Alain Cardon
Travaux sur la Conscience Artificielle
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Je présente sur ce site l'état de mes recherches sur un modèle de génération de faits de conscience artificiels avec intentionnalité, pour un système fonctionnant à partir d'un flux informationnel continu fourni par une certaine corporéité.
Le problème de la définition de la pensée artificielle, c'est-à-dire de la génération de faits de conscience intentionnels, est vu comme la production de représentations "auto-observées" par un système artificiel, représentations concordantes avec ce que le système perçoit en temps réel de l'environnement par les sens artificiels de son corps et surtout simultanément colorées par une tonalité affective typiquement psychologique. Un fait de conscience n'est en rien un ensemble de connaissances symboliques manipulées par des règles. Mes résultats prennent place dans un domaine très nouveau, qui s'insert vraiment mal dans le cadre strict des disciplines scientifiques françaises actuelles, qui sont par nature très spécialisées et surtout très technologiques, immédiatement utilitaires.
Donnons d'abord une définition de ce qu'est un fait de conscience artificiel pour définir précisément ma problématique : Il y a génération de faits de conscience artificiels lorsque, dans un système informatique gérant en temps réel des nuées de processus et traitant de multiples inputs venant des très nombreux capteurs de corps artificiels, il y a :
La résolution complète, au sens architectural et avec du code opérationnel, de ces cinq points majeurs par la définition très précise d'un système suffit, selon moi, pour régler les problèmes de l'intentionnalité, de l'impression sur les choses perçues, du ressenti sur ce qui est représenté effectivement en interne, des émotions et des sentiments, des connaissances utilisables et utilisées, des évaluations des représentations pat jugements, des aptitudes langagières, du raisonnement par analogie et de l'intuition.
Alors je pense aujourd'hui avoir atteint mon objectif scientifique, qui était de spécifier entièrement, c'est-à-dire en allant du modèle conceptuel jusqu'au niveau du code, un système général agrégeant en temps réel les comportements intentionnels et sensibles d'un système logiciel avec le corps distribué d'un ensemble robotisé. Il s'agissait de concevoir un système générant intentionnellement des représentations idéelles que le système apprécie, ressent, évalue, en se basant sur des connaissances mais surtout sur des expériences vécues réelles ou artificielles. Il s'agissait aussi de régler le problème de l'appréciation des représentations produites, de la sensation artificielle à produire des représentations, au sens où le système les conçoit et en joue, en engageant ainsi la formation fine des représentations suivantes.
Outre l'originalité scientifique de cette recherche, se pose un très sérieux problème d'éthique, fort mal mesuré par une société principalement technicienne qui croit que la pensée n'est pas totalement connaissable au niveau scientifique ni surtout au point d'être transposable dans le calculable, et qui ne souhaite donc pas envisager les applications possibles, dont certaines sont très inquiétantes. La détermination de la sensation artificielle de générer une forme représentationnelle sous contraintes de tendances fondamentales prédéfinies par la construction est un point majeur dans la détermination de l'autonomie des systèmes qui peuvent ainsi devenir autonomes de manière maximale. Ceci pose un problème d'éthique considérable, que bien peu de gens mesurent ou souhaitent mesurer.
Je suis maintenant à l'heure du choix : que dois-je faire de mon modèle ?
1 - Introduction à la problématique
Il y a le cerveau et il y a l'esprit. Loin de la distinction cartésienne, de genre, entre corps et esprit, il reste encore aujourd'hui une différence d'approche, assez radicale : connaître l'architecture et l'activation précises du cerveau aux niveaux cellulaires et moléculaires est une chose, et savoir ce qu'est penser en est une autre. La formation de toute pensée se fonde évidemment, et essentiellement, sur l'activation des cellules neuronales, mais comprendre comment se forme une pensée, ce qu'elle est, ce qu'elle vaut et comment elle débouche à la fois sur la sensation d'être générée et sur une énonciation langagière, est un problème de modélisation : il faut, pour comprendre ce processus qui nous est si commun, définir sur quel fonds intelligible il se déploie et se réalise. Je proposerai ainsi un modèle de système psychique artificiel, lié à un ou des corps artificiels, et permettant de générer, en temps réel, des "objets internes "sans cesse construits, valant pour les pensées que cet ensemble corps – système peut avoir à chaque instant.
Il s'agissait, pour moi, de concevoir un modèle calculable, effectivement implémentable, utilisant à la fois une notion généralisant celle de bassin d'attraction des Réseaux de Neurones, et la notion de manipulation dynamique de symboles s'appuyant sur des ontologies. Le modèle utilise une théorie de l'esprit constructiviste intégrant la notion de système psychique venant des approches psychanalytiques, et donc les émotions et les pulsions, avec une notion calculable de substrat non conscient. Il s'agissait de réaliser la notion d'impression à propos de toute situation perçue par le système via les informations reçues, en l'opposant à celle classique de calcul d'une fonction économique prédéfinie donnant une évaluation. Le système utilise une appréciation géométrique du contrôle de l'agrégation de nuées de processus en co-activation, en fait des agents logiciels particuliers, allant vers la production d'états émergents auto-observés par le système qui les génère. Le modèle géométrique utilisé concerne l'aspect de générativité morphologique, qui est d'un côté fractal et qui est de l'autre une conduite contrôlée vers l'émergence. Le modèle intègre évidemment les techniques classiques d'inférence, de raisonnement sur des connaissances, bien développées par l'Intelligence Artificielle, mais en les considérant comme des composants locaux du système. Les spécifications du système sont maintenant toutes achevées.
2 - Les points fondamentauxIl y avait deux choses fondamentales à découvrir, permettant la venue d'un troisième caractère inévitable :
La résolution de ces deux premiers points, délicate, donne la clé du problème, mais le chemin est long pour y arriver. Il faut savoir comment représenter et rappeler les événements d'un vécu, une mémoire événementielle qui n'a rien à voir avec un système de requêtes dans une base de connaissances classique. Un système qui apprécie ce qu'il génère et le ressent peut, avec des émotions bien formatées, concevoir des représentations vraiment originales, en procédant par analogie avec des formes plus ou moins similaires, la similarité opérant ici au niveau de la forme et de la signification. Ce n'est donc pas un simple dérouleur efficace de faits précis sous heuristiques, ni un résolveur de problèmes bien posés, mais c'est un constructeur d'événements internes en vue de s'en servir en propre, c'est-à-dire pour son compte.
Principe général
Positionnement du système :
Les modèles
Ce que fait le système de plus qu'un système classique
L'approche constructiviste et morphologique par transposition d'un système psychique permet de traiter certains problèmes assez fins, totalement hors de portée des systèmes de manipulations symboliques des connaissances :
3 - Le problème des niveaux de conscience Habituellement, la conscience est vue comme l'aptitude à juger du Vrai et du Faux, du Bien et du Mal. En deçà de cette aptitude au jugement catégoriel et éthique, on considère qu'il n'y a pas de conscience. Nous réfutons cette thèse idéaliste et posons qu'il existe des niveaux de conscience, réalisés dans des systèmes aux architectures différentes. Il y a conscience dès qu'un système producteur d'états mentaux, système défini dans l'architecture des cerveaux dans le cas du vivant, peut représenter des choses du monde avec certains de leurs caractères dans le temps et l'espace, ces représentations servant à planifier continûment le comportement de l'organisme hôte, afin qu'il ne se contente pas d'une action simplement réactive ou aléatoire. Cette position permet d'envisager la notion d'une conscience artificielle graduée, c'est-à-dire de la définir et de l'étudier de manière bien constructiviste, de finement la caractériser selon les aptitudes allouées et puis de la réaliser, dans des étapes successives.
4 - Finalement, une posture d'interrogation !
Les spécifications de construction du système ne sont pas publiées et un système basé sur toutes les spécificités très précises de mon modèle n'est pas encore implémenté, nulle part. Mon objectif est, vraisemblablement, de publier ces spécifications, mais surtout de réaliser le système, dans de bonnes conditions. Celui-ci est bien une "couche logicielle" particulière qui peut utiliser les Systèmes à Base de Connaissances classiques vus comme des composants. L'approche est très originale, car elle permet la production, l'exhibition de faits de conscience par l'utilisation d'un système auto-adaptatif temps-réel déployant de la génération de formes structurant des nuées de processus (des agents légers contrôlés morphologiquement) valant pour des traits conceptuels intentionnels. L'approche est essentiellement constructiviste : la technologie informatique d'aujourd'hui le permet. Mais il faut admettre que ce problème peut être abordé et traité, ce qui est une position que la majorité des hommes d'aujourd'hui, très curieusement, refuse d'admettre. De telles recherches ne sont pas neutres et ne se réduisent surtout pas à une simple avancée technologique localisée sur certaines applications plus ou moins intéressantes économiquement et financièrement. La portée de la compréhension fine de la génération de faits de conscience intentionnels dans une posture d'existence par une transposition calculable, usant de caractère de reproductibilité dans le virtuel distribué des noeuds de réseaux de l'Internet, pose un réel problème culturel et social, pour l'homme d'aujourd'hui, celui de la civilisation technologique... Mon projet est quand même d'utiliser ce modèle pour réaliser le premier système informatique ouvert permettant la conduite autonome, intentionnelle, raisonnée, auto-évaluée, sensible, d'un ensemble robotisé placé en environnement quelconque. Il s'agit de doter des architectures matérielles et logicielles distribuées, au comportement jusqu'ici réactif et prédéfini, d'une autonomie donnée par un Soi artificiel, avec une sensation de produire des représentations s'appuyant sur un vécu artificiel et une psychologie artificielle précise, qui conduit au questionnement propre, avec les émotions et les sentiments qui s'y associent obligatoirement. Mais si les applications d'un tel système tendent à devenir manifestement très dangereuses socialement, je détruirai toutes les spécifications et mes recherches seront définitivement terminées. Alors, simplement, un autre que moi fera le système, en peu de temps, discrètement, car telle est la pression très forte exercée sur la recherche et la technologie aujourd'hui.
La science des modèles et des systèmes complexes adaptatifs, vraiment pluridisciplinaire et si confinée aujourd'hui en France, est finalement bien différente de la simple observation et de la mesure du réel opérées par des spécialistes techniques de micro-domaines. Elle s'oppose à l'évitement étrangement volontaire des théories constructivistes de l'esprit. Ces recherches voudraient, encore et quand même, prouver fortement l'importance de la voie universelle et intelligible de la Science constructiviste dans le domaine de l'esprit : qu'est-ce que penser , au fond ? Je citerai Nietzsche, pour finir, citation reprise par le si important René Thom : "Les idées neuves arrivent toujours sur des pattes de colombe..." Mais que vaut aujourd'hui une colombe, qui inspire quand même l'immensité du ciel bleu, devant tant de déval et d'entropie dans ce monde si fortement tumultueux ? Adresse mail :AlainCardon@AOL.com Téléphone :Me contacter plutôt par mail Mise à jour : 27 Octobre 2008 |
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