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En écriture

J’ai fait le choix de voir ma naissance à l’écriture au moment où ce qu’il convient de nommer « le journal intime » s’est installé parmi les rituels de ma présence au monde. Il y aurait sans doute d’autres sources, d’autres départs éligibles, mais c’est celui qui se manifeste le plus distinctement à mes yeux lorsque je relis mon cheminement.

Je crois volontiers que c’est sa valeur affective qui me porte à lui donner ma préférence : il coïncide avec la fin d’une certaine paix, d’une certaine tranquillité. L’adolescence forme le paysage de cette perte, et peut-être a-t-elle favorisé la sensibilité de ma réponse au déclencheur, mais c’est bien l’invitation de la maladie grave dans le cercle familial qui a marqué le début que je tente de décrire. Le geste particulier du journal intime s’est imposé au moment où l’intime sécurité de la famille a été ébranlée – difficile de ne pas tendre un pont entre ces deux événements. (Je n’ai fait le rapprochement que beaucoup plus tard, en relisant mes premières pages). Je ne me hasarderai cependant pas à théoriser sur les motifs possibles de cette simultanéité, tant il s’agirait davantage d’en réduire la pressentie complexité pour le confort de notre esprit plutôt que pour l’intelligence de notre compréhension.

Parmi celles qu’il serait possible d’identifier encore, et toutes celles qui sont à venir, il y a une deuxième naissance que je me dois de remarquer. C’est le moment où j’ai choisi de donner à l’écriture toute la place qu’elle demandait. Formule vague par laquelle je veux évoquer l’urgence ressentie et le besoin vital d’en suivre l’invitation, un appel intérieur, irrationnel et peu raisonnable, mais qu’une certaine écoute de soi tend à révéler avec une force qui empêche de trop raisonner. Et c’est de n’avoir pas écouté les voix de la raison, précisément, qui m’a porté à me risquer à ce voyage. Un temps où l’écriture est devenue le centre, le pivot, la colonne d’existence, et qui m’a permis, mais aussi et surtout contraint, d’apprendre à son contact un nouveau rapport, tissé du désir d’être lu, du besoin de la rencontre – et donc imprégné d’exigences nouvelles.

Depuis, l’écriture a gardé son importance vitale, tout en ayant dû trouver une place relative et viable. Je pourrais d’ailleurs remplacer le terme « écriture » par celui de « poésie », voire d’ « état poétique ». Car c’est finalement la vibration enchantée d’où sourdent les mots dont je ne saurais me passer.

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Le livre Le vague des airs

 
Le vague des airs

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Ainsi je dérive dans le flanc du jour, quotidiennement, je reprends mon voyage vers les lointains innommables, suspendant mon attention au-dessus du paysage. Tout s’éloigne et se rapproche, se distingue et se confond. Homme comme les autres, pétri de ma condition, me voici soucieux de ne pas oublier la fragilité de ma présence - aune à laquelle je voudrais mesurer la valeur de cette inconditionnelle faveur, cette unique possibilité d’être. Alors je fais taire babillages et théories, et recouvre d’une toile épaisse les membres excités de mon esprit. Dans la pénombre quiète, immobile sur mon socle de pierre, je tente de déchiffrer les diaprures qui se mettent en mouvement dans cet espace désœuvré.

Septembre - Novembre 2008

Élancements et replis

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Elancements et replis sont les mouvements d’un être dénouant les rets qui l’empêchent de vivre son existence propre. Confrontant sa mémoire et le plus grand que soi, soumis à la nécessité de l’attente mais soulevé par les joies pures de l’émerveillement, il se trouve invariablement porté par l’aspiration d’une liberté à conquérir. La prose poétique de ce recueil de textes courts expose par fragments le cheminement d’une présence qui s’interroge, se rappelle, se projette, laissant chacun imaginer l’intime de ses propres choix, la fièvre de ses propres combats, le reflet de ses propres étonnements.

« Nous aimons cette qualité d’oubli, à l’instant où la vie nous prend si complètement qu’y être suffit. »

Janvier-Juillet 2008  / Juillet 2009


Conciliabule des sagesses intérieures

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La prose poétique du Conciliabule des sagesses intérieures témoigne d’une quête : celle d’une certaine qualité de lien - à soi-même, aux autres et au monde. Ce recueil de textes courts expose par fragments le cheminement d’une présence qui se cherche, se rencontre, s’accueille, et laisse entendre à chacun l’intime de ses propres voix, l’écho de ses propres errances.

« Il y a des airs de soi qui ne se commandent pas. Ils chantent en arrière-fond, attendant patiemment leur tour, infatigables. Leurs refrains hantent la conscience qui se repose, le regard qui se perd dans les nues, la peau caressée par une brise. Un jour, ils rempliront l’atmosphère, ensorcelant de leurs mélopées un cœur chancelant. Ebaubi. »

Mai-Avril 2007 / Juillet 2008


Lettre aux nuages

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Un corps sensible pour une âme inquiète et virevoltante, l’esprit fuyant les élans d’un cœur passionné et maladroit, seuls dans une maison de campagne, cherchant un sens, une unité, une vérité intime. Animé par le désir de vivre présent et conscient, un jeune homme cherche à se défaire des croyances et des habitudes qui le tiennent à distance de son histoire. A la fois récit, essai et poésie, cette Lettre aux nuages est née d’une prose intime, répondant au besoin de connaissance de soi et de mémoire.

Mai 2002 - Avril 2003

Errance lumineuse

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La solitude du voyageur me livre au monde. Troubadour muet qui tente de décrire son silence aux heures de recueillement, révélateur des crimes commis par l'Homme à l'ombre du mensonge, enfant émerveillé quand les yeux percent le voile des apparences, et humble habitant du cosmos lorsque la conscience déploie l'immensité de ses ailes. L'inconnu donne du mou aux cordes qui d’habitude me rassurent et me retiennent, tandis que le sentiment d'être égaré m'accueille comme le plus confortable refuge. Je me reconnais enfin. Soudainement tout paraît possible. Comme né à l'instant, à peine éclos, mon visage est sans nom. Je pourrais me réinventer sous ces regards qui ne connaissent rien de moi.

Avril 2002 - Mai 2003