Les Chroniques des Chats de Bibliothèque(s)
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| Le Vendredi 19 Janvier 2007 Grandeur & Décadence d'un Chat Fondateur, ou une manière comme une autre de ruiner sa réputation en écrivant un Weekly Chat J’en sais quelque chose : moi-même ai-je découvert que j’avais une réputation, d’une part. D’autre part je suis un des Chats Fondateurs, ce qui sous-entend que je suis également une légende. Tout ceci, vous en conviendrez, est beaucoup trop pour un seul homme (et pour un seul chat mes enfants, je ne vous en parle pas !). Il devait bien arriver un moment où ma réputation me rattraperait et où pile à ce moment-là je me prendrais la légende en pleine gueule…Coincé, telle une tranche de jambon dans un croque-monsieur. Eh bien ça n’a pas manqué ! On n’a jamais vu tranche de jambon plus pathétique que votre serviteur au moment de rédiger cette chronique. Oui, je vous vois frémir en lisant ce mot :
(vous avez le droit de penser que je fais ma star, je ne pourrais pas dire le contraire - d'un autre côté vous conviendrez que c'est le minimum requis de la part d'une légende) Jugez-moi si ça vous amuse, il n’en empêche que vous n’imaginez pas la pression que j’ai subie jusqu’à ce soir, rien que pour ce petit bout de texte. Chaque Chat Fondateur a été soumis à la pression à sa manière, certes : les filles parce qu’elles n’avaient jamais écrit de chronique, Zaph parce que le Néant s’était remis subitement à sa poursuite et qu’il risquait lui aussi d’être tranchedejambonisé. Moi, ma pression a été provoquée principalement par…mes collègues ! Ceux-là mêmes que je viens d’évoquer et qui se pourléchaient leurs sales babines de chats il y a quelques minutes encore : Oh oh…c’est le Weekly Chat de Thom aujourd’hui à quel sauce il va nous manger ah chouette chéri(e) viens voir c’est le Weekly Chat de Thom on va passer un bon moment, oh et puis n’oublie pas les chips… Désolé de vous décevoir, mais je n’ai rien à raconter. Je ne suis jamais parti à la recherche de petits Hemingway en latex, mes proches savent orthographier le nom de ce génie et la seule fois où j’ai rencontré Marie Nimier elle m’a (horreur) adressé la parole. Bref, y a pas vraiment matière à chroniquer quoi que ce soit, et j’en suis réduit à cette astuce éculée : écrire sur le manque d’inspiration pour mieux le dissimuler.
Or donc, la légende et la réputation étant désormais convoquées devant vos yeux ébahis (si si, j’insiste), sachez que j’ai subi les pires outrages ces dernières semaines. Notamment lorsque j’ai reçu tous les jours dans ma boite mail des messages de gens qui disaient : « je fais le prochain Weekly Chat, je veux pas passer après Thom ». Au début j’ai souri, parce que bon…à moins de suicider la rubrique ce soir ou de me la confier à vie il y aura fatalement quelqu’un pour passer après moi. Après, j’ai moins souri : quand j’ai lu les chroniques des autres. Elles sont trop bien ! me dis-je en moi-même. Jamais je ne pourrais faire mieux. Jusqu’alors j’avais encore le petit espoir de voir Livro se viander, alors je me suis dit bon…prions, ça va aller. Et non ! elle a fait une super chronique. Résultat me voilà, moi, complexé de passer après tout le monde. Pour le résultat peu glorieux que vous avez sous les yeux. La faute à qui ? Aux chats ! bien évidemment ! C’était déjà une idée débile de créer un forum (déjà, échanger sur ses lectures, je trouve ça assez moyen, mais bon je ne suis là que pour rendre service en vrai, d’ailleurs les autres Fondateurs je les déteste). Créer un site officiel c’était encore plus débile. Mais le cap de la débilité a été franchi le jour où quelqu’un a eu l’idée saugrenue de creuser une chatière entre le forum et une chambre close que nous nommerons, par souci de lisibilité, le forum du forum. Là, ça dépassait tout. Remarquez, c’est rigolo : on se marre bien dans le forum des forums. D’ailleurs nous songeons sérieusement à organiser une journée chatières ouvertes au printemps. D’ici là, il faudra vous contenter de ma chronique pour confirmer vos soupçons : oui, ce forum du forum existe bel et bien. Objectivement il ressemble un peu au forum « normal », sauf que ce serait un forum normal où il n’y aurait que des Cris & Miaulements (c’est vous dire si vous loupez un truc capital). Il est lui-même doté de différentes sections, de rubriques, de messages inutiles (souvent) de messages contradictoires (parfois). Les plus marrants, c’est ceux pour dire « d’accord ». Je n’ai jamais vu un endroit où les gens sont d’accord de manière aussi profonde et enthousiaste, au point que parfois ils éprouvent le besoin irrépressible de le dire plusieurs fois. « D’accord » dit louve . « D’accord » surenchérit Livro. « Ok ! » conclut Zaphod. Si par malheur à ce moment-là louve, dans le doute, répond : « On est d’accord alors ? »…c’est reparti pour un tour. Je ne vaux pas mieux que les autres, je suis même pire parce qu’en plus j’écris des mails-tartines qu’ils ne lisent pas (ne dites rien ils pensent que je ne m’en rends pas compte). Mais tout de même : je me demande parfois comment des gens peuvent être à ce point d’accord et décider des choses aussi lentement. S’il m’arrive de m’absenter deux jours, vous pouvez être certains que je vais retrouver trente messages issus de ces discussions dans ma boite, messages que je dois bien sûr lire sous peine de me sentir exclu. Le plus grave étant que des fois, je me retrouve à faire une blague, sur le forum « normal », faisant référence à ce qui s’est dit en interne. Comme une private joke involontaire, si vous voulez. Autant vous dire qu’à cause de ça, je commence à sévèrement virer schizo. Pourtant le forum du forum propose quelques avantages non négligeables, ne fût-ce que parce que grâce à ça j’ai toujours au moins un message quand j’ouvre ma boite. Ca me donne l’impression d’avoir des amis. Des amis un peu bizarres, mais des amis quand même. Ce qui me chagrine un peu c’est qu’avant je passais ma vie à répondre à ces gens en privé, alors que maintenant il m’arrive toutes les trois semaines de me contenter d’un Merci à tous les trois pour vos petits mots de soutien. On pourrait croire que ça m’arrange et que je gagne du temps, mais en fait ça caresse ma paresse dans le sens du poil (de chat)… Un autre truc assez marrant c’est que souvent, nous commençons à évoquer un sujet dans une discussion et qu’on le termine dans une autre. Ca, c’est une des différences fondamentales avec le forum normal : il y a rarement plus d’une discussion active. Pourquoi ? PAR PARESSE bien sûr !!! Par exemple vous avez une discussion baptisée « LES INDEX »…eh bah très franchement, on aurait pu l’appeler « LA DISCUSSION » parce que je vous garantis qu’on parle à peu près de tout sauf des index dedans. Enfin si, on en parle : pendant cinq messages, quoi. Après on passe à autre chose, parce que les index ça n’a rien de très rigolo. Et que nous, on aime bien rigoler. Des fois même je me demande si on a vraiment besoin du forum du forum…moi, je n’y crois pas trop. On passe beaucoup plus de temps à rigoler qu’à décider de choses sérieuses. Tout ce qui concerne le boulot, ça nous emmerde un peu, et très franchement je ne serais pas surpris d’apprendre un jour que nous avons inventé le forum des chats dans l’unique but d’avoir un prétexte pour créer un forum du forum des chats. Oui, chers lecteurs : ce ne sont pas des bêtises que vous pouvez lire sur la page de garde du vrai forum. Les chats, c’est avant tout une bande de potes motivés par l’envie de se faire d’autres potes. En vrai on a choisi la littérature parce qu'on déteste la philatélie. C’est bien pourquoi les Chats Fondateurs ne sont pas du tout sérieux : vous avez déjà travaillé avec des potes ? Moi je l'ai fait, je vous assure c’est un calvaire. Heureusement, les Chats Fondateurs ne travaillent jamais, à l’image de Zaph et de ses quasi mythiques pauses boulot. On a tout le matos pour bosser, un forum, un forum sous le forum, des idées à creuser...mais ça nous ennuie…ce dont vous ne vous rendez pas compte, et là nous touchons à un point très important : il faut savoir différencier faire les choses sérieusement et prendre les choses au sérieux. Vous l’aurez compris : les chats ne se prennent pas au sérieux. Vous n’en avez peut-être pas conscience, mais c’est précisément pour ça que vous en êtes (ou en serez).
Thom |
