme pour les hommes, l’occupation et la colonisation au quotidien. L’UPWC a participe au rapprochement pour l’unite nationale entre le Fatah et le Hamas (declaration du Caire il y a 2 mois) ; elle precise :

« Tout le monde reconnait la legitimite de l’OLP (pas de l’Autorite palestinienn), et le Hamas fait partie de notre peuple. J’ai honte de cette division, mais je sais que vous etes conscients qu’elle est creee par l’occupation. » Et si le Hamas etait effectivement reelu ? « C’est le role des minorites de se battre pour leurs droits. »

Mais elle se bat surtout pour une « reelle democratie » (petit clin d’oeil aux « Indignés » au passage...), participative, et pas seulement un face a face entre deux partis.

Sur la reconnaissance de l’Etat palestinien par l’ONU en septembre, c’est une opportunite de mettre Israel devant ses responsabilites face a l’ONU, et pas que les USA :

« Les negociations dans le cadre d’Oslo ayant echoué, nous allons réouvrir les portes de l’ONU, mais cela ne changera rien sur l’occupation. » En tout cas, apres les revolutions arabes, il y a eu de gros mouvements de jeunes palestiniens qui sont de plus en plus actifs.

L’Union est impliquee dans des reseaux internationaux comme les Forums Sociaux Mondiaux (prochain FSM sur la Palestine au Bresil en 2012).

On se reverra donc...

 

Le droit international

Rencontre suivante : Salma, de l’ONG Al Haq, la plus vieille association de droits de l’Homme de Palestine et, parait-il, du monde arabe, creee en 1979 par des avocats pour mettre en evidence les violations du droit international par Israel. Elle fait de la recherche et du soutien juridique du plaidoyer et de la documentation. L’intervention commence par un panorama en 3D edifiant du Mur dont le trace serpente a l’interieur du territoire palestinien afin de manger de plus en plus de terres, de separer de plus en plus de cultivateurs de leurs champs, de reserver de plus en plus de terres pour les colonies, d’encercler de plus en plus de maisons... comme celle d’Amer, encerclee par le Mur, avec une grande facade aveugle juste en face, et des cameras partout qui l’obligent a se calfeutrer. Comme les Palestiniens n’ont pas les moyens de se voir rendre justice par la justice israelienne face a l’impunite generale de l’occupant, El Haq s’attaque aux entreprises et gouvernement etrangers qui collaborent en Palestine. Salma nous explique la grande complexite des legislations en Palestine, regies tantot par le droit jordanien ou egyptien a Gaza, heritees du droit britannique ou ottoman, plus evidemment toutes les lois israeliennes de l’occupant et tous les ordres militaires qui utilisent la « securite » a tout bout de champ pour justifer l’injustifiable.

Concernant le droit international humanitaire, les griefs contre Israel s’accumulent inlassablement : attaque disproportionnee, vol et destruction de proprietes (reconnus par la Cour Internationale de Justice), colonisation (violation reconnue meme par le conseil de securite de l’ONU), tranfert de populations en dehors des territoires occupes. Des instruments de la juridiction internationale existent pour sanctionner les violations de ces droits, la Cour Internationale de Justice (CIJ) qui a denonce le Mur, la Cour Penale Internationale et differents recours de saisine internationaux compliques. Mais ces instruments sont limites selon les cas par la necessite d’etre reconnus par les pays concernes, ou par le fait qu’ils ne ciblent que des personnes et pas des etats, ou par l’inapplication des sanctions pour des raisons politiques...

Elle nous parle cependant d’une victoire recente contre une societe hollandaise nationale participant au Mur, qui a du en desinvestir suite une condamnation de la loi hollandaise elle-meme.

 

Les prisonniers

Derniere organisation rencontree : Addameer s’engage sur la question des prisonniers politiques palestiniens en Israel ainsi qu’en Palestine. 700 000 hommes ou femmes sont ou ont ete emprisonnes en Israel, soit 20% des Palestiniens. 5000 a 5500 le sont actuellement, dont 35 femmes et 211 mineurs, dont 39 de moins de 16 ans, ainsi que 2030 personnes en detention administrative. Les Palestiniens sont faits prisonniers aux check-point, dans la rue, en manifestation, dans leurs maisons... Les familles ne savent jamais pourquoi et ou leurs prisonniers sont emmenes. Officiellement, les prisonniers politiques le sont soit pour des actes militaires soit pour « trouble a l’ordre public » (la grande majorite du temps), ou encore pour appartenance a un parti politique illegal (dont tous les partis membres de l’OLP, qu’Israel reconnait pourtant comme interlocuteur diplomatique !), ou pour actes criminels (dont le fait d’entrer en Israel illegalement). Sur les 19 prisons israeliennes, 1 seule est basee en Cisjordanie, ce qui est contraire au droit international humanitaire car cela empeche notamment la visite des familles. Seuls les enfants de moins de 9 ans peuvent toucher leurs parents lors des visites. Les avocats sont souvent des Palestiniens de Jerusalem ou d’Israel puisqu’il est tres difficile pour les Palestiniens de Cisjordanie de se rendre en Israel. Les prisonniers peuvent rester 90 jours sans avocat et 6 mois en interrogatoire avant que la procedure juridique commence. La torture est pratique courante, meme si elle a ete restreinte en 1999 par la decision de la Cour de justice israelienne de la bannir. Mais jamais aucun tortionnaire n’est ou n’a ete poursuivi pour ses actes en Israel. Les proces militaires sont faits dans des conditions inequitables (problemes de partialite et d’incompetence). 95% des prisonniers politiques plaident coupables, par pragmatisme, car s’ils s’acharnent la sanction sera plus dure pour avoir fait perdre du temps aux juges.

700 mineurs passent en proces par an, sachant au’a partir de 16 ans ils sont traites comme des adultes.

La detention administrative sans jugement est quant a elle basee sur le secret, pour une duree indeterminee. Pas de charges, pas de defense possible, l’avocat peut poser tous les 6 mois des questions au juge pour essayer de comprendre l’accusation mais il ne peut pas poser la question directement. Le juge lui-meme n’a souvent pas tout le dossier en mains. Quelques avocats israeliens connus defendent les leaders palestiniens gratuitement, mais les autres en ont pour leur poche. Les Palestiniens ayant la citoyennete israelienne sont traites comme les autres Palestiniensm mais sont juges devant les tribunaux civils et non militaires. Quand aux Israeliens qui tuent des Palestiniens, ils craignent peu, et ne sont souvent meme pas arretes.

 

Alors que pendant l’intifada les personnes arretes etaient surtout des activistes, la mode actuelle est d’arreter les enfants en manifestations pour punir les leaders surtout a Jerusalem-Est et Hebron, ou des sympathisants supposes du Hamas. Les greves de la faim echouent, Israel sait diviser les prisonniers et eviter la transmission d’informations entre eux. Addameer nous alerte sur la necessite de defendre les prisonniers politiques palestiniens en tant que groupe, alors que certains de leurs partenaires aimeraient faire le « tri ».

 

Concernant les prisonniers politiques palestiniens faits par l’Autorite palestinienne elle-meme, le systeme juridique n’est pas clair pour un etat qui n’en est pas – encore – un. Depuis 2007, beaucoup d’arrestations du Hamas par le Fatah et inversement a Gaza. L’Autorite palestinienne prend parfois le relais d’Israeliens pour reincarcerer les prisonniers liberes, et sur le meme motif. Ils passent la frontiere cisjordanienne et sont aussitot arretes. Preuve de la cooperation criminelle entre les 2 « « etats » ».


-----------------

05 Août 2011 :


Cette semaine a surtout été consacrée a Jérusalem, que nous avons arpentée dans tous les sens. Des colonies qui poussent comme des champignons dans Jérusalem-Est. Marre des barbelés, grillages, postes militaires, barrières, murs, soldats partout. La Palestine est un chantier permanent : Israël détruit, les Palestiniens reconstruisent, Israël construit, les Palestiniens résistent. Pierres, poussières, terre, végétation assoiffée. Des panneaux publicitaires au milieu du désert, des drapeaux israéliens partout jusque sur la passerelle qui mène a l'esplanade de la mosquée Al Aqsa. De belles églises, de belles rencontres...


Bises
Magali

PS: Ma bouteille d'eau a eu la mauvaise idée de fuir sur mon appareil photo : mort. Photos compromises.



La question -« clé » des réfugiés

2e jour : direction Bethléem où nous rencontrons Amjad de l’association BADIL qui a été créée en 1998 pour traiter de la question des réfugiés. Celle-ci est un enjeu majeur pour la Palestine puisqu’il nous rappelle que 40% des Palestiniens de Cisjordanie sont des réfugiés et 70 à 80% à Gaza. Aujourd’hui, 70% des Palestiniens sont réfugiés ou déplacés dans le Monde (sur 10 millions de personnes environ).

Ce qui est important à noter c’est que ce n’est pas seulement un problème hérité de la Nakba  (« la catastrophe » en 1948 à la création d’Israël où 80% de la population palestinienne a été chassée de ses terres), qu’il faudrait traiter « un jour » pour régler le solde de tous comptes. C’est bien toujours un problème d’actualité criante puisque la politique israélienne n’a eu de cesse depuis de créer de nouveaux réfugiés en expulsant les bédouins de leurs terres vers des villages ad hoc, les Palestiniens d’Israël vers la Cisjordanie ou ceux de Cisjordanie vers l’étranger. De nombreuses familles ont d’ailleurs vécu plusieurs déplacements forcés par les expropriations et les massacres. L’UNRWA est l’agence de l’ONU qui gère ces populations et administre les camps qui se sont construits petit à petit jusqu’à constituer de véritables villes. Dans ces camps, l’intifada a été particulièrement vivace et l’armée israélienne y fait des incursions régulières. Par exemple 2 morts et un blessé grave il y a 3 jours au camp de Qalandiya.

Amjad nous rappelle les grandes techniques d’expulsion. Au début du projet sioniste, il y eut des achats de terres, mais très vite il a fallu utiliser d’autres moyens car les terres ne se vendaient pas facilement. Il a fallu orchestrer le vol, milices puis armée à l’appui : expulsion manu militari, massacres et encerclement des villages pour faire fuir les populations. Plus de 500 villages ont ainsi été dépeuplés. En 1967, quand Israël a envahi toute la Cisjordanie, ils ont pris les noms de tous les Palestiniens présents. Et tant pis pour ceux qui étaient partis étudier ou voyager à l’étranger : ceux-là n’ont jamais pu rentrer à la maison.

Les absents ont toujours tort …

Une fois les Palestiniens évacués, il faut pouvoir s’arroger leur propriété. Plein de techniques pour cela, dont des lois cyniques pour s’approprier les terres ainsi « abandonnées » (« absenty property law »), jusqu’à une loi sur l’absence-présence (oui oui !) pour les Palestiniens qui ont le malheur de travailler trop loin de chez eux et se trouvent mis à la porte par manque d’assiduité au domicile. Une autre manière de faire est de rayer tout simplement la moitié des villages arabes de la carte d’Israël : ils n’existent plus, donc n’ont plus le droit à aucun service public ce qui les fait dépérir. La majorité de ces villages « unrecognized » sont dans le désert du Néguev ou en Galilée, aujourd’hui entre 80 000 et 100 000 Palestiniens de citoyenneté israélienne vivent dans ces villages qui sont régulièrement détruits, puis reconstruits jusqu’à plusieurs dizaines de fois.

Maintenant il ne reste plus qu’à coloniser ces terres pour les judaïser de facto et rendre l’accaparement irréversible. C’est le rôle de la « planning and building law » qui dirige tout le projet d’expansion territoriale et de construction coloniale en Israël et en Cisjordanie.

Amjad essaye de nous faire comprendre la mentalité des Palestiniens réfugiés, qui vivent dans l’espoir du retour et se le transmettent d’une génération à l’autre, en gardant la clé de leur maison tout près d’eux. Comment vivre dans cette perpétuelle sensation que tout projet ne peut être que temporaire ?

Aujourd’hui, la « loi du retour » pour Israël permet à des personnes juives qui n’ont jamais mis les pieds en Israël, ni leurs ancêtres depuis des siècles, de s’installer facilement en Israël et de jouir de tous les droits de ses nationaux, au-dessus des droits des Palestiniens qui y sont nés, alors qu’un réfugié palestinien qui y a vécu de longues années ne peut même plus s’y rendre pour une visite. Amjad tient aussi à nous rappeler que le projet sioniste était au départ un projet laïque, mené par des nationalistes racistes européens, qui a dû convaincre les religieux pour se développer. Aujourd’hui encore, les leaders politiques israéliens se disent athées. D’ailleurs, les critères pour être considéré comme « juif » par Israël ont varié selon les besoins de « recrutement » : des bureaux sont ouverts partout dans le Monde. Pour lui, le sionisme est un projet anti-juif qui a détruit les communautés juives bien intégrées dans différents pays (Libye, Maroc…). Quand Israël s’effondrera, acculé par son extrémisme, que restera-t-il de la religion juive ?

« Aujourd’hui, comment puis-je expliquer à un enfant palestinien de ne pas critiquer les juifs puisque c’est Israël lui-même qui prétend représenter tous les juifs ? »

La question des réfugiés est une des plus sensibles diplomatiquement parlant, car elle touche à l’équilibre démographique entre Israéliens et Palestiniens, et donc à la nature même de l’« état juif » qui se prétend démocratique.
Le 15 mai dernier, 10 000 réfugiés se sont présentés pacifiquement aux frontières de la Palestine pour réclamer leur droit au retour.
Israël leur a tiré dessus.

Nous sommes ensuite accueillis par Hamza de l’association Abda Center du camp de Duheishe toujours dans la province de Bethlehem, construit en 1952. 10 000 habitants, dont 60% d’enfants. 40 000 personnes ont dû en partir par manque de place vers d’autres endroits de Cisjordanie. L’accès à l’eau y est le principal problème. Après une présentation des activités du Centre, une discussion plus politique s’engage : « Nous devons être unis avant d’aller devant l’ONU pour défendre notre état ». Hamza insiste aussi sur le rôle des prisons en terme de formation, pour apprendre à devenir quelqu’un de bien.

Le soir même à l’AIC, Nassar Ibrahim intervient sur « L’illusion du développement sous occupation – les motivations politiques de l’aide aux Palestiniens ». La problématique est cruciale, avec toute l’aide économique apportée notamment par les USA et l’Europe sous prétexte d’aide aux Palestiniens, mais qui collaborent avec l’occupant (depuis notamment le « protocole de Paris »). Cette aide apparaît souvent comme un leurre hypocrite, quand on sait que l’Europe ne réagit même pas à la destruction par Israël des infrastructures qu’elle contribue à financer (aéroport de Gaza…). Pour Nasser l’aide internationale n’a de pertinence qu’à 3 conditions : être articulée avec les enjeux politiques, au services des intérêts publics (éducation, santé…) et pas individuels, et en respectant la logique du boycott d’Israël.

« Nous avons besoin de manifestations partout dans les capitales européennes contre les gouvernements qui coopèrent avec Israël ».

Sur les réfugiés, lire sur mon blog : http://rexistance.blogspot.com/2009/08/une-vie-attendre.html

Carton rouge pour Tsahal

Nous nous échappons ensuite des camps pour nous rendre à 4 à la manifestation hebdomadaire d’Al Ma’sara, ce village près du Mur où j’étais allée deux fois il y a 2 ans.

Nous arrivons juste au début de la manifestation, les gens descendent la rue du village vers la ligne de soldats qui les attend déjà. Une quarantaine de participants, mélange habituel de Palestiniens, d’Israéliens et d’internationaux, dont un groupe de jeunes communistes français. Je retrouve la battucada israélienne du réseau Rythms Of Resistance (ROR) dont je fais partie à Paris. Ils me prêtent un tambourin. C’est impressionnant de pouvoir se mettre à jouer ainsi d’emblée avec des gens qu’on ne connaît pas mais dont on partage les mêmes partitions, et convictions, sur un tel terrain de résistance ! Afoxe, Kalashnikov, wolf break, samba raggae… et des grooves que je ne connais pas encore (désolée pour les non initiés, les camarades de Vamos s’y reconnaîtront)

Ce n’est d’autant pas facile que le terrain est particulier : comme chaque vendredi, le comité populaire du village a choisi une mise en scène particulière pour sa manifestation : l’organisation d’un match de football. Deux equipes, dont une representant symboliquement les soldats qui se trouvent derriere le but. L'ambiance est animee, voire festive des qu'un but est marque. Les soldats ont des reactions tres diverses, imperturbabilite statique, renfrognement, voire quelques sourires esquisses malgre soi. Un moment d'enflammement quand un soldat recoit le ballon et se jette sur le Palestinien qui l'a lance. Grosse bousculade, je me retrouve derriere la ligne des soldats avec le tambourin dans une main et l'appareil photo de l'autre. Puis tout le monde reprend sa place, comme dans un vrai match...
Les orateurs prennent la parole en s'adressant tantot aux soldats, tantot aux internationaux et aux cameras. Mahmoud insiste sur le contraste ridicule entre l'appareil militaire d'un cote, et ces costumes blindes surarmes, et le pacifisme, voire la frivolite, de l'autre cote.
"Regardez ces soldats, ces adolescents, ils sont tellement jeunes que quand le ballon arrive dans leurs jambes, ils ne peuvent pas s'empecher de taper dedans et nous le renvoyer"
On sait qui a gagne le match mediatique, de la justice et de la Paix.

Une autre manif a Al Masara il y a deux ans : sur mon blog http://rexistance.blogspot.com/2009/08/les-yeux-dans-les-yeux.html

-----------------

02 Août 2011 : Ambiance spéciale a Jérusalem ou je suis depuis hier, en ce début de Ramadan (d'ailleurs un sincère Ramadan mubarak a tous ceux qui le font !)

Merci de vos petits messages !
Magali
Difficile de résumer 5 jours de voyage, mais je vais essayer.

J'ai rejoint a Tel Aviv deux copains, Daniel, dont la mère vit la-bas, et son pote Pierre.

Jaffa

Vieille ville de Jaffa dé-arabisé (cf panneau) et muséifiée

Après un déjeuner bien typique, on est donc partis a 3 pour des le premier jour rejoindre un groupe d'internationaux pour suivre le programme de l'Alternative Information Center, une organisation palestino-israélienne de référence pour les militants pour la justice et la paix ici. Nous les avons rejoints a Jaffa, qui est la ville côtière arabe connexe a Tel Aviv (donc du cote israélien). Nous avons eu toute l'histoire de la ville connue pour son port et son commerce des oranges depuis la période de la coexistence harmonieuse entre arabes et juifs, puis, avec le projet sioniste et les massacres qui en ont découle, la ségrégation entre les 2, le départ des juifs vers Tel Aviv et l'abandon de Jaffa par la municipalité de Tel Aviv chargée de son administration, voire la destruction d'une partie de la ville.

Campement contre les expulsions et la destruction de Jaffa par la municipalité d'Israel
Les arabes sont progressivement dépossédés de leurs terres et maisons qui sont revendues aux bourgeois de Tel Aviv. Ils sont donc chasses de chez eux comme partout ailleurs conformément au projet colonial... Résultat : Jaffa devient un lieu de villégiature pour les Israéliens et un lieu touristique, la vieille ville est transformée en "colonie d'artistes", les noms arabes disparaissent sur les panneaux au profit des noms hébreux et anglais. A coté, le quartier d'Ajami est assimilable a un ghetto palestinien.
Nous participons au montage d'un campement de protestation contre les expulsions, avec des palestiniens et militants israéliens. 
Yudith, notre guide du jour, nous parle des problèmes sociaux en Israël qui touchent aussi beaucoup de minorités juives du pays. La marque du système néolibéral est bien présente : des lors qu'on sort des centres villes et de la gentrification bling bling de certains quartiers, la pauvreté, le manque d'accès aux soins et au logement sont des problèmes majeurs contre lesquels les "Indignés" israéliens et d'autres organisations sociales résistent et se soulèvent actuellement "ne croyez pas que nous sommes un pays occidental, ici c'est plus le tiers-monde". (cf http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/israel-manifestations-massives-pour-la-justice-sociale-dans-dix-villes_1016747.html). Mais attention, la lutte pour les droits sociaux et pour les droits des Palestiniens ne vont pas forcement de pair pour la majorité des Israéliens. Ce n'est pas pareil de se battre pour ses propres droits ou pour ceux des autres qu'on nous présente constamment comme des intrus (dans le meilleur des cas) chez nous... Ce n'est pas pareil de se battre pour avoir un loyer abordable et contre les expulsions des Palestiniens.

une eglise a Beit Sahour, ville majoritairement chretienne de Bethlehem
Le bus nous emmène ensuite du cote palestinien ou je retrouve l'accueil chaleureux des gens et cette atmosphère si particulière du défi permanent pour mener une vie digne malgré le tout-occupation. Le centre de l'AIC et notre chambre d'hôte sont situés dans le district de Bethléem, a Beit Sahour. Beit Sahour est une ville chrétienne a 80% (les Chrétiens sont moins d'1% en Cisjordanie, surtout concentrés autour de Bethléem, et ils représentent environ 12% des Palestiniens sur tout le territoire de la Palestine-Israël). Notre hôte Georges nous explique comment les Chrétiens de Palestine partent vers l'Europe ou les États-Unis a cause de l'occupation.

(a suivre)



Appel à missions

La CCIPPP organise 2 missions cet été :
- du 3 au 15 juillet avec 3 jours sur les prisonniers politiques
- du 17 au 29 juillet avec une dominante "territoires de 48"
- un volet "BDS" est prévu pour les 2 missions
- Inscrivez-vous rapidement ! (voir dans l’article)

Pour vous inscrire et avoir des précisions :

contact@protection-palestine.org

Mentionnez

- votre nom
- un numéro de téléphone où vous joindre
- la période à laquelle vous souhaitez partir en Palestine
- votre département si vous résidez en France

... et toute information complémentaire que vous jugerez utile.

Prenez également connaissance de quelques recommandations pour préparer au mieux la mission :

- Comment raconter : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article35

- La Charte : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article3

- La Campagne Civile : http://www.protection-palestine.org/spip.php?rubrique5

La CCIPPP vous confirmera ensuite la possibilité de participer à la mission demandée et vous informera sur l’ensemble des formalités à remplir.

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article10422


161ème Mission CCIPPP : du 13 au 24 avril 2010.

« Solidarité avec les résistances populaires palestiniennes et la Vème conférence internationale de la résistance non violente de Bil’in ».

Avant de partir, ou pour mieux connaître les missions civiles, vous pouvez voir les compte-rendus de la mission précédente, mission 160, et en lire le déroulement ... http://www.protection-palestine.org/spip.php ?article8160

Comme les précédentes missions, la 161ème permettra de découvrir les trois situations imposées au peuple Palestinien par l’état d’Israël. Celle des Palestiniens sous occupation, celle des Palestiniens sous apartheid (en Israël) et celle des réfugiés palestiniens. Malgré l’impossibilité d’entrer à Gaza, la situation des Palestiniens de Gaza sera abordée via des rencontres avec le PCHR en Cisjordanie. Cette mission ira au devant des Palestiniens en résistance aussi bien dans les villages contre le Mur qu’auprès de ceux qui à Jérusalem s’opposent aux expropriations et expulsions.

Elle demandera et participera à toutes manifestations pour exiger la libération des Palestiniens manifestants contre les expropriations et expulsions, emprisonnés par l’armée israélienne

La stratégie de l’appel BDS palestinien qui structure notre action de solidarité fera l’objet d’échanges avec les représentants palestiniens du BNC (Comité national du BDS) à qui seront également présentées les activités de la campagne BDS en France (BDS-France, Coalition contre Agrexco...).

C’est dans le cadre du BDS et des actions contre la politique israélienne qu’auront lieu les activités et rencontres avec les anticolonialistes israéliens.

Enfin, la mission participera à la Vème conférence internationale de la résistance non violente de Bil’in les 22 et 23 avril.


Extrait de la déclaration finale de la quatrième conférence qui s’est tenue en Avril 2009 :

Les participants à la 4ème Conférence de Bil’in pour la Résistance Non-Violente se sont engagés pour les droits du peuple palestinien à : soutenir et promouvoir les formes populaires de résistance partout dans les territoires palestiniens occupés, encourager la direction palestinienne et la société civile à prendre un rôle plus actif dans le mouvement de résistance populaire, promouvoir la culture de résistance et le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël, unifier géographiquement et politiquement le peuple palestinien en impliquant les Palestiniens de la bande de Gaza dans le mouvement populaire et en aidant à lever le blocus et l’isolement, et élever la conscience des réalités quotidiennes de la souffrance palestinienne sous l’occupation par des visites de terrain.

Pour vous inscrire, écrivez à

contact@protection-palestine.org


1-1 of 1