Jack London photographe : Jeanne Campbell Ressman, Sara S. Hodson & Philip Adam ; éd. Phébus
Nous connaissons tous Jack London écrivain, aventurier, journaliste... Nous connaissons beaucoup moins Jack London photographe. Et pourtant, se sont 12000 clichés qui sont conservés dans les bibliothèques et archives américaines. Ce très beau livre rend enfin hommage à ce talent méconnu. Ces photos, London les nommait des «documents humains », parce qu'elles reflètent la vie que ce soit lors de la guerre russo-japonaise, du tremblement de terre à San Francisco en 1906 ou pendant la révolution mexicaine. Notons que bon nombre de ces photos accompagnaient les 1ères éditions de 2 de ses livres, La croisière du Snark et Le Peuple d'en bas, certaines d'entre étaient d'ailleurs précisément décrites dans ces romans : c'en est surprenant au 1er abord mais en fait, London a toujours voulu montrer la réalité, même à travers la fiction, se plaçant toujours du côté des plus pauvres. Ces photos, légendées par Charmian Kittredge (la femme de London) ou associées à des extraits de l'œuvre, représentent donc un témoignage historique et social du début du XXè siècle, mais avant tout, soulignons leur qualité artistique : ces photos sont belles et font naître l'empathie chez celui qui les regarde, l'humanisme du photographe se révèle à chaque page... On ferme le livre avec l'envie de relire London : c'est bon signe !
Les Découvertes : Eric Laurrent, éd. de Minuit.
Dans une rentrée littéraire marquée par une littérature du deuil et de la guerre, ce petit livre, paru discrètement en septembre, fait figure d'étrangeté ou du moins de curiosité. En effet, le narrateur se souvient ici des figures de femmes qui ont jalonné sa vie depuis son enfance, ces découvertes, auxquelles il doit sa fascination du corps féminin ; les références, d'une étonnante diversité, vont de L'enlèvement des Sabines de David à l'affiche du film érotique Emmanuelle. Quant aux anecdotes, tour à tour drôles, tendres ou sensuelles, elles sont intimement liées à une époque, à un milieu et ne manqueront pas, gageons-le, de faire écho chez la gent masculine ! Mais l'auteur est aussi un formidable conteur, amoureux des mots, (il y consacre d'ailleurs un chapitre), il pratique la digression sans modération et use avec audace du subjonctif imparfait sans jamais paraître pédant, au contraire il semble avoir trouvé là le ton juste, pour ce texte généreux qui se prête à la lecture à voix haute. Ce roman est un ravissement, on le lit puis on le relit par petites touches, pour le plaisir d'une anecdote ou pour celui de la langue, le plus souvent pour les 2 à la fois !
A lire aussi, un roman sur la guerre : Opium Poppy d’Hubert Haddad (Zulma), sur le deuil : Et rester vivant de Jean-Philippe Blondel (Buchet-Châstel)
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Les Harmoniques de Marcus Malte ; éd. Gallimard (Série noire)
Vera Nad est retrouvée morte, brûlée vive dans une usine désaffectée. Quelques jours plus tard, les assassins sont retrouvés, ils avouent un règlement de compte lié au trafic de drogue : affaire classée. Un peu trop vite au goût de Mister, pianiste et Bob, son acolyte, chauffeur de taxi. Convaincus que les véritables criminels où du moins les commanditaires du meurtres sont toujours en liberté, ils décident de reprendre l'enquête, Mister guidé par son instinct et ses émotions, Bob au contraire par la raison. Leur quête les conduira très vite vers le milieu du grand banditisme (la mafia serbe) mais aussi vers les milieux politiques, l'un et l'autre entretenant d'étroites relations. Véra était Croate, elle avait cru trouver refuge en France mais elle y retrouvera ceux qu'elle fuyait et ne pourra cette fois leur échapper.
La guerre en ex-Yougoslavie et les horreurs de Vukovar notamment sont au cœur de ce récit, certains passages sont particulièrement douloureux. Le regard porté par l'auteur sur notre société est désenchanté, il dépeint « un monde capable de corrompre ses propres enfants et de dévorer les plus faibles d'entre eux » : l'humain ne pèse pas lourd face au désir avide de pouvoir et de richesse d'une minorité. Sous tendu par le jazz, Les harmoniques est un roman noir d'une grande humanité, on y retrouve le ton aux allures mélancoliques et parfois cyniques de Marcus Malte avec tout de même à quelques reprises un comique de situation qui permet au lecteur une détente bienvenue.
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XXI : l'information grand format, sous la direction de Laurent Beccaria
voici une revue trimestrielle d'informations novatrice par sa formule sans publicité et qui accorde une place essentielle au graphisme (dessins, photos). Chaque numéro propose un dossier très complet, sur différents thèmes, toujours très variés, qui offrent un autre regard sur le monde mais toujours au plus près des hommes. Cet hiver, Olivier Courtois et Célia Mercier nous transportent sur les routes de l'Asie mais à l'automne, le dossier s'intitulait "Des villes et des hommes". Des enquêtes très documentées un peu décalées par rapport à ce que l'on a l'habitude de lire ou de voir, des reportages en bandes dessinées... Bref, cette revue est une réussite en plus d'être un bel "objet", unanimement saluée par le monde du journalisme et les lecteurs
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American darling de Russell Banks
Actes sud, 2005
Dans ce roman paru à l'automne 2005 Russell Banks imagine une américaine, Hannah Musgrave, la soixantaine, responsable d'une ferme écologique. Le récit qu’elle nous livre est presqu’une confession, elle revient sur son parcours, parfois chaotique : activiste politique dans sa jeunesse, membre d'un mouvement révolutionnaire (le Weather Underground), elle a dû fuir son pays et se réfugier au Ghana d'abord, puis au Libéria, sous une fausse identité. Là, elle a épousé le ministre de la santé, Woodrow Sundiata et mis en place un sanctuaire pour sauver les chimpanzés, menacés par les laboratoires pharmaceutiques américains. Dix ans plus tard, il lui faut fuir à nouveau, pour échapper à la guerre civile qui fait rage dans le pays ; son mari est cruellement assassiné et elle laisse derrière elle ses 3 fils.
Ce roman est absolument renversant, il mêle fiction et Histoire, l’auteur pointe les relations douteuses qui unissent les Etats-Unis et le Libéria. L'héroïne, étrange, pas vraiment sympathique, a une personnalité complexe, et est en quête de sa véritable identité, c’est pourquoi elle retournera en Afrique bien plus tard afin de clore une histoire brutalement interrompue, d'y mettre un point final. Elle nous offre une vision froide, sans complaisance de sa vie mais sans jamais non plus porter de jugement. On se laisse fasciner dès les 1ères pages par ce récit engagé, sous la plume d’un auteur dont les qualités d’écriture ne sont plus à prouver.
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La vie d'un homme inconnu d'Andreï Makine
Seuil, 2009
Ancien dissident du régime soviétique, Choutov s'est exilé à Paris et vit de sa plume tant bien que mal. Suite à une déception amoureuse, il décide de retourner à Saint-Pétersbourg pour y retrouver Iana, un amour de jeunesse inavoué. Or, son retour va être une source de déception : la ville, idéalisée, n'est pas celle qu'il rêvait : « le voilà au milieu d'une modernité en délire, mélange de tentations américaines et de guignols russes ». En marge à cette ébullition, Choutov va rencontrer un vieil homme, Volski, dont l'existence même est un rappel trop gênant du passé récent de la Russie, un passé que l'on s'obstine à vouloir oublier, si bien que Volski est livré à l'oubli et la solitude. Or il va entreprendre, le temps d'une nuit, de faire le récit de sa vie à Choutov : un destin sidérant et qui fut pourtant le lot de milliers d'hommes durant le régime stalinien : le siège de Léningrad où sévissait la famine puis l'enfer du front et plus tard, l'incarcération dans les camps... Pourtant, le sentiment qui domine n'est pas le désespoir : en effet, Volski ne se laissera jamais ravager par les souffrances, il va lutter et ses armes seront le chant, le théâtre et surtout l'amour qui illumine sa vie. Volski est avant tout un résistant.
Andreï Makine fait revivre les heures sombres de l'Union Soviétique, une époque heureusement révolue, mais traversée par des hommes qui avaient foi en un idéal. Un récit magnifique, chargé d'émotion exprimée sans pathos, et qui recèle beaucoup d'humanité...
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L'Empreinte de l'ange de Nancy Huston ; Actes sud, 2002
Saffie est une jeune allemande qui arrive à Paris en 1957, elle n’a pas 20 ans. Elle se fait embaucher chez Raphaël Lepage, flûtiste dont la renommée deviendra internationale au fil des ans. Le musicien tombe rapidement amoureux de cette jeune femme mystérieuse : elle ne se dévoile jamais, semble toujours absente, vide et ne démontre aucune émotion. Ils se marient, Raphaël est convaincu que sa femme, comblée d’amour, parviendra à renouer avec la vie, mais non : même la naissance de son fils la laisse de marbre.C’est sa rencontre avec un luthier, Andràs, juif hongrois, qui la sortira du marasme. Ensemble, ils connaîtront la passion, confronteront leur passé, sur fonds de guerre en Algérie. Saffie veut oublier la guerre mais Andràs lui, est engagé, il défend la cause algérienne.
C’est un roman fort, qui mêle adroitement la fiction et l’Histoire, dans un style bien particulier qui n’appartient qu’à l’auteur, le ton est percutant : elle n’hésite pas interpeller directement le lecteur, ou à partir dans des digressions. Elle ravive une zone sombre et sensible de notre histoire française : celle de la guerre d’Algérie et Nancy Houston est sans complaisance. Enfin, L’empreinte de l’ange est aussi un magnifique roman d’amour entre deux être que tout semblait pourtant séparer dès le départ.
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Sylvia de Leonard Michaels
Ch. Bourgois, 2010
Sylvia est l'histoire d'un amour. En 1960, Leonard Michaels rencontre Sylvia Bloch à New York. Ils sont immédiatement séduits et vivront ensemble les 4 années suivantes, s'aimant d'un amour passionnel, tyrannique, destructeur, qui ne trouvera hélas d'issue que dans la mort. Sylvia n'a que 19 ans au début du récit ; c'est une très belle jeune fille, brillante de surcroît, mais très vite, le lecteur s'aperçoit qu'elle est en proie à un déséquilibre mental assez grave. Leonard, lui est surpris, déstabilisé face aux crises soudaines et violentes de sa compagne mais ne prend jamais la mesure de son mal ; d'ailleurs la frontière est parfois floue entre la comédie et la démence. Il se réfugie alors dans l'écriture et rédige secrètement un journal, dont les extraits abondent ici. Mais Sylvia est aussi un récit fortement ancré dans une époque, le début des années 60 dont l'actualité rythme le texte, surtout au début, lorsque la folie n'a pas encore anéanti tous les repères. Enfin, Leonard Michael suscite constamment les sens du lecteur, la vue d'abord, par la précision des descriptions mais surtout l'odorat : les odeurs, bonnes ou mauvaises nous permettent de pénétrer plus intimement encore le quotidien bientôt infernal de ce couple, dans le petit appartement sordide de MacDougal Street. L. Michaels nous livre un récit épuré, tragique, mais les 30 ans qui le séparent des faits lui permettent cependant d’écrire un texte apaisé, qui marque semble-t-il le véritable point final de leur histoire d’amour.
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Martin Eden de Jack London
Phébus, 2001
De Jack London, on connaît surtout ses romans d’aventures dans le grand Nord (L’appel de la forêt, L’amour de la vie…). Et pourtant, il est aussi l’auteur d’un roman beaucoup plus intimiste aux accents autobiographiques: Martin Eden (1909). Ce jeune homme, né dans les bas-fonds est devenu marin très jeune et vit au jour le jour. Le hasard lui fait rencontrer Ruth Morse, jeune fille de la bourgeoisie dont il devient fou amoureux. Pour elle, il met un terme à sa vie de « voyou », commence à étudier, en autodidacte ; doué de capacités insoupçonnées, il se lance dans l’écriture malgré la désapprobation de ses proches. Puis, au fil de ses lectures et des rencontres, il s’ouvre aux idées et se forge une conscience sociale. Face au conformisme de la société, Martin reste fidèle à son idéal et refuse de se soumettre aux valeurs établies, ce qui le perdra. Roman d’initiation, Martin Eden fait le procès de la « bonne » société de l’époque et dénonce le rêve américain, mais au-delà de ça, c’est aussi une superbe histoire d’amour, servi par de grandes qualités littéraires.
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Le Photographe d'Emmanuel Guibert (scénario et illustration) et Didier Lefèbvre (photos)
Dupuis, 2003 (3 tomes)
Dans cette trilogie, Emmanuel Guibert a mis en scène l'odyssée afghane de Didier Lefèvre ; celui-ci, reporter-photographe a accompagné en 1986, une mission de Médecins sans Frontières en Afghanistan durant la guerre qui opposait les russes aux résistants moudjahedin. Chaque volume évoque un aspect particulier de cette expédition, le voyage à travers les montagnes ou les 3 mois passés à dispenser des soins dans conditions rudimentaires…Dans cette magnifique BD-reportage, les photos de Didier Lefèvre, se mêlent aux dessins de Guibert, ce qui en fait l'originalité. Des planches entières de photos dévoilent la beauté des paysages de montagne, beaucoup d’autres sont consacrées aux Afghans, photos de moudj' comme ils disent et puis de vieux, d’enfants, de médecins. L’ensemble est émouvant, bien rythmé, parfois dur aussi car les photos révèlent la douleur, la souffrance et l'injustice mais sans jamais tomber dans le voyeurisme ou l'indécence. C’est aussi un très bel hommage aux hommes et aux femmes de Médecins sans frontières « qui tentent de réparer ce que d’autres détruisent » (Guibert)
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Nahui de Pino Cacucci
Ch. Bourgois, 2008
Pino Cacucci, à travers le regard d’un peintre fait revivre le temps d’un livre Nahui Olin, alias Carmen Mondragon. En effet, cette femme a connu une certaine gloire, notamment dans les milieux artistiques et intellectuels mexicains des années 20. Légendaire par ses frasques et sa beauté, elle était adulée par certains, qui la considéraient comme une sorte de modèle de la femme moderne, libérée, et blâmée par toute une classe bien-pensante et moralisatrice. Peintre et poète, elle a aussi posé, nue notamment, estimant qu’elle avait «un corps si beau, [qu’elle] ne pourrait jamais priver l'humanité d'admirer cette œuvre.» Après avoir mené une vie tumultueuse et tourmentée, connu des amours passionnels mais parfois destructeurs, Nahui sombrera dans l’oubli et la solitude ; devenue miséreuse, elle sera contrainte de vendre d’anciennes photos d’elle aux touristes pour vivre.
Ce récit se déploie sur fonds d’histoire du Mexique, Révolution, coups d’états, dictatures, combats d’Emiliano Zapata et Poncho Villa, (Nahui étant elle-même la fille d’un Général putschiste) sont largement contés. Cacucci nous ravit dès les premières pages avec ce personnage singulier, épris d’idéal de rêve et de liberté.
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Au Zénith de Duong Thu Huong
Sabien Wespieser, 2009
Nous voici au Viêtnam dans des années 60, alors que la guerre contre les Etats-Unis fait rage. Hô Chi Minh est devenu un président fantoche, une marionnette entre les mains de ses ministres qui ont pris les rênes du pouvoir. Il est réduit à un symbole, celui du père de la Patrie et il vit reclu, surveillé dans une prison dorée sur le Mont Lan Vu. Là, du fond de sa solitude il est assailli par le passé et cherche à comprendre ses erreurs, sa part de responsabilité dans la situation que le pays endure. En effet, nourri de culture occidentale, il a mené son pays vers l'indépendance afin d'offrir à son peuple la liberté et la prospérité qu'il méritait. Hélas, à la libération, ses compagnons de maquis ont trahi son idéal et font peser une dictature sur le Viêtnam ; le pays, enlisé dans la guerre, connaît la misère et la souffrance. Enfin, le président est hanté par l'image de sa jeune femme, Xuân, dont l'assassinat a été commandité par les membres du parti, alors que le couple souhaitait officialiser son union.
D'autres voix s'élèvent dans ce magnifique roman, qui éclaircissent le propos ou offrent un autre point de vue, notamment celle de Vu, ami du Président, le seul resté fidèle à la Révolution.
Si la dimension politique, à travers les monologues d’Hô Chi Minh, constitue l'intérêt majeur du roman, il n'est pourtant pas le seul. En effet, l’auteur s’intéresse de près à la culture et la tradition vietnamiennes de cette époque et nous immerge dans le quotidien et l’intimité des habitants. Enfin, ce drame historique et intime est servi par une écriture talentueuse, poétique, ce qui permet de dire que nous tenons là un des « grands » roman de cette année 2009.
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La beauté du monde de Michel Le Bris
Grasset, 2008
Le temps d'un roman, Michel Le Bris, fait revivre Martin et Osa Johnson, explorateurs américains du début du XXè siècle. S’ils sont aujourd’hui oubliés, ils furent dans les années folles un couple mythique, lui, précurseur du film documentaire, elle rayonnante devant la caméra.
Alors que Martin prépare leur expédition africaine, Osa parcourt le New York bouillonnant des années '20 qui se reconstruit après la guerre : émergence d'une jeunesse insolente et déterminée, naissance du jazz, bien sûr dans les quartiers de Harlem. Et puis, c'est le départ pour le Kenya avec un objectif, faire découvrir la beauté du monde sauvage à travers des films animaliers, mais aussi sensibiliser l'opinion quant à la fragilité de cette nature et à la nécessité de la protéger. Pour cela, Martin et Osa prendront des risques insensés, affronteront moult périls risqueront leur vie plusieurs fois mais vivront en retour des moments de grâce et d'émerveillement incomparables.
Si l'écriture semble au 1er abord exigeante, elle saisit bien vite le lecteur et l'emporte pour un superbe voyage dans le temps et dans l'espace sur les pas de ceux que l'Amérique surnommait « les amants de l'aventure ». Michel Le Bris nous offre à travers ce roman exaltant, du rêve, de l'aventure mais nous propose aussi une réflexion sur la beauté, le voyage, des questions qui traversent les âges...
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Les chutes de Joyce Carol Oates
Philippe Rey, 2005
Ariah, mariée à un jeune pasteur se retrouve veuve le lendemain de ses noces : son mari s'est jeté dans les Chutes du Niagara. Dès ce moment, la jeune femme se sent damnée ; son second mariage et la naissance de ses enfants ne changeront rien à ce sentiment, au contraire, la malédiction semble se répandre sur la famille. Les personnages de J. C. Oates sont admirablement dépeints, notamment Ariah. Mais au-delà de l'intrigue, l'auteur démystifie le rêve américain, un monde dans lequel l'argent et le pouvoir ont plus de valeur que les vies humaines, et dans lequel, au début des années 60, on commence seulement à se préoccuper de l’environnement.
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Jeunes Turcs de Moris Farhi
Buchet-Chastel, 2006
Moris Fahri nous balade au cœur de la Turquie des années 40 et 50, et plus précisément, à Istanbul. C’est un roman initiatique brillant, chaque chapitre présente un adolescent, juif, musulman ou chrétien mais turc avant tout ; ils sont ainsi 13 jeunes à prendre la parole à tour de rôle pour nous conter les joies ou les drames de leur vie. Le récit mêle histoires personnelles et Histoire de la Turquie, il évoque notamment le sort des juifs durant la seconde Guerre Mondiale. Ataturk, fondateur de la République et Nazim Hikmet, poète et chantre de la liberté rythment ces pages, qui sont une invitation à la tolérance, au respect de l’autre et à la solidarité ; pour autant, l’écriture n’est en rien moralisatrice, au contraire, elle est voluptueuse et entraîne le lecteur avec délices à travers les méandres d’Istanbul.
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